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Aux origines de l’antitravail

Aux origines de l’antitravail

Introduction

lundi 12 juin 2006

Pour tout contact : echanges.mouvement@laposte.net

Table des matières

Introduction : (lire ci-dessous)

Chapitre 1 : L’introduction de l’OST

Chapitre 2 : Le développement de l’OST en France

Chapitre 3 : Echec du taylorisme ?

Chapitre 4 : Le développement du fordisme en France entre les deux guerres

Chapitre 5 : La révolte des OS américains au tournant des années 1970

Chapitre 6 : Fiat ou la défaite de l’antitravail

Conclusion. Les luttes antitravail des OS modernes ont été brisées...


Introduction

Les notes qui suivent sont issues d’une réflexion sur l’antitravail. Cette expression recouvre les réactions des travailleurs à la crise du fordisme qui a eu lieu à la fin des années 1960 et au début des années 1970. On a également parlé de " révolte des OS ". D’une façon ou d’une autre, on parle ici des grèves sauvages américaines (celles qui ont lieu en dépit des engagements de non-grève pris par les syndicats lors des contrats collectifs périodiques), de la montée de l’absentéisme et du turnover, du sabotage, de l’indiscipline des travailleurs sur les lieux de travail.

L’exploitation du travail par le capital peut s’analyser en trois moments :

- le marché du travail, où se fixent les termes du contrat entre le capitaliste et le travailleur (durée du travail, horaires de travail, salaires et avantages sociaux) ;

- la consommation de la force de travail : une fois qu’il a contracté, le capitaliste cherche à obtenir le maximum de travail pour le salaire qu’il verse, et le travailleur à en donner le minimum ;

- la conversion du salaire en nouvelle force de travail, moment qui concerne le rapport entre le salaire et le prix des subsistances, ainsi que l’ensemble des conditions de vie du prolétariat.

C’est donc uniquement le deuxième moment qui fait l’objet des développements ci-dessous.

Déjà dans les années 1970, la discussion sur l’antitravail a notamment porté sur la question de savoir si ces manifestations de résistance étaient nouvelles ou si, au contraire, les travailleurs avaient toujours utilisé ce type de méthodes pour résister à l’exploitation sur les lieux de travail. Dans le premier cas, on mettait au jour les premières manifestations d’un nouveau mouvement se détournant des revendications quantitatives et rejetant le travail en tant que tel. Ce rejet, inadmissible par les partis et syndicats attachés au vieux monde, était l’assise sur laquelle le mouvement communiste allait se développer. Dans le deuxième cas, on ne faisait que retrouver après une période de latence les vieilles méthodes de la lutte de classes, ce qui confirmait la perspective ancienne du mouvement ouvrier fondé sur l’affirmation du travail, que ce soit dans les conseils ouvriers ou dans le parti. On trouve ce débat, par exemple, dans une brochure d’Echanges et Mouvement de cette époque [1]. C’est à partir de la suggestion d’un camarade de republier cette brochure que les recherches suivantes ont été entreprises. Car le débat rapporté dans la brochure est très marqué par l’idéologie antitravail de l’époque et peu documenté historiquement.

Pour remédier à ce manque de documentation historique, mes recherches ont porté sur différentes périodes du mouvement ouvrier dans différents pays, mais surtout pour suivre l’émergence de l’organisation scientifique du travail (OST) et la résistance ouvrière qu’elle a provoquée, de ses origines à la fin de la révolte des OS. Car, me disais-je, si les OS ont attendu les années 1960 pour se révolter contre les conditions de travail si terribles du fordisme, que s’est-il passé au moment de leur introduction ? Les travailleurs d’alors se sont-ils également révoltés, ou bien se sont-ils soumis sans problème à la domination réelle du capital dans les usines ? C’est donc quelques éléments de réponse à ces questions que l’on va trouver dans ce qui suit. Le dossier reste ouvert, bien entendu, en particulier pour la période actuelle (depuis la fin des années 1980 environ).

B. A.

Mai 2005

Notes

[1] Echanges et Mouvement, Le Refus du travail. Faits et discussions, Paris, sd (vers 1978). La discussion se fait notamment autour d’un texte de Charles Reeve, qui défend le deuxième point de vue et est critiqué à ce titre par les rédacteurs de la brochure, fervents partisans du premier.

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