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Des caricatures de Mahomet à l’assassinat d’Ilan Halimi

mercredi 22 février 2006

une partie de la « gauche radicale » joue les « musulmans » contre les « juifs »

Dans les milieux d’extrême gauche et libertaires on a pu lire et entendre beaucoup de gens expliquer benoîtement que les caricatures danoises étaient une « provocation » de « mauvais goût », un acte « raciste » et une manifestation d’ « islamophobie ». Par conséquent, il ne fallait surtout pas prendre position sur la question. Voire pire : il fallait, comme le SWP des trotskystes britanniques, descendre dans les rues de Londres aux côtés des partisans de la censure religieuse.

Donc laissons faire, laissons une minorité des partisans d’une religion (l’islam) - avec la complicité intéressée de toutes les autres religions (protestante, juive et catholique) - tenter d’imposer une loi sur le blasphème (1) dans les pays occidentaux qui connaissent une séparation (très imparfaite et à géométrie variable, certes, mais c’est un point de départ) entre l’Etat et les différents cultes.

Et ce, au nom d’un « antiracisme » qui confond malhonnêtement la critique rationnelle et impitoyable des religions avec la haine irrationnelle et meurtrière contre tel ou tel peuple. Un antiracisme qui assimile l’athéisme et la laïcité au racisme. Et donc laissons aussi, dans les pays dits « musulmans », les partisans de l’islam politique terroriser et emprisonner impunément les féministes, les démocrates, les athées, les laïques et les communistes.

Maintenant, avec le meurtre antisémite d’Ilan Halimi, certains « révolutionnaires » ou « radicaux » nous rejouent la même chanson. En fait, ce n’est jamais le moment pour cette « gauche radicale »-là : hier, on ne devait pas défendre la liberté d’expression, parce qu’à l’origine les dessins étaient parus dans un journal réactionnaire antimusulman ; aujourd’hui, on ne doit pas descendre dans la rue contre un crime antisémite parce qu’une partie des organisateurs de la manif (le CRIF en tête) sont des réactionnaires patentés (ce qui est vrai) qui eux-mêmes tiennent des propos ambigus sur les immigrés (cf. les déclarations de Cukierman qui se réjouissait, dans un journal israélien, du bon score de Le Pen aux élections) ou se taisent (ce qui est là aussi exact) quand les immigrés nord-africains et leurs descendants prétendument « musulmans » sont victimes du racisme policier quotidien.

Donc on laisse faire, on n’organise même pas sa propre manifestation, ni même un meeting contre l’antisémitisme meurtrier sur ses propres mots d’ordre. On est prêt à voter, au deuxième tour, pour les candidats d’un Parti socialiste qui a laissé des conseillers militaires français former les futurs assassins d’un million d’hommes et de femmes au Rwanda, qui a laissé faire le génocide sans réagir et qui continue à nier ses responsabilités dans la politique coloniale et néocoloniale de la France. Un Parti socialiste dont le gouvernement a participé à la première guerre d’Irak et au boycott meurtrier contre la population civile irakienne. Mais, par contre, on ne peut pas descendre dans la rue avec le CRIF, car ce serait là une horrible compromission laissant la porte ouverte à toutes les ambiguités.

Et demain, comble de cynisme, les mêmes sainte-nitouches « gauchistes », altermondialistes ou libertaires manifesteront sans problème avec tel ou tel comité Palestine qui soutient le Hamas, organisation antisémite qui tue des civils israéliens et croie à la véracité du Protocole des sages de Sion (cf. sa Charte totalitaire qu’aucun groupe « propalestinien » français n’a le courage ou l’honnêteté de publier), ou qui crieront « Mort aux Juifs ! » dans les manifs en toute impunité.

Dans un cas, on capitule devant l’islam politique, au nom d’un antiracisme de pacotille. Dans l’autre, on laisse faire un crime antisémite sans réagir, et encore une fois au nom d’un antiracisme asbtrait qui choisit cyniquement ses victimes dans une « communauté » (la "communauté" dite "arabo-musulmane") en ignorant celles (bien réelles, même si elles sont moins nombreuses d’un point de vue statistique) d’une autre « communauté » (la « communauté » juive).

La neutralité, dans une affaire comme dans l’autre, n’est qu’une expression de lâcheté, une capitulation pure et simple. Une renonciation à tous les idéaux qui sont la raison d’être du mouvement ouvrier et socialiste. Une attitude qui entretient les rancoeurs entre des « communautés » de travailleurs et de salariés aux origines et aux cultures différentes, mais aux intérêts de classe communs. La solidarité vis-à-vis des victimes du racisme et de l’antisémitisme ne se marchande pas, pas plus que la défense de la liberté d’expression.

Y.C. (Ni patrie ni frontières)

1. En attendant la charia. En effet, Le Monde, journal des bigots islamophiles, signalait récemment que 54 % des musulmans britanniques sont favorables à l’application de la charia dans les quartiers ou les villes où ils sont majoritaires en Grande-Bretagne !

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