mondialisme.org

Sur la résistance au travail

lundi 3 mai 2004

Lettre publiée dans Echanges n° 108 (printemps 2004).

D’un camarade de Tours.

(...) J’ai lu Pour une histoire de la résistance ouvrière au travail (1) et je ne comprends pas bien votre démarche. Il y a des témoignages intéressants sur cette résistance, mais vous semblez encourager à certains moments le « je-m’en-foutisme » le plus total. Je ne défends pas le travail comme une valeur, je ne suis pas un acharné du travail salarié (surtout que comme vous je souhaite le faire disparaître), mais pour moi le travail est un moyen pour créer quelque chose. Lorsque j’écris un article je produis un travail (non salarié). En cas de révolution il me semble qu’il y aurait de fait un effort à fournir pour que celle-ci puisse vivre, se concrétiser matériellement, et résister aux forces réactionnaires (qu’elles se disent de droite ou de gauche, même apolitiques ou « neutres »). Je tiens à préciser que je n’ai aucun idéal productiviste et ne cherche à représenter pesonne, mais je ne serai pas complaisant avec des égoïstes qui ne pensent qu’à se la couler douce pendant que d’autres en chient ou se font tirer dessus dans des affrontements armés. Vous critiquez à juste titre l’encadrement syndical à Barcelone, mais vous résumez ce qu’ont fait les militants de la CNT à ce travail d’encadrement, comme s’il n’y avait eu que cela.

Parallèlement vous, ou peut-être devrais-je dire Michael Seidman (mais j’imagine que vous êtes d’accord avec lui puisque vous n’émettez aucune réserve au nom d’E & M), semblez mettre en valeur le laxisme maximum, puisqu’en page 14 est pris pour seul exemple de « résistance ouvrière au travail » un travailleur en train de jardiner chez lui sous couverture d’un faux certificat médical, en pleine période révolutionnaire. Alors, je vous pose les questions suivantes :

- est-ce une bonne chose que pendant une grève certains essayent de l’organiser concrètement, lorsque d’autres restent tranquillement chez eux, laissant leurs camarades prendre les risques et fournir tous les efforts ?

- n’aurait-il pas mieux valu en Mai 68 une participation plus large au mouvement dans les usines ?

- en pleine période révolutionnaire, peut-on considérer que l’on peut déjà vivre comme si le communisme était installé, ou au contraire faut-il s’impliquer pour défendre la révolution et aider à l’instauration du communisme ?

Peut-être ai-je mal compris ce que l’auteur de cette brochure veut dire, mais il y a des aspects de son travail avec lesquels je suis en désaccord profond. (...)

Ch. B.

(1) Pour une histoire de la résistance ouvrière au travail. Paris et Barcelone pendant le Front popualire français et la révolution espagnole, 1936-1938, de Michael Seidman. Brochure publiée par Echanges et Mouvement en mai 2001 (40 p., 1,50 euro - echanges.mouvement@laposte.net) et disponible sur le site mondialisme.org

P.-S.

echanges.mouvement@laposte.net

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