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Le Pen : la passion génocidaire

lundi 9 juin 2014

Extrait du site memorial 98

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Le Pen n’a évidemment pas « dérapé » ni commis un lapsus. Son « trait d’esprit » consistant à faire une « fournée » pour Patrick Bruel était préparé, comme le montre sa jubilation lorsque son faire-valoir Marie d‘Herbais (proche de l’aile la plus la plus antisémite et « quenellière » du FN http://lelab.europe1.fr/une-candida...) lui soumet le nom du chanteur.

(http://lelab.europe1.fr/Jean-Marie-...).

Le Pen connaît très bien Bruel, dont l’opposition au FN est ancienne et de notoriété publique, tout autant que sa judéité. Il ment effrontément en prétendant « n’avoir pas su que Bruel est juif ». La preuve de ce mensonge est flagrante, car déjà en 1995, il le dénonçait en utilisant son patronyme de naissance Benguigui ainsi que son nom de chanteur, quand Bruel avait décidé de ne pas chanter à Toulon, alors dirigée par le FN :

« Toulon devra se passer des vocalises du chanteur Benguigui, qui a décidé de ne pas honorer ses contrats. Je ne crois pas qu’on en mourra à Toulon [...]. Ceux qui aiment Patrick Bruel pourront aller dans la ville à côté. Ces jappements de chiots mal lavés et mal élevés n’empêcheront pas le FN de continuer son action politique en faveur des Françaises et des Français, traités comme des parias dans leur propre pays » (Le Pen, 21 juin 1995 http://www.ina.fr/video/CAB95038432 )

Le Pen connaît aussi parfaitement la portée du mot « fournée », prononcé dans un éclat de rire, car il a déjà utilisé le « four » dans cette autre « blague » « Durafour crématoire » qu’il vient encore de revendiquer le 27 avril dernier à Saint-Étienne. Il y a déclaré ne pas regretter sa "formule banale" sur Michel Durafour.

Pour Le Pen, il s’agit donc non seulement d’antisémitisme, mais d’une aspiration à pouvoir utiliser les méthodes génocidaires du nazisme à l’égard des Juifs ainsi que des Roms, stigmatisés aussi régulièrement par Le Pen.

Le Pen multiplie d’ailleurs les séquences génocidaires. Ainsi, mardi 20 mai dernier, avant un meeting à Marseille, avec sa fille Marine Le Pen, il déclare à propos de l’immigration africaine : "Monseigneur Ebola peut régler ça en trois mois". "Ça", c’est selon lui, "l’explosion démographique" dans le monde, le "risque de submersion" de la France par l’immigration, "le remplacement de la population qui est en cours", a-t-il expliqué, reprenant les thèmes du xénophobe Renaud Camus. Ebola est un virus qui provoque une fièvre hémorragique. Le virus a déjà massacré des populations en Afrique et réapparaît ces derniers mois en Guinée. Marine Le Pen l’a défendu en prétendant qu’il s’agissait d’une « réflexion sur les épidémies »

Concernant les Africains, que Le Pen méprise profondément et considère comme des"sauvages", le virus Ebola suffira à les exterminer. S’agissant des Juifs, qu’il hait tout autant, mais considère sans doute comme plus difficiles à éliminer, Le Pen fait appel au génocide actif , au « four », alors même qu’il met en question l’existence des chambres à gaz, d’où provenaient les cadavres brûlés dans les « fours ». Le Pen rejoint ainsi son grand copain Dieudonné, qui avec Faurisson, nie l’existence des chambres à gaz mais voudrait que le journaliste Patrick Cohen y soit exécuté (voir Dieudonné : au-delà de la quenelle, l’escalade meurtrière. )

Que cherche le Pen ?

Même s’il a tout fait pour que sa fille Marine lui succède, le président d’honneur du FN ne renonce pas à marquer profondément la matrice antisémite de son mouvement.

Sa rancune a certainement été stimulée par les déclarations de différents partis de l’extrême-droite européenne, qui justifient leur refus d’alliance avec par le FN par les déclarations antisémites de son fondateur et président d’honneur. C’est notamment le cas du parti UKIP britannique.

Le Pen rejette aussi la « dédiabolisation » qui impliquerait un jugement négatif sur son propre carrière.

A l’approche de sa retraite politique, Le Pen tente de justifier son échec personnel en l’attribuant à la puissance du « lobby juif ».

En effet, le chef du FN n’a jamais réussi à concrétiser les succès électoraux de son parti, alors qu’il se voyait aux portes de la participation au pouvoir.

Sa présence au deuxième tour de la présidentielle de 2002 est restée sans lendemain.

Même les alliances établies avec la droite lors des élections régionales de 1998 se sont effondrées dans le chaos.

Face à ce bilan d’échec, Le Pen fait appel, avec une violence accrue, à deux explications déjà utilisées à de maintes reprises : celle de la « décadence de la France » et celle de la responsabilité du « lobby juif » qui a bloqué son ascension. C’est le sens de ses propos dans l’interview du magazine « Bretons » en Avril 2008 à propos du « point de détail » « ... C’est le sujet qui est important, je crois. J’aurais parlé, même de très loin, du génocide vendéen, personne n’aurait été choqué... Est-ce un pays de liberté où une phrase, si contestable soit-elle - et prononcée par un homme public -, mérite 150 millions d’amendes et la mise à l’index de l’individu et de son parti ?" Le Pen cherche faire passer le message suivant : " j’ai échoué car j’ai osé toucher au tabou de la Shoah ; les juifs m’ont harcelé et marginalisé"

Cette thématique a déjà été martelée pendant des années, en mettant en cause le patronyme juif des journalistes de l’audiovisuel, en évoquant « l’internationale juive » ou un soi-disant pacte des partis de droite avec la fantasmatique organisation juive Bnai-Brith pour interdire les alliances entre la droite et l’extrême-droite.

L’hypocrisie des dirigeants du FN

Aucun des dirigeants du FN ne veut dénoncer la nature antisémite et génocidaire des propos de Le Pen ; ils critiquent la « forme » de sa déclaration et l’exploitation qui est en faite par les adversaires du FN. Marine Le Pen parle ainsi d’une « faute politique » dont elle serait la victime. Ces dirigeants sont particulièrement irrités par le timing de ces déclarations, en pleine négociation pour la création d’un groupe au Parlement européen. Ils pensaient aussi pouvoir exploiter la tuerie antisémite de Bruxelles afin de minimiser la tradition antisémite et négationniste de leur parti. Marine Le Pen dénonçait, il y a quelques jours, le CRIF qui « manipulerait » les Juifs français et les dresserait contre le FN (http://www.dailymotion.com/video/x1...)

Racistes, fascistes, antisémites, le Front National et ses agents recruteurs sont à combattre quotidiennement et sur tous les terrains, comme nous l’avons encore fait samedi 7 juin en participant à la manifestation en mémoire de Clément Méric, assassiné par un fasciste il y a un an (Contre la haine : ensemble, tout simplement. )

Memorial 98

Voir aussi plusieurs articles qui analysent l’antisémitisme du FN :

Le Pen : l’antisémitisme jusqu’au bout.

L’escalade antisémite de Dieudonné : décryptage

Le Pen et le "détail" : décryptage

Le Pen et Dieudonné : la grande famille des antisémites.

Le Pen et les "3 grands-parents étrangers" de Sarkozy

Le Pen s’en prend aux enfants, dans la lignée de Laval

L’antisémitisme "drôle" de le Pen

Marine Le Pen : un dérapage ?

Un suicide pour appeler à la violence

Copé/Fillon : le démon des origines

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