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Peuple palestinien

mercredi 23 novembre 2011

Instrument de mesure de tous les crimes de l’Occident, que celui-ci soit appelé impérialiste, « blanc », « américano-sioniste », « sionazi », etc.

Le peuple palestinien a progressivement pris de l’importance dans les discours fascistes : « Le terroriste palestinien est plus proche de nos rêves de vengeance que l’Anglais juif ou enjuivé », écrivait le fasciste Francisco Freda. « À Paris comme à Gaza, Intifada », criaient les militants du Groupe Union Droit en 1995. Tout en expliquant : « C’est pour désigner l’ennemi, et l’ennemi d’aujourd’hui en France, c’est la même chose qu’en Palestine. On est contre l’occupation sioniste, avec un côté antisémite qu’il faut appliquer partout où les juifs peuvent être présents. »

Dans le journal du GUD, en 2001, Unité radicale considérait le Hamas comme l’« étoile montante de l’Intifada », ce qui n’empêchait pas ces mégalomanes racistes d’écrire : « Nos alliés objectifs sont les Palestiniens qui nous aident à déloger les Israéliens. On fait un bout de chemin avec l’allié objectif et après on lui met une balle dans la tête. »

Même si (heureusement) on nage dans la politique-fiction, vu la taille groupusculaire d’Unité radicale et son influence nulle en matière géopolitique, ce type de propos fanfarons servira peut-être à ouvrir les yeux aux naïfs de gauche ou libertaires qui réclament la « liberté d’expression totale », donc aussi pour ce genre de tueurs…

Parallèlement à ces diverses formes de soutien gauchiste et fasciste aux Palestiniens, la classe ouvrière israélienne a évidemment disparu dans les raisonnements de l’extrême gauche (1) .

La situation se complexifie encore davantage quand les courants d’extrême droite qui soutiennent la Résistance palestinienne sont utilisés comme repoussoirs par l’extrême droite sioniste. Celle-ci veut absolument démontrer que tous les antisionistes seraient antisémites, d’où l’invention du mot « iSSlamistes » par les sites sionistes qui font de la propagande raciste anti-Arabes et de la propagande anti-musulmane. Cette position est notamment défendue par Alexandre del Valle qui a commencé sa carrière dans des milieux de l’extrême droite antisioniste-raciste (dans le réseau Synergies européennes de Robert Steuckers) pour finir à l’extrême droite prosioniste.

1. Celle-ci s’est retrouvée totalement désarmée politiquement quand un mouvement social d’une exceptionnelle ampleur (« la révolte des tentes ») est apparu en Israël à la mi-juillet 2011. On a vu les gauchistes « antisionistes » dénoncer les « petits-bourgeois » israéliens puis être obligés de se livrer à des contorsions « dialectiques » quand le mouvement a été rejoint par les prolétaires israéliens, les Bédouins et les Arabes israéliens. Il n’a pas fallu attendre longtemps pour que les partisans islamo-nationalistes de la lutte armée contre Israël recommencent leurs attaques, permettant ainsi au gouvernement Netanyahou, en très mauvaise posture et incapable de répondre aux revendications des manifestations vu l’ampleur des dépenses militaires, de reprendre du poil de la bête et aux contestataires d’être obligés de décommander leurs manifestations. « Sionistes » et « antisionistes » se sont ainsi donnés la main pour empêcher toute union entre travailleurs israéliens et arabes palestiniens.

Extrait du n° 36/37 de Ni patrie ni frontières : "Extrême gauche, extrême droite : inventaire de la confusion"

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