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Extrême gauche/Extrême droite. Inventaire de la confusion (7) Les militants de la confusion

samedi 10 septembre 2011

Nous avons tenu à séparer les « Idiots utiles » des « Militants de la confusion », mais il n’existe pas de véritable mur de séparation entre les premiers et les seconds. Disons que les Idiots utiles de gauche sont sans doute sincères, alors que les Militants de la confusion savent parfaitement ce qu’ils font. En tout cas, ils adoptent des positions tellement réactionnaires, même s’ils ne défendent pas tous un antisémitisme d’origine fasciste et se situent plutôt dans la tradition de l’antisémitisme de gauche, qu’on ne voit guère comment ils pourraient revenir à des positions plus respectables.

Atzmon, Gilad, musicien de jazz, juif « antisioniste » soutenu par les trotskystes anglo-saxons du SWP et invité en France par la librairie Résistances dont les propriétaires sont aussi des responsables de la CAPJPO. Atzmon défend le négationniste Israël Shamir qu’il considère comme un « penseur unique ». Quelques exemples de sa prose suffiront : « l’antisionisme juif est en soi encore une autre forme de sionisme » parce que, d’abord, la gauche juive « s’efforce de présenter, et de renforcer, une image positive des juifs en général. Deuxièmement, elle est là pour réduire au silence et brouiller toute tentative faite par un outsider pour appréhender la signification de l’identité juive et des politiques juives au travers des machinations de l’État juif. Sa fonction est également d’empêcher des éléments de ce mouvement de mettre en évidence le rôle crucial du lobbying juif. La gauche juive est donc là pour étouffer toute critique éventuelle des politiques juives au sein des mouvements de gauche. Elle est là pour empêcher les goys de mettre le nez dans les affaires juives ».

Tout en disant ne pas pouvoir prendre position, ne pas être historien, etc., cet « antisioniste » se permet d’écrire quand même : « Les marches de la mort sont un élément de narration historique légèrement confus. Si les nazis avaient été intéressés à annihiler la totalité de la population juive européenne, comme le suggère la narration sioniste holocaustique orthodoxe, la question de savoir ce qui les a amenés à convoyer ce qui restait des juifs européens vers leur patrie nazie en ruines, au moment précis où il était évident qu’ils étaient en train de perdre la guerre, est embarrassante. Les deux narrations, à savoir celle de l’“anéantissement” et celle des “marches de la mort” semblent se contredire entre elles. Cette question mériterait d’être développée plus au fond. Je suggérerai simplement que les réponses raisonnables que j’ai pu lire, çà ou là, sont de nature à nuire gravement à la narration sioniste de l’Holocauste. »

M. Atzmon n’a pas craint décrire un article intitulé « The Protocols Of The Elders Of Zion (Verse 2) » [« Les Protocoles des sages de Sion (2e strophe) »] en 2002 (http://www.gilad. co.uk/ writings/). Et dans ce texte notre musicien nous joue un air qu’affectionnent tous les antisémites, les néonazis et les néofascistes à la Soral ou à la Dieudonné : « Pour la première fois, il semble que c’est l’Amérique, la superpuissance mondiale suprême, qui devrait s’inquiéter. Cette fois, c’est l’Amérique qui est en train de perdre sa souveraineté. Désormais il semble que les lobbies sionistes contrôlent la politique étrangère américaine. Après tant d’années d’indépendance, les Etats-Unis d’Amérique sont en train de devenir une colonie à distance d’un Etat apparemment beaucoup plus grand : l’Etat juif. (...) L’idée que les sionistes se sont emparé de l’Amérique peut paraître bizarre (…), mais nous devons nous rappeler que ce genre de scénario étrange se met parfois en place. Le mois dernier, j’ai entendu une observation d’Israël Shamir sur cette question. (...) Comment se fait-il que la grande nation américaine, cette superpuissance mondiale, soit désormais dominée par un très petit lobby au service d’un Etat étranger miniature ? » On remarquera que, tout comme les deux universitaires de Harvard (John Mearsheimer et Stephen M. Walt) dont le livre fut publié chez La Découverte (éditeur de gauche), cet « antisioniste » se pose en défenseur des intérêts bien compris de la « grande nation américaine »…

Axis for Peace : forum international animé par Thierry Meyssan qui réunit, entre autres, des médias d’Etat russes, syriens et iraniens, Al Jazeera, la télévision chaviste Telesur, et l’American Free Press, hebdomadaire négationniste et antisémite. À la conférence sur les « nouvelles convergences stratégiques » on retrouva Dieudonné, Jean Bricmont, Michel Collon, Giuletto Chiesa, Claude Karnooh, Silvia Catori et Annie Lacroix-Riz… Que du beau linge « antisioniste » !

Ayoub, Serge : Fait carrière dans les milieux skinheads d’extrême droite, et organise avec succès les supporters de l’équipe de foot du PSG. Fonde les Jeunes nationalistes révolutionnaires, associées au Mouvement nationaliste révolutionnaire, puis à Troisième Voie. Crée des fanzines. Après quelques ennuis avec la justice, il va apparemment vendre ses services ailleurs, notamment en Russie. Il se rapproche d’Alain Soral en 2007 avec lequel il fonde Le Local où il invite toutes sortes d’intellectuels de droite mais aussi de gauche (chevènementistes) voire d’extrême gauche (le « marxiste » Denis Collin). Selon Article 11, cette « figure historique du milieu bonehead (23) parisien » a lancé « une formation à prétention syndicaliste, Troisième Voie, pour une avant-garde solidariste ; il dit vouloir reproduire le mode de développement de Casa Pound et rêve de créer des “bases autonomes”sur tout le territoire français ». Serge Ayoub prétend incarner une alternative entre « un monde libéral et un monde marxiste », tout en appelant à « la grève générale » et à « la démocratie directe ». Ce nationaliste forcené émaille son discours de (très) vagues références à la lutte des classes et affirme : « Si nous nous permettons de rentrer dans les luttes sociales, c’est que nous avons compris […] que le principal ennemi est le capital transnational. »

Binet, René : ex-trotskyste, théoricien du « nationalisme révolutionnaire » qui a influencé de nombreux groupes d’extrême droite radicaux depuis sa mort en 1957. Fonde, en 1946, un groupuscule dont le slogan est : « US go home ! », soutient les pays arabes contre le sionisme, nie l’existence des camps d’extermination. Se revendiquant de Blanqui (24), il considérait le nazisme comme une idéologie européiste, socialiste et antimatérialiste tout comme Marc Augier, dit Saint-Loup, socialiste de la SFIO puis… Waffen SS français comme Binet. « Le rétablissement d’un certain équilibre du monde n’est possible que si on rompt radicalement avec le colonialisme », écrivait-il en 1952. Ce « décolonisateur » ne voulait pas libérer les peuples opprimés par l’impérialisme mais protéger la « race blanche » pour qu’elle prospère loin de tout métissage et donc loin des colonies. Il souhaitait une « révolution raciste » qui convaincrait les hommes européens de « veiller jalousement sur la pureté de leur sang » afin d’instaurer une « société socialiste et raciste ».

Blanrue, Paul-Éric, auteur du livre Sarkozy, Israël et les juifs. Au nom d’une prétendue « défense de la liberté d’expression », il a monté un comité de soutien au négationniste français Vincent Reynouard, via une pétition signée par toutes sortes de fascistes et de négationnistes – et par Jean Bricmont, lui aussi habitué du site Le Grand Soir, ainsi que les « libertaires » Norman Baillargeon et Noam Chomsky. Blanrue n’aime pas appeler les choses par leur nom : pour lui, les idées de Raynouard ne sont pas fascistes et antisémites mais « insolites, stupéfiantes et controversées » !

On comprend que son dernier livre ait été soutenu par Radio Courtoisie (radio porte-parole des intégristes catholiques, des nostalgiques des guerres coloniales et de l’Empire français, et du FN), Le Gallou, Lesquen et toute la racaille d’extrême droite, comme P.-E. Blanrue lui-même s’en vante sur son site.

Il a réalisé un documentaire de 90 minutes sur Faurisson (dont la sortie est prévue en septembre sur Internet), documentaire qui, si l’on en croit la bande-annonce, sert la soupe à cet antisémite patenté.

Il n’est donc pas étonnant que le site des « amis de Blanrue », Le Clan des Vénitiens, se présente comme un club de « démystificateurs » (Blanrue et Faurisson font certainement la paire sur ce marché-là). Ce site abonde en anecdotes fort appréciées des antisémites : l’ex-président israélien Moshé Katsav a été condamné pour viol ; BHL sort avec la petite-fille d’Oswald Mosley (dirigeant fasciste anglais des années 30) ; Nicolas Bedos a déclaré que l’on ne pouvait pas faire de blagues sur les Juifs dans les médias, etc. Prises séparément, ces informations n’ont aucune signification antisémite, mais leur collecte et leur assemblage systématiques sur un même site servent évidemment la propagande antisémite en facilitant des associations d’idées, un message subliminal, du type Israéliens/sionistes/viol ; pronazis/sionistes ; ou Juifs/médias. L’« habileté » des antisémites dissimulés comme P.-E. Blanrue et ses amis est de faire cette sale besogne au nom de « l’information » ou de la lutte contre le « politiquement correct ».

P.-E. Blanrue a révélé en mars 2011 s’être converti à l’islam depuis 2009 et être devenu soufi, la tendance chic en Occident. À cette conversion il donne avant tout des raisons politiques dans son interview sur algerienetwork : « Devenir musulman a d’abord été pour moi une prise de conscience, qui s’est muée en une prise de parti pour les exclus : j’avais une volonté très nette d’appartenir concrètement au camp des Spartacus d’aujourd’hui, ceux qui sont entrés en rébellion contre un système aliénant. » Des « Spartacus » et des « exclus » comme les émirs du pétrole, le roi du Maroc descendant du Prophète, Ben Ali, Moubarak, Kadhafi et Assad ?

Dès le début de son article intitulé « De la contestation mondiale bobo-docile et du souverainisme de libération », il n’hésite pas à citer Che Guevara, Noam Chomsky et James Connolly, icônes de la gauche, dans une charge contre le mouvement altermondialiste publiée, bien sûr, sur le site du fasciste Alain Soral, en 2008, donc un an avant son livre sur Sarkozy….

Dans une première partie de cet article, il se présente même comme plus radical que les altermondialistes puisqu’il écrit : « Les altermondialistes vitupèrent en effet le capitalisme, mais n’ont en fait nulle intention de le renverser. (…) La campagne pour la suppression des paradis fiscaux (…) vise quant à elle à moraliser le capitalisme (….) les altermondialistes militent pour un système de redistribution à l’intérieur du capitalisme : les pays riches doivent partager leur richesse avec les pays pauvres, les patrons avec ceux qu’ils exploitent, etc. Ils espèrent ainsi qu’un capitalisme revu et corrigé sera porteur de justice, perpétuant l’utopie d’un capitalisme viable, à orienter dans un sens favorable. Pourtant, il n’y a pas de société "juste" dans le cadre du capitalisme dont l’essence conflictuelle nourrit des antagonismes en cascade. La seule réponse historique valable est de le dépasser, d’abolir le salariat en développant les luttes contre l’exploitation de la force de travail et les rapports capitalistes de production. »

L’« abolition du salariat » : voilà qui ravirait même des ultragauches… inattentifs !

Et Blanrue ne pointe son gros nez réactionnaire qu’à la fin de cette grande tirade « radicale » quand, après avoir défendu le régime policier castriste, « victime de l’embargo américain », il s’exclame : « Le mépris qu’ils [les altermondialistes) affichent pour le fait national, auquel ils substituent un antiracisme formel, sentimental et terroriste, est à ce titre révélateur. » Le « terrorisme antiraciste », cela ne vous rappelle rien ? Mais, prudent, notre « historien spécialisé dans la démystification, citoyen de la République universelle de Venise » n’insiste pas, ses lecteurs d’extrême droite n’ont pas besoin de sous-titres.

Pour défendre la nation, Blanrue cite bien sûr Carl Schmitt, Heidegger et Céline, mais aussi Lénine, Gramsci, Henri Lefebvre et Fidel Castro… Et il conclut en se livrant à l’apologie d’un « nouveau différencialisme », concept qui ne peut que ravir les oreilles des ethno-différencialistes fascistes. Bref on a affaire à un pro de la confusion, qui n’a « trompé » que les gau-gau-chistes de la librairie Résistances…

Qui est vraiment Paul-Emile Blanrue  ?

(Nous reproduisons ci-dessous quelques extraits d’un article paru sur le site Reflexes « Procès Dieudonné - Faurisson : la Cour des Miracles négationnistes !! » le 30 septembre 2009, site particulièrement indulgent avec la librairie Résistances, mais dont les rédacteurs furent quand même obligés de se poser quelques questions tant les convergences entre antisionistes d’extrême droite et d’extrême gauche apparurent au grand jour à l’occasion de la réunion de protestation organisée devant la librairie…. NPNF)

« (…) P.-E. Blanrue va prendre toutes les précautions afin que son livre ne soit pas taxé d’écrit antisémite. Consacrant tout un chapitre au terme de “lobby juif” qu’il réfute et au sujet duquel il déclare préférer celui de “réseaux pro-israéliens”. Fort bien ! Tout comme il n’hésitera pas à citer nombre d’intellectuels juifs (Esther Benbassa, Elisabeth Schemla, Théo Klein…) quand ceux-ci émettent des réserves ou critiques à l’égard d’Israël ou d’un dirigeant communautaire trop excessif dans ses déclarations. Allant même jusqu’à dénoncer ce “faux archi connu” qu’est le Protocole des Sages de Sion, ou déclarer stupide “car inexacte” l’idée que tous les juifs de France auraient un point de vue identique.

Mais alors, nous direz-vous, qu’est-ce qui nous gêne dans ce livre ?? (…). Par exemple lorsqu’il parle de la faillite de la “banque juive Lehman Brothers”, reprenant un article du site d’information Rue89. En réalité dans la note de bas de page citant la source, il apparaît clairement que Rue89 n’accole pas du tout le terme de « juive » à la banque en question. Or, depuis bien longtemps, on sait qui accole systématiquement cette précision, surtout associée à la banque ou aux métiers de la finance. (…) Ou lorsqu’il tente de nous démontrer qu’il existe bien un “vote juif”, prenant pour exemple la consigne de vote sanction contre Valéry Giscard d’Estaing en 1981 émanant du Renouveau Juif. Sa conclusion est alors effarante : “résultat : François Mitterrand élu … Voila bien une résultante notable de l’influence juive en France, avouée, tamponnée et signée”. Que voilà des déductions bien mal orientées quand on sait que Jacques Chirac a du faire bien plus de mal à VGE que “les juifs” ou “le vote juif”.

Les sources sont tout autant sujettes à caution, puisqu’au milieu de notes provenant de la presse généraliste, on trouve les sites des pseudo “agences de presses alternatives” que sont Novopress des Identitaires ou Altermédia qui, en France, fut animé par Unité radicale, puis Christian Bouchet et des proches, avant de finir entre les mains d’une petite équipe membre ou proche de l’ex-RED.(…)

S’il fait souvent référence à ses racines chrétiennes (…) ce n’est pas anodin. Cela motiva en effet ses premiers engagements à la fin des années 1980 et il fut ainsi le directeur de publication du Bulletin Légitimiste, feuille d’information royaliste de la région Lorraine dont le rédacteur en chef adjoint était Thierry Gourlot (cadre du Front National, aujourd’hui responsable du Groupe FN au Conseil régional de Lorraine, et accessoirement membre de la police ferroviaire de la SNCF, la SUGE). (…).

On sait aussi que P.-E. Blanrue fit un passage au FN en Moselle durant ces mêmes années (collaborant même à la feuille locale du FN intitulée La Flamme). Disparaissant durant quelques années des milieux activistes, il fonde dans les années 1990 le Cercle Zététique qu’il dirige jusqu’en 2004, un an avant sa disparition. Son successeur à la présidence du cercle, Patrick Berger, créera dans la foulée la Radio Vraiment Libre (RVL), radio qui, dès le début, ouvrira son antenne à des gens comme Alain Soral ou Alain de Benoist.

Enfin, plus récemment on le retrouve donc aux côtés de Robert Faurisson lorsque celui-ci fête ses 80 ans chez Dieudonné (…).

Peu étonnant non plus, avec un peu de recul et au vu de ces quelques éléments, de constater que les chroniques de ses livres dans Rivarol (et même une interview) ont été systématiquement écrites par Yvonne Schleiter, sœur du professeur Faurisson et figure active de la diffusion des idées négationnistes en France. (…)

Le 3 juillet [2009] (…), 5 jeunes nervis de la Ligue de Défense Juive font irruption dans la librairie [Résistances], renversant les rayons, déversant de l’huile sur les livres et détruisant les ordinateurs. Quelques jours plus tard, un rassemblement de solidarité a lieu devant la librairie (…). Apparaît alors un jeune homme à qui Olivia Zemor tend le micro en le présentant comme un avocat venant de Nice. Celui-ci (…) se lance dans une intervention dans laquelle il évoque la France, la nation, sa tradition de la liberté d’expression, et se fait applaudir en annonçant son projet de pétition demandant la dissolution de la LDJ. Or, il ne fallut pas longtemps pour qu’une rumeur enfle sur Internet, associant John Bastardi Daumont, le jeune avocat en question, au nom de Robert Faurisson (…).

Malheureusement, le jour du procès, la rumeur se transformera en réalité, et c’est bel et bien notre jeune avocat qui viendra à la barre défendre son client Robert Faurisson (…).

http://reflexes.samizdat.net/spip.p...

Casa Pound : voir l’excellent article de Mouvement communiste sur ce site et dans le même numéro de la revue 1703

Cattori, Silvia : journaliste suisse, groupie de Dieudonné et rédactrice de nombreux articles dénonçant Israël et le sionisme. Soutient les régimes des bouchers Kadhafi et Bachar al-Assad au nom de « l’anti-impérialisme » et du « message d’amour » (sic) qu’elle prétend défendre. Ecrit régulièrement sur le site mondialisation.ca et se défend d’être antisémite ou négationniste (43) , même si elle sert la soupe à Gilad Atzmon dans une interview très complaisante.

En tout cas, c’est une nationaliste bourgeoise comme beaucoup d’antisionistes farouchement hostiles à « l’Axe américano-sioniste » mais jamais à leur propre classe capitaliste. Et elle « oublie » de mentionner l’importance de la collaboration économique de son pays (la Suisse) avec l’Allemagne nazie, le silence de la Croix Rouge sur les camps d’extermination, le refus d’accueillir des réfugiés juifs dans son pays et les conséquences létales que l’attitude de son gouvernement a eues pour les Juifs demandeurs d’asile en Suisse, etc.

Voici en effet ce qu’elle a le cynisme d’écrire : « Quand on songe que depuis 1995 le Congrès juif mondial (CJM), flanqué de ses avocats new-yorkais, s’en est pris à des pays inoffensifs comme la Suisse, a fait de la Suisse sa cible préférée ! Hier, au sujet des “fonds” dits “en déshérence” ; aujourd’hui, pour tenter encore une fois de lui tordre le cou sur les liens commerciaux qu’elle aurait entretenus avec l’Afrique du Sud, on croit rêver ! Les autorités suisses ont fini par céder submergées par la culpabilité et la peur distillée par cette "épée de Damoclès". La Suisse a versé 1,6 milliards de dollars, (en compensation des sommes dérisoires jamais retirées par les héritiers des victimes des camps nazis) pour des crimes contre l’humanité qu’elle n’a jamais commis. » Selon Mme Cattori, donc, la Suisse aurait été un pays « inoffensif » durant la Seconde Guerre mondiale. Nous sommes d’accord : totalement inoffensif pour les nazis, mais pas du tout pour les Juifs !

Cette « antisioniste » oublie de dire qu’à l’époque

« 60% de l’industrie d’armement, 50% de l’industrie d’optique et 40% de l’industrie des machines travaillent pour le Reich. Il s’agissait de matériel de pointe que les Allemands peuvent difficilement trouver ailleurs. De même, la ligne ferroviaire du Gothard revêt une importance primordiale, car elle relie les deux capitales Rome et Berlin. Elle voit augmenter considérablement le transit Nord-Sud. Ce commerce avec l’Allemagne était nécessaire pour obtenir le charbon, le fer, les huiles ou les semences dont la Suisse avait besoin. Il a enrichi des banques et des industries (…). La Banque Nationale Suisse (BNS) achète pour 1,7 milliards de francs-or (souvent pillé aux pays victimes du Reich) d’or à la Reichsbank allemande. (….). Les francs suisses, principal moyen de paiement international dès 1940, ainsi obtenus permettent à l’Allemagne d’acheter des matières premières indispensables à la poursuite de la guerre.

Plus grave encore, des dents ou des bagues saisies aux victimes des camps de concentration sont fondues en lingots qui figurent parmi ceux achetés par la BNS. 120 kilos d’or provenant des victimes des camps de concentration ont atterri à la BNS. (…) Il est aussi admis que de nombreux cadres nazis placent de l’or, des bijoux, des titres boursiers et d’autres valeurs dans des banques en Suisse, protégées par le secret bancaire. Finalement, des filiales d’entreprises suisses en Allemagne (Alusuisse, Maggi...) acceptent de la main-d’œuvre soumise au travail forcé (prisonniers, déportés...). D’autres recherches ont mis en évidence les rachats par des sociétés suisses d’entreprises expropriées aux juifs allemands. C’est notamment le cas du fabricant de cigares Villiger (père de l’actuel conseiller fédéral) ou des chaussures Bally, qui achètent au moins trois fabriques pour un Reichsmark symbolique (…).

Dès avril 1933, un arrêté du Conseil fédéral affirme que “les Israélites ne doivent pas être jugés comme réfugiés politiques”.

En septembre 1938, c’est la Suisse qui demande à l’Allemagne de faire apposer un tampon distinctif “J” sur les passeports des Juifs allemands et autrichiens qui se précipitent en Suisse après l’Anschluss et la Nuit de Cristal.

En mai-juin 1940, des milliers de soldats français, marocains et polonais qui fuient l’invasion allemande trouvent refuge en Suisse le long du Jura. De 1940 à 1945, la Suisse reçoit plus de 200 000 réfugiés de toutes sortes, qui sont internés dans des camps et astreints à des travaux (agriculture, construction...). En revanche, les réfugiés juifs qui sont interceptés à la frontière sont en majeure partie refoulés et trouveront la mort dans des chambres à gaz. Jusqu’en août 1942, ceux qui se présentent aux postes-frontières suisses sont en partie admis, en partie refoulés. Ceux qui parviennent à entrer clandestinement sont souvent sauvés.

Mais le 13 août 1942, une circulaire du DFJP annonce la fermeture des frontières. Les réfugiés ayant fui pour raisons raciales ne sont pas considérés comme réfugiés politiques. Heinrich Rothmund, chef de la division fédérale de police, estime que “la barque est pleine”.

Cette mesure reste largement en vigueur jusqu’en juillet 1944, date à laquelle Berne accepte d’accueillir tous les réfugiés civils dont la vie et l’intégrité corporelle sont menacés. C’est une reconnaissance implicite des Juifs comme réfugiés. Mais à cette date, il ne reste alors pratiquement plus de Juifs menacés aux alentours de la Suisse...

Selon le rapport Bergier, publié en décembre 1999, au moins 24 000 réfugiés, dont une large majorité de Juifs, ont été refoulés durant la guerre. Le chiffre est probablement plus élevé en raison des nombreux dossiers détruits depuis la guerre. »

Le fait que, grâce à l’« inoffensive » Suisse, 24 000 Juifs au moins aient été emmenés dans des camps d’extermination, ou que le gentil Etat suisse ait demandé à la communauté juive de subvenir aux besoins des réfugiés durant la Seconde Guerre mondiale, ne gêne pas du tout Mme Cattori qui tient à soutenir sa bourgeoisie et son Etat, comme beaucoup d’« antisionistes » le font vis-à-vis de leur propre bourgeoisie

La longue citation ci-dessus est extraite du site d’Albert Chevalley, professeur d’histoire (http://www.gymalp.ch/ histoire/plan.php3), mais on trouve pléthore de documents sur la Suisse, le national-socialisme et la Seconde Guerre mondiale sur le site http://www.aidh.org/Racisme/ 2e_guerre/ index.htm. Les textes qui y figurent démolissent complètement le caractère prétendument « inoffensif » de la collaboration entre les nazis et le gouvernement suisse de l’époque. Mme Cattori affirme ne pas être antisémite, seulement « antisioniste », ce qui est respectable, mais sa vision de l’innocence suisse nous rappelle fort, dans le contexte français, l’argumentation pétainiste en faveur de l’innocence gauloise durant la Seconde Guerre mondiale.

Centre Zahra et Parti Anti Sioniste : le Centre Zahra est un groupuscule chiite radical, antisémite et antisioniste, allié de Dieudonné et Soral, qui aime se pointer aux manifestations de gauche sur la Palestine. Le Centre Zahra a donné naissance au Parti Anti Sioniste, qui, avec le soutien de Dieudonné et Alain Soral, a présenté une « liste antisioniste » aux élections européennes de 2009. Le Parti Anti Sioniste inclut aussi un certain nombre de conspirationnistes et de défenseurs de la liberté d’expression des négationnistes comme Ginette Hess Skandrani.

Ceresole, Norberto : Fasciste argentin qui fut un des mentors de Chavez. Suivant les chavistes, cette collaboration n’aurait duré que quelques mois. Ceresole fut expulsé du Venezuela en 1995 après avoir rencontré Chavez en Argentine en 1994, puis au Venezuela où il l’accompagna lors d’une tournée politique. Il revint au Venezuela en 1999 (après la victoire du colonel aux présidentielles de décembre 1998) pour finalement mourir en Argentine en 2003.

Le négationnisme de Ceresole ne fait aucun doute. Dans ses écrits sur Chavez, il évoque un complot « judéo-anglais » à l’œuvre depuis 1492 sur le continent sud-américain ; il considère que 400 000 Juifs sont morts pendant la Seconde Guerre mondiale (et non 6 millions), et que c’est le Parti communiste allemand qui assasinait les Juifs dans les camps de concentration ; il pense que l’Eglise catholique est sous la coupe des Juifs depuis Vatican II ; il voit, dans les attentats en Argentine qui firent 100 morts en 1992, la main de l’extrême droite israélienne ; il estime que le fait que 1 250 juifs argentins soient morts dans la guérilla démontre que ces derniers ont voulu détruire la nation et l’armée argentine et y auraient réussi ; il affirme que tout Juif est un traître potentiel puisqu’il est à la fois loyal à sa patrie et loyal à l’Etat d’Israël ; il pense qu’il faut non seulement chasser les Juifs de tous les pays d’Amérique latine, puisqu’ils constituent une cinquième colonne permanente, mais qu’il faut les chasser aussi d’Israël, etc.

Ceresole exprima ses opinions dans plus de 30 livres avant sa mort en 2003 et dans de nombreux articles. Il est donc difficile de croire que Chavez ait pu ignorer l’antisémitisme hystérique et l’antisionisme fanatique de ce personnage, d’autant plus que Ceresole proposa dans ses écrits une vision géopolitique et une stratégie d’alliances du Venezuela avec les pays du Proche et du Moyen-Orient, dont l’un des objectifs était justement… l’élimination physique d’Israël.

Pour le Venezuela, il proposa un modèle politique (la trinité Caudillo- armée-peuple), la création d’un mouvement civico-militaire autoritaire et il définit le rôle stratégique que devait jouer Chavez, selon lui, à la fois en Amérique latine mais aussi à l’échelle internationale.

Ces aspects-là de sa pensée expliquent pourquoi ils ont pu intéresser Chavez et son entourage, entre la sortie de prison du colonel vénézuélien en 1994 (après deux tentatives de coup d’Etat en 1992) et son élection au poste de président en 1998. Norbert Ceresole avait réfléchi à un certain nombre de problèmes stratégiques qui se posent au continent latino-américain, et aux différentes puissances de cette planète. S’il a su capter, à des périodes historiques différentes, l’intérêt d’officiers putschistes ou au pouvoir en Argentine, au Pérou et au Venezuela, c’est qu’il les a encouragés à jouer un rôle politique décisif dans leurs sociétés respectives et à affronter les puissances américaines et européennes sur le plan idéologique, en attendant mieux….

Il s’est présenté à eux comme un classique conseiller du prince, qui leur offrait un kit militaro-idéologique :

– une vision géopolitique puisant chez Toynbee, Spengler et Huntington des conseils en matière militaire et policière (avec une prédilection pour la contre-information des services de renseignements) ;

– une vision critique de l’histoire latino-américaine officielle ;

– un projet économique (construire une industrie militaire solide et acquérir une technologie nucléaire)

– et un discours fascisant mêlant des considérations anti-oligarchiques, antidémocratiques, anti-européennes, antiaméricaines, antimarxistes, à l’hostilité vis-à-vis des Lumières et des droits de l’homme ; avec, en prime, une certaine sympathie pour ce qu’il appelait la « race-culture arabo-musulmane ».

Cette soupe idéologique peut sembler indigeste – et elle l’est. Ceresole ne fut pas un grand penseur dont les travaux seraient restés ignorés à cause de ses obsessions antisémites. C’était un intellectuel confus et brouillon, mais il faut lui reconnaître au moins une certaine habileté dans la confection d’un nouveau mythe bolivarien, après la disparition de l’URSS, et face à l’hyperpuissance américaine, dans un monde devenu multipolaire. Et, dans le cadre de ce mythe, les armées d’Amérique latine et leurs chefs suprêmes auraient, selon lui, pu jouer un rôle privilégié, Chavez apparaissant comme une sorte de Bolivar du XXIe siècle. Le projet économique et politique de l’ALBA (Alliance bolivarienne pour les Amériques) va tout à fait dans la direction indiquée par Ceresole. D’ailleurs l’Alba se réclame de l’héritage d’Eva Peron et d’Omar Torrijos, deux références incontournables pour ce militant d’extrême droite…

Il existe d’étonnantes convergences entre les raisonnements politiques de ce fasciste et ceux que l’on entend à l’autre extrême de l’échiquier politique, dans les milieux « anti-impérialistes » et altermondialistes de gauche ou d’extrême gauche, à la fois sur Chavez mais aussi sur la situation internationale, sur l’impérialisme américain, le sionisme, etc.. Plus grave encore : son projet politique répond sans doute aux attentes de nombreux hommes et femmes d’Amérique latine. Désespérés par la corruption effrénée des partis « démocratiques » ou l’échec des guérillas « marxistes », ils ne croient plus qu’en l’action d’un homme à poigne, d’un Caudillo providentiel, dont le colonel Chavez constitue sans doute la meilleure incarnation actuelle. Comme en témoigne l’idolâtrie (44) dont il est l’objet non seulement dans les quartiers populaires vénézuéliens, mais jusque chez certains groupes trotskystes, ou dans les colonnes du mensuel des « tiersmondains » français (Le Monde diplomatique).

Charbonnier, Marcel : traducteur de nombreux textes « antisionistes », y compris ceux du négationniste et antisémite Israël Shamir.

Cheminade, Jacques : dirigeant de Solidarité et Progrès, disciple de Lyndon La Rouche, ex-trotskyste américain dont la dissidence avec le trotskysme a commencé par une volonté de mieux comprendre les crises du capitalisme et a abouti au conspirationnisme d’extrême droite, matiné de soutien à l’Union soviétique, puis aux derniers Etats staliniens (Corée du Nord, Cuba). La Rouche s’est déchaîné en propos racistes contre Obama. Quant à son disciple Cheminade, un coup il appelle à voter Royal, un coup il cite Rosa Luxembourg. Un coup il fait l’apologie du Conseil national de la Résistance comme tous les altermondialistes et le PCF ; un coup il va discourir au Local du fasciste Serge Ayoub.

Chiesa, Giuletto : eurodéputé sur les listes de l’Italie des valeurs créée par le juge anti-Mafia Di Pietro, il appartient à un comité « Pour la Vérité sur le 11 Septembre (et le Nouvel Ordre Mondial) ». A propos de sa présence dans deux réunions aux côtés d’un certain Blondet, journaliste complotiste et « antisioniste » qui traite tous les Roms de criminels, Chiesa reconnaît qu’il s’est trouvé à la même tribune que des « personnages ouvertement fascistes ». Son site mentionne ses multiples collaborations à des médias de la bourgeoisie occidentale et russe. Il a de plus donné des conférences au Département d’Etat (le ministère des Affaires étrangères), à la Rand Corporation (un think-tank réactionnaire et « un institut de recherche très proche de l’appareil militaire et des services de renseignement » américains, selon Francis Pisani dans Le Monde diplomatique). Il a travaillé régulièrement pour Radio Liberty, la radio « anticommuniste » (en fait, contre-révolutionnaire) payée par le gouvernement américain et noyautée par la CIA. Ses articles sont repris par les sites altermondialistes et ceux d’extrême droite.

Cruse, Jean-Paul : ex-maoïste de la Gauche prolétarienne, à l’initiative d’une tentative de regroupement des « rouges-bruns » en 1993, lancé par un article intitulé « Vers un Front national », publié dans L’Idiot international, avec l’appui de quelques intellectuels du PCF et quelques individus d’extrême droite.

Dieudonné : comique qui est passé lentement mais sûrement de la gauche à l’extrême droite par le biais de l’antisionisme (il fit campagne avec Alain Soral et les antisionistes de la CAPJPO avant de se fâcher avec ces derniers) et de la dénonciation du rôle des Juifs dans la traite négrière (argumentation empruntée à la Nation de l’Islam et à certains universitaires américains). Généreusement financé par l’Iran « pays formidable » où règne « une liberté d’expression qui n’existe pas en France » (sic) pour ses projets de films.

Cf. aussi nos articles « Les comiques antiracistes surmédiatisés renforcent les préjugés qu’ils prétendent combattre » (2004) et « Finkielkraut-Dieudonné. À chaque communauté son petit Farakhan… » (2005), reproduits dans la compil’ n° 6 Polémiques et antidotes… (2011).

Duprat, François (1940-1978). Antisémite, raciste antisioniste, négationniste et informateur stipendié des Renseignements généraux (400 euros par mois, de l’argent de poche pour certains, une grosse somme pour d’autres), il a joué un rôle important dans l’importation de thèmes de gauche dans la propagande des groupes fascistes et du Front national. Il contribua à importer en France le slogan de la « cause des peuples », inspiré par les nationalistes-révolutionnaires allemands. Il fut aussi l’inventeur du mot d’ordre de la « préférence nationale » (45) (même si celui-ci fut développé quelques années plus tard par Jean-Yves Le Gallou, dans le cadre du Club de l’Horloge, fondé en 1974 par des membres du Parti républicain et du RPR, think-tank pour énarques, polytechniciens et anciens de Normale sup’). En 1967, dans L’Agression israélienne, il déroulait déjà tous les thèmes de la propagande antisioniste-antisémite de droite, comme de gauche :

– Israël est en train de perpétrer un « génocide » contre les Palestiniens ;

– les Français sont manipulés par les médias influencés, ou possédés, par les juifs (ces « techniciens de classe » selon Duprat) ;

– si l’antisémitisme croît, ce serait parce que les Juifs font trop de bruit ;

– il faut lutter contre le « lobby sioniste » en France et pour la « liberté de la Palestine arabe » ;

– il faut se montrer solidaires avec « le peuple opprimé de Palestine dans son héroïque résistance contre l’occupation sioniste ».

Duprat vit dans le négationnisme (quelques années avant Guillaume, Thion et Faurisson) un moyen pour l’extrême droite de se débarrasser des accusations de pétainisme et de philofascisme qui la maintenaient à l’écart du champ politique. Le triomphe éventuel des idées révisionnistes, pensait-il, permettrait de réhabiliter les régimes fascisants ou fascistes qui servaient de références à l’extrême droite.

Pour plus de détails, on consultera le documentaire « François Duprat, une histoire de l’extrême droite » disponible sur Internet : http://www.lemonde.fr/week-end/visu...

Egalité et Réconciliation, site et petit groupe autour de l’antisémite antisioniste Alain Soral, girouette passée des franges du PCF (on n’a jamais retrouvé trace de sa carte…) au Front national, et copain de Dieudonné. Egalité et Réconciliation a défilé dans le cortège de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France, qui représente une bonne partie des musulmans de France et invite souvent Tariq Ramadan), le 5 juin 2010 dans le cadre d’une manifestation au sujet de l’attaque d’Israël contre la flottille humanitaire tentant de gagner Gaza.

Fouéré, Yann : sous-préfet du temps de Vichy, créateur du Parti pour l’organisation d’une Bretagne libre en 1982, auteur de L’Europe aux cent drapeaux, ouvrage de référence pour les nationaux-révolutionnaires, il devient un théoricien du nationalisme breton tout en citant volontiers Proudhon. Parmi d’autres, le site et la lettre trimestrielle L’Idée Bretonne « pour une Bretagne enracinée » s’inspirent de cette canaille en ces termes : « Notre mouvement affirme un impératif identitaire qui est le grand défi du siècle présent : face au processus d’uniformisation culturelle des peuples selon le modèle américain, face à la forte poussée migratoire du Sud, et en réponse à la mondialisation en général, les peuples d’Europe doivent trouver l’énergie de rester eux-mêmes. »

Gallois Pierre-Marie : bien qu’il n’ait jamais été de gauche ou d’extrême gauche, ce général à la retraite qui travailla à l’OTAN dans les années 50, ce grand partisan du nucléaire, offrit jusqu’à son décès en 2010 un superbe exemple des passerelles entre la gauche et l’extrême droite. En effet, ce gaulliste pro-serbe copain de Chevènement et de Philippe de Villiers, appela à des manifestations durant la guerre de l’OTAN contre la Yougoslavie aux côtés de l’abbé Pierre, du chanteur Renaud et de Max Gallo. Il soutint la campagne pour le non au Traité constitutionnel européen, mais aussi les régimes de Milosevic et Saddam Hussein. Il publia des livres chez Syllepse et Le Temps des cerises, maisons d’édition considérées comme de gauche, tout en étant lui-même très proche des royalistes d’extrême droite. Il enseigna aux officiers de l’armée impérialiste française, à l’Institut des hautes études de défense nationale de Paris et fut le rédacteur en chef de sa revue Défense. Il était régulièrement invité par le journaliste « antisioniste » Richard Labévière sur les ondes de Radio France Internationale, entre 2000 et 2008, et tout aussi fréquemment invité sur Radio Courtoisie. Il participa à Balkans Info, publication qui soutient Assad, Poutine, Chavez, etc., et fut invité au Local du fasciste Serge Ayoub. Il fut aussi l’un des mentors du plumitif d’extrême droite sioniste Alexandre del Valle. Ce général, par ses réseaux et ses amis, illustrait parfaitement les « nouvelles convergences » souhaitées par le fasciste Christian Bouchet.

Gazette du Golfe et des Banlieues : torchon antisémite créé en octobre 2001. N’a jamais eu rien à dire sur les « banlieues ».... Le principal intérêt du sommaire de cette publication est le savant dosage entre négationnistes, antisémites et intellectuels de gauche ou d’extrême gauche (dont les articles sont le plus souvent repris sans l’accord de leurs auteurs). La confusion créée atteint son objectif : justifier l’antisémitisme au nom de l’antisionisme respectable (enfin, pas toujours…).

Génération Kemi Seba (ex Tribu Ka créée en 2004 dissoute en 2006) : groupuscule raciste autour de Stellio Capo Chichi (alias Kemi Seba), copain de Dieudonné. Mouvement dissous en 2009. S’est transformé en Mouvement des damnés de l’impérialisme. Ces petits groupes, qui se réclament du panafricanisme et de l’afrocentrisme, et sont surtout antisémites, ont été soutenus par des groupes fascistes gaulois-pur-beurre comme le Renouveau français, à cause de leur antisionisme.

Giudice Fausto : journaliste, traducteur, qui défendit la « liberté d’expression » de Ginette Hess-Skandrani et participe au site txalcala où abondent les traductions de l’antisioniste antisémite Israël Shamir.

Hess-Skandrani, Ginette (apparaît tantôt sous le nom de Hess, tantôt sous le nom de Skandrani, plus connu) : copine de Dieudonné et Soral, lors de leurs aventures électorales ; elle anime le site Entre la plume et l’enclume qui publie les écrits antisémites de Gilad Atzmon, Israël Shamir, etc. Se défend d’être antisémite et négationniste bien qu’elle publie des articles de R. Faurisson, R. Garaudy et P. Guillaume. Cette ex-militante des Verts défend la « liberté d’expression » des Faurisson, Thion, Guillaume, Reynouard, et autres salopards. Elle a animé un débat au théâtre de la Main d’Or le samedi 30 janvier 2010 autour du film Chomsky & Compagnie, Pour en finir avec la fabrique de l’impuissance (46), de Olivier Azam et Daniel Mermet, débat qui portait évidemment sur… la défense de la liberté d’expression, débat auquel participèrent les antisémites négationnistes Robert Faurisson et Alain Guionnet. Cette charmante dame a fait l’apologie du « socialiste » Kadhafi, du moins jusqu’à son tournant pro-occidental. Signalons qu’elle été tabassée par un commando des sionistes d’extrême droite du Betar qui l’a envoyée à l’hôpital en 2006, agression qui a redoré son blason d’antisioniste de gauche.

Idiot International : journal animé par Jean-Edern Hallier entre 1969 et 1994, qui soutint les maos au départ puis se livra à toutes sortes de provocations, dignes de la presse de caniveau. Comme l’écrivait la revue Mauvais Temps en 1999 : « Cet hebdomadaire était un véritable laboratoire idéologique où, sous couvert d’anti-américanisme, d’anti-mitterrandisme, d’anti-sionisme, on redonnait des couleurs neuves à l’antisémitisme, où sous les apparences de la phraséologie révolutionnaire, on réhabilitait en fait la vieille pensée de l’extrême droite française, celle de Barrès, de Maurras, de Daudet fils, de Drieu La Rochelle. » Fils de général, Hallier était fortement suspecté d’avoir sympathisé avec l’OAS avant 1968, mais cela ne gêna pas ses amis maoïstes après Mai.

Il publia un livre d’Alain de Benoist tout en affirmant ne pas partager les positions de la Nouvelle Droite (on remarquera que le système de défense des intellectuels fascistes ou fascisants est toujours le même : c’est au nom de la liberté d’expression qu’ils propagent des idées réactionnaires ou défendent le droit de certains à les exprimer). La liste des collaborateurs de l’Idiot International est édifiante : Patrick Besson, Marc-Édouard Nabe, Gabriel Matzneff, Jean Dutourd, Michel Déon, Jacques Laurent, Jean Cau, Philippe Sollers, Philippe Muray, Thierry Séchan, Michel Houellebecq, Edouard Limonov, Jacques Vergès, Alain de Benoist, Alain Soral, etc.

On retrouve là une pléiade d’écrivains ou d’individus qui se sont signalés par leurs propos réactionnaires ou antisémites, à un moment ou un autre depuis 30 ans, et/ou ont soutenu Milosevic. Quelques jeunes écrivains arrivistes qui sont devenus célèbres ensuite, genre Beigbeder, Nabe ou Houellebecq. Et aussi quelques types « de gauche » comme Marc Cohen (PCF) ou Gilbert Mury (fondateur du PCMLF maoïste). Rien de très concluant sur un complot « rouges-bruns » mais plutôt la preuve que, dans les milieux intellectuels, comme dans les milieux politiques (cf. Mitterrand), les positions politiques comptent beaucoup moins que les amitiés, intéressées ou pas.

Karnooh, Claude : anthropologue, chercheur au CNRS, qui défendit Faurisson en 1981 en ces termes : « Je crois qu’effectivement les chambres à gaz n’ont pas existé » puis déclara quelques années plus tard : « Je suis un antisioniste radical, à la fois par conviction philosophique, mais aussi par respect pour les morts de ma famille dans les camps… Ils ne sont pas morts pour construire Israël, ni pour justifier la guerre en Irak, ni pour légitimer le meurtre des enfants palestiniens ». De même que Le Pen trouve toujours un « Arabe » ou un « Noir » pour venir lui servir de témoin antiraciste quand il est traîné devant la justice, il se trouve toujours quelques Juifs (dont les parents ont été victimes du judéocide) pour soutenir les propos des antisionistes-antisémites. Ce type d’argument d’autorité (qu’il soit utilisé par l’extrême droite ou l’extrême gauche) montre la faiblesse des arguments des uns et des autres. Le racisme et l’antisémitisme de certains individus ne sont pas liés seulement, ni principalement, à leurs origines dites « ethniques », ils découlent de positions politiques, de choix dans la lutte de classe, qui seuls permettent d’expliquer pourquoi certains sionistes – ou certains antisionistes – ont pu ou peuvent faire alliance avec l’extrême droite.

MDI (Mouvement des damnés de l’impérialisme)  : mouvement « ethno-différencialiste » (concept emprunté aux fascistes) et « anti-impérialiste » (terme emprunté à la gauche) créé en 2008 suite à la dissolution de la Tribu Ka et de Génération Kémi Séba. Accueille dans ses rangs le négationniste Serge Thion et Ginette Skandrani qui défend la liberté d’expression de ses amis négationnistes.

Mouvement d’action sociale : groupe néofasciste qui, aux cris de « Changeons de siècle, pouvoir au peuple » vint participer à la manifestation appelée le 24 novembre 2010 par… Pierre Carles contre le dîner du Siècle, club très privé réunissant chaque mois le gratin du patronat, des médias et des politiciens. Selon Article 11, « En France, le Mouvement d’action sociale se revendique explicitement du modèle Casa Pound, tentant de se positionner sur un même créneau “social” et de surfer sur des préoccupations quotidiennes – notamment la malbouffe : le MAS a effectué plusieurs “opérations” contre des fast-foods, avec distribution de tracts et du célèbre documentaire Supersize me. » Le MAS se présente ainsi sur son site : « Il n’y a pas de fatalité : l’immigration, la crise sociale, la perte d’identité, le chômage, la consommation de masse, la destruction de la nature sont des maux directement produits par le capitalisme mondial. Notre peuple souffre, écrasé par les lois de l’argent et du politiquement correct […], abruti par ce monde de publicité et de bonheur marchand. »

Nationalistes-révolutionnaires : étiquette sous laquelle on peut ranger des groupes fascistes comme « l’Organisation Lutte du Peuple (1972), les Groupes nationalistes-révolutionnaires de base (1976), le Mouvement nationaliste révolutionnaire (1979), Troisième Voie (1985), Nouvelle Résistance (1991) et Unité Radicale (1998). Les mouvances dites “socialiste-européenne”, “solidariste”, “nazi-maoïste” et “national-bolchevique” » sont à intégrer dans le même courant, d’après N. Lebourg (op. cit.).

Selon un texte de Nouvelle Résistance écrit en 1995, le nationalisme-révolutionnaire est un « méta-réseau » où se connectent « des réseaux musicaux (indus, black et pagan metal, gothique, Oï), des réseaux religieux (païens, occultistes, convertis à l’islam), un réseau écolo radical, des réseaux régionalistes, etc. ». Ils soutinrent le sandinisme, le péronisme, le castrisme avant son alignement sur l’URSS. Puis, selon N. Lebourg (op. cit.), ils exaltèrent « les luttes de libération nationale (les groupes indépendantistes ou autonomistes corses, basques, kanaks, les néo-zapatistes, le FPLP palestinien), les luttes locales (Vallée d’Aspe), comme les régimes et mouvements censés s’opposer au Nouvel ordre mondial américano-sioniste (Croatie, Cuba, Corée du Nord, Libye, Iran, Front Islamique du Salut. »

« Cohérents » avec leur racisme et leur haine du métissage, les néofascistes considèrent que le panafricanisme de Marcus Garvey (partisan d’un retour des Noirs Américains en Afrique) ou le séparatisme prôné par la Nation de l’Islam de Louis Farrakan allaient dans le bon sens. « Le nationalisme-révolutionnaire est un fascisme conséquent, puisqu’il lie tout ensemble ce souhait de révolution politique et celui d’une révolution culturelle (…). Ce néofascisme a pour trait distinctif saillant de prôner l’Europe organique par collaboration des nationalistes anti-impérialistes constituant l’avant garde des nations prolétaires. » (N Lebourg, op. cit.) Il s’inspire aussi du socialisme utopique français, de Blanqui, Babœuf et Proudhon.

Neturei Karta : groupuscule d’illuminés juifs religieux créé en 1938 ; aussi réactionnaires que les lefebvristes catholiques français, ils servent d’alibi à certains antisionistes d’extrême droite et d’extrême gauche, et sont soutenus en France par Dieudonné, le Mouvement des damnés de l’impérialisme, etc. Une fraction des Neturei Karta participa à la conférence négationniste organisée à Téhéran en 2006.

Parti Anti Sioniste : groupuscule antisémite présidé par Yahia Gouasmi qui veut « libérer notre État, notre gouvernement et nos institutions de la mainmise et de la pression des organisations sionistes » et « redonner le pouvoir à la France et aux Français ». En effet, « le sionisme [serait] une idéologie politique dont l’action en France, à travers divers groupes de pression, présente un danger pour le ciment républicain de la nation, son indépendance nationale et la paix ». Un programme digne de la propagande nationaliste-fasciste des années 30, ou de n’importe quel groupe « nationaliste-révolutionnaire » actuel…

Petras, James : universitaire américain marxiste, dont les articles et les livres sont loués dans la presse de gauche et d’extrême gauche. Dans ses livres (aux titres qui se passent de commentaires : « Sionisme, militarisme et déclin du pouvoir militaire américain » ; « Dirigeants et dirigés dans l’Empire américain, banquiers, sionistes et militants » ; « Le pouvoir d’Israël aux Etats-Unis » ; « Les crimes de Gaza et la 5e colonne sioniste en Amérique », etc.), il propose l’alliance de la gauche et des « conservateurs patriotes » pour libérer les Etats-Unis de la domination de la « Configuration de pouvoir d’Israël », autrement dit du ZOG.

Nous reproduisons ci-dessous des extraits d’un article déjà publié dans Ni patrie ni frontières et dans notre anthologie « Question juive » et antisémitisme. Sionisme et antisionisme sur ce sinistre individu.

James Petras : Un gringo chauvin,

antisioniste et… antisémite

Ce professeur de sociologie est l’« auteur de 62 livres publiés dans 29 langues et de plus de 560 articles dans des revues professionnelles (47) ». Il collabore à des publications françaises comme Le Monde diplomatique ou Les Temps modernes, des revues marxisantes comme la célèbre New Left Review, et à la presse bourgeoise (New York Times, The Guardian, Christian Science Monitor, Foreign Policy, etc.). Ce monsieur a aussi des références « militantes » puisque son éditeur nous apprend qu’il « collabore avec le mouvement des paysans sans terres au Brésil depuis onze ans », et qu’il a « fait partie du tribunal Russel contre la répression en Amérique latine ».

Vive les dictateurs pseudo « anti-impérialistes » du Sud !

James Petras est l’auteur d’un article intitulé « Douze thèses sur la guerre et la paix au Moyen-Orient » écrit en juin 2006 où l’on retrouve tous les poncifs de la gauche et de l’extrême gauche favorables à la dictature des mollahs sur le prolétariat iranien.

Comme eux, Petras soutient également la pseudo-« Résistance » irakienne dont la principale activité consiste à tuer des chiites, faire sauter des mosquées et assassiner des travailleurs irakiens ou étrangers. La « résistance islamique de masse » en Irak serait, selon Petras, un « mouvement de libération nationale ».

Quant à l’Iran, la « révolution islamique » y aurait « distribué des terres » (il ne précise bien sûr ni la quantité distribuée ni son importance par rapport à l’ensemble des terres exploitées dans le pays) ; elle aurait « introduit des élections pluralistes »… « dans des limites étroitement définies par la loi islamique ». On remarquera le jésuitisme et le cynisme de cette formule.

Conscient qu’il est sans doute allé trop loin (en tout cas pour un lectorat de « gauche »), Petras évoque ensuite « la répression des mouvements syndicaux » qui a « miné une bonne partie des réformes programmées par le régime islamique ». Qui a mené cette répression, si ce n’est le pouvoir que soutient Petras ? En bon faux-cul de gauche il conclut ainsi son article : « le nouveau président a promis de faire des efforts en matière de protection sociale ». (…) James Petras, qui est souvent publié dans Le Monde diplomatique en France, défend les mêmes thèses que ce journal « tiers-mondain » au service des dictateurs « anti-impérialistes » du Sud, ou que certains trotskystes qui trouvent des aspects positifs au régime iranien des mollahs et à l’extrême droite irakienne (48) .

Pour couronner le tout, Petras écrit dans son article que les « classes moyennes et supérieures ont été abasourdies, dans le monde entier, par les pertes en vies humaines » causées par les attentats du 11 septembre, comme si ce massacre de 2700 personnes ne pouvait émouvoir et révolter que des privilégiés ou des réacs !

Petras défend une politique étrangère « éclairée » qui tienne compte des « intérêts nationaux » de l’impérialisme américain

Nous ignorons si James Petras partage les thèses délirantes de Thierry Meyssan sur le 11 septembre (thèses accueillies favorablement dans les tous les forums sociaux de l’altermondialisme), mais ce qu’il y a de sûr c’est que son discours est digne d’un politicien américain chauvin, soucieux des intérêts bien compris de la bourgeoisie et de l’Etat américains.

Ses thèses rejoignent parfaitement celles de John Mearsheimer, de l’université de Chicago et Stephen Walt, de l’université de Harvard (…). Tout comme les deux universitaires réactionnaires précités, James Petras, dans son dernier livre sur « La puissance d’Israël aux Etats-Unis » explique que « ce n’est pas le contrôle des ressources en pétrole qui pousse l’impérialisme américain à attaquer l’Irak et à menacer l’Iran et la Syrie ». Non, ce serait « la défense des intérêts d’Israël » ! En bon gringo chauvin, il s’indigne de l’« espionnage israélien aux Etats-Unis » et voudrait que son pays récupère une « indépendance d’action fondée sur une défense éclairée de l’intérêt national et des principes progressistes ».

Voilà de quoi faire trembler Wall Street et les multinationales !

De l’antisionisme à l’antisémitisme de gauche

Dans leur article sur « l’antisémitisme de gauche en Pologne » (Ni patrie ni frontières n° 18-19), Piotr Kendziorek et August Grabski font allusion à un autre texte de James Petras « Palestine : the final solution and Jose Saramago », écrit le 2 avril 2002, et republié en polonais dans Lewa Noga n° 14. Cet article commente les déclarations de l’écrivain portugais Jose Saramago en mars 2002 à Ramallah : « Ce qu’il faut faire, c’est sonner le tocsin, partout dans le monde, pour dire que ce qui arrive en Palestine est un crime que nous pouvons stopper. Nous pouvons le comparer à ce qui est arrivé à Auschwitz. (…) La répression israélienne est la forme la plus perverse de l’apartheid. »

James Petras défend bien sûr Saramago en affirmant :

– que les « Israéliens conduisent un génocide contre un peuple entier »,

– que « les descendants de l’Holocauste réclament le monopole de l’usage d’un mot » (génocide),

– que les « victimes peuvent devenir des bourreaux »,

– et que les Juifs « sont les rentiers de l’Holocauste ». On remarquera ce recyclage d’un vieux poncif antisémite : la dénonciation du rapport des Juifs à l’argent, et sous sa forme la plus « immorale » et parasitaire : l’usure hier, la « rente » aujourd’hui. Décidément les judéophobes n’ont guère d’imagination…

Mais Petras ne s’arrête pas là : comme de nombreux radicaux antisionistes, il cite ce « fameux » officier qui aurait affirmé, à propos de Jénine, qu’il fallait s’inspirer des techniques de lutte des nazis contre les insurgés du ghetto de Varsovie. Cette affirmation est banale : il faut être particulièrement ignare et de mauvaise foi pour croire que, dans les écoles militaires des pays impérialistes – comme dans les camps d’entraînement de toutes les guérillas d’extrême gauche – on n’étudierait jamais les méthodes de l’adversaire, aussi barbare et sanguinaire soit-il. Bien connaître les méthodes de l’ennemi, voire les retourner contre lui, est une question de survie militaire, pas un problème moral !

En fait, l’objectif de Petras est autre : il veut manipuler l’indignation du lecteur pour suggérer un amalgame entre Juifs (ou Israéliens) et nazis. Il ne fait ainsi que reprendre un procédé employé par les négationnistes depuis des années qui ont besoin d’affirmer l’identité entre Juifs et nazis (d’où des expressions comme « judéo-nazis », ou « nazi sionistes », que l’on retrouve aussi sur les sites Internet considérés comme « radicaux » tels que Indymedia) pour ensuite prétendre qu’en fait la Shoah n’a jamais eu lieu.

A ce propos, on remarquera – et ce n’est pas un hasard – qu’Israël Shamir recommande chaudement le dernier livre de James Petras (« Le Pouvoir d’Israël en Amérique »), comme en témoigne la citation présente sur le site de la maison d’édition de James Petras. Shamir qui déclare sur ce même site que « la puissance juive façonne la politique américaine dans le Moyen-Orient contre les intérêts des grands pétroliers » ! Bush hostile aux intérêts des grands pétroliers, fallait la trouver, celle-là !

Dans son article « Palestine : the final solution and Jose Saramago », Petras écrit : « comme dans l’Allemagne nazie tous les mâles palestiniens de 16 à 60 ans sont encerclés, interrogés, menottés, torturés ». Comme si les nazis se contentaient de faire des rafles et n’avaient pas exterminé tous les Juifs ensuite ! L’« habileté » de ce plumitif antisémite consiste à dissimuler ce qui se passait APRES ces rafles.

Puis il ajoute : « Comme avec les nazis des centaines de Palestiniens blessés sont laissés sans soin et meurent ». Ce qui est parfaitement exact, ce qui est un crime de guerre, un crime contre l’humanité… mais pas un génocide.

Enfin Petras ne cache même plus son antisémitisme lorsqu’il écrit : « Personne n’a le pouvoir aux Etats-Unis de contrer l’argent et l’influence du lobby israélien et de ses puissants alliés juifs. » Bref, les Juifs, domineraient l’Empire américain qui lui-même domine le monde : il ne manque plus qu’une référence au protocole des Sages de Sion et la boucle sera bouclée. Voilà le type d’auteur que publie un trotskyste polonais dans la presse dite « révolutionnaire » de son pays !

Poumier, Maria  : universitaire pro-castriste, copine de Dieudonné (elle s’est présentée sur ses listes en juin 2009). Adversaire de la loi Gayssot, elle n’hésite pas à défendre la « liberté d’expression » des négationnistes comme « son ami Pierre Guillaume », Thion, Faurisson, Reynouard et Cie. Elle s’est bien sûr précipitée en avril 2011 pour soutenir le régime de Kadhafi (pardon, pour « dénoncer les bombardements français »…), avec Dieudonné, Skandrani, etc. Collabore au site Entre la plume et l’enclume où abondent les écrits négationnistes.

Une citation (que nous avons déjà mentionnée dans une autre entrée de ce lexique) suffira à la caractériser : « « Le sionisme emprunte toutes les nationalités, toutes les confessions, toutes les origines familiales, tous les aspects physiques ; il est le plus petit dénominateur commun qui relie ceux qui œuvrent dans le sens voulu par Sharon et par Bush, pour l’extension à la planète entière de l’industrie du génocide qui se déploie sous nos yeux, sous prétexte de traquer quelques terroristes. » Cette image de l’hydre multiforme et omniprésente ne vous rappelle rien ?

Renouveau français : mouvement nationaliste-révolutionnaire, concurrent des Identitaires. Auteur d’une « Lettre ouverte à l’extrême gauche – ou comment distinguer les véritables révolutionnaires des larbins du système ». Même si ses militants sont plus adeptes du coup de poing que de la discussion dialectique, une telle initiative en dit long sur la volonté de ces fascistes de semer la confusion et construire des passerelles, au nom de l’antisionisme, bien sûr, et de la lutte contre la mondialisation.

Reynouard, Vincent : condamné à un an de prison ferme en France et en Belgique pour avoir écrit une brochure négationniste Holocauste, ce que l’on vous cache. « Le combat révisionniste, explique-t-il, que je mène – et dont les implications dépassent largement le domaine de l’Histoire – je le mène précisément pour mes enfants, ainsi que pour ceux des autres, pour les Palestiniens, pour l’Europe, et, plus généralement, pour un monde qui sera débarrassé de ce Nouvel Ordre mondial bâti sur les ruines du IIIe Reich. » Bricmont et P.-E. Blanrue ont lancé une pétition en faveur de l’abrogation de la loi Gayssot et demandé la libération de Reynouard. Tout comme les libertaires Chomsky et Baillargeon.

Robin, Jean : ex-Vert qui fit campagne pour Cohn-Bendit, soutint Dupont-Aignan en 2007, et fait désormais partie de l’Union populaire républicaine de France, groupuscule gaullo-xénophobe. Anime le site Enquête et débats. Grand défenseur de la liberté d’expression pour les fascistes et les négationnistes, il sème la confusion en permanence, se présentant comme anti-islam et pro-musulmans, pro-israélien et anticolonisation, etc. Adepte de la théorie conspirationniste et raciste de l’Eurabia (l’Europe serait absorbée par le monde arabe à cause de l’immigration et du taux de fécondité élevé des populations musulmanes – la fécondité des étrangers est une vieille obsession raciste ; la seule « originalité » de la thèse de l’Eurabia est qu’elle est défendue par Bat Yeor, une partisane de l’extrême droite israélienne).

Cf. aussi notre article « Libertaires et liberté d’expression totale », dans le numéro précédent de la revue.

Sfahr Mondher : « Nous les ‘nouveaux antisémites’, nous sommes fiers d’attaquer sans répit le ‘sémitisme’, comme l’’arabisme’, parce que nous considérons que le sémitisme est aussi raciste que l’aryanisme nazi », déclara-t-il dans un communiqué de juillet 2005.

Preuve qu’il n’avait guère changé puisque, dans la Revue d’histoire révisionniste n° 1 (mai 1990) animée par les négationnistes, Mondher Sfar publia un article « Chambre à gaz, enfer sacré de Faust » dont le résumé indique clairement le contenu antisémite : « Un intellectuel du monde arabo-musulman, philosophe tunisien, voit chez les tenants de la thèse du génocide la tentation, pour éviter le débat historique public, d’élever le génocide à la dignité d’un mythe reconnu et revendiqué comme tel. Il profite de la controverse qui oppose deux camps distincts, d’un côté les juifs, de l’autre les non-juifs, pour démontrer les concordances d’inspiration entre nationalisme racial juif et national-socialisme. »

Ce monsieur a une longue carrière dans les milieux d’opposants à Ben Ali d’où sa réputation anti-colonialiste et anti-impérialiste, fort commode pour diffuser sa propagande raciste. Son Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe co-édita le faux antisémite intitulé Le Manifeste judéo-nazi d’Ariel Sharon…

Shamir, Israël : juif russe négationniste qui s’est installé en Israël. Il a déclaré à propos d’Auschwitz : « le camp était une structure d’internement sous le contrôle de la Croix Rouge (…). L’idée de bombarder Auschwitz n’a de sens que si l’on accepte la conception d’une “entreprise industrielle d’extermination”, idée qui est apparue bien après la guerre ». Cette crapule est citée régulièrement par l’extrême droite et par certains sites altermondialistes, antisionistes peu regardants sur le personnage et ses réseaux. L’article « Israël Shamir : “Juif israélien”... et antisémite virulent », sur le site PHDN (Pratique de l’Histoire et Dévoiements Négationnistes), détaille son itinéraire et ses affabulations diverses : http://www.phdn.org/antisem/ antision/shamir.html). Shamir fut soutenu en 2003 par Régine Desforges dans L’Humanité et loué par Edward Said dans un livre collectif publié par Alexander Cockburn, journaliste de gauche irlando-américain qui écrit dans The Nation, Counterpunch, le Los Angeles Times, etc. Shamir se réjouit de la présence de Le Pen au deuxième tour des élections présidentielles en 2002 : « Le peuple de France a expérimenté la conquête nazie, dans les années quarante, et il ne veut pas goûter à l’occupation judéo-nazie. Tel est le message principal envoyé par l’électorat français. »

Soral, Alain : idéologue fasciste qui prétend réunir dans une bouillie indigeste « la gauche des idées et la droite des valeurs ». « On peut en rendre perplexes certains en ayant un discours très pointu sur la mondialisation néo-libérale, où parfois on peut même donner des leçons à ce petit con de Besancenot […]. Il ne faut pas avoir de complexes : nous sommes l’avant-garde et nous n’avons de leçons de modernité à recevoir de personne. Surtout quand on voit que ceux qui ont pu incarner l’avant-garde à un moment, c’est-à-dire l’extrême gauche, font aujourd’hui le tapin pour les néo-libéraux américains […]. On a un énorme espace, en réalité. »

La lecture de son dernier livre (Comprendre l’Empire. Demain la gouvernance globale ou la révolte des Nations ?) donne surtout l’impression qu’il s’agit d’un antisémite forcené, obsessionnel, qui cherche par tous les moyens à trouver des Juifs et des juifs derrière tous les événements de l’histoire, en se servant de litotes, de formules alambiquées, pour ne pas être poursuivi par la justice… En voici quelques exemples : « une caste maudite, maintenue hors de la société de Dieu, par qui circulera l’argent » ; une « caste cachée, officieuse et maudite, accumulant progressivement, dans l’humiliation, la richesse et l’usure » ; ces dirigeants « formés par l’inégalitarisme méprisant de l’Ancien Testament » ; (à propos des prétendues « élites juives » au sein des partis communistes) : « ce messianisme vengeur (…) typique des valeurs de la Thora et du Talmud » ; « une idéologie faite de volonté de puissance, de violence destructrice et de mépris social puisé à l’Ancien Testament » (à propos des dirigeants de la mondialisation et de ce que Soral appelle « l’Empire ») ; « la mafia des mafias, celle qu’on ne peut nommer sans trembler », « à côté de laquelle la mafia calabraise (…) est un tout petit joueur », etc.

Staline et stalinisme  : la théorie du « social-fascisme » (« Les sociaux-démocrates sont plus dangereux que les nazis », « Après Hitler, ce sera nous » et autres inepties du Parti communiste allemand avant 1933), la signature du Pacte germano-soviétique, la livraison des communistes allemands à Hitler, le recyclage des policiers et militaires fascistes des régimes dictatoriaux d’Europe de l’Est dans l’appareil d’Etat des nouvelles démocraties populaires, y compris en Allemagne de l’Est, et bien d’autres crimes commis par les dirigeants de la Troisième Internationale, du Kominform et de l’Union soviétique font du stalinisme un acteur majeur de la confusion entre l’extrême droite et l’extrême gauche, un facteur essentiel de démoralisation des travailleurs révolutionnaires en Europe et dans le monde.

Selon N. Lebourg (op. cit.), Staline fut sacré par les fascistes de « Nouvelle Résistance “figure limpide de la révolution intégrale du XXe siècle” car son œuvre » était à leurs yeux « anticapitaliste, anti-individualiste, anti-occidentale, antisioniste, communautariste, tout en respectant la famille et l’ordre, car lui-même serait in fine un combattant antimarxiste ». Le fasciste belge Robert Steuckers décrit la politique étrangère de Staline pendant la Seconde Guerre mondiale en ces termes : « (…) nous devons appréhender d’un regard nouveau le stalinisme et l’anti-stalinisme. Ce dernier, par exemple, sert à répandre une mythologie politique bricolée et artificielle, dont l’objectif ultime est de rejeter toute forme de concert international reposant sur des relations bilatérales, d’imposer une logique des blocs ou une logique mondialiste par le truchement de cet instrument rooseveltien qu’est l’ONU (…). L’anti-stalinisme est une variante du discours mondialiste. La diplomatie stalinienne, elle, était à sa façon, et dans un contexte très particulier, conservatrice des traditions diplomatiques européennes ». Et Steuckers approuve évidemment la livraison par Staline des communistes allemands à Hitler.

Notes

23. Les « boneheads » sont des skinheads d’extrême droite, (NPNF).

24. Tout comme le groupe fasciste Unité radicale qui n’hésitait pas à se présenter comme l’héritier « des bras nus de 1793, de Blanqui et de Proudhon » !

(Les notes 25 à 42 appartiennent à l’article de Mouvement communiste sur La Casa pound que nous avons placé ici 1703)

43. C’est ainsi qu’elle écrit : L’invocation du prétendu « danger antisémite » ne faisant plus à lui seul recette, la nouvelle tactique en usage, pour transformer un adversaire en épouvantail, est de le qualifier tout à la fois d’« antisémite », « fasciste », et d’« extrême droite ». Il convient donc de ne jamais perdre de vue qu’en politique les calomnies sont des armes. Et que ceux qui s’en servent – comme nous l’avons vu avec Ornella Guyet ou d’autres – ont un agenda caché. http://fr.sott.net/articles/show/43....

Ce prétendu « agenda caché » est évidemment la défense des crimes (indéniables) de l’Etat israélien contre les Palestiniens, selon cette auteure et nombre d’antisionistes de gauche ou de droite. Il ne vient jamais à l’esprit de ces gens-là que l’antisémitisme n’est pas mort avec Hitler et que l’anticapitalisme (marxiste ou anarchiste) a toujours eu des tentations antisémites, aussi minoritaires soient-elles.

44. C’est ainsi que, le 18 juillet 2011, suite à sa chimiothérapie et à la perte de cheveux de leur idole, on a pu voir dix (ou six selon certaines dépêches) Dominicains de l’organisation « chrétienne œucuménique » Paz dominicana se raser la tête par solidarité et Chavez, qui s’est présenté comme un « humble serviteur » du Christ, les remercier pour leur geste d’adoration en les présentant devant les caméras de télévision ! Imaginons une seconde qu’un groupe de militants du Parti socialiste ou du NPA se soient rasé la tête quand un de leurs dirigeants a été atteint d’un cancer ! Et que l’on ne vienne pas me parler des « spécificités culturelles ou religieuses latino-américaines ». Le culte de la personnalité est une arme politique qui existe sous toutes les latitudes, de la Corée du Nord à la Russie ou la Roumanie en passant par l’Afrique ou le Moyen-Orient. La religion n’est que la couche rance de crème Chantilly qui couronne ces mascarades.

45. La lutte contre « l’immigration sauvage » (les technocrates et les politiciens préfèrent parler d’immigration « illégale ») est d’ailleurs, trente ans plus tard, le terrain sur lequel le travail idéologique de François Duprat a laissé le plus de traces, puisque les lois ou les codes sur l’immigration ont sans cesse été modifiés par les gouvernements de droite, comme de gauche, et que les droits des immigrés ont chaque fois été restreints davantage. L’instauration d’un climat xénophobe a permis à l’extrême droite de devenir respectable sur le plan politique, puisqu’une partie de ses idées ont été reprises par les partis dits républicains.

46. On lira la critique de ce film (qui – est-il besoin de le préciser ? – n’est ni négationniste ni antisémite) dans Ni patrie ni frontières n° 25/26 ou sur le site mondialisme.org.

47. Citation extraite de la présentation sur Internet de son dernier livre The power of Israel in the United States (Le pouvoir d’Israël aux Etats-Unis) publié chez Clarity Press, « a human rights publisher », nous dit la pub. Heureusement que ces gens-là nous précisent qu’ils sont en faveur des droits de l’homme…

48. Cet amour pour les dictatures ne connaît pas de frontières puisque Claudio Moffa, universitaire marxiste italien, spécialiste de l’Afrique, publie sans commentaires une lettre de Saddam Hussein sur son site. On ne s’étonnera pas que le même Moffa ait invité Israël Shamir à venir parler dans son université. Tout ce petit monde « antisioniste » fonctionne en réseaux assez transparents et partage les mêmes phobies politiques que l’extrême droite nationaliste-révolutionnaire (les héritiers des nationaux-bolcheviks des années 20) ou les partisans les plus extrémistes de l’islam politique.

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