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Venezuela

La chanson de Chavez, paroles latinas sur musique nord-américaine

dimanche 21 août 2011

Ce texte est paru dans Echanges n° 123 (hiver 2007-2008).

Sur le Venezuela, voir aussi Venezuela, révolution ou spectacle ?.

Depuis bientôt vingt ans, le Venezuela connaît la plus longue période de tension politique et sociale de son histoire. Le Caracazo de 1989 a été suivi de plusieurs vagues protestataires sur fond de crises économiques à répétition, cause d’un appauvrissement extrême de la population qui finira par écarter la vieille oligarchie du pouvoir (1). L’élection en 1998 de Hugo Chávez, militaire putschiste en 1992, emprisonné alors puis libéré en 1994 (2), change politiquement la donne.

Remisant le sabre pour la parole au verbiage proche du peuple, il gagne la confiance des pauvres qui le considèrent comme un sauveur. Cette fusion avec une partie du peuple va générer une confusion dans tous les milieux de gauche séparant, au Venezuela comme ailleurs, les prochavistes des antichavistes. En canalisant les volontés de changement longtemps étouffées, par une « révolution » (dite bolivarienne) dirigée d’en haut, Chávez, soutenu par les ouvriers de base du pétrole et la ferveur populaire, surmonte le putsch conservateur de 1992 (3) et se fait réélire en 2006 (4). Depuis, ses initiatives visant le contrôle de l’ensemble des pouvoirs a entraîné des divisions et des défections dans son clan qui lui ont fait perdre le référendum de changement constitutionnel du 2 décembre 2007.

En fait, le système bolivarien est gangrené par les mêmes maux que le système oligarchique précédent, seul le personnel a changé. Et comme avant, seul le pétrole fait vivre l’économie en permettant les dépenses publiques, unique ressort de la forte croissance actuelle (8%) (voir Venezuela : un pays ruiné, malgré le pétrole et [1681].

Le Venezuela de la fin du XXe siècle, c’est l’Amérique latine archaïque avec ses riches, très riches et ses pauvres, très pauvres. Comme le veut la caricature traditionnelle, les riches sont blancs (29 % de la population), gouvernent et, soutenus par les Etats-Unis et la hiérarchie ecclésiastique, sont pro-américains et pratiquants. Les pauvres, eux, sont le reste ou rien et de toute façon leur niveau de pauvreté ne leur permet que l’espoir providentiel que leur ont inculqué les missionnaires depuis des lustres. Les ouvriers sont concentrés dans l’exploitation du pétrole, la seule richesse du pays.

Privés de tout espace (5), ils n’ont jamais pu mener un mouvement autonome et d’affrontement de classes, ainsi historiquement depuis Bolivar et le bisaïeul de Chávez (6) l’ennemi dans l’inconscient collectif n’est pas intérieur mais bien plutôt les nations qui pillent les ressources de leur pays.

Sans doute existait-il déjà au début des années 1980 la nostalgie d’un « homme à poigne », d’un chef providentiel, tel le dictateur Pérez Jiménez qui nationalisa le pétrole, capable de débarrasser le pays de la corruption endémique, du système clientéliste entretenu par les deux grands partis, Action démocratique et Copei, qui alternaient au pouvoir en licenciant à chaque fois les fonctionnaires de l’équipe précédente.

Chávez avait reçu de son mentor Norberto Ceresole, pro-nazi, péroniste, l’idée de se présenter comme un nouveau Bolivar qui unifierait derrière lui l’Amérique latine ; et celle de construire une géopolitique tiers-mondiste fondée sur le pétrole, en nouant une alliance privilégiée avec l’Iran et si possible la Turquie, en tout cas tous les grands Etats du Proche-Orient qui souhaiteraient s’opposer aux Américains, en soutenant les mouvements islamistes et pro-palestiniens, etc.

Mais Chávez saura utiliser l’anti-américanisme après le putsch raté de 2002 soutenu par Bush et le premier ministre espagnol d’alors, le conservateur Aznar. Bush, voulant revenir aux très lucratives relations de dépendance de l’Amérique latine de la fin de la décennie précédente, et Aznar défendant les intérêts importants de la bourgeoisie espagnole au Venezuela.

2002 marque ainsi une différence dans la gouvernance de Chávez. En politique intérieure, pompier de service pragmatique, afin d’apaiser les tensions sociales, il est le grand tribun à la gouaille des bas quartiers et la foule se l’approprie. En bon militaire de « gauche », il condamne les politiques et les politiciens qui ont appauvri le peuple alors que le pays est riche, il promet une redistribution juste des richesses et plaide pour « un modèle économique humaniste, diversifié, orienté sur la production et la création d’emploi », quant à son projet politique, il le définit comme étant « la recherche des aspects humains du système capitaliste ».

Gérer la misère

Dans les faits, Chávez renforce les institutions juridiques et politiques en élargissant la participation aux jeux démocratiques pour tous, indigènes inclus. Surtout, il ne touche pas et ne modifie en rien la loi du travail qui rend l’exercice du droit de grève pratiquement impossible du fait des méandres et chicanes juridiques et administratives. Socialement, sans marge de manœuvre financière du fait du bas prix du pétrole, il mobilise l’armée pour venir en aide aux plus démunis. Ce faisant, il ouvre un gigantesque espace de rencontres, d’échanges d’information, de solidarité et de débats qu’il doit recentrer sur lui-même pour ne pas en perdre les dividendes et mieux en contrôler les aboutissants. Il lance ainsi des questions et des propositions tous azimuts sur la démocratie participative, la gestion de l’eau, la propriété des taudis, l’éducation, la santé, la réforme agraire, faisant en sorte que les pauvres aprennent à gérer leur misère et se gardant le droit de décision.

Il se construit ainsi un culte, le chavisme, un système où le peuple propose et lui dispose. Et comme tout système accepte son contraire, il a deux discours, celui pour le peuple, hyper-médiatisé, et celui pour les élites, qui ne sort pas des salons de la présidence.

Ce dernier modère nettement le discours de la rue afin de rassurer la bourgeoisie capitaliste du secteur bancaire (7) et des États-Unis, le principal client du pétrole du Venezuela (8).

Mais à force de débats, les revendications remontent des quartiers populaires car parler ne nourrit pas, et parallèlement les quartiers des classes moyennes et de la bourgeoisie commencent à exprimer leur mécontentement. Fin 2001, Chávez promulgue 49 décrets-lois encadrant la propriété foncière (réforme agraire) et les hydrocarbures, deux secteurs peu habitués à être réglementés et, dans certains cas, les soumet à l’impôt. L’opposition, dont la centrale syndicale Confédération des travailleurs du Venezuela (CTV), lance alors une grève dont l’épilogue seront la tentative de putsch puis la victoire du camp chaviste au printemps 2002.

L’entrée en scène des ouvriers du pétrole

Ce qui est important dans cette opposition pro-chavistes/anti-chavistes, c’est l’entrée dans le jeu politique des ouvriers de base du pétrole qui d’une part vont appuyer de façon déterminante le camp chaviste et d’autre part vont briser le consensus syndical de la CTV, ouvrant un espace que les chavistes combleront immédiatement en créant un nouveau syndicat, l’Union Nationale des Travailleurs, qui restera peu opérationnel du fait de ses divisions internes. Cette entrée en scène va supplanter l’opposition riches/pauvres au profit de l’affrontement de classes et va transformer le Venezuela en laboratoire d’expérimentations politiques et sociales tout en forçant Chávez à radicaliser son discours ce qui l’amènera, au rythme des luttes de la base, à projeter sur le socle de la « révolution bolivarienne » le très fumeux « socialisme du XXIe siècle ».

Les attaques de l’opposition revancharde conservatrice sont utilisées par Chávez pour cimenter son camp. Dorénavant tout ceux qui ne le soutiennent pas sont qualifiés de traîtres au processus révolutionnaire ou, suprême injure, de soutenir l’Amérique de Bush. Fort de sa stratégie du double discours, Chávez et ses alliés, la gauche traditionnelle et tiers-mondiste ainsi que l’extrême gauche trotskyste initient le show anti-impérialiste permanent pour faire face aux tensions politiques et sociales récurrentes. Car, hormis les fameuses « missions » qui ont probablement allégé la vie des pauvres dans le domaine de l’éducation et de la santé (9) mais qui ne sont en fait que la reprise de programmes sociaux que l’oligarchie précédente avait mis en place quand le prix du pétrole le permettait, le reste n’est que miroir aux alouettes pour le peuple. Mais il est crucial pour le capital national et international car il concerne le contrôle social dont les contours peinent à s’imposer et la sécurisation ainsi que la mise en valeur de l’exploitation pétrolière et minière liée à l’intégration du continent américain.

Pour exemple, la réforme agraire dans les décrets-lois de 2001, loin de prévoir l’expropriation des grands propriétaires terriens, a été un moyen de garantir le droit à la propriété privée, et de ne redistribuer aux paysans qu’une très petite surface de terre, qui appartenait généralement à l’État ou à des propriétaires qui ont été indemnisés. La majorité des terres restent aux mains des militaires ou des propriétaires protégés par des groupes para-militaires qui provoquent la violence dans les campagnes. Par ailleurs, la Constitution de 1999 qui garantit aux indigènes la préservation sur leur terre des ressources naturelles (hydrocarbures, gaz, charbon) est systématiquement violée par les multinationales comme par les entreprises publiques (10).

Toujours dans le cadre de l’exploitation des ressources naturelles, en octobre 2007, lors de son passage en Colombie pour officiellement négocier son intervention avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Chávez a inauguré avec son « ami » le président colombien Uribe (lui-même ami de Bush) un gazoduc qui, faisant partie des infrastructures qui relie l’Amérique latine au Plan Puebla Panamá (11), va du Venezuela via la Colombie pour alimenter les Etats-Unis (12) – ce qui bat en brèche définitivement l’idée répandue selon laquelle Chávez se bat pour le contrôle de ses ressources (cela vaut pour le Bolivien Evo Morales ou l’Equatorien Rafael Correa).

En fait, Chávez privilégie le tout-pétrole au mépris d’un véritable développement du pays. La société pétrolière nationale, PDVSA, sorte d’Etat dans l’Etat par son importance et sa bureaucratisation, liée aux « majors » internationales et dont la participation des cadres à la tentative de putsch a permis à Chávez d’y placer ses hommes, est devenue plus que jamais la vache à lait permettant dans les années difficiles de 2002 à 2004 de financer le programme social. Ce choix lui permet de répondre à la fois aux exigences sociales et à l’impatience des Etats-Unis de créer la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), compatible avec son ambition régionale qui est de peser aussi lourd que le Brésil et l’Argentine dans le sous-continent américain (13). Pour cela, il poursuit la même stratégie.

D’un côté, par son engagement contre la ZLEA et sa volonté de créer une zone pseudo-indépendante, il s’affirme comme le vrai défenseur des pauvres du sous-continent, ce qui a pour conséquence de diviser ou démobiliser les populations généralement opposées à la ZLEA, isolant un peu plus les derniers résistants sur le terrain que sont les indigènes (14).

Quant au contrôle social qui est le grand chantier de Chávez, il se fait au rythme des tensions et du renforcement juridique et institutionnel qu’il implique. Outre une plus grande participation au jeu électoral pour laquelle Chávez travaille depuis son accession au pouvoir grâce à une organisation quasi militaire depuis 2002 (cf. note 4), les autres décisions prises sous la pression des différents mouvements bénéficient aussi d’une organisation similaire et ne sont que des coquilles vides. Les « conseils communaux », prétendus outils de la démocratie directe, sont encadrés par la loi ; ils n’ont pas de pouvoir de décisions politiques et sont chapeautés par un conseil présidentiel dont ils dépendent pour leurs subventions. Les « coopératives ouvrières » ne fonctionnent qu’avec les subsides de l’Etat qui impose une supervision « bolivarienne » (15).

Grèves réprimées

Quant aux ouvriers, ils ont un traitement à la hauteur de leur dangerosité. Depuis 2002 toujours, dans la foulée du mécontentement patronal et des lock out qui l’ont suivi, certaines entreprises ont été réouvertes par les travailleurs pour leurs comptes mais ils ont vite été rattrapés par Chávez qui a alors institutionnalisé l’idée du « contrôle ouvrier » pour que ce contrôle mené avec des fonctionnaires bolivariens (cogestion) devienne un contrôle de leur travail (autogestion) et non un contrôle de la production. Les grèves et manifestations sont sévèrement réprimées (16). Ainsi le fut la lutte des ouvriers du pétrole travaillant au forfait (« chanceros ») en 2005 qui se plaignaient des nouvelles conditions d’embauche toujours plus drastiques.

Le secteur du pétrole étant particulièrement sensible, Chávez a aussi proposé une loi qui sanctionnait de prison celui qui, par son action visait l’interruption du fonctionnement d’une entreprise stratégique de l’État... ce qui revenait à interdire le droit de grève pour une certaine catégorie de travailleurs... proposition retirée suite au tollé dans son propre camp – que Chávez voudrait bien finir par organiser et mettre définitivement sous ses ordres.

En effet, l’organisation du camp chaviste, en clarifiant le paysage politique, désamorcerait nombre de tensions. Et si l’on avait l’explication de son inachèvement, alors que la création du Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV) est continuellement repoussée et que le fonctionnement du syndicat chaviste Union National des Travailleurs (UNT) est plus que grippé, on pourrait répondre à la question : que se passe-t-il réellement au Venezuela ?

Le revers subi par Chávez lors du référendum sur la révision constitutionnelle de décembre, qui met au point mort son projet de « socialisme du XXIe siècle », alors qu’il avait mis toutes ses forces pour la victoire, montre que son mouvement est loin d’être monolithique. La nébuleuse chaviste est en perpétuelle transformation. Division, fusion, coalition se forment aussi vite qu’elles se déchirent. Jusqu’à maintenant, seules les élections présidentielles, sans faire le plein (qui sont les 25% d’abstensionnistes incompressibles ?) permettent de cimenter l’ensemble. Il est sûr toutefois que l’éparpillement de tous les courants, de la gauche rose pâle pleinement capitaliste à une partie de l’extrême gauche trotskyste en passant par le parti communiste, profite aussi à Chavez pour qui « diviser pour régner » est le B. A.-BA.

Le Venezuela reste dans une bataille de pouvoir aiguë où tous les rêves sont permis et c’est bien la force de Chavez qui, jusqu’à présent, permet et entretient un nouveau rêve latino. Non plus la révolution armée des guérilleros, mais la révolution par l’intégration et la démocratie libérale. L’année qui s’ouvre montrera comment ce rêve tentera de s’imposer à la dure et tenace réalité.

Rappelons simplement que la grande pauvreté subsiste, corruption et népotisme suivent la hausse du pétrole, l’emploi informel reste élevé (40 %) tout comme l’inflation (16 %), les problèmes d’approvisionnement même sporadiques obligent à la débrouille et aux combines, le tout dans un contexte de violence sociale inégalée et que si Chavez est certainement décidé à protéger le capital et faire fructifier le sien, la lutte de classes pourrait bien s’intensifier (17).

J.-L. G

NOTES

(1) Le système oligarchique vénézuelien a été mis en place en 1958 sous le patronage des Etats-Unis, suite au renversement du dictateur Marco Pérez Jiménez. Appelé pacte de « Punto fijo » ce système permettait à la bourgeoisie de gérer ses intérêts à travers deux partis, Action démocratique (social-démocrate) et Copei (chrétien-démocrate), alternativement au pouvoir jusqu’à l’élection de Chávez. La paix sociale était garantie par une centrale syndicale inféodée au patronat, la Confédération des Travailleurs du Venezuela (CTV).

(2) Sa libération était une promesse électorale de Rafael Caldera, élu président en 1994. Sans faire de politique fiction, on peut penser que face à la situation chaotique et le manque de légitimité de la classe politique au pouvoir (l’abstention va de 40 % à 60 % durant cette période) Chávez représentait un recours possible. A peine sorti de prison, Chávez part à Cuba faire ses classes et à son retour, il crée le Mouvement Ve République (MVR) sur lequel il s’appuiera pour son élection.

(3) De 1999 à 2002 le prix du pétrole est erratique, il monte de 10 à 30 dollars en 2001 puis redescend à 20 dollars, ce qui aggrave la situation économique. Parallèlement, Chávez essaie de calmer le mécontentement ambiant en promulguant des réformes qui vont à l’encontre des intérêts des propriétaires terriens et des cadres du secteur pétrolier (c’est sa période péroniste). Les conservateurs se mobilisent, obtiennent le soutien de Bush et d’Aznar via la Colombie (ce qui explique la haine que leur porte Chávez) et la défection de quelques officiers supérieurs. Le 11 avril 2002 ont lieu à Caracas de violentes manifestations, et le 12 la reddition de Chávez est annoncée par un général factieux ; mais la mobilisation des chavistes le 13 pousse les putschistes à le libérer, et dès le 14 il reprend le pouvoir.

(4) Chávez a organisé militairement sa campagne comme pour le référendum révocatoire de 2004 avec un comité national (appelé commando Maisanta, du surnom de son bisaïeul) chargé de coordonner sur l’ensemble du territoire des « unités de bataille électorale » devant organiser des « patrouilles électorales ». Fort de cette organisation, Chávez tablait sur 10 millions de voix et comptait ramener l’abstention sous les 10%. Ce que tout le monde voit comme un triomphe est au mieux une consolidation vu qu’il n’a réuni qu’un peu plus de 7 millions de bulletins avec une abstention dépassant les 25 %.

(5) La dernière dictature a été celle de Marcos Pérez Jiménez de 1952 à 1958 sous laquelle l’opposition a été systématiquement pourchassée et réprimée jusqu’à son anéantissement assurant au pacte de « Punto fijo » trente ans de paix sociale (voir note 1).

(6) Pedro Pérez Delgado plus connu sous le nom de Maisanta, célèbre au Vénézuela pour avoir été le dernier combattant anti-impérialiste à cheval, a combattu vers les années 1920, au côté du général nationaliste Castro contre le gouvernement de l’époque, vendu aux intérêts américains.

(7) Chávez a financé une partie de sa campagne de 1998 avec des dons provenant de la banque Bilbao-Viscaya (BBV) en échange de la privatisation d’une de ses filiales, la Banque Provinciale.

www.lavanguardia.es/web/2002...

(8) Le Monde du 8 décembre 1998 rapporte comment un conseiller du vice-président américain de l’époque, Al Gore, décrit Chávez : « Il est attentif aux critiques et tout à fait disposé à modifier ses positions de telle sorte qu’elles n’altèrent pas les relations avec notre pays. » Le jugeant malléable et réceptif, il finit par recommander aux autorités américaines d’engager un dialogue avec lui malgré son passé putschiste.

(9) Dans ce domaine de la santé, comptent des réformes concrètes : distribution de petits déjeuners et de repas de midi gratuits ; importation de 10 000 médecins cubains qui officient dans des centres de santé créés dans les quartiers pauvres (même s’ils ne prescrivent que des médicaments pas chers et renvoient à l’hôpital public – dans une situation catastrophique – pour tous les problèmes graves et les opérations).

(10) Pour avoir des détails sur la politique de Chávez envers les paysans indigènes, voir l’article www.alia2.net/article142910.html, plutôt pro-chaviste, et l’anti-chaviste www.soberania.org/Articulos/.... Le premier fait référence aux activités du Summer Institute of Linguistic (SIL) que Chávez a expulsé du Venezuela (le minimum quand on se dit bolivarien... autant exploiter soi-même ses indigènes...).

(11) Voir « Mexique : la commune de Oaxaca a vécu », Echanges n° 119, hiver 2006-2007.

(12) Les détails sur http://www.soberania.org/Articulos/...

(13) De source gouvernementale, la grande pauvreté a empiré de 2002 à 2004 (prix faible du pétrole jusqu’à 2002 puis blocage de l’économie par les anti-chavistes). Parallèlement, Chávez a privatisé progressivement au profit des grandes multinationales une partie des ressources nationales. Ainsi la part de PDVSA dans la production nationale est passé dans cette période de 65 % à 54 %.

(14) Le plus visible de l’intégration du continent, c’est la mise en place des infrastructures afin que les ressources naturelles des pays du sud parviennent au nord sans obstacles. Nous avons déjà vu le Plan Puebla Panamá, l’inauguration du gazoduc Venezuela-Colombie. Le projet d’un autre gazoduc de 10 000 km de long, qui relierait en 2012 l’Argentine au Venezuela via le Brésil et la Bolivie, a été lancé. Les indigènes de tous les pays concernés sont mobilisés mais ils font face à toutes les armes des gouvernements en place, de la carotte comme du bâton.

(17) Voir le site http://risal.collectifs.net/ (Réseau d’information et de solidarité avec l’Amérique latine, en français), dans la rubrique « Venezuela », de nombreux articles sur le débat politique.

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