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La crise aux Etats-Unis : conséquences sociales, restructurations et mesures d’adaptation (3)

Les mesures de sauvetage du capitalisme américain

mardi 1er juin 2010

Alors que les deux premières parties de ce texte examinaient les incidences de la crise sur la vie économique et sociale, cette troisième partie tente de décrire les mesures visant à pallier ces incidences, ou plutôt à accompagner les transformations qui pourraient en découler.

Cet article est paru dans Échanges n° 132 (printemps 2010). Il fait suite à La crise : aux Etats-Unis, conséquences sociales, restructurations et mesures d’adaptation (I) (voir « Echanges » n° 130, p 17) examinaient les incidences de la crise sur la vie économique et et à Aux Etats-Unis : conséquences sociales, restructurations et mesures d’adaptation à la crise (2) (voir « Echanges » n° 131, p 14) examinaient les incidences de la crise sur la vie économique.

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« Faute de commander réellement les marchés, il reste à donner l’illusion de leur maîtrise : là est une raison déterminante de la théorie keynésienne… On “stimule”, on “relance”, on “dépense”, la vanité est à son comble sans autre effet véritable…que d’endetter les États… Mais l’ego politique est sauf… Le déplacement du pouvoir réel de l’État vers l’entreprise et de la nation vers le marché du monde dessaisit les gouvernements de leur influence économique… Ce désenchantement des États n’est pas tout à fait neuf : il était inscrit dans les organes du capitalisme… » (Guy Sorman, Le Monde, 2 mars 2010.)

On pourrait conclure schématiquement que dans une situation qui évolue rapidement peu de choses ont changé par rapport au système qui prévalait avant cette crise. Avant de poursuivre, nous voudrions insister sur ce que nous avions rappelé au début de la première partie : – même si ce que nous examinons se déroule dans le cadre du territoire américain, cela s’insère dans une économie mondialisée également frappée par la crise mais pas uniformément, et dans une telle interdépendance qu’il n’existe pas de solution uniquement nationale ; – les États-Unis, même marqués par la crise, même en déclin, restent la première puissance mondiale, avec des capacités économiques et militaires qu’aucune autre nation n’est en mesure de lui contester aujourd’hui (vu les périodes de référence, les chiffres donnés dans ce texte peuvent varier et ne doivent être pris que comme ordre de grandeur).

La finance : des circuits financiers à l’État fédéral, aux collectivités et aux particuliers

« L’administration a pu sentir qu’elle n’avait pas le choix. Le crédit, le sang vital du capitalisme, avait cessé de couler. Une économie basée sur le marché ne peut fonctionner ainsi. » (« The End of American Capitalism ? », Anthony Faiola, Washington Post, 10 octobre 2008.)

Quelles sont les conséquences des mesures prises par le nouveau gouvernement américain pour tenter, sinon d’enrayer la crise, du moins d’en amortir les conséquences sociales ? Et quels effets ont-elles pour tous les « déclassés » qui galèrent dans les expédients et les résistances individuelles ou collectives à la dégradation de leur « standing » ?

Une des premières mesures prises pour éviter l’effondrement de toute la construction économique fut le sauvetage des banques qui s’écroulaient sous le poids des prêts de toutes sortes, dont les remboursements ne rentraient plus en raison du ralentissement de la production globale – au lieu de l’expansion que les financiers avaient anticipée.

Comme l’exprimait un économiste : « Le système bancaire, cœur du réacteur, c’est lui qu’il faut protéger. » Les avis divergent sur l’ampleur de ces mesures et il serait fastidieux d’en énumérer les méandres, depuis les avances remboursables ou les crédits de la Banque fédérale (FED) à taux d’intérêt presque zéro (qui prête aux banques à 0,5 % alors que ces mêmes banques reprêtent à 3,68 % minimum), jusqu’aux rachats par la même FED à leur valeur nominale des « titres pourris » ou les prises de participation dans les entreprises financières ou industrielles équivalent à des nationalisations [1]. Les tentatives d’imposer des contrôles « stress tests » aux banques ayant bénéficié de mesures de sauvetage (Trouble Asset Relief Program, TARP) ont été contournées, ces banques ayant pu trouver de l’argent frais par différentes émissions pour rembourser les sommes qu’elles avaient reçues et échapper au contrôle de l’État (c’est pratiquement fait début 2010).

Un autre plan, « Public Private Investment Program », favorise un appel aux « petits investisseurs » en leur offrant la garantie de l’État. Dans ce secteur financier, des restructurations importantes peuvent se produire comme la concentration des banques et le rapatriement des avoirs à l’étranger. En 2009, suite à ces concentrations, les quatre plus grandes banques des États-Unis regroupent 70 % des avoirs bancaires du pays, contre 50 % en 2000. Le secrétaire d’État au Trésor, président de la Banque fédérale de réserve de New York, promoteur du premier plan de sauvetage des banques à la fin du règne de Bush, s’oppose à la limitation par l’État fédéral des salaires des dirigeants des banques, avec l’argument : « Nous devons sauver le marché de sorte que le marché fasse de son mieux ». Ce que le Financial Times résumait dans un titre : « Wall Street profits from the Fed role » (3 août 2009).

Toutes les tractations et opérations financières, qu’elles aient bénéficié ou non du concours ou de la garantie de l’État, ne peuvent être décrites en détail. Ce qui est certain, c’est que le pouvoir des milieux financiers s’est affirmé dans l’opposition à des mesures telles que le rétablissement de la séparation entre banque d’affaires et banque de dépôts (fusion interdite par Roosevelt en 1933 et rétablie en 1999) [2], ou le projet d’autoriser les tribunaux à modifier les clauses des contrats de prêts hypothécaires pour aider les débiteurs défaillants (qui aurait permis à 1 700 000 débiteurs de garder leur logement). Cette recapitalisation des prêts a fait l’objet d’un programme volontaire : le Home Affordable Modification Program (HAMP), qui met des fonds d’État à la disposition des banques (35 milliards de dollars, dérisoire face à ce qui leur est alloué par ailleurs) pour leur permettre de transformer les prêts défaillants de sorte que les emprunteurs puissent faire face à leurs échéances ; seulement 9 % de la totalité des prêts en ont bénéficié, les banques y étant hostiles car cela les prive des ressources que leur assure le refinancement avec leurs propres fonds [3].

La dette des foyers américains s’élèverait à 14 000 milliards de dollars ; on ne sait pas trop ce que sont les mesures prises pour assurer le refinancement des prêts hypothécaires ou le gel des « repossessions » de logement. Un programme de relance prévoit 1,5 milliard de dollars pour des aides à la location avec le financement d’un dépôt de garantie. Les pronostics dans ce domaine ne sont guère rassurants : en mars 2009, le montant de 26 % des prêts était supérieur à la valeur de la maison ; ce taux atteindrait 48 % en 2010. De même certains États achètent les maisons abandonnées vandalisées pour les réhabiliter et les offrir à la location.

Alors que les grandes banques affichent en août 2009 des résultats insolents plus ou moins fictifs, le nombre de « petites » banques « à problèmes » est passé fin 2009 à 702, dont 140 en faillite, essentiellement à cause des défaillances sur l’ensemble des prêts – pas seulement les « subprime » mais aussi les prêts commerciaux ou industriels (dont les défaillances ont doublé en 2009 par rapport à 2008), des découverts non remboursés sur les cartes de crédit (en croissance de 84 % en 2009 et touchant plus de 10 % du nombre de ces cartes).

Dans ce dernier domaine, les abus ont été si flagrants que de nouvelles règles ont restreint les conditions draconiennes imposées par les banques en cas de découvert (les dépôts des banques sont garantis par une sorte d’assurance d’État, Federal Deposit Insurance Corp [FDIC], qui du fait de la multiplication des faillites se trouve avoir épuisé ses ressources, constituées par des contributions de l’ensemble des banques).

La seule question, pour tous les travailleurs américains, n’est pas tant le sauvetage des banques que l’incidence des milliards de dollars déversés pour ce sauvetage et pour « stimuler » l’économie, toutes « aides » financées par des émissions de papier monnaie (la planche à billet) génératrices d’une inflation qui accentuerait la misère et l’appauvrissement.

On assiste à une concentration sans précédent du secteur bancaire dont les tentatives gouvernementales de régulation ont été pratiquement dictées par les grandes banques. En novembre 2008, après avoir reçu des milliards de dollars du gouvernement, les neuf plus grandes banques ont formé un consortium, « CDS Dealer Consortium », pour contrer la régulation des marchés spéculatifs (hedge funds et marché des « derivatives » voir page 52). S’il fallait un indice de la présence des milieux financiers autour d’Obama on peut noter que ces milieux (finance, immobilier et assurances) ont été les seconds contributeurs à sa campagne électorale.

Dès avril 2009, les banques ont pu tout au moins présenter des comptes de nouveau bénéficiaires, par différentes astuces comptables (apport des fonds publics, garanties des « actifs toxiques » qui, bien que sans valeur, sont comptabilisés à leur prix d’achat – 2 000 milliards d’actifs toxiques seraient ainsi toujours comptés –, emprunts à taux zéro auprès de la FED) ; les réductions d’effectifs (260 000 depuis début 2006) ont pu jouer également dans cette reconquête des profits. En juin 2009, huit des dix plus grandes banques qui avaient reçu des subsides de TARP ont été autorisées à rembourser ces avances, ce qui les a libérées de toutes les restrictions, notamment de salaires et bonus des dirigeants, qui y étaient attachées. Une déclaration officielle, toujours en juin 2009, a souligné que de telles limitations seraient « contre-productives ».

L’autre aspect des problèmes financiers est celui des budgets de l’État Fédéral et des collectivités publiques (États et agglomérations), budgets étroitement liés puisque l’État fédéral doit garantir celui des États. Une loi du 10 février 2010 contraint les États à équilibrer leur budget et Obama a précisé à différentes reprises qu’il n’était nullement question pour l’État fédéral de combler le déficit des États. L’ensemble de la situation ne s’est nullement amélioré par rapport à ce que nous avons décrit dans nos précédents articles sur les mesures prises par les États pour pallier la chute de leurs ressources du fait de la crise. Au cours du premier trimestre 2009, les recettes fiscales ont baissé de 26 %, les besoins des États sont plus du double de ce qui avait été prévu ; on prévoit qu’en 2010, 46 États seront défaillants. En juin 2009, 15 États avaient totalement épuisé leur fonds d’assurance chômage et ont dû emprunter au trésor fédéral pour financer leurs obligations ; ils seraient 30 en 2010.

Pratiquement tous les États ont entrepris d’adapter leurs dépenses aux recettes en chute libre. On ne peut énumérer toutes les dispositions qui vont même au-delà de ce que nous avons décrit, touchant pratiquement tous les services d’aide aux démunis, de l’éducation et des services essentiels comme les pompiers. Pour aggraver les conditions de travail tant des agents des services publics que des entreprises privées, les dirigeants politiques (soutenus souvent par les bureaucraties syndicales) font preuve d’une imagination débordante : jours de congé obligatoires non payés (trois jours par mois en Californie, six jours dans l’année dans le Michigan), temps partiel, épargne obligatoire versée en cas de départ ou retraite, journées de travail sans salaire, etc. Les deux plus grands syndicats de l’État de New York ont accepté des plans de réduction des retraites et salaires des entrants (notamment le service des transports [MTA]), avec la suppression de 7 000 emplois et l’augmentation du tarif des transports publics.

En Oregon, l’État qui disposait d’un généreux programme d’aide aux plus démunis, le manque d’argent fait que ceux qui peuvent en bénéficier sont désignés par tirage au sort, comme à la loterie.

L’indemnisation du chômage apparaît un vrai maquis et est porteuse d’une dégradation toujours plus grande des situations individuelles ; le nombre de chômeurs s’accroît constamment. Le fait que dans les mesures de relance d’Obama, la durée d’indemnisation du chômage ait été portée de 26 à 59 semaines n’a guère modifié la situation. D’une part, même si cette indemnisation est en moyenne de la moitié du salaire, elle peut varier suivant les États, qui fixent leur plafond d’allocations (de 242 dollars dans l’Arizona à 942 dollars dans le Michigan). Mais 34 % des chômeurs n’y auraient pas droit (ex-travailleurs à temps partiel, indépendants ou à la commission). Neuf millions de chômeurs seraient actuellement indemnisés. Mais même si ce nombre reste stable, cela signifiera que certains sortiront du système par épuisement de leurs droits alors que d’autres y entreront par perte de leur travail. Ceux qui finissent par être exclus du système ont droit au « Welfare », un genre de RMI payé par le Temporary Assistance for Needy Family (assistance temporaire pour les familles dans le besoin) versé à tout foyer où la mère est sans emploi dont le montant fixé à 362 dollars par mois n’est versé que sous de très strictes conditions.

Les mises en faillite, si elles assurent la survie des entreprises, touchent durement l’ensemble des travailleurs. Le service des retraites notamment est totalement bouleversé. La mise en faillite de Delphi, équipementier filiale de GM, a entraîné le transfert du service des retraites au fond de garantie « Pension Benefit Guaranty Corporation », agence du gouvernement pour la protection des pensions privées. Ce transfert implique des diminutions de retraite pouvant aller jusqu’à la moitié de leur montant initial. De plus, cet organisme financé par l’Etat et les contributions des employeurs est menacé de faillite, son déficit de 33 milliards de dollars ayant été multiplié par trois en six mois. Cette dégradation des conditions d’existence touche aussi les travailleurs en activité : les moyens utilisés par les entreprises pour éluder les obligations antérieures des contrats de travail sont si nombreux qu’il est pratiquement impossible de les énumérer.

L’industrie, la solution keynésienne et les grands travaux

« Comme la plupart des Américains, je ne méprise pas le succès et la richesse…C’est un élément du système de libre marché. » (Obama)

Le 9 juin 2009, le gouvernement Obama lance un programme de relance supposé contribuer à créer 600 000 emplois dans les cent prochains jours. Ce plan ne concerne pas seulement des boulots d’été pour les jeunes mais surtout la modernisation, réhabilitation et construction des infrastructures – routes, ponts, réseaux d’eau et d’assainissement (comparés à ce qui est déversé vers le secteur bancaire, les 27 milliards affectés à ce projet sont d’autant plus dérisoires que les besoins de rénovation sont évalués à 2 200 milliards).

Malgré l’importance du financement en question (3 400 milliards de dollars) on peut avoir quelques doutes sur son efficacité : 345 000 emplois ont été perdus en mai 2009, 2 millions depuis l’entrée en fonctions d’Obama, 8,7 millions depuis décembre 2007. Tout un saupoudrage de mesures ponctuelles (crédits d’impôt, aides aux PME, aux chômeurs retrouvant un emploi, etc.) ne sont qu’une façade masquant la volonté des dirigeants de toutes sortes de laisser la pression de la crise avoir un effet maximum sur le coût du travail et sur la paix sociale.

On peut se poser la même question pour toutes les mesures prises pour sauver l’industrie automobile – les « trois grands » (GM, Ford, Chrysler), celles qui ont été récemment annoncées impliquant des participations majoritaires de l’Etat. Une « Auto Task Force » dicte les termes des faillites et restructurations dans l’automobile, mais les exemples de reconversion vers des « voitures propres » ou « l’économie verte » paraissent plus dictés par des effets d’annonce qu’autre chose en raison du nombre très réduit de travailleurs impliqués dans ces tentatives : la voiture électrique se verrait financée à hauteur de 2,4 milliards, à peu près un millième de ce qui est déversé dans le sauvetage des établissements financiers.

Les projets de restructuration impliqueraient, dans la lignée de ce qui a été appliqué depuis des mois, des licenciements et des réductions de salaires. Cette baisse des salaires ira-t-elle beaucoup plus loin qu’un simple gel, ou des mesures reporteront-elles sur les salariés certaines charges patronales : parmi les conditions acceptées par le syndicat United Auto Workers (UAW), qui devient actionnaire des « trois grands » reconditionnés, figure l’alignement des salaires sur ceux des entreprises japonaises de l’automobile implantées dans le sud des Etats-Unis ; mais la plus importante, Toyota, vient de son côté de décider d’aligner ses salaires sur les taux horaires de l’Etat où ses salaires sont les moins élevés : où cette course à la baisse des coûts s’arrêtera-t-elle ? Un économiste a pu déclarer que « les salaires “classe moyenne”’ pour les travailleurs les moins qualifiés ont disparu pour de bon ». En août 2009, on évaluait les baisses de salaires dans les grandes entreprises à 20 % en moyenne, par l’effet cumulé des baisses nominales, des réductions d’horaires et la pratique accrue des jours chômés non payés. Un seul exemple de la manière dont ces baisses de salaire sont imposées : le journal Boston Globe doit, en vertu du contrat collectif, faire voter par les travailleurs syndiqués une proposition de réduction des salaires de 23 % : elle est rejetée, mais l’entreprise l’applique quand même unilatéralement. Par contre il semble que les détenteurs d’actions des « trois grands », notamment les banques, n’ont rien perdu dans leur déconfiture par le jeu de tout un ensemble de garanties financières. Le gouvernement fédéral montre l’exemple en amputant les augmentations contractuelles pour ses fonctionnaires (1 300 000) sauf pour les militaires.

Un seul exemple de ces restructurations industrielles : General Motors (le « nouveau GM ») verra son actionnariat partagé entre le gouvernement des Etats-Unis (61 %), le gouvernement canadien (12 %), les caisses de retraite et maladie (VEBA) aux mains du syndicat UAW (17,50 %) et les créanciers (10 %), une nationalisation déguisée le tout sans aucune garantie contre les baisses de salaire, les licenciements, le montant des retraites et des garanties maladies qui y restent attachées. La mise en faillite de GM a balayé toutes les garanties contractuelles antérieures, épongé les 130 milliards de dettes et permis licencier 27 000 travailleurs (4).

La situation est pire pour les 50 000 retraités de GM, non membres de l’UAW (électriciens membres de l’Union of Electronic, Electrical, Salaried, Machine and Furniture Workers [IUE-CWA]), qui dans l’opération perdent tous leurs avantages. Les banques, quant à elles récupéreront pratiquement leur mise bien que ne recevant que 12,50 % de leur investissement, le reste étant versé par tout un système d’assurance finalement, en fin de chaîne garanti par l’Etat fédéral.

Une des conséquences de la restructuration des entreprises est un accroissement de la productivité (production par heure de travail). En 2009, elle se chiffrerait à 6,9 %, par l’effet des licenciements, des réductions d’horaires, le total des heures travaillées déclinant plus vite que la production, cela sans investissement technologique. Tout comme les Etats (voir ci-dessus p. 29), les entreprises recourent aux jours chômés non payés pour préserver l’appareil de production sans que cela coûte. En vingt-sept mois, la production n’a diminué que de 3 % alors que les heures travaillées ont été réduites de 10 %, cela sans investissement nouveau, ce qui confirme une intensification du travail et de nouvelles formes d’organisation de l’exploitation (notamment à travers les concentrations d’entreprises).

La ligne d’action de l’Etat fédéral pour promouvoir une reprise économique est bien définie par un proche d’Obama : « C’est le secteur privé seul qui peut créer des emplois qui produiront de la valeur à long terme. »

Il est difficile de rattacher la récente décision d’autoriser les sociétés pétrolières à faire des explorations au large des côtes du golfe du Mexique et de l’Alaska à une politique keynésienne de grands travaux. Elle se rattache plutôt, outre à une concession au secteur pétrolier, à un souci de se dégager des sources énergétiques étrangères qui cadre avec le développement d’une politique protectionniste. L’assurance maladie

La question des risques d’inflation peut aussi se poser par rapport aux différents projets de « relance » de l’économie ou d’aménagement des « problèmes sociaux ». Pour le budget des Etats-Unis, de 3 940 milliards de dollars, le déficit prévu atteint 1 750 milliards : comment sera-t-il financé, quand baissent les achats de bons du Trésor par les partenaires commerciaux des Etats-Unis (essentiellement Chine, Japon et Grande-Bretagne) suite au ralentissement mondial de l’économie ? D’autant plus qu’il entre dans les prévisions un déficit cumulé de 11 000 milliards de dollars en 2012. Les différents projets concernant les mesures de soutien des catégories les plus démunies procèdent autant d’une généralisation de ces mesures (comme l’idée d’un équivalent de la CMU [Couverture maladie universelle] à la française) que de leur réduction éventuelle et d’une restructuration des industries pharmaceutiques et hospitalières. Dans ce domaine, la réforme du système de santé (Medicare et Medicaid) et du système de retraite (Social Security) se fait autour du slogan « consommer moins pour exporter plus », ce qui n’est pas de meilleur augure pour les bénéficiaires éventuels de ces régimes.

L’assurance santé n’est d’ailleurs pas la principale préoccupation des gouvernants actuels : dans le budget fédéral 2009, Medicare et Medicaid comptent pour 622 milliards de dollars alors que la guerre et la défense y figurent pour 822 milliards. Le projet concernant ces deux organismes publics de remboursement des soins consiste à tenter de réduire leur poids qui obère de plus en plus le budget fédéral [4]. Dans ces projets figurent la diminution des subsides attribués aux hôpitaux pour soigner ceux qui, sans assurance, bénéficient de ces organismes, la limitation des tests de prévention et certains traitements, ce qui légitime une partie de la levée de boucliers contre eux. La couverture universelle telle qu’elle est prévue a pour but ultime de réduire le coût de la santé, qui grève à la fois le budget de l’Etat et la compétitivité des entreprises. Le projet d’une assurance santé minimale universelle exonérerait les PME des contributions patronales à ce système.

Tous les profiteurs capitalistes de la santé ont fait capoter l’intention d’établir un service public de santé garantissant un minimum de remboursement des soins maladie, qui serait en concurrence avec tout le système privé de la santé. Un numéro d’août 2009 de Business Week titrait, à propos de la réforme du système de santé : « Les assurances ont déjà gagné », expliquant comment United Health Group, le plus puissant des assureurs santé des Etats-Unis, a utilisé son influence à Washington sur les démocrates les plus conservateurs pour imposer les paramètres de la réforme dans leurs intérêts (les lobbies ont déversé des tonnes d’argent et de propagande tant auprès des élus que de la masse conservatrice dans le pays pour conserver l’essentiel de leurs prébendes). La pression est parvenue à ce que le gouvernement, contre une réduction globale de 80 milliards des dépenses de produits pharmaceutiques pour Medicare et Medicaid, accepte de ne pas imposer à l’industrie pharmaceutique une réglementation du prix des médicaments (dont les ventes annuelles dépassent 300 milliards de dollars). Pour parvenir à rallier quelques voix, Obama a également accepté que les frais d’un avortement ne soient pas remboursés.

Finalement, une nouvelle loi a été adoptée… elle écarte toute solution d’une assurance directe, style Sécurité sociale ou CMU, pour amener des millions de clients nouveaux aux compagnies d’assurance. Le texte introduit une obligation d’assurance santé pour – en principe – tous les citoyens américains. Les couvertures antérieures par les entreprises ou par Medicare ou Medicaid sont maintenues. Les entreprises qui n’ont pas de contrat maladie pour leurs salariés devront en souscrire un, soit séparément, soit en association avec d’autres pour les PME qui pourront recevoir une aide de l’Etat. Toute personne non assurée par ces différents canaux sera, sous peine d’amende (750 dollars ou 2 % du revenu), tenue de souscrire une assurance individuelle auprès d’une société d’assurance, qui ne pourra refuser cette assurance sous aucun prétexte technique (pas d’exclusion à cause de mauvaise santé ou de l’âge). Il est institué un organisme de contrôle,« Health Insurance Rate Authority ». D’autre part des dispositions de cette loi réduisent les garanties de Medicare et Medicaid – des économies qui permettront de financer en partie l’extension de l’assurance maladie. Des aides financières sont prévues pour ceux, particuliers ou entreprises, qui ne pourraient assumer le coût de cette assurance. Il est de peu d’intérêt de suivre les tactiques sordides des opposants à la réforme, tout comme le triomphalisme des partisans d’Obama, car ce qui a été adopté reproduit quelques-uns des pires défauts du système américain antérieur.

Alors que l’on chiffrait à 47 millions le nombre d’Américains sans couverture santé, la réforme ne viserait que 32 millions de non-assurés, en laissant 15 millions sur le carreau – immigrants illégaux, indiens (natives), SDF (homeless), chiffre que certains estiment loin de la réalité [5]. Les mesures globales ne sont pas seules à perturber le système complexe et imparfait de la prise en charge des dépenses de santé. Dans pratiquement tous les Etats, les systèmes locaux de prévention, de soins ou de prise en charge des invalides sont réduits ou supprimés. Certains Etats en profitent même pour imposer leurs choix politiques réactionnaires à ce sujet : c’est ainsi que l’Arizona, sous prétexte d’économies financières, durcit une législation déjà très stricte sur l’avortement, la contraception et les dispositions préventives concernant les femmes.

Le conditionnement idéologique

En perturbant profondément la vie de la plupart des Américains, en détruisant les espoirs de ceux qui croyaient le plus dans les « valeurs » du système, la crise ébranle inévitablement les convictions et la confiance dans un système social et politique. Cet ébranlement dans la vie quotidienne et les convictions qui en découlaient se trouve accentué d’une part avec les profits insolents affichés par les banques et quelques grandes entreprises et d’autre part par les faits convergents exprimant le déclin de la puissance américaine dans le monde [6]. Pour le pouvoir, il s’agit d’endiguer la montée des résistances et des revendications autant que de reconquérir une « légitimité ».

Cette « reconquête » suppose l’arsenal des mesures que nous venons d’évoquer mais aussi – et avant tout – l’adhésion d’une fraction importante de la population, celle qui garde l’espoir de conserver ses positions sociales ; il s’agit de persuader le plus grand nombre que la crise n’est « qu’un mauvais moment à passer ». Déjà l’élection d’Obama portait cet espoir non seulement de sortir des « années Bush » mais aussi d’une orientation politique de « sortie de crise ». Au-delà des paroles lénifiantes quasi quotidiennes commentant le plus léger frémissement de chiffres de l’activité économique normalement distordus, cela ne peut se faire qu’en ressortant les « valeurs » de l’Amérique, le protectionnisme économique, le nationalisme.

On trouve cette orientation par exemple dans les projets de réforme du système éducatif qui prévoient que les intéressés devraient être menés avec « assez de fermeté pour être compétents dans les secteurs qui requièrent leur expertise ». On peut aussi la voir dans l’attribution de 825 milliards à des projets concernant les infrastructures, mettant comme condition pour l’octroi de marchés qu’ils comportent l’engagement d’acheter de l’acier américain. Dans le « package » de financement de la relance économique existe une clause qui interdit aux banques recevant des subsides d’embaucher des travailleurs immigrés. Ainsi les recrutements sélectifs de « spécialistes », une catégorie très limitée, donnent lieu à des visas de deux années non renouvelables.

Bien sûr, cela ne dépend pas seulement des Etats-Unis mais de l’évolution globale du capital, et de ce point de vue les mesures protectionnistes de la même nature que celles que nous venons d’évoquer peuvent n’être que ponctuelles, de propagande plutôt que d’une réelle efficacité économique. Toujours est-il que toute une campagne est actuellement menée pour faire adhérer à une idéologie non seulement protectionniste mais aussi nationaliste et religieuse [7].

Nous laisserons de côté la résurgence de groupes d’extrême droite plus ou moins fascisants, car ils ne semblent pas représenter une tendance caractéristique, bien qu’ils soient un signe du type de réaction qu’une crise peut entraîner [8]. Un article du Baltimore Sun (20 août 2009), « Hate rise ? », s’inquiétait de la recrudescence des attaques racistes contre des Noirs, symptomatique d’un climat grandissant de colère sociale. Plus inquiétante est l’apparition dans les réunions politiques de pancartes portant des slogans « Mort à Obama » et d’assistants exhibant ouvertement des fusils d’assaut [9]. Plus important encore, en partie parce que plus médiatisé et développé lors de la virulente campagne contre la réforme du système de santé (et disposant des fonds dispensés par le capital de ce secteur), est le mouvement « Tea Party », un mouvement populiste d’extrême droite qui reprend tout un amalgame des campagnes réactionnaires voire racistes depuis la seconde guerre mondiale, et qui s’affirme comme une composante du Parti républicain [10].

Symbolique de ce retour à l’une des bases de la domination idéologique, particulièrement aux Etats-Unis, fut cette messe célébrée dans la cathédrale de Detroit, avec de nouveaux modèles de voitures devant l’autel, devant lesquels vinrent s’incliner les dirigeants patronaux, politiques et syndicaux, rassemblés là dans une unanimité nationale. Le vice-président de l’UAW a résumé les positions syndicales dans la crise : « Nous avons fait tout ce que nous pouvions dans le syndicat, maintenant je me tourne vers notre Seigneur. » Actuellement sont organisés dans tous les Etats-Unis des rallies sur le thème « Keep it made in America » (qui fait écho au « Buy American » d’Obama) sponsorisée par le syndicat patronal AAM et le Parti démocrate, et auxquels participent des représentants syndicaux locaux.

Un autre aspect plus insidieux de ce conditionnement réside dans la culpabilisation de l’Américain moyen que le système, surfant sur cette aspiration à « paraître » de la pseudo appartenance à la classe moyenne : c’est parce qu’il a accepté d’être consommateur à crédit des éléments de cette représentation qu’il est devenu une sorte de responsable de la crise. : « J’aimerais faire ce que l’on me dit de faire mais je ne sais pas qui écouter… Je ne sais pas trop comme j’ai pu faire pour causer tant de mal à l’économie mondiale… J’admets que j’ai fait des achats impulsifs. Mais l’Islande est en faillite et d’une manière ou d’une autre, c’est la faute de la classe moyenne américaine et de son addiction au crédit… [11] » Peut-on relier de tels propos à la faiblesse des réactions aux Etats-Unis face aux ravages de la crise ? Il semble pourtant que la crise entraîne une évolution dans la mentalité de l’Américain moyen. Certains soulignent encore que « les Américains idéalisent leur individualisme en le considérant comme un garde-fou » et que « lorsqu’on parle de mutualisation des risques, ils pensent immédiatement que quelqu’un veut profiter de leur travail [12] ». D’autres par contre insistent sur les effets à long terme du chômage qui fait que ces individualistes invétérés considèrent maintenant qu’ils font « partie d’un vaste courant de gens qui ont été précipités dans le fleuve, et ne le prennent plus comme une affaire personnelle [13] ».

On peut y voir l’amorce d’un mouvement collectif.

H. S.

- La crise aux Etats-Unis : conséquences sociales, restructuration et mesures d’adaptation, quatrième partie :

Ennemis intérieurs, ennemis extérieurs (Le renforcement de la « présence américaine » : domination mondiale et répression sociale. — Face à la montée des périls, une criminalisation tous azimuts. — Quelles perspectives ?)

Notes

[1] Il faut l’aveu­gle­ment des légions de réf­orm­istes pour ne pas com­pren­dre que l’Etat n’est jamais que l’ins­tru­ment des intérêts du capi­tal et que, comme ce qui se passe aux Etats-Unis (et ailleurs), si l’Etat inter­vient pour empêcher la faillite d’ins­ti­tu­tions impor­tan­tes pour l’éco­nomie notam­ment pas des natio­na­li­sa­tions (ou des mesu­res qui revien­nent à cela), ce n’est nul­le­ment par idéo­logie encore moins une ouver­ture vers une voie « socia­liste ». Ce n’est – et de nom­breux exem­ples passés sont là pour le prou­ver – que des mesu­res pro­vi­soi­res de sau­ve­tage que, dans un cadre natio­nal (ou inter­na­tio­nal, par­fois), le capi­tal, c’est-à-dire le « marché » ne peut assu­mer pour diver­ses rai­sons à ce moment.

[2] Schématiquement, les ban­ques d’affai­res (ou d’inves­tis­se­ment) se lan­cent dans des opé­rations spé­cu­la­tives avec de l’argent qu’elles emprun­tent sur le marché finan­cier, d’où leur fra­gi­lité en cas d’opé­rations ris­quées et/ou de crise éco­no­mique qui les met dans l’impos­si­bi­lité de rem­bour­ser. Les ban­ques de dépôts au contraire ont l’argent que leur confie les titu­lai­res de comp­tes : c’est un tel compte que possède aujourd’hui tout un chacun ; théo­riq­uement, la banque de dépôt doit être prête à tout moment à rem­bour­ser ces dépôts, ce qui limite leur uti­li­sa­tion éventu­elle par la banque. Pour éviter des pani­ques où les déposants veu­lent tous au même moment récupérer leur argent, les Etats se por­tent en général garants du mon­tant des comp­tes ban­cai­res indi­vi­duels. Les deux caté­gories de ban­ques ont donc, en prin­cipe, des intérêts finan­ciers différents ; ainsi aux Etats-Unis, avant la crise de 1929 une banque pou­vait avoir une double cas­quette et enga­ger l’argent des déposants dans des opé­rations spé­cu­la­tives, ce qui condui­sit à la ruine nombre de déposants. Cette der­nière situa­tion expli­que pour­quoi Roosevelt pro­mul­gua en 1933 le Class Steagall Act (Banking Act) qui considérait comme tota­le­ment incom­pa­ti­bles l’acti­vité des ban­ques d’inves­tis­se­ment et celle des ban­ques de dépôts et ordon­nait la sépa­ration juri­di­que entre ces deux acti­vités. Ce texte fut abrogé le 12 novem­bre 1999, sous la pres­sion des ban­ques, pour pou­voir dis­po­ser de capi­taux mais aussi sous l’effet de la mon­dia­li­sa­tion finan­cière et de l’interpé­nét­ration des acti­vités de banque, d’assu­ran­ces et de toutes sortes d’opé­rations finan­cières qui per­met­tait de contour­ner aisément le Banking Act et le ren­dait plus ou moins obsolète.

[3] « Banks slow to modify mort­ga­ges, most facing fore­clo­sure not get­ting help », The Washington Post, 30 juin 2009.

[4] D’après les « experts finan­ciers » Medicare et Medicaid seraient, avec le vieillis­se­ment de la popu­la­tion des « bombes à retar­de­ment » qu’il s’agit de neu­tra­li­ser en « éco­no­misant plus de 300 mil­liards dans les années à venir ». « Si nous ne contrôlons pas ces coûts, nous ne pour­rons pas contrôler notre déficit », a déclaré Obama le 25 juillet 2009 ; il a créé un groupe de tra­vail ayant tout pou­voir pour éli­miner « gâchis et inef­fi­ca­cité ». Représentant actuel­le­ment envi­ron 5 % du PIB, la charge des dép­enses de santé attein­draient, si rien n’est fait, 20 % du PIB dans dix ans ou plus. C’est devenu un lieu commun de sou­li­gner que si les Etats-Unis dép­ensent glo­ba­le­ment pour la santé jusqu’à plus de 50 % de ce qui leur est consa­cré dans les nations indus­tria­lisées, leur système est bien moins effi­cace que dans ces pays. D’après des esti­ma­tions, le coût de la santé pour chaque Américain serait de 7 000 dol­lars par an, le double de ce qui est dépensé en Europe, pour une cou­ver­ture santé de moitié, à la fois en nombre de béné­fici­aires et en qua­lité des soins. (« Cost control not cove­rage is the key to health reform », Financial Times, 20 août 2009.)

[5] Un rap­port du 22 février 2010 du « Physicians for National Health Program » estime ce nombre à 23 mil­lions ; il décrit aussi com­ment la réf­orme signi­fie une baisse de la qua­lité des soins pour ceux qui sont déjà garan­tis. Voir aussi le mes­sage du 12 avril 2010 de Peter Shapiro res­pon­sa­ble du Health Care Committee of Portland Job for Justice.

[6] « Corporate titans flush with money but will wor­kers shares riches ? » (Baltimore Sun, 30 mars 2010), “Many Americans see US influence waning as that of China grows” (Washington Post, 25 février 2010).

[7] L’impo­si­tion de droits de douane sur cer­tains pro­duits dans le com­merce avec la Chine (pneus, papier, tuyaux d’acier) est relayée par des pro­po­si­tions hété­roc­lites qui tém­oignent sur­tout de la pres­sion idéo­lo­gique de ce natio­na­lisme éco­no­mique. Quelques exem­ples récents : le 12 mars 2010, Obama déc­lare que les objec­tifs de redres­se­ment ne peu­vent être atteints sans une réé­val­uation du yuan ; le 14 mars, le New York Times pro­pose une taxe de 25 % sur tous les pro­duits chi­nois ; le 16 mars, deux sénateurs déposent un projet menaçant de sanc­tions tout pays mani­pu­lant sa mon­naie.

[8] On doit pour­tant signa­ler un acti­visme gran­dis­sant des grou­pes d’extrême droite depuis l’élection d’Obama, ce dont tém­oigne une mise en garde du ministère de l’intérieur (Homeland Security) (Libération du 12 juin 2009). La viru­lence de la pro­pa­gande contre la réf­orme du système de santé et les propos par­ti­cu­liè­rement débiles et outrés, notam­ment de l’ex-can­di­date répub­lic­aine à la vice-pré­sid­ence, por­tent aussi à penser que la crise peut favo­ri­ser le dével­op­pement de ten­dan­ces auto­ri­tai­res de style fas­ciste. On peut rap­pro­cher de ces faits les ventes d’armes à feu qui ont aug­menté de 25 % depuis jan­vier, ayant déjà fait un bond de 42 % après l’élection d’Obama. Son projet de contrôle des ventes d’armes ayant été mis au pla­card, ce stock d’armes peut refléter la crainte d’affron­te­ments intérieurs.

[9] « America the delu­sio­nal. Guns at pre­si­den­tial ral­lies. The tenor of our dis­course is muta­ting into irra­tio­nal hys­te­ria » (The Los Angeles Times, 19 août 2009).

[10] « The “Tea Party” move­ment in the USA : a right-wing media crea­tion », David Walsh, 9 février 2010. Le congrès de ce mou­ve­ment a réuni 600 mili­tants à Nashville (Tennessee). Il s’est développé sur le thème du refi­nan­ce­ment des prêts hypo­théc­aires, puis sur celui de la réf­orme de l’assu­rance mala­die, comme une réaction des citoyens amé­ricains les plus aisés contre toute forme de soli­da­rité avec les plus démunis. Sa déma­gogie entraîne toutes les fran­ges les plus réacti­onn­aires sur des sujets divers, avor­te­ment, créati­onn­isme, etc. (Voir par exemple Journée de manifestation contre les impôts à Washington DC, dans Echanges n°133)

[11] « Susan, it’s not my fault that I’m to blame for all this » (The Baltimore Sun, 20 août 2008).

[12] « Trop d’indi­vi­dua­lisme peut nuire à la réf­orme de la santé », New York Times cité dans Courrier International du 29 déc­embre 2009.

[13] « US feels effects of long term jobless­ness » (Financial Times, 24 novem­bre 2009).

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