mondialisme.org
Accueil du site > Echanges et mouvements > Asie : Bangladesh, Chine, Japon, Vietnam... > Japon > La situation des classes laborieuses au Japon (10)

La situation des classes laborieuses au Japon (10)

vendredi 5 février 2010

Les travailleurs des campagnes. Les Coréens. Les burakumin. Patronat et fonctionnaires. Les yakuza

Ce texte est paru dans Echanges n°124 (printemps 2008).

***

L’éveil d’une conscience nationale populaire au Japon au cours de la première guerre mondiale a poussé la classe ouvrière japonaise à chercher dans le syndicat l’organisation susceptible de donner une résonance nationale à ses conflits autrefois purement locaux (1). Mais la nation en formation, née sur les ruines des anciennes puissances villageoises ou régionales, avait détruit les contre-pouvoirs que celles-ci auraient pu opposer à la machine gouvernementale, et dans le même temps, le nationalisme interdisait l’émergence d’une action autonome des ouvriers en les dressant face aux ouvriers des autres nations. Les chefs syndicaux eurent la tâche relativement facile d’empêcher autant que faire se pouvait les liaisons entre usines d’un même groupe situées dans des régions différentes ou entre usines d’un groupe différent dans une même région. L’organisation de classe que les ouvriers rêvaient au niveau national ne s’imposa, du fait de leur combativité et de leur place dans l’économie, que dans quelques cas contre la volonté des bonzes syndicaux.

D’autre part, la réalité nouvelle contraignait toutes les classes à se plier aux nouveaux rapports sociaux et à s’organiser à leur tour en syndicats nationaux pour défendre leurs intérêts spécifiques : les travailleurs des campagnes, les Coréens, les burakumin (2), ainsi que le patronat et leurs séides, les yakuza.

Les travailleurs des campagnes

Dans les années 1860, la population active était employée à 80 % dans l’agriculture. En 1925, ce taux n’était plus que d’environ 50 %, tandis que le secteur secondaire (l’industrie de transformation, la construction et les mines) comptait pour 22,5 % et le secteur tertiaire (transports, communications, énergie, finances, commerce et services) pour 27,5 %. Si les paysans comptent, jusqu’en 1960 environ, pour la moitié des actifs, leur part dans la production des richesses ne cessera de baisser (3).

Contrairement à ce qu’affirme John Crump (4), je crois que les paysans japonais n’avaient aucune tradition de lutte présage des conflits ouvriers ultérieurs. Les quelques révoltes de paysans, surtout vers la fin de l’époque des Tokugawa (1603-1867), n’ont jamais enflammé le pays dans son ensemble ; et quoiqu’il y ait eu parfois des révoltes simultanées dans différentes régions, elles n’entretenaient généralement aucune relation entre elles (5).

C’est l’Etat qui, involontairement, a donné une cohérence aux luttes paysannes, en supprimant, en 1872, la communauté des terres villageoises par l’émission de titres de propriété (6) et, surtout, en instaurant le service militaire obligatoire en 1873. L’aliénation des terres communales à des propriétaires privés accéléra la concentration foncière dans quelques mains et eut pour conséquences de soumettre les paysans à de grands propriétaires fonciers (7) et pousser la majorité d’entre eux à l’exode vers les villes.

Le service militaire obligatoire avait été instauré par une ordonnance du 10 janvier 1873 émise par le ministère des Affaires suprêmes en vue de battre en brèche la puissance des clans en s’attaquant aux prérogatives des samurai et de créer une « nation en armes » sur le modèle des puissances européennes. La dernière insurrection d’importance d’un fief contre le gouvernement central, dite guerre du Sud-Ouest (8), en 1877, vit pour la première fois au Japon une armée de samurai défaite par une armée de conscrits.

La proclamation impériale du 28 décembre 1872, à l’origine de l’ordonnance de 1873, employait les termes d’« impôt du sang » (ketsuzei) pour justifier la conscription ; la population prit l’expression au pied de la lettre et la rumeur courut rapidement que le sang prélevé était vendu aux étrangers ou servait à la confection de teintures. Mais, au fond, les paysans avaient plusieurs raisons plus prosaïques de refuser la conscription : le service militaire obligatoire, en prenant la jeunesse, la plus apte au travail agricole, aggravait la misère dans les campagnes accablées d’impôts de toutes sortes, sans compter que l’armée réquisitionnait les chevaux alors indispensables au travail agricole et qu’elle servait fréquemment de supplétif à la police lors des conflits paysans ou ouvriers.

Avant la première guerre mondiale, la conscription était ressentie comme une corvée, du même type que celles imposées autrefois par le shôgunat, plus que comme un service à la nation. D’autant que les riches propriétaires fonciers pouvaient toujours acheter une exemption du service militaire pour eux-mêmes ou leurs enfants. Par conséquent, les paysans pauvres se sont, dès le milieu des années 1870, violemment opposés à la conscription dans de multiples soulèvements, aisément réprimés à cause de toute absence de coordination. La répression va alors amener les paysans à adopter une autre stratégie ; les protestations collectives cèdent la place à des formes d’insoumission plus individuelles, dans lesquelles les familles ou, parfois même un village entier, demeurent impliquées. Elles sont essentiellement liées au nouveau système d’état-civil, centralisé, instauré en mai 1871 (koseki) à des fins fiscales et militaires qui laissait subsister d’anciennes pratiques : l’enregistrement d’un enfant était ainsi souvent décalé d’un an à cause de l’importante mortalité infantile ; seuls les enfants viables étaient enregistrés et on n’était donc pas certain de l’âge exact des conscrits. Par ailleurs, l’introduction de l’élection des officiers municipaux à partir de 1878 avait créé entre eux et la population une connivence qui incitait à des exemptions indues ; et l’ancienne coutume des adoptions intra- et interfamiliales permettait d’étendre l’exemption du service militaire pour soutien de famille à de nombreux fils cadets grâce à des adoptions de complaisances, jusqu’à la suppression de ce régime spécial de sursis en 1889. Enfin, le futur conscrit pouvait, en dernier ressort, disparaître de son village pendant quelques temps afin d’échapper à la conscription (9).

Toutes ces révoltes ne dépassaient pas le cadre du village ou d’une collectivité avant la première guerre mondiale. Les émeutes du riz (kome sôdô), en 1918 (10) marquent, à ma connaissance, la première protestation paysanne ayant atteint une envergure nationale. Et, phénomène rare sinon unique dans l’histoire du Japon, ces émeutes ont manifesté une communauté de revendications entre habitants des campagnes et habitants des villes. La conjonction nationale de ces émeutes ne doit rien aux syndicats paysans ni aux syndicats ouvriers ; elle manifeste que les problèmes ne concernaient plus seulement un village ou une région mais le pays tout entier.

Stimulé par la conscience nouvelle de la population d’appartenir à une nation, l’essor du syndicalisme paysan date des années d’après-guerre comme celui du syndicalisme ouvrier. Kagawa Toyohiko et Sugiyama Motojirô fondent la première confédération nationale de syndicats paysans, le Nihon nômin kumiai (Syndicat paysan du Japon, en abrégé Nichinô) le 9 avril 1922. Puis, le nombre des syndicats paysans s’envole. Cette évolution est stimulée par l’intérêt croissant que les militants des syndicats et des partis urbains portent à la campagne en partie à cause des difficultés qu’ils ont à s’organiser dans les villes dues à la répression policière. Les citadins apportent avec eux l’idée, étrangère à la pensée rurale, de créer une confédération syndicale capable de faire travailler entre eux les nombreux syndicats dispersés régionalement et introduisent des divisions idéologiques inconnues jusqu’alors en lieu et place des divisions géographiques d’antan.

Dès le 11 mars 1926, le Nihon nômin kumiai éclate ; au moment de la cinquième réunion du syndicat, Hirano Rikizô le quitte et la fédération départementale de Yamanashi se sépare du syndicat. Le 11 avril, les dissidents fondent une Confédération nationale des syndicats de paysans du Japon (Zen Nihon nômin kumiai dômei). Un second Syndicat paysan du Japon (Nihon nômin kumiai) naîtra le 26 janvier 1931 de la fusion de la Nihon nômin sôdômei (Confédération générale paysanne du Japon) et de la Zen Nihon nômin kumiai gôdô (Union nationale des syndicats paysans du Japon). Mais le 7 mars, les luttes de pouvoir au sein de sa direction provoquent sa scission.

La crise économique des années 1930, achève de laminer les mouvements revendicatifs dans les campagnes. Les paysans ont plus souffert que les ouvriers urbains qui sont parvenus à conserver leur emploi avec un salaire convenable et qui ont sans doute même connu une amélioration de leur situation matérielle, en raison de la baisse des prix. Les fermiers, non salariés, devaient, eux, produire toujours plus pour maintenir leurs revenus, ou tout au moins en limiter l’érosion, accroissant d’autant les tendances à la baisse des prix agricoles. Les paysans japonais vont alors en majorité s’agréger à la masse des chômeurs industriels parce que les fermes ne peuvent plus nourrir plusieurs bouches.

On dit souvent que dans les pays dont l’économie repose en majeure partie sur les campagnes, comme l’était la France dans l’entre-deux-guerres, il suffit que les paysans partis travailler dans les villes retournent dans les campagnes pour survivre en temps de crise. Mais au Japon, ceux qui étaient dans les villes ne pouvaient tout simplement pas rentrer chez eux ; les néo-urbains devaient rester en ville et se débrouiller avec de petits boulots : vente de babioles, récupération d’objets usagés, etc., ou ne pas être exigeants sur les salaires, faisant ainsi pression sur la classe ouvrière urbaine.

Ballotés par des forces qui les dépassent, les individus les plus fragiles s’en remettent souvent à une autorité qui, seule, leur paraît capable de régler leur sort commun. C’est ainsi que le 29 décembre 1937, le mouvement syndical paysan se rallie à la cause nationale ; et que le 6 février 1938, naît le Dai Nihon nômin kumiai (Syndicat des paysans du grand Japon) dont le programme consiste à combattre le communisme et s’opposer à un projet de front populaire contre le fascisme. Programme qui n’empêchera pas le gouvernement d’ordonner la dissolution du Dai Nihon nômin kumiai le 15 août 1940 et de sa coreligionnaire, la Nôchi seido kaikaku dômei (Confédération pour la réforme du système agraire) en 1942.

En 1941, il restait tout de même encore 294 syndicats paysans comptant 23 595 adhérents et les campagnes n’étaient pas totalement paisibles puisque cette année-là, 32 289 paysans participaient à 3 308 conflits(11).

Les Coréens

Deux problèmes ont accompagné l’expansion économique du Japon pendant la première guerre mondiale : le premier était de trouver des matières premières, et le deuxième, de la main-d’œuvre. L’annexion de la Corée par le Japon en 1910 apporta un début de règlement au second, de nombreux Coréens fournissant cette main-d’œuvre bon marché dont les entrepreneurs japonais avaient besoin (12).

Après les émeutes du riz au Japon de l’été 1918 et les manifestations anti-japonaises en Corée du printemps 1919, le Gouverneur général de Corée (Chôsen Sôtoku), Saitô Makoto (1858-1936), impose, en avril 1919, à tout Coréen désirant se rendre au Japon la possession d’un permis de voyager (ryokô shômeisho). Les entrepreneurs japonais s’opposent à cette mesure et elle sera abolie en décembre 1922. Puis brièvement remise en vigueur après le tremblement de terre de 1923 (13), afin d’empêcher que les informations sur les pogromes anti-Coréens ne se répandent en Corée menaçant de tarir la source des bras dont l’industrie japonaise ne pouvait plus se passer. « Malgré ces précautions, on estime que 28 443 Coréens sont rentrés en Corée entre le 1er septembre et la fin octobre ; il semble que 6 500 d’entre eux aient fui la zone touchée par le tremblement de terre. Des centres d’internement semblables à ceux du Japon (14) furent alors rapidement mis en place autour de Pusan . »

Selon Michael Weiner, il est difficile de savoir avec certitude si les ouvriers coréens ont eu une activité syndicale, ou même adhéré à des syndicats japonais, avant 1920 par faute de données statistiques. Contrairement aux étudiants, les travailleurs coréens s’intéressaient peu aux idéologies prolétariennes ; le mouvement ouvrier des Coréens au Japon, dans les premiers temps, était faiblement organisé et dominé par des étudiants et autres intellectuels. Il semble qu’à cause de la particularité de leur vie au Japon : problème de la langue, grande mobilité et répression du gouvernement japonais, les travailleurs migrants ne se soient, pour la plupart, pas sentis concernés par leur syndicalisation (15).

Mais à partir de 1920, syndicalistes et intellectuels japonais, modérés ou de gauche, commencent à établir des liens avec les étudiants et ouvriers coréens. Dès 1919, la Yûaikai avait obtenu que les ouvriers japonais et étrangers soient traités sur un pied d’égalité. La Shinjinkai (Association des hommes nouveaux), fondée en décembre 1918 par Akamatsu Katsumaro, Miyazaki Ryûsuke et d’autres étudiants en droit de l’université impériale de Tôkyô inspirés par l’internationalisme de Yoshino Sakuzô (1872-1933), avaient intégré des membres chinois et coréens. En novembre 1921, des étudiants anarchistes et communistes coréens fondent une Association des flots noirs (Kokutôkai) qui, par suite de luttes de fractions, se dissout en 1922 pour donner naissance d’un côté à une Fraternelle noire (Kokuyûkai), anarchiste, et de l’autre à une Société de l’étoile du nord (Hokuseikai), marxiste.

Une frange des étudiants coréens inclinaient à professer les doctrines anarchistes et marxistes qui convenaient à leur nationalisme et à leur aspiration à devenir l’élite d’une Corée libérée du joug japonais. Il est difficile aujourd’hui de savoir dans quelle mesure l’activisme de ces étudiants les a amenés à jouer un rôle dans la formation des partis politiques de gauche au Japon ou à choisir telle université plutôt que telle autre. Notons cependant avec Michael Weiner, sans vouloir en tirer de conclusion, que, par exemple, la Gyôminkai(16) , qui est à l’origine de la fondation du Parti communiste japonais, naquit à l’université Waseda où étudiaient de nombreux Coréens.

La première mention d’une participation d’ouvriers coréens au mouvement syndical japonais date d’août 1920, lorsque la nouvelle Fédération nationale des mineurs du Japon (Zen Nihon kôfu sôrengô) établit une section coréenne à Yûbari, ville minière située dans le centre de l’île de Hokkaidô(17), formation à laquelle les intellectuels coréens furent étrangers. En novembre 1922 c’est sous l’impulsion de la Hokuseikai, dont nous venons de parler, qu’une Ligue des travailleurs coréens de Tôkyô (Tôkyô Chôsen rôdô dômeikai) voit le jour, à la suite d’un voyage de Suzuki Bunji en Corée au cours de l’été.

Le 28 avril 1932, les ouvriers coréens dans la construction du chemin de fer sur la ligne Ôfunato (préfecture d’Iwate) entrent en grève à l’appel du Conseil national des syndicats ouvriers du Japon (Nihon rôdô kumiai zenkoku kyôgikai) (18)pour réclamer une amélioration de leurs conditions de travail. Le 4 mai, une bande de yakuza attaque les grévistes ; on relève deux morts parmi les ouvriers et la grève cesse. En mai 1934, 250 ouvriers coréens travaillant à la construction de routes dans les forêts impériales entrent en grève pour réclamer un salaire fixe. Enfin, le 4 mai 1935, les 1 403 Coréens qui posent des canalisations d’eaux usées dans la ville de Toyohashi (préfecture d’Aichi) entrent en grève pour protester contre le comportement des contremaîtres.

Mais la guerre ouverte avec la Chine exige un resserrement du contrôle de la classe productive, Japonais et Coréens confondus. Le 1er octobre 1937, le gouvernement distribue une brochure aux citoyens japonais intitulée « Que devons-nous faire ? » (Wareware wa nani o nasubeki ka) et aux ressortisants coréens un « Serment des sujets de l’empereur » (Kôkoku shinmin seishi). Puis, le 26 décembre 1939, le gouvernement japonais ordonne aux Coréens de japoniser leurs noms de famille. Il n’empêche que, comme leur congénères japonais, les ouvriers coréens continueront à protester contre leur exploitation : en 1941, on dénombre 98 conflits du travail impliquant 5 977 Coréens.

Les burakumin

Un bouleversement des bases matérielles d’une société, tel que l’a connu le Japon avec la restauration de Meiji en 1868, n’entraîne pas automatiquement un bouleversement parallèle des mentalités. Les eta (impurs) ou autres hinin (non-humains), ces parias de la société féodale, n’ont pas disparu du fait de la simple proclamation de leur disparition légale en 1871. Leur exclusion sociale à la suite de l’introduction du bouddhisme au Japon, à cause de leurs métiers liés à la mort, marquée géographiquement par leur relégation dans des villages ou quartiers spécifiques, s’exprime de nos jours encore dans certaines formes de discrimination, au quotidien et professionnellement (19).

L’émancipation légale des burakumin en 1871 leur avait ouvert le marché du travail en abolissant les interdictions professionnelles qui les avaient frappées jusqu’alors. Mais les discriminations contre les burakumin continuaient à s’appliquer strictement malgré la loi, leur permettant seulement de postuler aux métiers les moins qualifiés ; ils entraient alors en concurrence directe avec les paysans et manœuvres, qui n’hésitaient pas à les tuer ou brûler leurs maisons pour se défendre contre cette concurrence nouvelle. Rester au village, c’était perpétuer sa servitude. Pour échapper à leur sort, les jeunes générations de burakumin n’avaient d’autre choix que de déménager dans une grande ville, où certains pouvaient espérer faire perdre leurs traces ; ou bien, partir faire des études à l’étranger pour brouiller les pistes. Des parents allaient parfois jusqu’à conseiller à leurs enfants de rompre tout contact avec eux afin que ceux-ci ne portent plus le stigmate de leurs origines.

La première guerre mondiale a bouleversé la vie de cette fraction de la classe ouvrière, comme de l’ensemble de la population japonaise. Par l’entrée du pays dans le concert du commerce mondial, les burakumin communient avec tous les Japonais dans la fierté d’appartenir à une nation devenue presque l’égale des grandes puissances européennes et, dans le même temps, assument leur singularité. Cette double prise de conscience, à la fois communautaire et nationale, va les amener à se révolter contre l’opprobe qu’ils avaient subie jusqu’alors avec résignation et à créer leur propre organisation.

Le 3 mars 1922, les burakumin fondent, à Kyôto, une association de défense, la Zenkoku suiheisha (Société nationale des niveleurs) ; 2 000 personnes assistent à la cérémonie. Et en juillet, paraît le premier numéro de la revue Suihei (Le Niveleur). Les revendications des burakumin entraînent de violentes réactions : des affrontements opposent le 18 mars 1923 des membres de la Suiheisha à des nationalistes de la Kokusuikai (Société pour la pureté de la nation) dans le village de Kawanishi, préfecture de Nara. Le 19 mars, chaque camp rassemble plus d’un millier de personnes qui se livrent une véritable bataille rangée. Le 20 mars, les deux parties font la paix, confortant la Suiheisha dans le bien-fondé de ses activités en faveur des burakumin et incitant ses militants à aller plus loin.

La Suiheisha proteste bientôt contre les discriminations des burakumin dans l’armée ; le 11 novembre 1926, 15 dirigeants de la Suiheisha sont arrêtés, mais la campagne se poursuit. Le 19 novembre 1927, un soldat, Kitahara Taisaku, membre de la Suiheisha interpelle l’empereur au moment d’une inspection à Nagoya pour réclamer la levée des discriminations des burakumin dans l’armée. Cette action, impensable auparavant du fait du statut divin de l’empereur, auquel personne ne devait s’adresser directement, et du statut de parias des burakumin, inscrit ceux-ci définitivement en tant que communauté particulière au sein de la nation. Et finalement, lorsque le premier appel à la mobilisation générale des citoyens paraît le 1er août 1939, toutes les classes sociales, y inclus les burakumin, y répondent unanimement(20).

Patronat et fonctionnaires

La structure clanique de l’organisation des élites économiques et politiques a longtemps empêché la formation en partis (21), gage du bon fonctionnement du capitalisme ; et permis aux industriels de bloquer toute législation en matière économique qui aurait pu les soumettre à des règles générales et limiter leurs prérogatives de droit quasi divin au sein de leurs entreprises.

Nous avons vu dans le chapitre III (Avant 1914 : La composition de la classe ouvrière. La discipline du travail et l’enseignement. Industrialisation et classe ouvrière. Les luttes ouvrières. Les syndicats) que les grèves des années 1906 et 1907, consécutives à la guerre russo-japonaise (1904-1905), avaient contraint le gouvernement à promulguer, en 1911, une Loi sur les fabriques (Kôjohô), qui ne fut, cependant, pas appliquée avant 1916 (22).

Avant la première guerre mondiale, les employeurs n’avaient pas besoin de se regrouper formellement en association ; les relations personnelles suffisaient au minimum de coordination nécessaire entre eux. Mais la formation d’un cadre national, en faisant éclater les anciennes limites féodales et en obligeant les classes laborieuses à s’unir nationalement pour faire aboutir leurs revendications, bat en brèche la toute-puissance des entrepreneurs. Les ouvriers menacent le profit des capitalistes par des actions coordonnées et poussent le patronat à créer son propre syndicat malgré ses réticences à se soumettre à des règles d’action collectives.

Dès 1918, Shibusawa Eiichi (1840-1932) fonde une Société confucéenne (Shibunkai) qui cherche à diffuser parmi les hommes d’affaires un esprit d’entreprise tempéré par des valeurs tirées du néo-confucianisme (23).

Puis, le 22 décembre 1919, il est à l’origine de ce qui est sans doute le premier syndicat patronal au Japon, la Kyôchôkai (Association pour la coopération), avec la collaboration de patrons de grandes entreprises et de fonctionnaires. A partir de septembre 1920, cette association édite la revue Shakai seisaku jihô (Actualités sur les mesures sociales) qui prône l’instauration de relations harmonieuses entre le travail et le capital. Suzuki Bunji, pionnier du syndicalisme moderne au Japon (24), qui fréquentait Shibusawa Eiichi, refuse de participer à la Kyôchôkai ; mais, à partir de 1932, après l’échec de la tentative de faire passer une loi protégeant l’activité des syndicats, la Confédération générale du travail du Japon (Nihon rôdô sôdômei), lointaine héritière de la Yûaikai de Suzuki Bunji, s’associe aux efforts de l’Etat et de la Kyôchôkai pour promouvoir l’harmonie entre capitalistes et ouvriers (25).

L’union patronale, disposant de moyens autrement importants que ceux des unions ouvrières, contraint les syndicats ouvriers à négocier. Mais doit, en même temps, céder à l’Etat un droit de regard dans les relations du travail et renoncer, partiellement, à régir arbitrairement l’entreprise pour se plier à une législation du travail.

Après la première guerre mondiale, l’Etat arbitre les relations entre travail et capital afin d’assurer le meilleur développement de l’industrie par un contrôle des conflits ouvriers, à la fois en légiférant et en renforçant son appareil répressif. Une section chargée des conflits du travail (rôdô gakari) est créée le 2 octobre 1920 au sein du département de la Haute police spéciale (Tokubetsu kôtô ka) de la préfecture de police métropolitaine. En 1925, tandis que se déroule la première élection générale sous le système du suffrage universel des hommes de plus de 25 ans, les autorités promulguent la Loi sur le maintien de l’ordre public (Chian iji hô), qui complète la Loi de police sur la sécurité publique (Chian keisatsu hô) de 1900. La nouvelle loi supprime les articles punissant l’incitation à la grève et la propagande en milieu ouvrier de 1900 ; mais elle est rapidement corrigée par une Loi d’arbitrage des conflits du travail (Rôdô sôgi chôtei hô) qui autorise la réquisition des travailleurs en cas de grève dans les entreprises publiques, publiée le 9 avril 1926. Le 1er juillet 1929, l’Etat édicte une loi sur les entreprises qui interdit le travail de nuit pour les femmes et les enfants ; le 2 avril 1931, une Loi d’assistance aux victimes d’accidents du travail (Rôdôsaigai fujo hô), et cette même année 1931, une Loi de codification des grandes industries (Jûyô sangyô tôsei hô). Le 3 juin 1936, il instaure une cotisation ouvrière obligatoire pour l’établissement d’une caisse de retraite (rôdô taishoku tsumitatekin hô), loi qui entrera en vigueur à partir du 1er janvier 1937.

Confronté à une classe ouvrière toujours plus nombreuse et combative, il peut sembler que l’Etat légifère contre la volonté du patronat, effectivement hostile à l’intervention de l’Etat dans ses affaires. Ce serait se leurrer sur les intérêts convergents de l’Etat et des industriels : en promulgant, par exemple, la Loi de codification des grandes industries, il s’agissait, en fait, pour le gouvernement de protéger les zaibatsu contre les travailleurs mais aussi contre l’influence délétère des petits patrons ; par son article 2, elle conférait le pouvoir au gouvernement d’obliger une entreprise à se plier aux décisions prises par les deux-tiers des membres d’un zaibatsu même lorsque ladite entreprise n’y appartenait pas (26).

Jusqu’à la fin des années 1930, les gros employeurs japonais sauront retarder le plus possible l’application d’un code général du travail. En juin 1930, le patronat du Kansai s’oppose ainsi à un projet de loi sur les syndicats ouvriers (rôdô kumiai hôan), suivi par les chambres de commerce de six grandes villes, et cette loi ne verra jamais le jour. D’autre part, après la crise de 1929, les entrepreneurs agissent sans en référer à l’Etat et cherchent à réduire les coûts de production en mécanisant le travail ; le textile sera ainsi la première industrie concernée, puisque la plus importante (27).

Ce n’est qu’à partir de 1939 que le patronat donnera son accord tacite à une législation du travail au service de la nation en danger. Le 31 mars 1939, le gouvernement promulgue sans opposition deux ordonnances, l’une de régulation des salaires (chingin tôsei rei) et l’autre réglementant l’embauche du personnel (jûgyôsha yatoiire rei), en vue d’empêcher la mobilité des travailleurs qui menace, entre autres, les industries d’armement ; il ordonne dans le même temps, le 31 mai, la fermeture du bureau de l’Organisation internationale du travail à Tôkyô. Le 31 mars 1940, il décrète le prélèvement direct des impôts sur les salaires ; et le 8 avril, promulgue une Loi de santé publique (Kokumin tairyoku hô) qui oblige tous les hommes entre 17 et 19 ans à passer un examen médical obligatoire. Enfin, le 11 mars 1941, il accorde une Loi sur les retraites des travailleurs (Rôdôsha nenkin hoken hô) et le 22 novembre, édicte une Ordonnance de mobilisation du peuple pour le travail (Kokumin kinrô hôkoku rei) afin, là encore, de pallier la pénurie de main-d’œuvre.

Les yakuza

Le besoin de réprimer une classe ouvrière rétive pendant l’entre-deux-guerres favorise l’ascension d’une puissance nouvelle : les yakuza. La pègre japonaise n’est pas née avec les sociétés modernes ; mais elle y a trouvé de nouvelles tâches et a été obligée, elle aussi, de s’organiser à un niveau national. Aussi bien l’Etat que les entrepreneurs japonais avaient besoin de terroriser la classe ouvrière, mais ils ne voulaient pas trop se salir les mains. Les yakuza se chargèrent des plus basses œuvres que la police et l’armée ne voulaient, ou ne pouvaient, pas accomplir ouvertement.

Le 9 février 1927, des grévistes du Syndicat des mineurs de charbon d’Iwaki (Iwaki tankô rôdô kumiai) sont attaqués par une bande de gangsters et le 27 mars, un incendie éclate dans la mine de charbon d’Iwaki qui fait 136 morts. Le 16 septembre, 1 500 ouvriers, membres de la Sôdômei de l’usine de fabrication de shôyu (sauce de soja) Noda, dans la préfecture de Chiba, se mettent en grève pour des augmentations de salaire et la signature d’une convention collective ; des bandes de yakuza attaquent les grévistes. Mais c’est alors toute la population qui prend parti pour les grévistes et le conflit durera jusqu’au 20 avril 1928, ce qui en fait une des grèves les plus longues de la période de l’entre-deux-guerres, après que les écoliers ont boycotté l’école municipale à partir du 16.

Nous avons vu plus haut que le 4 mai 1932, des yakuza attaquent les grévistes coréens de la construction du chemin de fer sur la ligne Ôfunato, entrés en grève le 28 avril 1932 à l’appel du Conseil national des syndicats ouvriers du Japon (Nihon rôdô kumiai zenkoku kyôgikai) pour réclamer une amélioration de leurs conditions de travail. On relèvera deux morts parmi les ouvriers et la grève cesse.

Après l’intervention japonaise en Chine en 1931, il est difficile de distinguer entre ce qui est dû aux militaires, à la police, à l’extrême droite et à la pègre dans la mise au pas de la population au Japon même mais aussi en Corée et en Chine. Les yakuza feront des affaires en or partout où l’armée japonaise est intervenue tout au long de la deuxième guerre mondiale. Et continueront à en faire avec l’armée américaine après 1945. Ils joueront un rôle important dans la société japonaise d’après-guerre, et ce n’est qu’après l’éclatement de la bulle financière à partir de 1989, dont les yakuza sont en grande partie responsables, que l’Etat pourra rogner les griffes de la pègre.

J.-P. V.


La situation de la classe laborieuse au Japon dans Echanges :
- I. Introduction. La bureaucratie. Les employeurs. Les travailleurs n° 107, hiver 2003-2004, p. 37.
- II. La guerre sino-japonaise (1894-1895). L’entre-deux guerres (1896-1904). La guerre russo-japonaise (1904-1905). Lutte de clans au sein du gouvernement n° 108, printemps 2004, p. 35.
- III. Avant 1914 : La composition de la classe ouvrière. La discipline du travail et l’enseignement. Industrialisation et classe ouvrière . Les luttes ouvrières. Les syndicats n° 109, été 2004, p. 25.
- IV. Les origines du socialisme japonais : Le socialisme sans prolétariat. Ses origines intellectuelles japonaises, le bushidó. Ses origines intellectuelles étrangères. Marxisme contre anarchisme n° 110, automne 2004, p. 25.
- IV bis. Chronologie juillet 1853-août 1914 n° 112, printemps 2005, p. 18.
- V. Bouleversements économiques et sociaux pendant la Grande Guerre. Un ennemi : l’Allemagne. Le commerce. L’industrie. La classe ouvrière. Les Coréens au Japon n° 114, automne 2005, p. 32.
- VI. Les grèves pendant la première guerre mondiale. Les conflits du travail de 1914 à 1916. Un tournant : 1917-1918. Les émeutes du riz . n° 115, hiver 2005-2006, p. 41
- VII. La dépression de 1920-1923. Le grand tremblement de terre du Kantô. La crise bancaire de 1927. La crise de 1929 n° 117, été 2006, p. 39.
- VIII. Entre première et deuxième guerres mondiales. Le taylorisme. Les zaibatsu. La lutte des classes. Les Coréens n° 119, hiver 2006-2007, p. 24.
- IX. Les origines réformistes du syndicalisme ouvrier. Parlementarisme et syndicalisme. Les conflits entre syndicats prennent le pas sur la lutte de classes. La guerre contre la classe ouvrière n° 121, été 2007, p. 21.
- X. Les travailleurs des campagnes. Les Coréens. Les burakumin. Patronat et fonctionnaires. Les yakuza n°124, printemps 2008, p. 23.]
- XI. Les partis de gouvernement. Les socialistes. Les anarchistes. Le bolchevisme.. - Osugi Sakae. - Kawakami Hajime. - Katayama Sen.
- XII, 1. Qu’est-ce que la littérature prolétarienne ? Les écrivains prolétariens japonais. Les Semeurs. Revues et organisations.
- XII, 2. Le roman prolétarien


Notes

(1) Voir IX., Echanges n° 121.

(5) Voir, par exemple, Martin Ramming, Die wirtschaftliche Lage der Samurai am Ende der Tokugawaperiode (La Situation économique des samurai à la fin de l’époque des Tokugawa), Deutsche Gesellschaft für Natur- und Völkerkunde Ostasiens (Société allemande des sciences naturelles et d’ethnologie d’Extrême-Orient), 1928.

(6) Voir I., Echanges n° 107, p. 45.

(7) Voir par exemple un roman de Kobayashi Takiji (1903-1933), Fuzai jinushi (Le Propriétaire terrien absent) paru en novembre 1929 dans un numéro de la revue Chûô kôron (Forum) sans le dernier chapitre publié en décembre de la même année dans la revue Senki (L’Etendard). Il en existe de multiples rééditions en japonais. Je n’en connais pas de traduction française, seulement une traduction anglaise sous le titre The Absentee Landlord, University of Tokyo Press, 1973.

(8) Voir IV bis. Chronologie juillet 1853-août 1914, Echanges n° 112, p. 20.

(9) Voir Eric Seizelet, « Les difficultés de la conscription au cours de la première moitié de l’ère Meiji », texte inédit d’une conférence délivrée le 11 mai 2005 à l’Institut national des langues orientales (Inalco). Il écrit : « Ce n’est (...) qu’en 1889 que le régime spécial de sursis dont avaient fini par bénéficier les chefs de foyers fut aboli et que le principe de l’universalité du service militaire fut effectif. »

(10) Voir VI. Echanges n° 115, p. 45.

(11) Voir Kindai Nihon sôgô nenpyô (Chronologie générale du Japon moderne), Iwanami shoten, 2001 (1re édition : 1968).

(12) Voir V., Echanges n° 114, p. 40.

(13) Voir Michael Weiner, The Origins of the Korean Community in Japan (1910-1923) (Les Origines de la communauté coréenne au Japon [1910-1923]), Manchester University Press, 1989, p. 56.

(14) Ibid., p. 185.

(15) Ibid., p. 101.

(16) Gyôminkai, et Gyômin kyôsantô qui est le nom pris par cette association en août 1921, posent un problème de traduction : gyô désignant une illumination du ciel (aube) ou de l’intelligence (savoir éclairé). C’est ainsi que Robert A. Scalapino, The Japanese Communist Movement. 1920-1966 (University of California Press, 1967), traduit Gyômin kyôsantô par « Men of the Dawn Communist Party » (Hommes du parti communiste de l’aube) tandis que George M. Beckmann et Okubo Genji, The Japanese Communist Party. 1922-1945 (Stanford University Press, 1969), traduisent gyômin par « Enlightened People » (Les gens éclairés) et, donc, Gyôminkai par « Society of Enlightened People » (Société des gens éclairés) et Gyômin kyôsantô par « The Enlightened People’s Communist Party » (Parti communiste des gens éclairés). Le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier international : Le Japon, ouvrage collectif rédigé sous la direction de Shiota Shôbei (Les Editions ouvrières, tome I, 1978), donne pour traduction « Parti communiste des hommes de l’aube ». J’ai quant à moi traduit Gyômin kyôsantô par « Parti communiste ouvrier de l’aube » dans ma notice biographique sur Katayama Sen (voir Echanges n° 110, p. 34).

(17) Voir Michael Weiner, op. cit., p. 103/104. Selon Tada Michitarô (sous la direction de), Ôsugi Sakae, Chûô kôron sha, Chûô backs, chefs-d’œuvres du Japon n° 46, rééd. de 1990, la Zen Nihon kôfu sôrengô fut fondée le 20 octobre 1920 (voir le tableau dans Echanges n° 121, p. 26).

(20) Sur l’union sacrée au Japon, dès 1931 et les premières interventions militaires nippones en Chine, lire en français le roman de Takami Jun, Haut le cœur (titre japonais : Iya na kanji), éd. Le Calligraphe/Unesco, 1985 (rééd. Philippe Picquier, 2006).

(21) Voir II., Echanges n° 108, p. 45.

(22) Voir III., Echanges n° 109, p. 33.

(23) Voir Bernard Thomann, « La réception des savoirs occidentaux et la naissance de relations professionnelles “à la japonaise” », in Daruma. Revue d’études japonaises, n° 10/11, automne 2001, éd. Philippe Picquier, 2002, p. 134.

(24) Voir III., Echanges n° 109, p. 36.

(25) Voir Bernard Thomann, op. cit., p. 139.

(26) Voir Nakamura Takafusa, « Transformation Amid Crisis : The 1920s » (Transformation dans la crise : Les Années 1920), dans Lectures on Modern Japanese Economic History (Conférences sur l’histoire économique du Japon moderne), LTCB International Library Foundation, 1994, p. 45.

(27) Ibid., p. 43.


La situation des classes laborieuses au Japon, de 1853 à nos jours, dans « Echanges » :

- I. Introduction. La bureaucratie. Les employeurs. Les travailleurs n° 107, hiver 2003-2004, p. 37.

- II. La guerre sino-japonaise (1894-1895). L’entre-deux guerres (1896-1904). La guerre russo-japonaise (1904-1905). Lutte de clans au sein du gouvernement n° 108, printemps 2004, p. 35.

- III. Avant 1914 : La composition de la classe ouvrière. La discipline du travail et l’enseignement. Industrialisation et classe ouvrière . Les luttes ouvrières. Les syndicats n° 109, été 2004, p. 25.

- IV. Les origines du socialisme japonais : Le socialisme sans prolétariat. Ses origines intellectuelles japonaises, le bushidó. Ses origines intellectuelles étrangères. Marxisme contre anarchisme n° 110, automne 2004, p. 25.

- IV bis. Chronologie juillet 1853-août 1914 n° 112, printemps 2005, p. 18.

- V. Bouleversements économiques et sociaux pendant la Grande Guerre. Un ennemi : l’Allemagne. Le commerce. L’industrie. La classe ouvrière. Les Coréens au Japon n° 114, automne 2005, p. 32.

- VI. Les grèves pendant la première guerre mondiale. Les conflits du travail de 1914 à 1916. Un tournant : 1917-1918. Les émeutes du riz . n° 115, hiver 2005-2006, p. 41

- VII. La dépression de 1920-1923. Le grand tremblement de terre du Kantô. La crise bancaire de 1927. La crise de 1929 n° 117, été 2006, p. 39.

- VIII. Entre première et deuxième guerres mondiales. Le taylorisme. Les zaibatsu.La lutte des classes. Les Coréens n° 119, hiver 2006-2007, p. 24.

- IX. Les origines réformistes du syndicalisme ouvrier. Parlementarisme et syndicalisme. Les conflits entre syndicats prennent le pas sur la lutte de classes. La guerre contre la classe ouvrière n° 121, été 2007, p. 21.

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0