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Dans le monde, une classe en lutte : décembre 2008

dimanche 21 décembre 2008

ECHANGES ET MOUVEMENT,BP 241,75866 PARIS CEDEX 18,France

Site Internet : http://www.mondialisme.org

Arrivé à l’apogée de sa puissance, le capitalisme est aussi arrivé au plus haut point de sa vulnérabilité ; il ne débouche nulle part ailleurs que sur la mort. Si faibles que soient les chances de révolte, c’est moins que jamais le moment de renoncer au combat (P. Mattick)

« ILS NE MOURAIENT PAS TOUS, MAIS TOUS ETAIENT FRAPPES »

(Les animaux malades de la peste, La Fontaine, fables, livre VII, 1)

Il est impossible, dans les quelques pages de ce bulletin de parler à la fois de tout ce qui concerne la présente crise économique depuis les raisons profondes inhérentes au système capitaliste lui-même (une crise de surproduction liée à la baisse du taux de profit) jusqu’à ses conséquences tant dans l’effondrement des édifices financiers fragiles ( qui tentaient de pallier cette baisse du taux de profit en fait la baisse de la rentabilité globale du secteur productif) que dans l’impact sur tout le système productif mondial ( l’élimination de nombre d’entreprises étant une des voies essentielles de solution de la crise pour le capital) et que dans le rejet hors du système économique dans son ensemble, productif et improductif c’est-à-dire à la rue de millions de travailleurs devenus soudainement inutilisables. Il est impossible de citer les détails de ces enchaînements de ce cataclysme qui est bien pire, en termes humains, que tous les cataclysmes naturels qui s’abattent localement de par le monde : il est d’une certaine façon tout aussi naturel car inhérent au système capitaliste lui-même et, dans la mesure où il concerne un système qui s’est étendu sur le monde entier avec d’étroites interdépendances dépassant les vieilles divisions entre États, il n’est en aucune façon localisé : aucun État n’y échappe quelles que soient les prétentions oratoires des dirigeants de tous ordres qui tentent de faire croire qu’ils ont des « » au-delà des mesures immédiates partielles et locales. Ce ne sont que des colmatages sur une voie d’eau largement ouverte d’un navire en train de sombrer. Depuis les États-unis, première puissance mondiale, jusqu’à la minuscule Islande en passant par les pays en développement dont on vantait hier les progrès économiques comme la Chine aucun État n’est épargné et chacun d’eux tente de bricoler une« de crise » nationale et/ou une approche globale qui paraîtrait s’imposer dans une économie mondiale globale. Ce qui est d’emblée une gageure puisque le système capitaliste est basé dans la course au profit non seulement sur la compétition entre capitalistes mais sur des suprématies étatiques. Il n’est pas dans notre propos d’entrer dans le détail de l’ensemble de ces mesures, pas plus de les analyser tant dans ce qu’elles signifient réellement et dans leur capacité de transformer le système capitaliste sans en altérer le fondamental (l’exploitation de l’homme par l’homme c’est à dire l’extorsion de la plus value) pas plus dans les conséquences ultérieures, à court terme et à long terme qu’elles peuvent avoir sur le système capitaliste lui-même. Nous pourrions écrire des pages et des pages sur les mesures financières prises par les États individuellement et/ou collectivement pour éviter l’effondrement total des établissements financiers de tous ordre. Nous pourrions aussi écrire des pages et des pages pour développer les conséquences de la crise (liées plus directement à la cause, la surproduction mais renforcées par la crise financière) sur les difficultés des entreprises dans le monde entier (réduction d’activité, faillites, restructurations, fusions, etc..). Mais ce qui nous intéresse essentiellement (sans négliger pour autant tout le reste) c’est, dans la ligne de notre combat, de voir quelles conséquences l’ensemble de ce qui secoue toutes les structures et relations de tout le système capitaliste a pour les exploités passés (retraités), présents et futurs (l’armée de réserve qui grossit chaque jour). Il ne s’agit pas seulement de faire un recensement de ce qui s’abat aujourd’hui sur l’ensemble du prolétariat et qui n’est qu’une extrapolation et la généralisation de ce qui faisait déjà, épisodiquement mais avec une montée régulière ces dernières années, le quotidien de la pression pour, globalement, renforcer les conditions de l’exploitation. Là aussi, ces pages ne suffiraient pas à recenser tous les détails de ce qui est une attaque globale ( et aveugle car imposée par l’évolution catastrophique du système capitaliste lui-même) non seulement sur toutes les conditions d’exploitation ( depuis les réductions de salaires jusqu’à la réduction ou l’élimination des accessoires du salaire) mais aussi sur la condition même de prolétaire ( par les innombrables licenciements qui repoussent de plus en plus de travailleurs dans l’immense armée de réserve) que dans l’amenuisement voire la disparition des « sociaux » qui visaient à la fois à maintenir la paix sociale et une activité économique minimale du système ( indemnisation du chômage, retraite, etc..) Le prolétariat, dans sa totalité, qu’il soit encore travailleur ou qu’il soit précaire ou simplement « à disposition éventuelle », est le dernier au bout de la chaîne pyramidale de l’exploitation, à la base de la pyramide et c’est lui qui doit finalement supporter tout ce que possédants et dirigeants tenteront de lui imposer pour tenter d’assurer la pérennité du système et par contre coupe leur place privilégiée et leur pouvoir dans ce système. Il dépend donc uniquement du prolétariat mondial de faire que cela échoue. Personne ne peut dire comment, où et quand. Cela peut venir de luttes quotidiennes localisées partielles de résistance ou offensive de toutes les catégories d’exploités présents ou en réserve : même si elles n’apparaissent pas mettre en cause directement le système et son offensive de survie, elles peuvent, par leur multiplication jouer un rôle capital dans un impossible réformisme précipitant une crise qui mettrait en cause la base même du système capitaliste, l’exploitation du travail. Pour le moment présent, la multiplicité des luttes de par le monde (impossible aussi de les recenser toutes, on fait ce qu’on eut dans ce présent bulletin) montrerait que la lutte de classe en est à ce stade. Personne ne peut dire si, comment et quand ces luttes pourraient s’étendre et s’exacerber au point de rupture qui autoriserait tous les espoirs. Même si certains pensent construire dans ces projections ce qu’ils ont toujours rêvé pour un monde nouveau sans l’exploitation du travail, ils restent sans doute fort éloignés de ce qui pourrait surgir d’une généralisation de la lutte, qui ne saurait être que mondiale. Si certains, parmi ces « -gardes », pensent à ces assauts limités ou généraux contre le système capitaliste que ce soit sous la forme d’organisations révolutionnaires, sous celle de schémas de lutte radicale, ou d’organisation d’une société communiste, ou sous la forme d’actions directes dès maintenant ( jouant dans leur esprit le rôle d’amorce dans un terrain favorable pour une révolution), il est bien évident que les classes dominantes pensent aussi à toutes éventualités pouvant être une menace pour leur domination. Ils prennent d’ores et déjà des mesures pour contenir ce qui pourrait surgir, sous une forme qu’ils ignorent tout autant que nous. Cette répression ne serait aussi que le prolongement des instruments de domination utilisés habituellement mais avec un renforcement considérable de leur action et de leur domaine d’intervention. D’un côté, syndicats et partis, y compris et surtout ceux qui se prétendent en rupture et affichent une prétention « révolutionnaire », de l’autre police et armée y compris une armée étrangère qui viendrait jouer les pompiers pour éteindre un foyer révolutionnaire limité avant qu’il ne s’étende. Déjà, on peut voir les prémisses de la mise en place nationalement et internationalement de ces organes de répression, matériellement et idéologiquement. Il reste une autre éventualité dans la survie du capital. La crise des années 1930 avait finalement, après des tentatives depuis le réformisme jusqu’au nazisme, été résolue par la guerre qui, après 50 millions de victimes et d’incommensurables destructions, avait permis au capital de repartir pour plus de 50 années. Qu’en sera-t-il aujourd’hui d’une telle issue ? Ce serait la plus grande défaite pour le prolétariat. Il dépendra entièrement et seulement du prolétariat que cette crise du capital apporte ce que nous espérons tous, ce qui dépend non seulement d’un combat matériel mais aussi de son corollaire, le combat idéologique. Les deux sont étroitement liés et évoluent dans une dynamique dialectique qui, si elle se développe, ébranlera les structures matérielles et idéologiques les plus apparemment les plus solides et ouvrira ds portes vers un autre monde.

FORMES ET METHODES DE LA LUTTE DE CLASSE

Il est impossible de citer dans le détail toutes les luttes, petites ou grandes, qui marquent les résistances à ce que le capitalisme en crise essaie de récupérer sur les travailleurs. On n‘en connaît qu’une infime partie, ignorant surtout celles qui restent localisées dans de petites entreprises. Ce qui suit n’est donc qu’un aperçu succinct d’une lutte de classe mondiale.

Canada – 14/10/2008 –des centaines de travailleurs déposent des montagnes de bottes de travail devant le local électoral du ministre des finances « emploi, on n’en a plus besoin » à Toronto, où General Motors licencie 11travailleurs sur 20. Pendant le même temps, devant l’hôtel de ville où le premier ministre fait une conférence, une marche funèbre suit un cercueil avec des milliers de croix. Rien qu’en Ontario, près de 200emplois ont disparu.

Grande-Bretagne – *30/8/2008 –les nettoyeurs d’Eurostar, tous des immigrants, sont en grève à Londres pour les salaires et conditions de travail. Ils revendiquent7, 45 £ de l’heure alors qu’ils sont payés 6,35£ (9euros au lieu de 7,50) *18/10/2008 – 450 cheminots d’Écosse de Network Rail de nouveau en grève après deux grèves de 24 heures et la menace d’élever le conflit obtiennent le retrait de mesures concernant les conditions de travail. *Fin octobre, alors que certaine firmes automobiles peuvent faire passer sans trop de réactions des réductions d’horaires ou des licenciements (Chrysler largue 1/4 de ses cols blancs, Peugeot – Citroën menace de réduire sa production, Nissan-Renault à Sunderland stoppe la production de deux modèles pendant deux semaines) 400 ouvriers des usines Ford de Southampton entrent en grève sauvage contre un transfert de production en Turquie. Inde – *9/7/2008 - Gujarat (ouest côtier proche du Pakistan) 40travailleurs de petites entreprises spécialisées dans la taille du diamant attaquent incendient et vandalisent les usines et les demeures des patrons . Ils doivent se battre avec les milices privées et la police : un tué, 45 blessés. Le mouvement s’étendant dans la province, le syndicat patronal accorde une augmentation de 20% des salaires. *22/9/2008 – Greater Noidia dans la banlieue de New Delhi. Une usine de pièces détachées pour l’automobile, filiale d’un trust italien Graziano Transmissioni aux prises avec des revendications touchant principalement les salaires et des mouvements divers tout au long de l’année finit par licencier 250 travailleurs. Ceux-ci s’assemblent devant l’usine dans laquelle entrent des délégués pour obtenir ou réintégration ou indemnisation. Personne ne sait ou ne dit ce qui s’est passé. Toujours est-il qu’entendant des cris, des appels à l’aide et même un coup de feu, ces travailleurs enfoncent les portes, saccagent l’usine et font la chasse à tous les chefs. Le patron est tué (ou se tue) alors qu’il tente de s’échapper, près de 50 cadres seront envoyés à l’hôpital. 137 arrestations dont 63 poursuivis pour meurtre et 73 pour troubles à l’ordre public. De telles violences sociales ne sont pas exceptionnelles en Inde ; au moment où ces faits se sont déroulés, 113 ouvriers sont détenus pour violence envers les dirigeants dont 60 accusés de meurtre. Dans cette même zone industrielle, en juillet 2005 plus d’une centaine d’ouvriers de Honda en grève contre des licenciements s’étaient affrontés avec la police. *5/9/2008 –Gurgaon (banlieue de Delhi) usine Honda, 1500 contractuels en grève avec occupation contre la violence, un contremaître ayant frappé et blessé un ouvrier D’autres grèves pour les salaires à Karnakata (5/11/2008, usine textile) et à Cuddalore (1/11/2008, avec occupation d’une mine de lignite) France –* septembre 2008 – Angers, Fonderies de l’Authion, sous-traitant de l’automobile, la firme rachetée par un fonds d’investissement suisse commence par licencier 40 travailleurs fin décembre 2007, puis début septembre annonce une nouvelle charrette de 18 ouvriers sur les 91 restants. Ceux-ci se mettent en grève pour obtenir plus que les indemnités légales mais comme la direction ne veut rien savoir, ils prennent le mors aux dents, empilent dans la cour de l’usine tout le matériel déjà fabriqué (13collecteurs en aluminium) y ajoutent tout de qui peut flamber et des bouteilles de gaz avec un dispositif d’allumage. La direction cède après un ultimatum et ouvre des pourparlers. *27-28 /9/2008 – « avez dominé nos parents. Nous on est la 3ème génération et on va ouvrir notre gueule. On nous traite comme des chiens. On est au chômage, on n’a pas d’argent et on nous regarde comme des étrangers. » C’est ce que disent les jeunes de la cité La Monnaie de Romans (Isère) (32habitants) où l’un d’eux trouve la mort dans une course poursuite avec les flics. Les nuits d’émeutes qui s’en suivent durent tout un week-end avec des affrontements qui durent plus de 4 heures et dans lesquels des coups de feu sont tirés. Plus de 200 flics sont mobilisés venant des départements voisins avec le grand jeu policier maintenant rituel La ville autrefois cité de la chaussure connaît un chômage record.

  • septembre 2008 – La lutte de classe vue par le patronat. En octobre, l’association « et Personnel » qui regroupe les DRH des 150 plus grandes entreprises françaises a lancé un cri d’alarme que les « composantes d’une crise sociale risquent d’être présents avec une montée de « conflictualité dans nombre d’entreprises » et « contestation rampante dans le secteur public » Prudents, ces dirigeants évitent de parler d’explosion sociale mais d’un « des conflits durs et ponctuels lors des suppressions d’emplois ou un durcissement sur les salaires et conditions de travail ». L’exemple cité ci-dessus des Fonderies de l’Authion peuvent illustrer ces méthodes de lutte mais d’autres exemples peuvent aussi illustrer la montée d’une résistance latente, plus individuelle que collective (absentéisme, grève du zèle, refus d’heures supplémentaires, agressivité envers les cadres, débrayages limités, etc.…), faits de résistance de classe qui peuvent se transformer brusquement en actions ponctuelles violentes et contenir le potentiel d’une généralisation. Italie – *octobre- novembre 2008 – Contre la suppression de 100postes d’enseignants et la réduction de 12 milliards des crédit de l’enseignement, des protestations diverses dont l’occupation de bâtiments publics et des manifestations monstres (100à Milan, 2 millions à Rome). Ce n’est pas fini, mais le gouvernement Berlusconi ne cède pas. Grèce – *octobre – novembre 2008 – Là aussi grèves limitées et manifestations contre l’aggravation de la situation sociale. Des centaines de cheminots occupent le siège social des Chemins de fer à Athènes contre le licenciement de 2cheminots. 400 ouvriers occupent les usines Siemens à Salonique contre leur fermeture. A Athènes encore 2000 ouvriers du textile se battent avec la police devant le ministère de l’économie. Portugal – *mars 2008 -100manifestants à Lisbonne contre un plan de fermeture de 4écoles d’ici 2009 avec des coupes dans les programmes et l’enseignement des handicapés. Pérou – *Le 27 octobre, 5mineurs en grève de Tacna se rassemblent à Moquegua, (cités proches de la frontière chilienne) pour demander la suspension de mesures modifiant la perception et la répartition des taxes sur la production minière (aux mains de la multinationale Southern Copper qui a influencé la décision politique en faisant diminuer le montant de cette taxe), répartition qui favorise Moquegua aux dépens de la cité minière de Tacna. Le 4 novembre le gouvernement proclame l’état d’urgence dans la région avec des pouvoirs exorbitants pour la répression et la police ouvre le feu sur des manifestants, un mort. Le 5 novembre, les habitants de Tacna manifestent dans la ville et attaquent la police militaire ; la grève est suspendue le 7 novembre par des pourparlers qui échouent de sorte que la grève reprend le 11 novembre Chine – *31 /3/2008 – Pour appuyer des revendications de salaire, les pilotes de la China Eastern Yunan Airlines décollent normalement mais font demi tour et reviennent au départ en prétextant les mauvaises conditions météorologiques. Deux semaines plus tôt, 40 pilotes de la Shanghai Airlines se sont mis en maladie en même temps, imitant ce que des pilotes américains ou des hôtesses de British Airways avaient fait dans un passé récent *6/9/2008 – Hunan - Des milliers d’étudiants attaquent le siège local du parti suite à l’autorisation donnée à un promoteur de construire sur le terrain de sports de l’université. *4/9/2008 – Ningbo ville côtière proche de Shanghai, des milliers de migrants s’affrontent avec la police suit au décès d’un des leurs dans une usine textile. Japon – *5jeunes manifestent à Tokyo pour leurs conditions de travail. 44% de la force de travail du pays est à temps partiel ou en contrats temporaires. Algérie – *13/9/2008 – Kabylie - des manifestants principalement des jeunes s’affrontent avec les militaires près de Tizi-Ouzou, échappant au contrôle et conseils de modération des anciens. Vietnam – *18/9/2008 – plus de 400 grèves dans le 1er semestre 2008, toutes sauvages puisque la grève est interdire toutes pour les salaires en raison des hausses des produits alimentaires de première nécessité.

ACTIVITES SYNDICALES

Allemagne – 3/11/2008 – La pression de la base contraint le syndicat IG Metall à organiser des actions pour les salaries. Il pose une revendication de 8% d’augmentation alors que le patronat offre 2,1% en 2009 et une prime de rattrapage de 0,8% en 2008. Comme d’habitude les débrayages organisés sont très limités considérant les 3 millions de métallos touchés En 10 jours on comptera ainsi de débrayage limité de 130travailleurs dans 200 usines distinctes.. Belgique – *6/10/2008 –Une grève d’une journée organisée par les trois syndicats socialiste, catholique et libéral dans les secteurs public et privé pour le pouvoir d’achat et le maintien de l’indexation des salaires sur les prix paralyse pratiquement le pays pour une journée. Mais c’est sans lendemain. Inde -*7/10/2008 –La cité du cinéma Bollywood paralysée pendant une grève de trois jours de l’ensemble des travailleurs du secteur pour une journée de 12, heures , le paiement régulier des salaires et une closed shop pour les syndicats. États-unis – *27/8/2008 - Travail syndical. Depuis longtemps, les dirigeants syndicaux du Mississipi protestent contre l’embauche d’immigrants illégaux par les grandes entreprises. Il semble que des dénonciations syndicales soient à l’origine de raids inhabituels dans ces entreprises. Lors d’un de ces raids dans une seule usine à Laurel (Howard Industries – matériel électrique) près de 600 immigrants illégaux ont été ainsi arrêtés – *21/11/2008 –Après 5 semaines de grève, les 340 travailleurs de America Standard Brands (matériel de cuisine et de salles de bains) reprennent le travail après qu’on leur eût dénié le droit au chômage et que le syndicat eût désavoué leur action : ils doivent passer sous les fourches caudines de l’entreprise qui leur impose avec un nouveau contrat une baisse des salaires de 5% et une diminution de 25% des cotisations retraite. *28/10/2008 – Une chaîne de restaurants chinois local de New York payait ses 36 coursiers super exploités 1,60 $ de l’heure (1,10 euro) tout en leur délivrant des fausses fiches de paie les gratifiant de 7,35$ (immigrants réguliers) ou 4,65 (irréguliers). Un jugement a finalement condamné les patrons à leur verser en tout 4,6 millions de dollars (3,2 millions d’euros) Italie – *novembre 2008 – Les grèves récurrentes des différents syndicats d’Al Italia n’ont pas réussi à faire que les différentes solutions avancées pour cette compagnie aérienne virtuellement en faillite puissent préserver à la fois l’emploi et les conditions de travail des différentes catégories de travailleurs. Grande-Bretagne – *10 /11/2008 – Les journées de grève d’une journée lancées par les syndicats se succèdent tant pour les fonctionnaires que pour les employés municipaux concernant les salaires et des modifications de statut, sans grand résultat 18/10/2008 – Malgré leur dispersion en un certain nombre de sociétés distinctes, les mille chauffeurs de bus se voient interdire par jugement pris à la demande de l’une de ces sociétés, Metrobus de se lancer dans une grève unitaire à l’appel du syndicat Unite pour non-respect des règles très strictes imposées par la législation des conservateurs sous Thatcher et maintenue par les travaillistes. Le syndicat aurait dû fournir, pour que la grève soit légale une liste des travailleurs grévistes et leur lieu de travail le tout en précisant aussi leur catégorie professionnelle. Il existe des cabinets d’avocats spécialisés pour conseiller aux patrons comment se servir de la loi pour interdire les grèves. Mais, comme cela s’est déjà produit dans les postes anglaises, en face d’une grève sauvage totale partie de la base et dans laquelle le syndicat n’est pas impliqué, la loi est inopérante. Mais ni les chauffeurs de bus, et encore moins le syndicat, n’ont été au-delà de cette interdiction. Inde – *18/82008 – La montée de l’inflation notamment des denrées alimentaires de base entraîne un mécontentement tel que les syndicats doivent organiser une journée de grève nationale particulièrement suivie. Sans lendemain. Une grève distincte touche 15travailleurs au sol des 127 aéroports gérés par l’État (bagagistes, nettoyage, entretien) contre la privatisation qui entraînerait leur remplacement par des temporaires sans contrat de travail et exploités 12 heures par jour. Chili – *21/11/2008 – 400fonctionnaires en grève reprennent le travail après le vote par le parlement d’une augmentation de salaire de 10% (revendication d’origine 14,50 %) et une prime d’environ 200 euros. Guyana (ex Guyane britannique)- *septembre 2008 - Alors que des pourparlers s’éternisent entre le syndicat GAWU et le trust sucrier Guyana Sugar Co (Guysuso) (revendication 14,24%, offre 5,25%) des grèves sauvages éclatent un peu partout. Le gouvernement en appelle au syndicat pour discipliner ses membres. France – *26/8/2008 – Kasper, ancien secrétaire général de la CFDT est consultant en stratégie sociale.pour les dirigeants d’entreprise *octobre 2008 –Une nouvelle forme d’exploitation du travail vient d’être reconnue et régularisée par le gouvernement et les syndicats. Le « ». Selon ce système un travailleur « épendant » trouve une mission temporaire auprès d’une entreprise. Il s’adresse alors, pour l’exécution de ce travail, à une société dite de portage avec laquelle il signe un contrat de travail couvrant cette mission. L’entreprise recevant le travail paie des honoraires à la société de portage qui reverse 50% au travailleur« épendant » comme salaire et garde le reste pour les diverses cotisations liées au salaire, ses frais administratifs et ses profits. Il y aurait environ 20travailleurs en France dans cette situation travaillant pour une centaine de sociétés de portage. Il y aurait d’autres formes possible de « », par exemple la « » d’un travailleur à une autre entreprise pour une tâche définie dans sa nature et dans le temps. toutes différentes de l’intérim traditionnel. *10/9/2008 – En mars 2007, l’entreprise Arena (maillots de bain) près de Bordeaux licenciait 92 ouvrières. Suite à l’annulation du plan social, elles viennent d’obtenir une indemnisation moyenne de 50euros en sus des 22en moyenne qu’elles avaient alors reçu.avril dernier, sur un total de 161 licenciés, en plus des retraites anticipées, 42 sont en CDI ou CDD de plus de 6 mois, 5 sont à leur compte et plus de la moitié sont en situation de précarité » pour ne pas dire au chômage ou au RMI *19/10/2008 - grèves aux grands magasins de Paris contre l’ouverture du dimanche et l’extension des horaires à 22h 30 aux Galeries Lafayette qui s’étend quelque peu au Printemps proche. Aux Galeries, sur 2travailleurs, 1700 sont des démonstratrices travaillant pour 500 entreprises extérieures payées sur la base de 35 heures mais sur des stands ouverts en fait 65 heures.
- *14/11/2008 – La grève d’un week-end des pilotes ne réussit pas à empêcher le vote d’une loi qui proroge l’âge de la mise à la retraite « » des pilotes à 60 ans. Dans le même temps, l’âge de départ « est porté à 70 ans pour le régime général de sécurité sociale. Indonésie – *septembre 2008 – P T Mulia Knitting, sous-traitant de la marque textile internationale américaine Polo Ralph Laura exploite les ouvriers dans de telles conditions qu’en mai 2007, pour tenter de se défendre, 25 d’entre eux tentent de former un syndicat : trois d’entre eux sont licenciés, à 123 autres on impose de travailler dans une autre usine à 60 km de leur domicile et suite à leur refus sont licenciés. Toues les poursuites entamées pour faire cesser cette répression ont échoué de même que les tentatives de faire intervenir les firmes clientes.

BANGLADESH

(Voir précédents bulletins) Au cours des mois écoulés, le Bangladesh a connu le même type de conflits que dans les années précédentes et dont nous avons parlé dans chaque bulletin. Ces luttes ne se sont pas seulement déroulées dans et autour de la capitale Dacca mais dans tout le pays, impliquant le plus souvent les travailleurs de l’industrie textile de confection (RMG, Ready Made Garments, sous-traitants des trusts mondiaux de l’habillement ou de la distribution) Leur déroulement récurrent suit un même schéma sans que la combativité en paraisse pour autant émoussé :: grève pas tant pour les salaires eux-mêmes mais pour avoir leur paiement en temps voulu. Ce sont toujours des grèves, des manifestations hors de l’usine occupée, le tout dans l’illégalité la plus totale à cause de l’état d’urgence sous une domination militaire. Toutes ces actions sont attaquées sans ménagement par la police voire par l’armée, batailles rangées auxquelles s’associent souvent les travailleurs des usines voisines , qui impliquent plusieurs centaines de participants et qui durent parfois plusieurs jours. Chaque fois on relève de nombreux blessés, des arrestations, des contre-offensives patronales qui ou ferment les usines voisines . Parfois, sur intervention ou non de la fédération syndicale officielle, du syndicat patronal, des autorités de la zone économique spéciale et du gouvernement, la lutte conduit à une résolution temporaire du problème immédiat ( par exemple, paiement des arriérés de salaires). Bien sûr, cela ne résout rien de la surexploitation et des salaires extrêmement bas ( très souvent même le salaires minimum dérisoire n’est pas respecté), ce qui alimentera une autre révolte qui se transforme presque toujours en émeute. On ne peut que citer les exemples les plus récentslesquels plus d’un million de travailleurs ont été impliqués et qui ont duré une quinzaine de jours, entraînant d’énormes pertes financières :

  • le 10 août dernier, Jangorah (Astrulia) 300 ouvriers réclament le paiement de salaires arriérés et s’attaquent à 15 usines textiles et à 4 centres commerciaux ; par crainte d’une extension les patrons ferment 60 usines du secteur
  • Le 30 août, lorsqu’ils apprennent que la police avait arrêté 15 ouvriers de la Standard Garment à Konabar (Gazipur) pour soi-disant vandalisme, des centaines d’ouvriers des usines voisines débraient , bloquent l’autoroute voisine et attaquent la police. 60 blessés et intervention du président du syndicat ouvrier qui demande l’ouverture d’une conférence tripartite pour résoudre de tels conflits avant qu’ils ne prennent leur évolution violente.
  • le 6 septembre, les patrons du RMG menacent de fermer pour un temps indéterminé toutes les usines de Gazipur dans la banlieue de Dacca si rien n’était fait par le gouvernement pour assurer la sécurité dans toutes les usines d’ici le 25 septembre (depuis janvier 2008 on n’a pas moins dénombré 150 attaques violentes de la part des prolétaires essentiellement du secteur RMG
  • le 20 septembre, les ouvriers de Islam Dresser Ltd à Malibagh se mettent en grève à cause du non paiement d’une prime de 100% d’un mois de salaire qui leur avait été promise, les patrons n’en proposant qu’un montant de 25%. Ils manifestent et sont attaqués par la police : 40 voitures brûlées, 30 blessés. Tous ces conflits sont de toute évidence la réaction spontanée des travailleurs à des situations ponctuelles résultant de décisions d’un patronat qui semble avoir lui-même des difficultés ou financières ou techniques par exemple dans les fournitures chaotiques d’énergie ( électricité et gaz). Pris dans les rivalités politiques avec de violents affrontements, l’état d’urgence assurant la domination des militaires, le gouvernement, outre la répression musclée, ne peut que chercher des boucs émissaires dans des manipulations politiques ou religieuses pour masquer cette guerre de classe incontrôlée qu’il s’agit avant tout de contenir car ce secteur du RMG est la principale source du financement de l’appareil d’Etat bangladais. C’est en ce sens que l’on assiste à de timides tentatives de régulation des conditions d’exploitation. Mais ces tentatives qui sont en contradiction avec le maintien de bas coûts de production justifiant de nouveaux investissements étrangers ce qui signifie le maintien des conditions d’exploitations entraînant cette atmosphère de révolte permanente. Il est difficile de savoir d’où est venue au cours de l’été 2008, une base revendicative de 10 points qui va de subventions accrues aux denrées de base, à une prime de vie chère, à la fin des arrestations pour fait de grève, à la fin du harassement de la hiérarchie, etc. Certainement pas de la fédération syndicale Bangladesh Garment Workers Unity Council (BGWUC) car cette fédération très bureaucratique s’est empressée de la reprendre à son compte. Dès que cette revendication fut posée, une partie des patrons du secteur RMG ont envisagé de fermer leurs usines, de suspendre toute discussion sur les salaires, ce qui n’a eu pour effet que de relancer l’agitation ouvrière Le syndicat patronal BGMEA annonça au même moment que le les denrées subventionnées ne seraient livrées qu’aux porteurs de cartes d’identité. La fédération BGWUC dénonça cette mesure (environ 50% des travailleurs n’ont pas de carte d’identité) et aussi le fait que les distribution de denrées à bas prix se faisait hors du lieu de travail pendant les heures de travail ce qui ne permettait guère aux travailleurs exploités jusqu’à 12 h par jour d’en profiter. .Tout cela se déroule alors que l’état d’urgence avec une semi dictature des militaires est toujours effectif depuis le 1 novembre 2007 avec nombre d’arrestations et l’illégalité des toutes grèves et manifestations y compris de l’activité syndicale de base. Une tentative de « de crise » est venue d’initiatives du syndicat ouvrier BGWUC et du syndicat patronal BGMEA . Le 12 septembre, au plus fort de l’agitation ouvrière une conférence tripartite a posé le principe d’un « raisonnable » préconisant le paiement régulier des salaires, la protection des « de l’homme », un certain assouplissement de l’état d’urgence en faveur des syndicats ainsi que de la distribution des denrées subventionnées au sein des entreprises. Le tout affirmé comme devant réduire la tension tout en précisant que les « relations » ne pouvaient qu’être bénéfiques pour l’augmentation de la production. Le syndicat BGWUC ajoutait que la moindre répression lui donnerait aux leaders syndicaux .la possibilité d’intervenir rapidement sur les lieux de travail pour que les conflits naissants ne dégénèrent pas dans les violences habituelles Mais il n’est rien dit sur le niveau des salaires et des conditions de travail, questions qui restent au centre de l’exploitation : le salaire minimum, qui souvent n’est pas respecté, a été fixé il y a quelques années et jamais revu et il ne permet nullement de faire vivre, même misérablement une famille de quatre personnes. Un exemple récent peut illustrer la manière dont ces questions seront résolues au delà des « intentions » pourtant aussi minimales soient elles. La multi nationale de la distributions Wal’Mart qui se fournit abondamment en produits textiles dans plus de 2000 usines du Bangladesh (12 milliards d’euros l’an passé) vient d’exiger de l’ensemble de ses fournisseurs un rabais de 2% sur les prix jusqu’ici consentis à ses fournisseurs. On peut se douter qui paiera pour ces 2%. Il faut croire que même cette situation troublée et les promesses de maintien des conditions d’exploitation présentes par un régime « » ne dissuadent pas les capitalistes d’investir dans la perspective de profits .Une entreprise coréenne Youngone Corporation construit dans une zone économique spéciale du Bangladesh une usine de production de chaussures qui sur 72 chaînes de production exploitera 34000 travailleurs pour produire 100000 paires de chaussures par jour soit 30 millions par an. ; Les seuls problèmes actuels apparemment viennent de la faiblesse des infrastructures qui ne permettent pas de garantir un approvisionnement régulier de gaz et d’électricité. Le capital espère de beaux jours devant lui. L e prolétariat aussi dans une telle concentration et des perspectives de lutte.

    GUERRES ET RESISTANCES

USA – *13/10/2008 – Permis de tuer pour satisfaire ses ambitions sociales. Nombre de recrues de l’armée américaine (armée de métier) sont des jeunes qui, pour pouvoir poursuivre des études n’ont d’autre choix que de s’enrôler pour porter la mort en Irak, Afghanistan ou ailleurs. L’armée paie les frais de scolarité, une bourse de 400 euros par mois contre une préparation militaire et, le diplôme obtenu, l’obligation d’aller combattre pendant dix années.

*Octobre 2008 – En 2007, 115 militaires se sont suicidés et fin août 2008, 93 atteignant un taux de 24 pour 100000 (en hausse de 13%) et cela malgré une « éparation psychologique » et des efforts sur place pour « éliorer la santé mentale » des exécutants de basses œuvres. L’armée américaine déploie 155hommes de troupe en Irak et 33en Afghanistan ; 10 à 15% d’entrer eux prennent des drogues contre l’anxiété, la dépression les insomnies.) Sur les deux théâtres de guerre depuis 2003, 43recrues ont été jugées ainsi « inutilisables ». De plus en plus, ceux « rentrent » souffrent non seulement de séquelles physiques mais de ce qui est qualifié de « traumatic disorder » ; leur nombre est passé de 1en 2003 à 10en 2007. Ces « désordres » sont de deux ordres. A court terme , les effets sont apparemment purement psychologiques ; mais à long terme, cela s’exprime par des maux de tête, des réactions plus lentes, des pertes de mémoire et un manque d’attention. Ces derniers effets retardés viendraient de l’effet des ondes de choc des explosions (notamment des attentats suicides ou des mines) sans qu’il y ait de lésions physiques. Devant l’augmentation du nombre des suicides et des atteintes psychiques, l’armée a engagé des centaines de « écialistes de la santé mentale » et transmis aux supérieurs des programmes leur permettant de détecter et de prévenir tout acte ou attitude pouvant entamer le « des troupes ». Ces programmes ACE sont basés sur des questions posées aux supposés en déprime. Les soins consistent à conduire les « étectés proches de déconnecter » soit à un prêtre soit à un psy, Une autre version consiste à les renvoyer quelque temps à la maison pour qu’ils puissent y soigner leur « ». Le tout pour les remettre dans la bonne condition pour tuer de nouveau Afghanistan – *3/10/2008 – Mutineries – 24 soldats hollandais de la force internationale ont refusé d’obéir à un ordre et alors décrété « actifs » car ils estimaient que leurs conditions de sécurité étaient insuffisantes.

IMMIGRATON

Monde – *1/11/2008 – L’exploitation des ressources naturelles par la mise en coupe réglée des pays pauvres ne vise pas seulement les matières premières mais tout autant le matériel humain, matière première de la force de travail. Cette exploitation peut prendre des formes très diverses adaptées aux besoins des pays importateurs et aux caractéristiques des pays exportateurs. 1/10 seulement de la force de travail mondiale a une formation supérieure alors que les besoins des pays en voie d’industrialisation ou en voie de développement sont croissants. Dans ce réservoir limité, les pays les plus riches se servent en priorité (voir par exemple tous les discours sur l’immigration sélective) dans les États les plus petits et les plus pauvres qui ont le moins de moyens de défense. Le taux d’émigration « ée » de 5% du réservoir de cette force de travail pour des pays comme la Chine, l’Inde ou le Brésil atteint 50% en Afrique sub saharienne et 80% dans toutes les îles des Antilles. Quatre millions de diplômés africains sont répartis entre l’Amérique du Nord et l’Europe. Chicago aurait plus de médecins éthiopiens que toute l’Éthiopie. Deux migrants sur cinq quittent leur pays d’accueil pour rejoindre leur pays d’origine dans les cinq ans qui suivent leur arrivée. Ce retour se réduit ensuite pour augmenter de nouveau lors des départs en retraite. Cette mobilité est la plus forte lorsque pays de départ et d’arrivée ont un niveau de développement comparable. Koweït –*septembre 2008 280 ouvriers du Bangladesh sont déportés dans leur pays d’origine dans les trois jours qui suivent une manifestation pour salaires et conditions de travail sans avoir pu collecter leurs salaires impayés ou leurs effets personnels. Et des centaines d’autres sont en attente d’expulsion pour avoir participé à ces luttes. Mais un tribunal koweitien a finalement alloué une indemnisation de deux mois de salaire et le prix du voyage retour à ces candidats au retour forcé ce qui a permis de renvoyer dans leurs foyers une nouvelle fournée de 500 Bangladais dont 300 femmes. Les intermédiaires de ce trafic, dans une complicité tant avec les employeurs qu’avec les gouvernements des pays respectifs, basée essentiellement sur la corruption garantissant la pérennité de cet esclavage moderne sont tous devenus des millionnaires. Une idée du trafic est donnée par le fait que chaque jour l’aéroport de Dubaï refoule une centaine d’immigrants du Bangladesh munis de passeports avec de faux visas. Jordanie –*septembre 2008 - 92 ouvriers qui avaient osé manifester pour le paiement d’arriérés de salaires et se plaindre de leurs conditions d’exploitation et avaient été retournés au Bangladesh se voient quand même allouer après intervention des gouvernements respectifs une indemnité d’environ 7 000 euros.

Une nouvelle internationale prolétarienne ?

Suède -*29/9/2008 –En Laponie, des centaines de Chinois, Thaïlandais et Ukrainiens ramassent des baies pour une saison payés en fonction des quantités ramassées (jusqu’à 70kg par jour) par l’agence d’intérim qui les a recrutés et déduit de leurs gain les billets d’avion, logement , nourriture, transport et commissions. Tout déduit, ils peuvent gagner jusqu’à 1euros par mois, de qui leur permet de vivre de 6 à 12 mois dans leur pays d’origine. Ils ne prennent que le travail que les suédois ne veulent pas faire parce que trop pénible et pas assez payé. 25/9/2008 – 10, 50000 ou 100on ne sait (ou ne veut pas savoir) combien de sans-papiers vivent en Suède comme ailleurs dans le nettoyage, le BTP, la restauration Roumanie –* septembre 2008 - Une sorte de jeu de chaises musicales fait que les travailleurs roumains émigrent vers l’Ouest européen et doivent être remplacés notamment par des travailleurs du sud-est asiatique notamment de Chine. Certaines de ces ouvrières du textile ont pu ainsi parcourir différentes « missions » temporaires dans différents pays du monde. Elles acquièrent ainsi une connaissance des conditions de vie ainsi qu’une expérience de cet ailleurs multiforme qui contribue à leur apporter une conscience de classe et en fait des travailleurs moins facilement exploitables et sachant se défendre ( voir prochain bulletin) Algérie – *16/10/2008- Les ouvriers chinois exportés sur les chantiers du BTP manifestent contre leurs conditions de travail et d’hébergement dans leur« d’accueil » et d’exploitation Afrique – 9/10/2008 – L’Afrique est un des pays du monde qui connaît la plus forte émigration intérieure dont seulement une partie rêve de franchir la Méditerranée ou l’Atlantique. Avec l’Afrique du Sud, la Libye considérés comme des eldorados. En Libye, ceux venus de l’Afrique Noire subsaharienne qui risquent leur vie dans la traversée du Sahara sont traités comme de véritables esclaves. Officiellement 1,7 millions (30% de la population), ils sont victimes de rafles, de pogroms (des centaines de morts en 2000). de pillage et de la corruption généralisée Plusieurs milliers croupissent dans des centres de rétention Suisse – *octobre 2008 – A Genève, haut lieu des institutions internationales notamment humanitaires, l’internationale des domestiques subit, en toute impunité le semi esclave et les violences, pas seulement chez les représentants des pays arabes. France –* 8/10/2008 – Alors que les occupations de locaux patronaux ou syndicaux par des « -papiers travailleurs » continuent depuis plusieurs mois sans grand résultat (à peine plus d’un millier de régularisations sur entre 200et 400sans papiers) une relance du mouvement est tentée avec de nouvelles occupations d’agences d’intérim pourvoyeuses d’esclaves pour le BTP et le nettoyage. Sans grand résultat, alors que des voix commencent à s’élever pour une régularisation globale. *septembre 2008 – Toujours fascinés par la perspective d’un accueil sur les Iles britanniques, des centaines d’immigrants continuent d’affluer dans les ports transmanche et même à Paris départ des liaisons ferroviaires vers Londres. 1ou 2, la plupart victimes des guerres : Érythréens, Afghans, Soudanais, Irakiens, etc... se retrouvent principalement à Calais, nullement découragés par la fermeture du centre de Sangatte en 2002. Cette fermeture a rendu leur situation encore plus précaire dans des camps informels, toujours plus harassés par les flics et ne survivant que par le bénévolat des organisations caritatives. Parallèlement, la machine à expulsion fonctionne à plein : pour la France, dans les 5 premiers mois de 2008 leur nombre a explosé de 80% (14) et de 31% pour les 12 mois entre juin 2007 et mai 2008 (29 ; dans le même temps, les États de l’Union Européenne mettent au point une politique commune de répression des immigrés, politique d’autant plus absurde que dans les années à venir, pour maintenir l’activité économique en raison du vieillissement de la population et de la chute de la natalité, il serait nécessaire d’importer près de 50 millions de sujets à exploiter. Italie – *20/9/2008 – A Castelvolturna près de Naples 6 africains sont assassinés, semble-t-il par la mafia napolitaine. Ce qui déclenche une manifestation de quelques centaines d’Africains immigrés, victimes habituelles du racisme ordinaire.

INDE : SERVICES A LA PERSONNE VERSION INDIENNE

*3/11/2008 Le système profondément ancré et persistant des castes fait que les préjugés traditionnels des castes moyennes et supérieures ont repoussé une partie importante des basses castes vers les emplois domestiques Cette stricte hiérarchie sociale, dont on hérite de par sa naissance et à laquelle il est extrêmement difficile d’échapper, se double, pour les classes moyennes et supérieures d’un rejet des tâches manuelles même les plus simples considérées comme dégradantes. Par exemple, les enfants de ces castes ne rangent jamais leur chambre et ne vident jamais la poubelle, pour ne pas parler de faire la vaisselle ou de tondre la pelouse. D’où la prolifération des services domestiques, renforcée par le fait que ces castes moyennes et supérieures sont de plus en plus impliquées dans des activités économiques diverses, non manuelles bien sûr. Il y aurait aujourd’hui plus de 100 millions de « » divers en Inde, 50 fois plus que ceux qui travaillent dans l’informatique ; c’est la troisième plus importante activité professionnelle en Inde après l’agriculture et le BTP. En raison de leur appartenance de caste, ces « » n’ont droit à aucune considération. Ils sont les suspects n° 1 pour toute disparition d’objets domestiques traditionnels ou modernes ou d’argent et sont licenciés sur le champ sur une simple suspicion Alors qu’ils vivent constamment 24 h sur 24 dans l’intimité d’une famille depuis faire tout le ménage, la cuisine et torcher les mômes, ils doivent prendre leurs repas hors de la maison où ils travaillent pour ne pas « » la vaisselle Ils n’ont aucune protection sociale, pas de garantie de salaire, pas de jours de repos, ni de congés payés. Réclamer tant soit peu ce qui leur serait dû les expose à un licenciement immédiat. Un exemple, une femme de 45 ans travaillant dans ces conditions depuis 17 années pour faire le ménage et la cuisine d’une famille ce la caste moyenne gagne 15 euros par mois et n’oserait pas demander une augmentation. Mais cette situation change peu à peu. Les « » en domestiques en raison de l’évolution des castes moyennes et supérieures sont tels que leur nombre s’est accru considérablement. Cette « invisible » prend peu à peu conscience de sa force dans la société, d’autant plus que pour l’ensemble de l’activité économique, le système des castes apparaît comme un obstacle ou développement capitaliste de l’Inde et que les frontières inter castes commencent à s’estomper. Des syndicats de domestiques se sont formés récemment oeuvrant tant pour l’améliorant des conditions de travail que pour l’abolition du système des castes. Mais sur ce dernier point il y a beaucoup de chemin à faire car même chez les victimes de ce système une « ériorisation » de cette structure sociale ancestrale s’oppose à une telle évolution.

LE TRAFIC DES ETRES HUMAINS

Le capital, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme, mais cela ne concerne pas seulement la force de travail. On pourrait dire que, pour le capital, tout est bon chez l’homme depuis sa force jusqu’au plaisir que certains peuvent en tirer d’argent et/ou de jouissance, de chair à canon comme d’organes transplantés. *Monde -Le tourisme de la transplantation – novembre 2008 – La contribution des pays pauvres à la santé des riches. Vendre son rein rapporte 470 euros en Afrique du Sud, 670 en Inde, 1en Moldavie, 3à 7en Turquie et plus de 20aux USA. * -Traite humaine -22/10/2008 – Les enlèvements ou vente d’êtres humains pour le travail forcé, y compris sexuel atteindrait entre 800et 2,5 millions de victimes. C’est le troisième plus profitable dans l’échelle du commerce mondial après celui des armes et des drogues. Les victimes proviennent principalement des pays d’Afrique Noire, du Sud-est asiatique, de Chine et l’Italie serait une des plates formes de ces activités. *La Moldavie détient en ce domaine des records. État « épendant » depuis 1991 avec une population à cette date de 4,3 millions d’habitants n’en compte plus que 3,5 millions aujourd’hui, le reste s’étant évaporé (plus de 20% sous le seuil de pauvreté, salaire moyen mensuel 150 euros) sous toutes les formes de la traite humaine : trafic d’organes, émigration sexuelle volontaire et forcée (plus de 60dont 81% de femmes) Monde – *22/10/2008 – Le commerce des diplômés. 4 millions de diplômés africains travaillent en Amérique du Nord et en Europe. Rien que la ville de Chicago emploie plus de médecins éthiopiens qu’il n’en exerce sur tout le territoire éthiopien.

LES CRIMES DU CAPITAL

République Démocratique du Congo – *4/11/2008 –La guerre entre une armée rebelle au Nord Kivu soutenue par les États voisins du Burundi et du Ruanda que l’on fait passer pour des affrontements ethniques et/ou politiques a un arrière plan plus lié à la guerre capitaliste autour des matières premières. Le Kivu est riche de minéraux de toutes sortes (le coltran utilisé dans les téléphones portables, la cassitérite, minerai d’étain, des minerais de cuivre, de l’or et des diamants). Toute une main d’œuvre locale servile les exploite pratiquement à mains nues et le produit de cet esclavage accaparé par les chefs de guerre est acheminé vers les multinationales qui y trouvent une matière première à des prix défiant toute concurrence. Cela alimente l’approvisionnement en armes et une corruption sans précédent. Effet secondaire dans une indifférence générale : des centaines de milliers de réfugiés se déplacent dans une région hostile, fuyant les exactions des soudards des camps opposés. Afrique du Sud – *27/10/2008 – La fin de l’apartheid a seulement signifié pour une fraction réduite des Noirs l’accession aux positions politiques et économiques, servants des multinationales qui continuent de dominer le pays. Cette classe moyenne noire d’environ trois millions rejoint la classe moyenne blanche. Mais aujourd’hui, la ségrégation sociale s’est substituée à la ségrégation raciale pour plus de 80% des 48 millions d’habitants dont 43%, essentiellement des Noirs vivent avec moins de 1,50 euro par jour et un taux de chômage avoué de 37% de cette part de la population active. Canada—*31/10/2008 – Les lobbies des derniers pays producteurs d’amiante (Canada, Inde, Pakistan, Philippines) ont encore réussi à faire écarter l’amiante de la liste mondiale des 39 produits dangereux dont l’utilisation serait mondialement interdite. Leur puissance, depuis près d’un siècle a, jusqu’à aujourd’hui, toujours réussi par des manipulations et la corruption à maintenir l’exploitation et l’utilisation de ce produit dont la nocivité a toujours été reconnue * Les émeutes de la faim 10/10/2008 – On en a parlé au printemps (et dans les précédents bulletins). Elles ont été si répandues dans les pays pauvres et le plus souvent sanglantes qu’elles n’ont pu être trop longtemps ignorées. Mais l’irruption de la crise dans les pays industrialisés les a reléguées au second plan d’autant plus que la baisse de toutes les matières premières permet de penser que l’effet de la spéculation sur ces denrées a disparu. De plus cette augmentation des prix et la pénurie ont entraîné une augmentation de la production des céréales en 2008, augmentation absorbée par l’augmentation de la consommation Mais les prix ne sont pas revenus au niveau de ce qu’ils étaient avant la poussée spéculative (toujours au niveau de décembre 2007). Pourtant dans nombre des pays qui avaient été touchés par ces émeutes, la situation alimentaire ne s’est guère améliorée et la crise globale du capital va encore l’aggraver : elle ne vas pas seulement les toucher par la réduction des exportations de pétrole, de minerai ou autres avec une augmentation d’un chômage déjà élevé .mais aussi réduire les envois de fonds des immigrants qui seront les premiers touchés par les licenciements dans les pays industrialisés. En octobre 2008, 34 pays du monde connaissent encore une crise alimentaire dont 21 dans l’Afrique centrale de l’Est et 11 dans le sud-est asiatique Chine – *22/9/2008 – capitalisme sauvage : 43 morts dans l’incendie d’un night-club qui n’avait ni extincteurs ni sortie de secours. 35 morts et 35 disparus dans une nouvelle catastrophe minière dont la liste est déjà fort longue des martyrs des exploitations minières chinoises. *13/9/2008 – Shanxi –Un stockage de résidus miniers empilés sans précautions au dessus d’un village se déverse sur ce village à la suite de fortes pluies et engloutit au moins 150 personnes. Monde – *13/10/2008 – « champ à explorer est immense. Il n’est pas possible d’exclure .l’existence d’effets néfastes pour l’homme et l’environnement. Que deviendront les matériaux évacués avec les eaux usées ? Comment vieilliront-ils ? Impossibles à détecter dans les poussières qui nous entourent et que nous ingérons. ». 2nanoparticules sont déjà commercialisées depuis les pneumatiques, les jouets, les crèmes solaires y compris certains produits alimentaires. Si plus de 10000 travailleurs y sont directement exposés, c’est l’ensemble de l’humanité qui en subira tôt ou tard des conséquences dont personne ne sait ce qu’elles seront. *– septembre 2008 – Tous radioactifs. Des contrôles douaniers au nom de la lutte contre le terrorisme ont fait découvrir que des boutons d’appel d’ascenseurs étaient radioactifs car fabriqués avec des matériaux recyclés d’un mélange de ferraille contenant des matériaux d’origine nucléaire industrielle. Des filières mondialisées de tri pas sélectif. Afghanistan – *en 2008 le nombre des victimes civiles de la guerre atteint 1personnes 40% de plus qu’en 2007, 800 tués par les talibans, 577 par les troupes alliées dont 395 dans des bombardements aveugles. Monde : *un autre visage du syndicalisme dans les pays en développement. Aux Philippines en décembre 2006 un syndicaliste de l’équipementier Yuzuka est abattu par des hommes masqués. Le 10 mars 2007, c’est le tour du président du même syndicat de la même usine qui est abattu en pleine rue. Un évêque qui soutenait les travailleurs est poignardé dans son église. Aucune enquête n’a donné un résultat quelconque à ces assassinats. Le nouveau président du syndicat a déclaré : « continuons à réclamer le respect de nos droits, nous n’avons pas peur » Guatemala, *trois syndicalistes qui essayaient de s’impliquer dans la défense des travailleurs des plantations de banane (dont la marque bien connue Del Monte) ont été successivement assassinés respectivement en septembre 2007, mars et avril 2008.

LUTTES PAYSANNES POUR LA TERRE ET LA PROLETARISATION

Inde –* 8/10/2008 – Le développement capitaliste de l’Inde conduit, pour rattraper le « », notamment sur la Chine, à privilégier le développement industriel par la création, à l’instar de la Chine et d’autres pays asiatiques, de zones économiques spéciales, accapareuses de terres agricoles où les capitalistes nationaux et étrangers pourront exploiter la main-d’œuvre des dépossédés de leurs moyens d’existence ( on voit même des paysans séduits pour vendre leur terre nourricière par la promesse de devenir salariés des usines ainsi construites ou même d’être actionnaires des entreprises qui les exproprient). Le capital fait ainsi d’une pierre deux coups. Mais cela ne va pas sans problèmes. Le 3 octobre Tata, le conglomérat notamment de l’automobile a dû renoncer à s’implanter à Singur dans le Bengale occidental malgré l’appui du gouvernement provincial maoïste, cédant à une jacquerie de plus de 2paysans réclamant leurs terres. Ce n’est pas un cas isolé (voir précédents bulletins). On trouve des manifestations semblables dans l’État d’Uttar Pradesh. Nous avons déjà évoqué les émeutes paysannes de Nandigram dans le même Bengale Occidental en 2007 qui avaient contraint le groupe indonésien Salim à renoncer à s’implanter dans une telle zone spéciale. Le 13/8/2008, une marche de protestation des paysans à Noida (banlieue de Delhi) réclamant une plus forte indemnisation après la confiscation de leurs terres pour expansion industrielle, s’affrontent avec la police : des tués et des blessés. Brésil – *novembre 2008 –La course à l’indépendance énergétique avec la production d’éthanol à partir de la canne à sucre entraîne un processus infernal de prolétarisation avec l’appropriation des terres collectives des communautés indiennes pour en faire des ouvriers agricoles qui sont ensuite éliminés par l’utilisation intensive d’une extrême mécanisation. Dans l’Etat de Matto Grosso do Sul 13indigènes – indiens guaranis – ont été expulsés des forêts où ils vivaient autonomes par les plantations de soja et les éleveurs de bétail. Les 42survivants sont devenus des prolétaires surexploités dans les plantations de canne à sucre et les usines d’éthanol souvent distantes de centaines de kilomètres des campements surpeuplés où ils ont été relégués. Leurs conditions d’exploitation ont été telles qu’en 1999 a surgi un « du travailleur indigène » devant leur apporter une amélioration sensible des conditions de leur exploitation. Même si ce Pacte était allègrement violé, c’en était trop pour le profit capitaliste. En 2007, la société Louis Dreyfus Commodities Bioenegia , le 2ème plus gros producteur de sucre du Brésil a acheté une bonne part des sucreries existantes et installé un nouveau complexe sucre –éthanol avec un tel niveau de mécanisation que dans ce seul Etat – Matto Grosso do Sul –près de 12emplois ont été supprimés, éliminant les indiens dépossédés de leurs terres de l’esclavage salarié auquel ils avaient été réduits.

MONDIALISATION DE LA MANIPULATION

Iran – *octobre 2008 – Pour la première fois depuis la chute du shah , les petits bourgeois commerçants du bazar, soutiens du pouvoir des mollahs se sont mis en grève contre l’instauration d’une taxe de 3% sur leurs opérations. La baisse du prix du pétrole et le blocus économique crée une situation qui ne frappe plus seulement les prolétaires et les paysans. Monde – Disparition du prolétariat ? C’est ce que certains prétendent en ne considérant que les pays dits industrialisés. En octobre 2008 un rapport de l’International Labour Organisation dénombre un milliard d’ouvriers dans le monde qui forment 15% de l’emploi total dans les pays riches mais les 2/3 de l’emploi total dans les pays en développement d’Asie et d’Amérique Latrine. Entre 1990 et 2007, leur nombre s’est accru de 30% et parmi eux, la proportion d’emplois à temps partiel est resté stable à 16% du total. *22/10/2008 – Comparaisons : aux États-Unis , dans des villes comme New York, Washington, Atlanta ou La Nouvelle Orléans ont trouve des niveaux d’inégalité sociale similaire à celui d’Abidjan ( Côte d’Ivoire), Nairobi (Kenya ) ou Buenos Aires (Argentine)

Inde – *14/10/2008 – Dans les call centers ( centres d’appel) délocalisés notamment des pays anglo saxons, de jeunes indiens fascinés par le mode de vie occidental communiquent à longueur de journée ( ou plutôt de nuit en raison du décalage horaire) avec des clients notamment américains de firmes des USA, entraînés même à parler avec les accents locaux. Mais depuis quelque temps, la crise des subprimes et du crédit aux États-unis fait qu’on leur demande de plus en plus ; non de proposer aux clients d’acheter une chose ou une autre, mais de les menacer de reprendre leur bien s’ils ne paient pas leurs mensualités ; Un autre aspect du paradis américain déchire le voile de l’illusion, d’autant plus que qu’on leur enseigne dans des cours spécialement adaptés à être « énergique » et à ne pas se laisser émouvoir par des supplications. Une autre conséquence est dans leur travail même : en novembre 2008,le call center d’American Express licencie à cause de la crise aux États-unis,150 employés et réduit pour les restants les salaires et les primes de transport et de repas, et ce n’est qu’un exemple.

*Juillet 2008 – Commerce équitable – A Faridabad ( banlieue de Delhi ) une usine fabrique annuellement 200000 ventilateurs pour la multinationale de la distribution Wal’Mart avec des horaires de 12 à 12h30 par jour. Le jour du contrôle du respect des prescriptions légales, tous les travailleurs intérimaires sont priés de rester chez eux. Chine – *18.1.2008 – Alors que récemment le gouvernement chinois tentait, devant la montée des luttes, d’ouvrir timidement la porte par une réforme du contrat de travail et à des discussions vers une certaine représentation syndicale plus indépendante, les répercussions de la crise économique mondiale le contraignent à prendre des mesures en sens opposé. Il vient de demander aux gouvernements locaux de ne pas augmenter le salaire minimum et de réduire les cotisations maladie et accidents du travail ( en moyenne , les salaires avaient augmenté de 14% entre 2001 et 2006 et de 18,70% en 2007 ce qui avait augmenté les coûts de production et quelque peu obéré les exportations). Dans le même temps, le gouvernement a décidé des aides à l’industrie textile, principal moteur des exportations qui, pour le seul textile, ont diminué de 11% dans le premier semestre 2008), ( réductions d’impôt,aides directes, accès plus facile au crédit, soutien à la modernisation)

LES RETRAITES DANS LA TOURMENTE

Avec l’effondrement des bourses et du cours des titres de toutes sortes, toutes les retraites basées sur la capitalisation ou la répartition sont aujourd’hui à des degrés divers menacés par la crise. Quand le problème explosera comme dans certains pays, aucun Etat n’interviendra comme pour les banques pour sauver les retraites, pour la bonne et simple raison que, comme en Argentine les fonds de retraite sont nationalisées pour aider l’Etat à rembourser ses dettes. Les systèmes par capitalisation qui reposent sur des placements divers de l’argent des cotisations individuelles ou collectives salariés et employeurs se retrouvent dans des difficultés pour répondre à leurs obligations : servir aux retraités présents ou futurs les retraites qu’ils espéraient. Cette fois, c’est un problème collectif pour toutes ces caisses ou fonds de pension fonctionnant selon de système : aucune n’échappe à la faillite du système financier. Pourtant des cas individuels avaient souligné leur fragilité de ce système depuis l’anglais Maxwell, magnat britannique de la presse qui avait carrément puisé dans les fonds de la caisse de retraite des travailleurs de ses journaux jusqu’au fonds de retraite Enron, la multinationale du commerce de l’électricité aux États-unis qui avait contraint le fonds à n’acheter que ses actions lequel fut réduit à néant par la faillite du trust. Ceux qui pensaient aux États-unis notamment avoir la « » de par le contrat d’entreprise d’avoir des garanties retraite se trouvent à la même enseigne d’un doute sur l’avenir de leur retraite. Cela concerne aussi les « » de l’automobile qui, devant le fardeau de leurs engagements contractuels envers « » travailleurs, s’en sont déchargés auprès de caisses de retraite fonctionnant selon ce même système de capitalisation.

C’est encore tout récemment que le capital à la recherche de liquidités faisait pression sur les gouvernement européens, notamment français pour abandonner les systèmes de retraite différents essentiellement par répartition pour qu’au moins une partie soit convertie en un système de capitalisation. Pour le moment, ces projets ne sont plus à l’ordre du jour pour des raisons évidentes. Un peu partout toutes les caisses ou fonds par capitalisation annoncent des pertes record mais ils se gardent bien d’ébruiter les conséquences sur le respect de leurs engagements. Un des exemples récents sur le sort des fonds de pension concerne l’Argentine. En 1994, le gouvernement d’alors, adepte contrainte de l’économie libérale avait,dans la lancée des privatisations, adopté le système des fonds de retraite privés par capitalisation, la moitié des titres détenus l’étant en fonds d’État. A court d’argent, le gouvernement argentin actuel envisage de ponctionner les avoirs de ces fonds pour faire face aux échéances de la dette. Un aspect nouveau méconnu de la confiscation par l’État de l’argent des travailleurs. En France notamment, le système de retraite, régime général, régimes particuliers et régimes complémentaires fonctionnent en général suivant le système par répartition : en principe, les cotisations patronales et salarié servent d’abord au financement direct des retraites en cours. Pour pallier les incertitudes éventuelles dans le montant de ces recettes, toutes les caisses de retraite par répartition ont des réserves non pas en argent mais en titres, à l’instar des caisses par capitalisation. Et tout comme celles-ci, ces réserves fondent aussi au soleil de la crise mais cela on ne le crie pas trop sur les toits. Au contraire, on fait ressortir le fait que fonctionnant par répartition, les caisses de retraite, notamment en France seraient à l’abri des ravages de la crise financière. Cela n’est comme on vient de le voir seulement en partie vrai, mais c’est faux en ce qui concerne la crise économique. Car le système par répartition est étroitement lié à l’activité économique, tout comme la capitalisation mais d’une manière différente. Si l’activité économique se ralentit , mettant à la porte un nombre de plus en plus important de travailleurs, la masse des salaires va diminuer en conséquence et la masse des cotisations du même coup et cela au moment où le fonds de réserve s’est aussi amenuisé. De plus, les entreprises en faillite ne règleront jamais les arriérés de cotisations. Les retraités ne perdront peut être pas tout comme les cas extrêmes que nous avons cité, mais le montant des retraite risque d’en être affecté sérieusement et durablement. On peut d’ailleurs se demander sir les récentes mesures d’allongement « » de l’âge de la retraite tant pour les pilotes de ligne que pour les régimes général et complémentaire, ne vise pas à pallier pour le futur les conséquences de la crise dans ce domaine.

Il manque à ce numéro bien des textes sur des luttes : la grève de Boeing aux États-unis, la grève d’ouvrières chinoises en Roumanie, sur des mouvements divers de lutte en Chine, les conséquences du laminage des classes moyennes aux États-unis, sur les syndicats allemands face à la crise, sur la crise politique en Thaïlande et tant d’autres luttes. Peut-être tout cela sera abordé dans le prochain bulletin Pour recevoir individuellement ce bulletin, envoyer 6 enveloppes adressées et timbrées à 0,72 euros. Pour tout envoi en nombre donner juste l’adresse et la quantité requise. L’envoi se fait alors à nos frais. On souhaiterait que chacun notifie ses changements d’adresse et/ou signale s’il désire cesser de recevoir cet envoi. Aussi que des infos locales nous parviennent si possible déjà résumées selon ce qui figure dans le bulletin résumées

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