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Dans le monde, une classe en lutte septembre 2008

lundi 22 septembre 2008

UNE VAGUE REVENDICATIVE EUROPEENNE ?

Alors que depuis des années, le capital s’employait dans les pays industrialisés à tenter de réduire les coûts de production, non par des attaques frontales mais par une récupération de tout ce qui s’apparentait au salaire différé, une récupération difficile à contrer pour les travailleurs car habilement dosée pour que les réactions ne soient que catégorielles, divisées et finalement inefficaces. Parallèlement, tentant tant bien que mal de bloquer toute hausse des salaires. Les répercussions des hausses des matières premières, quelles qu’en soient les causes dont on peut discuter mais indéniables, ont fait que les hausses de prix des produits de consommation de base ont mis au premier plan ce que par euphémisme on appelle la « baisse du niveau de vie ». Les nécessités quotidiennes ont fait que les travailleurs sont contraints de se poser la question de leur rémunération Bien sûr, les conséquences sur leur vie quotidienne ne sont pas identiques : elles prennent beaucoup plus d’importance pour les prolétaires des couches sociales les plus défavorisées, qui n’ont aucune autre possibilité que de se restreindre sur les besoins élémentaire (nourriture, logement, chauffage habillement, santé). Les couches moyennes des prolétaires plus favorisées par le montant de leur salaire peuvent effectuer des transferts, rognant sur les accessoires, mais conservant à peu près l’essentiel de la survie du quotidien. En apparence d’une manière quelque peu paradoxale, ce sont ces couches moyennes prolétaires qui peuvent être le plus enclines à s’engager dans des luttes car elles ressentent cette atteinte à leur standing comme une dégradation humiliante dans ce qu’elles espéraient d’un système qu’elles pouvaient soutenir jusqu’alors. Par contre, les couches prolétaires les plus défavorisées, vivant déjà dans la précarité pouvaient ne voir dans leurs difficultés présentes qu’un épisode de plus dans leur précarité et, d’une certaine façon, elles étaient, par nécessité et par leur expériences antérieures, mieux armées pour faire face à la dégradation de leurs conditions d’existence. Ces circonstances, tout comme les positions sociales déterminent les formes des luttes. Globalement elles ne sont plus des luttes défensives contre des mesures spécifiques (depuis les licenciements pour délocalisation jusqu’à l’âge de la retraite des sociétés nationales) mais des luttes identiques tout simplement pour avoir plus d’argent d’abord dans la rémunération du travail. Comme toujours, ces formes de lutte sont déterminées par la position dans le système de production. : si l’on est salarié, que ce soit dans une entreprise privée ou un service public, quel que soit le statut, ce qui s’impose, c’est le recours classique à la grève. Si l’on n’est pas salarié et dépendant d’une forme ou d’une autre de salaire social, la protestation, la lutte peut prendre la forme de « tensions sociales » qui peuvent s’exprimer dans la participation à des manifestations diverses ou à des actions plus radicales comme les accès de révolte des banlieues n’en donnent qu’un exemple. Pour ceux qui sont salariés, les structures présentes du système d’exploitation et le cadre juridique qui en a découlé avec l’extension de la sous-traitance, la quasi-disparition des conventions collectives d’industrie, conditionnent les formes de la lutte. Pour tout le secteur privé, il n’y a plus de luttes globales mais tout un ensemble de conflits locaux individualisés dont le nombre et la récurrence amènent une réflexion sur le pouvoir des travailleurs et le rôle des syndicats ( avec la réforme de la représentativité syndicale au niveau de l’entreprise). Pour le secteur public, on retrouve en apparence la lutte de grandes collectivités ; mais là aussi, toute une politique de gestion des grandes unités divisées en sections autonomes pose le même type de problème de luttes que dans le secteur privé. Ces « tensions sociales » avec leurs différentes formes de lutte ne peuvent que s’accroître à mesure que se développe la crise économique. C’est pour y parer que se met en place tout un système visant à intégrer dans une précarité organisée tous ceux que la crise rejette de la permanence de l’exploitation. Une autre forme d’intégration des tensions sociales, quelles que soient les couches distinctes du prolétariat, c’est le rôle que peuvent jouer les oppositions syndicales et/ou politiques en renouvelant l’illusion qu’une politique nationale ou même européenne puisse pallier. à une crise économique mondiale (ce dont chacun peut être persuadé), Les tentatives de construire ces oppositions, que ce soit sous la forme de « Nouveau Parti Anticapitaliste » ou de « syndicats révolutionnaires » ne sont finalement que la même expression de cette intégration que le capital tente, avec l’organisation de la précarité, à l’autre bout de la domination du système d’exploitation. Restent les luttes que nous allons tenter de recenser pour quelques pays et qui contraignent souvent les patrons à céder tout simplement parce que la compétition aiguisée par la crise les oblige à maintenir la production. D’où une augmentation des coûts de production, (selon l’OCDE, le coût de l’unité de travail dans l’industrie européenne de 28 pays a augmenté de 0,50 % dans les trois premiers mois de 2008) situation à laquelle les entreprises avaient tenté d’échapper dans la période précédente. Pour maintenir la compétitivité, il n’existe que trois réponses : augmenter la productivité c’est-à-dire les conditions d’exploitation, licencier (c’est ce que projette Renault) ou augmenter les prix de la marchandise. Le problème ici n’est pas seulement posé au niveau de l’entreprise mais sur un plan global, national et européen d’abord en termes de balance économique, mais sur un plan mondial en termes de taux de profit. La liste qui suit n’est ni exhaustive ni complète, chacun peut la compléter

UNE VAGUE REVENDICATIVE EUROPEENNE ?

Alors que depuis des années, le capital s’employait dans les pays industrialisés à tenter de réduire les coûts de production, non par des attaques frontales mais par une récupération de tout ce qui s’apparentait au salaire différé, une récupération difficile à contrer pour les travailleurs car habilement dosée pour que les réactions ne soient que catégorielles, divisées et finalement inefficaces. Parallèlement, tentant tant bien que mal de bloquer toute hausse des salaires. Les répercussions des hausses des matières premières, quelles qu’en soient les causes dont on peut discuter mais indéniables, ont fait que les hausses de prix des produits de consommation de base ont mis au premier plan ce que par euphémisme on appelle la « baisse du niveau de vie ». Les nécessités quotidiennes ont fait que les travailleurs sont contraints de se poser la question de leur rémunération Bien sûr, les conséquences sur leur vie quotidienne ne sont pas identiques : elles prennent beaucoup plus d’importance pour les prolétaires des couches sociales les plus défavorisées, qui n’ont aucune autre possibilité que de se restreindre sur les besoins élémentaire (nourriture, logement, chauffage habillement, santé). Les couches moyennes des prolétaires plus favorisées par le montant de leur salaire peuvent effectuer des transferts, rognant sur les accessoires, mais conservant à peu près l’essentiel de la survie du quotidien. En apparence d’une manière quelque peu paradoxale, ce sont ces couches moyennes prolétaires qui peuvent être le plus enclines à s’engager dans des luttes car elles ressentent cette atteinte à leur standing comme une dégradation humiliante dans ce qu’elles espéraient d’un système qu’elles pouvaient soutenir jusqu’alors. Par contre, les couches prolétaires les plus défavorisées, vivant déjà dans la précarité pouvaient ne voir dans leurs difficultés présentes qu’un épisode de plus dans leur précarité et, d’une certaine façon, elles étaient, par nécessité et par leur expériences antérieures, mieux armées pour faire face à la dégradation de leurs conditions d’existence. Ces circonstances, tout comme les positions sociales déterminent les formes des luttes. Globalement elles ne sont plus des luttes défensives contre des mesures spécifiques (depuis les licenciements pour délocalisation jusqu’à l’âge de la retraite des sociétés nationales) mais des luttes identiques tout simplement pour avoir plus d’argent d’abord dans la rémunération du travail. Comme toujours, ces formes de lutte sont déterminées par la position dans le système de production. : si l’on est salarié, que ce soit dans une entreprise privée ou un service public, quel que soit le statut, ce qui s’impose, c’est le recours classique à la grève. Si l’on n’est pas salarié et dépendant d’une forme ou d’une autre de salaire social, la protestation, la lutte peut prendre la forme de « tensions sociales » qui peuvent s’exprimer dans la participation à des manifestations diverses ou à des actions plus radicales comme les accès de révolte des banlieues n’en donnent qu’un exemple. Pour ceux qui sont salariés, les structures présentes du système d’exploitation et le cadre juridique qui en a découlé avec l’extension de la sous-traitance, la quasi-disparition des conventions collectives d’industrie, conditionnent les formes de la lutte. Pour tout le secteur privé, il n’y a plus de luttes globales mais tout un ensemble de conflits locaux individualisés dont le nombre et la récurrence amènent une réflexion sur le pouvoir des travailleurs et le rôle des syndicats ( avec la réforme de la représentativité syndicale au niveau de l’entreprise). Pour le secteur public, on retrouve en apparence la lutte de grandes collectivités ; mais là aussi, toute une politique de gestion des grandes unités divisées en sections autonomes pose le même type de problème de luttes que dans le secteur privé. Ces « tensions sociales » avec leurs différentes formes de lutte ne peuvent que s’accroître à mesure que se développe la crise économique. C’est pour y parer que se met en place tout un système visant à intégrer dans une précarité organisée tous ceux que la crise rejette de la permanence de l’exploitation. Une autre forme d’intégration des tensions sociales, quelles que soient les couches distinctes du prolétariat, c’est le rôle que peuvent jouer les oppositions syndicales et/ou politiques en renouvelant l’illusion qu’une politique nationale ou même européenne puisse pallier. à une crise économique mondiale (ce dont chacun peut être persuadé), Les tentatives de construire ces oppositions, que ce soit sous la forme de « Nouveau Parti Anticapitaliste » ou de « syndicats révolutionnaires » ne sont finalement que la même expression de cette intégration que le capital tente, avec l’organisation de la précarité, à l’autre bout de la domination du système d’exploitation. Restent les luttes que nous allons tenter de recenser pour quelques pays et qui contraignent souvent les patrons à céder tout simplement parce que la compétition aiguisée par la crise les oblige à maintenir la production. D’où une augmentation des coûts de production, (selon l’OCDE, le coût de l’unité de travail dans l’industrie européenne de 28 pays a augmenté de 0,50 % dans les trois premiers mois de 2008) situation à laquelle les entreprises avaient tenté d’échapper dans la période précédente. Pour maintenir la compétitivité, il n’existe que trois réponses : augmenter la productivité c’est-à-dire les conditions d’exploitation, licencier (c’est ce que projette Renault) ou augmenter les prix de la marchandise. Le problème ici n’est pas seulement posé au niveau de l’entreprise mais sur un plan global, national et européen d’abord en termes de balance économique, mais sur un plan mondial en termes de taux de profit. La liste qui suit n’est ni exhaustive ni complète, chacun peut la compléter

Allemagne

Sous la pression de la base, le gouvernement étend l’application d’un salarie minimum (dans le bâtiment, le nettoyage et les secteurs dépourvus de conventions collectives, ceci malgré une forte opposition du patronat) qui avait commencé à être appliqué par Deutsche Post et les syndicats ne peuvent que poser des revendications de salaires pour faire face à une inflation de 3, 3% en juin. Les agents de conduite ont par leur longue action obtenu 11% (voir précédents bulletins) Après 124 mois d’actions diverses, les travailleurs du commerce de détail ont obtenu 3%. Dans le premier semestre 2008, plus de 900 000 travailleurs ont participé à des grèves d’avertissement pour les salaires ; 27/7/2008 – A l’appel du syndicat du secteur public Ver di les travailleurs de la compagnie aérienne Lufthansa (13 500 volants, 34 000 rampants) après un vote de la grève à 90% (contesté) du personnel au sol, une grève pour les salaires (revendication 9,8% sur 12 mois, offre 6,7% sur 21 mois). pour le lundi 28/7 est annulée au dernier moment Une première grève d’avertissement de 36 heures de pilotes de sous-traitants (Eurowing et Cityline) avait entraîné l’annulation de 900 vols intérieurs. La grève prévue pour prendre de l’ampleur graduellement ne touchant au départ que les aéroports de Francfort et de Hambourg. L’accord de fin de grève prévoit une augmentation de 7,4% sur 21 mois mais 14 000 pilotes refusent cet accord. La situation est plus complexe en raison de la présence d’un syndicat catégoriel des stewards qui a obtenu une convention collective distincte en 2005 (on peut rapprocher cette situation de celle des agents de conduite de la Deutsche Bahn (voir précédents bulletins)

Belgique (voir bulletin de mars 2008)

19/2/2008) – grève spontanée de 103 travailleurs dans une unité d’Aldi Roulers groupe de distribution avec 7600 filiales dont 400 en Belgique. Pour les salaires. Fin mars 2008, un mouvement de grève débute dans une centrale thermique d’Electrabel, le trust belge de l’électricité pour les salaires et s’étend à tous les autres secteurs de la firme, prenant des formes diverses 14/5/2008 – 200 travailleurs de l’hôpital de Berchem occupent l’hôpital menacé de fermeture et séquestrent la direction. 18/6/2008 – Une filiale d’Arcelor Mittal, Tailored Blaks (pièces détachées pour l’automobile) à Liège après deux jours de grève pour un alignement des salaires sur ceux de la maison mère obtient une prime de 900 euros et l’ouverture de négociations. 12/6/2008 – série de manifestations syndicales contre l’augmentation du prix de l’énergie ; des dizaines de milliers de manifestants dans toutes les villes du pays. 25/4/2008 – brasserie Intev : 3 jours de grève obtiennent une augmentation de 30 euros

France

1/2/2008 – usine de camions Renault Trucks à Blainville près de Caen ; 450 travailleurs débraient pour les salaires 3/2/2008 – Hérouville (Normandie) Benoist-Girard – 300 travailleurs, après 4 jours de grève et le blocage de l’usine obtiennent 3% d’augmentation
- 13/2/2008 – Ciments Calcia à Ranville (Calvados) près de Caen, après une semaine de débrayage le direction cède 2,7 %
- 24/2/2008 – hypermarché Leclerc de Caen première grève depuis 29 ans de 260 travailleurs pour les salaires.
- 4/3/2008 – onze chauffeurs d’une entreprise de livraison de gaz de Vire (Calvados) sont en grève pour les salaires 9/3/2008 – Mondeville (Caen) 600 travailleurs de Valeo (sous-traitant de l’automobile) bloquent les entrées de l’usine pour les salaires, la direction ne proposant que 2,1%

Afrique du Sud

7/8/2008 – « Eat the rich », c’est un des slogans lus dans les grèves et manifestations (monstres regroupant plusieurs millions de travailleurs) d’une journée appelée par le syndicat COSATU sous la pression de la base contre les hausses de prix (entre autres le prix de l’électricité a augmenté de 27,5 %). Grève largement suivie qui paralyse tout le pays. Avec la promesse de recommencer en septembre si rien n’est fait. Les problèmes de salaire et de niveau de vie sont encore plus complexes dans le fait que, par vétusté et manque d’investissements, le réseau électrique est si obsolète que cela entraîne des coupures d’électricité et des réduction d’activité d’où des réduction des salaires qui ont atteint, en 2008, 4,5 %

Russie

– du 27 mars au 4 avril une centaine de mineurs de la mine de bauxite Petit Chaperon Rouge (North Ural Bauxite, filiale du trust RusAl) font la grève au fond pour les salaires et obtiennent l’ouverture de négociations.

Roumanie

– 17/7/2008 – Après la grève de Dacia Renault et à Arcelor-Mittal (voir bulletin de juin 2008), une nouvelle grève le 17 juillet touche les dockers du port de Constantsa sur la Mer Noire au terminal de conteneurs Agigea Sud qui assure 85% du trafic de conteneurs de Roumanie, Ils revendiquent une augmentation mensuelle de 200 euros, (salaire actuel 400 euros et on leur en propose 500). une prime d’ancienneté, une majoration des heures supplémentaires et un aménagement des horaires. La grève a été organisée par deux syndicats affiliés au syndicat national des dockers FNSP sous la pression de la base. Les dockers travaillent par équipes de 12 heures, jour ou nuit et lorsqu’ils sont au repos ils peuvent être appelés à tous moment étant dans l’obligation d’être constamment joints par portable (s’ils ne répondent pas ils sont considérés comme absents sans motif, 3 d’entre eux ont été licenciés pour ce motif). Des négociations traînant depuis le 5 mai ont été reprises mais à 12 km du port d’où les porte-conteneurs sont déroutés sur l’Ukraine

Grande-Bretagne

- 29/7/2008 – Pour tenter de faire face à la montée des revendications, la confédération des Trade Union a présenté au ministre travailliste et au Labour (parti travailliste) 131 revendications (dont l’abolition de l’interdiction des piquets secondaires, l’ouverture de discussions sur les salaires du secteur public, l’imposition des plus hauts revenus…) qui ont toutes été rejetées par le premier ministre, à la satisfaction du patronat
- 27/8/2008 – 1 000 travailleurs de l’entretien du métro de Londres en grève 72 heures pour les salaires et menacent de recommencer.
- Mai 2008 - 2 jours de grève à la raffinerie de Grangement
- Fin juin - 640 chauffeurs de distribution des carburants de Shell mènent 4 jours de grève pour les salaires. Au même moment 12 000 cheminots de l’entretien de Network Rail en grève une journée pour salaires et conditions de travail
- 16/7/2008 - 650 000 agents des collectivités locales (éboueurs, nettoyage, enseignants, hospitaliers) en grève deux jours pour une hausse des salaires compensant l’augmentation de 10% du prix des denrées alimentaires de base (l’inflation « reconnue » étant évaluée à 3,8 % sur un an).
- 17/7/2008 - 24h de grève aux magasins de vente par correspondante Argos
- 4 jours de grève aux aciéries Brow Steels dans le West Midlands
- Plus de 7 grèves locales dans les sociétés de transports de Londres
- Le 29/8, après avoir rejeté une offre de 3,,5 %, 2 500 chauffeurs de bus de la firme First Group bloquent avec des piquets tout les transports de surface dans l’est et l’ouest de Londres. Ils menacent de recommencer pour 48 heures le 12 septembre. D’autres grèves ont été votées récemment par les travailleurs des autres compagnies privées de bus londoniens

Danemark -

- avril 2008 – 12 000 infirmières en grève pour les salaires

Suède –
- avril 2008 – grèves tournantes de 3 500 infirmières pour les salaires.

CHINE

Jeux Olympiques, Tibet, droits de l’homme, tout le délire merdique des médias y a passé durant les mois d’été. Bien peu sur l’exploitation des prolétaires chinois par les mêmes capitalistes qui tissent la morale des pays dits démocratiques. Les prolétaires, aussi les paysans, aussi toutes les victimes d’injustices trop criantes ont continué à se battre comme toujours, mais ça n’a guère défrayé la chronique. Pourtant, le Journal du Peuple, organe quasi officiel du Parti a reconnu récemment que les conflits du travail ont continuellement augmenté dans les années récentes. En mai 2008, l’inflation aurait atteint 8,5 % touchant principalement les produits alimentaires de base (22%) dont la viande (47%)
- 22/8/2008 – 5 000 travailleurs d’une usine de portables à Shenzhen près de Hong Kong en grève contre un projet d’accroître les horaires de travail sans augmentation de salaire
- 22/8/2008 – dans la province de Hubei 600 mineurs sont en grève dans une mine privée de charbon contre des réductions de salaire
- Avril 2008 – Des intellectuels ont lancé en décembre 2007 un réseau de résistance contre les exactions des gouverneurs de province et des promoteurs immobiliers qui détournent les terres agricoles (la Chine compte encore 750 millions de paysans). Plus des ¾ de ces opérations sont entachées de corruption et les expulsions irrégulières entraient souvent des conflits. Dans le Shaanxi, 70 000 paysans se battent en vain depuis 10 ans pour récupérer 120 000 hectares de terres confisquées de cette façon, les recours légaux entraînant une répression et victimisation des autorités locales

LES CRIMES DU CAPITAL

Monde -24/7/2008 – Un milliard d’habitants sur la terre vivent avec moins d’un dollar par jour : ce qu’on pouvait acheter avec ça a été soudainement divisé par 2 avec l’envolée du prix des denrées alimentaires de base Sans doute pour les besoins des affaires et savoir comment procéder dans tel ou tel pays, des sondages ont établi une échelle de corruption de 1 à 10 depuis les pays les moins corrompus (1) aux plus corrompus (10). Les ¾ des nations sont dans le haut de l’échelle, et ils comptent également parmi ceux dont le revenu par tête est le plus bas. Les pays industrialisés se situent dans la bonne moyenne. On doit dire que toutes les nations quelles qu’elles soient s’en accommodent et y trouvent même éventuellement un intérêt car la corruption est une des bases du fonctionnement du système basé sur la compétition. L’essentiel est de savoir où l’on met les pieds d’où l’utilité de telles études tout comme du Bottin Mondain. En 10 ans, les dépenses militaires mondiales ont progressé de 45% alimentant 14 conflits armés, et 61 opérations de « maintien de la paix ». Après l’amiante et autres produits nocifs assiste-t-on à un nouvel assaut des technologies sur la santé de tout un chacun. Insidieusement, les nanotechnologies pénètrent dans le quotidien. Tout aussi insidieusement les risques sanitaires commencent à se pointer dans une intox qui rappelle celle centenaire de l’amiante. Un groupe de travail du CNRS en donne la mesure en déclarant : « L’existence de dangers potentiels pour l’homme et l’environnement liés à la toxicité, l’écotoxicité et au risque d’explosion ne peuvent être écartés ».

Inde

- 21/8/2008 – Délocalisation par les labos pharmaceutiques des centres d’expérimentation des nouveaux médicaments Sur 4 142 bébés indiens cobayes, 49 sont morts depuis le 1/1/2008 suite à des tests cliniques des labos étrangers dont Novartis et Roche. Les cobayes humains indiens coûtent de 20 à 60% de moins que leurs homologues européens et les candidats poussés par la misère ne manquent pas. Le gouvernement indien a même donné l’autorisation de tester les médicaments sur des patients avant même que leur innocuité soit démontrée par des expériences sur des animaux.

France

– 19/8/2008 - Les coûts de production augmentant dans tous les domaines, les entreprises tentent de bloquer les salaires et de rogner sur toutes les dépenses accessoires de la production, notamment sur l’entretien et la sécurité. La grande presse s’est fait l’écho de restrictions mondiales quant à l’entretien des avions et à l’approvisionnement en carburant pour chaque vol. Moins spectaculaire est l’abandon des mesures de sécurité dans le BTP. Rien quez pour la Haute-Garonne, alors que le nombre annuel des tués est passé de 361 à 158 de 1996 à 2006, dans la même période, le nombre d’accidents ayant entraîné une incapacité de travail est passé de 1760 à 9 500. Le BTP, à lui seul collectionne 30% du total des accidents mortels alors que ses effectifs ne forment que 8,4% de la population active.
- avril 2008 – Martignac (Haute-Garonne) vit au rythme des pollutions. L’usine canadienne de recyclage Thermo Magnésium France pour la récupération du Tungstène fonctionne à effectif réduit suite à des protestations sur la sécurité ayant entraîné des licenciement et comme usine d’incinération déversant des pollutions diverses dans cette vallée pyrénéenne. Le patron a toujours trouvé jusqu’à présent toutes les astuces juridiques possibles pour échapper aux sanctions et continuer cette même activité de nuisances.

Chine

- juin 2008 – Gold Peak Industry est une multinationale de Hong Kong qui exploite des usines de piles et de batteries dans ses usines de Shenzhen et de Guizhou. Là, 400 travailleurs intoxiqués gravement pour avoir manipulé sans aucune sécurité des produits toxiques dont le cadmium. Depuis 2004, ils attaquent la firme pour obtenir une indemnisation des conséquences de ces empoisonnements. : proposition d’indemnisation contre une démission, assistance financière très insuffisante pour les intoxiqués. En juin 2006 trois organisations de défense sont poursuivies pour diffamation. Toutes les analyses pour établir la matérialité des intoxications sont falsifiées par le biais de corruption.

CRISE ET LICENCIEMENTS

Il y a une mutation dans la cause des licenciements qui étaient encore il y a peu (voir les précédents bulletins) la conséquence des délocalisations et des restructurations autour de ces transferts de production vers la pays à bas coût de la force de travail. Ce qui vient sur le devant de la scène, ce sont les licenciements pour faillite des entreprise ou ralentissement d’activité due à la crise. Tous les secteurs sont touchés depuis l’industrie jusqu’aux services. La liste en est fort longue et mondiale et ce n’est qu’un début. La lutte pour tenter de grappiller des indemnités est encore plus difficile que lors des délocalisations. On a tenté de classer ce que l’on en sait par secteur, mais, habituellement, les médias ne parlent que des plus gros paquets de travailleurs jetés dans le chômage pas de la foule des petites boîtes (sous-traitants ou autres) qui subissent le crise de plein fouet.. Cette liste n’est pas exhaustive et omet les luttes dans tout le sud européen. A chacun de compléter ou de transmettre des informations.

Compagnies aériennes :-14/5/2008-SAS (Scandinavie) (25 000 travailleurs) réduit sa flotte et supprime 500 emplois en sus de 2 000 supprimés antérieurement
- 11/7/2008 – Northwest Airlines (210 000 travailleurs) licencie 2 500 après une réduction de 10% de ses vols intérieurs aux Etats-Unis Automobile :
- 6/8/2008 Toyota (Japon), suite à la chute de la vente de certains modèles licencie 800 travailleurs
- 31/8/2008—General Motors veut céder son usine de Strasbourg (boîtes de vitesse)/ Des licenciements menaceraient alors les 1 250 travailleurs
- Début septembre 2008—Renault envisage de supprimer 4 000 postes en France ( éventuellement 1 000 supplémentaires) par des départs volontaires (ce qui implique aussi des licenciements chez les sous-traitants) Finance
- 25/6/2008 – 80 000 licenciements dans le monde dans les établissements financiers (toutes activités touchées, titrisation, conseils, experts en fusions, etc.…) y compris dans les places fortes de la finance Wall Street ou la City : 10% du personnel, chez Goldman Sachs, 6 500 dans le City Group en plus de 9 000 licenciés fin mars
- 11/7/2008 – Novartis : 80 licenciements hors de France
- juin 2008 - Les Assurances Générales de France, contrôlé par le trust assurance-banque allemand Allianz veut licencier avec fermeture des centres de Reims, Nice, Grenoble et Montpellier avec transfert sur d’autres centres. Des mouvements divers de protestation.

Automobile
- Etats- Unis – 28/5/2008 : American Axle (sous-traitant principalement de General Motors) après trois mois de grève, un nouveau contrat signé par le syndicat UAW est approuvé à une faible majorité entérine le licenciement de 2 000 travailleurs sur 4 500 et une réduction drastique des salaires de près de moitié. Cette réduction d’activité aux USA s’accompagne d’une délocalisation au Mexique où le salaire quotidien est environ le salaire horaire des Etats-Unis
- France – 6/6/2008 – Bosch ( sous- traitant de l’automobile)ferme son usine de Beauvais (Oise) licenciant 240 travailleurs bien que ceux-ci aient accepté de travailler plus en gagnant moins ( suopression de 12 jours de RTT et gel des salaires)

Chimie France – Saint-Gobain supprime 6 000 postes dans ses usines hors France en sus de 3 000 en 2007 fermant 14 usines aux Etats-Unis en 2007 et 5 en 2008 en Grande-Bretagne et en Espagne Electronique et construction électrique - Allemagne – 10/7/2008 – Siemens (400 000 travailleurs dont 170 000 en Allemagne et 12 000 en France) supprime 16 750 emplois dont 6 400 en Allemagne surtout dans l’administration et la gestion Construction aérienne
- 11/8/2008 – Brésil – Embraser supprime 250 emplois (cadres et gestion)( nous parlerons dans un prochain bulletin de la grève qui vient de débuter chez Boeing) Industries alimentaires France – 23/7/2008 – L’industriel Doux (troisième producteur mondial d’abattage et de conditionnement de volailles), rattrapé par la mondialisation délocalise (notamment au Brésil, aux salai res de 200 euros mensuels), ferme et licencie : 650 emplois supprimés principalement en Bretagne

Distribution Grande-Bretagne - 17/7/2008 – Wolsley, chaîne de distribution de matériel de chauffage et plomberie licencie 6 000 travailleurs sur 75 000 ayant déjà supprimé 10 000 emplois en 24 mois.

Textile – Indonésie – 25/4/2008 – en novembre 2006, 6129 travailleurs de PTS Spitee et 4 500 de PT Dong Joe, sous-traitants de Reebok et Adidas sont mis à la rue, sans indemnités et derniers salaries im payés suite à la baisse des ventes des donneurs d’ordre et leur chantage à la baise des coûts auprès des sous-traitants. Pourtant par exemple Dong Joe avait exploité les travailleurs jusqu’à 19 h par jour pour exécuter une commande de 400 000 chaussures pour Adidas Divers France – 20/6/2008 – Le trust britannique du tabac Imperial Tobacco, repreneur de l’espagnol Altadis, acquéreur de la SEITA, licencie 2 000 emplois en Europe dont 1 100 en France, fermant les usines de Metz et Strasbourg Grande-Bretagne – 25/8/2008 – Dans les trois derniers mois, plus de 60 000 travailleurs ont été licenciés dans l’industrie et le nombre de chômeurs est passé de 1,67 millions à 2 millions. Les secteurs les plus touchés outre l’industrie sont le bâtiment et la finance

ACTIVITES SYNDICALES

Belgique -18/6/2008 – Pour tenter d’endiguer les conflits locaux, les chemins de fer belges SNCB ont conclu un accord avec les syndicats CSC et FGTB pour limiter les grèves. Seules les instances nationales de ces syndicats pourront lancer un ordre de grève avec un préavis de 10 jours ce qui déclenchera la désignation d’un médiateur social. Aucune action sauvage ne pourra être étendue d’un dépôt à un autre ou d’une catégorie à une autre ; tout contrevenant sera déclaré en « absence illégale » tout comme pour toute grève déclenchée sans préavis. Allemagne – 27/7/2008 – Alors que le syndicat Ver di se lance dans la grève avec Lufthansa, le président du syndicat s’envole en vacances, voyage payé par la compagnie aérienne.

France – le 20/10/2007 , dans une fête de village, un ouvrier de l’usine d’eau minérale Perrier, trésorier du comité d’entreprise, casse la gueule d’un cadre (apparemment pour une histoire de fille). Le syndicat des cadres s’empare de l’affaire purement privée et obtient de la direction le licenciement du « coupable ». Licenciement refusé par l’inspecteur du travail local mais autorisé par le ministre de tutelle. Ce qui déclenche le 28/7 2008 une grève d’une semaine, l’annulation de la décision ministérielle par le tribunal administratif et la réintégration du trésorier en attendant qu’une solution diplomatique soit trouvée.
- Juillet-août 2008 Deux usines de pneumatiques dans la même ville Amiens, de la même multinationale Goodyear ayant repris les usines Dunlop. Une restructuration concerne les deux usines avec une réorganisation totale des conditions de travail, dont le passage aux 4x8 qui bouleverse la vie des travailleurs. Un vote commun aux deux usines rejette la proposition patronale à 64% malgré le chantage à un licenciement massif si le nouvel horaire n’est pas accepté. Dans l’une de ces usines – Amiens Sud – 1000 travailleurs, malgré le vote de rejet, le syndicat CGT signe l’acceptation du projet qui devient effectif dans cette usine. La Fédération Chimie nationale démet bureaucratiquement les délégués syndicaux CGT de l’usine. Dans l’autre usine Amiens Nord (1450 travailleurs), 95% des travailleurs postés sont en grève depuis le 4 juillet, mais un jugement du tribunal le 8 juillet ordonne la levée du blocage de l’usine sous menace en cas d’infraction d’une pénalité de 2 000 euros par personne et par infraction constatée. Les CRS veillent à l’application du jugement. Les syndicats CGT (majoritaire), SUD, FO et CFDT refusent de signer mais la CFTC et la CGC signent. Finalement, dans cette dernière usine, 402 travailleurs seront licenciés dont 26 délégués CGT.
- 27/6/2008 – Défense juridique et plans sociaux – Le propriétaire suisse d’Aubade à St-Savin (Vienne) (lingerie féminine) a fermé l’usine il y a plus d’un an en délocalisant en Tunisie (salaire 200 euros mensuels contre 1 000 en France pour 9 h quotidiens, 48 heures hebdomadaires) La cellule de reclassement est dissoute le 27/6. Seulement 48% des 124 ouvrières ont trouvé des solutions diverses plus ou moins bâtardes. 29/7/2008 – Personne ne pense sérieusement à dévoiler le dessous des cartes dans la distribution de pots-de-vin par l’UIMM aux syndicats et/ou syndicalistes ( voir bulletin de mars 2008) Un des ex-dirigeants du syndicat patronal de la métallurgie a pourtant craqué en avouant des distribution en espèces, tant à la CGT qu’à la CFDT, FO et la CFTC, sous des formes diverses renouvelant la politique suivie avant la dernière guerre par le célèbre Comité des Forges, syndicat patronal tout puissant de la sidérurgie. Etats-Unis – 19/5/2008 –Les grèves des « janitors » (travailleurs d’entretien, de gardiennage et de services de toutes sortes d’immeubles de bureaux d’hôtels, etc principalement latinos) avaient dans les années écoulées eut un grand retentissement car elles exprimaient une montée revendicative de prolétaires particulièrement exploités et jusqu’alors complètement laissés de côté par le mouvement syndical américain. Suite à ces luttes un syndicat des services SEIU (Service Employees International Union) s’était constitué et avait acquis assez d’importance pour poser au sein de la confédération AFL-CIO des questions de pouvoir qui avaient initié une scission dans cette confédération (voir précédents bulletins). Ce même syndicat grandi à travers ces luttes, plus ou moins sauvages à l’origine, vient de signer avec des grands groupes de services du secteur -Aramark (300 000 travailleurs) et Sodexho Compass Group un contrat collectif renonçant à lancer des grèves, à faire des critiques du management, et à mettre des piquets informatifs sur le lieu de travail. Finalement, en vertu de ces accords, les travailleurs ont moins de droits que lorsqu’il n’étaient pas embrigadés dans un syndicat. Cette évolution est particulièrement significative de la situation du mouvement syndical aux Etats-Unis. Chine – 25/7/2008 – La multinationale de la distribution Wal-Mart est réputée pour faire la chasse aux syndicats et à toute représentation syndicale dans ses nombreux établissements sur le territoire américain. Il n’en est pas de même en Chine où, pour pouvoir y établir des hypermarchés, le trust a dû composer avec le Parti Communiste et accepter la participation du syndicat officiel, l’A C F T U ; Un accord collectif vient d’être signé avec ce syndicat dans deux villes chinoises dont Shenyang et dans le Guangzhou qui fixe notamment les salaires. Cette participation syndicale offre toute garantie puisque la grève déclenchée hors ce syndicat est illégale et que toute autre formation syndicale est interdite et réprimée

ARGENTINE

- Juin 2008 – Le mouvement des exploitants agricoles (mêlant d’une façon très ambiguë l’oligarchie terrienne et les petits fermiers) a réussi à faire annuler le projet de taxes à l’exportation des produits agricoles qui était présentée comme permettant une redistribution des revenus au profit de la santé et des infrastructures routières.
- 6/9/2008 – De nouveau (une semblable émeute en 2005) une révolte des usagers des trains dans la banlieue de Buenos-Aires s’exprime par sabotage, vandalisme et incendie de wagons. Il est difficile de situer l’origine et le développement de cette révolte causée par l’état du réseau ferroviaire et les multiples retards qu’il occasionne. Les manifestants ont dû être dispersés par l’armée, la police locale s’étant avérée impuissante à endiguer l’extension de cette révolte le long de la ligne concernée.

EMEUTES

Les émeutes sont des manifestations de la lutte de classe qui peuvent avoir des causes diverses bien qu’elles puissent trouver une même cause commune dans l’aggravation des conditions de vie et/ou d’exploitation du travail. Suivant les couches sociales touchées, elles peuvent prendre des traits différents mais globalement elles sont l’attaque de prolétaires ou ex ou futurs prolétaires qui n’ont pas d’autres moyens de se faire entendre que l’action violente, s’attaquent à ce qui est à leur portée. Dans nombre de cas, elles peuvent être manipulées ou utilisées par des oppositions politiques contre le pouvoir en place, caractère qu’elles sont inévitablement intrinsèquement par leur existence même indépendamment de toute exploitation politique par des organisation politiques et/ou syndicales. Pour illustrer les émeutes de la faim dues pour partie à l’envolée du prix des denrées alimentaires, voici la part du revenu familial consacré seulement à la nourriture dans certains ^pays :Etats-Unis – 10%, Brésil 30%, Chine 30%, Kenya 50%, Bangladesh 65%

France – 24/6/2008 – Une révolte des 250 immigrés sans papiers en instance d’expulsion dans le centre de rétention de Vincennes réduit en cendres le centre qui doit être totalement évacué. Des incidents de moindre ampleur marquent le surpeuplement d’un autre centre dans la banlieue de Paris au Mesnil-Amelot. 20/21 /6 2008 – Lors du rassemblement de 5 000 lycéens fêtant la fin du baccalauréat sur le Champ-de-Mars, au centre de Paris des groupes de 250 à 300 jeunes troublent la fête et se répandent ensuite dans une rue du 15ème arrondissement vandalisant tous les commerces. Le maire de Paris, socialiste fait chorus avec le pouvoir exigeant « la plus grande fermeté » contre ceux qui perturbent l’ordre social. 14/6/2008 –Vitry-le-François (petite ville de la Marne) Suite au meurtre d’un des leurs, des groupes de jeunes saccagent le centre ville et brûlent 60 voitures. Mongolie – 1/7/2008 – Suite à des élections contestées à cause de fraudes en fait expression de tensions sociales, des émeutes éclatent dans la capitale Oulan-Bator avec pillage et incendie des bâtiments officiels. La déclaration de l’état d’urgence masque mal la violence des affrontements : 5 tués, 329 blessés dont 108 flics. Bangladesh – Les émeutes consécutives à des grèves sont souvent déclenchées par l’intervention de la police qui tente de disperser les travailleurs qui, luttant pour les salaires, sortent de l’usine et bloquent les axes routiers et ferroviaires. (voir précédents bulletins). Dans les zones économiques spéciales (EPZ), une interdiction des grèves expire le 31/10/2008 ; mais des projets prévoient de la prolonger jusqu’au 31/10/2010. Ce règlement permet de licencier sans indemnité tout travailleur considéré comme responsable des « troubles sociaux ». Interdictions et répressions ne réussissent pas à endiguer la persistance de luttes pour les salaires qui toutes se terminent par l’invasion des usines, leur saccage et/ou leur incendie Le 20/8, on recense depuis le début de l’année 200 usines ainsi attaquées pour des questions de salaires

Tunisie – (voir bulletin de juin 2008) – 22/6/2008 – Suite aux émeutes dans cette région minière (mines de phosphate de Gafsa, taux de chômage 30%) et à leur répression (un mort, 22 blessés), des animateurs du mouvement de résistance ont été arrêtés, d’autres militants sont kidnappés et tous rassemblement est interdit et dispersé par la police et l’armée. Le gouvernement tout en maintenant la répression annonce un « plan d’aide » le 19/7.

Pérou _ 18/6/2008 – Pour obtenir une répartition plus équitable des taxes payées par la compagnie exploitant une mine de cuivre de la région andine, une manifestation dans la ville de Moquegna se termine par la prise en otage d’un général et de 65 policiers qui sont enfermés dans la cathédrale. Tout un symbole 25/8/2008 - Grèves et barrages routiers des 14 000 membres des communautés indiennes des Andes depuis le 20/8 ont fait annuler les décrets facilitant les investissements privés sur les territoires communautaires qui était en fait une éviction de la propriété collective.

Inde –31/8/2008—Les tensions sociales déviées sur des insurrections religieuses. Dans l’état d’Orissa ( côte est de l’Inde), l’assassinat d’un dignitaire hindou , apôtre des conversions forcées déclenche de violentes émeutes anti-chrétiennes dans toute la province. ; Plus de 500 millions d’habitants subsistent avec moins de 2 dollars (1,50 euro) par jour. Une grève le 20/8 d’une journée organisée par les syndicats, largement suivie contre les privatisation et lpour des hausses de salaires n’atténue guère la tension sociale qui est déviées sur des problèmes locaux ethniques ou religieux.

Thaïlande—31/8/2008— A cause de la crise économique et des hausses de prix situation confuse et climat insurrectionnel dans la capitale Bangkok avec d’incessantes manifestations, des grèves (chemins de fer, aéroports), des attaques et occupations de bâtiments officiels

IMMIGRATION –ESCLAVAGE

Bangladesh – Le rêve doré de l’exode en Malaisie tourne le plus souvent au cauchemar. Pour avoir un contrat de trois ans, les candidats migrants doivent emprunter, souvent vendre leur peu de terre pour trouver des conditions primitives d’exploitation qui leur laisse souvent tout juste de quoi payer les intérêts des emprunts. En octobre 2007, 800 travailleurs de 4 usines textiles de Malaisie manifestent contre les méthodes de la police (jusqu’à la torture) contre tout immigré qui tente par des actions diverses de changer quelque peu ses conditions d’exploitation. La répression utilisant tous moyens de pression possibles. les contraint à reprendre le travail. Les conditions sont tellement insoutenables qu’on assiste à un mouvement de retour vers le pays d’origine. La corruption qui accompagne ce commerce d’esclaves atteint les plus hauts sommets politiques : 4 337 immigrants du Bangladesh ont ainsi « bénéficié » de visas délivrés collectivement par un ministre malais à des négriers modernes contre des pots-de-vin payés par les candidats à l’immigration. France – 13/8/2008 – Une entreprise du bâtiment SBTP Méditerranée recrute par un négrier Euromark, des travailleurs polonais qui « fournit » à la demande. 15 polonais se retrouvent ainsi sur les bords de la Méditerranée et après avoir travaillé quelque temps se retrouvent sur le carreau sous prétexte qu’ils n’ont pas la qualification requise. Ils doivent repartir sans avoir perçu de salaire. 18/8/2008 – Laisser pourrir la situation est sans conteste la politique du gouvernement face au conflit des « sans-papiers travailleurs », les uns en grève souvent avec occupation toute symbolique soutenus par la CGT, les autres occupant depuis le printemps une annexe de la Bourse du Travail à Paris. Sur les 1500 dossiers présentés par la CGT, seuls entre 800 et 900 ont été « régularisés », une goutte d’eau dans l’océan de ces sans-papiers que le ministre des expulsions chiffre lui-même entre 200 000 et 400 000. Il est évident que la stagnation de la situation dans ces deux cas syndical et périsyndical ne peut qu’aboutir au découragement et à la fin du mouvement, faute d’un spectaculaire sursaut qui ne serait pas symbolique mais efficace sur le procès de production dont les immigrés constituent un important maillon.

Japon -24/6/2008 – Le Japon compte 2 millions d’immigrés (Coréens, Chinois, Brésiliens et Philippins) pour 128 millions d’habitants. Le vieillissement de la population oblige non seulement de recourir plus largement à la main-d’œuvre féminine, à proroger l’âge de la mise à la retraite, à accélérer la robotisation de la production et à envisager une émigration sélective alors qu’en 2007, 25 000 immigrants illégaux ont été expulsés

Afrique du Sud – 28/6/2008 – L’Afrique est au centre d’une émigration intérieure intense (7,5 millions pour la seule Afrique de l’Ouest) alors que des millions d’autres tentent de gagner l’Europe. L’Afrique du Sud, même avec un taux de chômage de 23% de la population active (40% des 15-24 ans) attire, par son niveau de développement industriel tous ceux qui fuient le chaos et la misère des pays voisins, particulièrement du Zimbabwe. Cet afflux d’immigrés exacerbe les tensions sociales résultant de la transformation de l’apartheid racial en apartheid social. Les effets de la crise mondiale ont transformé ces tensions en une situation explosive dont ces immigrés ont été les victimes dans de véritables pogroms

Libye – 28/6/2008 – La politique anti-immigrée de l’Europe vise en partie à passer des accords avec les pays de transit pour bloquer les candidats à l’immigration hors du territoire européen. La Libye de Kadafi joue sur les deux tableaux : retenant pour les exploiter comme dans tous les pays pétroliers les immigrés esclaves (ils forment 20% de la population libyenne) et régulant leur entrée par des expulsions massives avec le soutien de l’Union Européenne. Pour maintenir la pression globale sur les esclaves, des pogroms viennent de temps à autre rappeler, par-delà les répressions légales tous les dangers et l’insécurité de l’immigration (qui se souvient qu’en 2 000 des émeutes racistes avaient fait des centaines de morts)

Algérie—4/9/2008—Une loi prévoit que toute sortie illégale du territoire peut être punie de six mois de prison et ceux qui les aident de 10 ans. Le Maroc, la Tunisie et d’autres pays africains ont adopté des mesures identiques avec le chantage de la France et de l’Union Européenne qui les échangent contre des subsides et des contrats commerciaux.

Liban - 3/0/2008—plus de 200 000 migrantes sont exploitées dans les travaux domestiques d’origine en majorité sri-lankaise ou éthiopienne. dont plus de la moitié sont des « illégales ». Leurs conditions d’exploitation sont telles que dans les 18 mois écoulés 95 se sont suicidés ou sont mortes en essayant de s’enfuir.

MANIPULATIONS

France – 10/7/2008 – La Poste sur la voie de la privatisation avec comme première étape sa transformation en société anonyme. Avec promesse que l’Etat y conservera la majorité pour « protéger le service public ». Voir ce qui s’est passé avec de telles promesses à France Telecom ou à Gaz de France. Les syndicats parlent d’une « riposte » avec une « mobilisation nationale ». La Poste ne compte plus que 50% de fonctionnaires et les autres 50% n’en ont cure d’être « privatisés » car ils le sont déjà étant des salariés sous statut privé.
- Les attaques systématiques sur la santé- Plus les prélèvements obligatoires en fait de nouveaux impôts (du style CSG ou CRDS) augmentent plus les remboursements diminuent. Le but évident est de faire couler de plus en plus l’argent obligatoire et volontaire payé par tout salarié pour être garanti contre le risque maladie de la Sécurité Sociale vers les mutuelles ou compagnies d’assurances ; là où la maladie n’est plus une question de solidarité mais de rentabilité .d’un capital investi et une source d’investissements privés tout aussi rentables. Pour ne prendre que le remboursement des dépenses maladie par tout salarié on peut voir que depuis dix années celui-ci s’est progressivement amenuisé, non dans un seule attaque globale mais par petites touches dont le résultat global frappe évidemment plus durement les plus démunis du prolétariat.

1986 Le « Plan Séguin » supprime le remboursement à 100% des dépenses des Affections de Longue Durée pour tout ce qui n’est pas lié directement à cette affection (récemment il a même été question de supprimer ce remboursement à 100% mais devant une levée de bouclier ce projet a été remisé dans les cartons).

1986 – déremboursement de nombreux médicaments 2004 prélèvement de 1 euro par acte médical et de 18 euros pour les soins hospitaliers ; hausse du ticket modérateur si l’on ne passe pas par le médecin traitant

2008 – institution d’une franchise médicale Le résultat est qu’en 2008 ; 7% de la population n’à pas de quoi se faire rembourser les compléments de soins et que 14% renoncent à se faire soigner. 30/8/2008 - Rien de nouveau depuis les Misérables . Bonne conscience d’un procureur : « Même si on peut comprendre que certaines personnes soient dans il tel besoin qu’ils volent pour se nourrir on ne peut pas l’accepter ».Moyennant quoi, le tribunal d’Evry (Essonne, banlieue sud est de Paris) a condamné un récidiviste de 41 ans à deux ans de prison ( système des peines plancher) pour vol d’un portable après sa sortie de prison avec rien d’autre que 70 euros en poche.

Etats-Unis - 28 000 militaires servant en Irak et en Afghanistan ont été réformés pour ce qui est appelé par euphémisme « troubles de la personnalité », en réalité qui devraient être classés comme PTSD ( Post Traumatic Stress Disorder – troubles causés par un stress post traumatique) qui se manifestent sur le terrain par l’usage de drogues dont l’alcool, le refus de la discipline, etc.… Donnant le « mauvais exemple » ils sont réformés mais pas selon le processus habituel qui leur ouvrirait des droits. Jetés de l’armée pour « mauvaise conduite » ils n’ont aucun droit, et de plus il leur devient particulièrement difficile de trouver un travail en raison du motif qui les marque indélébilement à jamais. Le nombre des désertions est passé de 3 300 par an en 2006 à 4 483 en 2007 (contre 4597 en 2001)

Danemark—30/8/2008—La mort du réformisme. Le modèle danois tant vanté par les pourfendeurs français du système social est frappé en plein vol par les tourments de l’économie mondiale. Des banques font faillite touchées par la crise des crédits hypothécaires victimes de la baisse du niveau de vie. Pour contraindre les « bénéficiaires » du système de protection antérieur à accepter n’importer quel travail, il est prévu une baisse des indemnités de chômage et la réforme du système de préretraite.

COREE DU SUD

(suite de DLM juin 2008) Juillet 2008 – Manifestations et grèves continuent. Le 5 juillet, une nouvelle manifestation pour l’annulation de l’accord pour les importations de bœuf américain continue avec une participation massive de toute la population, lycéens, étudiants, une forte présence des femmes. Les revendications se sont élargies de la démission du premier ministre à des protestations contre la privatisation des services publics (éducation, santé). Le mouvement touche toutes les couches sociales et est l’expression d’un mécontentement général et d’inquiétudes quant à la situation économique et sociale. Il touche particulièrement les classes moyennes et ne s’est pas étendu aux précaires La démission du premier ministre sera-t-elle un fusible suffisant pour stopper ce mouvement ? Parallèlement, mais distinctement, 17 000 ouvriers du bâtiment ont manifesté à Séoul pour les salaires et la hausse du prix des carburants. De même les ports coréens ont été bloqués pour des revendications semblables .

OÙ EN SONT LES 35 HEURES EN FRANCE ?

Dans toutes les discussions sur les 35 heures, si elles existent encore ou si elles ont disparu, on omet pratiquement toujours ce qui en a été l’essentiel et qui n’est nullement contesté ni par le patronat, ni par le gouvernement, ni par les promoteurs socialistes : l’annualisation du temps de travail et sa flexibilité totale. Le principal avantage pour le patronat a été l’extension de la pratique du flux tendu à la force de travail, en d’autres mots l’instauration du zéro stock de cette force de travail, chaque travailleur pouvant ainsi être exploité de manière optimum quand il en est requis par les impératifs de la production commandés par le marché spécifique de l’entreprise qui met en œuvre cette force de travail. Les seuls points qui ont fait l’objet d’aménagements divers sont le nombre des heures supplémentaires autorisées au-delà des 35 heures de moyenne dans l’année (qui restent la mesure de base du temps de travail, les divers « avantages » nouveaux qui y sont attachés (majorations, fiscalité, etc..) et les modulations possibles concernant les RTT. Un autre aspect peut-être le plus dangereux pour les travailleurs est la possibilité de dérogations par des accords d’entreprise, mais cela s’était déjà vu dans des cas isolés où le chantage à la fermeture contraignait les travailleurs à accepter par exemple l’abandon de RTT.

La légende des travailleurs français devant être incités à « travailler plus pour gagner plus » ne tient pas devant les chiffres : selon l’INSEE, en 2007, le temps moyen de travail complet est de 41 h par semaine. Mais ce chiffre doit être nuancé car, d’une part les ouvriers et employés font en moyenne 38 heures par semaine alors que dans l’agriculture et chez les artisans, ce temps est largement dépassé. Sur une population active de 27,8% de la population, 19,8 % de cette même population active sont en CDI et 3,3% dans des contrats précaires (c’est-à-dire 12% des actifs) Une femme sur trois travaille à temps partiel pour une moyenne de 23 heures par semaine. 41% des moins de 25 ans ne font que des « petits boulots ». Chez les chômeurs de plus de 50 ans, 60% sont au chômage depuis plus d’un an et 38% depuis plus de deux ans. Contrairement à ce que l’on essaie de promouvoir ou de nous faire croire et malgré toutes les manipulations sur les conditions de départ à la retraite, 99% des retraités ne souhaitent pas travailler au-delà de 60 ans. La réforme de 2003, supposée inciter à une départ à la retraite différé n’a rien change quant à l’âge du départ qui a même baissé entre 2003 et 2006 ( 60,7 ans au lieu de 61,4 ans).

echanges.mouvement@laposte.net

Pour le respect des obligations légales Le responsable de publication—H. Simon

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