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Dans le monde, une classe en lutte juin 2008

jeudi 26 juin 2008

OÙ VA L’ARGENT DE L’ENVOLEE DU PRIX DES CARBURANTS ?

Un dollar Un baril de pétrole en dollars Soit un baril de pétrole en euros Prix du litre de gazole à la pompe

En 2000 1,20 euro 60 $ 72 euros 0 ;82 euro

En 2008 0,64 euro 110 $ 70,40 euros 1,28 euro Au lieu de 0,80 euro

Faut-il commenter ? A faire circuler, pas besoin d’être fort en math pour comprendre. Le seul problème insoluble est de savoir qui encaisse.

LA GUERRE AUX PAUVRES

France –* début 2008 – Il est question dans les hautes sphères, avec le concours d’architectes dits connus de « restructurer la région parisienne. Gageons que ces projets s’inspireront, comme ils l’ont d’ailleurs affirmé, de ce que « l’urbaniste » Haussmann avait fait au milieu de 19ème siècle : organiser l’espace urbain dans le but de prévenir et réprimer les insurrections ouvrières. Déjà, l’urbanisme est conçu comme un instrument de répression et de paix sociale. Il n’y a pas que la démolition des tours ( alors qu’on construit de super tours dans les quartiers d’affaires là où les problèmes de concentration populaire ne se posent pas) pour faire exploser les cohésions sociales ; des instructions policières visant à prévenir les stratégies de guérilla urbaine sont imposées aux « architectes urbains » : pas de dalles d’où l’on peut jeter des pierres, des plots en béton devant les commerces, plus d’auvents devant les halls d’immeubles pour empêcher les rassemblements. Les mêmes instructions déplorent les « erreurs d’aménagement qui compliquent le travail policier et facilitent celui de la guérilla ». Ils préconisent ainsi la suppression des toits plats permettant le stockage des pierres et le passage d’un toit à l’autre, la suppression des passerelles qui surplombent les routes, l’enterrement des conteneurs à ordures, la fin des passages piétonniers, la suppression des haies….Les flics ont édité ainsi un « Guide des études de sûreté et de

sécurité publique », une sorte de vade-mecum policier pour architectes. On peut rapprocher ces recherches architecturales de la transformation des dispositifs dans le centre de Paris pour rendre la vie des SDF plus dure et les inciter à aller ailleurs, là où ils seront invisible (suppression de toute surface ou sièges où ils pourraient dormir dans le métro, clôture de tous les espaces libres et surfaces et spécialement ceux offrant une protection contre les intempéries, etc.…) *20/1/2008 – Autre forme du contrôle social précoce- Dans les écoles d’Orléans, les enfants fichés Bleu, Orange, Rouge (avec sanctions éventuelles) selon leur « langage soigné », leur attitude aux repas, leur intérêt dans les classes.

Colombie – *22/1/2008 – Pour maintenir leur présence militaire, les USA engloutissent un milliard de dollars par an dans le pays qui croule sous des équipements militaires

Chine – *5/12/2007 – Disney a signé comme bien d’autres multinationales un code de conduite dans l’exploitation du travail. Chacun sait que ces codes ne sont destinés qu’à l’image de marque vis-à-vis de la clientèle et que les enquêtes sont fabriquées de toutes pièces. Dans les usines chinoises, il y a même des cours pour apprendre aux exploités ce qu’ils doivent répondre aux enquêteurs alors que des doubles comptabilités camouflent la réalité de l’exploitation. Sans parler de la sous-traitance Une enquête distincte a découvert que deux sous-traitants de Disney -Tianin Toys et Yonglid Toys exploitaient des ouvrières de 12 à 15 heures par jours 6 jours sur 7 et utilisaient sans aucune sécurité des produits hautement toxiques. *2/1/2008 – De nouvelles lois sur le travail viennent d’être promulguées rendant les licenciements plus difficiles, prévoyant un salaire minimum, l’obligation d’un CDI après 10 ans en CDD et en cas de licenciement une indemnisation d’un mois par année de service, avec la consultation obligatoire d’un représentant du syndical officiel. Comme pour les lois antérieures celle-ci ne sera vraisemblablement pas appliquée, les patrons locaux oeuvrant main dans la main avec les représentant locaux du parti (parfois ce sont les mêmes). Un des effets immédiat de cette loi a été le licenciement de tous les travailleurs approchant les 10 ans de CDD qui doivent retravailler comme s’ils repartaient de zéro.

Afghanistan – *8/1/2008 Un arrière-plan de la guerre. Le sol du pays recèlerait d’énormes gisements de minerais divers inexploités jusqu’à ce jour, certains connus depuis la plus haute antiquité, y compris du pétrole, du gaz, du fer et de l’or et dont une mine de cuivre exploitée à ciel ouvert, le deuxième du monde que les Russes avaient commencé à exploiter. Sous couvert de « pacification » les explorations fonctionnent.

Grande-Bretagne – *8/1/2008 –Le modèle britannique Dans les cités du Royaume-Uni, des gangs d’adolescents indépendamment de questions de race ou de religion, se disputent les territoires à coups de couteaux de cutters ou de révolver (27 morts à Londres en 2007)

France –* 27/5/2008 – Déshabiller Paul pour habiller Pierre. 2 500 000 travailleurs gagnant entre 1,2 et 1,4 le SMIC vont être privés de la prime pour l’emploi qu’ils touchaient depuis des années pour financer le RSA, indemnisation du différentiel avec le RMI et accessoires en cas de reprise du travail avec un bas salaire.

Palestine – *23/5/2008 –Le capital à la recherche de l’exploitation au moindre coût. Plus de 1 000 « investisseurs » des pays arabes et des pays industrialisés se réunissent à Bethlehem pour étudier les conditions dans lesquelles les travailleurs palestiniens réduits à quia par la misère pourraient être exploités dans les meilleures conditions pour le capital.

CONSEQUENCES DE LA CRISE DU CAPITAL

Afrique du Sud – * 28 /1/2008 – Pays prospère d’où les multinationales extraient entre autres l’or, le diamant, le charbon, où d’autres multinationales ont installé des industries comme l’automobile, où les terres continuent d’être accaparées par une minorité blanche. Les profits tirés d’une surexploitation de la population noire (où, le masque de l’apartheid tombé, l’apartheid social apparaît dans toute son ampleur) partent s’investir dans des secteurs mondiaux plus rentables. D’où un état lamentable de toutes les infrastructures notamment dans la fourniture d’électricité (produite à 90% dans des centrales à charbon particulièrement vétustes), ce qui entraîne de nombreuses coupures de courant ce qui non seulement est un frein à l’activité économique mais aussi complique une vie déjà très précaire pour l’ensemble des travailleurs. Ces derniers sont les premières victimes de ce ralentissement économique accentué par la crise mondiale. D’où une violence accrue dans les townships qui récemment s’est dévoyée en de véritables pogroms contre les immigrés de tous les États d’Afrique Noire voisins poussés par la misère et le chaos politique vers ce qui leur paraît un eldorado tout relatif (plus de 5% d’accroissement du PIB chacune des années écoulées, mais cela ne signifie nullement un meilleur niveau de vie pour les exploités ou les laissés pour compte). Sans compter cet afflux d’immigrants, les taux de chômage atteignent plus de 40% exacerbant encore plus les tensions de la misère. Si misérables que soient les conditions de vie, elles ont attiré plus de 5 millions de Noirs de toute l’Afrique australe (plus de 1 million viennent du Zimbabwe). Cette concurrence économique, encore exacerbée par la récente envolée du prix des produits alimentaires a déclenché des réactions xénophobes d’une extrême violence avec de véritables pogroms (42 morts, la plupart lynchés ou brûlés vif, des centaines de blessés). Parties des townships proches de la capitale, ces chasses à l’immigré ont gagné tout le pays. Près de 100 000 personnes fuient vers les pays voisins d’origine (Zimbabwe, Angola, Mozambique) ; d’autres se réfugient autour des commissariats pour se faire protéger par les flics qui les pourchassaient la veille pour les expulser. La peur et la fuite, touche le fonctionnement de l’économie avec un absentéisme qui de 14 % est passé à 58 % en une semaine. Difficile de dire si les autorités sont impuissantes devant cette vague xénophobe, produit de la misère accrue, ou la laissent se développer en pensant qu’elle résoudra le problème de l’immigration qu’ils n’arrivent pas à endiguer.

Japon – *25/5/2008 – La pénurie de main-d’œuvre et l’attitude des jeunes refusant la discipline traditionnelle du travail ont contraint les entreprises (Toyota, Mitsubishi, Toshiba) à intégrer dans le temps de travail et à payer en heures supplémentaires le temps des réunions consacrées au contrôles de qualité. Ce changement de politique fait également suite à la condamnation en novembre 2007 de Toyota à l’indemnisation d’un décès par surmenage (Karôshi) d’un travailleur qui effectuait en plus de l’horaire normal des heures supplémentaires et des heures de réunion, atteignant un total de supplément d’heures travaillées de 155 heures par semaine.

France – *24/5/2008 – Un tiers des travailleurs de 25-59 ans ont été confrontés dans leur vie à une situation de précarité ( chômage, RMI ou contrat aidé), les plus touchés étant les familles monoparentales, les immigrés et les travailleurs non qualifiés. 53% de ces travailleurs ont été au chômage au moins une fois.

Grande-Bretagne—*24/5/2008—Le rapport de la Commission pour l’emploi de la seule confédération syndicale TUC fait un tableau des conditions de travail actuelles dans le pays : réductions de salaires, semaine de travail jusqu’à 70 heures, heures supplémentaires non payées, pas de vacances, licenciement sans préavis, sont le lot de plus de 2 millions de travailleurs. Le Royaume Uni détient le record d’avoir la protection des travailleurs la plus faible de tous les pays industrialisés à l’exception des USA. 1 400 000 enfant appartiennent à des milieux pauvres ( taux semblable à celui de 1997), la moitié de ces enfants ont des parents qui travaillent, pas seulement des immigrés.. 5,3 millions de travailleurs (1/3 du total) gagne moins de 6,67 £ de l’heure (7,70 euros), le taux le plus bas d’Europe.

Argentine –*27/5/2008 – Une nouvelle offensive des propriétaires fonciers et des fermiers. contre une tentative de redistribution des énormes gains de ceux-ci sur les exportations de produits agricoles (céréales et soja), cette redistribution étant destinée à faire face à une inflation de 25% alors qu’un taux de pauvreté atteint 30% de la population et que la hantise de 2001 est toujours présente ; Leurs protestations concernent le montant et l’utilisation d’une taxe sur les exportations. Mais le mouvement regroupe les grands propriétaires plus concernés par cette taxe et les petits agriculteurs qui voudraient une réforme agraire avec une répartition des terres aux mains des grands conglomérats étrangers pratiquant notamment la monoculture du soja. 300 000 agriculteurs, grands et petits, manifestent à Rosario. Après 11 semaines d’action début juin, le gouvernement ne semble pas prêt de céder. La raison principale de ce bras de fer est que le pays est de nouveau dans une situation critique avec une dette extérieure supérieure à celle d’avant 2001 et que, de nouveau, se lève le spectre des révoltes populaires d’alors qui ébranlèrent le régime et qu’un remake serait sans doute beaucoup plus difficile à briser.

DECLASSEMENT ET RECLASSEMENT

Inde - *4/6/2008 – Dans l’état de Rajasthan les membres de la caste des Guijars s’affrontent depuis le 23 mai avec la police et les paramilitaires. Ils appartiennent à une caste définie comme « Other Backward Classes », castes de rang intermédiaires. Ils revendiquent leur déclassement pour pouvoir bénéficier de la discrimination positive réservée aux intouchables, la caste inférieure. *9/5/2008 – GSF, un groupe de nettoyage industriel, exploitant 22 700 travailleurs a trouvé une astuce pour éviter de leur faire fait à volonté des heures supplémentaires non payées : elle les range dans la catégorie des cadres. Trois d’entre eux réclament au Prud’hommes le paiement de ces heures dénonçant la supercherie.

ACTIONS CONTRE LA HAUSSE DU PRIX DES CARBURANTS

Union Européenne –*Avril-mai-juin 2008 – La hausse du prix des carburants touche plus les petits exploitants que les gros, en raison en partie de l’épuisement des fonds côtiers et dans la nécessité d’aller toujours plus loin et plus profond dans les océans. En France, ces difficultés ne font qu’accélérer un mouvement de concentration (5.200 navires tout compris contre 10 000 en 1989. En 2006, 20 500 marins-pêcheurs alors que 20 000 travailleurs oeuvrent dans le mareyage et la transformation Outre l’incidence de l’aquaculture et de l’imposition de quotas de pêche pour nombre d’espèces, des problèmes de recrutement, l’augmentation du prix des carburants rend de plus en plus difficile la rentabilité des petites entreprises quasi artisanales. Cela explique la radicalité des mouvement en France, Italie et Espagne, les seuls à posséder encore un nombre relativement important de ces « petits patrons » : attaques de bâtiments publics, barrages routiers, blocage de dépôts de carburants. D’autres catégories de petits patrons, ou de travailleurs indépendants également touchés dans leur activité à la fois par la hausse de leurs dépenses de carburant et leur fragilisation conséquente face à la concurrence des grosses entreprises du secteur, engagent, séparément ou conjointement – des actions radicales du même genre, pour obtenir des subsides soit de l’Etat, soit de l’Europe Différente est l’action des dockers des ports français (la plus importante à Marseille) contre un projet de loi qui ferait passer sous statut privé les dockers travaillant encore pour les collectivités portuaires publiques. C’est un des derniers épisodes – un combat d’arrière-garde, de la restructuration du commerce maritime qui a vu dans les décennies passées des luttes dans tous les ports de monde, la restructuration, pour les dockers dont la nature du travail était complètement transformée, consistant à les faire passer d’un statut collectif garanti de travailleurs non qualifiés et occasionnels mis à la disposition des navires de passage à celui de travailleurs qualifiés salariés individuels de compagnies maritimes Dans certains ports comme Marseille, il s’y mêle la défense syndicale de fortes positions locales avec des arrière-plans politiques.* Etats-Unis – *18/5/2008 – Pour faire face à la concurrence et à l’envolée du prix des carburants, les compagnies aériennes compriment tant que possible les contrôles techniques et les dépenses d’entretien. American Airlines, une des principales compagnies aériennes américaines a été ainsi contrainte d’immobiliser au sol nombre de ses appareils pour les mettre en conformité avec les règles de sécurité négligées. De même, au risque de provoquer des accidents, les pilotes sont contraints de voler sans réserve de carburant, garantie de sécurité en cas d’incidents de vol. Suède – *Scandinavian Airlines SAS licencie 1000 travailleurs en réduisant ses lignes à cause du prix du carburant. Même situation pour la société australienne Qantas. Dans le monde entier de nombreuses petites compagnies aériennes sont mises en faillite pour le même problème. Indonésie—*24/5/2008 –A Jakarta, la police arrête vendredi soir et samedi matin plus d’une centaine de personnes qui manifestaient contre l’augmentation de près de 30% du prix des carburants. Le gouvernement indonésien a réduit radicalement ses subventions en faveur de l’essence ce qui explique cette soudaine hausse de prix.

EMEUTES

Tunisie – 2/6/2008 –Suite à des tensions causées par le chômage, le coût de la vie et la marginalisation des jeunes, des journées d’émeutes à Feriana et les cités voisines dans la région du sud autour de Gafsa ( mines de phosphates). Toute la population descend dans la rue pour en chasser la police. Le 7 juin l’armée est déployée à Redeyef dans la même zone après que des affrontements accompagnés de pillages aient fait un mort et 26 blessés

Maroc – 9/6/2008 – Après des affrontements de même nature en Algérie dans la région d’Oran, le royaume connaît des émeutes de même nature que celles de la Tunisie.. A Sidi Ifni, au sud du Maroc, près d’Agadir le conflit a duré 9 jours après que des jeunes chômeurs aient bloqué ce port de pêche en réclamant une « répartition plus équitable des richesses de la ville ». Le 30 mai, ces affrontements font 8 morts et 44 blessés. Ils touchent les cités environnantes » 3 000 flics et militaires occupent la ville faisant notamment la « chasse aux portables ».

Argentine – 9/6/2008 – Dans la province pauvre de Jujuy ( extrême nord–ouest, à l’appel d’une organisation multisectorielle, des chômeurs réclamant une amélioration de leur condition (extension d’un plan d’emploi et de la rémunération, attribution d’aliments aux cantines scolaires,etc.) occupent la mairie de La Quinca, en sont expulsés par la police(7 blessés), campent sur la place centrale et entament une grève de la faim

Iran - -Mai-juin 2008- Oromieh au nord-ouest du pays, 7 000 ouvriers des briqueteries en grève pour les salaires ainsi que 3 000 dans une autre briqueterie près de Téhéran. Le 21/5 , des milliers d’ouvriers de la canne à sucre manifestent à Hadft Tapeh pour le paiement de salaires arriérés et faire annuler les poursuites contre cinq d’entre eux.

Égypte (Voir précédents bulletins) Sur 80 millions d’habitants, 30 millions vivent avec moins de 1,50 euro par jour. En 2007, l’Égypte a connu « officiellement » 222 grèves ; nous en avons parlé à différentes reprises. Suite à l’envolée des prix alimentaires, ces conflits ont connu une croissance (jusqu’à présent, en 2008, 389 grèves) qui témoigne de la tension sociale croissante et de la résistance des travailleurs, mais aussi de la répression du pouvoir et des tentatives des oppositions politiques de surfer sur la vague ouvrière. Une tentative d’élargir les conflits localisés à une dimension nationale lancée pour le dimanche 6 avril sous le titre « Journée de colère » par utilisation des portables et d’Internet sans qu’on sache exactement qui en était l’initiateur n’a pas eu l’ampleur attendue mais n’en a pas moins été violemment réprimée (des centaines de blessés, et 250 arrestations). Dans l’usine textile dans l’industrie phare de la contestation dans les années passées, le gouvernement manie la carotte et le bâton. Avant cette journée nationale, les « meneurs » supposés des luttes antérieures ont été convoqués par la police, un autre a été carrément acheté par le versement d’une prime de …3 euros. Parallèlement, la direction a annoncé le doublement de la prime alimentaire et a fait la promesse d’élever le salaire minimum. Le samedi, veille de la « Journée de la colère », des centaines de policiers ont été déployés ; dans la ville et autour de l’usine. Le dimanche matin, ils entrent dans l’usine à 3 h du matin et arrêtent 150 travailleurs. Mais à la sortie de ce dimanche, plus de 7 000 travailleurs se rassemblent devant l’usine et s’affrontent aux flics : 90 blessés, 150 arrestations.

Haïti -* 4/4/2008—Au début des années 1980, le pays était autosuffisant pour le riz, mais avec l’économie néolibérale, les accords imposés par les USA ont entraîné une invasion de riz bon marché. En 1985, 7 000 tonnes étaient ainsi importées aujourd’hui 200 000 tonnes. Les paysans locaux ruinés ont accrû d’autant un sous-prolétariat agricole ou exploité dans des industries légères à capitaux US ; Seule 1% de la population est employée « formellement » le reste dépend d’une économie informelle. L’instabilité politique ajoute à cette déstabilisation. Les récentes émeutes de la faim sont plus ou moins organisées par des groupes locaux et on a vu réapparaître le slogan de la misère : « Mieux vaut mourir sous des balles que mourir de faim ». En avril une telle émeute débute dans une ville du sud des Caves : la foule attaque un commissariat et pille notamment des camions de riz. L’émeute s’étend à Port au Prince, la capitale où le palais présidentiel est pris d’assaut. Mais le pouvoir réussit à « rétablir l’ordre » : 4 tués, 15 blessés.

Corée du Sud * 4/6/2008 – Les difficultés quotidiennes entraînées par le chômage et les hausses de prix sous-tendent les manifestations à caractère politique (démission du gouvernement, contre les importations de viande contaminée par la vache folle des USA), à Séoul, Pusan et Gwangju . Le mouvement de contestation s’est encore amplifié durant les jours précédents, réunissant régulièrement entre 80 000 et 120 000 personnes suivant les jours et les sources. Le nombre de personnes est tellement important qu’en début de soirée plusieurs cortèges se forment, partant dans des directions opposées. Lorsqu’ils convergent de nouveau, les rues du centre de Séoul se transforment en un squatt gigantesque. La circulation est bloquée et les gens vaquent à leurs occupations contestataires en groupes de quelques dizaines à plusieurs dizaines de milliers de personnes. Certains groupes, tels que les personnes affiliées au site web « Agora » procèdent par démocratie directe, votant les actions a venir que les individus en accord exécutent. Cependant, il n’est pas exagéré d’affirmer que le reste de la manifestation a une organisation inédite : occupation de l’espace public sans hiérarchie, sans chef, sans porte-parole, sans processus formel de prise de décision, sans structure de contrôle. C’est un immense magma effervescent d’individus tissant des liens sociaux et agissant au mieux des possibilités qu’offre l’environnement physique et social. Personne ne peut avoir une vision claire de l’ensemble des groupes et des actions entreprises. On ne peut que constater au gré de son cheminement leur multiplicité, leur dynamisme, et leur intelligence collective. Ici, un groupe prend d’assaut un bus de la police. Une vingtaine de personnes arrivent avec des cordes, les attachent aux bus, et commencent à tirer sous les « Ho-hisse ! » du reste de la population, les déplaçant sur plusieurs dizaines de mètres. Alors que la police, pour se justifier, hurle dans les haut-parleurs que « Cette manifestation est illégale » et que « déplacer les bus de police est sûrement illégal », les fourgons se couvrent d’autocollants disant « Parking illégal » ou « Vous gênez la circulation des citoyens » ou, « Selon le premier article de la constitution, (tout le pouvoir vient du peuple), ces bus peuvent être déplacés par la population ». Ailleurs, un autre groupe de 10 000 personnes discutent de la stratégie à adopter, en particulier face aux provocations policières. …Là-bas, des centaines de personnes distribuent de la nourriture et de l’eau qu’elles ont acheté après s’être cotisées. Alors que vous vous promenez en zigzaguant parmi les manifestant joyeux, un paquet de « mochi », ces gâteaux de pâte de riz, échoue entre vos mains. Continuant votre route en redistribuant son contenu au hasard, vous engagez ça et là la conversation. Puis vous vous arrêterez peut-être devant quelques musiciens, peut-être arracherez-vous une grille de fourgon de police, participerez-vous a un débat, croiserez-vous la “brigade des poussettes”, rencontrerez-vous un élu politique du parti des travailleurs ou bien ce critique satirique connu qui émet en direct depuis la manifestation. Peut-être serez-vous arrêté par un groupe de lycéennes écrivant un article pour leur journal vous demandant ce que vous pensez de tout ceci. Sûrement vous croiserez quelques groupes de CRS attendant les ordres, assis sur leur casque, parfois criant un « Hou-Hou-Hou » bien viril a la manière de footballeurs américains avant un match. Vous constaterez que la radicalisation se traduit par une prise de conscience politique dans le mouvement, les gens portant une attention particulière a ne pas se faire contrôler ou manipuler, que ce soit par des organisations internes ou par des policiers infiltres. …Après la charge et le « nettoyage » de la rue par la police vers 6 h du matin, les gens ne pouvant plus marcher librement créent spontanément une manifestation sur les passage cloutes, traversant au feu vert, puisque c’est « légal Internet ». Concernant les médias, la chaîne MBC est entrée dans une incroyable guerre ouverte avec le gouvernement, telle qu’on ne pourrait le concevoir en France sur aucune chaîne. Les images des violences policières sont diffusées et les remarques de présentateurs sont extrêmement critiques. Pour mémoire, c’est cette chaîne, dont la privatisation est une volonté de l’actuel gouvernement, qui avait à l’origine diffusé les reportages sur le bœuf américain. Des vidéos montrant une extrême brutalité policière (la personne se prend des coups de pieds dans la tête au sol) très largement diffusées sur Internet ont provoqué l’indignation de la population. La police a alors changé de stratégie, prenant d’infinies précautions avant de charger la foule, une voix féminine annonçant pendant plusieurs heures l’imminence de la charge, invitant les journalistes, les vieux et les personnes avec des enfants à ne pas rester. Lorsque la charge survient, elle fait peu de blessés et d’arrestations en comparaison avec les précédentes, l’objectif étant plus de déplacer les manifestants- et de « nettoyer » la rue vers 5 h du matin. De plus la police n’utilise pas d’équipement technologique tels que taser, flash-ball ou gaz lacrymogènes : c’est un contrat implicite avec la population, qui en retour n’utilise pas de cocktails Molotov contre la police. Malgré la fatigue qui commence a se faire sentir, malgré la pluie certains jours, il n’y a jamais moins de plusieurs dizaines de milliers de personnes dans la rue. Le prochain grand rendez-vous est le dix juin, anniversaire du mouvement social massif qui entraîna la chute de la dictature.

Bangladesh—*23/4/2008—Le prix du riz ayant doublé en une année et la nourriture représentant 70% du salaire, les grèves , le plus souvent accompagnées d’émeutes ( voir précédents bulletins), ^pour l’augmentation des salaire dérisoires se sont multipliées, violemment réprimées. Le 23/4/2008, 15 000 ouvriers du textile sont de nouveau en grève. ;De nouvelle élections devant avoir lieu prochainement, la junte militaire qui, en fait, gouverne le pays a procédé début juin à 10 000 arrestations dont on ne sait si ce sont des opposants politiques ou des travailleurs qui se sont mis en avant dans ces luttes.

FRANCE LE RIDEAU DE FUMEE masquant le durcissement des conditions d’exploitation du travail

Il est difficile pour tout travailleur de s’y retrouver dans l’avalanche de réformes dans lesquelles se chevauchent les décisions européennes et les décisions nationales. D’autant plus que les trois parties tant le patronat que les gouvernements et les bureaucraties syndicales essaient de brouiller les cartes par des déclarations et communiqués biaisés. On a du mal à distinguer ce qui est proposition, loi en cours de discussion et texte définitif tout comme on ne sait pas trop ce qui est recommandation. D’intempestives déclarations iconoclastes n’ont d’autre but que de provoquer des réactions montrant jusqu’où telle réforme peut ne pas aller et en même temps de détourner l’attention sur des questions plus essentielles pour les protagonistes. L’ensemble masque des choses simples touchant l’exploitation de la force de travail qu’il ne faudrait jamais perdre de vue. C’est toujours le patron qui, lors de l’embauche et en cours de contrat, qui fixe – impose – le contenu du contrat de travail : salaire, horaire et conditions de travail. Cela dans les limites fixées par le droit, principalement le droit du travail - et ; celles définies par les conventions collectives de la branche et d’entreprise – si elles existent. L’application de ce droit légal ou contractuel dépend du rapport de forces dans l’entreprise. Dans la période récente, les conséquences de la globalisation de l’économie ont fait que l’ensemble des limites fixées il y a plus de 50 ans dans l’intérêt national du capital sont devenues obsolètes et qu’une pression constante s’observe pour que le contrat de travail individuel soit fixé de gré à gré c’est-à-dire sans aucune règle imposée de l’extérieur, laissant le travailleur pratiquement désarmé en regard de ce que le patron veut lui imposer dans son seul intérêt. Cette individualisation du contrat de travail a eu deux conséquences : l’une a touché à la recherche constante d’une adéquation totale entre l’utilisation effective de la force de travail et les besoins précis de l’entreprise ; l’autre a touché le rôle des syndicats en tant qu’intermédiaires dans la fixation des modalités de l’exploitation de cette force de travail (voir la signature de l’accord du 11/1/2008 sur la flexsécurité et le portage), fonction pour laquelle ils sont « reconnus » et dont les caractéristiques dépendent également des besoins du capital dans une unité de travail déterminée. C’est pour cela que tous les projets et les réformes, cette nébuleuse difficile à éclaircir, se résument en fait à deux axes bien précis qui sont au cœur du débat et de la position des syndicats malgré des apparences qui laissent croire que ce débat est ailleurs. L’un de ces axes est la flexibilité de la force de travail, l’équivalent du flux tendu pour les marchandises dans l’appareil de production. La porte grande ouverte vers cette flexibilité fut l’institution des 35 heures avec sa pièce centrale de l’annualisation du temps de travail. Celle-ci n’est nullement remise en cause, les discussions portant sur des points de détail comme le nombre d’heures supplémentaires autorisées et leur rémunération qui dépend du maintien ou nom du taux des 35 heures L’autre axe concerne la représentativité des syndicats. Elle ne dépend pas principalement de leur place (plus ou moins d’ailleurs remise en cause) dans les différents organismes paritaires de gestion du salaire social ( maladie, retraite, etc.…) mais de leur rôle, beaucoup plus essentiel pour eux-mêmes et pour le fonctionnement du système capitaliste, d’intermédiaires dans la fixation du prix de la force de travail (non seulement des salaires et de leurs accessoires mais aussi du contenu et du rythme du travail,, c’est-à-dire des horaires et de leur répartition annuelle) A cause de l’individualisation du contrat de travail (conséquence de l’évolution des techniques de travail et des modes de domination conséquents), cette intervention des syndicats s’est déplacée du niveau des branches d’industrie pour descendre au niveau de l’entreprise et dès lors la question de cette représentativité se pose à ce niveau. L’idéal pour un chef d’entreprise serait d’avoir, comme aux USA ou en Grande -Bretagne un seul interlocuteur, ce qui simplifierait les choses et réduirait le coût de cette lourde multiplicité et d’organismes divers et de syndicats. Toute une partie des palabres actuels autour des pourcentages de représentativité, de validité des accords d’entreprise et de leur adaptation aux petites entreprises n’est pas qu’une bataille de chiffres et d’influence. Dans la mesure où toutes les relations du travail, notamment la question de la durée réelle du travail au-delà des 35 heures seront définies par une majorité syndicale dans l’entreprise même, la fonction du syndicat devient essentielle à ce niveau. Et sa survie éventuelle également.

RESTRUCTURATION DELOCALISATIONS LICENCIEMENTS

Etats-Unis – *18/4/2008 – Harley Davidson (moto) projette de licencier 700 travailleurs (8% des effectifs) avec fermeture temporaire d’usines. France -*1/4/2008 – Marché de dupes, autant en emporte les promesses présidentielles. Le capital a toujours le dernier mot sauf si la lutte de classe le contraint à céder…pour un temps. Arcelor-Mittal maintient la fermeture de l’usine de Gandrange avec la suppression de 595 emplois malgré tout le battage médiatique et politique.

  • 5/4/2008 – L’usine Arena de Libourne –Gironde (maillots de bains) est fermée depuis un an : sur les 161 licenciées, 81 n’ont pas retrouvé d’emploi. Regrettent-elles d’avoir laissé partir le stock de maillot, un trésor de guerre qui aurait pu peser sur leur avenir ?

*La Réunion – *10/2/2008 – 30 TOS (auxiliaires techniques de l’enseignement public) mis au chômage suite à des suppressions de postes occupent le rectorat mais en sont chassés par les flics. *Mai 2008 – Toute la production de l’usine Ford de Blanquefort – Gironde) qui fabriquait des boîtes de vitesse pour les 4x4 et les pick-up était exportée aux USA. La vente de ces voitures s’effondrant à cause du prix des carburants, Ford ferme totalement l’usine licenciant 1 700 travailleurs. *8/4/2008– Usine Miko (Saint-Dizier—Haute-Marne) du trust Unilever. Après trois mois d’actions diverses un accord entérine la fermeture partielle de l’usine avec « seulement » 180 licenciements au lieu de 254 ; sur 493 travailleurs dont 60 départs volontaires, 35 mutations et 60 embauches chez un sous-traitant.

LUTTES OFFENSIVES

France –*Troisième journée de grève des crèches et haltes garderie de Paris pour une embauche supplémentaire de trois travailleurs par établissement. *7/12/2007 – Altran Sud Ouest - grèves alternatives qui se poursuivent dans laquelle 200 débraient deux fois par semaine pour une prime de fin d’année alors que des négociations se déroulent pour une question de participation aux bénéfices. Réponse du PDG d’Altran le 6/2/2008 « On ne négocie pas avec des terroristes, on leur casse la gueule » *20/2/2008 – Ronde des grèves dans les supermarchés. Castorama d’Océans (Saint-Nazaire) 40 des 50 travailleurs débraient avec piquet de grève pour les salaires. *20/2/2008 – Toujours Saint-Nazaire, chantiers navals Akeryard débrayages successifs de 300 travailleurs pour appuyer les négociations sur les salaires. Occupation d’un pont qui bloque l’entrée des chantiers. *29/4/2008 – série de grèves dans les usines Coca Cola de Grigny (Essonne), Soex (Nord), Clamart (Hauts de Seine) pour les salaires. Après 5 jours de grève, l’usine de Pennes-Mirabeau (Bouches-du- Rhône) obtient 80 euros d’augmentation mensuelle.

Turquie – *21/2/2008 - Les atermoiements du syndicat des chantiers navals de Tuzla au sujet d’une grève de 24 heures aboutit le 27 /2 à une manifestation de plus de 1 000 travailleurs qui est violemment attaquée par la police : 15 blessés, des douzaines d’arrestations.

Grande-Bretagne –* (voir précédents bulletins). La situation d’une multitude de luttes localisées, petites ou grandes se poursuit notamment chez les agents des collectivités locales (toujours contre les réductions de salaires et des conditions de travail résultant de l’application d’un statut unique national), dans les postes contre les restructurations, dans les transports pour les salaires. Mais également dans le secteur privé : par exemple, grève de 5 jours de 14 journalistes du Newsquest York, de trois jours de 50 travailleurs, d’une fabrique de meubles (Link Lockers) pour les salaires.

Chine –* 17/1/2008 – La région de Shenzhen au nord de Hong-Kong. dans le sud de la Chine compte 10 millions de travailleurs, une bonne partie des migrants (les Mingong) exploités dans près de 100 000 entreprises. L’horaire « normal » est de 12 h par jour avec un jour de repos par semaine pour 90 à 190 euros mensuels, aucun avantage retraite ou maladie et les lois dur la contrat de travail régulièrement piétinées. Le moindre incident peut mettre le feu aux poudres. Un incident bénin mais qui témoignait de l’oppression constante et violente dans l’exploitation du travail a provoqué la révolte des 2 000 travailleurs de l’usine de conteneurs de Machong de la multinationale danoise des transports maritimes Maersk. Un des ouvriers voulant, poussé par la brièveté de la pause cantine passer prioritairement dans la queue fut tabassé par un des sbires de l’usine. Ce simple fait déclencha la grève et la révolte de l’usine dont la tension préexistait avec l’accélération des cadences et le non paiement des heures supplémentaires. * mai 2008 – Résistances ouvrières, la revanche des mingong. Il est difficile présentement de convaincre les jeunes de venir travailler dans les zones côtières. Après le Nouvel An Chinois, un tiers des mingong ne sont pas revenus des campagnes. Le manque de main-d’œuvre (il manquerait dans tout le sud 2 millions de travailleurs) contraint les exploiteurs à des augmentations de salaires jusqu’à 20% et à consentir des avantages sociaux refusés jusqu’ici (maladie, prime d’ancienneté et même retraite). Un ouvrier chinois gagnerait aujourd’hui deux fois plus qu’un ouvrier Philippin ou Thaï Mais pèse toujours la menace de délocalisation vers les pays à bas coût ce qui n’est pas toujours possible ; les entreprises essaient de jouer sur la productivité avec des investissements technologiques pour que les exportations touchent des produits à forte valeur ajoutée. Mais cette tendance se télescope avec la crise mondiale qui réduit les exportations chinoises vers les USA et l’Europe. Dans la région de Canton 14 000 usines seraient menacées de fermeture

Danemark – *2/5/2008 – 50 000 travailleurs des secteurs sociaux (santé et aide à la personne) en grève pour les salaires, refusant une proposition de 12,8 % sur trois années. Mouvement identique en Suède autour d’un collectif « Révolte pour les salaires » et une menace de démission collective.

Norvège*-27/05/08 –Oslo-Les employés aéroportuaires norvégiens en grève depuis cinq jours ont étendu leur mouvement mardi, provoquant la fermeture de 12 aéroports du pays, dont ceux qui assurent les liaisons par hélicoptères entre le continent et les plateformes pétrolières offshore. Les aéroports de Stavanger, d’où partent notamment les personnels des plates-formes de la mer du Nord, et de cinq autres petites villes de province ont suspendu l’intégralité de leur trafic après le durcissement de la grève.

IMMIGRATION

Algérie – *17/5/2008 – « Harragas » c’est le nom donné aux jeunes algériens, pas seulement chômeurs, qui cherchent à tout prix à gagner l’Europe, à risquer, pour 1 000 à 2 000 euros la dangereuse traversée d’un bout de Méditerranée via l’Italie. Dans ce pays, les camps de rétention de clandestins sont en fait des réserves de main- d’œuvre où les exploitants agricoles ou autres du voisinage viennent puiser des esclaves payés au noir qui ne peuvent qu’accepter les conditions des maîtres dans l’espoir fallacieux qu’ils « s’en sortiront ». Nouvelle version des camps de concentration d’où sortaient des commandos de travail ?

Etats-Unis :* Esclavage moderne au pays de l’esclavage ancien – Pour réparer les ravages des l’ouragan Katrina, des centaines de métallos indiens (soudeurs, monteurs, chaudronniers…) ont acheté pour 20 000 dollars leur visa (un contrat de travail) vers le rêve américain à des agents recruteurs (Signal International) contre la promesse d’une carte de résident aux USA pour eux et leur famille ; pour réunir la somme exigée, ils ont vendu tous leurs biens, emprunté, etc… Autant en emporta le vent mauvais américain. A leur arrivée au paradis, ils furent parqués dans des camps et aucune des promesses ne fut tenue. Devant cette situation, ils s’organisent et commencent à protester. Police privée et publique interviennent arrêtent et veulent déporter les « meneurs » en Inde où ils se retrouveraient souvent sans logis avec 20 000 dollars de dette. 300 de leurs camarades de misère se mettent en grève le 9 mai pour les faire libérer, ce qu’ils obtiennent mais ne peuvent prévenir leur licenciement. Ils continuent de se battre avec le soutien d’immigrés d’autres nationalités.
- *mai 2008 – Le gouvernement veut construire dans l’Arizona, un mur virtuel de 50 km à la frontière mexicaine composé par des tours de trois mètres bardées de technologies (radars, cameras, etc.…) capables – soi-disant - de distinguer des humains d’un animal à une distance de 17 km.

Emirats Arabes – Dubaï – *Près de Al Nahda, le 2 avril, 800 travailleurs du bâtiment de tous le sud-est asiatique se mettent en grève suite au refus de leur donner un logement décent hors du site en construction où on les contraint de vivre et de dormir. Ils édifient des barrages routiers avec les matériaux de construction et rejoints par des travailleurs notamment du Bangladesh, du Pakistan, de l’Afghanistan engagent une bataille rangée avec les flics venus les déloger qui doivent appeler des renfort ; : 15 blessés, 625 arrestations. Bien que les salaires aient été récemment augmentés (200 à 230 dollars mensuels), ils ne tiennent pas devant l’augmentation des prix et cela se répercute sur les envois de subsistance aux familles restées au pays. Les 5 millions d’Indiens exploités dans les pays du Golfe envoient chaque année 20 milliards de dollars à leur famille en Inde. La chute du dollar et la hausse de la monnaie indienne, la roupie, ont réduit considérablement le montant de ces envois. Les troubles persistants dus à la situation toujours plus précaire de ces esclaves font que les pays du Golfe subissent la pression des USA, préoccupés du « maintien de l’ordre » dans la région qui proposent un soutien militaire accru.

Grande-Bretagne – *20/4/2008 – Près de 10 000 travailleurs immigrés asiatiques manifestent à Londres à Trafalgar Square contre la nouvelle réglementation de l’immigration à l’appel d’une association « Ethnic Catering Alliance » ; cette réglementation prévoit que la régularisation dépendra d’un système de notation, des points étant attribués selon la connaissance de l’anglais, le niveau d’éducation, etc. Cette « évaluation » frapperait particulièrement les « non-qualifiés » qui travaillent particulièrement dans la restauration. Parallèlement, les « chasseurs d’immigrés » ont ciblé particulièrement les restaurants qui souvent sont le refuge des clandestins asiatiques.

Italie—*mai 2008—La chasse aux Roms est ouverte avec des relents de fascisme plus ou moins ouvert que le gouvernement laisse filer ( incendie de camps, quasi-ratonnades, etc..).

Pologne-*Fin 2007- début 2008 – Une vague de grèves (voir précédent bulletin) avait poussé la montée d’une opposition politique , une coalition baptisée « Plate-forme civique » (PO) qui a gagné les élections le 21.10/2007 avec le slogan « Pour que tout le monde vive mieux » Cela coïncidait avec un certain essor économique (investissement et subventions de l’Union Européenne) et une émigration massive (plus d’un million en Grande-Bretagne) qui ont fait baisser le chômage. Ce qui avait été promis tardant à venir, une nouvelle vague de grève a posé une généralisation des revendications. Les mineurs de charbon cherchant 14% d’augmentation des salaires ont entamé en décembre 2007 une grève massive avec 500 occupant la mine et faisant la grève de la faim au fond des puits. Toute une série d’autres secteurs industriels ont été touchés : occupation d’une sucrerie à Lublin, grève de l’usine Opel - General Motors à Gliwice, d’un supermarché Tesco à Tychy. Tous ces conflits pour les salaires sont souvent impulsés par des syndicats « indépendants » et rencontrent l’hostilité plus ou moins marquée du syndicat « officiel » Solidarnosc

Union Européenne -* 30 /5/2008—Les représentants des Etats membres de l’U E ont adopté une « Directive Retour » qui doit être soumise au Parlement européen et qui prévoit : enfermement des étrangers sans papiers jusqu’à 18 mois détention et l’expulsion des enfants, des femmes enceintes et des malades interdiction de territoire pour 5 ans après décision d’expulsion expulsion vers le pays de transit même si l’on y est totalement étranger

Roumanie—20/5/2008—Plus de 4 millions de travailleurs sur 20 millions d’habitants ont quitté le pays pour l’eldorado de l’Europe de l’Ouest. Cet exode, dans les villages des régions les plus pauvres entraîne une dislocation totale des structures paysannes, un taux de suicide élevé chez les enfants et ados qui sont laissé par les parents à la charge des grands-parents. On trouve ces immigrés en Italie, en Espagne où l’on trouve de véritables « foires aux esclaves ». . Dans ce pays, la chute de la construction ( crise des prêts hypothécaires) a entraîné un chômage qui frappe d’abord ces immigrés, accroît les tensions sociales et racistes et a amorcé un retour au pays.

REPRESSIONS

Etats-Unis - * 29/2/2008 – Loin devant la Chine montrée du doigt comme leader de la répression totalitaire, la répression démocratique bat des records : 1 adulte sur 99 est en prison ( 2 319 258 sur 230 millions d’habitants) , le plus haut taux du monde , aussi par tête d’habitant (750 prisonniers pour 10 000 habitants). Dans le Maryland ( état de Baltimore), 70% des prisonniers sont des drogués et sur ces 70%, 92% sont des Noirs

France –*La répression est à la mesure des tensions sociales et tend à prévenir leur explosion révélant la véritable nature du système La surpopulation des prisons et autres centres de rétention est telle qu’elle a fait l’objet de critiques de la Commission Européenne des Droits de l’Homme. Les centres de rétention « accueillent » dans des conditions souvent sordides des mineurs de 13 ans ; Le nombre des « garde à vue » (la détention provisoire dans un commissariat) moins de 24 heures a augmenté de 54% entre 2 000 et 2 007 et celles de plus de 24 h de 73% dans le même temps. De janvier 2 007 à avril 2008, la surpopulation carcérale est passée 9780 à 13 869 (plus 42%)

Vietnam—*10/4/2008 - Suite à une grève des 20 000 travailleurs d’une usine de chaussures d’un sous-traitant coréen de Nike pour les salaires du 31/3 au 4/4, 24 meneurs ont été arrêtés et 24 autres contraints de démissionner pour qu’ils ne puissent réclamer aucun droit.

Iran—*25/4/2008—La répression ne frappe pas seulement les minorités ethniques ou les femmes ou les Kurdes mais aussi les travailleurs. En 2007, 357 condamnés ont été exécutés.

LES CRIMES DU CAPITAL

Nigeria - 17/5/2008 – Plus de 100 morts dans l’explosion d’un oléoduc près de Lagos : vol ou défaut d’entretien. En novembre 2007 le piratage d’un pipeline avait déclenché une même explosion, faisant 40 morts. Quant aux blessés, on ne les compte pas.

Monde – *20/5/2008 – L’assouplissement dans les dernières décades des restrictions au commerce international a conduit à une invasion de produits contrefaits. Pas grave, sauf pour les capitalistes patentés, s’il s’agit de sacs à mains ou autres produits de luxe. Dangereux et tragique s’il s’agit de pesticides ou de médicaments. Globalement, ces derniers commerces clandestins atteindraient 200 milliards de dollars en 2005, ce qui serait une sous-estimation de plusieurs centaines de milliards. Tous les moyens sont bons pour tourner les barrières frontalières, certains pays « nouveaux » comme l’Ukraine ou les Balkans devenant, en raison de la fragilité des structures étatiques des plates-formes de ces trafics. *22/1/2008 – D’où viennent les profits ? Arcelor-Mittal a des usines un peu partout dans le monde surtout dans les ex-pays de l’Est rachetés lors de la déstalinisation pour une bouchée de pain et où les réglementation sont très laxistes, notamment sur la sécurité des travailleurs. Les usines du groupe connaissent des accidents graves à répétition. Une explosion dans l’usine Abaiskaya au Kazakhstan a fait 30 morts qui s’ajoutent à une liste de 191 morts dans les usines du groupe depuis 1996. *24/1/2008 – Il a fallu une enquête britannique concernant 10 000 fonctionnaires étalée sur 12 ans relayée par une autre de 2004 portant sur 25 000 personnes dans 52 pays pour trouver que le stress professionnel augmente le risque d’affections cardiaques, les femmes étant plus touchées que les hommes chez les moins de 50 ans. Ce stress joue aussi un rôle central dans la vie affective et influe aussi sur d’autres maladies chroniques. Les autres facteurs habituellement incriminés comme le tabagisme, l’alcoolisme, la sédentarité, ne jouent pratiquement aucun rôle sauf d’être induits par le stress.

Turquie – 1/2/2008 –Un capitalisme sauvage fait que, même dans Istanbul (12 millions d’habitants) de nombreuses usines clandestines échappent à tout contrôle. L’explosion d’une usine de feux d’artifice installée au 5ème étage d’un immeuble en pleine ville a tué au moins 20 personnes, blessé 117 et détruit une partie des immeubles environnants.

Afghanistan *L’humanitaire en action. « Terminus Kaboul » a été écrit par un sous-officier allemand des troupes de l’OTAN. Il y raconte le procédé utilisé par l’armée pour savoir si un terrain est miné ; Ils y lancent des pommes sous le regard d’enfants affamés qui se précipitent pour les ramasser. S’il n’y a pas d’explosions, c’est que la voie est libre.

Brésil – *22/1/2008 - Au Nord du Brésil, en bordure de la forêt vierge, 400 000 femmes et familles vivent de l’utilisation d’une espèce de palmiers, le « babussa » dont les noix leur permettent de vivre avec ses utilisations multiples (huile, savon, farine, et autres) L’invasion des grands propriétaires et l’extension des cultures industrielles et de l’élevage prive ces populations de leurs moyens de subsistance et les transforment en salariés agricoles. Pour se défendre elles ont créé un « Mouvement étatique des briseurs de babussa » en 2001 pour lutter pour la préservation de leurs conditions de vie

Monde -* avril 2008 – Sordide bataille de chiffres autour des innombrables victimes, seulement des guerres, chiffres qui en général ne tiennent pas compte de la surmortalité engendrée par le chaos économique depuis le rationnement alimentaire jusqu’au manque de médicaments comme d’eau potable ; Bosnie : entre 100 000 et 200 000 morts, République Démocratique du Congo ( ex Zaïre, ex Congo Belge):5,4 millions de morts, Irak :de 100 000 à I million de morts ; Darfour : de 150 000 à 450 000 morts ( dont les ¾ par maladie) * mai 2008—Il n’y a pas qu’en Chine que se pratique l’assassinat pour alimenter le trafic d’organes pour sauver la vie de riches occidentaux. On vient de découvrir qu’à la faveur des troubles dans les Balkans, depuis 1999, plus de 400 serbes ont disparus, enlevés et déportés en Albanie pour y être tués en vue de prélever des organes achetées par des cliniques de l’étranger.

Maroc – *27/4/2008 Cela ne se passe pas seulement en Chine : un incendie dans une usine de matelas et d’ameublement près de Casablanca fait 55 morts dont 35 femmes, tous brûlés vifs car ils étaient enfermés à clé, sans aucune sécurité ( extincteurs vides) ;

BRAS DE FER ET MANIPULATIONS SUR LE DOS DES IMMIGRES

Difficile de dire qui a commencé des immigrés dits travailleurs ( ils le sont tous sinon que deviendraient-ils) poussés à agir plus ou moins spontanément par une situation sociale qui s’aggrave pour tous mais encore plus pour eux et par une répression également à la mesure de ces tensions sociales. S’y ajoute la politique du remplacement des immigrés non UE par des immigrés UE auxquels on vient , pour la France d’ouvrir largement les portes seulement entrouvertes jusqu’ici dans le but de « blanchir » l’immigration.(ce qui se fait également dans certains autres pays de l’Union Européenne). Toujours est-il qu’après des conflits isolés qui virent s’affirmer une solidarité locale avec des travailleurs munis de faux papiers mais travaillant régulièrement dans une même entreprise depuis des années, 300 travailleurs immigrés sans papiers se mirent en grève le 15 avril dans une vingtaine d’entreprise, en partie à l’appel de certains courants de la CGT et de Droit Devant. Vraisemblablement dans le cadre de discussion plus générales, la CGT accepta de se faire l’intermédiaire entre ces grévistes oeuvrant sous sa houlette, le gouvernement et les autorités administratives de l’immigration. La CGT devait ainsi déposer les dossiers de régularisation d’un millier de sans papiers travailleurs déclarés, le gouvernement coincé par sa politique répressive anti immigration, s’empressant de déclarer que ce n’était nullement une régularisation globale mais de l’examen de dossiers au cas par cas

Il était inévitable que cette promesse de régularisation d’une catégorie d’immigrés constituait un appel d’air et que beaucoup d’entre aux se précipitèrent qui, auprès des syndicats, pas seulement de la CGT, qui auprès des organisations d’immigrés, qui auprès des services d’immigration pour tenter de faire valoir ce qu’ils pouvaient considérer comme un droit puisqu’il était accordé à certains d’entre eux placés dans la même situation. Tous ces bureaux ou services furent rapidement submergés de demandes (on évalue le nombre de ces « immigrés travailleurs » entre 200 et 400 000)..

Un collectif d’immigrés tenta de réunir des dossiers pour tenter de faire ce qu’avait fait la CGT mais se heurta au refus des services de la préfecture d’accepter une telle démarche collective, renvoyant les postulants auprès de la CGT. Ce syndicat déclara que, pour le moment, seule la première fournée (environ un millier) était concernée et que les autres devaient attendre.

Une telle démarche et le rôle ambigu joué par la CGT amenèrent les « sans-papiers travailleurs » regroupés autour du collectif de la région parisienne à tenter une pression supplémentaire en occupant l’annexe parisienne de la Bourse du Travail. Ce n’est pas une occupation symbolique et ils y sont encore après près de trois semaines, personne ni le pouvoir, ni les gros bras des syndicats n’osant les en expulser.

Devant ces faits, devant les atermoiements du gouvernement et le décalage entre les paroles et la réalité ((à ce jour entre 100 et 200 dossiers ont été régularisés sur plus de 900 déposés), la CGT a lancé une nouvelle vague de grèves de 320 travailleurs dans 23 entreprises.

La situation de ces travailleurs est plus complexe que ne le révèle ce simple exposé. Une bonne partie des immigrés travaillent au noir et ne peuvent fournir les attestations demandées pour une régularisation. Une autre partie travaille pour de petits patrons qui peuvent facilement les licencier s’ils font grève ou se débarrasser d’eux pour ne pas révéler cet emploi illégal. Une autre partie, peut-être la plus importante se méfie, craignant de se voir renouveler l’escroquerie des années passées concernant la régularisation des parents d’enfants scolarisés, ils préfèrent rester dans l’ombre plutôt que de donner des précisions autorisant leur expulsion éventuelle.

Par son inertie, par la difficulté, ou pour les syndicats de mobiliser ces sans papiers au-delà des entreprises les plus importantes, ou pour les sans-papiers de surmonter leur isolement face à leur exploitation et à leur répression, pouvoir et organisations syndicales ou autres ne peuvent que voir la situation se déliter, se pourrir. A moins d’un sursaut dans des actions plus radicales de la part des intéressés eux-mêmes, le gouvernement y gagnera sa réputation de chasseurs d’immigrés anti régularisation et les syndicats et autres organisations y perdront la confiance que des immigrés trop confiants avaient cru placer en eux.

ROUMANIE –DACIA-RENAULT

Après trois semaines de grève en mars-avril 2008 (80% des travailleurs de l’usine de Pitesti) et pas mal de vicissitudes tant avec les tribunaux qu’avec les bureaucraties syndicales, la direction de Renault a fini par concéder une augmentation évaluée à 40% des salaires. Une première augmentation de 20% avait déjà été accordée en févriers 2007. Le moment était propice car outre un redressement économique (du aux investissements européens chassant les bas coûts de production) la raréfaction de la main-d’œuvre consécutive à l’émigration (plus de 2 millions d’émigrés, 10% de la population) a fait baisser le taux de chômage à 4% (certaines usine textiles ont même dû remplacer les travailleurs manquants par des immigrés chinois) Comme Renault avait fait de cette usine une vitrine pour la production du produit phare, la Logan, en misant sur le capital variable à bas coût ( un seul robot dans toute l’usine ), la grève fit grand bruit non seulement en France car elle montrait les limites des investissements dans les pays pauvres en spéculant sur les différentiation de salaires. Ce bruit n’a guère eu de répercussions sur les usines Renault de France, bien qu’elle ait trouvé un écho chez les travailleurs tirant satisfaction de voir Renault englué dans une grève mettant plus ou moins en cause sa politique de globalisation et de délocalisation. Les syndicats CGT et CFDT ont engagé une course de vitesse pour faire beaucoup de bruit autour d’un soutien purement formel à cette grève (collectes peu fructueuses, envoi d’un seul bureaucrate pour « prendre contact ». La peur du chômage et des baisses de production avec mise au chômage technique ont joué leur rôle quant à une solidarité éventuelle Renault, de son côté a joué les atouts habituels des patrons des multinationales. D’un côté, la grève n’était pas vraiment une surprise et des stocks avaient été constitués pour éviter toute rupture de livraison. La menace de délocaliser hors de Roumanie n’était pas qu’une menace. Même si le différentiel de salaire avec la France est passé en trois ans de 1/16 à 1/6, la marge de profit reste » honorable » à 6% bien que la part des salaires dans le prix reste de 15% Les autres moyens de pression invoqués pour calmer les ardeurs revendicatives des ouvriers roumains ne sont pas que des menaces : Renault va construire la Logan dans deux ans en Russie(Avtovaz usines rachetées à bon prix équivalent à 4 grosses usines de montage ) et veut pousser ses délocalisations en Inde, Turquie, Chine et Maroc, la page roumaine étant déjà tournée en prévision du passage de la Roumanie à l’euro.

Suite à la grève de Dacia, les travailleurs de l’aciérie Arcelor-Mittal de Galata se sont mis en grève aussi pour les salaires. Mais le mouvement a dû être suspendu au bout de deux jours suite à un jugement déclarant la grève illégale et les travailleurs concernés n’ont pas été au-delà.

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