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Dans le monde, une classe en lutte mars 2008

lundi 7 avril 2008

LE CAPITALISME C’EST LE VOL : l’éthique du capital

« Patrons français et fiers de l’être » (titre d’un article de Jean Jaurès dans La dépêche du Midi du 28/5/1891)

Il n’y a que les naïfs ou les profiteurs hypocrites du système pour s’étonner de l’existence révélée d’une caisse noire de l’UIMM, le syndicat patronal de la métallurgie (d’ailleurs pas fortuitement comme on tente de nous le faire croire, mais dans le cadre d’un règlement de comptes autour de la répartition du pouvoir au sein du patronal, l’évolution des structures capitalistes en France ayant modifié le poids respectif entre les différents secteurs d’activité). Le capitalisme, le mode de production que nous subissons et qui s’est répandu dans le monde entier repose fondamentalement sur l’exploitation de la force de travail. L’extorsion d’une bonne partie du produit de cette force de travail est la condition première de la reproduction et de l’accroissement du capital et cette extorsion est garantie par un encadrement juridique imposé par tout un arsenal répressif. Tout comme son fondement est le vol, l’activité capitaliste repose sur une guerre constante basée sur des conflits d’intérêts dans laquelle tous les coups sont permis. Parmi ceux-ci, le rôle de l’argent est roi et il n’y a d’autres frontières à son utilisation dans l’intérêt de ceux qui se le sont accaparé. Tout s’achète pour garantir la paix sociale et calmer ceux qui pourraient avoir un pouvoir de nuisance à ces intérêts ; Soit contrainte au chantage, soit nécessité, soit crainte, soit conscience élastique, soit appât du gain ou d’une parcelle de pouvoir, ils sont légion ceux qui abandonnent leurs convictions et/ou leur combat. L’argent de l’UIMM a arrosé des partis ou des syndicats, des hommes politiques ou des leaders syndicaux petits ou grands ou des militants. Cela peut prendre parfois des voies très détournées. Mais c’est aussi vieux que le capital lui-même et du haut en bas de l’échelle hiérarchique à commencer par les promotions ou l’attribution du meilleur poste au plus docile. Un bon exemple est encore donné du niveau de corruption sous le capital avec la condamnation le 25 février 2008 du président du comité d’entreprise Volkswagen qui, lui aussi pour garantir la paix sociale a distribué pendant plus de dix ans pour le compte de la direction aux différents représentants syndicaux du trust des gratifications et avantages en tout genre. Lui-même a reçu pour prix de ce « travail » 2 millions d’euros de « primes spéciales » y compris 400 000 euros pour sa maîtresse brésilienne (trois ans de prison alors que le DRH qui finançait et organisait des parties fines n’a écopé que d’un an de prison). Là aussi, selon l’expression de l’ex patron de l’UIMM, il fallait « fluidifier » les relations sociales conflictuelles. Ce n’est d’ailleurs qu’un des aspects les plus visibles du fonctionnement du système d’exploitation. Il est d’autres formes de corruption qui jouent à une échelle internationale tant pour les politiques des Etats que pour les profits des multinationales (voir les "preuves" dans la guerre d’Irak ou les contrevérités centenaires sur l’amiante ou plus récentes les OGM ou les nanotechnologies) Le système capitaliste n’est nullement réformable parce que basé sur le profit, tiré de l’exploitation du travail : toutes les formes de corruption, un des volets de la domination, ne disparaîtront qu’avec lui.

LES PATRONS INQUIETS ?

Dans le journal patronal Les Echos du 4 mars dernier, un article "Les conflits sociaux prennent des formes de plus en plus diversifiées" énumère à la fois les conflits classiques comme la grève mais aussi tout un ensemble de pratiques anciennes ou nouvelles qui contournent les difficultés diverses rendant la grève quasi impossible mais qui, pour le patronat sont tout autant inquiétantes et difficiles à contrer... Comme le souligne un DRH, "le plus visible n’est pas forcément le plus difficile à affronter." et que ce que les DRH redoutent c’est "le conflit qui ne s’exprime pas collectivement" Pour une fois les sociologues, travaillant pour les patrons, tentent de trouver où se situent les résistances de classe dans le contexte actuel des rapports de production, du rapport de forces dans l’exploitation du travail. L’un d’eux souligne, ce que nous pensions déjà, que " en fonction de leur environnement et des contraintes qui pèsent sur eux, les travailleurs puisent dans un registre d’actions" ; et que, d’une façon générale, ce serait une erreur d’opposer les conflits individuels aux conflits collectifs. Au contraire, on assiste souvent à une combinaison d’actions individuelles et collectives. Les statistiques du conflit du travail (qui ne prennent en compte que l’arrêt total de travail de plus d’une journée) dont les politiques se servent pour nous démontrer " un déclin permanent de la grève"(on n’emploie plus d’ailleurs les mot honni "grève" pour y substituer celui plus intello de "conflictualité"). Mais évaluant l’ensemble des conflits de toutes sortes, les mêmes statisticiens utilisant un autre comptage estiment que déjà entre 2002 et 2004,des conflits ont éclaté dans 30% des entreprises contre 21% dans la période 1996-1998. Il serait trop long d’exposer les détours de ces actions que les patrons déplorent tout en cherchant les moyens de les combattre, en utilisant autre chose que les moyens classiques devenus inopérants. Ils sont, pour une part, la réponse aux nouvelles formes d’utilisation des techniques de production et dans l’exploitation de la force de travail, qui ont individualisé les postes de travail et partant salaires, rythme et horaires de travail. Ce qui a changé dans ces actions de lutte individuelle (qui comme autrefois deviennent collectives par leur expansion et généralisation), c’est l’adaptation aux moyens modernes de communication (essentiellement Internet) et à la fragilité des nouveaux circuits dans le circuit de production et de distribution (là encore Internet pour ne bonne part). On trouvera des exemples récents dans ce bulletin. Ce déplacement dans les méthodes d’exploitation et dans la nature des actions de la lutte de classe a des conséquences importantes quant à l’intervention des intermédiaires (essentiellement les syndicats) dans la fixation des règles d’exploitation de la force de travail et quant aux résistances globales à l’exploitation, c’est à dire à la conscience de classe. Patrons et syndicats tentent de définir les nouveaux termes de l’encadrement social en fonction des impératifs actuels de la production capitaliste et de ces nouvelles méthodes de production. Au niveau de base, l’affaiblissement des appareils syndicaux (et éventuellement le renforcement de leur pouvoir légal) illustre un renforcement des échelons de base de la représentation ouvrière mais plus sûrement une plus grande autonomie d’action dans une articulation renforcée entre la résistance individuelle et sa mutation en action collective.

LES NOUVELLES FORMES DE LUTTE LES TECHNIQUES NOUVELLES AU SERVICE DE LA LUTTE DE CLASSE

Les médias n’ont guère donné de publicité à une avarie (pas de détails sur l’origine) survenue le 1/2/2008 à des câbles sous-marins de télécommunications au large de l’Egypte qui a sérieusement perturbé les liaisons internationales avec tout le Sud Est asiatique notamment toute la sous-traitance informatique en Inde. L’interruption a parfois duré plus de 15 jours. Si un « accident » peut créer un tel chaos, quelle arme ce pourrait être entre les mains de travailleurs combatifs.

Cet « accident » montre le potentiel que pourraient apporter l’utilisation des « nouvelles technologies » dont se servent quotidiennement les travailleurs, une sorte de cadeau du développement capitaliste puisqu’ils sont les seuls à les avoir à leur disposition de par leur travail et être spécialement formés pour les utiliser. Par delà les formes traditionnelles de la lutte, les grèves syndicales, contrôlées ou débordant quelque peu leurs initiateurs, les grèves sauvages, le durcissement des formes de lutte avec blocages, occupations, séquestrations, sabotages ou menaces de destructions de plus grande ampleur. Toutes choses traditionnelles que les pouvoirs patronaux et étatiques savent plus ou moins contenir par les médiations syndicales ou les forces physiques de répression, se glissent d’autres formes de lutte plus insidieuses et plus difficilement contrôlables.

Ces luttes précisément utilisent ce potentiel qu’offre l’organisation présente de la production notamment dans des secteurs où l’individualisation des postes de travail et conséquemment des conditions de travail a conduit à briser les résistances collectives. Dans ce qu’un sociologue appelle une « combinaison d’action individuelles et collectives », l’utilisation de l’informatique joue un rôle central (on pourrait y ajouter le téléphone portable) Nous ne pouvons énumérer ici tous les cas concrets qui ont été recensés d’actions utilisant ces moyens et qui ont été aussi efficaces que la grève traditionnelle. Finalement, selon les situations du rapport de forces propre à chaque entreprise, les travailleurs disposent d’un éventail beaucoup plus important qu’autrefois de moyens de lutte. Il n’y a pas de moyens privilégié : la multiplication d’initiatives individuelles, possibles avec Internet et le portable, devient une action collective souvent plus difficile à contrer par le capital que les formes traditionnelles de lutte ; Celles6ci d’ailleurs peuvent toujours de greffer sur ces actions individuelles devenues collectives. Un autre aspect de cette situation est qu’elle redonne du pouvoir aux actions autonomes de base quelque peu marginalisant l’influence directrice des syndicat et les contraignant à redéfinir leur rôle, une situation qui a des implications bien au-delà des formes d’action diversifiées elles-mêmes et peut expliquer tout le courant de réforme des relations de travail qui découle aussi finalement des nouvelles méthodes d’exploitation de la force de travail et de ses conséquences en cascade sur l’ensemble du processus de production.

BELGIQUE

Hiver 2007-2008 – Une vague de grèves pour les salaires, le plus souvent spontanées venant de la base secoue le pays, surtout en Flandres, la région la plus prospère, notamment dans la métallurgie et le textile, ce qui ne s’était pas produit depuis trente ans. Depuis 1996, les salaires sont fixés par un système national complexe impliquant des négociations de branche mais sur la base d’un salaire de base défini nationalement par un accord interprofessionnel en tenant compte à la fois d’éléments comparatifs avec les pays voisins, France, Allemagne et Benelux et de l’évolution de l’indice national des prix (dont a été exclu récemment le prix des carburants. La nouvelle norme doit être fixée fin 2008 par des discussions paritaires. Devant les grèves qui restent individualisées entreprise par entreprise et ne prennent un caractère d’ensemble que par leur multiplication, les patrons répondent individuellement, ne cédant souvent pour avoir la paix que des primes et résistant quant à des augmentations générales de salaire. Certains même laissent entendre que ces primes ou augmentations ne sont que des avances sur les augmentations qui pourront résulter de ces discussions de fin d’année.

On ne peut donner qu’une liste non exhaustive de la multiplicité de ces grèves localisées depuis le début de 2008 :
- 22/1/2008 – Tenneco à St-Trond, la grève se conclut par une prime de 300 euros versée quatre fois dans l’année
- 23/1/2008 – 48 heures de grève chez Fabricom GTL amènent des pourparlers

- Galva Belgium : Houthalen – grève spontanée qui gagne 0,25 euro de l’heure et prime de 900 euros en juin
- Alro Holdings à Genk (Limbourg) grève spontanée de 1 000 travailleurs de deux jours gagne 0,40 euro de l’heure et prime aux résultats de 500 euros
- Sabca à Lummen (Limbourg) (pièces pour l’aéronautique) grève spontanée pour salaires et conditions de travail. Réunion de conciliation avec un médiateur
- Hydromation à Tongres (pièces détachées pour l’automobile) 100 travailleurs en grève pour la sécurité d’emploi (transfert possible en Hongrie). Garantie jusqu’à fin avril.
- BPGeel (pétrochimie) Action depuis le 30 janvier contre une restructuration accroissant la précarité. Des piquets de grève bloquent l’entrée des sous-traitants et des camions des travaux d’aménagement du site.
- Ceva à Tongres, Logistique, 200 travailleurs en grève spontanée d’un jour en solidarité avec le licenciement d’un travailleur et le départ du directeur. La grève obtient sa suspension et le paiement de la journée de grève
- D. Logistics Packing (emballage), sous-traitant de Bosch, grève spontanée pour une prime de 750 euros équivalente à celle accordée le 24/1/2008 aux travailleurs de Bosch - Dalkib Europe (air conditionné) grève pour les salaires obtient une prime de 750 à 1 200 euros suivant l’ancienneté payable en deux fois mais rien sur les salaires.
- Malysse Sterima à Courtrai (blanchisserie) grève spontanée des 200 travailleurs d’une journée pour un salaire horaire minimum de dix euros de l’heure, une prime de 250 euros et un ralentissement des cadences.
- Bekaert (métallurgie) une grève obtient un contrat définitif après 12 mois en CDD au lieu de 24 et une augmentation de la prime aux résultats, mais pas d’augmentation de salaires
- 21/1/2008 - grève chez les sous-traitants de Ford : Syncreon (câblage) le 14/1/2008, Lear le 16/1, Magna, Belpas pour des augmentations de salaries. Et chez Ford où les travailleurs obtiennent une prime de 1 000 euros, le passage en CDI de 200 CDD sur 9OO, l’embauche de 20 travailleurs sur la chaîne d’assemblage avec une diminution du rythme de 3%
- 18 et 21/1/2008- Johnson Controls sous-traitant de l’automobile à Geel 2 jours de grève amènent un accord sur des augmentations de salaire

Et beaucoup d’autres dans le secteur des sous-traitants de l’automobile (, Eka, Rieter, Stanckjewics, Imgy Automotiv,Case New Holland,… etc), dans le textile (UCO à Bruges, Schlegel et Celanese). Souvent les actions démarrent suite à un problème lié à l’entreprise (classification des conditions, charge de travail, etc..) mais les revendications de salaires deviennent de plus en plus les revendications centrales

BANGLADESH

De nouvelles émeutes dans le textile au Bangladesh (voir précédents bulletins)

Malgré la dictature militaire, l’état d’urgence, les milliers d’arrestations et les répressions de 2007 contre les travailleurs des entreprises textiles acculés à l’émeute par la rapacité des patrons locaux, sous-traitants des multinationales, les émeutes ont repris en ce début d’année. La tension est toujours latente car non seulement les salaires minimum fixés pour éteindre la précédente vague de grèves et d’émeutes ne sont toujours pas appliquées, mais comme auparavant, même ces salaires de misères sont payés irrégulièrement. En 2007, l’inflation a atteint 17,6% dont 25% pour les produits alimentaires. En 2007, 4 000 usines ont connu des grèves sauvages, 46 usines ont été incendiées, des centaines pillées et vandalisées. Le conflit qui éclate début janvier montre qu’une explosion peut surgir de la moindre exaction patronale. Dans la nuit du samedi 29 décembre une ouvrière de la firme SQ Sweaters Ltd très malade demande à quitter l’usine où elle travaille : elle est contrainte de rester sous la menace d’être licenciée sur le champ. Son état empire tant qu’à 3h du matin le 30 décembre, elle doit être raccompagnée chez elle où elle décède dans la nuit du lundi 1er janvier à 4h30 . Le mardi 2 janvier, le patron menace de licenciement les travailleurs de l’usine qui veulent assister à son enterrement. C’est alors que la grève éclate et le patron est séquestré. Celui-ci décide le lock-out le mercredi 3. Les travailleurs regroupés devant l’usine commencent à manifester rejoints par des milliers de travailleurs de plus de 20 usines de cette banlieue de Dacca, la capitale, bloquent les routes, incendient les voitures et se battent avec la police renforcée par les unités spéciales anti-émeute (RAB), puis par l’armée. Le même mardi 2 janvier, dans un autre secteur de Dacca, suite à l’arrestation dans la nuit à son domicile d’un « leader » d’une manifestation la veille pour les salaires par les forces spéciales à la requête du patron de l’usine MBM Garments, les travailleurs manifestent à l’embauche à 6h du matin, bloquent les entrées de l’usine. S’ensuit une bataille rangée avec la police : plus de 50 voitures sont brûlées et la bagarre laisse 50 blessés. Pour éviter une extension du conflit les patrons du secteur décident le lock-out de 50 usines. Mais en quelques minutes, plusieurs milliers de travailleurs se dirigent vers le centre de la ville en réclamant une révision générale des salaires. Le vendredi 5 janvier, les 1 500 travailleurs de Paina Textile Mill LTD viennent à l’embauche de 7h30 pour demander le paiement de leur salaire dont le patron ne propose que la moitié. Ils envahissent l’usine et commencent à tout y briser, mobilier, ordinateurs, machines. La police intervient mais la grève se poursuit. Ce jour marque pourtant un « retour au calme » à l’usine SQ Sweater Ltd où une enquête est ouverte avec une commission gouvernement-patronat, une indemnisation de 990 euros à la famille de l’ouvrière décédée, la suspension de toutes les poursuites et un changement dans l’organisation des équipes réduisant le travail de nuit

LES CRIMES DU CAPITAL

Monde - *4/3/2008 - Parmi les moyens de destruction "au sol", l’armée a fait de grands progrès depuis les mines "antipersonnel" jusqu’aux bombes " à fragmentation" et aux bombe à sous-munitions". 32 pays, les plus "puissants" les fabriquent et les utilisent ou les ont utilisé. 440 millions de ces engins souvent minuscules et invisibles non explosés sont dispersés de par le monde dans 29 pays avec plus de 400 millions de victimes potentielles, à 98% des civils et surtout des enfants. Comme le déclare le ministre français de la Défense :" ce sont des armes légales,dont la possession est à ce jour indispensable à nos armées."

Monde - *5/3/2008- Les transplantations d’organes infèrent un fructueux commerce direct et indirect. Direct ou bien par des chaînes maffieuses de ventes volontaires de la misère ou d’enlèvements ou bien par des organisations d’Etat comme en Chine qui alimente le circuit par les condamnés à mort mais, on soupçonne par les camps de prisonniers politiques ou religieux ( 90% des organes transplantés viendraient de 10 000 condamnés). Indirect par les trusts pharmaceutiques qui alimentent le marché légal et illégal par la vente des immuno-suppresseurs ( 1,3 milliard pour un seul labo qui nanti de sa draperie éthique exporte sans limite en Chine)

Irak *11/1/2008 - Une sordide querelle de chiffres d’une tuerie. D’après une estimation du journal médical britannique The Lancet, les trois années la dernière guerre en Irak a fait plus de 600 000 morts violentes, ce qui exclut tous les autres morts collatéraux de privations diverses. Chiffres bien sûr condits par des autorités plus liées aux pouvoirs, l’OMS et le gouvernement britannique qui auraient enquêté dans moins de 10 000 familles ( 60 000 personnes) et réduisent le chiffre des morts violentes à une fourchette entre 80 000 et 150 000.

Monde - *22/1/2008 - D’où vient le fric de la conquête mondiale dans l’acier ? Les usines des pays hors Europe d’Arcelor-Mittal ne brillent pas par le respect de la sécurité d’où leurs bas coûts de production. Dans la période récente, toute une série d’accidents très graves dans les usines hors ouest de l’Europe ont quelque peu terni la réputation de Mittal quant à l’observation d’un minimum de sécurité dans ses aciéries : productivité à tout prix garantissant le maximum de profits. Dans son aciérie du Kazakhstan à Abuiskaya, 30 morts dans une explosion en janvier ( dans cette aciérie, 191 morts depuis 1996. En 2006 dans une autre aciérie kazakh de Mittal, 41 morts et en 2004, 23 dans une autre. (Le tust Mittal emploie 50 000 travailleurs au Kazakhstan, une des bases de son empire sur les ruines de l’Unon Soviétique. En Macédoine, les ouvriers d’une aciérie Mittal sont avertis par les managers de ne pas se soucier des consignes de sécurité pour ne pas troubler la marche de l’usine. On comprend mieux pourquoi Mittal-Arcelor veut fermer les usines de Cokerill-Ougrée à Liège ou Gandrange en Moselle où les règles de l’exploitation du travail sont plus strictes avec un contrôle ouvrier sur la sécurité. La réputation du trust ( qui exploite 320 000 travailleurs dans 60 pays) dans ce domaine de la sécurité commençant à être connue,, une rencontre a été organisée à Bruxelles la 23 janvier avec des représentants syndicaux de l’International Metal Workers’Federation.Mais qui ira voir aux fins fonds du Kazakhstan ou de l’Afrique du Sud si les recommandations qui en sortiront seront appliquées

Monde –* janvier 2008 – 25 000 êtres humains meurent de faim chaque jour.. D’après le Fonds pour le développement agricole pour chaque % d’augmentation des prix des céréales, 16 millions d’habitants tombent dans l’insécurité alimentaire. Au rythme actuel, en 2025, 1,2 milliards d’habitants terrestres tomberont dans la catégorie des « affamés ». Par suite de la hausse du pris des produits alimentaires les Nations-Unies sont contraintes de réduite les rations de ‘l’aide alimentaire distribuée dans le monde. Une des cause de cette situation est l’utilisation des céréales ou des terres céréalières pour les biocarburant par les multinationales du pétrole ( aux USA, 33% du maïs est déjà utilisé à cette fin )

IMMIGRATION - EXPLOITATION - ESCLAVAGE

Algérie - 1/2/2008 - Depuis trente ans, 158 000 Saharouis chassés par les troupes marocaines du Sahara Occidental croupissent dans des camps, vivant uniquement de l’aide alimentaire, dans le désert dans des conditions dont la dureté ( particulièrement climatique) n’a d’égale que la précarité.

Emirats Arabes - *22/1/2008 - La grève des ouvriers du BTP de Dubaï ( voir précédents bulletins) et du Barheim ont fait tant de bruit que les autorités des Emirats, de Bahreim, du Quatar et du Koweit, tous exploiteurs des esclaves venus de toute l’Asie du Sud-Est se sont trouvés contraints pour leur imager de marque et surtout pour continuer à trouver des recrues, à organiser à Abou Dabi un "sommet" avec les dirigeants des pays fournisseurs de main d’oeuvre et profiteurs des envois au pays de tos les esclaves expatriés. Il en est sorti une sorte de "code du travail" sous forme de "recommandation" ; dans les faits, bien peu changera. Un ouvrier du bâtiment de Dubaï gagne entre 210 et 250 euros par mois, dont le paiement est souvent différé de 2 à 3 mois payés en liquide. En fait, les "recommandations" visent à contrôler le travail clandestin, l’activité des agences de recrutement et le transfert monétaires par les canaux bancaires "légaux"

Espagne - *15/1/2008 - De 2006 à 2007, le nombre des migrants interceptés à l’approche des côtes espagnoles serait passé de 39.000 à 18 000 . Ce serait le résultat d’accord passés dans le cadre d’un "plan Africain" basé à Dakar destiné à régulariser le mouvement des esclaves modernes. Par contre, pas de chiffres donnés sur ceux qui sont au fond de l’Atlantique en tentant de passer dans l’Eldorado européen.

France - *2/1/2008- Véritables petits camps de concentration, les camps de rétention ont connu et connaissent des mouvements de révolte (notamment grèves de la faim) contre les conditions de vie et les sévices. Sans parler des mutilations volontaires et des tentatives de suicide. La course au chiffre du plan d’expulsion permet tous les excès policiers. Comme les mineurs ne peuvent être expulsés, des services médicaux très spéciaux sont chargés par des analyses osseuses ou pileuses de déterminer si les "coupables" ont plus ou moins de 18 ans. *26/2/2008 – S’étant procurés à prix d’or des faux papiers pour pouvoir trouver un travail, de nombreux émigrés sont pris au piège des contrôles de plus en plus sévères alors que les employeurs sont menacés de poursuites. A plusieurs reprises, des émigrés menacés d’expulsion après la découverte de leur illégalité, se sont rebiffés et après des grèves ont obtenu leur régularisation (comme 7 « illégaux » travaillant dans un restaurant de la Grande-Armée à Paris). Mais ce n’est qu’un cas particulier où a joué une solidarité de classe, avec un certain soutien des patrons. A l’inverse, certains patrons prennent les devants en licenciant les « illégaux » pourtant exploités par eux depuis des années. Des procès pour faire cracher ces patrons ont même donné gain de cause aux doubles victimes. Mexique - *janvier 2008 - Pour faire face à la concurrence asiatique, les constructeurs de l’automobile ou les fournisseurs de pièces détachées de la Maquiladora ( zone industrielle frontière avec les USA) n’embauchent plus que des travailleurs temporaires. Un exemple, une ouvrière (30 ans) de l’usine de pièces détachées Johnson Control Puebla travaillent en équipes de 8 h avec une pause d’1/2 heures pour le repas pour 55 $ la semaine (40 euros), en CDD de 6 mois, son salaire inférieur de 40 % inférieur à celui des anciens ouvriers en CDI.

REPRESSIONS

France - * 8/1/2008 -Faire des exemples. Soupçonné d’avoir endommagé le portail d’entrée de la gare de triage de St-Symphorien- d’Ozon, un cheminot qui avec d’autres avait tenté de débrancher la vidéo de surveillance, a été condamné, une des seules victimes des 31 plaintes pour sabotage déposées par la SNCF suite aux grèves de novembre - décembre sur les retraites des régimes spéciaux. A Thionville un autre a écopé de 4 mois avec sursis pour dégradations et deux autres à Blainville pour « entraves à la circulation ». Ce que l’on ne dit jamais, c’est ce que ces sanctions entraînent par rapport à l’emploi des condamnés.

*4/1/2008 - Les dernières émeutes de banlieue à Villiers-le-Bel ont montré qu’un degré avait été franchi dans la révolte notamment dans l’utilisation d’armes à feu contre les flics (ce que des événements plus récents ont confirmé). Parallèlement, l’évaluation des actions violentes par le nombre de voitures incendiées montre que celle-ci n’a pas diminué/ 40 000 recensés en 2007. Les caisses de l’Etat sont vides pour tenter d’émousser l’acuité des problèmes sociaux (bien que ce soit une illusion) mais l’argent coule pour mettre les forces de répression au niveau des adversaires sociaux. Essentiellement en tentant de neutraliser plus efficacement et de détecter en vue de serrer la vis de la répression. 2,5 millions fin 2007 et 20 millions en 2008. D’abord pour la protection des flics : 20 000 lunettes de protection, des boucliers balistiques pare balles de 2 m de haut, des "gilets tactiques". Des armes offensives paralysantes : des flash-balls a portée de 50 m, des tasers paralysants. Pour la détection, l’utilisation massive de la délation indépendamment des hélicos à projecteurs puissants et caméras infrarouge et la mise en oeuvre de tous les moyens de recherche utilisés jusqu’alors pour le grand banditisme. Plus dangereuse à long terme la loi "sur la rétention de sûreté et la déclaration d’irresponsabilité" qui, contrairement à son projet initial pourra s’appliquer à tous crimes et délits (c’est-à-dire à toutes actions jugées comme telles) et pourra conduire à "mettre à l’écart" à vie tout individu jugé "socialement dangereux". D’un autre côté, la police s’invite comme architecte pour la réforme des espaces urbains et de l’architecture pour ajouter à l’efficacité des interventions répressives (ce qu’Haussmann avait fait de Paris sous le second empire)

  • 29/1/2008- Opacité totale quant aux prisonniers (sans compter les centres de rétention et autres centres fermés pour jeunes). Au 1/12/2007, officiellement étaient décomptés 65 046 enchristés pour 50 000 places. On construit de plus en plus pour l’enfermement : 2 800 places nouvelles pour fin 2008 et un total de 63 000 pour 2 011 ; avec, pour la galerie la promesse de cellules individuelle pour tous le 15/6/2008. En fait, prévision de l’accroissement de troubles sociaux et de la répression conséquente.

GREVES DEFENSIVES

Grande-Bretagne - *18/2/2008 - L’application dans de nombreuses villes de l’unification nationale du statut des agents territoriaux signifie pour beaucoup des pertes de salaires. 20 000 sur 40 000 sont en grève à Birmingham. Après ces actions, les autorités municipales acceptent d’ouvrir des négociations avec le syndicat pour un aménagement local. Des actions diverses ailleurs notamment à Ashfield, Dunoon, Leeds, Blackburn, Northumberland, Argyll et Bute. *23/2.2008 - Grève sauvage de deux jours des 200 éboueurs de Brighton pour la réintégration de 4 d’entre eux sanctionnés pour avoir refusé d’abandonner leur poste d’origine dans une réorganisation tendant à démanteler des équipes trop combatives. *16/2/2008 – Remploy, firme qui emploie des handicapés ferme 28 usines sur 83 dans tout le Royaume-Uni en licenciant 2 000 travailleurs. Grève dans les usines de la Mersey et du Yorkshire 16/2/2008 – 400 travailleurs de Rolls Royce en grève à Bootle contre le licenciement de 200 d’entre eux

France – *29/1/2008 Arcelor-Mittal à Gandrange (Moselle) veut supprimer 595 emplois dans l’aciérie d’ici 2009 ; ils obtiendront quelques aménagements et indemnisation mais pas les quelque 700 ouvriers locaux des sous-traitants.

  • 25/1/2008 –Miko, usine Unilever de crèmes glacées à St-Dizier (Haute-Marne) veut licencier 254 travailleurs sur 493 . Occupation de l’usine depuis une semaine, séquestration des dirigeants le 15/1 délivrés par les flics ; devant la menace d’une violente réaction ouvrière certains ouvriers déclarant : « Il faut foutre le feu à l’usine », la CGT clame : » On n’est pas des casseurs »
  • 8/2/2008 – Imprimerie Nationale à Choisy-le-Roi en grève le 21 janvier contre la suppression de 77 postes sur 120. Le médiateur envoyé pour régler le problème est séquestré mais relâché ensuite sans que les travailleurs concernés aient obtenu quoi que ce soit.
    - *19/1/2008 – La SNCF projette de supprimer 1 500 postes sans licenciement (sur 165 000 cheminots et 6 000 sur 20 000 dans le fret (pour cette activité une réorganisation prélude à une privatisation et une fusion éventuelle avec Deutsche Bahn *19/2/2008 – Deux hauts cadres de l’usine Kléber (Michelin) de Toul (Meurthe et Moselle) séquestrés depuis le 14/2 et libérés le 17 contre la fermeture de l’usine par les 826 licenciés futurs en grève. Ils finissent par obtenir une indemnité de licenciement de 2 500 euros par année d’ancienneté, le réemploi éventuel dans une des 16 usines du groupe, une aide personnalisée jusqu’à réemploi, garantie de salaire pour 12 mois et un engagement de créer 900 emplois dans les 5 années à venir *- 14/²/2008 – 1 600 travailleurs d’Hewlet-Packard ont obtenu 12 millions d’euros d’arriérés de salaires (primes et augmentations) suite à un accord avec les syndicats mettant fin à une contestation concernant la suppression unilatérale d’une prime en 2001.

Allemagne – *18/1/2008 – Bochum (Ruhr ) manifestations et grève des travailleurs de Nokia (téléphones portables) contre la délocalisation en Roumanie avec le licenciement de 2 300 travailleurs. Cette opération fait suit à une autre similaire de Siemens (3 100 licenciements à l’automne 2006) et de Motorola (700 licenciements au cous de l’été 2007)

Monde - *année 2007 – Les bénéfices records des multinationales du pétrole cadrent mal avec les restructurations mondiales Exxon, suite à sa fusion avec Mobil en 1998 a réduit des effectifs de 120 000 à 82 000 aujourd’hui. BP après sa fusion avec Amoco et Aral est passé de 80 000 en 2006 à 71 000 en 2007 mais jugé que c’est insuffisant et projette d’en supprimer 5 000.

Grèce – *19/3/2008 – Troisième grève générale de 24 heures contre une réforme du régime général de retraite ( regroupement des caisses et uniformisation des garanties) qui a finalement été votée par le Parlement. Cette grève n’est qu’un épisode de grèves et d’actions pour les salaires et conditions de travail qui touchent ou ont touché différents secteurs :
- Les éboueurs en grève depuis deux semaines avec des tonnes d’ordures dans les rues et les flics qui interviennent pour protéger les jaunes.
- Les transports publics déjà totalement en grève le mardi précédent
- Dans les ports notamment les ferries desservant les îles
- Dans les aéroports avec la grève des contrôleurs aériens
- Dans les banques qui connaissent des grèves répétées
- Dans les hôpitaux où seules les urgences fonctionnent
- Dans les universités qui sont occupées.

LUTTES OFFENSIVES

Vietnam - *4/1/2008 - 2 000 travailleurs en grève dans une usine textile taïwanaise du sud-vietnam pour les salaires. Les hausses de prix des produits alimentaires dont le riz ont déclenché une vague de grèves dans les usines étrangères du textile la chaussure, l’électronique (salaire moyen 50 euros mensuels) : 1 500 ouvriers de SH Vina Co, 500 de Mitsuko H Technology, 1 200 de Doc Thuan entre autres : tous ont obtenu des augmentations. En 2007, 387 grèves ont éclaté dans le pays, plus de 300 dans des usines dépendant de firmes étrangères, à la suite desquelles le gouvernement avait augmenté le salaire minimum de 25 %. Mais l’inflation se poursuivant et la hausse des prix des produits alimentaires entraîne la récurrence des grèves . Turquie *-29/11/2007 - Après une grève de 44 jours les 25 000 travailleurs de Turk Telecom au cours desquels ils ont dû recourir à des sabotages, obtiennent une augmentation de salaire de 10 % cette année et 6,5 % l’an prochain, le réembauchage des licenciés et une prime. Les 10 000 travailleurs pour des sous-traitants sont restés en dehors de la grève et ne sont pas concernés par ces accords.

France - *7/12/2008 - Renault, usine de Flins (banlieue ouest de Paris) 30 travailleurs de l’équipement de l’équipe de nuit mutés en équipe de jour sans compensation se mettent en grève et font annuler la décision de mutation. *19/11/2007 - Les 50 travailleurs de l’entreprise de nettoyage ISS travaillant au Technocentre Renault de Guyancourt (banlieue sud de Paris) en grève doivent reprendre avec de maigres acquis (salaires 830 euros pour 130 h mensuelles)

  • 14/11/2007 - Sevelnord à Houdain (Nord), 3 500 travailleurs après une semaine de grève dans cette filiale de PSA obtiennent la tenue immédiate de discussions sur les salaires et conditions de travail et une avance de 200 euros sur l’intéressement.
    - *17/12/2008 - Batilly (Meurthe et Moselle) Les 50 travailleurs de la firme du nettoyage Onet (qui ont déjà changé 4 fois d’employeur) oeuvrant chez Renault, Sivab et Arcelor-Mittal en grève huit jours en grève pour leurs salaires (revendication 4% en sus du salaire actuel de 950 euros net)
  • 25/2/2008 – Grève des remontées mécaniques à la station de ski de Courchevel (Savoie) pour les salaires (675 travailleurs dont 500 saisonniers)
  • 1/2/2008 - Les trois syndicats, CGT, CFDT, FO s’aperçoivent (il serait temps) que les travailleurs de la distribution (supermarchés et hypermarchés) ont de bas salaires, des horaires impossibles et une précarité constante. Ils organisent une journée d’action diversement suivie ; Mais les caissières de l’hypermarché Grand Littoral à Marseille tiennent la grève 15 jours et, isolées doivent reprendre le travail avec seulement une réduction du prix des tickets repas et un étalement des pertes de salaires (en moyenne, le salaire est de 950 euros brut mensuels)

Allemagne - *13/1/2008 - Après maintes journées de grève de plus en plus étendues les agents de conduite de la Deutsche Bahn membres du syndicat professionnel GDL (voir précédents bulletins) ont obtenu, sous la menace d’une grève illimitée, 9,5 % d’augmentation, une prime de 800 euros et l’horaire hebdomadaire de travail réduit de 41 à 40 heures. Le succès de cette grève et la baisse du niveau de vie ont accru une tension sociale dont les syndicats doivent tenir compte en posant des revendications dans tous les secteurs. Où les arrêts de travail, pour le moment limités et contrôlés se multiplient Les aciéries ont conclu 8% d’augmentation pour les 93 000 sidérurgistes. Les fédérations de fonctionnaires demandent 8 % d’augmentation avec des arrêts ponctuels de plus en plus longs dans les hôpitaux, les crèches,les transports urbains et le ramassage des ordures, les aéroports, les transports urbains. 93 000 travailleurs du textile et de l’agriculture ont obtenu 5,5 %. L’usine Audi de Bruxelles paralysée par la grève de Deutsche Bahn. La BCE a cru devoir avertir patrons et gouvernement contre des "hausses inconsidérées de salaries". Deutsche Post, pour contrer la concurrence a cru bon d’instaurer pour les postiers un salaire minimum. Dans une surenchère électorale, diverses propositions ont envisage d’établir un tel salaire minimum de 1 200 euros pour toute l’Allemagne.

Belgique - *17/1/2008- Usine Ford de Genk (Limbourg) grève pour les salaires et la transformation de contrats temporaires en CDI . Déjà la production avait été interrompue deux jours auparavant par la grève d’un sous-traitant qui avait fait perdre 3 000 voitures.

Grande-Bretagne - *19/1/2008 - Après l’accord signé entre le syndicat CWU et Royal Mail et voté par les postiers à une infime majorité, et qui selon les propos des deux compères devait "inaugurer une nouvelle ère de relations sociales", des rencontres entre ceux-ci tente de définir ce que seront ces nouvelles relations : une modernisation du trafic postal et de nouvelles pratiques de travail. Malgré les promesses au cours de ces accords qu’il n’y aurait pas de répression sur les mouvements de grève de l’année 2007 et auxquels cet accord était supposé mettre un terme, les sanctions locales contre les actifs au cours de ces luttes déclenchent des grèves sauvages. Ces actions - toute une série de grèves sauvages visent aussi la mise en oeuvre des restructurations à Stoke-on-Trent, Morden et Wimbledon dans la banlieue de Londres *19/1/2008 - Toute une série de grèves localisées contre la mise en œuvre aux échelons locaux et municipaux d’un statut national des agents des collectivités publiques qui signifie , pour beaucoup d’entre eux des baises importantes de salaries (voir précédents bulletins DLM)

Egypte -*17/2/2008 - Les 27 000 ouvriers de l’usine textile de Gazl el Mahalla ( voir précédents bulletins DLM) après avoir brisé les portes de l’usine et chassé les policiers appelés en renfort,sortent de l’usine qu’ils occupent pour manifester rejoints par quelque 10 000 ouvriers des usines du secteur. Ils demandent l’augmentation du salaire minimum qui sera fixé le lendemain par le Conseil National pour les salaires réuni pour la première fois depuis 1980. La manifestation se transforme en manifestation politique, la première de ce genre depuis 1977 et on y entend des cris comme "A bas Mubarak. Ton régime, d’est de la merde". La police intervient pour les disperser. Toujours en février, sous la menace de grève le gouvernement accorde des augmentations de salaires aux fonctionnaires.

Espagne –*Barcelone – Depuis octobre 2007, les travailleurs de la TMB (3 000 conducteurs de bus) luttent pour 2 jours de repos par semaine. Des assemblées décident chaque jour de la suite de la lutte soutenue seulement par deux syndicats CGT (espagnole anarcho-syndicaliste) et ACTUB (corporatiste). Quatre jours de grève avant Noël et trois autres après. L’Assemblée s’est liée avec un collectif de squatters d’un immeuble pour lequel ils sont en procès avec le TMB. Ce collectif s’occupe des la popularisation de la grève (tracts, affiches…), participe à des sabotages (200 bus hors d’usage), au soutien à des piquets, etc.…. Une manifestation à Barcelone a réuni 5 000 participants, grévistes et solidaires le 9 février. Une nouvelle semaine de grève s’est déroulée du 3 au 7 mars. TMB veut sanctionner 50 grévistes accusés de sabotage.

Pologne *– 30/1/2008 – Série de grèves des enseignants, infirmières, docteurs, mineurs, cheminots, fonctionnaires pour les salaires après des élections qui ont mis au pouvoir ceux qui ont promis un « miracle économique ». Les douaniers poursuivent un mouvement débuté en octobre 2007 déposant en masse des congés ou des arrêts maladie, occasionnant sur la frontière est jusqu’à 90 km de bouchons routiers.

Chine *-15/1/2008 – Chaque jour dans la région de Canton (sud de la Chine) il éclate au moins une grève impliquant plus de 1 000 travailleurs.

Etats-Unis – *26/2/2008 – Une grève d’American Axle, sous-traitant de General Motors bloque 8 usines du trust et par contre coup oblige maints autres sous-traitants à mettre en chômage technique ses ouvriers

Burkinabé – Appel à la grève pour les 8 et 9 avril contre la violence de la répression de manifestations dans les villes du pays contre les hausses de prix des denrées de base

Danemark –* 22/2/2008- Départs massifs à la retraite et manque de main d’œuvre poussent les revendications devant l’essor du coût de la vie. Les fonctionnaires ont obtenu 12,8 % sur 3 ans (d’après certains commentaires, la hausse réelle ne serait que de 0,15 % ; les 500 000 employés territoriaux revendiquent 14,5 % et menacent de faire grève. On ne sait si cette situation sociale explique la récurrence de troubles, sortes d’émeutes chaque semaine à Copenhague et dans 13 villes du Danemark, impliquant des jeunes et aussi des immigrés.

Corée du Sud *– 9/3/2008 – Grève sauvage à Hyundaï à Ulsan pour avant le fin de l’équipe : 800 le jour, 1 200 la nui, 3 000 en grève en tout. Mais la grève ne s’étend pas et cesse le 4ème jour

RESTRUCTURATION - DELOCALISATIONS -LICENCIEMENTS

France - *janvier 2008 - Le groupe PSA veut ouvrir des discussions sur le paiement des RTT et amorce un changement de politique en proposant des augmentations, contre un plan de départs volontaires de 1 000 travailleurs sur cinq sites. Le but est de réduire de 30 % les coûts de production Un premier plan de départs en 2007 avait vu 5 000 travailleurs accepter de quitter leur exploitation alors que la direction tablait sur 4 850 départs. Premier effet des suppressions de postes : pour 900 travailleurs de Sochaux, une heure supplémentaire obligatoire du 21/1/2008 au 2/5/2008.
- *21/12/2007 - Usine Renault de Douai (Nord) En application d’un accord de flexibilité signé en décembre 2006 par tous les syndicats sauf la CGT, trois semaines de fermeture mais pas de chômage technique. *11/12/2007 – Ford projette la fermeture de son usine de Blanquefort près de Bordeaux avec le licenciement des 1 800 ouvriers. En fait avec les sous-traitants ce sont 10 000 travailleurs qui seront privés d’emploi. Les grèves syndicales limitées même répétées y changeront-elles grand-chose ?

  • 5/3/2008 – Rumilly (Haute-Savoie) fermeture de l’usine de skis Salomon : 284 licenciements et 220 reclassés.

Espagne -* décembre 2007 - Nissan supprime la troisième équipe de son usine de Barcelone avec 450 licenciements pour cause de transfert de production en Thaïlande *5/3/2008 – Delphi, sous-traitant de General Motors ferme son usine de la Baie de Cadix (4 000 licenciements) et en construit une autre de l’autre côté du détroit à Tanger qui emploiera 3 000 Marocains avec des salaires le cinquième de ceux des Espagnols et, de plus, sans syndicats.

Etats-Unis - *0/12/2007- General Motors propose le départ à 5 200 travailleurs payés 28 $ de l’heure (20 euros) pour les remplacer par des plus jeunes qui seront payés 14-15 $ de l’heure (10 euros). Ce serait la dernière vague de licenciements-départs « volontaires » qui ont déjà largué en deux ans 34 000 travailleurs

Allemagne - *21/12/2007 - BMW annonce la suppression de plusieurs milliers d’emplois en 2008

Inde - *31//1/2008 - L’industrie textile indienne, le second employeur après l’agriculture en chute de 8 % en 2007 frappée par la crise US, l’appréciation de la monnaie nationale, la roupie et le déplacement des ateliers au Sri Lanka, au Vietnam et au Bangladesh.. 500 000 emplois perdus en 2007.

MONDIALISATION, CONDITIONNEMENT, MANIPULATIONS

Etats-Unis - *21/11/2007- Les désertions dans l’armée américaine ont augmenté de 80 % en comparaison avec ce qu’elles étaient en 2003 quand l’Irak a été attaqué (en 2007, 9 pour 1 000). Près de 28 000 militaires ont été réformés pour "désordres de personnalité" (irrespect de la discipline, mauvais exemple, etc.). Les sélectionneurs des nouvelles recrues doivent tenir compte de ces données psychologiques et alors que les critères de recrutement ont été considérablement abaissés, 20 % de ces nouvelles recrues ne sont pas admis. De nouveau il est question de rétablir sous une forme ou sous une autre le service obligatoire
- *janvier 2008 - Pour se placer dans la compétition mondiale les multinationales de la logistique, UPS ; FEDEX et DHL jouent sur la main d’oeuvre, élément central de cette activité. Fedex a réduit ses coûts salariaux de 30 % en faisant utiliser par sa filiale Fedex Ground des travailleurs indépendants auxquels il est imposé des conditions de travail extrêmes sans compensation. De longues procédures judiciaires seraient nécessaires pour que les intéressés puissent faire reconnaître leur condition de salariés à part entière mais ils risquent leur travail actuel et ils ne peuvent en supporter le coût.

Espagne -*4/1/2008 - La prétendue prospérité de ce pays tenait à la spéculation immobilière orientée vers le tourisme qui avait engendré un boom dans la construction d’ensemble et du bétonnage côtier. L’éclatement de la bulle spéculative entraînerait la suppression de 400 000 emplois rien que dans ce secteur.

France - *24/1/2008 - De qui se moquent les centrales syndicales ? (Voir dans précédent bulletin l’article sur le mouvement contre la réforme des retraites du secteur public). Outre des journées syndicales d’action des fonctionnaires pour les salaires et le non remplacement des partants à la retraite, cinq fédérations syndicales (à l’exclusion de SUD et de FO), les mêmes qui avaient torpillé le mouvement de fin 2007 sur ces régimes spéciaux de retraite tentent de relancer un mouvement pour le report à 41 ans dela durée de cotisations, deux jours après cette journée d’action des fonctionnaires ; et ils s’étonnent de la baisse de mobilisation. Ces inutiles journées d’action s’inscrivent à la fois dans une réponse à une tension sociale grandissante (prouver que l’on « fait quelque chose ») et dans des discussions que se poursuivent au plus haut niveau sur les réformes du droit du travail et notamment la place des syndicats dans une nouvelle structure de représentation qui pratiquement éliminerait les « petits syndicats » Dans le même temps, le 11 janvier, un "protocole d’accord" a été conclu entre le syndicat patronal MEDEF et quatre confédérations sur la "modernisation du droit du travail" qui n’a pas été entériné par la CGT au grand regret de la CFDT. De toute façon ce retrait de la CGT, qui a suivi les pourparlers jusqu’au bout ne signifie pas grand- chose puisque ce texte sera certainement l’objet d’une loi qui s’imposera à tous. *5/3/2008 –Le trafic des autoroutes étant particulièrement fluctuant, les pointes de trafic sont assurées aux péages par des travailleurs en CDD ou des intérimaires : pour un seul péage entre le 1/4/2001 et le31/3/2006, 401 de ces « missionnés » ont participé à ce travail particulièrement « flexible ». L’un de ces esclaves a obtenu 57 000 euros devant une cour d’appel. Un autre, pendant tout la période visée se trouve à la tête de 578 CDD. La prolifération des automates a réduit le nombre de ces « missions ». Les emplois sont devenus de plus en plus précaires mais sous la forme de CDI en temps partiel annualisé avec astreinte rémunérée, un contrat signé entre les syndicats et les agences d’intérim.

Chine -*4/3/2008_ Pour prévenir les troubles sociaux le Parti Communiste Chinois tente d’adoucir les inégalités sociales. Que signifie réellement la « promesse » d’établir dans chaque village un centre de santé et d’assurer la gratuité scolaire de base. Mais, bien que des crédits accompagnent ces « réformes », chacun se demande comment ceux-ci atteindront les paysans après avoir passé tous les échelons d’une bureaucratie corrompue.

*30/1/2008- Le "logement opposable" On décompterait 100 000 SDF en France, dont 16 000 enfants, en majorité des hommes mais de plus en plus de femmes ; 29 % seraient d’origine étrangère, 36 % auraient entre 18 et 29 ans et 16 % plus de 50 ans. Un tiers d’entre eux auraient un travail mais avec un salaire si bas qu’il leur est impossible de trouver un logement.

Monde - *29/1/2008 - - Une autre forme de délocalisation. La recherche sur les nouveaux médicaments avec essais sur l’homme est transféré vers les pays en développement où les réglementations sont beaucoup moins strictes et peuvent être aisément tournées par corruption (ou même inexistantes). Là, les conditions économiques. poussent les volontaires, sains ou malades, à servir de cobayes contre une rémunération plus élevée qu’un salaire quelconque. Un véritable réseau s’est constitué dans les pays les plus peuplés comme l’Inde, la Chine ou l’Europe de l’Est. Les plaintes contre les dérives de ce système reçues par l’organe international de contrôle, le FDA, inexistantes en 1996 ont atteint plus de 350 en 2006.

- *2008 Puissance des multinationales. Un seul exemple. Wal-Mart, le n°1 mondial de la distribution fait un chiffre d’affaire de 252 milliards de dollars en 2007. Cela représente le PIB de la Suisse. Carrefour de son côté affiche 92 milliards de dollars, le PIB de la Colombie.

Canada - *décembre 2007 - Trust Magna International (pièces détachées pour l’automobile) et le syndicat TCA signent un accord qui autorise le patron à prélever directement les cotisations syndicales sur les fiches de paie pour les 18 000 travailleurs de la firme en échange de l’interdiction de la grève, tout conflit devant être réglé par un arbitrage obligatoire ; l’accord approuvé par quelque 800 délégués doit être approuvé par un vote secret des travailleurs concernés.

République Démocratique du Congo- *5/3/2008 – Chaos et exploitation capitaliste. Une des plus importante mines de cassitérite (minerai d’étain) métal très recherché dans l’industrie des composants électroniques), Bilsé dans le Nord Kivu, tombé aux mains de dissidents de l’armée n’inquiète pas spécialement les multinationales qui finissent par des voies parallèles par récupérer le minerai qui, mélangé à du minerai « légal » se refait une virginité dans les fonderies qui alimentent entre autres Microsoft, très respectueux, en paroles du Code de bonne conduite du groupe des industries extractives.

UNE MARCHANDISE COMME UNE AUTRE SOUS LE CAPITAL LA FORCE DE TRAVAIL, UNE MARCHANDISE JETABLE

Dans le mode de production capitaliste, deux marchandises interviennent pour la production d’objets de consommation mis sur le marché pour réaliser la plus-value, ce qu’accapare le capitaliste : d’un côté les manières premières et de l’autre la force de travail. Les deux ont mis en oeuvre avec une certaine méthode de production impliquant presque toujours des machines. Tout comme les matières premières, selon la méthode de production et la nature du produit fini, la marchandise force de travail peut être utilisée ou jetée selon les propres nécessités du capital cherchant à se reproduire. Ceux qui sont le support de cette force de travail, les êtres humains ne sont en quelque sorte que les outils qui peuvent devenir obsolètes et que l’on abandonne alors comme un vulgaire outil que l’on rangerait au cas (la réserve de main-d’oeuvre) où tout simplement mettrait à la poubelle. Mais ce "support de la marchandise force de travail" qui lorsqu’il était utilisé pouvait croire qu’il avait un rôle essentiel dans le procès de production (ce qui était vrai mais pas dans le sens où il pouvait le comprendre) prend soudain conscience lorsqu’il est ainsi exclu brutalement du procès de production qu’il n’a été que le support d’une marchandise, en quelque sorte, lui-même une marchandise. L’intolérable d’une telle situation déclenche une violence qui répond à la violence latente du système dont les victimes ouvrières prennent alors conscience. La violence ouvrière en réponse à la violence de l’exploitation peut prendre toutes les formes possibles Elle peut être individuelle : à l’usine Renault de Blainville-sur-Orne, un ouvrier de 53 ans avec 30 ans de boîte, souffrant de problèmes articulaires et ne supportant plus la cadence frappe son chef à coup de tournevis suite à une engueulade sur son travail. Elle peut être collective, soit dans l’exaspération devant les conditions d’exploitation souvent aggravée par l’intransigeance ou le mépris des dirigeants ou bien par la répression des « forces de l’ordre » : maints exemples historiques sont là pour en témoigner Aujourd’hui encore, même si dans les pays industrialisés la violence ne prend pas le caractère d’émeutes contre l’ordre établi, de destruction vengeresse comme par exemple au Bangladesh, elle est toujours latente, prête à prendre des traits semblables : la séquestration de dirigeants ou les menaces de destruction comme Cellatex ou l’exemple cité dans ce bulletin ou les sabotages de la dernière grève SNCF de fin 2007 sont là pour le montrer. La latence de cette violence est la réplique contenue de la violence même de ‘l’exploitation, la grève étant la première rupture avec ce qu’on supporte quotidiennement et l’expression d’une violence longtemps rentrée et contenue.

Dans les Ardennes ( pas très loin de Givet théâtre des exploits des Cellatex) l’usine de boulons Lenoir-et-Marnier, suite à des manipulations financières douteuses est mise en liquidation judiciaire ce qui signifie pour les 159 travailleurs le licenciement avec peu de perspectives d’indemnisation au-delà de la légalité. Ils occupent l’usine de Bogny-sur–Meuse (Ardennes) et bloquent quatre sites de production, la gare de Charleville (dont ils sont chassés par les flics, faisant deux blessés), d’autres lieux publics. Ils demandent la désignation d’un médiateur et une indemnité de 50 000 euros à prélever sur la cagnotte de l’UIMM. Différentes solutions de reprise laisseraient quand même sur le sable 90 travailleurs. De guerre lasse d’être menés en bateau, 50 travailleurs ont de nouveau occupé l’usine, y ont placé des dispositifs permettant de déverser dans la Meuse proche 500 litres d’acide chlorhydrique Du coup un médiateur belge s’est présenté pour tenter de dénouer l’imbroglio juridique sans que les travailleurs soient trop lésés

Dans les pays pauvres dits par euphémisme « en développement » qui, à cause des exigences de la domination capitaliste spécifique à ces pays, pratiquent non seulement la violence dans l’exploitation du travail mais une violence ouverte de domination politique et sociale, l’exacerbation ne vient pas tant de l’exploitation du travail que des conditions matérielles de survie particulièrement aggravées récemment par l’envolée du coût des denrées de premières nécessité surtout alimentaires. Les explosions de révolte qu’ont connues tout un ensemble de ces pays sont immédiatement et sauvagement réprimées. Les quelque 100 morts récemment au Cameroun dans la répression d’émeutes de la faim (le pillage des boulangeries est là pour en témoigner) ne sont qu’un exemple parmi bien d’autres dans les mois écoulés de la nature de ces émeutes et de leur répression.

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