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Dans le monde, une classe en lutte- FEVRIER 1994

samedi 12 janvier 2008

AFRIQUE DU SUD

13/1/94 — La police, exécutant une injonction du tribunal , attaque sauvagement des piquets de grève devant les usines de Amalgamated Beverage Industry (Coca Cola ) où 4.000 ouvriers font grève pour leurs salaires et conditions de travail.

ALLEMAGNE Octobre 93 ,une vague de grèves sauvages avec occupations et manifestations dans les mines de la Ruhr et de la Sarre contre les "restructurations " , ce qui signifie fermeture de puits et licenciements. La grève est partie spontanément le 21 septembre de la mine Monopolmine où toutes le équipes occupèrent la mine ; toute la Ruhr sut bientôt ce qui se passait et le jour suivant, ils étaient 80.000 en grève et en manifestations, bloquant les routes et les chemins de fer. Les leaders syndicaux ont mobilisé tous leurs appareils pour reprendre le contrôle d’un mouvement qui leur échappait totalement. Au milieu de manifestations d’hostilité envers les bureaucrates syndicaux , les mineurs acceptèrent finalement de reprendre le travail au bout d’une semaine de grève sur des promesses d’aménagement du plan par des discussions entre dirigeants syndicaux et patronaux . Fin janvier , le patronat de la métallurgie Gesamtmetall annonce la couleur en vue de négociations avec le syndicat IG Metall :"Nullrunde" c’est à dire le gel des salaires . Pour soutenir une revendication de 5 à 6%, IG Metall appelle des 600.000 métallos de Rhénanie à des débrayages et des manifestations mais ses leaders font bien comprendre que "la grève est seulement un avertissement pour que les négociations reprennent". Les arrêts sont des grèves tournantes de quelques heures sur plusieurs jours. Le 5 février , elles sont stoppées lorsque les employeurs annoncent une réunion pour "discuter d’un compromis sur les salaires en...1995 . Cela ne donne rien et, à regret ,IG Metall doit envisager de monter la barre pour endiguer la pression de la base.

ARGENTINE Les provinces du Nord Ouest n’ont pas connu le développement industriel du centre et vivent dans un système quasi féodal où pouvoir et terres appartiennent à quelques grandes familles. Cela ne peut suffire à donner du travail à une population (fort % d’indiens ) concentrée dans les villes .Depuis le premier péronisme (43-55 ) et après la chute de la dictature militaire (1983 ) la "paix sociale " dans ces régions a été plus ou moins maintenue par une prolifération d’emplois publics ( liés au clientélisme et à la corruption politique ).La chute libre de l’économie argentine dominée par les USA via les FMI rend difficile le maintien de ce système et l’écrasement des résistances ouvrières par la dictature des militaires ( qui reprennent les exécutions sommaires ) autorise l’élimination des bouches inutiles : un Pacte Fédéral Fiscal oblige les provinces à réduire les emplois publics .Dans l’état de La Rioja , en décembre 93 plus de 8.000 manifestants s’opposent à 10.000 licenciements ; dans l’état de Jujuy , 1993 connaît des "accès de colère ".Un peu plus de publicité a été donnée aux émeutes de Santiago del Estero (16/12/93 ) où le niveau de misère est tel que les banques ferment parce qu’il n’y a plus d’argent et les commerces font faillite parce qu’ils n’ont plus rien à vendre .Menacés de licenciement et attendant leurs derniers salaires depuis au moins trois mois ( depuis le début de l’année 93 pour les enseignants ) (salaires en moyenne de 1.500 F par mois , soixante fois plus pour un simple député au Parlement local) , tous ces exploités sont descendus dans la rue , ont édifié des barricades , brûlé le siège du gouvernement , le palais de justice , les maisons des riches et des politiciens (lesquels n’ont dû leur salut qu’en s’enfermant avec les flics dans les commissariats ) et ont trouvé des provisions en pillant les rares supermarchés.Le gouvernement fédéral leur a envoyé de la mitraille et de l’argent : la troupe pour "mater la populace " ( officiellement 9 morts , 120 blessés et 170 arrestations ) et des millions de pesos pour renflouer les finances locales , payer les arriérés de salaires et maintenir le statu quo social .

CANADA début décembre 93— Un projet de loi veut modifier les conditions de travail dans le bâtiment : si ce texte est voté , 26.000 ouvriers sur 120.000 de ce secteur se retrouveront sans aucune protection légale ou contractuelle .Passant outre à la volonté des leaders syndicaux leur demandant de ne pas "précipiter les choses " des "équipes d’ouvriers "se sont constituées spontanément pour "visiter les chantiers " et inviter les travailleurs à déposer les outils. Le mouvement de grève parti de quelques chantiers s’est rapidement étendu à tout le Québec. Les leaders syndicaux s’efforcent d’encadrer le mouvement alors que le syndicat patronal cherche à obtenir une injonction de la Cour Suprême. Mais le mouvement s’étend encore :le 3 décembre ,la plupart des chantiers sont paralysés. Un leader syndical déclare :" Je n’ai jamais vu un tel climat de révolte...On a perdu le contrôle ...".Le 6 décembre entre 20.000 et 40.000 ouvriers se retrouvent devant le Parlement ; ils brûlent symboliquement une maison préfabriquée ; un député est molesté .Les patrons obtiennent leur injonction pour la reprise du travail , mais personne ne suit : la grève est totalement illégale .Le 13 décembre , alors que des groupes clandestins de sabotage se forment , la répression se durcit avec l’arrestation de 28 militants par les escouades spéciales anti émeutes et avec la discussion accélérée d’une loi spéciale répressive qui déclare la grève illégale , prévoit pour toute "incitation à la grève " des amendes jusqu’à 75.000 dollars (330.000 FF),une interdiction de 5 ans d’exercer aucune fonction syndicale ou élective et pour chaque journée ou demi journée de grève douze semaines de suspension du prélèvement sur la paie des cotisations syndicales . C’est le rappel pour le syndicat qu’il "doit faire son travail " s’il ne veut pas être durement touché dans ses structurers et ses finances .Et il s’exécute en brisant la grève : le 15 décembre , le syndicat FTQ-Construction annonce une "trêve de Noël " . Les deux lois , la première à l’origine de la grève et la seconde pour la mettre au pas , sont votées avant Noël ; ce n’est pas la trêve de ce côté . La grève ne reprend pratiquement pas après.

EQUATEUR Le principal syndicat a lancé le 1 février 94 une grève nationale pour protester contre l’augmentation du prix de l’essence et demandant un augmentation générale des salaires et la démission du ministre des finances .

ESPAGNE 3/2/94 Succès très mitigé d’une autre journée de grève générale contre les projets "sociaux " du gouvernement social démocrate (trois ans de blocage des salaires du secteur public ,coupes sombres dans toute les prestations sociales -retraite , chômage ,santé - ,moins de contrôle de l’emploi permettant aux patrons de licencier plus aisément ).Des millions semblent avoir participé à la grève encadrés par plus de 200.000 piquets de grève. Comme pour les autres journées de protestation (la dernière en décembre et deux grèves ponctuelles à Barcelone contre la fermeture de l’usine Volkswagen -Seat ),il s’agit pour les syndicats UGT ( lié au Parti Socialiste et de plus empêtré dans un scandale immobilier )et CCOO (Commissions Ouvrières lié au Parti Communiste ) de mener un baroud d’honneur désamorçant la pression ouvrière et préservant leur place dans le système. Les grèves -style journées d’action- précédentes n’ont jamais empêché le gouvernement de poursuivre sa politique d’austérité -pour les travailleurs - agrémentée de quelques mesures antigrève.

FRANCE 24/12/93 —Les éboueurs de Marseille de 4 entreprises de ramassage sont en grève totale illimitée contre le licenciement de 12O d’entre eux , victimes du système de contrats de concession à des firmes privées qui permet toutes le magouilles politiques et toutes les surenchères dans l’exploitation. Des piquets de grève ont bloqué les lieux de déchargement des camions bennes. Le conflit s’est terminé dans le désordre mais avec le reclassement de la plupart des licenciés sauf 30 en contrat à durée déterminée qui risquent de se retrouver au chômage. 8/1/94 —Les pilotes de la compagnie TAT European Airlines ( filiale à 50% de British Airways ) sont en grève contre 339 licenciements (dont 114 pilotes ) sur 1.450 salariés .La direction a engagé des équipages jaunes pour assurer ses services .Une grève de solidarité de tous les pilotes des compagnies françaises prévue pour le 4 février a été annulée au dernier moment par le SNPL , syndicat des pilotes de ligne . 12/1/94—Pour bloquer le transfert des ateliers de réparations de la SNCF de Vitry sur Seine, des centaines d’ouvriers occupent les locaux de la direction et obtiennent la réouverture de négociations et la suspension du déménagement du matériel . 13/1/94 —Les ports du Havre ,de Marseille , Lorient , Nantes sont paralysés par une grève des dockers en solidarité avec 2 dockers licenciés à Bayonne alors que le nouveau statut des dockers modifié après de longues luttes visait antre autres à briser une unité nationale en multipliant les employeurs et les conditions locales. Les dockers de St Nazaire qui se sont dotés d’un statut encore plus spécial ne se sont pas associés à cette grève , mais le port était paralysé le 17 janvier par une grève des grutiers . 14/1/94—Débrayages dans le métro et le RER pour les problèmes de sécurité . 17/1/94 —80% des postiers du tri de Rennes occupent le centre pour s’opposer à son transfert .De nombreux conflits parfois très longs contre des réorganisations entraînant des suppressions de postes de travail touchent beaucoup de centres postaux en France .On ne connaît leur existence qu’occasionnellement car , s’agissant d’une réforme globale mais appliquée au coup par coup , les oppositions en général très déterminés restent localisées . 18/1/94 —Les ingénieurs de l’Institut de Recherche Sidérurgique Usinor-Sacilor (ISRH) occupent les locaux contre une restructuration . 19/1/94— Les flics doivent libérer au petit matin trois cadres d’Elf -Atochem (produits chimiques) séquestrés depuis la veille par 500 ouvriers du groupe Elf contre la restructuration qui supprime 400 emplois .Le 27 janvier les ouvriers de Lacq (Elf Aquitaine) terminent une grève de 17 jours sur des questions d’embauche et de sécurité ; ils avaient bloqué le 17 janvier les TGV à Orthez . 20 /1/94— 80% des 600 ouvriers de la centrale nucléaire de Nogent sur Seine ont pratiquement stoppé la centrale (qui ne tourne alors qu’au sixième de sa puissance) en solidarité avec quatre ouvriers sanctionnés pour avoir refusé lors d’un mouvement national de lutte d’obéir aux consignes de remise en charge des réacteurs ..La grève va durer jusqu’au 27 janvier .D’autres grèves de solidarité ont touché les centrales de Belleville sur Loire (baisse de régime de 60%) et de St Laurent des Eaux ( baisse de 20% ) 25/1/94—Une grève de 24 h. des cheminots rennais , à l’appel de tous les syndicats ,perturbe sérieusement tout le trafic ferroviaire dans toute la Bretagne .-Des sidérurgistes Unimétal ont bloqué un matin les écluses du port de Caen pour empêcher le départ d’un cargo chargé des dernières tonnes d’acier produites par la Société Métallurgique de Normandie qui a cessé toute activité après des années de luttes d’arrière garde . 27/1/94- Plusieurs nuits d’émeutes (à la suite du meurtre d’un jeune de 18 ans par un pandore) dans un quartier de la banlieue nord de Rouen -Les Sapins - (50% de chômeurs ) ont fait venir spécialement 200 CRS pour "rétablir l’ordre " .— Des grévistes du centre régional de France Telecom ont établi dans les rues de Rouen et du Havre des téléphones gratuits ; ils sont en grève depuis 10 jours contre une refonte complète du système de classification et de salaires et de nouvelles règles de gestion .Des actions diverses contre des mesures semblables dans plusieurs autres centres en France avec manifestations et débrayages .Séquestration de dirigeants à Rouen le 26 janvier et à Cherbourg . 28/1/94—273 ouvriers en grève à l’usine d’Isorel ( dérivés du bois ) à Labruguière (Tarn ) en grève depuis le 24 janvier ont séquestré le directeur général et le chef du personnel dans la nuit du 24 au 25 , contre la diminution des horaires avec baisse des salaires . 1/2/94—Une grève de 24 h des journalistes de Paris Normandie à Rouen a faite reculer le magnat de la presse Hersant sur un licenciement et la menace d’autres à suivre . 2/2/94—Après la reprise de Perrier ( eau minérale ) , le trust Nestlé considère qu’il y a 1.200 travailleurs en sureffectif à Vergèze dans le Gard . Les 2.000 salariés ,à l’appel des syndicats font une grève de 24 h et manifestent à Nîmes .-Les employés du Crédit Agricole du Mans occupent le siège de cette banque . 3/2/94—L’annulation du "plan social" prévoyant 144 licenciements sur 202 salariés ayant été rejeté par le tribunal , les ouvriers de l’usine Tambrands (Tampax) près de Tours ont alors manifesté et occupé immédiatement l’usine en y séquestrant pour la nuit le directeur et le chef du personnel. Tout est levé le 4 janvier dans l’espoir que des négociations apporteront autre chose . 4/2/94—Faisant suite à de nombreuses manifestations contre la restructuration et des licenciements , des milliers d’ouvriers de GEC-Alsthom ont manifesté au Havre contre la suppression de 389 emplois . 5/2/94—Un plan de rationalisation du secteur bancaire prévoit 10.000 suppressions d’emplois pour 1994 (alors que les effectifs sont déjà passés de 195.000 EN 1985 à 171.000 en 93).Une grève nationale de 24 heures appelée par les centrales syndicales a été suivie par 50 à 60% des salariés de ce secteur .- Les 615 salariés de l’un des deux chantiers de réparation navale encore existant dans le port de Marseille -Sud Marine - luttent depuis des mois contre la fermeture définitive et leur licenciement .De procédures judiciaires en promesses de reprise , de luttes ponctuelles en manoeuvres politiques et syndicales sur un fond de préservation de l’influence CGT-PC dans le port , c’est au niveau national que fermeture totale ou partielle , indemnisation dans un "plan social "sont maintenant discutées .La dernière action a bloqué pendant plusieurs jours le port marchandises de Marseille ( barricades sur les voies d’accès , portes soudées....) : les CRS se sont chargé de la réouverture .L’autre chantier de réparation navale , la CMR(Compagnie Marseillaise de Réparations -330 salariés )attend patiemment la liquidation pour reprendre l’affaire presque sans bourse délier .

GABON 7/2/94 —64 immigrés clandestins assassinés asphyxiés dans une salle souterraine où les gardiens avaient balancé des grenades lacrymogènes dans un camp de la gendarmerie locale où "coopèrent " des gendarmes français .

GRANDE BRETAGNE 10/2/94— 200 pompiers du Hereford et Worcester (ce sont des salariés des collectivités locales ) ont manifesté et menacé de faire grève pour empêcher le conseil régional ( coalition travaillistes -libéraux ) de fermer deux stations en licenciant 40 pompiers à plein temps et 35 à temps partiel. 3/2/94 —2.700 employés de Girobank (équivalent des chèques postaux privatisés et rachetés par une société de prêts immobiliers ) à Bootline (près de Liverpool ) ont entamé la grève des heures supplémentaires pour leurs salaires . 2/2/94—Le trust national British Coal entre dans sa phase terminale de rationalisation en vue de sa privatisation qui ne conservera que 15 puits , les plus "rentables " .En octobre 92 , des mouvements divers avaient secoué toute le Royaume Uni lors de l’annonce par le gouvernement de la fermeture de 3/5 des puits encore en activité : une prudent retraite avait fait échapper 19 puits au couperet. Mais depuis , ils ont été fermés un par un , les trois derniers actuellement . 6/1/94—Tous les éboueurs - 70 -d’un district de Londres (Kensington et Chelsea ), salariés de firmes privées sous contrat , ont été licenciés en bloc par leur employeur alors qu’ils s’étaient mis en grève pour soutenir trois de leurs collègues licenciés sur le simple soupçon d’avoir sollicité des pourboires à Noël ( leur salaire moyen est £ 155 par semaine -1.400 FF , aveur de police sont tu‚s ; un grand nombre d’ouvriers sont arrˆt‚s. Les ouvriers des aci‚ries qui ont ‚t‚ maintenus ... l’‚cart du mouvement des ouvriers des "contractors " ne protestent pas .A pr‚sent ,ce mouvement est dispers‚ plus ou moins enlis‚ dans le marais l‚gal et la participation des leaders au cirque parlementaire .

MEXIQUE Le 1/1/94 , une r‚bellion spectaculaire surgit dans l’‚tat de Chiapas,extrˆme sud du Mexique , prŠs du Guatemala sous l’‚tiquette AZLN (Arm‚e Zapatiste de Lib‚ration Nationale réant un chaos complet dans le trafic ferroviaire de toute la Hollande : la direction voulait les obliger à ne travailler que dans le secteur de leur domicile .Cette grève sauvage contraignait les leaders syndicaux engagés dans des discussions avec la direction à "étudier " une action officielle plus étendue qui risquerait d’être tuée dans l’oeuf par une injonction du tribunal , situation qui dans le passé , dans d’autres branches a déclenché des grèves sauvages .

Le 6 janvier 94 ,en grève sauvage pour contraindre leur employeur a respecter les clauses d’un contrat récemment modifié sur l’embauche de travailleurs extérieurs 250 dockers d’un terminal de conteneurs de Rotterdam occupent la cantine et bloquent avec des conteneurs l’accès du terminal. La grève a pris fin le 7 : le syndicat des transports a refusé de "reconnaître " la grève pour ne pas s’aliéner ses "bons contacts " avec la direction et ceci bien qu’il ait accepté de payer les indemnités de grève .

Fin janvier 94 , une grève générale a bloqué le port d’Amsterdam ,très brièvement, car les employeurs capitulèrent immédiatement : ils acceptèrent de tenir leur promesse antérieure, reniée récemment , d’embaucher les jeunes sortant d’une école de formation de dockers.

INDE Septembre 93 —Une "Plateforme d’Organisation de Masse ", coalition regroupant les syndicats ouvriers , les organisations de femmes ,de paysans , d’étudiants et les partis de gauche a été formé en avril 93 pour organiser une mobilisation contre les impératifs du FMI et de la Banque Mondiale :le but est de stopper les fermeture d’usines et les concessions aux multinationales bancaires et industrielles , l’augmentation du salaire minimum , une diminution des prix. Toute une série de grèves depuis le début de septembre : le 1/9 dans les banques , le 2/9 dans le pétrole , le 4/9 à Air India , le 9/9 une grève générale avec 20 millions de grévistes a bloqué routes et chemins de fer dans des batailles avec la police (3.000 arrestations ) .Le 15/9 , un million 800.000 camionneurs ont paralysé le pays .

INDONESIE Dans la semaine du 31 janvier au 3 février des milliers de travailleurs se sont mis en grève en accusant les employeurs de ne pas respecter le ; minimum légal des salaires et le syndicat indépendant a lancé un ordre de grève nationale .Le gouvernement , pour endiguer la pression sociale a dû : 1)annuler un décret autorisant l’armée à intervenir dans les conflits du travail, 2)) essayer de "réformer " le seul syndicat officiellement reconnu , le "All Indonesian Labour Union " et 3) ordonner une augmentation de 27 % du salaire minimum à partir du I janvier à l’est de Java et du I avril dans les autres provinces . 2.000 ouvriers d’une usine textile ont fait grève deux jours au cours desquels ils ont mis à sac les bureaux.

IRAN 11/1/94 —Plusieurs milliers de manifestants ont attaqué les bâtiments publics à Zahedan (Sud-Est de la province du Balouchistan -Sistan ).Des tués et des blessés dans de violents affrontements dans lesquels la composante religieuse , sur laquelle on insiste toujours , recouvre certainement un conflit social

NICARAGUA 20/9/93 — 30.000 travailleurs des transports en grève , rejoints par les chômeurs ont affronté la police dans des batailles de rue .Comme la présidente Chamorro avait donné l’ordre à la police de tirer , tous étaient venus avec des armes : 2 tués dont un chef flic et des blessés .Comme précédemment dans les campagnes , ex sandinistes et ex contras ont combattu côte à côte :"Maintenant , nous sommes tout juste des pauvrers qui luttons ensemble " a déclaré un des grévistes .

POLOGNE Novembre 93 :A Walbrzyck , en Silésie , 25% des 143.000 habitants sont chômeurs. Les 740 ouvriers de l’usine Porcelana ont fait deux mois de grève contre les licenciements et les bas salaires. L’usine a été une des premières à être privatisée l’été dernier et le premier effet a été 200 licenciements : la grève a éclaté immédiatement et les licenciements ont été annulés. Aujourd’hui , les salaires sont aussi bas que sous la dictature du Parti Communiste , mais les ouvriers bénéficiaient alors de loyers très bas et gratuitement de crèches , de colonies de vacances , de congés maternité de 3 ans à plein salaire : tout cela a été balayé et doit être payé au prix fort .

PORTUGAL 25/1/94—La même politique qu’en Espagne ( et que partout ) cette fois l’oeuvre d’un gouvernement conservateur (PDS ) a conduit les syndicats à organiser une grève nationale de 24h dans les services publics concernés par des restrictions de salaires ; 90% des travailleurs intéressés auraient participé à cette journée d’action qui verra finalement certainement la signature d’un "pacte national des salaires ".

ROUMANIE 29/1/94 —Grève d’avertissement d’une heure appelée par un cartel de trois syndicats pour une réforme économique plus rapide, des hausses de salaires et un meilleur système de sécurité sociale. Le mouvement a ouvertement un caractère politique , demandant la démission du premier ministre du parti social démocrate jugé incapable au profit d’une coalition dans laquelle l’ancien parti communiste s’allie avec un parti nationaliste dur .L ’échec du présent gouvernement d’arrêter la chute du niveau de vie et de promouvoir des réformes a déclenché une vague de mécontentement dans tout le pays dont se sert cette coalition politique identique à celle observée en Russie .4/2/94— Une grève de 8 heures à l’appel du même cartel intersyndical a touché 800.000 travailleurs de toutes industries. Si aucun résultat n’est obtenu , une grève générale illimitée est prévue .

U.S.A.

15/10/93 — 30.000 licenciements immédiats dans des sociétés depuis la Bank of America au Los Angeles Times 19-20/10 /93 —20.000 postulants pour quelques emplois dans les postes à Detroit 25/10/93—Les lycéens ont fait grève dans deux écoles en soutien de 400 enseignants en grève dans la banlieue est de Los Angeles .Les administrateurs des écoles du secteur demandent aux maîtres d’accepter 3 jours de mise en disponibilité non payés , une augmentation des effectifs des classes et de leur contribution aux dépenses de santé . 30/10/93— 77% des 700 plus grandes entreprises US affichent des profits élevés ou plus grands qu’ils n’espéraient pour le 3ème trimestre 93 1/11/93 —400 travailleurs de Chicago participent à un rallye de soutien aux ouvriers de Staley (transformation chimique du maïs ) (Illinois ) lock-outés par leur patron depuis des mois . 6/11/93— La grève des ouvriers des teintureries du New Jersey entre dans sa troisième semaine .Des pickets ont été déployés dans plus de 20 sites à Paterson , ; Passaic et autres villes .- Les travailleurs des hôpitaux (Blue Cross/Blue Shield ) dans le Michigan ont repris le travail après une grève de 7 semaines . 7/11/93— On pense qu’a la fin de l’année , Baltimore aura enregistré 350 meurtres .Selon la presse ,deux fois plus de gens ont été tués par balles à Baltimore depuis 1970 qu’au cours de la guerre civile en Irlande du Nord pendant le même période .D’autres capitales du meure aux USA : Washington D.C., La Nouvelle Orléans ,Detroit .— 1.500 manifestants à Decatur (Illinois ) dans un rallye de solidarité avec les ouvriers lock-outés de Staley et les mineurs du sud de l’Illinois . 8/11/93 — Une centaine de manifestants occupent le secteur de Pioneer Square pour protester contre un arrêté municipal réprimant la "mendicité agressive " dans la ville de Seattle. 10/11/93 —Grève nationale sauvage des camionneurs indépendants .Le premier jour de la grève dans l’Ohio , des jaunes sont blessés et neuf autres pris pour cible par des tireurs isolés. En Californie , les grévistes jettent pierres et bouteilles sur les camions jaunes sortant de quatre bassins des ports—11/11/93—500 manifestent, conspuant les jaunes à Wilmington (Californie )— 10.000 postulants pour des emplois dans un casino de Detroit encore sur le papier. Les promoteurs ont annoncé qu’ils recevraient les candidatures pour faire pression sur la municipalité en vue d’obtenir la légalisation du jeu dans les limites de la cité en excipant des emplois qu’ils créeront s’ils sont autorisés à exercer.—200 mineurs de fer lock-outés et des sympathisants manifestent devant les bureaux de la Natrional Steel Company à Mishwaka , Indiana .600 mineurs sont en grève depuis la mi septembre contre la National Steel Pellet Company à Keewatin , Minnesota , qui est un sous-traitant de National Steel . 11/11/93—Les ouvriers du chenil de la fourrière de Cleveland , Ohio (West Side) sont en grève : ils revendiquent de l’embauche à cause de l’accroissement des animaux abandonnés et une prime pour le travail du week end.Ils sont soutenus par le Conseil de la communauté de West Side qui veut mobiliser les habitants si cela devient nécessaire . 12/11/93—1.500 ouvriers de l’usine Caterpillar d’ York (Pennsylvanie ) ont débrayé par solidarité contre la suspension d’ un représentant syndical de l’usine Caterpillar de Mossville (Illinois ) .Une telle action a déjà vu 14.000 ouvriers arrêter les usines Caterpillar dans trois états. 13/11/93— Un groupe de réforme du syndicat de l’automobile UAW , New Directions , s’est dissous ce week end à cause , est-il dit de l’apathie des travailleurs envers les objectifs de New directions. Jerry Tucker qui fut directeur national de ce mouvement a déclaré à la conférence : "Ils ( les travailleurs de base ) ne viennent pas à New Directions parce qu’ils pensent que le syndicat est inutile .Pourquoi voudriez vous qu’ils veuillent reformer quelque chose qu’ils jugent de toute façon inutile." 13/11/93—Troisième jour de grève nationale sauvage des routiers indépendants .Le chargement des camions est complètement stoppé à Long Beach et à Los Angeles .Contre l’augmentation du prix du gas oil à cause des taxes fédérales passées de 10 cents à 40 cents par U.S.gallon ( FF 0,60 à 2,40 pour 3,80 litres) . Il y a 500.000 routiers indépendants sur un total de 4 millions et demi de routiers dans l’industrie. Ils déclarent qu’on ne leur attribue pas les 70% du fret global qu’ils sont supposés obtenir d’après des accords informels avec les grosses compagnies de transports ; ils n’ont aucune couverture médicale ou d’indemnisation des congés . 14/11/93 —Trois jours après l’avoir lancée , le syndicat UAW met fin à la grève de solidarité à Caterpillar. 15/11/93—Troisième mois de la grève des employés d’hôtels de Pittsburgh (Pennsylvanie).300 employés de l’Hôtel Sheraton ( un centre commercial et de loisirs haut de gamme pour classe moyenne ) demandent une augmentation de 1 $ de l’heure (6 FF ) et une contribution patronale de 50 cents de l’heure au plan de pension ( 3 FF ) 18/11/93— Assignation en justice de 8 mineurs de Logan County (Virginie de l’Ouest ) sous l’accusation d’avoir été impliqué dans la mort par balle d’un jaune au cours de la grève des mineurs de juillet 93 20/11/93 — La police de Los Angeles en tenue anti émeute a chassé les routiers indépendants d’un emplacement vide près du port qui leur servait de quartier général informel . Les responsables du mouvement affirment que des balles en caoutchouc ont été tirées sans sommations sur les grévistes .Un porte parole du Département du Port de L.A. a qualifié l’action de la police "une méthode énergique pour ramener un meilleur environnement de travail ". 22/11/93— Les assistants de vol de la compagnie US Air Shuttle ont établi des pickets à l’aéroport international Logan de Boston pour protester contre l’absence d’un contrat collectif et le licenciement de bagagistes . 25/11/93 —Les soupes populaires ouvertes dans tout le pays pour la fête nationale du Thanksgiving day ont connu une affluence record . 27/11/93—1.800 ouvriers des teintureries du New Jersey toujours en grève ( et leurs supporters) manifestent à Paterson . 30/11/93—350 ouvriers de Legal Services ( de l’automobile représentés par le syndicat UAW ) se mettent en grève contre le gel des salaires pendant deux ans et la réduction des remboursements de santé proposés par la direction. 4/12/93— 300 employés d’Alitalia à New York en sont à leur 4ème mois de grève , refusant un baisse des salaires de 40% et le système des "two tier"(2/3 du salaires normal ) pour les nouveaux employés. 7/12/93— Nabisco annonce qu’il va réduire ses effectifs de 9,50 % en éliminant 6.000 emplois . 7/12/93—Le syndicat des mineurs "United Mine Workers décide la fin de la grève alors que les mineurs n’en sont encore qu’à voter sur un accord. La grève avait débuté le 10 mai 1993 9/12/93 — Le Wall Street Journal , sous le titre "Les ordinateurs érodent la nature hiérarchique de la culture d’entreprise " explique comment les employés de bureau utilisent les nouvelles technologies à leur avantage lorsque les réseaux d’ordinateurs s’étendent dans tout le pays. L’article oppose la première vague d’automation qui vit les employés confinés à des postes où ils ne pouvaient travailler que dans un isolement total à la seconde vague où les liaisons entre tous les bureaux se sont multipliées accroissant les possibilités de communiquer entre eux leurs problèmes et revendications en même temps que cela leur donnait la possibilité de contrer l’encadrement en ayant un accès à toutes les informations figurant dans les communications internes destinées aux dirigeants . 12/12/93 —Les marins des remorqueurs mettent un terme par un accord à une grève de 5 années contre Bouchard Transportation Company ( la grève avait commencé le 16 février 1988 ) 12/12/93 —Les ouvriers des teintureries du New Jersey tournent le dos en masse d’un meeting où les dirigeants syndicaux leur proposent un règlement avant même qu’un vote intervienne , ne voulant pas arrêter leur grève . 14/12/93 —138 employés d’hôtel lock-outés par Madison Hotel à Washington D.C. installent aux portes de l’hôtel des pickets très bruyants 7 jours sur 7, ce qui entraîne l’annulation de la plupart des réservations. A la fin du mois , un nouveau contrat est signé .Les leaders syndicaux affirment que la pratique de ces piquets bruyants ont permis le règlement de deux grève récentes dans les hôtels . 18/12/93— Les enseignants de Brockton , Massaschusetts mènent une grève "illégale " de 5 jours contre une réduction des remboursements des dépenses de santé .-La grève des aciéries de Bayou Steel à La Place (Louisiane ) dure depuis 9 mois. Revendications : sous traitance , santé et sécurité , empoisonnement au plomb de la communauté environnante par les usines . 24/12/93—Grève sauvage des dockers de Philadelphie protestant contre l’utilisation par les compagnies de navigation de travailleurs non syndiqués. Les navires doivent être détournés vers les ports voisins de Baltimore et de Wilmington .Les dockers en lutte doivent porter des bandages ou des passe montagne pour cacher leur identité(ce qui donne une idée de la violence de la lutte) 31/12/93 —L’association des industries d’aviation reportent des profits de 5,5 milliards de dollars , les plus élevés depuis qu’il en est établi des relevés au milieu des années 70 .En 1993 , 13% de tous les travailleurs de l’aviation ont été licenciés .

VENEZUELA

19/1/94 — Des manifestations contre la hausse des transports publics à Puerto la Cruz (200km. à l’est de Caracas se transforment en raids d’approvisionnement par le pillage des supermarchés, des camions de passage et des boulangeries .Plus de 100 prisonniers assassinés dans une prison ( où on en entasse parfois 2.500 dans des murs prévus pour 1.500 )

Les informations figurant dans cette publication ont été collectées dans le monde entier .Nous avons dû laisser pour le prochain numéro divers textes notamment sur l’insurrection des indiens du Chiapas au Mexique ,les grèves en Belgique, sur les luttes en Italie , en Russie et dans les pays de l’Est. Ce numéro comme les précédents sera déposé à Paris aux librairies La Brèche , Parallèles et Publico , à Lyon à la librairie La Gryffe . Une édition en anglais existe aux USA sous le titre "Collective Action Notes " diffusée dans les mêmes conditions.

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