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Dans le monde, une classe en lutte Décembre 2007

samedi 29 décembre 2007

LES RETRAITES

Bien que centrée cet automne sur certains « régimes spéciaux » de retraite, cette attaque du capital n’est qu’une partie d’un problème plus vaste : réduire tout ce qui concerne le salaire différé pour accroître la part de plus value extorquée par le capital sur le travail. Bien que centrée sur les régimes spéciaux de retraite de la SNCF et de la RATP, cette réforme vise aussi les travailleurs des trusts nationaux EDF et GDF et d’autres régimes spéciaux de retraite (comme les Opéras de Paris) mais laisse de côté bon nombre de régimes spéciaux de retraite peut être moins importants par le nombre mais plus par les privilèges qu’ils impliquent (flics, militaires, parlementaires, etc....). Concernant des points déjà imposés au régime général (durée de cotisation de 40 années au lieu de 37,5 années et l’âge de la retraite -60 ans) ces luttes, bien que spécifiques ont pu apparaître comme une tentative de remise en cause des réformes antérieures de ce régime général de retraites. En 1995, le gouvernement avait dû céder devant l’ampleur de la lutte sur cette question d’âge de la retraite pour les services publics et beaucoup avaient pu penser que l’échec de cette attaque marquerait un coup d’arrêt vers une réforme plus globale. Pourtant, une brèche avait déjà été ouverte par la réforme Balladur de l’été 1993 qui avait, sans que cela provoque de réactions, porté à 40 années (et plus dans l’avenir) la durée de cotisations. De plus c’était aussi ignorer que dans la lutte de classe, il n’y a jamais de victoire définitive tant que le système capitaliste reste en place et que celui-ci revient à la charge pour parvenir à ses fins, attendant le moment propice et élaborant des stratégies tenant compte des données des luttes antérieures. En 2003, une attaque sur le régime général et sur celui des fonctionnaires alignés plus ou moins sur le secteur privé n’avait pas concerné les régimes spéciaux. Le gouvernement avait pris soin de préciser que sa réforme ne mettait nullement en cause les « régimes spéciaux », ceux qui précisément pour les plus importants disposaient d’un pouvoir effectif : l’énergie et les transports. Se fiant aux promesses, ces secteurs n’avaient pas bougé : malgré l’importance du mouvement notamment chez les enseignants, la lutte s’éternisa sans effet durant plusieurs mois ne trouvant pas l’appui que des secteurs clés de l’économie pouvait lui apporter.

Cet échec et ce défaut de solidarité - tout comme la croyance dans les promesses du pouvoir -pèseront lourd dans la grève de 2007. Ce sont les régimes spéciaux qui sont en cause. Il serait trop long d’exposer ici les arrière-plans d’une réforme comptable européenne qui contraint les sociétés nationales concernées à constituer des caisses de retraite distinctes ce qui est l’occasion, d’une part à travers leurs financement de réformer les conditions d’obtention de la retraite, d’autre part de diviser les travailleurs des différentes sociétés, le cas d’EDF -GDF ayant été pratiquement réglé avant l’attaque sur la SNCF et le RATP qui avec les Opéras de Paris resteront les seuls à tenter de s’opposer à la réforme. Alors que pour les travailleurs de ces sociétés, la durée de cotisations est encore de 37,5 années et que l’âge de départ en retraite peut varier de 50 à 60 ans selon les cas, le gouvernement veut aligner la durée de cotisations sur 40 années, l’âge de départ sur 60 ans et modifier également les bases salariales d’évaluation du montant de la retraite et celles de son indexation. Il affirme en outre d’emblée que ces projets ne sont pas discutables ne laissant au champ de la négociation que des aménagements des diminution de retraite en cas d’anticipation ( sur la durée et l’âge) ( réduction baptisée « décote ») et des adaptations de détails pour des catégories très limitées

Les luttes antérieures .et la détermination de la base devant ce diktat gouvernemental impose à six fédérations syndicales de montrer un minimum d’opposition : ils lancent un préavis de grève de 24 heures pour le 18 octobre. Trois syndicats Sud-Rail (second syndicat à la SNCF), FO et la FGAAC (syndicat professionnel regroupant 30% des agents de conduite), tenue à l’écart, s’associent à cette grève mais en la déclarant « reconductible ». La grève est très suivie (au moins 80% des travailleurs) ; les manifestations le sont moins (il est manifeste qu’il y a déjà un frein syndical et relativement peu d’adhésion des travailleurs des autres secteurs). Devant l’opposition des « grands » syndicats, la reconduction , effective dans certains secteurs, s’amenuise alors que la FGAAC passe un accord distinct avec le gouvernement sur les modalités d’application de la réforme aux conducteurs et considère que , quant à elle, le mouvement est terminé.

C’est alors que d’autres grandes manœuvres se précisent pour briser la pression de la base. Le 6 novembre, Les mêmes fédérations syndicales lancent pour la 13 novembre un préavis de grève reconductible par périodes de 24 heures. Le gouvernement annonce des aménagements quant à l’application progressive de la durée de cotisation et propose des discussions distinctes entreprise par entreprise. Le 9 novembre, le leader de la CGT abandonne la position de refus de discussion tant que les points « non négociables » ne font pas partie de la négociation pour accepter non seulement de discuter sans préalable (ce qui signifie l’acceptation du principe de la réforme) mais aussi entreprise par entreprise (ce qui signifie la division du front de lutte). Le 12 novembre, la veille de la grève, le gouvernement renvoie l’ascenseur en acceptant les propositions CGT en précisant qu’un délai d’un mois sera nécessaire pour mener à bien les négociations, ce que les autres « grands » s’empressent d’accepter. De chaque côté des dirigeants, on s’efforce de ne pas perdre la face. Sarkozy qui se drapait dans la position « pas de discussion tant que la grève n’est pas annulée » accepte de discuter « avec un geste vers la reprise du travail »

Malgré ces manœuvres il leur est bien difficile de suspendre la grève sous peine de se heurter à des réactions de base imprévisibles : le mieux est bien sûr de faire de telle sorte qu’elle échoue, ce qui semble, a posteriori partie d’une stratégie pouvoir et syndicat de plus longue portée. .La grève débute comme prévu le 13 novembre : elle est particulièrement suivie aussi bien à la SNCF qu’à la RATP et elle est reconduite les jours suivants par une bonne partie des assemblées générales quotidiennes bien qu’il soit difficile de dire dans les communiqués contradictoires de connaître le nombre de grévistes : pourtant deux faits s’imposent la grève perdure de jour en jour et les transports ferroviaires nationaux comme les transports parisiens sont totalement désorganisés.

Alors que les « grandes centrales » espéraient qu’elle durerait peu, la grève se prolonge et même franchit le cap souvent difficile dans toute grève du week-end du 17-18 novembre., amorçant ainsi la jonction avec la grève des fonctionnaires ( contre les réductions d’effectifs et les salaires) prévue pour le mercredi 21 novembre. Mais en même temps, les manœuvres syndicales continuent : la CFDT cheminots se retire de la grève le 16 novembre mais dépose un préavis de grève pour le 20 novembre. Le lundi 19 novembre, est annoncée une table ronde pour le 21 au siège de la SNCF en considération du fait qu’il y aurait « davantage de trains et de métro qui reprennent. »

Le 21 novembre il semble que près des ¾ des cheminots sont en grève ; mais la manifestation commune des fonctionnaires et des travailleurs encore en grève est manifestement organisée de telle façon qu’elle ne donne pas une impression d’un mouvement de masse et ne « dégénère » pas ; le leader de la CFDT, Chérèque est pratiquement exclu du cortège et Thibault s’éclipse prudemment avant la fin. Non seulement tout est fait pour minimiser l’impact de cette journée, mais, comme c’est souvent le cas, une large journée de grève sans suite débranche la combativité des mouvements plus spécifiques qui s’y étaient trouvés associés. De fait, à partir du jeudi 22 une lente reprise s’amorce dans laquelle s’associe le pilonnage médiatique, les manipulations des assemblées et les obstacles mis par les bureaucraties syndicales à des tentatives de coordination entre les assemblées forcément localisées. Le week-end suivant, tout est redevenu « normal » tant à la SNCF qu’à la RATP.

Les discussions dans les commissions d’entreprise peuvent se dérouler sans heurts. La CGT tentera même de faire croire à ses préoccupations quant au mouvement de base en lançant un préavis de grève pour une journée de grève à la SNCF, préavis qu’elle annulera la veille du jour fixé en raison de l’opposition de sa propre base écoeurée par tout ce qui vient de se dérouler et est sans équivoque pour l’ensemble des travailleurs. Le 25 novembre, un journal financier anglais, le Financial Times peut écrire que « Sarkozy a ostensiblement dîné avec les leaders du mouvement syndical pour les persuader des besoins d’une réforme générale ». D’autre propos sont aussi rapportés par la presse sur une parole de Sarkozy « Il faut sauver le soldat Thibault » et que les radicalisme de Sud a eu un bon côté car « cela valorise les réformateurs » y ajoutant un hommage au « sens des responsabilités dont ont fait preuve les grandes organisations syndicale ». Aussi les propos du ministre du travail que « Mieux vaut Thibault pour négocier que des radicaux ou des coordinations incontrôlables ». Et le premier ministre surenchérit en clamant qu’il y a eu finalement une « gestion presque parfaite de la crise des régimes spéciaux ».Tout cela annonce ce qui va suivre, toujours les retraites avec le passage aux 41 années, la réforme totale du code du travail et la question de la représentativité syndicale. On peut s’interroger sur différents points que soulève le déroulement de la lutte qui vient d’être exposé :L’attitude des syndicats est peut être classique avec pas mal de précédents historiques ; mais leur « docilité » vis-à-vis du pouvoir - la représentation du capital- dans la réorganisation globale du système de gestion du capitalisme français pour l’adapter aux nécessités du super Etat européen et des besoins du capital mondial, vise à la préservation de leurs positions de médiations dans les relations de travail. C’est de cela dont ils discutent avec le pouvoir autant que des réformes. Le rôle des syndicats radicaux comme Sud, en polarisant les oppositions n’a-t-il pas finalement pour fonction objective d’empêcher la formation d’organisations autonome de lutte comme les coordination ou toute autre forme de lutte. D’une certaine façon, ils réintroduisent, même avec leur spécificité syndicale les travailleurs combatifs dans le circuit de médiation qui reste le justification et la fonction du syndicat, radical ou pas.Le développement d’un mouvement de grève que pas mal de travailleurs pouvaient voir comme l’amorce d’un mouvement de résistance plus global, n’a-t-il pas été provoqué et organisé de telle façon qu’il ne se développe pas et que son échec serve non seulement de contre-feux à un mouvement sauvage de grande ampleur par la charge de découragement que cet échec implique.

LE SABOTAGE

L’impuissance de l’ensemble du mouvement traditionnel à freiner la frénésie de réformes a fait resurgir des pratiques ancestrales du mouvement ouvrier : le sabotage et les piquets volants. Ces derniers n’ont pas réussi à se développer, mais le sabotage a eu suffisamment d’ampleur pour entraîner pratiquement des condamnations unanimes toutes organisations confondues Le sabotage fait partie et a toujours fait partie de la geste ouvrière tant quotidienne que dans les luttes les plus importantes. Il est un moyen et non un but ( bien qu’on puisse se lancer dans la discussion inépuisable sur la fin et les moyens). C’est d’abord un moyen de résistance au quotidien de l’exploitation avant de devenir éventuellement un moyen parmi d’autres de faire triompher une lutte ( nous laissons volontairement de côté, sans l’exclure, la question du développement de ce moyen à une échelle beaucoup plus importante à mesure que la lutte s’élargit, ce qui change alors sa nature). Sabotage n’implique pas forcément des destructions contrairement à un sens courant et étroit donné à ce mot ; mais il peut tout autant impliquer de telles destructions ( voir toutes les émeutes des dernières années dans le monde entier tant ouvrières que des laissés pour compte du système) . Il est impossible de donner tous les détails de ces actions qui semblent se poursuivre après la fin de la grève.

LE MOUVEMENT ETUDIANT

Ce qu’on appelle la « loi Pécresse « Loi sur les libertés et les Responsabilités des Universités (LRU), une alliance dangereuse entre les bureaucraties et le marché capitaliste est dans le prolongement de la LOLF (Loi Organique sur les Lois de Finances) concoctée sous un gouvernement socialiste qui fait de toute unité de l’administration de l’Etat une unité autonome de gestion des fonds alloués par l’Etat dans le cadre qui lui est imposé. Au cours de l’été, les syndicats étudiants dont le plus connu l’UNEF (qui ne représentent pratiquement rien sauf leur existence légale) ont marchandé avec le gouvernement une réforme - adaptation de l’université française à l’Europe et au monde économique actuel - et donné leur aval contre la non sélection à l’entrée, le maintien des droits d’inscription actuels et un financement conséquent de l’aide sociale en faveur des étudiants. Ce marchandage s’avérant un marché de dupe (notamment dans la dérision du financement réel vu l’état de dégradation des bâtiments universitaires, le manque de locaux et d’enseignants et le faible montant des aides qu’un étudiant impécunieux peut espérer), des résistances se sont développées dès la rentrée universitaire avec la formation de collectifs - coordinations qui ont contraint l’UNEF à prendre position contre la réforme qu’elle avait entérinée. Le mouvement initié dans quelques facultés s’est étendu mais tout en persistant jusqu’en décembre, il ne s’est pas étendu à l’ensemble des universités tout en débordant quelque peu sur les lycées dans l’enseignement secondaire. Même dans les universités touchées par le mouvement, celui-ci reste plus ou moins minoritaire, avec des situations très diverses allant de tentatives d’occupation, de blocage des entrées, d’assemblées houleuses, de réactions variées des autorités allant de la fermeture à une certaine tolérance. Des coordinations tentent de se mettre en place, localement et nationalement, avec ou sans l’UNEF, avec une certaine confusion quant aux objectifs et aux tactiques de lutte. Coïncidant avec le mouvement contre la réforme des retraites, cette résistance à une réforme ne parvient pourtant pas à s’insérer dans une lutte similaire, sauf ponctuellement ou dans la participation à des manifestations. En décembre, il ne reste plus que quelques bastions qui gardent l’espoir d’une reprise après les vacances. Cette résistance en France peut être rapprochée de mouvement similaires touchant l’enseignement en Grèce, en Hollande (en novembre, plusieurs manifestations de lycéens à Amsterdam et à La Haye à l’appel d’un comité d’action lycéen contre la surcharge de travail scolaire avec des affrontement avec la police - 60 arrestations), pour ne pas évoquer le Chili (voir ci-après)

LA RECURRENCE DE LA REVOLTE DES JEUNES DES CITES

Le 4 octobre 2007, à St-Dizier (Haute-Marne, 30 000 habitants) dans la cité du Vert Bois, suite à un incident dans un commissariat,un groupe d’une cinquantaine de jeunes de 12 à 20 ans attaquent la police, incendient une maison de jeunes, un bureau de l’office d’HLM, saccagent un chantier de constructionLe week-end des 24 et 25 novembre, suite à la mort de deux jeunes impliquant une voiture de flics,des émeutes éclatent à Villiers le Bel ( Val d’Oise) : 20 flics blessés, des commissariats et des commerce incendiés ou saccagés, l’extension à quelques communes voisines.

Ce n’est bien sûr qu’un nouvel épisode de cette « guerre des banlieues quotidienne mais marquée d’épisodes plus violents qui ont les honneurs des médias ( Gergy , Paris -Gare du Nord). Ces émeutes ont révélé la montée d’un degré des méthodes de lutte ( recherche de l’affrontement direct organisé et utilisation d’armes à feu contre les flics) . La grève de novembre dans les transports ferroviaires a vu réapparaître le sabotage ( apparemment lui aussi organisé) comme moyen de lutte.

Ces faits, bien que distincts témoignent de la dégradation des conditions de vie et de l’exaspération de ceux qui doivent entrer en lutte d’une manière ou d’une autre et qui doivent aller au-delà des moyens traditionnels (ou récupérés ou inefficaces) vu la détermination des pouvoirs de suivre sa route pour un accroissement des profits par un durcissement des moyens d’exploitation et une récupération tous azimuts du salaire différé, vu aussi l’intégration de plus en plus marquée des appareils de médiation à la gestion musclée du système capitaliste.

IMMIGRATION - EXPLOITATION - ESCLAVAGE

Une sous-estimation évalue à 200 millions en 2005 les immigrants cherchant « fortune » dans un pays autre que leur pays d’origine. 50% sont des femmes. Les « pays d’accueil » sont l’Europe, les USA et la Russie. Les principaux pays « fournisseurs d’esclaves » sont ceux de tout le sud-est asiatique et d’Amérique latine France -3/11/2007 - Malgré la fermeture du centre d’accueil de Sangatte, les candidats à la terre promise britannique continuent à affluer dans les ports d’où partent les ferries, principalement Calais et Dunkerque. Chassés d’une aire d’autoroute où ils se regroupaient, délogés d’un cordon de dune où ils avaient construit une sorte de bidonville, ils se retrouvent soit dans des bâtiments industriels désaffectés, soit dans un dépôt de conteneurs véritable ville avec ses quartiers, ses étages et son voisinages, pris en charge par la charité publique, toujours pourchassés par le sbires qui ont trouvé un moyen pour les retrouver : ils sont marqués au feutre indélébile.

Belgique - 9/11/2007 - Comme partout, le travail noir sévit dans le BTP. Un contrôle effectué en 2006 sur les chantiers de construction de la région de Bruxelles a montré que 4 patrons sur 10 exploitent des clandestins, dans le centre de Bruxelles sur 44 restaurants, 28 en exploitaient. C’est quasi général dans la restauration et l’horticulture. Les manières de frauder sont infinies et évoluent en fonction des règlements et des contrôles. Un cas classique est dans des « organisations araignées », la tête est irréprochable et infesté de réseaux de production souvent inaccessible. Mais comme partout, la chasse aux clandestins s’organise avec un luxe de moyens informatiques : 20% de l’effectif de l’Office de l’emploi est employé à dépister le cumul entre travail noir et chômage. La fraude est favorisée par un maquis juridique légal : en 2007, le sujet a fait l’objet de 47 changements législatifs et la modification du droit de licenciement par les patrons a fait l’objet d’une note explicative, version simplifiée de 10 pages.

Union Européenne - 25/10/2007 - L’Europe du Nord et même l’Allemagne sont placés devant un dilemme Faute d’une immigration conséquente, le développement économique serait freiné. La Norvège compte 75 000 immigrés (7% de la force de travail), le Danemark 20 000 (5% de la force de travail) venus essentiellement des Pays Baltes. Ils pourraient plaider comme un ministre suédois qui a déclaré récemment : » Mon premier cauchemar n’est pas que 300 000 immigrants arrivent mais que nous prenions des mesures pour les attirer et qu’elles soient insuffisantes pour en attirer suffisamment » Le problème du Danemark souvent cité comme modèle est édifiant. La croissance économique de 3% de 2005- 2006 serait seulement de 2,2% en 2007. Ce déclin serait dû au succès du « modèle social » que les socialistes ont établi en 1990 : embauche et licenciement aisés, maintien des avantages sociaux, formation après tests de capacité. Le taux de chômage est de 3,2% d’une force de travail inextensible. Les industries dopées par les mesures sociales cherchent désespérément des travailleurs ce qui limite les investissements et les exportations, réduit la productivité et pousse les salaries à la hausse (4,5% en 2007). Seule solution l’immigration.

Le même phénomène se retrouve dans le sud de l’Allemagne. En Bavière et dans le Bade-Wurtemberg, le taux de chômage est de 2% les entreprises ne peuvent se développer par manque de travailleurs qualifiés. Dans toute l’Allemagne l’industrie manquerait de 400 000 travailleurs qualifiés, conséquence du manque de formation des jeunes dans les années écoulées.

Roumanie - 8/11/2007 - Comment se débarrasser des encombrants : Le premier ministre a fait le projet d’acheter à l’Egypte un morceau de désert qui servirait de décharge à ciel ouvert pour les Roms indésirables

France - Décembre 2007 - faire du chiffre, primes ou sanctions à l’appui, c’est la consigne pour les sans papiers classés OQT, (Obligation de Quitter le Territoire) En trois ans le chiffre des internés dans les Centres de Rétention est passé de 800 à 2 000, 30 000 y passent chaque année et début novembre le chiffre des expulsion atteignant 15 000, chiffre jugé insuffisant par le ministre des expulsions.

14/10/2007 - Bien qu’originaires de pays membres de l’Union Européenne mais non intégrés totalement, sont réduits - en toute illégalité - à prendre des tâches à toutes conditions dont ils évincent d’autres immigrants : 10 000 saisonniers Espagnols qui faisaient les vendanges en France pour 8,44 euros de l’heure, nourris et logés remplacés par des Roumains et des Bulgares embauchés au jour le jour à 6 euros l’heures, ni nourris ni logés. Les Roumains forment en Espagne le deuxième contingent d’immigrés (525.000), victimes du racisme et de restrictions d’entrée (obligation de visa) ils forment un contingent d’illégaux se déversant dans les pays voisins dont la France.

Émirats Arabes - 5/11/2007 - Des milliers d’esclaves surtout originaires du sud-est asiatique lors d’une journée de grève sont attaqués par la police. Ils occupent les bâtiments administratifs et ripostent aux attaques policières. Il s’ensuit une petite guerre administrative et une amnistie pour les travailleurs dont le visa était expirés, autorisés à retourner chez eux avec leurs économies : 300 000 quittent les émirats laissant totalement vide nombre de sites de construction. Le développement des infrastructures de l’Inde est bloqué par le manque de main d’œuvre dans le BTP en raison de l’immigration vers les pays du Golfe. Un des trusts indiens du BTP, DLF cherche à recruter de 20 à 25 000 travailleurs qualifiés parmi ceux qui s’étaient expatriés promettant non seulement des salaires équivalents à ceux qu’ils perçoivent dans les Émirats (le double de ce qu’ils auraient gagné en Inde) et en leur fournissant des logements pour eux et leur famille près du site en construction et des facilités de vie, ce qui est totalement inhabituel en Inde

Maroc - 19/12/2007 - Labinal Maroc, filiale de Safran (alliance Sagem et Snecma) exploite pour moins d’un euro de l’heure, près de Rabat 410 ouvrières (300 de 18 à 30 ans, avec le bac +2 pour faire du câblage d’avion après une sévère sélection psychologique cherchant à utiliser au maximum « la finesse et la tendresse de la femme ». septembre 2007 - Rien qu’à Casablanca, 30 000 fillettes de moins de 15 ans sont exploitées comme domestiques dans les familles bourgeoises. Une législation serait à l’étude, non pur interdire ces « placements » mais pour contraindre les employeurs à scolariser ces esclaves domestiques.

- septembre 2007-entre 15 à 30 000 immigrants illégaux de l’Afrique Noire en transit vers le paradis occidentaux sont bloqués sans espoirs dans les bidonvilles de Rabat victimes de violences et de discrimination surexploités dans les rares travaux qu’ils peuvent trouver autant que par les « logeurs » marchands de sommeil.

Égypte - 15/12/2007 - 2 millions de Soudanais fuient les guerres intestines de ce pays pétrolier (42 000 officiellement) essayant de gagner des « paradis » refuges, certains mêmes se retrouvent en Israël surexploités dans les plus travaux les plus durs, remplaçant les Palestiniens mais proscrits dans leur pays musulman où le seul pays interdit à l’immigration est...Israël.

Monde - septembre 2007 - Le trafic international des enfants est un commerce lucratif notamment dans l’Afrique Noire. Il rapporterait près de 10 milliards d’euros par an et 1 200 000 enfants en seraient victimes ; on les retrouve dans tous les secteurs d’activité y compris la prostitution.

États-unis - 24/11/2007 - L’immigration est un sujet brûlant dans la course électorale. Dans l’État d’Iowa (Midwest) les « bons citoyens » s’estiment menacés par l’immigration hispanique qui forme jusqu’au quart de la population dans certaines villes et 50% des enfants à l’école publique ; le nombre des immigrés s’est accru de 37% de 2000 à 2005 pour former en tout 4% de la population de l’État.

- septembre 2007- Expulsions:Chaque jour les USA expulsent 200 immigrants illégaux ; 99% recommencent le lendemain. Rien qu’à Tijana, une des principales portes d’accès du Mexique vers les USA, on décompte en moyenne 400 morts d’immigrants par an. Le 22 octobre, 24 candidats à l’immigration se sont noyés au large de l’Etatr d’Oaxaca dans la Pacifique sud alors qu’ils tentaient de gagner les USA sur un rafiot de fortune.

Inde - 28/10/2007 - 25 000 paysans sans terre des plus basses castes ( tribaux et intouchables) marchent sur la capitale New Delhi, métayers touchés par l’industrialisation dans un mouvement Janadesh 2007 ( verdict du peuple) pour une réforme agraire. En Inde, 60 millions d’enfants produiraient 20% de la richesse nationale pour produire des marchandises pour le « commerce équitable » et alors que le travail des enfants est interdit « légalement » depuis 1986.

23/11/2007- Des affrontements entre les minorités musulmanes et les bouddhistes à Calcutta ( 15 millions d’habitants) ( un mort, des dizaines de blessés) contre le gouvernement communiste de l’État du Bengale Occidentale dans un mouvement de protestation des paysans de Nandigram dépossédés de leurs terres pour la construction d’une zone économique spéciale de 9 000 ha. Dans l’État d’Uttar Pradesh , le 28 septembre, les magasins de la chaîne se supermarchés Reliance sont attaqués par des milliers de petits commerçants dépossédés par l’invasion de la distribution « moderne ». La pression de ceux-ci est si forte que le gouvernement a proscrit toute nouvelle installation de supermarchés .bien que ceux-ci aient prospéré autour de la capitale New Delhi.

-Grande-Bretagne-1/10/2007-Londres, la capitale est la plaque tournante de l’exploitation des immigrants. On les trouve partout en pourcentage variable de l’ensemble des exploités de chaque secteur : hôtels-restaurants (60%), santé (40%), transports terrestres (40%), finances (35%), industries (35%), administrations ( 25%), bâtiment (30%), autres emplois (30%)

MONDIALISATION,CONDITIONNEMENT ET MANIPULATIONS

Chine -5/10/2007 - Walt Disney Company, la multinationale américaine clame haut et fort son respect des droits sociaux dans un « Code de conduite » auprès de ses fournisseurs et son attachement au commerce équitable.. Depuis le 10 septembre 2007, 300 ouvriers de l’usine Haowei Toys (jouets) protestent nuit et jour devant le Bureau du Travail de Shenzhen (près de Hong Kong) simplement pour le respect de la législation du travail chinoise. Ils doivent travailler jusqu’à 15 heures par jour, 28 jours par mois et sans jours de repos dans les périodes de pointe. L’un d’eux a dû travailler 360 heures en décembre 2006. Le salaire est de 23 centimes d’euro de l’heure, porté à 28 centimes pour les heures supplémentaires. Les amendes pleuvent par exemple pour plus de 5 minutes aux toilettes ou refus d’heures sup. La démission entraîne la retenue d’un mois de salaire si elle n’est pas « autorisée » par le patron. Peinture, produits chimiques sont manipulés sans aucune protection. Dans les dortoirs, les esclaves sont entassés à 12 dans des pièces humides et sombres de 15 m² et il n’y a qu’un seul WC par étage. Les manifestations et la pression de Disney soucieux de son image commerciale ont fait que les jours de travail ont été ramenés à 26, que les heures sup sont payées de 0,3 à 0,6 euros mais la direction de l’usine a augmenté les frais d’hébergement ont été portés de9 euros à 20 euros par mois sans aucune amélioration. ; Et la firme parle de délocalisation vers une zone moins revendicative à l’intérieur du Guangdong

Philippines _ août 2007 - Les grévistes de l’usine textile Chong Won ont dû, devant les attaques et menaces lever les piquets de grève à l’entrée de l’usine. Les grévistes d’une usine proche Phils Jean ont été attaqués de nuit par un commando qui les a kidnappé et déportés hors de la zone franche de Cavite où sont installés les bagnes textiles qui oeuvrent sous férule coréenne pour les multinationales des « grandes marques »

République Démocratique du Congo (ex Zaïre) - septembre 2007 - Le Kasaï est avec le Katanga contigu l’une des provinces minières les plus riches, autrefois chasse gardée des multinationales. Celles-ci ont été apparemment dépossédées par les régimes issus de l’indépendance et l’instabilité meurtrière qui s’est ensuivie ; Mais elles n’ont pas tout perdu. Une société nationale MIBA créée pour exploiter notamment les diamants sombre dans la faillite sur un fond de trafic clandestins et de corruption. Les travailleurs de MIBA ne sont pas payés depuis 10 mois et vivent dans une pauvreté extrême. Mais les diamants continuent de couler à Amsterdam ou Tel-Aviv

- 15/11/2007 - Les mêmes multinationales achètent l’or, la cassérite ( minerai d’étain) et autres minerais précieux à des bandes armées qui pillent , violent, assassinent et se pourvoient en armes auprès d’autres, parfois les mêmes, multinationales. La boucle est fermée avec de juteux profits.

Guatemala - décembre 2007 - Attaquée sur l’humanitaire, la multinationale fruitière Chiquita a fait le choix de se défaire de ses plantations et de s’approvisionner auprès de sociétés locales dont les méthodes d’exploitation du travail sont moins connues. Elles tendent à s’installer sur la côte sud du Guatemala, où la main d’œuvre locale est plus facilement exploitable. Tout est fait pour étouffer toute tentative d’organisation syndicale revendiquant les droits les plus élémentaires : carotte et bâton, sont utilisés alternativement pour dissuader tout adhésion. Si ça ne marche pas, les menaces physiques passent aux actes : séquestration, expulsion de familles, le tout sur fond de corruption des autorités de mèche avec les patrons de ces sociétés écrans.

Fonds très spéciaux-16/11/2007-Les naïfs ou les hypocrites font semblant de s’indigner aux révélation d’une caisse noire du syndicat patronal de la métallurgie UIMM . Ces pratiques d’acheter, les mouchards, les syndicalistes et/ou les syndicats, ont existé depuis que l’exploitation du travail existe. Tout patron est prêts à payer pour avoir la paix sociale et acheter un trublion est moins cher qu’une grève et/ou une augmentation collective de salaires. ; Ce n’est pas particulier à la France. En Allemagne, Volkswagen arrosait le président de comité d’entreprise tenu par le syndicat IG Metall . Le DRH assurait les contacts, prélevant au passage sa dîme. Ils se retrouvent tous eux en justice mais cela semble aussi un coup bas de Porsche qui veut annexer VW et trouve IG Metall sur son chemin

France-7/11/2007-Partage des richesses . L’argent de poche de Sarkozy est passé à 19 331 euros mensuels ( plus 172%) pour s’aligner -paraît-il avec le « salaire » su premier ministre-240 000 euros annuels. Les « frais de fonctionnement » du palais font partie d’une dotation séparée sans compter la masse de « détachés », la plupart fonctionnaires de haut rang ou parlementaires qui continuent de toucher leur « salaires » à des titres divers.

-14/12/2007-Sécurité d’emploi. Dans le BTP, un ouvrier meurt sur un chantier chaque jour travaillé, le prix d’un salaire moyen de 1 250 euros mensuels avec, dans cette activité une espérance de vie de 7 ans inférieure à celle de l’encadrement. Même pas besoin de différer l’âge de la retraite.

13/11/2007-Deux journaux financiers La Tribune et Les Echos ( qui passe pour le porte parole du patronat) se retrouvent par des jeux financiers( peu importe lesquels) avec le même patron. Que les journalistes de La Tribune craignent pour leur emploi et se défendent, normal. Mais on se permettra de douter qu’ils puissent prétendre défendre une conception de liberté éditoriale indépendante des intérêts de leur patron.

6 :/11/2007-Pour tenter de redorer leur blason, les organisation patronales des centres d’appel ont fait établir en 2005 par le ministre de l’emploi un « label de responsabilité sociale » qui serait décerné par un comité composé de 9 parons, 6 syndicalistes et un de l’État. Comme on aurait pu le penser même chez les firmes ayant gagné le label en question, la situation n’a guère change. Même la firme Téléperformance France, bien connue par les plus mauvaises conditions de travail et sa plus grande manipulation de la précarité a obtenu le fameux label. Même si pour l’obtenir les candidats doivent prouver avoir 60% de leurs effectifs en France, les délocalisations se font, notamment au Maroc, par le canal de filiales, ce qui permet de maintenir les quotas favorables.

- - 13/11/2007 -Encore et toujours l’amiante. C’est bien connu que les contraintes environnementales sont une des raisons des transferts d’industries là où l’ignorance et la corruption permettent des activités polluantes sans limites. Le capital déplace ses lieux d’exploitation quand il le peut là où il peut maximiser ses profits, pas seulement sur les conditions d’exploitation des travailleurs. La soi-disant « victoire écologique » concernant le démantèlement du navire de guerre G. Clémenceau a abouti à la quasi fermeture du site de démantèlement de navires d’Along ( province de Gujarat,ouest de l’Inde) dont l’activité a été transférée en Chine, au Bangladesh ou aux philippines dans des conditions pires que celles de l’Inde. Là, les travailleurs ne tiennent guère plus que ( ou 6ans, sans compter la population locale contaminée par les gaz toxiques qu’ils respirent ou qui imprègnent le sol.

-Monde - Décembre 2007-Abîme d’inégalité : dans les pays en développement, le taux de mortalité infantile est de 87 enfants pour 1 000 naissances ( parfois jusqu’à 155) alors que dans les pays industrialisés, ce taux est de 6 pour mille.

UN TOURNANT DANS LA LUTTE DE CLASSE ? DES LUTTES OFFENSIVES ET NON PLUS DEFENSIVES

Ce n’est pas un hasard si le gouvernement français essaie de lancer, à grand renfort de propagande, des mesures cosmétiques pour « défendre le pouvoir d’achat ». Ce n’est pas un hasard si le gouvernement allemand établit un salaire minimum et à l’autre bout du monde, ce n’est pas un hasard si le gouvernement chinois promulgue un nouveau code du travail plus favorable aux travailleurs...sur le papier bien sûr mais ouvrant un cadre revendicatif. Pour ne parler que de la France ou de l’Europe des grèves se sont déroulées récemment, non plus défensives contre les délocalisations ou restructurations (elles existent toujours), mais pour des revendications de salaires. Le coût de l’exploitation de la force de travail reste un élément central du fonctionnement du capitalisme si celui-ci ne peut compenser ce qu’il se trouve contraint d’accorder sous la pression de la grève par une augmentation de la productivité, c’est à dire en modifiant les autres conditions de travail ce qui risque de provoquer d’autres conflits.

Grande Bretagne - 22/10/2007 - toute une série de grèves limitées au cours de l’été se sont conclues par un accord entre le syndicat UCW concernant les salaires (6,9% sur 18 mois), une prime de 230 euros contre des concessions sur la flexibilité à négocier par centre, la retraite à 60 ans seulement pour les nouveaux embauchés à partir du 1/1/2008. L’accord , qui soulève de fortes résistance a été accepté par un vote à une faible majorité et ne permet nullement de présager que les conflits récurrents autour de la modernisation des centres de tri et des concentrations ne subsisteront pas devant une base très combative.

Belgique - 27/10/2007-Grève spontanée à la FN (armement) à Herstal (Liège) qui démarre dans un atelier de montage et s’étend à toute l’usine. Après une journée une prime de 100 euros en avance sur une prime de fin d’année et ouverture de discussions sur les salaires. 14/9/2007 -Travailler plus pour gagner plus -Usine Arcelor-Mittal de Gand (ex Sidmar, 3 000 travailleurs) - Une soixantaine de travailleurs du sous-traitant GOM (nettoyage) en grève pour les salaires et conditions de travail. Après 3 semaines de grève, ils « obtiennent » 1 450 heures de travail par semaine au lieu de 1 280.

Chili - 19/10/2007- Après 19 mois de gouvernement « socialiste » le pays conserve des écarts de revenus les plus importants du monde, produit de la politique monétariste de la dictature Pinochet et pas réellement remise en cause par l’alternative démocratique. Santiago, la capitale connaît des manifestations répétées d’étudiants, de travailleurs et des grèves (une journée de protestation le 30 août a été attaquée par la police, 80 arrestations). Dans les énormes bidonvilles de Santiago, le salaire mensuel moyen est de 200 euros par mois pour un coût de la vie au niveau européen. Seulement 60% de la population âgée bénéficie d’une retraite. Dans ce contexte, ce sont les travailleurs des mines de cuivre qui ont obtenue par leur grève des revalorisations de salaires (voir précédent bulletin)

Chine - 16/9/2007 - Contrairement à ce que les médias peuvent dire, malgré la présence de plus de 100 millions de migrants, les firmes chinoises sont contraintes d’augmenter les salaires et de modifier quelque peu les conditions d’exploitation. La raison en est en partie dans les résistances et les luttes mais aussi d’une manière indirecte la recherche du « meilleur emploi » qui entraîne un important turn over et l’amélioration de la situation dans les campagnes pourvoyeuses de migrants. Cela se répercute sur les coûts de production et le coût des produits. Après des années de baisse, ces prix ont augmenté entre 1 et 2% en quelques mois. Jusqu’à présent, le capital étranger comme Chinois exploitait sélectivement dans les pires conditions la fraction la plus vulnérable de la population, les jeunes filles de 14 ans (parfois moins) à 25 ans. Mais une des conséquences de la politique de l’enfant unique et du contrôle rigoureux des naissances fait que cette couche de la population s’amenuise (dans une étude récente menée dans 2 749 villages de 17 provinces, 74% n’avaient plus aucun jeune de cette catégorie à exporter). La seule ressource pour les firmes est d’augmenter les salaires et réduire les conditions d’exploitation ou bien de délocaliser ailleurs.

Finlande - 19/11/2007 - Bras de fer entre l’État et les infirmières. Qui, se voyant proposer une augmentation de base de 9% et un supplément de 2,6% revendiquent un supplément de 15%. Toutes leurs actions s’étant heurtées à un mur, 12 800 menacent de démissionner en bloc si aucune ouverture n’est faite. Le gouvernement envisage une réquisition.

France - 9/11/2007 - Air France -KLM. Du 25 au 29 octobre, à un moment bien choisi des vacances de la Toussaint, les hôtesses et stewards se sont mis en grève pour les salaires et les conditions de travail. La direction escomptait que l’appel syndical ne serait suivi que faiblement mais sest trouvée devant une grève importante et déterminée. Les profits présents sans précédents affichés par la compagnie sont dus essentiellement à l’intensification du travail (nombre de passagers accru, décalages horaires, travail de nuit, etc..) et au blocage des salaires De plus la composition sociale de cette catégorie de travailleurs s’est modifiée avec le recrutement de 11 0000 nouveaux navigants non pilotes dans les 10 dernières années (ils sont 14 200 aujourd’hui), plus combatifs et moins corporatistes. Air France menace de poursuivre en justice les syndicats qui ont signé antérieurement un protocole de droit syndical réglementant le droit de grève Une grève similaire des mécaniciens au sol à l’aéroport d’Orly n’a duré que quelques jours, suspendue par les intéressés pour ne pas perturber les départs des vacances de fin d’année.

- 9/11/2007 - Après une grève d’une semaine impliquant le blocage de certains ports de pêche, les marins-pêcheurs obtiennent de la compensation à l’augmentation du prix du gazole. De même une grève des routiers italiens a paralysé le pays pendant plusieurs jours, grève qui visait à obtenir un dédommagement similaire pour la hausse du prix des carburants.

- Depuis 1978, le salaire net moyen n’a pratiquement pas bougé, se situant autour de 17 000 euros annuels. Le salaire de base toutes catégories a augmenté de 0,8% en 2005 et de 1,2% en 2006. On assiste dans les derniers mois à des grèves dispersées, limitées pour des revendications de salaires :: à Conforama ( 10 jours à Satolas, 3 semaines à Corbas, des débrayages ailleurs et une manifestation au siège de Lognes (Seine et Marne), à Air France, chez Total, au Crédit Lyonnais ; débrayage de 2h des 300 chez Yoplait au Mans( et 300 à Vienne (Isère) et Monéteau (Yonne) , 3 jours de grève de 380 chez Rabier -salaisons dans la Sarthe, dans une filature de Bar le Duc, chez Fedex à Roissy. Chez Smart à Hanbach (Moselle) la grève commencée le 4 octobre prend fin le 9 avec 75 euros mensuels, l’embauche en CDI de 25 intérimaires sur 40 et la garantie d’emploi jusqu’en 2009.

Italie - 12/12/2007 -Les théâtres italiens d’art lyrique bloqués par des grèves, pour salaires et conditions de travail : leur contrat de travail est expiré depuis 2005 et pas renouvelé et beaucoup de théâtres sont en situation de faillite

Afrique du Sud - 4/12/2007 - Le pays compte les mines d’or et de platine les plus profondes du monde jusqu’à 3.000m ce qui en rend les conditions de travail particulièrement pénibles. 200 000 mineurs en grève nationale d’une journée pour la sécurité (200 mineurs meurent chaque année, les accidents sont très fréquents et récemment 3 200 mineurs sont restés bloqués au fond de la mine pendant une journée par une panne des ascenseurs. 22/11/2007 - 1 000 ouvriers du bâtiment de Durban saisissent l’opportunité de la construction d’un stade pour la coupe du monde en 2010 pour obtenir après une grève de deux semaines et des menaces d’extension des augmentations de salaires, des primes, des garanties de sécurité

États-unis - 23/11/2007 - depuis le 5 novembre, les scénaristes d’Hollywood sont en grève pour avoir une plus grande part du gâteau des droits d’auteur sur les diffusions de films par les nouveaux médias. Ils montent des piquets de grève devant les studios et organisent des manifestations. Ils sont soutenus par le syndicat des Teamsters qui regroupe les accessoiristes. La grève qui dure encore à la fin de l’année risque de tarir les programmes de télé américains.

Allemagne - Les grèves limitées du syndicat des conducteurs de trains (GDL, voir précédent bulletin) se poursuivent avec toujours la même revendication d’une augmentation de salaires de 31% et des négociations pour un contrat spécifique aux agents de conduite.

Égypte - (voir précédent bulletin) - la grève de l’usine textile Ghazl el Mahallah près du Caire se termine par le paiement de primes, la démission du directeur et le remplacement du conseil syndical. Le gouvernement a dû céder à toutes les revendications devant la menace d’extension de la grève à toute la région.

LES LUTTES DEFENSIVES CONTRE LES ATTAQUES MULTIPLES DU CAPITAL

Les licenciements pour différentes raisons continuent de sévir, conséquence soit de rationalisation avec introduction de nouvelles technologies, soit de délocalisations, soit de concentration, soit de faillite.

France - 1/11/2007 - La fusion récente Alcatel-Lucent tient toutes les promesses de la réunion de deux entreprises en perte de vitesse ; En sus de 12 500 suppression d’emploi annoncés (20 % des effectifs) 4 000 autres emplois doivent disparaître. Entre 1995 et 2006 Lucent est passé de 125 000 travailleurs à 30 000 et Alcatel de 195 000 à 56 000. En septembre 2007, le groupe ne comptait plus globalement que 80 000 travailleurs.
- 2/11/2007 - Amiens (Somme) les 2 700 travailleurs de Dunlop-Goodyear (pneumatiques) refusent l’allongement du temps de travail qui leur accordait de travailler plus sans gagner plus. Mais une menace de fermeture plane.
- Continental (pneumatiques) à Clairoix (Oise), accord voté à 75% pour l’abandon des 35 heures. 650 travailleurs en équipe de 3x8 passent à 39 heures avec paiement des heures supplémentaires mais la suppression de primes remplacées par un hypothétique « intéressement » et 50 embauches. Le tout sous le chantage à la délocalisation. 19/12/2007 - Charles Jourdan (chaussures de luxe) à Romans (Isère) ferme définitivement pour cause de faillite et manque de repreneurs : 197 licenciements.
- 19/10/2007-en grève depuis le 10 octobre, les ouvriers de l’équipementier Dard à La Talaudière (Loire) ( 250 en CDI et 100 intérimaires) bloques les chaînes de production pour une prime de départ lors de la fermeture de l’usine, la maison mère étant en faillite. 15/10/2007-Blanquefort (Gironde) débrayage de 800 travailleurs sur 1 800 contre une réduction d’activité qui supprimerait 200 emplois.
- 25/10/2007-en 2012, la poste emploiera autant de travailleurs sous statut privé que de fonctionnaires ( catégorie appelée à disparaître parce que non renouvelée et s’éteignant peu à peu par les départs en retraite). Ce qui rend bien difficile les luttes unifiées. Il est prévu la fermeture de bureaux « non rentables » qui s’accompagnera de l’ouverture de 1 700 « points de contact » dans les mairies ou les commerces locaux pour les opérations postales simples.
- 5/10/2007-Flextronics à Canejan (Gironde) licencie 250 travailleurs sur 540 pour délocalisation
- octobre 2007-Michelin ( pneumatiques) restructure et ferme son usine de Toul (Meurthe et Moselle) ( 830 travailleurs et 50 intérimaires) avec transfert de production à son usine de Lasarte (Espagne)
- 15/11/2007-La multinationale Anglo-Hollandaise Unilever restructure et licencie 20 000 travailleurs dans le monde, ferme l’usine de glaces et sorbets Miko de St Dizier (254 emplois)
- 15/11/2007-Valse des entreprises dans la bière. Kronenbour après avoir fermé en 2 000 deux usines de Strasbourg et de Rennes ne fabrique plus qu’à Obernai (Bas-Rhin) ( dans cette usine une grève contre les heures supplémentaires obligatoires). La firme externalise la logistique, transfère les services administratifs à Paris, le tout avec des perspective de rachat de leur patron actuel Scottish and Newcastle qui présagerait d’autres restructurations.

Belgique-27/10/2007-grèves dans les services postaux contre des projets de réorganisation prévoyant la fermeture de 650 bureaux de poste, la concentration des centres de tri, la création de plates-formes de distribution et le remplacement des facteurs par des femmes ou des retraités à temps partiel sous-payés pour les « distributions simples »

FIN

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