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Ni patrie ni frontières a 5 ans : petit bilan

dimanche 23 septembre 2007, par Yves

Chers lectrices et lecteurs,

Ni patrie ni frontières fête aujourd’hui son cinquième anniversaire, puisque son premier numéro est sorti le 22 septembre 2002.
A cette occasion, nous publions quelques informations concernant à la fois le contenu de la revue, l’ « étendue » ( !) de sa diffusion et l’ampleur (sans guillemets, cette fois) de.... son déficit.

Un bilan statistique est certes moins enthousiasmant qu’un bilan politique, mais il nous a semblé utile de vous communiquer ces quelques chiffres afin que vous appréciez si les objectifs fixés dans la plateforme initiale avaient été en partie atteints, et que vous ayez connaissance de nos difficultés financières - difficultés sérieuses mais pas létales.
Cela vous donnera, lectrices et lecteurs, une petite idée des progrès qu’il nous reste à accomplir, avec votre aide, si vous le souhaitez.

1) Le contenu de la revue et de ses suppléments

En l’espace de cinq ans Ni patrie ni frontières a publié 12 numéros simples, doubles ou triples, 2 suppléments (sur l’Irak et sur l’altermondialisme), sans compter les deux livres rassemblant les écrits de notre ami Karim Landais Passions militantes et rigueur historienne. Nous n’avons pas réussi à assurer une périodicité trimestrielle, mais la revue a compensé l’irrégularité du rythme de sa publication par l’importance du volume de chaque numéro, pour ne pas léser les abonnés et ceux qui nous ont fait confiance.
Durant ces cinq années Ni patrie ni frontières a publié autant de textes inédits que de textes déjà édités ou diffusés. Les traductions inédites ont représenté 26 % du contenu total de la revue ; les articles français inédits 24 % ; et les 50 % restants ont rassemblé des tracts ou des textes français déjà publiés, mais aussi des articles déjà traduits dans d’autres revues, brochures ou sur Internet.

La distribution entre ces trois types de sources a varié selon les numéros et leur thème dominant, certains étant plus pauvres en traductions, notamment ceux consacrés exclusivement à la France (cf. les « émeutes » de novembre 2005 ou la lutte contre le CPE), d’autres offrant une majorité de traductions inédites.

La diversité des courants représentés (marxistes, anarchistes et révolutionnaires non « partidaires ») a été une constante dans chaque numéro, conformément au projet initial, mais les textes des courants féministes ont - hélas ! - été les plus rares.
La revue a cherché à approfondir la réflexion sur une série de thèmes dont notamment :
-  l’importance de l’athéisme et la critique de toutes les religions,
-  l’originalité des positions des Partis communistes ouvriers d’Iran et d’Irak
-  les limites de l’antisionisme,
-  le fondamentalisme chrétien aux Etats-Unis
-  l’histoire d’Israël et de la Palestine,
- la nature de l’islam politique (Hezbollah, Hamas)
- la critique de l’altermondialisme et du citoyennisme,
- l’influence idéologique néfaste du néo ou post-stalinisme,
- la critique du tiersmondisme et du nationalisme,
- l’analyse des différentes formes de terrorisme,
-  les limites de la démocratie bourgeoise
-  le sens actuel de la laïcité,
-  les débats sur la nature de la révolution russe et du bolchevisme,
-  la critique du sexisme, de la famille et de la morale,
-  l’idéologie des mouvements antiguerre,
-  la fonction des syndicats dans les luttes,
-  l’Europe et l’impérialisme européen,
-  l’antisémitisme de gauche,
-  la répression contre les sans-papiers en Europe,
-  et la critique du multiculturalisme.
Sur ces questions, la revue a essayé non seulement de faire entendre des points de vue contradictoires, mais aussi de critiquer les illusions et les lieux communs les plus répandus dans l’extrême gauche et le mouvement libertaire.

2) Projets

Nous envisageons de publier prochainement deux numéros thématiques : le premier centré sur l’Amérique latine (Mexique, Venezuela, Brésil, Bolivie), le second comparant les « questions noires » en France et aux Etats-Unis (avec notamment des traductions de CLR James). Nous serons certainement amenés à faire un second numéro sur Israël et le sionisme, avec des textes de Ber Borochov (à l’origine du "sionisme ouvrier"), Emma Goldman (sur le sionisme) et Hal Draper (un marxiste américain qui a suivi de près la naissance de l’Etat d’Israël dans la presse juive de l’époque). Nous souhaiterions aussi mieux faire connaître des auteurs vivants comme Joao Bernardo (marxiste libertaire), Oswaldo Coggiola (trotskyste argentin) ou Loren Goldner (marxiste), qui ont déjà une œuvre significative derrière eux mais dont aucun livre n’a été publié en français, ainsi que de nombreux classiques anarchistes qui n’ont pas encore été traduits, à commencer par Voltairine de Cleyre. Et nous avons en tête de nombreux articles courts ou brochures, d’une histoire de l’anarchisme polonais à une réflexion sur le sionisme et l’antisionisme par Steve Cohen « C’est marrant, mais tu n’as pas l’air d’un antisémite » et « Confession d’un traître juif »), en passant par bien d’autres sujets. Mais mieux vaut ne pas vendre la peau de l’ours...

3) BILAN FINANCIER

Pour ce qui concerne les chiffres des ventes de la revue et des brochures publiées depuis 2002, à part les trois premiers numéros et la brochure sur les femmes en Irak, les ventes ont oscillé entre 60 et 90 exemplaires, soit un résultat très modeste. Seconde constatation : les numéros (15 et 16-17) qui sont sortis juste après un mouvement social (novembre 2005 ou le CPE) ont mieux marché que les numéros consacrés à des thèmes plus « bateaux » (les syndicats, la laïcité, les religions, l’Europe - bien que, dans ce dernier cas, la revue soit parue plusieurs mois après le référendum, et donc en complet décalage par rapport à la campagne du non). Une exception : le numéro 8-9 sur le sionisme et l’antisionisme, thèmes qui déclenchent toujours les passions et sont constamment « actuels ».

Même si nous en avions l’intention, il nous serait difficile de répondre à cet intérêt apparemment plus grand chez nos lecteurs pour l’actualité immédiate, vu la faiblesse de nos moyens et la périodicité aléatoire de la revue. De plus, l’objectif initial de Ni patrie ni frontières était (et est encore) de traduire des textes peu connus en France sur des sujets de fond ; des articles théoriques qui exercent une certaine influence politique dans d’autres pays ; des analyses ou des témoignages sur des luttes ouvrières significatives ; et aussi de montrer comment certaines questions politiques ont été abordées de façon différente par diverses tendances au cours de l’histoire du « mouvement ouvrier ». Il est donc probable que les ventes de Ni patrie ni frontières resteront à leur niveau actuel et ne connaîtront pas de progression significative, car nous n’avons pas vocation à faire concurrence à l’hebdomadaire bourgeois Courrier international, au mensuel trotskyste Inprecor, ni même au trimestriel Echanges et mouvements, avec lequel nous partageons pas mal d’idées.

Signalons enfin que les chiffres de vente de Ni patrie ni frontières sont un peu faussés dans la mesure où les articles de la revue figurent tous sur Internet, et souvent bien avant leur parution. La fréquentation du site mondialisme.org augmente régulièrement depuis cinq ans (nous sommes passés de 100 à 500 visites par jour en moyenne), mais dans la mesure où les textes de Ni patrie ni frontières ne constituent que 50 % de ses ressources, il est difficile de mesurer exactement ce qui revient à la revue et ce qui revient aux autres publications ou groupes, Echanges et mouvements, le Cercle social et Temps critiques.

Ventes de la revue (septembre 2002- septembre 2007)

Ni patrie ni frontières n° 1 = 144

Ni patrie ni frontières n° 2 = 119

Ni patrie ni frontières n° 3 = 111

Ni patrie ni frontières n° 4-5 = 90

Ni patrie ni frontières n° 6-7 = 76

Ni patrie ni frontières n° 8-9 = 90

Ni patrie ni frontières n° 10 = 71

Ni patrie ni frontières n° 11-12 = 60

Ni patrie ni frontières n° 13-14 = 66

Ni patrie ni frontières n° 15 = 97

Ni patrie ni frontières n° 16-17 = 88

Ni patrie ni frontières n° 18-19-20 = 66

Ventes des brochures (2002-2007)

Emma Goldman et la révolution russe = 67

Nationalisme, antisémitisme et « altermondialisme »= 56

Voltairine de Cleyre = 19

Débat sur la révolution russe = 14

Femmes en Irak = 122

Comme le lecteur s’en doute d’après les chiffres présentés ci-dessus, la revue Ni patrie ni frontières est loin d’être bénéficiaire. Le déficit est lié à son coût de fabrication élevé (entre 1 200 et 1800 € suivant le nombre de pages), au coût prohibitif des envois postaux (entre 2,7 et 3,9 € par numéro), à la marge de 30% prise par les libraires et surtout (ne nous voilons pas la face) à la faiblesse globale des ventes. Pour rentrer dans nos frais, il faudrait vendre la totalité des 200 exemplaires imprimés... et sans doute à un prix bien supérieur. Ce qui est évidemment impossible, vu les faibles moyens de celles et ceux qui s’intéressent aux idées révolutionnaires.
Les abonnements (dont le nombre a oscillé entre 25 et 42 au cours des 5 années écoulées) sont le plus sûr moyen d’assurer la pérennité de la revue, étant donné qu’elle n’est vendue que dans 6 librairies parisiennes (La Brèche, Publico, L’Emancipation syndicale, Le Point du Jour, Parallèles et Quilombo) et une seule librairie en province (La Gryffe à Lyon).

Le déficit cumulé pour les années 2002-2007 se monte à environ 11 000 euros, soit 2 200 euros par an, ou encore 183 euros par mois. Et il nous faut assumer cette charge mensuelle, sans subvention étatique (heureusement !) ni mécène « gauchiste »... à la Feltrinelli ou à la Maspero.
Notre avenir réside donc entre vos mains.

Si vous appréciez notre publication, abonnez-vous, réabonnez-vous et faites-la connaître autour de vous.
Nous avons édité un petit catalogue avec tous les sommaires et les présentations des numéros et nous pouvons vous en faire parvenir quelques exemplaires si vous souhaitez les faire circuler autour de vous, les passer à des amis, les déposer dans une librairie militante, un squat, etc.

L’abonnement coûte 23 euros pour 3 numéros (simples, doubles ou triples)
et 45 euros pour 6 numéros. La périodicité est un peu aléatoire puisque nous avons publié 12 numéros en 5 ans, et non 20 comme nous nous l’étions promis. Mais avec les 2674 pages publiées durant cette période, soit l’équivalent d’au moins une dizaine de livres de 350 pages, le lecteur a de quoi nourrir ses longues soirées d’hiver, ses nuits d’insomnies et ses vacances studieuses.

Si vous souhaitez recevoir la revue, vous pouvez envoyer un chèque (ou le montant en timbres) à l’ordre de Yves Coleman 10 rue Jean-Dolent 75014

Et sinon par email vous pouvez nous écrire à : yvescoleman@wanadoo.fr