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La situation des classes laborieuses au Japon (6)

samedi 27 août 2011

Les grèves pendant la première guerre mondiale. Les conflits du travail de 1914 à 1916. Un tournant : 1917-1978. Les émeutes du riz

Paru dans Echanges n°115 (hiver 2005-2006)

Les conditions favorables du commerce extérieur et la prospérité de l’industrie manufacturière entraînèrent des rentrées d’argent pour les employeurs. Dans le même temps, en favorisant l’essor industriel du pays, la guerre a entraîné la création d’une classe ouvrière plus nombreuse (1) mais aussi une demande de main-d’œuvre que le pays ne pouvait satisfaire. Le Japon éprouva alors des problèmes du marché du travail inconnus avant-guerre. Par suite de ce déséquilibre entre l’offre et la demande de main-d’œuvre, les employeurs ont dû augmenter les salaires et recourir à une force de travail extérieure, principalement venue de Corée ; ils ont dû aussi suppléer à la rareté des hommes par les machines (2).

L’introduction de la machine dans les entreprises va renforcer l’organisation du temps pour les sans-métiers (surtout des femmes et des enfants) et conférer une certaine indépendance aux ouvriers qualifiés qui utilisent leur maîtrise d’une technique pour contrer cette dictature du temps. Partout, les opérateurs de machines ont tendance à travailler à leur propre rythme (périodes intensives de travail suivies de périodes d’inactivité) afin de se ménager des répits et sortir de l’usine après avoir gagné assez pour satisfaire leurs besoins.
Les revendications ouvrières portent universellement, en dehors des périodes révolutionnaires, sur les salaires et le temps de travail. Au Japon, à ces revendications s’en sont parfois ajoutées d’autres qui permettent de distinguer sommairement trois périodes de l’évolution des luttes ouvrières de 1868 à 1945 : 1) des luttes pour une reconnaissance sociale des travailleurs (fin du xixe siècle) ; 2) des luttes simplement menées pour une amélioration des salaires et des conditions de travail (1905-1918) ; et 3) des luttes pour le droit syndical (à partir de 1919).

Le premier point a été discuté dans mon troisième article (3), où j’avais aussi abordé les luttes qui avaient accompagné et suivi la guerre russo-japonaise (4) relevant de la deuxième période ; je veux ici compléter cette analyse par une étude des grèves pendant la première guerre mondiale qui en couvre la fin. Le troisième point fera l’objet du prochain article.

Les causes du mécontentement ouvrier pendant la guerre

On accuse généralement la propagande socialiste d’être la cause de l’agitation ouvrière. Mais celui qui voudra en voir les causes réelles les cherchera plutôt au sein même du développement économique et intellectuel de la classe ouvrière.

Dans un marché du travail où les travailleurs étaient très mobiles, passant facilement d’un patron à l’autre et où la demande excédait l’offre de main-d’œuvre, les entreprises accordèrent, dans les années 1914-1918, de meilleurs salaires en fonction de la qualification de l’ouvrier, volontairement ou non, et tentaient de retenir les ouvriers les plus qualifiés grâce à une meilleure paie. Encouragés par les besoins en main-d’œuvre des industriels, les ouvriers, hommes et femmes, évitaient du mieux possible le travail dur et sale qui revenait souvent à ceux récemment venus des campagnes du Japon ou de ses colonies (Taiwan et, principalement, la Corée) ; ce qui explique sans doute, pour une part, que les mines, centres de nombreux conflits avant guerre, semblent avoir été relativement épargnées par les grèves pendant la guerre.

Si entre 1914 et 1918, les salaires augmentèrent énormément comparés à autrefois, de nouveaux besoins (par exemple, le riz remplace rapidement le mil comme base alimentaire chez les ouvriers des villes mais aussi dans les campagnes), et la hausse des prix à partir de novembre 1915 (5), font chuter le pouvoir d’achat des ouvriers et des paysans pauvres. Yamasaki Kakujirô cite ainsi une recherche faite en mai 1916 sur les différents postes de dépense d’un budget ouvrier moyen (6), où l’on voit que l’alimentation représente une charge comptant pour près de la moitié du salaire :

Budget ouvrier moyen

Alimentation et boisson 41,42 %

Loyer 17,56 %

Fioul 6,14 %

Habillement 7,50 %

Divers 27,38 %

100,00 %

Les grèves seront donc, pendant la guerre, principalement dirigées contre la cherté de la vie. Et à partir de 1916, après l’envolée du développement industriel (7), les revendications salariales entraîneront de nombreux arrêts de travail qui toucheront grandes et petites entreprises engagées dans la production de guerre : chantiers navals et industries textile, de l’armement et chimique.

Les conflits du travail
de 1914 à 1916

Félicien Challaye écrivait, dans Le Mouvement ouvrier au Japon : « D’après des statistiques officielles, alors qu’en 1914 il y avait eu 50 grèves, englobant 7 904 ouvriers, en 1918 il y en a eu 417, englobant 66 457 travailleurs (8). » Chiffres confirmés par la Kindai Nihon sôgô nenpyô (Chronologie générale du Japon moderne) (9).

J’ai relevé deux de ces grèves de cette année 1914 (10) pour illustrer mon propos. La première a eu lieu entre juin et juillet, avant la déclaration de guerre : le 1er juin, les filatures, confrontées à une surproduction, décidaient de réduire les heures de travail de 50 % ; le 20, 2 800 ouvriers des usines Tôkyô mosurin (Mousselines de Tôkyô) entraient en grève pour protester contre les réductions de salaire ; le 28, 242 ouvriers organisaient le syndicat Kôyûkai (Amicale ouvrière). Le 14 juillet, 12 dirigeants de ce syndicat étaient licenciés ; la grève reprenait alors mais se terminait par l’arrestation du président de l’Amicale, pour violation de la loi de police sur la sécurité publique (Chian keisatsu hô) (11). La seconde a eu lieu entre le 17 et le 20 octobre, quand 240 ouvriers d’une usine de chaussures pour la marine ont cessé le travail pour une hausse des salaires. Dans le même temps, d’autres conflits, n’impliquant pas que des travailleurs, touchaient certaines villes. Ainsi, le 6 septembre, une manifestation pour revendiquer une baisse du tarif des tramways à Nagoya (centre du Japon) finissait en émeute ; durant trois jours, les insurgés occupèrent la ville et mirent à sac les postes de police.
En 1915, le nombre de conflits s’élevait à 64, auxquels avaient participé 7 852 travailleurs. On voit que si le nombre de grèves recensées a augmenté, le nombre des grévistes, lui, a diminué ; ce qui s’explique par l’isolement dans lequel se maintenaient la plupart des grèves. Quoique plusieurs ateliers ou usines d’une même grande entreprise puissent se trouver en grève en même temps, elles n’impliquaient généralement pas l’ensemble des travailleurs du groupe ; ou bien restaient confinées à de petites entreprises.

C’est à partir de 1916 seulement que les statistiques officielles enregistrent un saut quantitatif du nombre de grèves, qui atteint presque le total de ceux des deux années précédentes : 8 413 travailleurs ont participé à 108 conflits du travail. Là encore, et certainement pour des raisons identiques à celles mentionnées plus haut, le nombre de grévistes a peu augmenté malgré ce quasi doublement des conflits. Cette année-là, ce sont surtout les chantiers navals, les industries sidérurgiques et les compagnies maritimes qui connurent les plus grandes grèves. Toutes ces industries étaient étroitement liées à cause de leur importance dans le commerce extérieur (12) et cependant aucun conflit ne fut organisé au niveau national ni, quasiment, d’une seule entreprise. L’action de Hamada Kunitarô, membre de la Yokohama kaiin shibu (section des marins de Yokohama de la Yûaikai) qui, le 10 avril 1916, adresse une pétition signée par 6 000 matelots réclamant une augmentation de salaires aux Nihon yûsen (Messageries maritimes du Japon) et Ôsaka shôsen (Marine marchande d’Ôsaka) demeure une exception ; les marins obtiendront 20 % d’augmentation, mais il ne semble pas que, malgré son succès, cette action ait eu des répercussions dans d’autres organisations de travailleurs. Elle marque, toutefois, la résurgence des syndicats dans le mouvement ouvrier.

Le 2 avril, une première fédération régionale de la Yûaikai (13) est organisée à Iwaki (préfecture de Fukushima), suivie jusqu’en mai 1917 par d’autres qui se constitueront à Yokohama, Tôkyô, Kôbe et Ôsaka. L’année 1916 verra aussi, le 15 août, environ 1 200 dockers de Yokohama entrer en grève pour protester contre le licencement d’un membre de la Yûaikai ; le lendemain le président de l’association, Suzuki Bunji, interviendra pour faire cesser la grève.
Un tournant dans les conflits
du travail : 1917-1918
Au cours de l’année 1917, le gouvernement comptabilisera 398 conflits du travail auxquels ont participé 57 309 travailleurs. Cette année voit apparaître une intervention croissante des syndicats dans les luttes ouvrières. Le 14 janvier, quelque 630 ouvriers des Forges d’Ikegai (Ikegai tekkôsho) revendiquent 20 % d’augmentation de salaires et lancent une grève. La Yûaikai sert d’intermédiaire, et ils obtiennent 10 % d’augmentation le 17 janvier. Le 4 février, 380 ouvriers environ de la Société du caoutchouc Mitatsuchi (Mitatsuchi gomu gaisha), réclament 30 % d’augmentation de salaires ; après l’intervention de Suzuki Bunji, président de la Yûaikai, ils obtiennent 10 % d’augmentation et reprennent le travail le 7 février. Le 29 juillet, 400 ouvriers de la Compagnie de tissage et de filature de gaze Fuji gasu bô de l’usine d’Oshiage (Tôkyô) réclament une augmentation de salaires et entrent en grève ; là encore, Suzuki Bunji intercède et ils obtiennent 10 % d’augmentation en guise de prime de guerre.

Les syndicats ne sont, bien sûr, pas toujours une garantie de succès. Le 14 mars, par exemple, les ouvriers de Nihon seikôsho (Aciéries du Japon) à Muroran (Hokkaidô, nord du Japon) demandent 20 % d’augmentation de salaires qui sont refusés par le patronat le 15. Ils se mettent en grève mais les meneurs sont arrêtés par la police et l’annexe de la Yûaikai à Muroran disparaît.

En outre, certains conflits continuent à échapper aux syndicats : le 18 juin, environ 10 000 ouvriers du Chantier naval Mitsubishi de Nagasaki (Nagasaki Mitsubishi zôsenjo) font grève pour une augmentation de salaires ; le conflit se termine le 28 juin sur on ne sait quel résultat. Le 21 juillet, 6 000 ouvriers des Forges d’Ôsaka (Ôsaka tekkôsho) qui travaillent dans l’usine d’Innoshima (préfecture de Hiroshima) se mettent en grève pour demander 30 % d’augmentation de salaires ; les meneurs sont arrêtés par la police et les ouvriers n’obtiennent rien. Le 14 novembre, le chantier naval d’Asano (Asano zôsenjo) à Tsurumi est agité par une émeute de 6 000 ouvriers mécontents de la distribution des primes.

L’année 1918 connaîtra le plus grand nombre de conflits ouvriers de toute la guerre : 417 conflits du travail auxquels participent 66 457 travaileurs. Certains impliquent un grand nombre de travailleurs : le 21 février, par exemple, 6 562 dockers d’Uraga (préfecture de Kanagawa) se mettent en grève pour réclamer une augmentation de salaire de 30 % ; la police doit s’en mêler le 23 février. D’autres voient resurgir les mineurs : le 24 mai, environ 1 500 mineurs des mines de charbon de Nakatsuru (Nakatsuru tankô) (préfecture de Fukuoka) font grève parce que le patronat n’a pas augmenté leurs salaires comme promis, on ne sait avec quel résultat ; et le 4 septembre, l’armée intervient pour mater une révolte dirigée contre les contrôleurs dans les mines de charbon de Miike appartenant à la famille Mitsui.

Ces années 1917 et 1918 voient aussi entrer la contestation dans les campagnes : en 1917, les statistiques officielles dénombrent 85 conflits entre propriétaires terriens et métayers (kosakunin), et en 1918, 256.
J’ai dit, dans mon premier article, comment après l’abolition, en 1872, de l’ordonnance de 1643 qui interdisait l’achat et la vente des terres agricoles (denpata eitai baibai kinshi rei) les campagnes étaient tombées aux mains de grands propriétaires soumettant les paysans au métayage (14) La situation n’avait cessé de s’aggraver depuis : les métayers devaient donner la majeure partie de leurs récoltes à des propriétaires absents (15) qui vivaient dans les villes et n’avaient, par conséquent, aucun lien avec leurs paysans, d’où la naissance de révoltes. Les statistiques ne disent rien, cependant, des autres classes travailleuses rurales. Pourtant, la plus importante agitation sociale de la guerre allait justement venir de la campagne, quoiqu’elle ne concernât pas des métayers.

Les émeutes du riz (kome sôdô)

Le marché intérieur du Japon s’était considérablement développé pendant la première guerre mondiale en conséquence de la forte croissance de son commerce extérieur. L’élévation du pouvoir d’achat fut la même dans les villes et dans les campagnes ; et le marché connut une forte activité, en particulier pour le riz (qui prend la place du mil), et les marchandises en soie et en coton (16) L’augmentation de la population et l’expansion de la consommation de riz accroissent la demande de cette céréale ; et, malgré une hausse de la production, le pays doit importer du riz de l’étranger ou de ses colonies.
Voici un tableau (17) qui compare la production et la consommation de riz entre elles. Je répète que ces statistiques n’ont pas valeur d’argument (18) , la statistique étant loin d’être une science exacte. Ce tableau est simplement là pour permettre au lecteur d’embrasser sous forme ramassée l’évolution de la production et de la consommation de riz entre 1913 et 1918.
Selon Félicien Challaye, le Japon exportait par ailleurs son propre riz pour en importer de moindre qualité, donc moins cher pour les caisses de l’Etat (19). Cause de spéculation. Tout au long de la guerre, le gouvernement tenta de contrôler le marché du riz ; dès janvier 1915, il promulguait un rescrit impérial par lequel il se donnait le pouvoir d’acheter du riz sur le marché libre afin de réguler son prix.

Mais l’offre insuffisante de marchandises, due aux difficultés d’approvisionnement et à la spéculation, fit que les prix des produits de première nécessité augmentèrent rapidement. En septembre 1917, le gouvernement édictait une ordonnance contre les accapareurs (Bôri torishimari rei) ; et dans le même temps, les autorités municipales et préfectorales s’employèrent à protéger les consommateurs en mettant en place des marchés publics où elles vendaient ces produits de première nécessité. Leur établissement se fit d’abord dans les grandes villes, telles qu’Ôsaka, Tôkyô, Kôbe, Yokohama et Nagoya, à la suite de la hausse anormale du prix du riz en 1918 ; ils furent ensuite étendus à tout le pays. Le premier vit le jour à Ôsaka en avril 1918 (20).

Le 26 janvier 1918, le ministère de l’Agriculture et du Commerce avait avertit les marchands de ne pas stocker le riz et de ne pas augmenter son prix. L’hiver 1917-1918, exeptionnellement rude, avait ravagé de nombreux villages du nord et de la région côtière de la mer du Japon ; et au printemps, la grippe espagnole arrivait qui sera responsable de plus de 150 000 morts. La mortalité des enfants de moins d’un an avait augmenté ; en 1918, elle atteignait 18,9 % des nouveaux-nés en moyenne, soit 335 910 enfants en bas âge. Les préfectures les plus touchées étaient Ôsaka et Toyama avec 25,2 % de décès (21).

Dans les campagnes, les simples paysans n’avaient pas bénéficié de la hausse des prix des produits agricoles. Les nouveaux riches (narikin), à la fortune ostentatoire, ajoutaient au ressentiment des travailleurs. Or, plus que les ouvriers des villes, le peuple des campagnes se trouvait presque toujours hors d’état de résister à l’oppression autrement que par la violence.

C’est ainsi que le 23 juillet, quelques dizaines des femmes de pêcheurs de la ville d’Uozu (préfecture de Toyama [22], une des principales régions productrices de riz, située au nord-ouest de Tôkyô en bordure de la mer du Japon, et frappée en 1918 par la forte mortalité infantile que nous avons notée plus haut) se rassemblent pour empêcher le transport du riz hors du port. Ce sera le début des émeutes du riz.

Alors que le 29 juillet le prix du riz augmente subitement (23) et que, le 31, les marchés de Tôkyô et de Nagoya suspendent les transactions de riz, les révoltes prennent de l’ampleur. Le 3 août, les soulèvements s’étendent aux villes voisines d’Uozu puis au Japon tout entier. Le 10, des émeutes éclatent à Nagoya et Kyôto. Et les 13 et 14 août, la plupart des grandes villes sont touchées. Le 13, le gouvernement décide alors d’acheter environ 10 millions de yen de riz, et le 14, le ministre de l’Intérieur Mizuno Rentarô (1868-1959) interdit la publication d’articles sur les événements ; le 16 août, enfin, le gouvernement de Terauchi Masatake (1852-1919), qui allait tomber en conséquence des émeutes du riz, publiait une Ordonnance de réquisition des céréales (Kokurui shûyô rei) qui donnait le pouvoir au gouvernement de réquisitionner, dans des cas extrêmes, les surplus de riz en vue de réguler sa distribution dans les grandes villes.

Les émeutes ont duré jusqu’au 17 septembre et affecté 17 grandes villes, 134 villes moyennes et 139 villages qui ont connu des troubles plus ou moins importants. Des dizaines de milliers de gens furent arrêtés et 7 708 personnes passeront en procès (24). Ces révoltes se sont étendues à presque tout le pays dans un isolement que le partage social de la misère qui les avait fait naître n’a pas suffi à rompre. Elles montrent que le Japon, resté à l’écart du conflit mondial, entrait dans une période d’évolution sociale comparable à celle des pays d’Europe et des Etats-Unis que la deuxième guerre mondiale achèvera.

(à suivre)

J.-P. V.


La situation de la classe laborieuse au Japon dans Echanges :
- I. Introduction. La bureaucratie. Les employeurs. Les travailleurs
n° 107, hiver 2003-2004, p. 37.
- II. La guerre sino-japonaise (1894-1895). L’entre-deux guerres (1896-1904). La guerre russo-japonaise (1904-1905). Lutte de clans au sein du gouvernement
n° 108, printemps 2004, p. 35.
- III. Avant 1914 : La composition de la classe ouvrière. La discipline du travail et l’enseignement. Industrialisation et classe ouvrière . Les luttes ouvrières. Les syndicats
n° 109, été 2004, p. 25.
- IV. Les origines du socialisme japonais : Le socialisme sans prolétariat. Ses origines intellectuelles japonaises, le bushidó. Ses origines intellectuelles étrangères. Marxisme contre anarchisme
n° 110, automne 2004, p. 25.
- IV bis. Chronologie juillet 1853-août 1914
n° 112, printemps 2005, p. 18.
- V. Bouleversements économiques et sociaux pendant la Grande Guerre. Un ennemi : l’Allemagne. Le commerce. L’industrie. La classe ouvrière. Les Coréens au Japon
n° 114, automne 2005, p. 32.
- VI. Les grèves pendant la première guerre mondiale. Les conflits du travail de 1914 à 1916. Un tournant : 1917-1918. Les émeutes du riz .
n° 115, hiver 2005-2006, p. 41
- VII. La dépression de 1920-1923. Le grand tremblement de terre du Kantô. La crise bancaire de 1927. La crise de 1929
n° 117, été 2006, p. 39.
- VIII. Entre première et deuxième guerres mondiales. Le taylorisme. Les zaibatsu. La lutte des classes. Les Coréens
n° 119, hiver 2006-2007, p. 24.
- IX. Les origines réformistes du syndicalisme ouvrier. Parlementarisme et syndicalisme. Les conflits entre syndicats prennent le pas sur la lutte de classes. La guerre contre la classe ouvrière
n° 121, été 2007, p. 21.
- X. Les travailleurs des campagnes. Les Coréens. Les burakumin. Patronat et fonctionnaires. Les yakuza n°124, printemps 2008, p. 23.]
- XI. Les partis de gouvernement. Les socialistes. Les anarchistes. Le bolchevisme.. - Osugi Sakae. - Kawakami Hajime. - Katayama Sen.
- XII, 1. Qu’est-ce que la littérature prolétarienne ? Les écrivains prolétariens japonais. Les Semeurs. Revues et organisations.
- XII, 2. Le roman prolétarien


NOTES

(1) Voir le tableau dans Echanges n° 114, p. 39.

(2) Sur la main-d’œuvre coréenne, voir Echanges n° 114, p. 40 et, sur la mécanisation croissante de l’industrie japonaise pendant la première guerre mondiale, voir ibid., p. 38.

(3) Voir Echanges n° 109, p. 31-32,

(4) Voir ibid., p. 32-33.

(5) Voir Yamasaki Kakujirô, dans Kakujiro Yamasaki et Gotaro Ogawa (Yamasaki Kakujirô et Ogawa Gôtarô), The Effect of the World War Upon the Commerce and Industry of Japan (Les Effets de la guerre mondiale sur le commerce et l’industrie du Japon), Yale University Press, 1929, p. 79.

(6) Ibid., p. 98.

(7) Voir Echanges n° 114, p. 35.

(8) Félicien Challaye, Le Mouvement ouvrier au Japon, Librairie du Parti socialiste et de l’Humanité, 1921, note 1, p. 80.

(9) Kindai Nihon sôgô nenpyô (Chronologie générale du Japon moderne), Iwanami shoten, 2001, (1re éd. : 1968).

(10) Tous les chiffres et exemples donnés pour 1914-1918 sont empruntés à la Kindai Nihon sôgô nenpyô, op. cit.

(12) Voir Echanges n° 114, p. 36.

(13) Voir Echanges n° 109, p. 36.

(14) Voir Echanges n° 107, p. 45.

(15) Fuzai jinushi (Le Propriétaire terrien absent) est le titre d’un roman de Kobayashi Takiji (1903-1933), écrivain prolétarien membre du Parti communiste japonais, publié en novembre 1929 dans la revue Chûô kôron. Le dernier chapitre qui manquait dans cette édition fut publié dans le numéro de décembre d’Akahata (Le Drapeau rouge). Bien que ce roman relate des événements qui se déroulèrent sur l’île de Hokkaidô en 1926, il fournit une bonne image de la situation des métayers dans les campagnes japonaises à l’époque qui nous occupe. Ce roman, comme son plus célèbre Kani kôsen (le titre signifie « bateau-usine de transformation du crabe » ; il est souvent traduit par Le Bateau-usine), n’ont jamais été traduits en français à ma connaissance ; il en existe cependant des traductions anglaises.

(16) Voir Yamasaki Kakujirô, dans Kakujiro Yamasaki et Gotaro Ogawa, op. cit., p. 48/49.

(17) Jean Lequiller, Le Japon, éd. Sirey, 1966, p. 235. L’auteur souligne que, pour les années, « le chiffre donné est celui de la récolte de l’année précédente, afin de mettre en regard la quantité disponible et les besoins. Par exemple la production de l’année “1913” représente en fait la récolte de 1912 (note 3). »

(18) Voir Echanges n° 109, p. 25-26.

(19) Voir Félicien Challaye, op. cit., p. 16.

(20) Voir Yamasaki Kakujirô, dans Kakujiro Yamasaki et Gotaro Ogawa, op. cit., p. 52-64.

(21) Chiffres cités dans la Kindai Nihon sôgô nenpyô, op. cit.

(22) La préfecture de Toyama avait déjà connu des émeutes du riz en 1912 ; voir Echanges n° 112, p. 25.

(23) Soeda Tomomichi, Enka no Meiji Taishô shi (Histoire des enka aux ères Meiji et Taishô ; les enka sont des chansons populaires nées au moment du Jiyû minken undô, le Mouvement pour la liberté et les droits du peuple, 1873-1885), Iwanami shoten, 1965. Soeda Tomomichi rapporte, p. 186, qu’en 1917, le prix moyen du marché pour 1 koku de riz (180 litres) coûte à Ôsaka 16 yen 65 sen ; au début 1918, il monte à 23 yen 78 sen, pour atteindre 41 yen 5 sen en juillet. Au détail, 1 shô (1,8 litre) coûte 50 sen, et les petites gens ne peuvent plus manger de riz.

(24) Chiffres cités dans la Kindai Nihon sôgô nenpyô, op. cit.