Accueil > Ni patrie ni frontières > 11-12 Terrorismes et violences politiques (février 2005) > A propos des tracts du Collectif Nada sinon rien

A propos des tracts du Collectif Nada sinon rien

dimanche 27 février 2005, par Yves

Edité par des militants de Rennes et de ses environs, se plaçant sur le terrain de la lutte de classe antiparlementariste, anti-électoraliste, dans et hors des entreprises, le bulletin Nada sinon rien développe et exprime la pratique de travailleurs de La Poste, des Telecoms et d’entreprises sous-traitantes, de même que leur combat et leurs critiques contre les institutions ouvrières et bourgeoises.

Dans chaque article sont décrits les conditions d’exploitation, les objectifs des patrons, des administrateurs, leurs stratégies, leurs méthodes de gestion, de répression des salariés et leurs tactiques pour amadouer les bureaucrates syndicaux et dénoncer leurs trahisons à travers les négociations, les stratégies électorales, les compromissions et surtout leurs méthodes de lutte isolées, dispersées, cassées, selon divers scénarios.

« Défendons-nous nous-mêmes », écrit le collectif Nada. Comment ? Avec quelle stratégie, quelles méthodes, quelle organisation ?

C’est à toutes ces questions qu’en pratique, sur le terrain, nos camarades tentent de reconstruire des outils de réflexion et de lutte efficaces contre les patrons et les bureaucrates en maintenant le cap d’un horizon révolutionnaire.

***

Pour ceux qui souhaiteraient connaître la trajectoire d’un des membres du Collectif Nada sinon rien, nous ne pouvons que conseiller la lecture de « Au Sud, rien de nouveau : de l’impossibilité du syndicalisme radical », longue interview de Yann Brault parue dans la revue l’ Oiseau Tempête n° 10 que l’on peut se procurer en librairie ou en contactant :
Oiseau-tempête 21 ter rue Voltaire
75011 Paris - France
Site Internet :
oseau.tempete@internetdown.org
****

Le fonctionnement interne de La Poste n’étant pas familier à tout le monde, il nous a semble utile d’introduire les explications suivantes à propos des grades et de la hiérarchie.

A La Poste, aux Télécoms, comme dans l’ensemble de la Fonction publique, les employés, fonctionnaires, titulaires ou non, sont soumis à l’organisation ou la logique de division capitaliste du travail selon des concours, des compétences, des formations et donc des grades.

En gros, les grades correspondent à des fonctions professionnelles, des métiers offrant des possibilités plus ou moins ouvertes pour la promotion et la carrière des agents concernés.
Auparavant on avait trois niveaux principaux avec possibilités de concours pour « monter », « progresser » dans sa profession et donc améliorer son salaire, son statut et sa « carrière ».
Le premier niveau (ou grade) était celui des préposés, facteurs de la distribution ou du transbordement dans les centres de tri. Le deuxième niveau regroupait les agents et contrôleurs dans les guichets des bureaux de poste, les trieurs de courrier et les agents de cabine chargés soit des objets de valeur soit des services de caisses. Le troisième niveau correspondait aux encadrants, chefs d’équipes et inspecteurs pour lesquels la promotion était quasiment à l’ancienneté.

Depuis la réforme au début des années 90, l’entreprise a de fait décloisonné les métiers sous le terme de « désimbrication », de polyvalence des fonctions. Un agent peut maintenant être utilisé pour diverses tâches auparavant cloisonnées selon son grade. L’avantage pour l’administration est une gestion plus souple selon ses propres besoins avec pour conséquence l’utilisation maximum, et selon les circonstances, de son personnel.

Ces mesures, appliquées en fait sans formation ad hoc et surtout sans modification des salaires, n’ont contribué qu’à surexploiter et mettre en concurrence les salariés et surtout à réduire les emplois sur le terrain. On le constate aux guichets avec les files d’attente qui s’allongent malgré les services automatisés créés pour le timbrage des lettres et des paquets, etc.

L’ancienne revendication de grade unique pour lutter contre la division du personnel d’exécution n’en a que plus de cohérence puisque, avec des grades différents, certains anciens préposés, agents ou contrôleurs effectuent les mêmes tâches, exercent les mêmes fonctions dans un service de guichet ou de tri. On comprendra facilement que la revendication de la reconnaissance d’un même grade unique pour l’ensemble des tâches d’exécution soit logique aux yeux du personnel pour réaliser de fait l’égalité des salaires et des statuts contre la division artificielle et manipulatrice des dirigeants avec l’aval des bureaucraties syndicales, et contre toute organisation hiérarchisée des rapports sociaux y compris au travail. (C.B.)