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JOÃO BERNARDO : CRISE DES TRAVAILLEURS OU CRISE DU SYNDICALISME ?

vendredi 13 mars 2020

[Dans cet article, je reviens sur certains thèmes développés dans les cours, séminaires et conférences que j’ai organisés au sein des organisations syndicales de la CUT depuis 1994].

Au Brésil, une douzaine d’années ont suffi pour qu’un mouvement né de l’action spontanée et massive de la classe ouvrière change complètement de caractéristiques. À la fin des années 1970, précisément au moment où la gauche brésilienne semblait avoir atteint un degré extrême de désorganisation, paralysée par ses erreurs et la violence de la répression étatique, les ouvriers des villes les plus industrialisées se sont lancés dans une flambée de grèves et ont complètement modifié les données du problème. L’initiative et les nouvelles formes d’organisation révélées dans la région de l’ABC ont poussé le régime militaire à céder et à préparer la transition vers des gouvernements civils, et elles ont privé d’audience les anciens professionnels de la politique issus du populisme varguiste . Tout cela sans disposer de locaux luxueux ni de grosses sommes d’argent. Comment est-il possible qu’aujourd’hui, alors qu’ils possèdent des infrastructures matérielles et financières qui devraient faciliter leur action, les syndicalistes soient aussi désorientés et démobilisés ? Il est curieux que certains dirigeants syndicaux rejettent la responsabilité de la situation sur le dos de la classe ouvrière, en l’accusant de s’être accommodée au capitalisme et de ne plus vouloir lutter contre ce système. J’ai même entendu la présidente d’un syndicat déclarer que la classe ouvrière n’existait plus – sans toutefois tirer les conséquences logiques de cette affirmation, puisque cette dame est toujours en fonction. Mais est-ce vraiment la classe ouvrière qui est en crise ?

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