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João Bernardo – Argent : de la réification des relations sociales au fétichisme de l’argent

mardi 10 mars 2020

La discussion sur la définition de l’argent, l’analyse de ses fondements, a généralement été reléguée au second plan, que ce soit parmi les économistes appartenant aux divers courants marxistes, soit parmi les non-marxistes. Cependant, ces derniers temps , on a pu observer que ces problèmes faisaient l’objet d’une attention croissante. La définition de l’argent est au centre de la polémique qui paralyse aujourd’hui les deux principaux courants économiques de l’administration Reagan, les partisans du monétarisme et les défenseurs d’une politique de l’offre. En revanche, la critique de l’argent occupe depuis plusieurs décennies une place importante parmi les divers courants de la gauche marxiste. D’autre part, certains aspects du mouvement écologiste, opposé à la prétendue « société de consommation », conduisent quelques courants écologistes, explicitement ou implicitement, à formuler une critique de l’argent. Tout cela semble justifier d’évoquer cette question. Pour tenter de clarifier la fonction de l’argent dans la société contemporaine, j’examinerai d’abord trois cas d’« utopies réalisées » consistant à abolir l’argent. « L’utopie » s’entend ici comme une thèse, ou un ensemble de thèses, en tout cas une idéologie assez systématisée, qui prétend avoir une valeur pratique, mais dont la formulation est antérieure à toute expérimentation de ces thèses ; l’utopie se « réalisé » lorsque de telles thèses précédemment élaborées ont bénéficié d’une possibilité de vérification pratique. Dans la deuxième partie, j’analyserai l’utilisation de l’argent dans la société européenne qui a précédé la période où l’argent a commencé à assumer des formes que nous connaissons encore aujourd’hui. Quel est le lien entre ces deux parties si différentes ? L’histoire n’est pas la connaissance du passé, mais du présent. C’est la projection négative du présent. Le passé nous apparaît comme un non-présent, il est donc fonction du présent et, dans cette opération, le présent se comprend mieux lui-même. Avant de commencer la première partie, je tiens à préciser que j’évoquerai seulement quelques aspects partiels de certaines grandes expériences du mouvement ouvrier, mais en les analysant d’un point de vue général. Par conséquent, ce texte ne vous permettra pas de tirer la moindre conclusion sur ma vision globale de ces expériences.

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