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Gilets jaunes et confusion politique (Introduction)

jeudi 13 décembre 2018, par Yves

Dans cette compilation de textes ayant circulé sur Internet, la plupart des articles reproduits se montrent critiques vis-à-vis du mouvement des Gilets jaunes, même si certains donnent l’impression de courir après un « peuple » imaginaire. Ce numéro ne reprend pas l’essentiel des textes des nouveaux convertis aux vertus du « peuple » car cette unanimité à l’extrême gauche et chez une partie des anarchistes, voire chez certains « ultragauches », repose sur un argumentaire indigent (du type : tout ce qui bouge est rouge) quand il n’est pas délirant (cf. le site Lundi Matin).
Notre époque, celle de la confusion généralisée , est vraiment très spéciale ! Cette confusion a commencé avec l’affaire du hidjab au collège de Creil en 1989, les faux débats sur la laïcité et l’islam, et le soutien à l’exclusion de ces jeunes filles. Elle s’est poursuivie, à un rythme accéléré, dans les années suivantes. Rappelons, entre autres, le refus de dénoncer la propagande de plus en plus antisémite de Dieudonné (entre 2000 et 2004), puis la défense de sa « liberté d’expression » à partir de 2014 ; l’apologie du fantasmatique « non de gauche » au Traité constitutionnel européen en 2005 ; la dénonciation de la publication des caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo en 2006 et l’absence de réactions face aux menaces et attentats contre ce journal ; l’abandon du combat athée et matérialiste contre toutes les religions ; la nazification généralisée du sionisme et d’Israël ; les ambiguïtés face aux tueries islamistes de janvier et novembre 2015 ; le soutien au Brexit, au Grexit ou au Frexit, la racialisation systématique des individus et des luttes, sans oublier la mascarade des Nuits debout en 2016 et l’écriture dite inclusive qui rend les textes illisibles (cf. les « illes », les « celleux » et la multiplication des traits d’union, majuscules et points médians au sein des mots).
Sur toutes ces questions, des camarades et des compagnons avec lesquels on pensait avoir certes quelques divergences, mais surtout pas mal d’affinités fondamentales, se sont mis à défendre des positions réactionnaires ou élitistes, sans même qu’ils se soucient d’expliquer en quoi leur curieuse mue politique avait un lien quelconque avec les principes politiques dont ils prétendent encore se réclamer. (On peut d’ailleurs se demander pourquoi ils déploient tant d’efforts pour revendiquer leur attachement au socialisme, au communisme ou à l’anarchisme !).

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