Accueil > Ni patrie ni frontières > Textes de Joao Bernardo > Joao Bernardo : Le mythe de la nature. 2. L’agriculture familiale (...)

Joao Bernardo : Le mythe de la nature. 2. L’agriculture familiale sous le fascisme italien

mercredi 12 avril 2017, par Yves

Il est impossible de comprendre le mythe de la paysannerie si l’on ne se rend pas compte qu’il fonctionne sur un plan strictement idéologique, et sert d’ornement à la croissance de la grande production industrielle. Ce sont des régimes qui promeuvent l’industrialisation, voire des régimes franchement technocratiques, qui proposent une prétendue harmonie rurale présentée comme modèle de comportement général.

Garantir l’ordre et l’obéissance aux différentes hiérarchies dans une société qui connaît des mutations permanentes, réaliser le miracle d’incorporer la stabilité des modes de vie et des modes de pensée sans compromettre l’instabilité nécessaire de l’économie et les rythmes de production accélérés – telles sont les ambitions de ceux qui promeuvent le mythe de la paysannerie et de ses racines. Les principales sociétés transnationales financent aujourd’hui des ONG pour sensibiliser l’opinion publique à propos des risques de la pollution et promouvoir d’autres bonnes causes. Cette convergence n’a rien de contradictoire : les groupes économiques qui polluent ou détruisent l’environnement font coup double puisqu’ils vendent ensuite leurs services pour nettoyer les zones polluées et reconstituer l’environnement.

De la même manière, dans tous les régimes fascistes sans exception, on a toujours trouvé deux courants, l’un industrialisateur et moderniste, qui louait le monde urbain et industriel, et l’autre traditionaliste et écologiste, qui glorifiait le monde rustique.
La mythification de l’agriculture familiale est apparue en même temps que la production industrielle en série. Tout le monde associe immédiatement Henry Ford à l’industrie de masse, mais cet individu était aussi un défenseur infatigable de la société agraire et de l’agriculture familiale. « Je suis un fermier , affirma-t-il en 1918, dans une des nombreuses déclarations du même style qu’il adressa à l’univers. Je veux voir chaque acre de la surface terrestre couverte par de petites exploitations, où habiteront des individus heureux et satisfaits. »

(Lire la suite en cliquant sur le PDF ci-joint)

PDF - 421.8 ko