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De la cécité face au négationnisme (Seconde réponse à Claude Guillon)

mercredi 10 août 2016, par Yves

Puisque dans ta réponse (https://lignesdeforce.wordpress.com/2016/08/08/reponse-a-yves-coleman-sur-divers-sujets-dimportance/ ) tu me demandes de t’expliquer en quoi le graffiti d’un anonyme « On nous douche avant de nous gazer » est antisémite et négationniste, je vais me permettre de te rappeler quelques trucs élémentaires...

Mais, avant cela, je voudrais préciser ce qui est pour moi essentiel et ce qui est secondaire. Cela te permettra de comprendre la nature et l’ampleur de nos divergences.

Dans ta réponse tu mélanges deux questions : celle de l’usage de la violence entre « camarades » ou « compagnons » (violence que je n’« excuse », ni « encourage » ni « justifie », contrairement à ce que tu prétends) et celle de l’antisémitisme. Or, à la lecture de ton texte, il apparaît clairement que nous n’avons pas les mêmes priorités ni les mêmes lunettes pour regarder la réalité française actuelle. Ni même pour comprendre ce que sont vraiment l’antisémitisme et le négationnisme.
Pour ma part, je crois

1. qu’il y a une montée meurtrière de l’antisémitisme en France (enlèvement, tortures et assassinat d’Ilan Halimi en 2006 ; meurtres de trois enfants et d’un professeur juifs à Toulouse en 2012 ; meurtres de quatre clients juifs à l’Hyper cacher en 2015) sans compter toutes les agressions physiques contre les Juifs, profanations de cimetières et de synagogues, etc. ;

2. que cet antisémitisme meurtrier et violent est accompagné par la montée électorale du Front national, parti qui compte une importante proportion de militants et de cadres antisémites et négationnistes. L’implantation locale et populaire croissante de ce parti est particulièrement inquiétante, même si le fascisme ne menace pas de prendre le pouvoir demain ;

3. que, depuis au moins une quinzaine d’années , l’antisémitisme est totalement banalisé en France, dans une partie de la jeunesse (cf. le succès des spectacles prétendument « comiques » de Dieudonné et des vidéos du fasciste Soral) et de la population françaises ;

4. que la banalisation de l’antisémitisme ne peut qu’alimenter la recrudescence de la négation du judéocide et les discours antijuifs à tonalité « anti-impérialiste » et/ou « anticapitaliste » à l’extrême droite comme à l’extrême gauche,

5. que la plus grande partie de l’extrême gauche et du mouvement libertaire nient la montée de cet antisémitisme et la banalisation du négationnisme, tout comme ils nient que certaines formes d’« antisionisme » (favorables au droit de tous les peuples à avoir un Etat... sauf le peuple juif) contribuent à aggraver la situation.

Par conséquent, une bagarre entre deux « camarades » (aussi regrettable soit-elle, je le répète) me semble un fait divers secondaire qui ne mérite pas de commentaires particuliers. Mais sa cause (un graffiti antisémite et négationniste) et son contexte politique plus général ne peuvent être passés sous la table comme tu le fais allégrement dans tes deux textes.
Je vais maintenant essayer de te répondre sur quelques points.

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Lire la suite dans le PDF ci-joint

Et on pourra lire aussi

http://www.mondialisme.org/spip.php?article2476

"Quatorze arguments courants pour nier ou minimiser l’antisémitisme"

Ainsi que cette autre version du point de départ de l’incident qui (malgré de nombreuses attaques personnelles inutiles contre Claude Guillon, du moins si l’on veut vraiment approfondir l’origine des graves divergences politiques en cause sur le négationnisme et l’antisémitisme) apporte un éclairage utile :

http://www.non-fides.fr/?Et-Claude-Guillon-crea-l-excommunication-et-oublia-le-negationnisme