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Ni patrie ni frontières n° 36-37 en PDF (septembre 2011) : Extrême gauche/Extrême droite : Inventaire de la confusion - Passerelles - Concepts et thèmes propices - Sites Internet - Idiots utiles "de gauche" et manipulateurs fascistes -Convergences méprisables - Fachosphère

lundi 7 septembre 2015, par Yves

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Introduction

Dans le numéro précédent consacré aux « pièges mortels de l’identité nationale », nous écrivions : « sous l’impulsion de la “Nouvelle Droite” française, un peu partout en Europe, l’extrême droite a récupéré, ou tenté de récupérer, une partie des thèmes lancés par les “gauchistes” et la gauche des années 60 et 70 : le droit à la différence, le multiculturalisme, le soutien aux mouvements régionalistes, la critique de l’impérialisme américain, la dénonciation du sionisme et de la politique d’Israël, le soutien aux Palestiniens et bien sûr l’écologie , profonde ou à tonalité mystique, selon les courants. En récupérant ces thèmes, l’extrême droite n’a pas seulement procédé à une manœuvre tactique habile consistant à occuper le terrain de l’adversaire, en lui piquant ses mots et ses thèmes de prédilection. Elle a aussi modernisé, relooké, de vieilles idées qu’elle avait toujours défendues mais qui commençaient à paraître complètement “ringardes” : le lien à la terre et au terroir ; la défense des langues nationales et régionales ; la peur de toute influence étrangère (que ce soit sur le plan économique ou culturel) ; la défense de la nature (considérée comme étant la source de l’identité, de l’“ethnie”, de la “race”). »

Ce numéro essaie de recenser et dénoncer quelques-unes des passerelles, des confusions, volontaires ou inconscientes, entre la propagande de l’extrême droite et celle de l’extrême gauche.

Par « extrême gauche », nous entendons non seulement les groupes qui se réclament du marxisme, du léninisme, du maoïsme ou du trotskysme, mais aussi les mouvements altermondialistes, voire parfois les courants « libertaires », qui ne sont pas fondamentalement indépendants, sur le plan idéologique, des diverses formes de marxisme stalinien ou néostalinien propagées par les intellectuels auto-proclamés « radicaux », « contre-hégémoniques » ou « alternatifs ».

Par extrême droite, nous entendons surtout les courants extraparlemen-taires, les fascistes dits « de gauche », donc les « nationaux-révolution-naires », les partisans d’une Troisième Voie (ou « tercéristes »), les « solida-ristes », les « Identitaires », les « nationaux-bolcheviks », etc., qui ont souvent prétendu, dans le passé, s’inspirer des recettes léninistes pour la propagande quotidienne et la conquête du pouvoir, mais aussi les courants de la Nouvelle Droite.

Malgré sa taille minuscule, la Nouvelle Droite a joué un rôle fondamental à la fois dans la rénovation idéologique de l’extrême droite parlementaire (FN) – ceux que l’on pourrait appeler les nationaux-conservateurs –, comme dans la rénovation des courants néofascistes « de gauche » et même de la droite classique (UMP) en France et aussi au niveau européen.

Au-delà de la diversité de ces courants, l’extrême droite possède quelques « dénominateurs communs : l’anticommunisme, l’ordre, la mise en place d’un Etat fort, la méfiance à l’égard de la démocratie parlementaire, la haine du cosmopolitisme et le rejet de la politique d’immigration soit par racisme, soit pour des raisons religieuses, culturelles et identitaires », nous explique J.-P. Gaultier dans son livre Les extrêmes droites en France. Dénominateurs communs que l’on complètera par la défense de la propriété privée des moyens de production et de la société de classes.

Ce numéro ne cherche pas à explorer toutes les divergences ou les nuances entre les composantes de la droite radicale, mais à souligner les convergences idéologiques ou pratiques entre certains groupes ou « intellectuels » fascistes ou fascisants et la gauche ou l’extrême gauche, même si leurs positions respectives semblent très éloignées au premier abord, notamment sur les points programmatiques que nous venons de citer.

Il ne s’agit pas ici de reprendre la thèse banale de « la convergence des extrêmes », mais plutôt de souligner que, notamment depuis la disparition du camp des Etats staliniens, depuis la fin de la guerre froide, et grâce à l’usage intensif d’Internet par les militants et sympathisants d’extrême gauche s’est développée une sous-« culture » anticapitaliste, antisioniste et anti-impérialiste réactionnaire , ou anti-impérialiste à sens unique car dirigée contre un seul « impérialisme » ou une seule puissance (les Etats-Unis), et (presque) jamais contre sa propre bourgeoisie.

En eux-mêmes, l’antisionisme, l’anticapitalisme et l’anti-impérialisme ne sont pas réactionnaires ; mais les formes dominantes de ces idéologies sur Internet sont suffisamment floues et confuses pour permettre des rapprochements contre nature entre extrême gauche et extrême droite. Ces rapprochements ne sont pas simplement virtuels (liens entre sites, republication d’articles avec ou sans l’autorisation des auteurs), ou fondés sur la manipulation des egos (invitations à des colloques ou à des débats publics, etc.). Ils se traduisent par l’infiltration, ou la présence à visage découvert, de militants d’extrême droite dans des manifestations ou des initiatives anti-impérialistes ou antisionistes : manifestations contre la guerre du Golfe ou contre l’intervention américaine en Irak, flottille pour Gaza, boycott des produits venant des colonies israéliennes ou simplement d’Israël, campagne contre les Mcdo et l’« Eurodysneyland », etc. Mais aussi dans des organisations écologistes, des syndicats, ou des associations humanitaires.

En dehors des manœuvres classiques d’entrisme, on observe une porosité, voire une interchangeabilité, croissante des concepts utilisés par l’extrême droite et l’extrême gauche.

Cela est dû en partie :

– à l’abandon, par l’extrême gauche, de la référence au rôle central du prolétariat dans les mouvements sociaux (et donc dans la future révolution sociale),

– à l’abandon de la référence au communisme (société sans classes, sans salaires, sans argent, sans propriété privée et sans Etat)

– et à la disparition de toute référence à la nécessité d’un affrontement violent avec l’Etat bourgeois.

La disparition de ces trois points programmatiques (centralité du prolétariat mondial, usage stratégique de la violence contre l’Etat et projet communiste) ne s’est pas traduite par un approfondissement de la réflexion des « révolutionnaires », mais par un formidable retour en arrière, facilité par l’absence de connaissance de l’histoire du mouvement ouvrier chez les jeunes générations militantes.

La méconnaissance de l’histoire du mouvement ouvrier par les jeunes générations a été elle-même facilitée (voire encouragée) par la disparition des structures de formation politique au sein des groupes « révolutionnaires » et par la montée en puissance des « experts » au sein de la gauche altermondialiste et des ONG, experts qui sont devenus la seule référence théorique des militants qui leur font une confiance aveugle. C’est ainsi qu’on a pu assister :

– à la résurgence de l’idéologie autogestionnaire, avec l’éloge naïf des coopératives ouvrières, de l’économie solidaire, des SEL, des squats, des communautés (qu’elles soient punk, néo-baba cool, libertaires ou indigènes/autochtones, etc.) ;

– à la réapparition des théories de l’aile « centriste » de la social-démocratie allemande après la Première Guerre mondiale (le mariage entre le parlementarisme et les conseils ouvriers, inventé par celle-ci, est désormais vanté par de nombreux groupes trotskystes, notamment ceux de la Quatrième Internationale à laquelle est lié le NPA, par des socialistes de gauche ou des néostaliniens soucieux de paraître novateurs) ;

– à la défense du rôle positif des nationalismes et des régionalismes par de nombreux courants marxistes ou libertaires ;

– à la valorisation des identités sexuelles, « raciales », voire individuelles, aboutissant à une fragmentation à l’infini des luttes mais aussi des réflexions critiques, au détriment de l’unification et de la synthèse nécessaires. Très peu de groupes ont réussi à penser ensemble « genre, race et classe », comme on dit dans le monde militant anglo-saxon, et à mettre cette pensée en pratique dans les années 70, même à une petite échelle (les expériences de groupes comme Big Flame en Grande-Bretagne ou des Revolutionary Union Movements dans les usines Dodge, Ford, Eldon et Chrysler aux Etats-Unis sont à cet égard importantes).

La prise en compte de la totalité des oppressions aurait pu enrichir le projet de révolution socialiste globale porté par l’extrême gauche des années 60 et 70. Mais c’est l’inverse qui s’est produit : les luttes ouvrières ont connu une formidable décrue à partir du milieu des années 70 en Europe et aux Etats-Unis, et de multiples micro-projets de libération ont vu le jour, portés par des idéologies partielles ou identitaires comme le féminisme, l’écologie, l’antiracisme, la lutte pour les droits des minorités, les luttes des sans-papiers, des précaires, des chômeurs, etc.

Le sujet révolutionnaire mis en avant par les marxistes, le prolétariat, n’avait peut-être pas les épaules assez larges pour libérer toute l’humanité de tous ses maux à lui tout seul. D’ailleurs les marxistes se sont posé la question des alliances avec d’autres classes exploitées notamment la paysannerie pauvre. Mais la multiplication des sujets des libérations identitaires n’a fait que marginaliser encore davantage la place de la classe ouvrière dans le projet révolutionnaire, en même temps que la crise capitaliste mondiale, les restructurations, les délocalisations et les licenciements la fragmentaient, elle aussi (cf. le texte de Joao Bernardo, traduit et publié par nos soins, « Classe ouvrière ou travailleurs fragmentés ») .

En 2011, un projet de révolution sociale ne peut être le même qu’il y a quarante ans. Nous vivons en Europe, dans des pays « pacifiés » , qui n’ont pas connu de situation révolutionnaire depuis des décennies. Il suffit d’entendre les propos de cet « Indigné » de la Bastille que l’on voit crier sur Youtube face aux flics : « Vous vous êtes engagés pour défendre le peuple, pas pour lui taper dessus. » Et de les comparer aux milliers de Syriens tués, aux milliers de Syriens emprisonnés et torturés, aux chars qui entourent les villes syriennes une par une, secondés par les snipers au service du régime, pour constater que nous vivons pour le moment dans un cocon politique et que nous n’avons aucune idée de ce que pourrait être une révolution sociale, ici et maintenant en Europe.

Mais, en même temps, nous ne gagnerons rien à dispenser, comme les partis de gauche et certains gauchistes, l’illusion que les cadres, les petits commerçants, les petits artisans, les ouvriers, les petits patrons, les paysans-capitalistes et les chômeurs auraient des intérêts fondamentaux communs. Nous ne gagnerons rien à croire, comme de nombreux altermondialistes, libertaires ou « radicaux », que tous les êtres humains seraient des individus opprimés et exploités, susceptibles de se révolter et de renverser le capitalisme et l’Etat… de surcroît sans prendre le pouvoir.

Pour terminer, il est aussi une question dérangeante, à laquelle nous ne répondons pas ici, faute de place, mais que plusieurs articles du numéro précédent de Ni patrie ni frontières ont abordé en critiquant la gauche nationaliste ou la gauche laïco-xénophobe : quelle est notre part de responsabilité dans la confusion ? Certains d’entre nous ne propagent-ils pas des comportements et des idées racistes, colonialistes ou sexistes, et ce depuis fort longtemps ? Les infiltrations de l’extrême droite, les limitations théoriques de l’extrême gauche, n’expliquent pas tout. Nous nous croyons vaccinés contre les préjugés de classe, racistes, sexistes et colonialistes, mais le sommes-nous vraiment ?

Aux Etats-Unis, cette interrogation a amené certains militants et certaines militantes à se demander comment lutter pratiquement contre les préjugés racistes, colonialistes et sexistes qui pouvaient sévir au sein de leurs propres organisations et des mouvements sociaux. Souvent sur le registre de la culpabilisation et des bons sentiments, mais au moins il existe des tentatives d’aborder le problème.

Aux Pays-Bas, de telles interrogations sont à la base de groupes comme De Fabel van de illegaal et maintenant Doorbrak, et elles travaillent aussi le groupe britannique The Commune qui se réclame du vieux mouvement ouvrier, et veut aussi intégrer les acquis des « mouvements de libération » féministe et antiraciste des années 70. Et il en existe certainement d’autres que nous ne connaissons pas.

Certains groupes ou personnes citées dans ce lexique s’indigneront certainement d’être ravalés au rang de simples « passerelles » vers l’extrême droite. Ils ne comprendront pas non plus pourquoi certains « concepts » qu’ils utilisent tous les jours sont peu rigoureux, voire carrément réactionnaires ( ). Nous espérons que ce petit inventaire incitera les « modérateurs » de leurs sites Internet à mieux choisir leurs fréquentations, leurs références idéologiques et à trier avec rigueur (donc à lire soigneusement) les mails, les articles et les infos qu’ils publient sur leurs sites ou qu’ils diffusent autour d’eux.

Quelques livres utiles

– La galaxie Dieudonné. Pour en finir avec les impostures, de Michel Briganti, André Déchot et Jean-Paul Gautier, 2011, Editions Syllepse (ouvrage utile mais qui aurait gagné à plus de profondeur théorique et sociologique dans l’analyse du phénomène Dieudonné) ;

– Les extrêmes droites en France. De la traversée du désert à l’ascension du Front national (1945-2008), de Jean-Paul Gaultier, Editions Syllepse, 2009 (ouvrage historique de bonne qualité) ;

– La Fable de l’illégalité, recueil d’articles du groupe De Fabel van de illegaal, édité par Ni patrie ni frontières, 2008 (explore les convergences indésirables aux Pays-Bas et dans le mouvement altermondialiste)

– L’imaginaire du complot mondial. Aspects d’un mythe moderne, Pierre-André Taguieff, Mille et une nuits, 2006 (malgré sa haine viscérale de l’extrême gauche qui l’amène à opérer des amalgames ridicules voire à la diffamer, un livre et un auteur à lire, quelle que soit l’irritation qu’il provoque) ;

– et Le Monde vu de la plus extrême droite de N. Lebourg, 2010, Presses universitaires de Perpignan (parfois un peu touffu, mais incontournable sur la question).

Aux informations tirées de ces sources, nous avons ajouté nos propres commentaires et quelques renseignements supplémentaires glanés au cours de nos recherches sur la Toile ou dans différentes publications. Avant d’être publié sur Internet et sous forme papier, cet inventaire a circulé parmi plusieurs camarades, notamment de Mouvement communiste, du Groupe d’Action pour la Recomposition de l’Autonomie Prolétarienne (GARAP), des Luftmenschen et sur le forum des lecteurs de la revue Ni patrie ni frontières. L’objectif n’était pas d’aboutir à un texte commun où toutes les positions seraient communes à la virgule près (il nous aurait sans doute fallu des années pour y arriver), mais de solliciter l’avis de militants qui se sont intéressés à ces questions depuis longtemps et qui observent le développement, la décomposition/recomposition permanente de l’extrême droite ou de ce que certains camarades appellent le « sous-fascisme ».

Chaque fois que c’était possible, leurs remarques ont été intégrées dans le texte original et les formulations qu’ils trouvaient maladroites, obscures ou incorrectes ont été modifiées. En cas de désaccord important, leurs ajouts ou commentaires ont été placés en notes. Des camarades de Mouvement communiste, des Luftmenschen et du GARAP ont aussi écrit leurs propres textes qu’ils ont évidemment signés du nom de leur groupe. Que tous et toutes soient ici remerciés.

Cette forme de coopération particulière entre des militantes et des militants ayant des orientations différentes n’implique pas, bien sûr, que ces camarades soient responsables des éventuelles erreurs qui ont pu se glisser dans ce texte.

La revue en assume seule la responsabilité et publiera tout démenti ou droit de réponse (d’une taille raisonnable, soit 2 pages maximum) demandé par les personnes, sites ou groupes mentionnés, à condition qu’elles n’émanent pas d’individus ou de groupes fascistes ou fascisants. La prose de ces derniers n’est pas la bienvenue dans la revue car nous ne sommes pas partisans de la liberté d’expression totale… comme certains libertaires !

Ni patrie ni frontières, 1er septembre 2011

P.S. : De nombreux articles font référence à des individus ou à des groupes. Quand nous n’avons pas placé une note d’explication en bas de page, le lecteur devra se reporter à la liste des mots indexés page 11. Par exemple si dans un article sur Dieudonné nous mentionnons le MDI, le lecteur devra se rendre à l’entrée MDI.

Les entrées sont de longueur très variable et nous publierons une seconde édition, voire un deuxième numéro sur le même sujet, en fonction des contributions, remarques et critiques que nous recevrons sur ce sujet essentiel.

Notes

1. La confusion entre écologie et extrême droite n’est pas seulement le fait de fascistes masqués qui se livreraient à des tentatives de récupération : il est significatif que le site de gauche décroissance.info qui recommande dans ses liens toutes sortes de publications libertaires ou « radicales » publie en même temps une interview de Serge Latouche du MAUSS (qui avait déjà contribué au numéro 4 de la revue Krisis d’Alain de Benoist en décembre 1989) dans Le Recours aux forêts sans dire que cette revue fut dirigée par Laurent Ozon, néo-païen fascisant, membre du Bureau politique du FN en 2011. Sans la vigilance d’un internaute, cette convergence verte-brune serait passé inaperçue…

2. Léon Bourgeois (1851-1927) inventa le solidarisme. Membre du Parti radical, ministre et président du Conseil d’Etat sous la IIIe République, il reçut le Prix Nobel de la Paix en 1920. Dans son livre La Solidarité (1896), il prétendait résoudre les contradictions entre le libéralisme et le socialisme en fusionnant les deux partis. Il souhaitait que les bénéfices de l’Etat fussent répartis de façon « plus équitable ». Cette doctrine favorable à un interventionnisme social fondé sur des valeurs morales sera reprise par certains courants de l’extrême droite, qui créeront le national-solidarisme, et infléchiront cette idéologie interclassiste vers un corporatisme fondé sur un Etat fort, une société hiérarchisée, disciplinée et des communautés ethniques homogènes. L’emblème des solidaristes est souvent un trident et certains d’entre eux se réclament de Sorel et Proudhon, qu’ils assaisonnent avec les écrivains de la révolution conservatrice allemande. Le courant Terre et Peuple/Résistance identitaire européenne, animé en France par Pierre Vial, se réclame du solidarisme.

3. Selon N. Lebourg, les « nationaux-révolutionnaires » « globalement prosoviétiques pendant la guerre froide, souvent philo-maoïstes » ont su tirer les leçons de Mai 68, et notamment du « mai rampant » italien, tout comme leurs ancêtres fascistes avaient tiré les leçons de la Révolution d’Octobre.

4. « Culture » au sens trivial, mais significatif, où un dealer d’Evry s’exclamait récemment : « Mais le haschich, c’est notre culture ! », quand un journaliste lui demanda quel serait l’impact d’une éventuelle légalisation du cannabis sur son « bizness ».

5. Cf. par exemple les deux textes de l’AWL publiés dans le n° 27-28-29 d’octobre 2009 de Ni patrie ni frontières et la rubrique à ce sujet sur le site la Bataille socialiste.

6. Commentaire du GARAP : « La question de savoir si “le prolétariat a les épaules assez larges ou pas” n’est pas importante, si l’on garde bien en tête que le prolétariat est la classe de la négation de cette société. Par conséquent : “il est révolutionnaire ou il n’est pas” (K. Marx). Le prolétariat, non organisé ou organisé de manière spectaculaire – c’est-à-dire par des représentants, véritables courtiers et autres collaborateurs de classe – ne pouvait se trouver que désemparé et désarmé face à l’offensive du capital qui a débuté dès les années 1960 et 1970. Les contre-attaques prolétariennes des années 1970 en Italie ont dû provisoirement s’effacer sous les coups d’une bourgeoisie internationale qui utilisa tous les moyens à sa disposition – et, parmi eux, les rebelles d’extrême gauche comme d’extrême droite – pour faire diversion. »

7. Commentaire du GARAP : « pays où la guerre contre le prolétariat menée par la bourgeoisie s’est dirigée sur le terrain fanatique de la colonisation marchande de la vie ».

8. Ils relèvent de ce que N. Lebourg appelle des « oscillateurs idéologiques », c’est-à-dire des « mots-valises », des mots fourre-tout, ayant une pluralité de sens et pouvant être facilement utilisés par l’extrême

Sommaire

Concepts propices à la confusion

Antiaméricanisme, 15

Anti-impérialisme, 16

Blancs, 18

Blacks, 19

Consommation (société de), 19

Démocratie, 20

Déracinement, 21

Différence, droit à la, 21

Droits de l’homme et droits démocratiques, 21

« Entité sioniste », 22

Guerre civile ou émeutes, 22

Impérialisme, 23

Jacobinisme, 23

Libération nationale, 23

Nationalisme arabe, 23

« Nations prolétaires », 24 (cf. aussi national-bolchevisme, 111)

Peuple palestinien, 25

Question juive, La, 26

Régionalisme, 27

Réseau, 28

Résistance, 28

Sionistes, 28

Sites qui propagent la confusion

Alterinfos, 30

Dazibaoueb, 30

Entre la Plume et l’enclume, 31

Enquête et Débats, 31

Eva R-sistons, 31

Investig’Action, 31

La Banlieue s’exprime, 31

Mecanopolis, 31

Mondialisation.ca, 32 et surtout 121

Pierre et l’Olivier, La, 32

Planetenonviolence.org, 32

Tlaxcala.es, 33

Tout sauf Sarko, 33

Voltaire.net, 33

Idiots utiles… à la confusion

Bricmont, Jean, 35

CAPJPO, 36

Chossudovsky, Michel, 38

Collon, Michel, 38

Finkelstein, Norman, 38

(Le) Grand Soir, 39

Lacroix-Riz Annie, 39

Primitivi.org, 40

Ramadan, Tariq, 40

Résistance 71, 41

Résistances (librairie), 42

Convergences inattendues

et méprisables

Anticapitalisme, 43

Anticapitalisme et antisémitisme, 44

Antiracisme, 45

Chavez et Khadafi, 46

Commune de Paris, 47

Complots, théories du, 48

Conseils ouvriers, 48

Rossel, Louis Nathaniel, 49

Militants de la confusion

Atzmon, Gilad, 50

Axis for Peace, 51

Ayoub, Serge, 51

Binet, René, 51

Blanrue, Paul-Éric, 52

Casa Pound, 57

Cattori, Silvia, 67

Centre Zahra et Parti Anti Sioniste, 69

Ceresole, Norberto, 70

Charbonnier, Marcel, 72

Cheminade, Jacques, 72

Chiesa, Giuletto, 72

Cruse, Jean-Paul, 73

Dieudonné, 73

Duprat, François, 73

Egalité et Réconciliation, 74

Fouéré, Yann, 74

Gallois Pierre-Marie, 74

Gazette du Golfe et des Banlieues, 75

Génération Kemi Seba, 75

Giudice Fausto, 75

Hess-Skandrani, Ginette, 75

Idiot International, L’, 76

Karnooh, Claude, 77

Mouvement des damnés de l’impérialisme, 77

Mouvement d’action sociale, 78

Neturei Karta, 78

Nationalistes-révolutionnaires, 78

Parti Anti Sioniste, 79

Petras, James, 79

Poumier, Maria, 83

Renouveau français, 83

Reynouard, Vincent, 83

Robin, Jean, 84

Sfahr Mondher, 84

Shamir, Israël, 84

Soral, Alain, 85

Staline et stalinisme, 86

Thèmes propices à la confusion

Antisionisme, 87

Désioniser Israël, 89

Dresde (bombardements de), 89

Ecologie, 90

Génocide, 91

Hollywood, 91

Identités et Politiques identitaires, 91

Immigration, 92

Islamophobie, 93

« Lobby sioniste » et lobby pro-israélien, 95

Métissage et mixophobie, 95

Shoah Business ou Industrie de l’Holocauste, 96

Straight edge, 96

Expressions

et mots de l’extrême droite

Affinités transversales, 98

Barbus, 98

Bien-pensance, 98

Double nationalité, 98

Europe, 98

Immigrétisme, 99

Métapolitique, 99

Métissolâtrie, 99

Mondialisme, 100

National-bolchevisme, 101

Nazisionisme, sionazis, judéo-nazis, 107

« Nouvelles convergences », 109

Oligarchie, 109

Pays réel, 110

Police de la pensée antiraciste, 111

Politiquement correct, 111

Révisionnisme et Négationnisme, 111

Révolution populaire, 111

Shoatique, siono-shoatique ou holocaustique, 111

Totalitarisme mou, totalitarisme soft, totalitarisme de la pensée, 112

Tradition, 112

ZOG ou ZORG, 112

Annexes

– Quelques remarques sur un inventaire de la catastrophe (Luftmenschen), 115

– Mondialisation.ca : analyse antifasciste d’un site (Luftmenschen), 121

– L’antisémitisme sur le site d’Indymedia aux Pays-Bas (Eric Krebbers), 126

– Indymedia : une porte ouverte à l’antisémitisme (Franck Ludo), 129

– Pétition : on peut tout signer, mais pas avec n’importe qui (Henri Goldman), 131

– Eléments d’introduction à la notion de sous-fascisme (Groupe d’Action pour la Recomposition de l’Autonomie Prolétarienne), 134

– RFI, Celine et Tixier-Vignancour (Y.C.), 148

– Onze thèses du redskinhead, 158

– Petit « Blanc », Fdesouche et Marine te prennent pour un con (red skinheads), 161

– Chauny : encore un jeune condamné pour s’être défendu (red skinheads), 164

– Opération Carcajou : la liberté d’expression définie par les fascistes de Fdesouche (red skinheads), 168

– Violence fasciste et dédiabolisation médiatique : construire la contre-offensive ! (red skinheads), 171

– Norvège : l’évolution prévisible de la violence fasciste en Europe (red skinheads), 178

– Fdesouche et après ? Jusqu’où va la fachosphère ? (red skinheads), 185