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Dans le monde, une classe en lutte Mai 2015

samedi 13 juin 2015

Le monde d’aujourd’hui – capitaliste bien sûr

Apporte chaque jour, chaque minute son lot d’absurdités, d’incertitudes, d’insécurité, de misère, de drames, de morts par centaines, voire par milliers.
Qui touchent plus ou moins directement ou indirectement notre vie quotidienne présente et/ou future
Qui touche tant d’autres êtres humains que cela ne peut que nous toucher aussi, même dans notre confort relatif, mais nous touche quand même à la fois dans notre fragilité égoïste, et dans notre empathie, et dans notre révolte éventuelle
Que faire ? (une question maintes fois posée y compris dans un célèbre ouvrage)
Lutter ? Ou tenter de lutter ?
Pour vivre ou seulement survivre, même littéralement pour échapper à une mort programmée
Pour nous-mêmes, individuellement et /ou collectivement
Pour les autres plongés dans des affres diverses, individuellement et/ou collectivement
An injury to one is an injury to all ("Une attaque contre un est une attaque contre tous") (devise des IWW aux USA)
Lutter ou tenter de lutter ?
Mais contre qui ? Ou contre quoi ? Contre qui ?
Contre qui ?
Personnellement et/ou collectivement
Contre ceux qui exploitent notre travail, d’abord contre les conditions de cette exploitation qui peuvent varier des plus misérables et des plus violentes aux plus subtiles de la domination totale de l’intégration dans les techniques moderne de production, des techniques donc des conditions de travail en pleine évolution Tout cela n’est que la poursuite logique de l’ exploitation capitaliste qui s’ émancipe de l’ état nation et du même coup expose l’ ensemble du prolétariat à la concurrence au niveau mondial. Avec cette caractéristique d’une poussée continuelle du chômage et de la précarité. Les trente glorieuses à ce niveau de réflexion n’apparaissent que comme une parenthèse basée sur la triche du crédit. Le capital financier nous le savons se déplace d’une zone à une autre en fonction des possibilités de sa valorisation et comme le disait Camdessus :
« Nous sommes dans un monde dans lequel les marchés peuvent changer leur jugement sur un pays, et assécher le financement extérieur de ce pays dans l’instant. » (Audition de Michel Camdessus, Journal officiel du vendredi 8 mars 1996, Avis du conseil économique et social.)
Contre tous ceux, capitalistes anonymes ou pas, décisionnaires politiques ou pas, tous auxiliaires politiques, administratifs, militaires, policiers, juges, éducateurs, etc. ceux de tous ordres contribuant à la mise en œuvre de l’ensemble de l‘appareil de domination, de gestion, de répression, matériel et idéologique du monde capitaliste
Contre quoi ?
Contre toutes les conséquences dangereuses et destructrices sur notre quotidien d’un développement sauvage du capital dans l’exploitation du sol, du sous-sol, de tout ce qui vit sur la terre
Contre toutes les mesures prises pour fournir au capital les moyens de son maintien et de son expansion et vaincre toute résistance des victimes présentes ou futures de cette expansion
Contre l’invasion dans le quotidien de produits tant alimentaires que techniques qui perturbent dangereusement la santé physique et /ou mentale des humains
Contre quoi ?
La liste est si impressionnante de tous les méfaits du système et les mesures prises pour maintenir et accroître sa domination totale sur la nature et sur les êtres humains que souvent la lutte contre le système se résume en un nombre innombrable de luttes parcellaires sur des points précis qui semblent de détail alors qu’elles font partie d’un même combat mais dont le caractère isolé et parcellaire en limite la portée et contribue en fait finalement à l’adaptation du système à ses dysfonctionnements
Lutter ou tenter de lutter : où et comment ?
Si ces luttes existent, innombrables et si diversifiées (la liste qui en est évoquée dans ce bulletin n’en est ni complète ni exhaustive) qu’il semble difficile qu’elles puissent à un moment ou un autre se coordonner bien que toute le monde, d’une manière ou d’une autre en subit les effets. Cela ne veut pas dire que ces luttes parcellaires doivent être critiquées parce qu’elles sont limites, voire réformistes et que leur particularisme et localisation rendrait difficile et/ou impossible toute tentative de dépassement dans un mouvement plus vaste. Pourtant des phénomènes récents permettent de penser que dans cette voie d’une globalisation des luttes dans des secteurs différents et d’une relation avec la lutte de classe traditionnelle qu’un dépassement est en train de s’opérer bien qu’on ne puisse vraiment discerner quelle forme et orientation cela peut prendre. En témoigne, en négatif apparemment mais positivement, cette désaffection générale pour la politique et les politiciens, agents de plus en plus clairement de transmission des intérêts du capital (ce qui implique l’abandon de toute croyance idéologique dans les possibilités d’un réformisme quelconque et le retrait au soutien de toutes les institutions qui prétendaient œuvrer dans cette perspective).
En témoigne aussi le développement embryonnaire certes mais sortant du cadre national indépendamment de toute forme organisationnel de mouvements collectifs aussi vagues que déterminés utilisant de nouvelles méthodes de lutte en rupture avec les méthodes traditionnelles. En témoignent toutes les expériences aussi diverses que multipliées de pratiquer individuellement et/ou d’organiser collectivement d’autres modes de production, de gestion, de consommation.
Il n’est pas dans notre propos de privilégier telle ou telle forme de lutte mais de tenter de montrer qu’elles sont une petite partie d’un tout et que chaque lutte, quelle qu’elle soit peut porter les termes de sa liaison avec d’autres luttes et les termes de son dépassement. Il semble que la lutte de classe globale se situe non seulement dans cette promesse de généralisation mais aussi contre sa puissance révolutionnaire destructrice qui serait précisément l’élément unificateur que nulle propagande ou action ne pourrait assurer en elle-même.

Activités syndicales

États-Unis — *2/05/2015 — Plus les inégalités sociales s’accroissent, plus les syndicats reculent. En 1954, 35 % des travailleurs étaient affiliés à un syndicat, ils sont 10 % aujourd’hui et moins de 7 % dans le secteur privé. En contrepartie, 3 % des plus aisés contrôlent 54 % des richesses, contre 45 % an 1989.

Allemagne — *6/05/2015 — Promotion. L’ex-mao, ancien président du puissant syndicat de la métallurgie IG Metall, Bertold Huber, vient d’être nommé président du conseil de surveillance de Volkswagen, organe central de gestion de la firme, avec un salaire de 700 000 euros par an. Il est jugé par la finance et l’industrie capable mieux que quiconque de mener à bien une restructuration du groupe automobile dans la mesure où, dans la compétition automobile mondiale, VW avec 600 000 travailleurs produit le même nombre de véhicules que Toyota, avec seulement 350 000 exploités et un rendement de 2 %. Son boulot sera de réduire les effectifs mais aussi de diminuer la masse des salaires servis en Allemagne. Pur produit de la cogestion syndicale allemande, qui paraît plus un centre de formation de dirigeants patronaux car Huber n’est pas le seul de son espèce.

France — *12/05/2015 — Un sondage révèle que 54 % des Français pensent que les syndicats ne servent pas à grand-chose, 68 % qu’ils ne sont guère représentatifs mais, paradoxalement, 56 % estiment qu’on peut encore leur faire confiance. Le taux global d’adhésion syndicale atteint 8 % de l’ensemble de la force de travail dont moins de 5 % pour le secteur privé. Les patrons, de même que Thibault l’ex-dirigeant de la CGT, pensent qu’il y a trop de syndicats et souhaiteraient une structure unique. Les journées de « mobilisations interprofessionnelles » supposées faire plier le gouvernement sur certains projets de réforme ne rassemblent guère plus de 1 % de l’ensemble des actifs, et ne démontrent que la faiblesse des syndicats et leur soumission à une intégration dans le système qui leur interdit tout radicalisation et toutes méthodes d’action illégales.
*18/05/2015 — La Redoute (vente par correspondance) restructure pour répondre à la montée des réseaux de vente du style Amazon. Ce qui implique licenciements et modifications drastiques des conditions de travail. Après plus d’un an de lutte et l’action d’un noyau plus actif de « Redoutables », la Cfdt, majoritaire dans l’entreprise, signe un plan de licenciement de 1 178 travailleurs d’ici 2018 et la construction d’une nouveau centre logistique « moderne » impliquant une intensification du travail.

Chine —* 30/04/2015 — Contre le syndicat officiel Acftu, inféodé au Parti communiste chinois, et toujours du côté des dirigeants, un nombre croissant de sociétés civiles de travailleurs, notamment dans la riche province du Guangdong, aident les ces derniers à s’organiser et à régler leurs problèmes par des discussions paritaires en vue de l’établissement de contrats collectifs d’entreprise.

CONDITIONS DE TRAVAIL
France —* 7/04/2015 — Depuis 2013, les accords de maintien de l’emploi peuvent être signés par les syndicats pour demander des « efforts » aux travailleurs en échange de la promesse patronale de ne pas licencier. Par exemple, travailler de 50 à 53 heures par semaine, avec le gel ou la baisse des salaires et la suppression des RTT. C’est une formule de ce genre que le gouvernement tente de faire entériner dans les hôpitaux pour compenser les restrictions de crédit, ce qui équivaut aux difficultés d’une entreprise. Quadrature du cercle qui explique le peu de succès de cette formule. D’autant plus que les entreprises ont une gamme imposante de contrats divers — d’abord les CDD et l’intérim — pour faire face aux difficultés, en taillant dans la chair fraîche des exploités.
Grande-Bretagne — *7/05/2015 — Le taux de chômage officiel ne serait que de 6 % de la masse des actifs. La crise et les restrictions budgétaires (400 000 suppressions d’emplois dans le secteur public) n’ont pas fait grossir ce taux parce que la « flexibilité » a été introduite sous les formes les plus pernicieuses. Les 2/3 des emplois créés depuis 2008 sont le fait d’auto-entrepreneurs. Nous avons déjà parlé des « contrats zéro heure » (voir précédents bulletins), ou de toutes formes de contrats à temps partiel.

États-Unis — *3/04/2015 — Unilatéralement, Mac Donald annonce à grand renfort de publicité qu’il va, pour ses antennes aux USA, payer ses exploités 10 $ de l‘heure (9,16 euros), et leur accorder des congés payés. Mais cela ne concernera que ses salariés directs et nullement les 600 000 exploités par les « franchisés ». Le mouvement de grève des précaires américains dont nous parlons par ailleurs revendique 15 $ de l’heure (13,75 euros) et le droit de se syndiquer, ce que Mac Do n’est pas prêt à accorder, faisant encore la chasse aux sorcières syndicalistes. Cet octroi d’une augmentation unilatérale et limitée est aussi machiavélique. Les affaires de Mac Do ne sont pas très prospères, avec une chute de 1 % du chiffre d’affaires en 2014. En augmentant les salaires, il contraint les franchisés à faire de même et ceux-ci doivent répercuter cette rallonge sur le prix, ce qui augmente leur chiffre d’affaires global et par conséquent le pourcentage de ce chiffre que le franchisé doit reverser à Mac Do.

Italie — 14/05/2015 — Un contrat collectif national pour le commerce et la banque signé par la Cgil permet d’imposer le travail du dimanche, de faire travailler 44 heures pendant seize semaines, ou même contractuellement pour une entreprise 48 heures pendant vingt-quatre semaines, en échange de nouvelles embauches et d’une promesse de non-licenciement.
8/04/2015 — Calzedonia, firme textile, n’a d’italien que le nom. Cette multinationale, qui exploite dans le monde 30 000 travailleurs, dispose du revenu annuel de 4 000 boutiques et de nombreuses filiales en pleine expansion. Si les 500 employés du QG de l’entreprise à Vérone ont tous les avantages sociaux imaginables, il n’en est pas de même des 12 000 esclaves des 5 usines du Sri Lanka et des autres exploités de Croatie, de Bulgarie et de Serbie. Personne n’y gagne plus de 500 euros par mois. Ce qui n’empêche pas les dirigeants de se plaindre, à propos de leur implantation thaïlandaise, de ce que « le plus difficile a été d’apprendre aux employés à venir tous les matins » (on peut imaginer les moyens employés pour ce faire).

CRIMES DU CAPITAL

Monde — *4/05/2015 — Il est plus que prouvé aujourd’hui que l’exploitation du gaz de schiste, au-delà des nuisances écologiques, dégage en quantité un gaz radioactif dangereux, le radon (plus de 40 % que la normalité dans les zones d’exploitation) et déclenche des mouvements tectoniques, des tremblements de terre de magnitude de 3,3 et plus à la fréquence parfois de 2 ou 3 par jour, contre 1 à 2 par an en temps normal. Dans l’Oklahoma, zone d’exploitation intensive, en 2011 un tremblement de terre de ce genre a atteint la magnitude de 5,6. 18 États aux USA sont concernés par ce type d’exploitation et son cortège de méfaits.
Chine — *11/04/2015 — Zhangzhou (Fujian) : une usine de paraxylène, matière première pour la fabrication d’un polyester, explose, entraînant l’intervention de 800 pompiers qui mettront plus d’une journée à éteindre l’incendie qui a suivi et qui permettront l’évacuation de 30 000 habitants du secteur. Black out sur le nombre de tués et de blessés. On peut s’en faire une idée avec les ravages d’une explosion dans une usine chimique (accident industriel relativement fréquent en Chine) à Foshan dans le Guangdong qui tua 17 ouvriers.

Bangladesh — 1*9/03/2015 — Au moins 6 morts « avoués » et 24 blessés dans l’effondrement d’un bâtiment en construction. Mais sur 100 ouvriers exploités sur le chantier, 50 ont été retirés des décombres alors que 35 sont encore dessous. Personne ne sait combien étaient réellement à œuvrer sur les lieux au moment du drame en raison de la fraude constante sur les effectifs réels par l‘emploi de travailleurs au noir.
France — *21/04/2015 — Près de la moitié des décès de prisonniers sont dus à des suicides, taux le plus élevé d’Europe de l’Ouest. En février 2015, 66 000 « locataires forcés » croupissent dans les prisons françaises (il n’y en avait que 25 000 sous le dictature de Napoléon III — 5 enchristés pour 10 000 habitants en 1850 contre 18,5 pour 10 000 dans la période 2005/2010). L’âge moyen des « prisonniers » est de 34 ans, et l’effectif global comporte 5 % de femmes.

Monde —* Février 2015 — La malaria touche essentiellement les pays tropicaux, principalement en Afrique. Dans le monde, on dénombre chaque année 200 millions de malades de cette maladie qui fait 600 000 morts. Faute d’une intervention massive, les préventions et les traitements perdent leur efficacité. Pourquoi tout ce bruit et cette mobilisation autour du virus Ebola, qui fait cent fois moins de victimes sur plusieurs années ? C’est simple : le moustique responsable de la malaria ne vit que sous les tropiques ou en Équateur, et ne peut prospérer et transmettre dans les zones tempérées, alors que le virus Ebola peut se diffuser partout comme un simple rhume.
17/04/2015 — Un milliard et demi d’êtres humains survivent (si l’on peut dire) avec moins de 1,25 $ par jour (soit 1,15 euro).

Taïwan — *13/05/2015 — Une usine de fabrication de téléviseurs est passée par différents patrons, dont Thomson CSF, et a été fermée pour son transfert en Chine en 1992. Pour les 80 000 ouvrières qui s’y sont fait exploiter de 1971 à 1992, ces patrons leur ont laissé des souvenirs : la manipulation de trichloréthylène et l’utilisation d’amiante sans précaution ont engendré des maux divers. Sur 1 500 ex-ouvrières recensées, 529 sont atteintes d’un cancer.

Philippines — *14/05/2015 — 72 morts dans l’incendie d’une usine de chaussures à Manille. Les ouvrières, principales esclaves de l’usine, y étaient exploitées 12 heures par jour, 7 jours sur 7, pour un salaire mensuel de 69 euros.
Grande-Bretagne — *30/04/2015 — Ce pays compte plus de milliardaires par habitant (117 pour les 1 000 plus riches) qu’aucun pays du monde, taux qui a doublé depuis 2009. Richesse pour une bonne partie spéculative

États-Unis — *21/03/2015 — Le meurtre programmé bureaucratisé. Une fois par mois, les membres de la commission du Congrès sur l’espionnage se rendent à Langley, QG de la CIA, pour examiner les vidéos exhibant ceux qui doivent être assassinés dans le monde par les drones et pour donner l’autorisation définitive à leur meurtre. La liste en est établie de concert entre Obama et les militaires. Cette kill list ne mentionne pas bien sûr des bavures éventuelles, ou les « dommages collatéraux ».
Avril 2015 — *Pour 100 femmes noires américaines âgées de 25 à 54 ans, on ne compte que 83 hommes : les manquants sont morts en prison, sous les balles des flics ou autres répresseurs, ou dans les rixes entre gangs des ghettos. Il « manque » aujourd’hui aux USA 1,5 million de « mâles » noirs.

ÉMEUTES

Ukraine — **22/04/2015 — 5 000 mineurs dans les rues de Kiev manifestent et sont bloqués par les flics anti-émeute alors qu’ils essaient d’envahir des bâtiments officiels. Pour le paiement de salaires et contre la fermeture de puits de mine, avec les licenciements conséquents.

États-Unis — *4/05/2015 — Après Ferguson (voir précédents bulletins), de nouvelles émeutes contre de nouveaux meurtres, récurrents, de Noirs par des policiers blancs, à Baltimore. Le meurtre d’un jeune noir de 25 ans met plus de 1 000 protestataires dans les rues de la ville. Grands moyens pour tenter d’endiguer la protestation contre les brutalités policières : déversement dans la ville de 3 000 gardes nationaux, de 587 militaires et de 432 flics ordinaires, surveillance aérienne renforcée autour d’un programme de « surveillance instantanée », système spécifique de radars capable de surveiller à tout moment un vaste territoire (de la dimension du Texas), et pouvant identifier en temps réel des centaines de voitures. Baltimore semble avoir été un laboratoire de ces nouvelles mesures de contrôle et de répression mises au point en Afghanistan. 250 arrestations au cours de ces journées d’émeutes sans aucune charge précise, des manifestants parqués dans un centre spécial sans protection juridique, en « détention technique », dénués de toute aide médicale.

Afrique du Sud — *27/04/2015 — Conséquence de la misère et instrumentalisation des pogroms contre les étrangers comme dérivatif du conflit social Le parti dominant ANC, particulièrement corrompu, est suspecté d’utiliser le discours xénophobe pour pallier ses erreurs politiques et ses compromissions. Les 5 millions d’émigrés, souvent clandestins, sont une proie facile, d’où une multiplication d’attaques contre les immigrants notamment les petits commerçants locaux dont les boutiques sont pillées. Ces émeutes signalées à Durban (5 assassinés) se sont étendues partout, notamment à Johannesburg (2 morts). En un seul weekend, plus de 300 arrestations. Des manifestations de protestation (plus de 200 en 2014) qui n’ont pas changé grand-chose, tant la position des autorités est ambiguë. Les immigrés continuent de vivre dans la peur des sévices physiques et de l’arrestation.
Parallèlement, protestations violentes et répétées contre la carence des services publics les plus élémentaires dans les townships, par exemple le 7 mai à Soweto concernant le prix de l’électricité.
Mexique — *24/04/2015 — 7 000 ouvriers agricoles de la région de San Quentin (Basse-Californie), en grève pour les salaires et l’amélioration des conditions de travail (actuellement 8 euros/jour pour cueillir des tomates 9 heures/jour) depuis le 17 mars, passent à l’émeute lorsqu’une rencontre entre gouvernement et dirigeants syndicaux est annulée. Voitures de flics brûlées, blocages routiers, 45 blessés. Reprise du travail avec une augmentation de salaires largement inférieure à la revendication de 13 euros par jour.
Pérou — *16/05/2015 — Chidayo — Les travailleurs d’une sucrerie en grève attaquent le commissariat de Tumaq, suite à des exactions policières.

Iran —* 7/05/2015 — Suite au suicide d’une jeune femme kurde qui est morte en sautant d’un étage élevé de l’hôtel où elle travaillait comme femme de chambre, pour échapper au viol par un édile gouvernemental, toute la population kurde de la ville de Mahabad (280 000 habitants) se rassemble pendant plusieurs jours devant l’hôtel et s’affrontent avec les flics : l’hôtel est incendié, 2 morts et 50 blessés.
Brésil *— 29/04/2015 — 20 000 enseignants manifestent à Curitiba et se dirigent vers le siège de l’assemblée régionale du Parana pour protester contre des restrictions de crédit dans l’enseignement et une privatisation partielle. Attaqués par les flics : 200 blessés dont 20 flics sur les 2 000 déployés.

Heurs et malheurs de l’autogestion

France — *12/05/2015 — Nouveaux rebondissements dans la saga de la Scop « Myferrylink » (voir précédents bulletins). La cour d’appel de Londres a annulé l’interdiction d’aborder un port britannique depuis le continent, ce qui autorise cette compagnie, filiale complexe d’Eurostar et de cette coopérative de gestion du trafic transmanche, à poursuivre ses opérations, levant ainsi l’épée de Damoclès qui pesait sur son avenir. Pour le moment, les 600 marins qui assurent 12 % du trafic transmanche (ce qui est proche de la rentabilité capitaliste) sont assurés de leur emploi mais l’affaire n’est peut-être pas close, au moins juridiquement. Au-delà de ces péripéties, dans la coulisse se déroule depuis des années une guerre de chefs entre ex-dirigeants de la Cfdt devenus dirigeants de la Scop. Ces bureaucrates syndicaux convertis en bureaucrates coopératifs, parfaits capitalistes, sont mis en examen pour abus de confiance depuis novembre 2013 autour des comptes du comité d’entreprise. Ils ont été exclus de la Cfdt mais ont constitué un nouveau syndicat ad hoc dont ils sont les patrons, le Syndicat maritime Nord, magouilles incluses.
Grèce — *16/04/2015 — Les travailleurs des entreprises en autogestion qui s’étaient constituées dans différents secteurs pour palier la dérive économique, et sur lesquels s’appuyait Syriza, manifestent à Athènes pour rappeler les promesses, non tenues jusqu’à maintenant, que cette organisation leur avait faites… avant les élections

IMMIGRATION :
toute la misère et la mort du monde
« Un immigrant meurt toute les deux heures en Méditerranée »

De toute part, dans le monde entier, montent les voix de ceux qui fuient une mort certaine, la famine, la guerre, la répression, une menace qui pèse si lourd qu’elle donne le courage d’affronter tous les dangers d’un passage vers un avenir dont la perspective incertaine paraît enviable comparée à ce que l’on fuit. Se retrouvent ainsi toutes origines, races, ethnies, religions, venant de partout, des points précis de passage supposés plus faciles vers la terre promise, ayant épuisé souvent de faibles économies et celles de leurs proches. On ne peut citer que les chiffres les plus récents : 219 000 seraient ainsi passés de Libye vers l’Italie en 2014, deux fois plus qu’en 2012, et on prévoit qu’ils seront plus de 300 000 en 2015 (20 000 dans les trois premiers mois de 2015, 6 000 dans le seul week-end des 11/12 avril dernier). On estime que dans cette même période, 1 500 ont nourri les requins.
Monde — *Avril 2015 — 15 millions d’êtres humains vivent dans des camps de réfugiés, chiffre officiel. En 2014, 4 700 000 « personnes déplacées » ont grossi ce chiffre, aujourd’hui de 38 millions ; de plus en plus, le trafic d’êtres humains sous toutes ses formes, du simple passeur à de véritables entreprises capitalistes (le trafic d’esclaves étant plus rémunérateur que le trafic de drogue, 2 300 $ par personne soit 2 100 euros), utilisant les moyens les plus modernes de communication tout comme des pratiques ancestrales pour éluder les contrôles. Milan serait le centre névralgique de ce trafic et l’argent serait blanchi à Londres. Pour échapper aux contrôles bancaires, le retour systématique à la lettre de change de personne à personne, basé sur la confiance, permet tous les transferts vers les paradis fiscaux ; il y aurait d’autres moyens comme la multiplication de cartes de crédit ou de cartes téléphoniques dont la possession échappe à toute réglementation. Le démantèlement d’une filière, ou une opération de style militaire comme celle qui est tentée actuellement pour stopper le passage de la Libye vers l’Italie, ne fait que déplacer les bandits qui utilisent toutes les opportunités géographiques et politiques. C’est ainsi que depuis janvier, l’île grecque de Kos, à quelques encablures de la Turquie, permet facilement de mettre le pied sur le territoire grec et de gagner ensuite les pays d’Europe par la Macédoine, en plein chaos politique de corruption et de violence ; 22 000 migrants auraient utilisé cette voie. Les profits dans l’utilisation de la voie maritime sont tels que pour les passeurs organisés, la perte d’un navire est une quantité négligeable. Pour un rafiot de 100 000 euros, embarquant 1 000 migrants payant chacun 800 euros, le bateau sacrifié d’une manière ou d’une autre laisse un profit de 700 000 euros, plus de sept fois la mise. Quelle activité peut être aussi profitable ?
Corée du Sud — *26/04/2015 — 200 migrants manifestent à Séoul pour obtenir le droit de travailler (700 000 migrants sont ainsi dans l’impossibilité de travailler « régulièrement » par une législation restrictive).
Allemagne — *13/04/2015 — Au premier trimestre 2015, on a assisté à 47 attaques contre les lieux d’hébergement des demandeurs d’asile, ce qui déclenche l’organisation de manifestations contre ces attaques xénophobes.
Malaisie — *22/05/2015 — On ne meurt pas qu’en Méditerranée en fuyant une réalité impossible à affronter. Aux confins de la Birmanie, de la Thaïlande et du Bangladesh, des camps de transit plus ou moins clandestins regroupent principalement des migrants d’une minorité ethnique musulmane, les Rohingya, persécutés par les bouddhistes. On vient de découvrir près de ces camps, plus ou moins contrôlés par des mafias de passeurs, plus de trente charniers. Ailleurs, des milliers tentent par bateaux de gagner qui la Malaisie, qui l’Indonésie, refoulés de partout, condamnés à mourir de faim et de soif sur des mers hostiles. Quelques tentatives entre États régionaux sont faites pour pallier les plus dramatiques conséquences de telles situations. Il ne fait pas bon être un migrant bangladais, dénoncé par le gouvernement comme un « malade mental » qui « pollue l’image internationale du pays ».

LA GRÈVE ET RIEN D’AUTRE

Dans tous les pays du monde, tous dominés par l’exploitation capitaliste, la grève est le seul moyen de tenter de modifier les conditions d’exploitation ou de résister à ce que les dirigeants tentent d’imposer pour maintenir ou accroître leurs profits. C’est ainsi qu’à l’intérieur de chaque État, on peut trouver à chaque moment nombre de grèves limitées le plus souvent à une seule entreprise, limitées dans leur durée, sur des revendications spécifiques. La plupart ne franchissent pas la barrière médiatique ; on les découvre un peu par hasard et elles sont trop nombreuses pour qu’on puisse les évoquer dans un tel bulletin. Si en France, du 13 au 22 mai dernier, on décompte 10 grèves d’une journée ou plus, qui en parle ? Si des grèves franchissent la barrière c’est par leur durée (un mois pour celle de Radio France), leurs conséquences trop visibles (encore Radio France), ou parce que les centrales syndicales lancent des « journées de grève et de manifestation » limitées mais supposées toucher toute une branche d’activités, avec des intentions diverses et voulant que « ça se sache ».
Il n’en est pas de même pour les grèves qui se déroulent dans les pays dits « en développement » (particulièrement en Inde et en Chine), elles sont souvent interdites et font l’objet d’une répression pouvant conduire à l’émeute (voir cette rubrique). Suivant l’importance de ce combat de classe, de tels conflits franchissent la barrière médiatique alors que le même type de conflit, en quelque sorte intégré dans le système des relations de travail dans les pays développés, reste le plus souvent ignoré parce que « pacifique », et soluble dans les médiations syndicales. La liste qui suit est donc loin d’être exhaustive, seulement une sorte d’exemple de ce qui se déroule ailleurs.

États-Unis —* 22/05/2015 — Malgré les tentatives de faire reprendre le travail dans les raffineries (voir précédent bulletin), les 1 100 de Galverston Bay (Texas) et les 325 de celle de Toledo (Ohio) rejettent l’accord conclu par le syndicat USW et maintiennent leur grève. L’accord en question élimine tout accord collectif national, renvoyant à des discussions unité par unité pour les conditions de travail spécifiques à chacune d’elles, ce qui brise toute action générale et élimine toute harmonisation des conditions de travail.
- *29/04/2015 — 16 000 routiers (en majorité des immigrants) des 4 firmes œuvrant dans les ports de la côte ouest, Los Angeles, Long Beach et San Diego (Californie du sud) par lesquels transitent 40 % du trafic maritime américain, s’opposent à la suppression de protections sociales et à l’obligation d’entretien des camions qu’ils sont contraints de louer à leur ex-employeur, suite à leur changement de statut de salarié pour celui de travailleur indépendant. La grève cesse le 1/05/2015 suite à un accord.
*-/05/2015 — Les 420 000 travailleurs de Mac Donald (pour une bonne partie des étudiants) envisagent de lancer une grande offensive contre leur exploiteur. Les salaires sont si bas que le turnover est très élevé et, notamment pour les soins, les travailleurs du big mac doivent recourir aux aides sociales. Cela coûte encore trop cher car Mac Do envisage de remplacer ses esclaves par des robots dans un avenir proche, qui rendront obsolète cette armée de travailleurs sans qualification.

  • 2/05/2015 — Deux jours de grève de 6 500 infirmières des hôpitaux de Los Angeles et du nord de la Californie pour les salaires et de meilleures conditions de travail.
  • 23/04/2015 — Plusieurs milliers de postiers sont en grève illimitée pour de meilleures conditions de travail. Suite à des restructurations, les effectifs ont été réduits, avec la conséquence habituelle d’accroître la charge de travail de chaque travailleur.
  • Allemagne — *4/05/2015 — Le syndicat des agents de conduite GDL (voir précédents bulletins) revendique une augmentation de salaire de 5 %, la semaine de 37 heures au lieu de 39, et le droit de syndiquer tous assistants des trains. Des grèves limitées mais répétées perturbent sérieusement le trafic ferroviaire, la dernière grève de 48 heures, la neuvième en dix mois, bloque les 2/3 du trafic. Deutsche Bahn refuse toujours un accord collectif pour les seuls agents de conduite. En arrière-plan, la lutte touche aussi un projet de législation qui soumettrait les petits syndicats catégoriels (scission des centrales dans les chemins de fer, le trafic aérien et le secteur hospitalier) aux contrats conclus à l’échelle nationale par les grands syndicats dont ils se sont précisément évadés. Que résoudra la médiation acceptée pour un arbitrage qui a mis fin à la dernière grève de GDL ? Le 21/03/2015, les pilotes de Lufthansa, affiliés au même type de syndicat professionnel que GDL et placés devant le même problème, mènent la 12e d’une série de grèves visant à obtenir un contrat collectif distinct. Dans les filiales low-cost de Lufthansa, German Wings et Eurowings, les salaires des pilotes sont en moyenne de 40 % inférieurs à ceux des pilotes de Lufthansa. Ce type de problème est commun à presque toutes les compagnies nationales qui connaissent le même type de conflit mais ne parviennent pas à une coordination des luttes, même seulement à l’échelle de l’Union européenne.
  • 20/04/2015 — Une restructuration de Postbank entraîne 9 500 licenciements, principalement dans l’ex-RDA. Des grèves limitées certaines jusqu’à 4 jours i(l y en a eu 33 dans l’année écoulée )n’ayant eu aucun effet, à l’appel du syndicat Verdi, la grève illimitée votée à 95 % est déclenchée, essentiellement dans l’est de l’Allemagne. À la garantie de l’emploi s’ajoute une revendication d’augmentation des salaires de 5 %. Italie — *10/03/2015 — Plus de 2 000 pilotes d’Alitalia en grève de 8 heures, grève qui coïncide avec celle de tous les travailleurs de Meridiana Airlines, compagnie desservant la Sardaigne. Deux grèves contre une privatisation qui doit se faire par le canal de prise de participation du trust aérien arabe Etihad.

Bangladesh — *16/05/2015 — Graming Knitwear (firme textile à Dhaka) « lockoute » des centaines de travailleurs depuis le 12 mars et reprend ses activités le 25/03 sans réembaucher les licenciés : ceux-ci manifestent à Dhaka pour les salaires impayés. Le même jour, 1 000 travailleurs de deux entreprises textiles manifestent à Ashulia contre le licenciement de 29 d’entre eux ayant demandé une inspection des lieux par la commission de sécurité établie après l’effondrement de l’usine de Rana Plaza, ceci après un tremblement de terre qui a fragilisé les bâtiments.
France — *À Radio France, un mois de grève du 14/04 au 16/05 pour une série de revendications internes (suite à une restructuration), dont le maintien de l’emploi et la participation syndicale à l’organisation et au fonctionnement de l’entreprise publique. La grève se termine avec la désignation d’un médiateur et l‘ouverture de pourparlers. Malgré la détermination des grévistes, ceux-ci sont restés dans l’orbite des syndicats sans prendre beaucoup d’initiatives, au-delà des structures traditionnelles de la grève. Peut-on penser qu’elle représente pourtant un symbole dans un renouveau des luttes en France ?
Turquie — *19/05/2015 — La grève des 7 000 travailleurs de l’usine Renault-Fiat de Bursa (ouest de la Turquie) s’étend à plusieurs usines d’automobile de la ville et à Izmit dans la métallurgie. Antérieurement, la simple menace de grève à l’usine du sous-traitant Bosch avait suffi à faire céder l’entreprise pour un nouveau contrat concédant quelques avantages, ce qui est repris aussitôt dans cette grève sauvage. Le 20/05, la grève s’étend à l’usine Ford Otosan., alors que 10 000 travailleurs du secteur démissionnent du syndicat officiel qui veut la reprise du travail. Dans la métallurgie, 40 % des ouvriers travaillent plus de 50 heures par semaine.

Espagne — *La compagnie de téléphone Telefonica a cru bon, pour réduire les coûts notamment de sa filiale pour portables Movistar, de mettre 80 à 90 % de sa force de travail en « indépendants », lesquels, pour gagner entre 600 et 800 euros, doivent travailler entre 10 et 12 heures par jour, 7 jours sur 7. Lorsque Telefonica prétend exiger de ces « sous-traitants » bien particuliers une révision des contrats avec une baisse de rémunération de 35 %, une grève sauvage éclate à Barcelone et s’étend à tout le pays. Pour l’entreprise qui espérait avec une telle structure diviser la force de travail pour imposer des contrats individuels non-salariés, c’est un coup fourré. Un syndicat alternatif, Alternative Workers Union, regroupe 15 000 de ces « indépendants ». Dès le 28 mars, la grève affecte 200 000 clients de Telefonica et Movistar. Le 14 mai, après 48 jours de grève, manifestation à Madrid.

Égypte — *Mai 2015 — Après le 30 juin 2014, les grèves ont diminué, les travailleurs craignant que tout mouvement soit associé ou exploité par les Frères musulmans pourchassés par le nouveau pouvoir de l’armée. Au premier trimestre 2015, on a recensé 393 grèves contre 1 420 dans la même période en 2014.

Vietnam — *4/04/2015 — Depuis le 23/03, 90 000 travailleurs d’une usine de chaussures (fournisseur entre autres de Nike et Adidas) à Ho Chin Min ville sont en grève. Ils sont invités par le syndicat officiel à reprendre le travail et appelés par ce syndicat de « mauvais éléments ». Après une semaine de grève, le travail reprend sur la promesse de la mise en chantier d’une réforme touchant principalement la retraite.

  • 13/01/2015 — 117 pilotes de la Vietnam Airlines Corporation se mettent en maladie ou pratiquent la grève du zèle pour les salaires. Inde — *6/04/2015 — Deux semaines de grève de 5 200 tisserands se terminent par une augmentation des salaires de 20 % alors que la revendication initiale était de 75 %, et la compensation d’arriérés de salaires.
  • 10/04/2015 — Suite au décès du propriétaire, l’usine textile Swan Garment de Mollartek (Uttara) ferme, laissant sur le pavé 1 300 travailleurs. Ceux-ci manifestent pour avoir le paiement de cinq mois de salaires. Répression par les flics, mais pourparlers avec les autorités.
  • 15/04/2015 — Jaipur (Rajasthan). Bosch a fermé temporairement son usine sept jours en représailles à des grèves répétées depuis février. Le syndicat accepte, contre la levée du lock-out, de renoncer à toute grève de toute sorte. Sept ouvriers qui avaient entamé une grève de la faim sont arrêtés. Négociations notamment pour les salaires. Mauritanie — *3/04/2015 — 3 000 mineurs reprennent le travail après une grève de deux mois, sans avoir rien obtenu. L’entreprise SNIM détenue en majorité par l’État veut lier la réintégration de 400 licenciés à une augmentation de la productivité.

Chili — *21/04/2015 — 600 travailleurs, à l’exclusion des pilotes de LAN express, filiale de la compagnie Latam Airlines, sont en grève depuis le 8/04 pour les salaires (revendication de 15 %, offre de 4 %).

Bangladesh — 9/05/2015 — Usine de meubles Otobi à Ashulia (banlieue de *Dhaka). Les travailleurs manifestent pour avoir le paiement de salaires différés jusqu’au 20 mai. Ils sont attaqués par la police : 50 blessés, 4 arrestations. Promesse de paiement le 12 mai.

Canada — *6/04/2015 — Un vent de révolte souffle sur le Québec. Le 23/03, 135 000 étudiants participent à une grève d’une journée et manifestent devant le Parlement : 274 arrestations. Jusqu’à aujourd’hui, manifestations d’étudiants contre l’augmentation des droits d’inscription et en général contre l’austérité et la répression, résurgence d’un « Printemps 2015 ».

France —*Les postiers d’Yvetot en grève.Vendredi 24 avril, les soixante postiers ont voté en assemblée générale la continuation de leur lutte, démarrée le lundi 20 avril, contre le projet de réorganisation des tournées locales.Selon la CGT, le projet de la Direction se traduirait par la suppression de huit postes de travail. Dans la semaine, la Direction a fait miroiter aux grévistes des aménagements sur les tournées qui au final se révèlent caducs .A souffler le tiède et le froid, elle n’a réussi qu’à renforcer la détermination des grévistes à continuer la lutte Ces attaques ne sont pas nouvelles. Cela fait des années que la Poste fait des économies sur le dos des salariés en prenant prétexte de la concurrence du courrier électronique. Cela passe par des regroupements de plateaux de distribution entraînant un élargissement des secteurs à distribuer et un allongement automatique des tournées.

Les méandres de l’exploitation

Afrique-du-Sud — *8/05/2015 — La chute du prix du platine (conséquence en partie de la crise de l’automobile, industrie consommatrice de ce métal dans les pots d’échappement catalytiques et en ce qui concerne ce pays, difficultés grandissantes d’exploitation) fait que l’exploitation des mines du pays ne sont plus rentables pour le capital ; au prix de 54 tués, les exploités de la mine de Marikana de la multinationale du platine Lonmin avaient gagné quelques miettes de salaire. Ils y gagnent aujourd’hui le licenciement de 3 500 d’entre eux (sur 27 000 permanents et 10 000 intérimaires).

Allemagne — *3/04/2015 — Deutsch Post veut étendre à moindres frais son service de distribution des colis en embauchant 10 000 salariés low-cost d’ici 2020, dont 4 000 immédiatement. Une version de ce qui a été pratiqué aux USA avec le système two-tier, les entrants ne touchant qu’un salaire réduit par rapport aux salariés en activité dans l’entreprise. Le syndicat Verdi serait prêt à accepter le projet à condition que les travailleurs en activité voient leur temps de travail hebdomadaire passer de 38,5 à 36 heures sans réduction de salaires.

  • 22/04/2015 — Restructuration organisée de façon à briser toute résistance. Le groupe automobile Opel, pour maintenir sa position sur le marché automobile mondial, ferme usine après usine avec transfert de production dans celles qui restent en activité, en accroissant la charge de travail contre la promesse qu’il n’y aura pas de licenciement… jusqu’à la fermeture programmée. Après la fermeture de l’usine d’Anvers en 2010, la production en avait été transférée à celle de Bochum, laquelle ferme fin 2014 et sa production transférée à l’usine de Rüsselsheim… où l’intensification des conditions de travail (avec toutes les conséquences physiques et mentales) « acceptée » contre la promesse qu’il n’y aura pas de licenciement, cela avec l’accord du conseil syndical dominé par le puissant syndicat de la métallurgie, IG Metall.

MANIFESTATIONS, OCCUPATIONS

Inde —* 28/04/2015 — Dans l’État de Tamil Nadu, 300 permanents et contractuels de l’usine de peinture Asian Paints de Sriperumbudur sont en grève pour la réintégration de 2 licenciés et de 2 autres menacés de licenciement pour fait de grève, la transformation de 62 contractuels en travailleurs permanents et une augmentation des salaires. 100 occupent l’usine alors que d’autres campent devant. La direction coupe tout approvisionnement aux occupants et engage 40 mercenaires pour aider les 50 gardes à briser la grève par la violence. Faute d’une solidarité des autres usines du groupe auxquelles la production a été transférée, la grève se termine, sans rien.

  • 2/04/2015 — L’usine textile Anglo French Textile de Pondichéry, entreprise d’État, est occupée par les travailleurs contre un projet de privatisation. Pour justifier cette cession (sous forme de location à une firme privée), l’usine a délibérément été laissée en mauvais état sans entretien et sans modernisation

Pérou — *15/01/2015 — Plusieurs milliers de manifestants à Lima la capitale (voir précédent bulletin) et dans tout le pays contre une réforme instituant des conditions spéciales restrictives des conditions de travail pour les jeunes de 18 à 24 ans (ils seraient 826 000), avec des réductions de salaires, de congés et d’avantages sociaux. Des bagarres avec les flics, 20 arrestations. Mesures prises sans doute pour réduire le travail au noir qui concernerait 74 % de la force de travail.

  • 12/05/2015 — Depuis le 23 mars, la population dans l’environnement de la mine de cuivre Tia Maria dans le sud-ouest du pays manifeste par des blocages routiers contre une extension de cette mine, qui causerait des dommages irréparables pour l’environnement et l’agriculture. Le gouvernement, acculé par la crise, veut se financer en augmentant les activités minières du pays, et réprime durement les manifestations paysannes en envoyant la troupe pour « pacifier » la région : 2 morts, et 17 militaires blessés.

Macédoine — 7/05/2015 — Situation très confuse. 2 000 manifestants à Skopje la capitale armés de barres de fer et de pavés attaquent les flics : 40 blessés dont 38 flics. Le 10 mai, un groupe qualifié de « terroriste » doit mener une bataille rangée avec la police à Kumanovo, à 40 km de la capitale, qui laisse 48 morts dont 8 flics, 37 blessés et 30 arrestations ; non revendiqué, cet affrontement reste mystérieux.

États-Unis — *16/04/2015 — Des milliers de travailleurs précaires (des restaurants fast-food, des aéroports, du bâtiment, des services sociaux) manifestent à New York et dans 230 villes des USA pour que le salaire minimum soit porté à 15 $ de l’heure (soit 13,60 euros, actuellement 8,75 $ à New York soit 7,96 euros), le salaire fédéral minimum est bloqué depuis 2009 à 7,25 $ (soit 6,60 euros).
Israël — *5/05/2015 — Les juifs éthiopiens protestent contre le racisme et la violence policière et manifestent par milliers à Tel Aviv, bloquent le trafic, tentent d’envahir les bâtiments officiels. 43 arrestations ; 56 flics et 17 manifestants blessés. La discrimination contre ces juifs noirs va jusqu’à leur interdire le don du sang et conduit à des stérilisations forcées.

  • 17/05/2015 — Des milliers de travailleurs manifestent contre les licenciements dans l’industrie chimique dans la région du Néguev. Dimona, la ville centrale de ce secteur, compte déjà 15 % de chômeurs. Iran — *12/05/2015 — 600 travailleurs construisant la ligne de chemin de fer Ahwaz entament leur 4e semaine de grève pour des salaires impayés. 1 000 travailleurs de l’usine métallurgique Safa Pipe Rolling Mill à Saveh : après trois semaines de grève et de vains pourparlers pour le paiement de quatre mois de salaires et de seize mois de primes d’assurance, ils occupent l’usine le 12 mai ; le 16, un des « leaders » est arrêté et fin mai, la direction procède à des licenciements. Chine — *21/03/2015 — les 5 000 exploités de l’usine de chaussures Stella International Xing Ang à Dongguan dans le Guangdong sont en grève pour le paiement d’allocations logement dues depuis des mois. La police encercle les travailleurs qui manifestent devant l’usine et les contraint à y entrer, ils restent enfermés toute la nuit en refusant de reprendre le travail. La police frappe systématiquement ceux qui tentent de sortir. Reprise sans rien avoir obtenu le jour

FRANCE :.La mobilisation sur les RTT commence dans les hôpitaux AP-HP du 94

  • 12 mai 2015 :-Alors que près de 15 000 agents travaillent dans des hôpitaux de l’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris), la renégociation de l’organisation horaire des agents et de leurs jours de RTT est suivie de comme du lait sur le feu parles syndicats et les personnels sur le terrain. Pour rappel du contexte, le directeur de l’AP-HP, Martin Hirsch, souhaite réformer le protocole d’organisation du temps de travail qui date de 2002, faisant valoir à la fois une évolution du fonctionnement des hôpitaux. Plus d’ambulatoire« Nous réalisons une part croissante des opérations chirurgicales en ambulatoire ; nous réalisons davantage d’hospitalisation de jour ; nous disposons de plateaux techniques renforcés« , cite notamment le directeur général de l’institution dans son message aux agents adressé le 6 mai dernier. « Nos organisations du travail ont été calées il y a quinze ans voire plus ; elles sont parfois décalées. Il est donc souhaitable de pouvoir tenir compte de ces nouvelles formes de prise en charge des malades, à travers l’organisation du temps de travail des agents qui se succèdent au lit du malade comme plus globalement dans l’ensemble de l’hôpital. » Pour le directeur, la réorganisation horaire doit aussi permettre d’améliorer les conditions de travail concernant notamment la régularité et la stabilité des plannings, le renforcement de l’encadrement de proximité et la réduction des « faisant fonction », l’accès à la formation, le renforcement de la médecine du travail ou encore le redimensionnement des équipes de suppléance. Trouver 20 millions d’euros par an L’autre raison est économique. « Quand la croissance de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM) ralentit, il y a une tentation de prendre le chemin le plus direct pour respecter cet objectif : réduire les effectifs. A l’AP-HP, cela signifierait, sur 5 ans, supprimer environ 4 000 emplois. Ce n’est pas mon choix, ce n’est pas le choix que je vous propose. Modifier les organisations du travail, c’est un levier pour éviter les suppressions d’emploi, tout en tenant nos engagements« , pose ainsi Martin Hirsch. Au niveau national, l’Etat vise une économie sur le budget des hôpitaux de l’ordre de 3 milliards d’euros d’ici à 2018, qui ne passe pas seulement par les ressources humaines mais aussi l’optimisation des achats. Ni 7h36, ni 12h, ni 7h…Pour mener ce chantier, Martin Hirsch a proposé 6 réunions jusqu’au 28 mai avant une période de négociation jusqu’au 18 juin. Une période sans doute un peu courte au regard de l’aspect champ de mines d’un tel dossier. A titrede comparaison, au sein du groupe hospitalier de psychiatrie Paul Guiraud de Villejuif, la proposition de passer de 8h à 7h36, présentée en mai 2014, avait finalement été mise en oeuvre le 1er novembre 2014 après des mois de grève etde crise sociale et la démission au passage du directeur de l’établissement. Pour démarrer, le directeur n’a toutefois pas fait état d’un schéma prédéterminé du temps de travail, assurant à ses agents ne pas avoir de solution toute faite. Nous n’avons pas le résultat avant d’avoir négocié. Nous n’avons pas un schéma secret que nous voudrions imposer , insiste le patron de l’AP-HP tout en indiquant que maintenir la majorité des agents en 7h36 et de très nombreux agents en 7h50 ne permet pas de répondre aux enjeux d’organisation et de maîtrise du budget et en écartant la généralisation des 12 h ou des 7 h. Actuellement, 66% des agents travaillent 7h36 ou 7h50 par jour, d’autres entre 10h et 12h et les cadres sont au forfait, contre 20 à 24 jours de RTT en récupération. Une « régression sociale » inacceptable pour les syndicats Face à ces premières annonces, deux intersyndicales se sont organisées pour protester, composée pour l’une des syndicats CFTC, CFE-CGC, UNSA et SMPS et pour l’autre des organisations CGT, SUD et FO. Les syndicats dénoncent une régression sociale, rappelant que le point d’indice des agents de l’AP-HP est déjà gelé depuis 2010 et dénoncent un calendrier à marche forcée. CGT, FO et SUD calculent également que « c’est la non embauche des 5000 personnels nécessaires pour compenser la RTT et le manque organisé de personnels qui créent la situation de tension dans les services« . Une journée de grève est prévue le jeudi 21 mai avec un rassemblement devant le siège parisien de l’AP-HP. Les AG se multiplient au niveau local Si les négociations sont menées de manière centralisée, la contestation s’organise au niveau local. Dans les six hôpitaux de l’AP-HP du Val-de-Marne (Émile Roux à Limeil-Brévannes, Albert Chenevier et Henri Mondor, à Créteil, Charles Foix, à Ivry-sur-Seine, Paul Brousse, à Villejuif et l’hôpital du Kremlin-Bicêtre), des assemblées générales se tiennent tout au long de la semaine pour déterminer quelles réponses locales apporter à cette mobilisation générale. Dans certains services, la continuité des soins est indispensable, or, si on passe tous en 7h, il n’y aura plus de transmission entre deux équipes de soignants« , explique une déléguée syndicale Sud Santé à Mondor. « Les temps detransmission, qui durent au minimum 30 minutes, existeront toujours, même si les équipes ne se chevauchent plus, estime Dominique Zezima, secrétaire général adjoint de la CGT à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre. Les soignants seront donc obligés de rester pour assurer ses transmissions, et il faudra bien trouver un moyen de leur faire récupérer. » « L’organisation actuelle, basée sur la récupération de RTT, permet notamment de limiter les temps de transports, les frais de transports, de garde pour enfants… Tout est lié ! » explique Patrick Cavalier, délégué CGT à l’hôpital Émile Roux de Limeil-Brévannes. « Près de 40% des agents du Kremlin-Bicêtre habitent en Seine-et-Marne, parfois à plus d’une heure de route« , renchérit Dominique Zezima. Même situation à Mondor où les agents viennent du 94, du 77 ou encore du 91. Des facteurs qui vont « renforcer la fatigue, l’usure et l’absentéisme« , s’inquiète un agent de l’immense hôpital cristolien. « De toutes façons, on manque de personnel, donc rien ne changera, qu’on réorganise ou pas » , tranche Patrick Cavalier.D’ores et déjà, les badges Touche pas à mes RTT ont été livrés…

 La révolution digitale en marche.

« Dans la manufacture, (dit Marx) le point de départ de la révolution du mode de production est la force de travail ; dans la grande industrie, c’est le moyen de travail » (Le Capital, ed. puf, p.91)
Depuis la grande révolution industrielle , celle de l’ introduction du machinisme, le bouleversement permanent des forces productives n’ a cessé de nous présenter de multiples révolution et sous-révolution plus ou moins importantes.
Nous reprenons ici le terme de « révolution digitale » qui elle même s’inscrit dans la dite révolution des TIC (Technologie de l’ information et de la communication) qui bouleverse depuis quelques années le monde du travail et la société civile au niveau planétaire.
Le choix du tout connecté au service de l’ entreprise n’ est pas innocent, il entraine la disparition progressive de la frontière entre la vie professionnelle et la vie privée, au point que la question d’une suppression des 35 heures de travail par semaine n’ a plus aucun sens réel. L’ éclatement du temps de travail en de multiples contrats à durée déterminée, jusqu’ au contrat zéro heure, n’ est plus a démontrer.
Nombreux sont ceux qui dans les entreprises dépassent les 35 h et travaillent gratuitement sans charge sociales pendant que d’ autres signent des contrats annuels de X heures de travail en fonction des besoins de l’ employeur. Pour ce qui est des dépassement d’horaires, se sont en particulier les « cadres » au forfait jour qui n’ ayant pas d’ horaires se trouve dans cette situation,mais pas seulement, pour des raisons diverses « promesses de promotion » « aménagement des congés » « la méritocratie »...les salariés non cadres dépassent aussi les 35h, quant au salariat précarisé, il n’ est plus qu’une force de travail d’ ajustement.Avec la révolution numérique, ce n’ est plus seulement les marchandises qui sont dans le système de la « traçabilité » ; c’ est maintenant celui qui vend sa force de travail , la seule marchandise qu’il possède qui va se trouver , en permanence sous le fouet de la « traçabilité »
Du coté des consommateurs, nous voyons maintenant s’instaurer des contrôles personnalisés des individus en fonction de leur comportement. Des associations de consommateurs allemandes sont intervenues contre des assureurs comme la Générali qui a le projet de proposer des contrats « santé prévoyance » intégrant le comportement de l’ assuré . Ceci afin de personnaliser la tarification et les prestations selon le comportement de l’ assuré. Générali veut diffuser ses « assurances comportementales » en collaboration avec Discovery ( sté Sud Africaine) en Autriche, en France Apple et Samsuns sont sur le même créneau.
Surveiller :
clients , salariés, et sans domicile fixe, comme des prisonniers De mémoire, Marx comparait les conditions de travail à celles disciplinaires des prisons, celles-ci étant un laboratoire des comportements humains. Et bien nous y voilà, nous avons tous vu ou entendu que les prisonnierspouvaient maintenant sortir en ville munis d’ un bracelet de contrôle à distance. Il est rapidement venu à l’ esprit des partisans du « tout sécuritaire » les assureurs de se lancer sur la piste en utilisant leur personnel comme cobaye au nom de la « prévention sécuritaire » (La Générali, AXA ,BP et d’autres ).
Par exemple « L’élu précarité de la Mairie de Marseille, le SAMU social et la compagnie d’assurance privée AG2R la mondiale veulent faire porter aux personnes sdf de la ville des badges. Sur ce badge qui doit être attaché à l’extérieur et être visible sera écrit le nom, le prénom de la personne et le numéro de sécurité sociale.Il y aura aussi les maladies chronique que la personne a comme le diabète, l’insuffisance cardiaque, mais aussi le VIH et la Schizophrénie. » sources http://www.millebabords.org/spip.php?article27089 A cet effet vingt sept « digital champions européens » ont été nommés par le commissaire européen chargé du numérique, pour la France c’ est un dénommé Gilles Babinet qui est « digital champion » dans un interview de l’ Argus de l’ assurance il n’ hésite pas à parler d’un plan Marshall du numérique :« Il me semble que les grands assureurs sont partis. Il y a encore un an, ils n’étaient pas forcément très en avance. Mais en très peu de temps, ils ont rattrapé leur retard et font désormais très vite, surtout depuis que le sujet est jugé stratégique au plus haut niveau. Outre cette poignée de grands acteurs internationaux, difficile de dire à quel stade se trouvent les autres intervenants sur ce marché. Cependant, il me semble indispensable que les différents organismes professionnels appellent à un véritable plan Marshall sur ce sujet » « En considérant qu’un tel scénario est le plus probable, il me semble que les assureurs devraient rentrer dans une logique proactive de collecte massive de données. Je n’exclus pas qu’à terme, ils offrent des objets connectés à leurs assurés pour capter les informations leur permettant de se transformer en véritables plateformes, non plus seulement destinées à assurer, mais à accompagner leur client vers du mieux-être et du mieux vivre. Un modèle économique proche des opérateurs de télécoms, qui ont longtemps offert les terminaux. »
De son côté le groupe AXA, fait toute une propagande, il prétend ne pas se laisser « Kodakiser »« S’il y a un syndrome qu’Axa veut éviter à tout prix, c’est celui de Kodak, ce grand groupe qui n’a pas su prendre le tournant du numérique et dont le business a perdu toute sa valeur alors que l’innovation était à sa portée. »« Si l’on se réfère à l’économiste américain Paul David qui a travaillé sur les grands changements de paradigmes technologiques, il apparaît que, dans ces moments-là, 80% des acteurs meurent, indépendamment de leur taille. En outre, si Google s’y met, les risques pour la profession sont énormes. »