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Décidément, Mme Caroline Fourest ment vraiment très mal.

dimanche 26 octobre 2014, par Yves

J’ai écrit, il y a deux ans (le 6 décembre 2012 http://mondialisme.org/spip.php?article1898 ), un article intitulé « La fourestophobie : un nouveau gadget gauchiste », article dont je ne renie pas une ligne. A l’époque, et pour cause, je n’avais pas entendu sa chronique du 25 juin 2013 et ne me fondais que sur les livres écrits par cette journaliste, ouvrages où je n’avais pas décelé la moindre trace de racisme anti-musulmans – contrairement à ce qu’affirmaient ses détracteurs avec la plus évidente mauvaise foi.

Suite à sa condamnation par la justice le 24/10/2014 pour diffamation Caroline Fourest a publié un communiqué dont j’extrais le passage suivant (http://carolinefourest.wordpress.com/) : « Le père d’une jeune femme voilée a obtenu gain de cause contre l’une de mes chroniques de France Culture. Alors que des sites victimaires sommaient « les féministes » de prendre position contre l’agression de femmes voilées, j’ai pris volontiers position contre ces agressions… Tout en expliquant qu’il fallait les dénoncer en tant qu’antiracistes plus qu’en tant que féministes. J’insistais aussi sur la nécessité d’attendre les résultats de certaines enquêtes. Des élus locaux doutant de la version d’agressions montées en épingle par des réseaux intégristes. Pour avoir émis ce doute, le père d’une jeune femme voilée (qui nie influencer sa fille) a porté plainte et me réclame des dommages et intérêts. Radio France et moi-même faisons appel. Nous sommes confiants sur l’issue finale de cette procédure.  »

Soucieux de vérifier l’exactitude des déclarations de Caroline Fourest, j’ai écouté aujourd’hui sa chronique de juin 2013 dont le podcast se trouve juste après son communiqué du 24 octobre 2014. Or contrairement à ce qu’elle prétend aujourd’hui, sa chronique

1. décrédibilisait la parole des jeunes femmes agressées,

2. insistait lourdement sur le travail des flics qui serait, selon elle, perturbé par les interventions intempestives de mâles musulmans agressifs et les déclarations contradictoires et incohérentes de femmes musulmanes,

3. entremêlait, dans la confusion la plus complète un discours féministe, un discours antiraciste et un discours suspicieux vis-à-vis de la parole et du comportement des musulmans et des musulmanes.

Une intellectuelle féministe-bourgeoise-démocrate qui défend A PRIORI les gentils flics (dénués comme chacun sait de tout préjugé sexiste et raciste) et remet en cause A PRIORI la parole de jeunes femmes agressées par des voyous racistes ne mérite aucune solidarité quand elle franchit de telles lignes rouges.

Loin d’« attendre les résultats de certaines enquêtes » et d’émettre un simple « doute » (de toute façon totalement déplacé en l’espèce puisqu’une des deux jeunes femmes a fait une fausse couche suite à l’agression dont elle a été victime), Caroline Fourest a au contraire, dans sa chronique de juin 2013, remis en cause de façon particulièrement retorse la parole des victimes de ces agressions et montré un soutien aux forces de l’ordre digne d’une « fait-diversière » dépendante de la maison Poulaga, et non d’une journaliste indépendante et dotée d’un solide esprit critique vis-à-vis de ses sources d’informations policières.

Quel que soit le résultat de son appel et la décision de la justice, il me semble déjà établi que Caroline Fourest ment très mal, qu’elle n’est pas capable de reconnaître ses erreurs et surtout qu’elle n’a pas une position claire sur le racisme antimusulmans quoi qu’elle en dise.

En France, aujourd’hui, il ne suffit pas de dénoncer l’antisémitisme qui monte. Cela n’a aucune valeur si, EN MEME TEMPS, on se met à chipoter chaque fois qu’une femme musulmane est agressée et l’on se met à vouloir refaire l’enquête ou à colporter des ragots policiers. Mme Caroline Fourest, contrairement à ses déclarations, ne comprend pas que le racisme antimusulmans et l’antisémitisme sont deux adversaires à combattre avec la même énergie.

C’est d’ailleurs le cas de beaucoup de gens de gauche et d’extrême gauche ou libertaires qui

- soit dénoncent l’antisémitisme et sont complaisants vis-à-vis de « l’islamophobie »,

- soit dénoncent le racisme antimusulmans et sont complaisants vis-à-vis de l’antisémitisme,

- mais ne dénoncent presque jamais les deux maux en même temps, de façon consistante et cohérente.

Dénoncer TOUTES les formes de racisme est pourtant la seule position minimale respectable.

Y.C., Ni patrie ni frontières, 26 octobre 2014