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DANS LE MONDE UNE CLASSE EN LUTTE juin 2014

mercredi 9 juillet 2014

MOUVEMENTS ANCIENS , MOUVEMENTS NOUVEAUX

Il faudra bien qu’un jour on dresse une sorte de bilan et d’analyse de tous ces mouvements de lutte qui se sont déroulés depuis bientôt cinq années, des mouvements différents à la fois en ce qu’ils se différenciaient des mouvements antérieurs que l’on pourrait appeler classiques mis aussi différents entre eux.

Que reste-t-il du mouvement des indignés espagnols, du mouvement ocupy américain ou d’une tentative plus limitée en Grande-Bretagne ? Que sont devenus toutes ces révoltes englobées sous l’étiquette de « printemps arabe » parties de la Tunisie et qui semble mourir dans le retour de la dictature militaire rétablie en Egypte ?

On peut, ou bien faire aussi un bilan des deux derniers apparus sur cette longue liste d’événements, qui semblent appartenir au passé, mais peut-être porteurs comme au cours des années passées d’un renouveau là où s’est déjà produit avec ces timides résurgences en Turquie, ou bien là où personne ne l’attend.

Dans les Balkans ( voir précédent bulletin) après s’être développé, en février 2014, un mouvement de grève dans des dizaines d’usines, de manifestations dans plus de vingt ville et la tenue de plénums dans plus de dix villes, semble se tarir. En fait , s’ils existent encore, ces plénums, sont devenus des lieux de débats politiques, enjeux des groupes d’opposition politiques s s’éloignant des luttes ouvrières.

Au Brésil, si persiste la tension sociale qui avait vu nombre de mouvements dans différentes direction, les autorités espèrent que la passion du foot l’emportera provisoirement sur la vague de grève et les manifestations diverses causées à la fois par l’aggravation des conditions de vie et l’énormité des dépenses engagées. Il est vrai que le gouvernement fait tout pour prévenir d’éventuelles explosions : d’un côté des pressions diverses ont fait suspendre les grèves notamment dans les transports, de l’autre un imposant appareil répressif Qui ne peut que dissuader les protestataires d’agir en ce moment

Une même réflexion conduit à évoquer une tentative en France, autour des conflits majeurs de la SNCF et des intermittents du spectacle d’amorcer un mouvement d’ensemble surfant sur un mécontentement évident d’une bonne partie des travailleurs et la multiplicité de grèves ponctuelles mais localisées notamment dans les postes. On peut penser que cela ne s’est pas produit parce que ces grèves étaient au départ animées par des appareils syndicaux –la CGT et Sud bien que ces appareils aient dû céder à la pression de la base. Mais, même si cette circonstance a pu jouer un rôle dans l’évolution distincte de ces deux conflits majeurs ( les appareils syndicaux poursuivant toujours des buts distincts de ceux de leur base), les grands mouvements du passé ( 1936, 1968 entre autres) enseignent que toute une situation ( que l’on analyse souvent après que le conflit soit terminé) fait qu’un mouvement se généralise spontanément, hors des mots d’ordre des appareils syndicaux, même si les militants de base participent à cet élargissement. Un seul exemple : qui prédisait une semaine avant le 13 mai 1968 ( et même ce jour là) qu’une vague de grève allait submerger la France pendant plus de trois semaines ?

Le 23 juin dernier près de 1 000 grévistes ou représentants de grévistes de la SNCF, des postes, des intermittents et d’autres travailleurs d’entreprises en grève localisée et ponctuelle se sont rassemblés à l’appel d’un collectif , dans l’espoir d’une extension du mouvement de lutte. A ce moment, la grève à la SNCF s’essoufflait et tout militant, tout travailleur sait qu’une grève sur le déclin ne peut jamais reprendre de la vigueur sauf si un fait important vient lui redonner vie. Il y avait , dans l’appel de ce collectif pas mal d’illusions—sauf chez les intermittents du spectacle– peut-être simplement l’idée de faire une sorte de baroud d’honneur, rien de plus, tout en espérant secrètement que cette vision illusoire pouvait devenir une réalité.

Cette constatation nous ramène à tous ces mouvements différents dont nous avons parlé. Un partie de ceux qui en furent les animateurs et les acteurs peuvent penser, là où cela paraît possible et parce que la répression peut leur laisser quelque espoir, que quelque chose peut renaître, sous la même forme ou sous une autre. Mais, si quelque chose devait renaître, par l’effet de la dialectique action—répression, ce serait autrement et vraisemblablement ailleurs.

La grève et rien d’autre

Chine – 23/4/2014 6 – L’usine Yue Yuen à Dongguan exploite 40 000 travailleurs à fabriquer le 5 ième des chaussures de sport du monde pour des multinationales comme Adidas et Nike. Des milliers de travailleurs se mettent en grève pas seulement pour les salaires mais pour une régularisation des cotisations pour la sécurité sociale et les allocations logement. En 1977 a été établi un système national d’assurance maladie et de retraite mais les entreprises truquent sur la base retenue (pour ces cotisations, prenant seulement le salaire de base et pas les salaires réels) réduisant leurs charges salariales mais aussi les prestations. La grève s’étend à une autre usine de ce sous-traitant dans le Jiangxi. Après 12 jours de grève les dirigeants cèdent sur ordre du gouvernement central. Le calcul des contributions se fera sur les salaires réels avec effet rétroactif

15/5/2014– Usine américaine Dynacast Electronics à Songjiang , banlieue de Shanghai , 1000 travailleurs sont en grève pour le paiement des heures supplémentaire et de divers avantages. Les flics interviennent mais un noyau de 500 travailleurs continuent la grève.
Bahreïn -11/6/2014- 2 000 travailleurs en grève à l’usine de confection de Rafa pour les salaires impayés, contre les mauvais traitements et les déportations forcées. Cette grève suit un incident de plus au cours duquel un immigrant voulant retourner dans son pays a été malmené par les dirigeants. La révolte ne concerne pas seulement ce cas fréquent mais l’ensemble des conditions de travail et les travailleurs s’en seraient pris au matériel. Pour les 10 heures de travail d’une équipe de 60 esclaves, ceux-ci doivent produire 22 000 articles sans pouvoir ni aller pisser ni boire au robinet.
Brésil -11/6/2014 – La grève du métro de Rio est suspendue après qu’un tribunal ait ordonné la reprise, jusqu’à nouvel avis ; les 42 licenciés pour fait de grève ne sont pas réintégrés.

France – juin 2014 – 14 jours de grève à la SNCF pour un piètre résultat dans une histoire bien complexe. L’origine lointaine du conflit actuel vient d’une directive européenne qui en 1991 recommande aux pays européens d’ouvrir leurs services ferroviaires à la concurrence, c’est-à-dire de privatiser au moins en partie les entreprises publiques qu’ils sont presque partout. Pour la France, une loi de 1997 sépare la gestion des infrastructures en une compagnie publique distincte –Réseau Ferré de France (RFF) - de l’exploitation du réseau c’est-à-dire l‘utilisation des lignes par n’importe quel opérateur, la SNCF toujours entreprise d’Etat restant le principal utilisateur, sauf pour le fret qui se trouve pour une part en quelque sorte privatisé. La crainte d’un mouvement social (les grèves de 1995 sont proches) fait que les quelque 50 000 cheminots de la SNCF qui œuvraient sur les infrastructures ne sont pas transférés à RFF mais sont en quelque sorte sous-loués à RFF. Cette entité nouvelle devient seulement une machine administrative peuplée pour une bonne part de pantouflards incompétents. Comme dans d’autres pays qui ont connu une telle séparation, la situation financière de RFF devient de plus en plus intenable de sorte qu’une nouvelle réforme structurelle devient nécessaire.

Un projet de loi prévoit une telle réorganisation, mais au lieu de reconstituer l’ancienne entité SNCF, elle maintient la division en la coiffant d’une autre unité chargée de superviser les deux autres. C’est ainsi que naissent : SNCF chargée de régenter et contrôler les deux autres : SNCF réseau (ex-RFF) et SNCF mobilité (ex-SNCF). Bien que le texte de loi prévoie un statut unique pour l’ensemble des cheminots concernés et un aménagement de toutes les obligations légales de représentations syndicales, le projet de loi soumis au parlement (qui semble avoir été approuvé en coulisse par l’ensemble des syndicats sauf Sud, comme les déclarations ministérielles peuvent le faire penser) soulève de vives protestations de la base inquiète pour son statut futur et le maintien de l’ouverture à la concurrence privée.

Le mouvement semble se polariser sur une pression politique pour que le gouvernement retire son projet, mais en fait c’est plus l’inquiétude de la base sur lce que tout ce remaniement structurel changer dans leurs conditions générales de travail, point qui appartient au futur mais et plein d’incertitudes. A propos de cette grève, le secrétaire fédéral CGT Lepaon pourra déclarer : « Nous sommes bousculés, c’est vrai car nous subissons une crise de représentativité ».De plus, la base syndicale CGT se trouve presque contrainte pour ne pas perdre ses positions de composer avec le syndicalisme radical relatif de Sud. Ce qui fait que lorsque le projet est présenté au parlement, le grève est lancée par la CGT cheminots et Sud Rail en vue d’une modification de ce projet. ; Elle est initialement bien suivie, notamment par les agents de conduite et les contrôleurs ce qui permet à la direction de prétendre qu’à peine un quart des cheminots est en grève. perturbant sérieusement la circulation ferroviaire. Mais comme le gouvernement ne cède pas, que le projet est finalement voté par la Chambre des députés, la grève s’amenuise pour ne laisser que quelques pôles d’irréductibles qui tenteront, en s’associant avec d’autres secteurs en grève dont les intermittents et les postiers de lancer un mouvement plus général. Peine perdue

France—11/6/2014 –Hôpital de Villejuif, depuis le 2/6 le personnel de santé est en grève contre la suppression des RTT .La direction de la CFDT tentant de les contraindre à reprendre le travail ( et à cesser d’occuper une partie des bureau directoriaux) toute la section locale a démissionné de la CFDT et recherche un autre syndicat.

France—6/6/2014—La grande distribution subit de plein fouet la crise ( les dépenses des français en produits de grande consommation ont diminué de 1,.3 % depuis le début de 2014,) ce qui exacerbe la concurrence et conduit à restreindre leu activité et à faire pression sur les salaires et conditions de travail. Début juin, Auchan restructure ce qui déclenche une grève des travailleurs qu’inquiète un plan de regroupement des sites. ; Le 6 juin, les travailleurs de 20 des 26 entrepôts de Lidl ont fait grève sur les conditions de travail.
Birmanie—28/5/2014 –Depuis 2012, les grèves sont fréquentes dans le secteur de la confection qui exploite près de 600 000 travailleurs. Le gouvernement accuse ces grèves, qui ne sont que pour les salaires et les conditions de travail d’être récupérées et instrumentalisées par les groupes et partis d’opposition. Pour accréditer cette version de la lutte de classe, une grève récente dans l’entreprise Famento Clothing Co où 1 200 travailleurs s’étaient mis en grèe pour les salaires a été réglée par un arbitrage gouvernementale d’une commission comportant aussi des groupes de dissidents et d’ex-prisonniers politiques.

Manifestations toutes simples ou se radicalisant

Bolivie- 4/5/2014 - Inhabituelle manifestation de militaires, ne regroupant que 10% des 11 000 sous-officiers mais rencontrant un véritable soutien populaire car la raison, qui n’est pas seulement valable pour l’armée, vient de la discrimination envers les classes populaires indiennes de la part de l’élite blanche ou métisse (blocage de la promotion, brimades, etc.).
Chine – 13/5/2014-Yuhang (Huizhou) dans l’est du pays. Le projet de construction d’un incinérateur géant, le plus grand d’Asie, entraîne une manifestation de la population locale qui est attaquée par les flics ; dans la bagarre, 29 flics sont blessés et 10 manifestants (le projet du gouvernement est de construire 300 incinérateurs de ce genre ans les 5 ans) ; Des manifestations semblables ont vu les habitants s’opposer à Maoming à la construction d’un complexe pétrochimique.

Vietnam – 15/5/2014 - La Chine et le Vietnam se disputent des ilots inhabités de la Mer de Chine dont personne ne se souciait jusqu’alors et dont le rattachement à un pays ou un autre n’avait guère d’intérêt La présence de pétrole donne à cette question de délimitation des eaux territoriales une acuité soudaine et des affrontements, pas seulement verbaux mais d’une une guerre latente par la présence de forces navales sont devenus monnaie courante. La Chine ayant commencé à édifier une plate-forme de forage dans les iles Paracels revendiquées aussi par le Vietnam, un affrontement maritime au bord de la bataille navale a déclenché une poussée de nationalisme anti-chinois de la part du gouvernement vietnamien.
Il est évident que l’organisation par le Parti communiste vietnamien de manifestations « populaires » de masse visait à faire dévier la tension sociale qui se manifestait depuis des mois par des grèves. C’était jouer avec le feu.
Il est difficile de dire comment ces manifestations anti-chinoises, que le pouvoir voulait pacifiques, tournèrent à l’émeute prolétarienne. Ces émeutes débutent dans la zone industrielle du Sud la mardi 15 mai et s’étendent à l’ensemble du pays. Alors que la Chine seule est concernée par ce différend nationaliste, ce sont les entreprises non seulement chinoises ou taïwanaises qui sont visées mais tout ce qui est d’origine asiatique. On ne sait pas trop comment cela démarre,, certaines infos parlent de commandos qui s’introduisent dans les les entreprises, incitent les travailleurs à faire grève et au-delà à s’insurger et en quelque sorte profiter de la situation pour régler par la violence et les destructions, la rancœur accumulée dans les luttes antérieures.
Dans la province de Hu Tinh, l’usine Formosa Plastics Corporation est incendiée après avoir été pillée et des supposés Chinois assassinés. Dans la province de Binh Duong seule, 460 usines dont attaquées ; les affrontements avec les flics font 20 morts, 40 blessés et ceux-ci procèdent à 600 arrestations.. La Chine évacue plus de 3 000 chinois travaillant au Vietnam ; un des paradoxes d’une telle situation est que le Vietnam
Angola –5/6/2014-Le pays regorge de pétrole, de diamants et d’une riche agriculture. Mais, comme la plupart des pays africains vivant de la manne pétrolière, la corruption règne et le fossé entre riches et pauvres est plutôt un abyme . La frustration d’une bonne partie de la population ente les « have et les Have not » et l’étalement de la corruption déclenche depuis 2011 , notamment chez les jeunes et dans une opposition politique une récurrence de protestations. La réaction policière à ces manifestations a conduit à toute une série de condamnations. En novembre dernier un garde de la présidence a tué un manifestant participant à une protestation contre le kidnapping de deux manifestants lors d’une précédente manifestation.
Iran –7/6/2014—Dans une situation de tension sociale, tout sujet annexe d’une lutte politique ou sociale peut d’un coup monter la fragilité d’un système politique. Il est vrai que ce régime théocratique se préoccupe plus de la fidélité religieuse et politique ,dela conformité idéologique de leur esprit que de leur santé physique. Que ce soit l’un des pays où l’air est le plus vicié du monde qui atteint même parfois des sommets inouïs ne les soucie guère. Mais que vienne un appel sur les réseaux sociaux pour organiser des manifestations anti pollution qui, obligatoirement se transforment en attaques contre le régime les préoccupent bien plus, bien qu’ils ne peuvent endiguer cet aspect de leur domination politique

Occupation d’usines et de bâtiments publics.

Chine -8/4/2014 –Lors de l’installation en 2009 du supermarché Wal-Mart de Changde (Hunan), la compagnie avait cru garantir la paix sociale en s’assurant la présence du syndicat officiel ACFTU. Mais le magasin jugé peu rentable doit être fermé dans deux semaines et l’ACFTU, devant la réaction des travailleurs doit prendre leur défense et négocier des propositions d’indemnisation . Une première négociation par l’ACFTU a conclu à une indemnisation d’un mois de salaire par années de présence plus un autre mois de salaire ou bien le reclassement avec salaire identique dans un autre magasin Wal-Mart. Cette proposition a été refusée par 73 travailleurs sur les 173 licenciés. Un arbitrage sous les auspices de l’ACFTU et contrôlée par les organes locaux du Parti communiste est toujours en cours alors que les récalcitrants occupent un bâtiment administratif et bloquent le déménagement du supermarché. Ce conflit dépasse les conflits habituels d’une part parce que le syndicat officiel ACFTU prend la défense des travailleurs et d’autre part que Wal-Mart à intérêt à ce que le problème soit réglé sans conflit ouvert car la firme doit fermer en Chine 20 autres magasins jugés peu rentables et en ouvrir 110 autres (avec 19 000 travailleurs) dans les trois ans
Inde – 17/5/2014- L’usine Toyota Kirloskar Motor (T.K.M.) à Bidadi près de Bangalore exploite 4 000 travailleurs dont 90% sont intérimaires. Le 16 mars après des semaines de grèves diverses pour une augmentation de 50 euros par mois et des mesures de sécurité, la compagnie décide le lockout. La police intervient pour faire évacuer l’usine le 6 avril. Les ouvriers campent alors sur le parvis de l’usine, 25 d’entre eux poursuivent une grève de la faim. Le 19 avril le gouvernement de la province de Karnataka déclare le lockout illégal mais l’usine continue de fonctionner avec des jaunes. Le 22 avril reprise du travail mais les travailleurs qui n’ont rien obtenu sont soumis à une sorte de vindicte de la part de la hiérarchie : tout ce qui peut s’apparenter à un rassemblement est immédiatement sanctionné la pause thé réduite à 10 minutes, le repas à une demi-heure, les absences toilette sont pénalisées, l’utilisation du portable pénalisée, pointage 20 minutes avant le début du travail, reporté sur les bus de ramassage, etc.
24/6/2014 – Kendrapada : l’aciérie en construction de Tata Steel exploite des centaines de travailleurs sans payer les heures supplémentaires . Ceux-ci se révoltent, attaquent et vandalisent les bureaux, se bagarrent avec les sbires de la sécurité qui ouvrent le feu faisant 18 blessés. La police intervient pour calmer le jeu.

Brésil – En avril 2014 sous l’impulsion du Homeless Workers Movement, des milliers de squatters occupent un immense bâtiment abandonné depuis des années et près de 10 000 d’entre eux peuvent s’y installer en une semaine. Pas pour longtemps : le propriétaire se réveille et le 11 avril, 1 600 flics militaires virent violemment tous les occupants des lieux.
22/5/2014 –la grève des bus dans l’Etat de Sao Paulo est rejointe pr d’autres travailleurs, y compris par les flics, conflits torchant 14 villes et des sites industriels. Chacun tente de profiter de la situation pour faire plier patrons et autorités ; mais fin juin , ceux-ci réussissent à faire suspendre au moins les actions collectives.
France –Printemps 2014 – grèves localisées et dispersées mais très déterminées dans différents centres postaux (Le Havre, Bordeaux, Caudéran, La Réunion, Antibes, Corse, banlieue ouest de Paris, etc..) essentiellement sur les conditions de travail et la charge de travail. Malgré cet ensemble de revendications communes, les tentatives de coordination et d’extension dans une lutte globale n’ont pas donné jusqu’à présent de résultat, tout comme la participation de certains bureaux en lutte à un collectif regroupant les grévistes de la SNCF et les intermittents du spectacle. Certains, dans la région parisienne ont bien tenté des actions directes d’occupation de directions ou autres, mis cela n’a pas empêché les directions postales de rester droit dans leurs bottes, espérant que ces mouvements finiront pas mourir d’eux-mêmes. Fin juin, malgré quelques reprises du travail, 80 postiers des Hauts de Seine continuent leur lutte et en sont à leur 134 ième jour de grève. Dans le même temps d’autres conflits surgissent ici où là : le 24 mai les facteurs du 15ième arrondissement de Paris alors qu’à Ajaccio les postiers entament leur 4ième jour de grève
France -Printemps 2014 - Intermittents du spectacle. De toutes parts on souligne que les intermittents du spectacle ne sont pas une catégorie professionnelle spécifique (puisqu’on y trouve aussi bien des acteurs de tout l’audio-visuel que des techniciens et des administratifs) mais une catégorie de salariés ayant des droit spécifiques vis-à-vis de l’assurance chômage en raison des caractères particuliers de leur activité épisodique ; ces droits sont simplement un aménagement des conditions d’indemnisation du chômage à l’intérieur du régime général . Il n’est pas inutile de rappeler que l’assurance chômage est chapeautée par l’UNEDIC, une association qui a reçu délégation par l’Etat de recevoir les cotisations chômage et de distribuer les indemnités aux ayant-droits, ce qu’il ne fait pas directement mais le canal des diverses organisations du chômage. L’UNEDIC est administré par un conseil formé de moitié de représentants de trois syndicats patronaux et de représentants de cinq syndicats de salariés. Ce sont eux qui fixent les règles d’indemnisation dans des conventions, votées à la majorité. En raison de la crise et de la croissance constante du chômage, l’UNEDIC connait de sérieux problèmes de financement, baisse des cotisations et augmentation importante des ayants-droits. D’où la nécessité d’une adaptation qui a fait l’objet d’une nouvelle convention le 14 mai dernier, convention approuvée par tous les représentants des syndicats de salariés, à l’exception de la CGT. Cette convention comporte un ensemble de mesures touchant les salariés du régime général (intérimaires, licenciement injustifié, chômeurs seniors, allocation chômage passant de 57,4% du salaire à 57 %, contribution de 6,4 % payée par les chômeurs âgés) et les intermittents du spectacle.
Comme tout accord collectif touchant le travail et ses accessoires, cette convention doit légalement faire l’objet d’un arrêté d’agrément pris par le gouvernement qui étend son application à l’ensemble des salariés. .Le gouvernement a trois possibilités : accorder l’agrément, le refuser ou faire le mort, ce qui équivaut à un refus au bout de quatre mois. Le refus d’agrément emporte pour les partenaires l’obligation de revoir leur copie ; l’agrément rend la convention applicable à l’ensemble des salariés concernés, ce qui est le cas lorsque l’arrêté est publié le 25 juin.
La signature de la convention par l’UNEDIC a soulevé une vague de protestation de la part des intermittents, protestations animées entre autres par la CGT et par un mouvement de base fait d’initiatives locales. Il serait compliqué d’expliquer dans ces colonnes le contenu de cette réforme de l’indemnisation du chômage des intermittents : disons seulement qu’il comporte entre autres une augmentation des cotisations, un plafonnement de certaines indemnités et un rallongement du différé de service de paiement de celles-ci, l’ensemble signifiant pour les catégories les plus défavorisées une baisse des salaires réels, indemnisation comprise, de près de 1 %.
L’arme puissante des intermittents est la perturbation des manifestations culturelles, qui conduisent notamment à l’annulation des festivals qui tiennent une grande place dans les économies des groupes de théâtre et de villes où ils se déroulent. C’est ce qui se produit mais n’empêche pas la publication de l’arrêté entérinant la convention. La seule revendication reste une demande de renégociation de la convention. Il est difficile de dire si de nouvelles actions vont avoir lieu pour parvenir à cette fin d’autant que l’espoir d’une montée de luttes avec la grève de la SNCF s’est amenuisé avec la fin de cette grève.
France –Accumulant les pertes, la compagnie de navigation entre le continent et la Corse, SNCM, filiale de Veolia et de la Caisse des Dépôts, renflouée par l’Etat à diverses reprises , subit la concurrence des autres compagnies privée , Corsica Ferries et Le Méridional. Avec de vieux navires , un résistance des travailleurs hostiles à tout plan de restructuration, l’entreprise est quasiment en faillite. La grève déclenchée la 24 juin perturbe sérieusement le trafic maritime et personne ne voit quelle issue donner à une situation particulièrement confuse. Commerçants et hôtelier corses qui voient dans cette période de vacances réduire leur activité du fait de la grève ont manifesté et tenté d’occuper une sous-préfecture, se heurtant violemment aux flics venus les déloger.

DEPLACEMENTS

(immigrations, déportations, expulsions, internements)

25/2/2014 –Soudan du Sud – Si le Soudan du Nord a perdu son pactole pétrolier depuis l’accession à l’indépendance du Sud, ce Sud « indépendant » est plongé dans le chaos d’une guerre civile (colorée de massacres ethniques et l’implication des pays voisins) d’un conflit entre les « loyalistes » une « opposition » autour de la prébende pétrolière : 856 000 personnes déplacées sont parqués dans des camps de réfugiés et 3,2 millions d’autres ( un tiers de la population) survivent de l’aide humanitaire.

Europe -24/2/2014 – De 1992 à 2013, en pourcentage de la population active, le taux des migrants ayant quitté le pays est passé de 2,1 % à 13,3 % pour l’Espagne, de 6,4 % à 12,4 % pour le Royaume Uni, de 7,4 % à 11,9 % pour l’Allemagne, de 10,4 % à 11,6 %, pour la France, de 2,8 % à 9,4 % pour l’Italie, avec une moyenne de 6,8 % à 9,8 % pour l’Europe. En 2013, 128 000 portugais ont ainsi quitté leur pays.

Etats-Unis—6/3/2014 – Les services anti immigration I.C.E. pratiquent des descentes dans les supermarchés et autres enseignes commerciales pour pratiquer des « I 9 audit », une inspection des registres du personnel pour identifier les immigrants illégaux sans papiers. Ceux-ci, arrêtés sur le champ sont traduits, enchaînés, devant des tribunaux fédéraux spéciaux (institués dans une « Operation Streamline ») qui prononcent des jugements expéditifs les envoyant en prison ou dans des centres de détention privés avant leur expulsion. Souvent, pour faire accepter les pires conditions de travail, les patrons menacent les clandestins de les dénoncer aux équipes d’inspecteurs « I 9 audit ». Dans les cinq dernières années 400 000 ont été ainsi déportés chaque année pour un total d’environ 2 millions et 300 000 d’entre eux sont passés par la case prison. La plupart des organisations (humanitaires, syndicales) tentent de faire modifier cette législation, mais pour le moment ont abandonné toute idée d’y parvenir après des échecs successifs. D’où le recours à des actions directes de protestation : envahir les bus transportant les déportés, obstruction des entrées des bureaux de « Immigration Custom Enforcement » (I.C.E.), barrages routiers, grèves des sans-papiers, manifestations,…
Dans l’Etat d’Arizona dont la frontière est commune avec le Mexique une loi vient d’être votée qui autorise les flics à arrêter quiconque sur la simple présomption qu’il est un illégal et à le traiter comme tel. Depuis des années se sont constituées en toute légalité des milices armées de « bons citoyens » qui patrouillent dans les zones arides proches de la frontière et qui tirent à vue comme sur des lapins sur les immigrants qui ont réussi à franchir tous les obstacles depuis leur village lointain d’Amérique centrale et croyaient avoir enfin atteint l’eldorado. Sans complexe et en toute impunité.
Dans l’Etat du Texas , un autre Etat frontalier du Mexique, des charniers de plusieurs centaines de cadavres d’immigrants viennent d’être exhumés par des anthropologues volontaires,. On suppose que ces immigrants sont morts de faim et de soif en essayant de traverser une région hostile où la chaleur est intense, sans compter sans doute sur des interventions humaines des « chasseurs de clandestins »
Il vient d’être révélé que des dizaines de milliers d’enfants et d’adolescents ont tenté récemment de passer, seuls non accompagnés, la frontière Etats-Unis /Mexique pour rejoindre leurs parents clandestins aux Etats-Unis. ; Ils sont si nombreux que des centres de rétention spéciaux ont dû être ouverts pour les héberger avant leur expulsion, mais cela pose tant de problèmes particuliers ( matériels et humains) qu’Obama s‘en est préoccupé.

Quatar – 16/5/2014 – La prochaine coupe du monde de foot a jeté une lumière non seulement sur tout un ensemble de corruptions mais aussi sur les conditions des exploités essentiellement des immigrés dont nous avons souvent parlé. Cette découverte médiatique tardive a contraint le régime à annoncer qu’il procédait à une réforme de son code du travail. Mais on peut penser que vu le niveau du rapport de forces, les immigrants n’en trouveront guère une amélioration de leurs conditions d’exploitation.
Thaïlande – 16/6/2014 - Le coup d’Etat militaire du 12 mai dernier a entraîné une chasse aux travailleurs clandestins. Ils sont expulsé manu militari bien qu’ils jouent un rôle majeur dans l’économie du pays (agriculture, pêche, BTP) 120 000 Birmans, Cambodgiens Laotiens ont ainsi repassé les frontières de gré ou de force.
Belgique – 12/3/2014 –Terre d’immigration (10 % de la population sont des résidents étrangers) , la Belgique prend des mesures pour restreindre la venue des immigrants accusés « d’exploiter le système d’avantages sociaux » . L’an passé 2 612 lettres ont été envoyées à des migrants de l’Union Européenne sans traval leur déclarant qu’ils n’auraient plus le droit de résider en Belgique car ils deviendraient un « fardeau insupportable ». Une loi européenne autoriserait tout pays européen à renvoyer le migrant dans son pays d’origine si après six mois de séjour il manque « de moyens suffisants pour subvenir à ses besoins et est incapable de se payer une assurance maladie ».
Monde—24/6/2014 – 51 millions d’errants fin 2013, 9 millions par la guerre civile en Syrie parqués dans d’immenses camps de toile dans tout le Moyen Orient, 2,6 millions en Afghanistan, 1,1 millions de somaliens. Dans les cinq premiers mois de 2014,40 000 sont arrivés vivants sur les côtes italiennes et on ne sait combien sont au fond de la Méditerranée. Les pays d’accueil ferment leurs portes et les financements de plus en plus réduits
Italie—au cours des cinq premiers mois de 2014, les garde-côtes italiens ont secouru 40 000 personnes. Un commentateur a pu écrire qu’au sud de la Méditerranée « ce ne sont pas des dizaines de milliers mais des millions de gens qui sont en route littéralement »
Birmanie—24/6/2014—Le conflit armé permanent aux confins de la Birmanie et de la Chine, sur fond de trafic de bois, de minerai et de drogue, perdure depuis des années. 70 000 habitants de cette région montagneuse ont dû fuir leurs villages et sont parqués dans des camps où ils manquent de tout à commencer de médicaments anti malaria dans une région ravagée par le paludisme..
France - Calais reste pour bien des immigrants la porte vers la Terre Promise et le point de rassemblement de tous ceux qui tentent de passer la Manche. Il peut en coûter jusqu’à 8 000 euros à une famille pour voir les « services » d’un passeur. Ils vivent dans des conditions particulièrement précaires dans des camps improvisés régulièrement détruits par les flics. Il y aurait régulièrement plus de 1 000 de ces migrants dans la ville et les environs, effectif constamment renouvelé par l’apport de nouveaux arrivants. Le seul changement est dans la nationalité d’origine des candidats au passage, reflet des conflits armés et de la misère d’un pays ou d’un autre.

L’AUSTERITE POUR LE SAUVETAGE DU CAPITAL

Grèce&#8212  ;23/2/2014 – Un chômeur perd toute garantie maladie au bout d’un an ce qui donne 3 millions d’exclus de toute garantie sauf pour ceux qui peuvent encore débourser plusieurs centaines d’euros par mois auprès d’une boîte d’assurance. Il y a quatre ans, pratiquement seuls les immigrés éraient sans garantie, aujourd’hui ce sont 85 % des familles grecques qui sont touchées. Ils doivent avoir recours à des cliniques gratuites, soignés par des bénévoles qui dispensent les médicaments de base.
Monde – 19/4/2014 - Acrobaties autour de la pauvreté. Depuis 1981, le nombre des êtres humains qui vivent avec moins de 2 $ par jour (1,60 euro) aurait diminué de moitié d’après la Banque Asiatique de Développement. Mais les 2,8 milliards de personnes qui seraient sortis de cette limite continuent de survivre avec 2$ et 10$ par jour (entre 1,60 euro et 8 euros) ce qui ne les sort nullement de la précarité financière car un tiers de ceux-ci survivent avec seulement 2 à 3 $ par jour (1,60 euro à 2,40 euros) et qu’il ne faut pas grand-chose pour passer sous la barre fatidique Parmi les pays qui comportent le plus de ces candidats à la misère la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Indonésie.
France – 9/4/2014 – Un quart des SDF ont un emploi régulier ou précaire. 85 % d’entre eux gagnent moins de 1 200 euros mensuels de 60 % moins de 900 euros et de nombreux handicapés sont à la recherche d’emploi, les indemnités ne leur permettant pas de vivre.
Grande-Bretagne – juin 2014 – Des millions de personnes vivent dans des logements surpeuplés (18 millions n’auraient pas un logement adéquat à leur situation familiale), plus de 500 000 enfants sont mal nourris et 12 millions seraient trop pauvres pour « socialiser » (d’où la faillite et la fermeture de pubs, un comble pour le Royaume-Uni)
Allemagne—de 1993 à 2012, l’emploi à temps complet est passé de 25 millions de travailleurs à 21,8 millions. Dans le même temps, l’emploi à temps partiel a doublé pour atteindre 7,1 millions de travailleurs sur lesquels plus de trois millions doivent pour survivre avoir un double emploi.
Japon—juin 2014—Le nouveau premier ministre Abe lance la politique monétariste impliquant ce que l’on connaît trop bien ici.. Depuis 2009 les salaires réels ont baissé , cette baisse étant due à l’inflation non compensée par des augmentations de revenus.
La Chine en Europe. Dans le textile,, l’Est de l’Europe se distingue par ses bas salaires concurrençant ceux de la Chine ; en Moldavie et en Ukraine ces salaires mensuels sont respectivement e 71 et 80 euros alors qu’en Chine ils s’élèvent à 175 euros mensuels et 196 euros en Malaisie. Et ceci pour des horaires de travail de souvent plus de 200 heures mensuels. Dans 16 pays européens, trois millions de travailleurs seraient concernés par ces conditions de travail.

LES MALHEURS DE L’AUTOGESTION 

France – juin 2014 – La SCOP My Ferry Link (voir précédents bulletin) toujours dans l’incertitude quant à la procédure judiciaire qui devrait, en dernier recours déclarer si la décision d’un tribunal britannique d’interdire son activité reste valable.
Grande-Bretagne – Le groupement des coopératives britanniques, autrefois puissant et présent dans tous les secteurs économiques « Cooperative Group » fondé il y a 170 ans mis en brèche par la féroce compétition capitaliste. Paradoxe, la banque coopérative du groupe vient d’être sauvée par un hedge fund qui est l’institution financière la plus perverse des derniers nés de la finance mondiale. D’après les managers actuels de ce groupement de coopératives qui doit éponger deux milliards de pertes, le groupement est devenu « ingouvernable »
France – 16/6/2014 – Depuis quatre ans une poignée de travailleurs occupent les locaux de Fralib, conditionnement de thé et tisanes, propriété du trust mondial Unilever (voir précédents bulletins) à Gemenos près de Marseille, la multinationale ayant décidé sa fermeture pour un transfert en Pologne. Cette occupation visait à une reprise d’activité sous forme coopérative. C’est chose faite. Les murs ont été rachetés par la Communauté urbaine ; Unilever accepte de verser 10 000 Euros à chacun des 76 travailleurs restés en lutte (182 autres sont partis en 2010 avec des indemnités plus faibles). L’activité doit reprendre avec divers financements sous la forme d’une SCOP. Qui comportera au départ entre 50 et 60 coopérateurs. Une victoire ( ?) mais les difficultés ne font que commencer.
La survie des SCOP de 75 %, 5 ans après leur création, ne permet pas de tirer une conclusion quelconque quant au destin de la coopération vantée actuellement par le gouvernement comme une « solution » à la crise. Les SCOP sont en général des GPME ( par exemple Bradley , traitement des déchets 50 associés ; Multiform, sous-traitant industriel, 30 associés ;Hisu, bureau d’études 135 associés, ;BNMA Granpiere, 11 associés)
Esapgne -Derrière la faillite de Fagor-Brandt, il y a le naufrage de Mondragon, la plus grande coopérative du monde ( petite multinationale regroupant 289 entreprises dont seulement la moitié sont des coopératives), scandale (un de plus) de l’Economie Sociale et Solidaire.
Confisquées par les sans-scrupule, les coopératives géantes vivent de l’héritage des pionniers, des militants fondateurs, des idéalistes précurseurs. Avec ce formidable outil de détournement que sont les filiales à personnalités variables mais totalement capitalistes. Et l’omerta imposée aux sociétaires, aux millions de sociétaires.
Ça vaut pour Fagor et Mondragon comme pour Spanghero et la coopérative basque Lur Berri. Et pour cent structures. Pour dix mille structures. Toutes les filiales du Crédit Agricole Mutuel (par exemple) sont porteuses des pires dérives .

LES INSTRUMENTS DE LA REPRESSION

Afrique du Sud – 20/6/2014- Une firme d’Afrique du Sud (Riot Control Center) a construit un drone capable d ’asperger de poivre les foules de manifestants et l’offre aux compagnies minières sortant tout juste de la grève.
Egypte -17/6/2014 – Pour accroître la production, le présent gouvernement lance un appel à cesser toute grève bien qu’une partie de la chute de la production soit pour une bonne part due à des carences d’approvisionnement notamment d’énergie avec de nombreuses et longues coupures d’électricité. Ce qui n’empêche pas les grèves de continuer. Parallèlement la répression s’abat sur les innombrables vendeurs de rue. Et la répression des grèves bat son plein : entre le 3/7/2013 et le 15/5/2014, 41 000 arrestations pour protestations non autorisées. Les lourdes condamnations ne concernent pas seulement les frères musulmans mais aussi ceux qui sont supposés être sympathisants et tout autre opposant accusé d’avoir commis des actes de vandalisme , bloqué des routes . Poursuivis pour avoir tué deux policiers 238 personnes ont été condamnées à des peines d’un an de prison à la perpétuité ; la condamnation à mort de 683 supposés frères musulmans vient d’être confirmée pour 283 d’entre eux. C’est la tolérance zéro pour toute voix d’opposition ; les manifestations sont réprimées e vertu d’une loi anti manifestations ; arrestations, sévices et condamnations pleuvent sur les contrevenants. Dans les six premiers mois de 2014 , on a compté 1 651 conflits sociaux, mais 1 420 d’entre eux se sont déroulés pendant le premier trimestre alors que le second n’a compté que 231 grèves. Ces conflits touchent avant tou les salaires ( l’importance des grèves dans le premier trimesre vient de la non application des nouvelles règles sur un salaire minimum, conflits qui ont fait souvent l’objet d’arbitrages dans le second trimestre). Mais les grèves concernaient tout autant les licenciements abusifs, les conditions de travail, la sécurité et la corruption des dirigeants. Le gouvernement militaire manipule à la fois un règlement pacifique des conflits ( intervenant directement pour imposer des arbitrages) et la répression ( interdiction des grèves à partir du 10 mai). Pour situer l’ampleur du mécontentement des travailleurs disons seulement qu’avec un chômage de près de 15% (officiel) l’inflation de 10% frappe particulièrement le monde ouvrier , 40% du salaires étant consacré à la nourriture.
Grande –Bretagne. 8/6/2014 – C’est bien connu que dans les villes française dont Paris, les chasseurs de SDF ont installé des dispositifs pour prévenir toute occupation fut-ce du moindre recoin pour s’abriter de la pluie ou dormir un peu (grilles partout, bancs du métro supprimés, etc . Dans les quartiers riches du Royaume Uni fleurissent dans ces recoins accueillants des pointes exactement comme celles que l’on met au bord des toits pour en chasser les pigeons.
Brésil – juin 2014 – Jamais un pays n’a déployé autant de flics, de militaires dotés de tels moyens matériels pour le contrôle de la population dans un seul événement. Pour que la coupe du monde de foot se déroule sans trop d’accrocs dans un climat social tendu, 100 000 flics de tous ordres, 57 000 militaires et 15 000 supplétifs sont sur les dents avec un matériel particulièrement sophistiqué : des drones fournis par Israël, des robots américains démineurs, des chars allemands antiaériens, etc…Dépense prévue 855 millions de dollars, 5 fois plus que ce que le même événement avait coûté en 2010 en Afrique du sud, , pays où le tension sociale valait celle du Brésil. Malgré tout, les incidents se multiplient sur les stades et autour.
Le 25 juin , lors d’un affrontement entre les flics et un gang local, une balle perdue tue un enfant dans la quartier de Costa Barros à Rio. Aussitôt le quartier s’embrase, les habitants descendent dans le rues , édifient des barrages, incendient des bus, saccagent des stations de métro, font même prisonniers quelques heures des gradés flics. De tels événements montrent à quel point la tension reste vive malgré la tentative d’établir une chape de plomb policière.
Mexique—22/5/2014—101 blessés quand la police reprend le contrôle d’un quartier de Mexico insurgé contre un projet concernant l’approvisionnement en eau.

ESCLAVAGE

Pas seulement dans le travail quotidien mais du véritable esclavage d’autrefois mais toujours présent
Etats-Unis – 19/5/2014 _- Un rapport de Human Rihts Watch révèle que dans la culture du tabac des centaines de milliers d’enfants jusqu’à 7 ans sont exploités jusqu’à 12 heures par jour. C’est parfaitement légal car la loi autorise le travail des enfants sans limite dans l’agriculture hors des heures scolaires avec la permission des parents alors que cette limite d’âge est de 14 ou 16 ans pour d’autres activités. Une tentative de réforme par Obama a échoué
Iran - 23/4/2014 – Dans l’évaluation mondiale de la participation des femmes à la vie sociale et économique, le pays se classe au 130ième rang sur 138 Etats.. Le déclin de la natalité (de 3,2 en 1980 à 1,2 en 2013) a entraîné un renforcement des mesures directes et indirectes pour contraindre les femmes iraniennes à « rester au foyer ». Bien que les femmes soient de plus en plus émancipées (cette baisse des taux de natalité en serait, entre autre la preuve à l’encontre des canons du régime) et aussi plus instruites, elles sont barrées de toute activité professionnelle correspondant à leur niveau d’instruction et à leur qualification. Nombre de diplômées du supérieur en sont réduites, pour survivre à exercer des petits boulots comme la vente à la sauvette de produits de beauté ou de lingerie dans les wagons du métro ou autres lieux publics.
Thaïlande—21/6/2014 - Birmans et Cambodgiens, leurrés par des promesses d’emploi doivent payer pour se trouver pris en charge par des maffias qui les vendent (500 à 600 euros par tête) à des patrons pêcheurs thaïlandais dont l’activité de pêche alimente en farine de poisson les élevages de crevettes qui déversent leurs produits dans le monde entier. Dès leur arrivée « à bon port », ils sont assignés sur un bateau de pêche au besoin par le violence la plus extrême d’où ils ne peuvent sortir pendant des années. Leur nourriture se limite à de simples rations de riz, leur sommeil est contrôlé et toute résistance est réprimée physiquement jusqu’à la mort. 35 000 pêcheurs exploitent ces esclaves qui produisent quatre millions de tonnes de produits marins , début de la chaîne de la crevette dont 90% est déversée notamment dans les multinationales de la distribution. Les supermarchés sont parfaitement au courant de cet esclavage moderne qui alimente leurs profits et la Tahïlande ne fait rien pour enrayer ce trafic d’esclaves, lequel n’est d’ailleurs pas réservé à la pêche mais aussi aux services domestiques et à la prostitution.
Monde—juin 2014 –Le travail forcé générerait 110 milliards d’euros de profits illégaux avec une estimation de 21 milliards d’esclaves.. Plus de la moitié des femmes sont exploitées dans ce business pour une bonne part dans la prostitution et les services domestiques. 44% des esclaves clandestins sont des migrants. Ce sont des chiffres officiels, la réalité doit être bien pire.
Sénégal—17/6/2014 -Des centaines d’enfants accompagnent des milliers de personnes migrants à la frontière avec le Mali et la Guinée dans une nouvelle ruée vers l’or.. Ils viennent de partout et ont entre sept et 16 ans, vivent , comme les adultes dans des conditions d’hygiène effarantes victimes d’accidents ( éboulements ou chutes) avec l’espoir d’un argent facile.

ACTIVITES SYNDICALES

Etats-Unis - 2/3/2014- Baltimore - La situation du port est devenue très précaire par l’effet combiné des grèves des dockers – autour du renouvellement du contrat- et de la réduction de l’activité économique. La paix sociale paraît difficile à être maintenue. Le contrat concernant le chargement des véhicules et autres trafics est expiré et les dockers ont rejeté les propositions d’un nouveau contrat conclu entre le port et le syndicat I.L.A. . Ce syndicat n’a pas l’intention de déclencher une grève pas plus que les patrons d’envisager un lockout. Une partie du trafic du port de Baltimore a été reporté sur des ports voisins où travaillent des dockers aussi membres de ce syndicat mais qui n’ont pas bougé parce qu’ils ont accepté un nouveau contrat qui leur interdit de faire grève. Cerise sur le gâteau, des rivalités dans la bureaucratie syndicale locale de l’I.L.A. font que les dockers hésitent à prendre parti de peur de ne pas avoir de travail lors de l’embauche quotidienne assumée par les dirigeants syndicaux du port.
Afrique du Sud –20/6/2014 – Fin de la grève de 22 semaines des 70 000 mineurs des trois compagnies minières (Anglo American, Lonmin, Impala Platinum) (voir précédents bulletins). Le syndicat AMCU annonce que les mineurs ont accepté de reprendre le travail après avoir approuvé l’accord conclu le 18 juin avec les « trois grands » précités (après intervention du gouvernement). Les mineurs les moins payés recevront 70 euros d’augmentation par mois dans les deux années à venir et 65 euros dans les trois années suivantes ; l’effet sera rétroactif de trois à six mois selon les compagnies. Les mineurs licenciés seront réintégrés. Pratiquement, le salaire de base mensuel sera porté à 720 euros en 2017 (la revendication de base au départ du conflit était de 860 euros immédiatement). L’accord comporte aussi des avantages sociaux sur l’assurance maladie, le logement et la retraite. Mais il comporte l’interdiction de faire grève pendant les cinq années couvertes par l’accord ; de nouvelles discussions sur les salaires sont prévues dans trois ans. En fait les termes de l’accord ne représentent que de très légères améliorations des propositions patronales au début de la grève. Le 20 % d’augmentation ne sont que le cinquième de ce qui était revendiqué au départ. De plus , l’augmentation globale des salaires de 8,4 %doit être mis en parallèle avec l’inflation qui sur un an est de 6,6 %Le syndicat AMCU apparaît le vainqueur de cette grève, ayant réussi à supplanter le syndicat des mineurs NUM affilié à la fédération syndicale COSATU, tous totalement intégrés et collaborant étroitement avec patronat et gouvernement.. Le problème que se posent le dirigeants des trusts miniers et l’ensemble du patronat est de savoir si le syndicat AMCU n’a pas créé un précédent incitant les travailleurs à revendiquer des augmentations substantielles de salaires contre le syndicats officiels affilés à la fédération COSATU.. C’est sans aucun doute la raison pour laquelle le syndicat des métallos Numsa a prévu de lancer des grèves avec une revendication de 15% d’augmentation et un contrat de trois ans alors que le patronat veut un contrat annuel. Numsa est le plus important des syndicats affiliés au COSATU et , aiguillonné par le succès de l’AMCU tente de contourner les liens de la fédération avec l’ANC, ces deux organisations totalement discréditées par leur collaboration avec le patronat et la corruption, pour poser les bases d’un nouveau parti ouvrier, ce qui serait la plus importante contestation du quasi monopole de l’ANC. C’est ainsi que le 1er juillet, plus de 200 000 métallos sont partis en grève privant notamment le grands constructeurs de pièces détachées. Déjà GM a dû suspendre tout production dans sa principale usine. Des scènes de violences ont éclaté s dans les piquets de grève aux portes des usines où les voiture des jaunes sont vandalisées et où la police intervient pour asurer la « liberté du travail » 26 grévistes arrêtés. Mêmes incidents aux portes d’un chantier de construction d’une centrale à Medupi.
Chine -23/6/2012 – La pression ouvrière et les incidents sont tels que dans l’Etat le plus industrialisé du sud, le Guangdong les autorités régionales ont mis au point avec le syndicat officiel un projet prévoyant des discussions avec les salariés si un tiers de ceux-ci le demandent et qu’ils pourront faire grève si ces discussions sont dans l’impasse. Le patronat local serait d’accord mais celui de Hong Kong qui a beaucoup investi dans cet Etat y serait hostile, préférant la répression directe des grèves
France – 28/3/2014 – « Nous avions raison contre les patrons » déclare l’ex délégué CGT de Molex (Villeneuve-sur-Tarn, Haute-Garonne) après que les 190 salariés de l’entreprise fermée il y a quatre ans, obtiennent à la suite d’ une longue procédure 13,7 million d’euros d’indemnités de licenciement .La voie légale est bien laborieuse et pas toujours payante comme celle-ci
- juin 2014 –Une guerre de succession secoue toujours les sphères dirigeantes de la CGT. Bernard Thibault qui avait réussi à imposer la ligne collaboratrice poussant des alliances avec la CFDT n’a pu imposer sa candidate au poste de secrétaire confédéral devant l’opposition des partisans d’une ligne plus radicale. C’est finalement un candidat incolore qui a été désigné presque par défaut. Et lors de chaque événement impliquant la centrale, les divergences se font jour, au-delà d’une opposition entre base et appareil mais divisions au sein de l’appareil lui-même. Ainsi en est-il dans le conflit de la SNCF et dans celui des intermittents. ; On peut penser aussi que ces divisions reflètent une évolution plus profonde dans l’utilité que les travailleurs accordent aux syndicats. Au-delà de la faible adhésion des travailleurs à l’ensemble des syndicats, réformistes ou pas, se pose la question de savoir si le rôle que ces machines bureaucratiques pouvaient encore jouer dans l’organisation des luttes n’est pas aussi sapé à la base.

LA FINANCE

Monde -20/2/2014 –En 2013, alors que la Chine est le second investisseur mondial derrière les USA, elle n’est que le huitième en France loin derrière les USA qui finance 122 projets contre 33 pour le Chine
Bangladesh -23/4/2014- Le fonds d’indemnisation des victimes de l’effondrement du Rana Plaza (voir précédents bulletins) n’a reçu que 16 millions de dollars sur les 40 nécessaires en raison des réticences des multinationales le plus importantes.. Les trois-quarts des 4 000 usines textiles en activité n’ont pas fait l’objet des inspections de sécurité promises et là où elles ont eu lieu les recommandations ne sont pas suivies à cause de désaccord sur le financement des améliorations nécessaires entre propriétaires, locataires et clients.
Afrique du Sud – 24/6/2014 – la grève de 22 semaines des mineurs de platine n’a guère affecté les cours de ce métal car les compagnies s’étaient préparées à une grève anticipée et avaient constitué des stocks du métal De plus les trois compagnies impliquées dans la grève envisagent de changer la structure présente de l’exploitation impliquant une utilisation intensive de la main d’œuvre en fermant certaines mines et en développant la mécanisation des plus rentables. L’emploi dans les mines sud africaines a été réduit de 1,4 millions à 550 000 entre 1994 et 2013 alors que la production s’est accrue de 20 % ; Et des économistes prévoient que dans les trois prochaines années, le nombre des mineurs devrait chuter de 225 000
Argentine –juin 2013 –Conséquences lointaines de la faillite des années 2000 ;. Pour éponger la dette financière 93 % des créanciers avaient accepté une structuration de leurs créances avec un certain niveau de perte de 70 %) une partie de ce qui reste devrait faire l’objet d’un remboursement dans les jours qui viennent. ; Mais les 7 % des créances restantes ont été acquises à vil prix par les fonds vautours ( hedge funds et fonds de pension) mais ont conservé leur valeur nominale.. C’est cette valeur ( 1 milliards d’euros) dont ces fonds demandent le remboursement au gouvernement argentin. Un jugement d’un tribunal de New York vient de leur donner la priorité par rapport aux autres créanciers. Ce qui place l’Argentine de nouveau dans une situation de faillite, laquelle ne permettrait aucun remboursement des dettes. Cercle vicieux.
Monde –19/6/2014 –Les trois grands européens du transport maritimes (.Maersk, MSC, CMA-CGC), avaient projeté , avec la bénédiction de Bruxelles et de Washington, une alliance qui aurait assuré à ce super groupe européen une domination écrasante mondiale dans ce secteur. Mais tout a dû être mis au placard en raison de l’opposition de la Chine qui possède sa propre compagnie de transport maritime COSCO et ne veut pas dépendre , notamment pour ses exportations, du quasi monopole d’un transporteur maritime.

LES CRIMES DU CAPITAL

Turquie – 16/5/2014 – « Ce n’est pas un accident, c’est un meurtre » proclament des banderoles dans des manifestations un peu partout dans le pays. Une catastrophe minière tue plus de 400 mineurs et fait de nombreux blesés graves. Dans tout le pays, la révolte est telle que les syndicats appellent à des grèves limitées pour prévenir une explosion « incontrôlée ». Aussi bien dans des villes de province (Izmir) que dans la capitale Ankara et à Istanbul, les manifestations sont récurrentes avec des milliers de participants. Erdogan, le premier ministre peut déclarer « Ce sont des développements ordinaires…C’est une partie de la nature même de cette activité », cela ne l’empêche pas de se faire attaquer par la foule lors d’une visite sur le site de la mine et qu’il doive se réfugier dans un supermarché proche. C’est que la compagnie minière Soma Coal est la filiale du trust financier Soma Holding lequel est en relation étroite avec le parti d’Erdogan, AKP. Celui-ci a fait adopter la privatisation de la mine et sa prise de possession par Soma Coal. Cette compagnie a fait baisser le coût de production d’une tonne de charbon de 140 euros à 24 euros, au prix d’une multitude de sous-traitance et des salaires mensuels de 280 euros à 460 euros. Le premier juin à Istanbul une manifestation commémorant les six morts des protestations des années antérieures est attaquée par une police omniprésente : 80 arrestations, 13 blessés (de même à Ankara et Adana). La Turquie a toujours refusé de signer la convention internationale sur la sécurité dans les mines et avec une moyenne de 7,22morts par million de tonne de houille, ses mines sont parmi les plus dangereuses du monde ( ce taux est de 1, 27 pour la Chine et de 0,02 pour les USA)
- 8/6/2014- En colère contre le syndicat après la catastrophe minière, des centaines de mineurs de Soma envahissent le siège de la section syndicale des Travailleurs des mines exigeant la démission des dirigeants syndicaux locaux, ce qu’un des leaders propose.
Chine – 2/5/2014 -La répression n’en finit pas contre une guérilla qui n’en finit pas dans le Sin-Kiang dans l’Ouest de la Chine contre la minorité ouighour réprimée en vue d’une assimilation forcée.
Délire capitaliste – Une organisation internationale « Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat » étudie des mesures non pas pour réduire les émissions des gaz à effet de serre (qui impliqueraient une réduction d’activité incompatible avec le capitalisme) , mais des moyens de « géoinginiérie » visant à travers des « solutions » plus ou moins rocambolesques de délire technologique pour « absorber » ces gaz ou en contrarier les effets nocifs : réduire le rayonnement solaire par des écrans chimiques stratosphériques, modifier la chaîne alimentaire humaine pour qu’elle absorbe le CO², séquestrer le CO² dans les profondeurs, toutes solutions qui risquent d’accentuer encore plus les effets néfastes de la domination du capitalisme sur le monde
Corée du Sud – juin 2014 - Le naufrage du ferry Sewol qui a fait plus de 300 morts, a soulevé une vague d’indignation dans tout le pays car il résume les conséquences des bases de l’activité capitaliste, un mélange de corruption, d’incompétence et de lâcheté. Et fait ce naufrage a montré le sens d’une société qui peut mépriser à ce point les êtres humains qu’il exploite de toutes les manières possibles. Bien sûr des « responsables » ( 15 membres de l’équipage et quatre dirigeants de la firme) sont poursuivis. Mais c’est le système lui-même de compétition qui est en cause : le navire était surchargé, réputé instable, il avait été reconditionné deux fois pour accroître sa capacité et autorisé à naviguer dans ces conditions avec la complicité des autorités de contrôle. L’équipage était à peine formé et le capitaine de 70 ans membre de la famille propriétaire de la firme navale propriétaire du ferry avait été le premier à fuir et est toujours planqué, certainement protégé.
Europe - En pleine guerre froide, les trusts mondiaux de la pharmacie surtout ouest-allemands ont passé des contrats avec la RDA pour que ses ressortissants ( plus de 50 000 ) servent de cobayes pour tester les médicaments . On révèle aussi que plus de 6 000 entreprises ouest-allemandes ont, durant cette même période sous-traité une partie de leur production avec l’administration pénitentiaire de la RDA, exploitant ainsi les prisonniers dont une bonne partie avaient été pris en tentant de passer à l’Ouest.

LES NIVEAUX DE L’EXPLOITATION DE LA FORCE DE TRAVAIL

France -26/4/2014- Sur le site de Montélimar, Amazon exploite, sur un site grand comme 5 stades de foot, 500 employés qui doivent manipuler quotidiennement 800.000 articles. Les travailleurs sont des « associés » qui doivent participer à l’amélioration de la productivité, laquelle bénéficie d’une trouvaille : faire tourner chacun sur les quatre « métiers » de l’entreprise pour équilibrer physiquement la fatigue des différentes parties du corps. De plus 27 groupes « d’associés » dont on ne peut se soustraire doivent sans cesse rechercher des « solutions » pour augmenter toujours plus la productivité c’est-à-dire le taux d’exploitation et épuiser ainsi toutes les forces physiques.
Grande-Bretagne -21/4/2014 – L’entreprise française Atos pensait faire son beurre avec le gouvernement britannique dans une « évaluation » des handicapés recevant une allocation. Le but, avec la définition de règles plus strictes, était de remettre au travail le plus possible d’handicapés c’est-à-dire de réduire le montant global des crédits affectés au service de ces allocations. Partant du principe que les « fraudeurs sont des génies absolument brillants » (déclaration d’un officiel), les « examinateurs » d’Atos prenant un par un chaque handicapé ont fait tant de zèle et décidé de remettre au travail un grand nombre d’handicapés absolument incapables de soutenir un rythme de travail ou
d’un effort soutenu, que cela a soulevé non seulement des recours mais aussi des manifestations d’handicapés. A une telle dimension que la firme Atos a décidé de mettre un terme au contrat qui devait expirer en 2015 et à se retirer du jeu.
- 12/5/2014 –Un des organes de l’arsenal médiatique capitaliste relativement fiable quant à ses informations sur la finance et les méthodes d’exploitation du travail, le Financial Times, avertit que « les abus du contrat zéro heure doivent être stoppés (voir précédents bulletins) Ils seraient admis pour assurer la flexibilité des effectifs d’une entreprise en fonction des commandes mais, selon cet article, la généralisation de ce type de contrat entraînerait une telle désorganisation de la vie sociale que le fonctionnement « normal » du système serait en cause.. Officiellement ces contrats zéro heure concerneraient 1,4 millions de travailleurs mais ils seraient plus de 2 millions à « bénéficier » de cette forme nouvelle de contrat de travailLa chasse aux invalides et la multiplication des contrats zéro heure expliquent la baisse du chômage qui serait présentement de 6,6 %, d’où la conclusion qu’il s’git d’une reprise de l’activité économique( que signifie une « croissance » affichée de 0,8 % ?) Moyennant quoi, le coût du travail serait inférieur au reste de l’Europe.
11/4/2014 – Tesco, multinationale de la distribution a ouvert dans la banlieue de Londres un « dark store » (magasin obscur) sur 20 000 m² fonctionnant uniquement par commandes sur Internet exploitant 550 travailleurs sur 30 000 articles avec seulement des équipes de 12 heures.
Monde – avril 2014 – En avril 2011 le coût d’une heure de travail variait de 31$ (25 euros) en France à 28$ (22 euros) en Allemagne, 17$ (14 euros) aux USA ,4,5 $ (3,6 euros) en Turquie,2$ (1,60 euro) en Chine, I, 5$ (1,2 euro) en Inde et moins de O,5$ (O,4 euro) au Bangladesh
Allemagne -22/4/2014 – L’entreprise de vente en ligne Zalando a été baptisés « Sklavando » eu égard aux conditions drastiques de travail qui touchent les 5 000 travailleurs de 40 nationalités différentes pour une moyenne d’âge de 29 ans à 80 % en CDD. L’intensité du rythme de travail est telle que les ambulances doivent être appelées quotidiennement pour évacuer ceux qui n’ont pas tenu le coup.
Amazon n’est pas en reste ; 600 exploités sont en grève dans deux centres Bad Henfeld et Leipzig. Amazon exploite dans 9 centres allemands 9 000 travailleurs à plein temps et 14 000 saisonniers ;
Cambodge – 14/4/2014 – (voir précédents bulletins) L’industrie de la confection emploie 500 000 esclaves directement mais en fait près de trois millions en vivraient notamment dans la sous-traitance. Les coûts du travail seraient inférieurs d’un QUART sur eux du Vietnam. Il est difficile de dires quelles sont les conditions d’exploitation en raison des innombrables ateliers clandestins dans les campagnes. Pour la partie connue le travail dure au bas mot 10 h par jour, six jours sur sept ; les travailleurs sont logés à 10 ou 15 dans une pièce de 10 m² avec un seul robinet et un seul réchaud électrique. Avec les heures supplémentaires les travailleurs arrivent à se faire 100 euros par mois dont souvent les 2/3 sont envoyés aux parents. Depuis les derniers conflits les manifestations sont interdites. Mais cela n’empêche nullement les grèves malgré la répression : le 5 mai à Bavet City, le 29 mai à l’usine Ocean Garment où 1 000 travailleurs font grève contre la fermeture de l’usine de Phnom Penh jusqu’au 26 juin à cause de la chute des commandes.
Suède – juin 2014 –Veolia exploite la ligne de chemin de fer Malmö –Linköping et veut introduire le contrat zéro heure à l’anglaise : 250 cheminots sont en grève, bloquant la ligne depuis deux semaines.
Grèce – 17/6/2014 – Les travailleurs chanceux qui ont du travail sont souvent payés avec des retards de 3 à 12 mois. Une bonne partie d’entre eux reçoivent le tiers de leur salaire, le reste étant payé en « services », par exemple en journées d’hôtel, pension complète. Les moins de 25 ans travaillant à plein temps ne reçoivent que 480 euros mensuels.
Chine – En 2013, la Chine a importé 37 000 robots et espère en acquérir 110 000 dans le futur. Actuellement, il y en aurait 96 000 en activité contre 168 000 aux Etats-Unis et 310 000 au Japon. Ces robots sont utilisés principalement dans l’industrie automobile, dans l’ensemble du pays en partie pour compenser des problèmes grandissant de main-d’œuvre à cause de la politique passée de natalité. Pourtant une entreprise comme Foxcon qui a annoncé une robotisation en grand, continue à tabler sur l’exploitation de la main d’œuvre (capital variable)
Ethiopie – juin 2014 –Nouvel eldorado du capital : 7 000 esclaves exploités dans l’usine textile ultramoderne d’Alem Gena pour un salaire mensuel de 50 à 60 euros (10 fois moins qu’en Chine)
Allemagne -30/6/2014- D’ici 2020 l’Allemagne pourrait avoir besoin de 2,4 millions de travailleurs et 10 millions en 2030. Ce serait nécessaire pour maintenir l’activité économique présente. Cette carence est due à l’évolution démographique et explique le faible taux de chômage. De plus, cette carence s’accompagnerait d’un manque de main d’œuvre qualifiée

LES MEANDRES DE LA RECUPERATION
Des hackers ont réussi à pénétrer dans les fichiers du trust Domino’s Pizza et à obtenir la liste de 600 000 clients en France et en Belgique. C’est l’œuvre d’un groupe Rex Mundi qui exige du trust une rançon de 30 000 euros pour ne pas divulguer cette information. En 2012, le même groupe avait réussi dans des attaques contre American Advance, une société de crédit sur salaires, Bay Way une autre boîte financière et Alfa Hosting une hébergeur de sociétés.
UNE FORTERESSE ASSIEGEE
Il se déroule chaque jour dans le monde une guerre bien particulière dont on ne dit jamais le nom sauf à en décrire les différentséléments mais sans vraiment les relier entre eux.
Il ne s’agit nullement d’une de ces guerres disons classiques qui, elles, alimentent les médias et reflètent les préoccupations économiques et stratégiques des grandes puissances
Il ne s’agit nullement de ces guérillas qui sous leurs formes ethniques , religieuses ou nationalistes perdurent partout en Afrique, dans tout le Moyen Orient, dans le sud-est asiatique et en Amérique Latine
Cette guerre est particulièrement inégale : des millions la mènent , mains nues, sans autre arme que leur détermination prête à toute épreuve, même les plus dangereuses en face d’un adversaire puissamment armé et protégé par des barrières supposées infranchissables
C’est une guerre sournoise, constante et si réelle mais qui se cache dans les replis d’une société dite normale.
Les petits soldats innombrables de cette guerre qu’ils ne croient pas mener, ils la subissent et la vivent dans l’exode , la misère, le mépris, la discrimination et parfois la mort. Ils viennent de partout où il y a de la misère et/ou de l’insécurité pour tenter d’entrer dans les pays où ils pensent trouver ce qu’ils n’ont pas et qui les fait partir à l’assaut.
Il y a bien deux camps ( on parle du Sud contre le Nord mais si c’est vrai en gros, ce n’est pas toujours exact) mais les deux camps pourraient s’identifier ente ceux qui ont et ceux qui n’ont pas. Effectivement , ils montent souvent du Sud vers le Nord comme fascinés par une étoile qui les guiderait vers ce paradis dont ils rêvent
Ils sont des millions venus d’un réservoir humain inépuisable poussés par une condition précaire et misérable tout aussi inépuisable. La seule chose sur laquelle ils peuvent compter, mais pas toujours, c’est la solidarité de leurs frères de misère et de combat
Ils sont prêts à accepter toutes les vexations, toutes les humiliations, la faim, la soif et les violences pour atteindre ce Nord qui tient tous leurs espoirs d’une autre vie
En face d’eux menant cette guerre implacable est un ennemi bien plus dangereux que sa police et son armée, ces répressions connues qu’ils craignent, connaissent et peuvent déjouer les pièges. C’est un ennemi inconnu qui peut à tout moment surgir de l’ombre, une hydre de Lerne aux mille tentacules faites de vol, de chantage, de viols, d’esclavage temporaire, de rançons, de violences physiques, de participation obligatoire à des trafics dangereux. La liste n’en est pas exhaustive, mais tous sont perpétrés par des hommes de hasard, souvent des marginaux comme eux. Et quand une partie d’entre eux ont réussi à échapper aux multiples tentacules de l’Hydre de Lerne et pensent avoir atteint la Terre Promise, de « bons citoyen » du pays d’accueil peuvent les attendre sous forme de milice pour leur donner le baiser de mort. Et s’ils en échappent encore, les attend le bagne de l‘usine ou de l’esclavage agricole ou même un internement dans un centre de rétention pour un retour à la case départ.
La forteresse Nord est bien protégée. Protection qui à chaque instant prend sa part de cadavres de milliers, de centaines de milliers ; Les protections sont « naturelles » : les mers sans fond ou bras de mer où se noient ceux qui se lancent dans les esquifs les plus fragiles, ou fleuves dangereux où se noient des nageurs inexpérimentés ; les déserts où les attendent la soif et la morsure des serpents. Là où il n’y a pas d’obstacles protecteurs naturels, un peu partout dans le monde des barrières terrestres ont été édifiées avec un luxe de moyens qui vont de hauts grillages, de murs gigantesques de béton, de barrières électrifiées, ou des ondes radar, des moyens inouïs de détection depuis les caméras jusqu’aux drones .Même quand ils se heurtent mains nues à ces murailles naturelles ou humaines répandues à travers le monde, ces milliers, centaines de milliers, millions même, ne savent pas qu’ils mènent une guerre contre un ennemi non identifié sauf par sa peur d’être submergé par tous ces parias portés par leur nombre et leurs espoirs. Un espoir de vaincre porté par un désir de vivre plus fort que la mort Si eux ne savent pas, leur ennemi lui sait.