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Dans le monde, une classe en lutte Octobre 2013

dimanche 20 octobre 2013, par françois

LE FEU QUI COUVE

( dans l’ensemble des texte du bulletin, dorénavant les lettres « » renverront à des sujets déjà traités dans les bulletins précédents)

Sous les cendres, il y a toujours des braises qui rougeoient prêtes à s’enflammer de nouveau. Et comme le phénix, la lutte renaît toujours de ses cendres de la répression. Parce qu’en fait, elle ne cesse jamais, après les défaites et les répits prenant différentes formes en fonction d’un rapport de forces qui évolue sans cesse. Et qui existera tant que le capitalisme existera, dont cette exploitation est son existence même.
Il n’y a qu’à regarder dans le monde entier d’aujourd’hui pour voir que, par-delà les luttes locales et limitées (que nous évoquerons séparément) les mouvements d’une orientation plus globale des dernières années continuent leurs chemins chaotiques, imprécis mais récurrents et constants . Même s’ils ne s’unissent pas formellement, un fil ténu les relie:il apparaît dans les mots, dans les positions même bien vagues et dans les positions par rapport aux forces politiques et économiques qui dominent partout, dans l’expression d’une volonté commune « ’autre chose ».
Ce qui suit n’est sans doute que les seules luttes qui ont franchi la barre médiatique, mais montre quand même l’étendue de telle luttes et leur persistance sous des formes diverses.

ECHANGES ET MOUVEMENT, BP 241, 75866 PARIS CEDEX 18,France
Site Internet :http://www.mondialisme.org
Blog : Spartacus 1918
Octobre 2013

« NIMBY » -Not in my backyard » (pas dans mon arrière-cour) Ce n’est pas seulement qu’en France qu’un mouvement ayant pris ce nom tente de contester les projets plus ou moins pharaoniques du capital au nom d’un « ès » qui n’est que le moteur de la survivance du capital Rien qu’en France, 60000 hectares de terres agricoles disparaissent chaque années pour l’édification des « réalisation » de ce « progrès » - en sept ans , la superficie moyenne d’un département. Si certaines de ces luttes se fraient dans la visibilité des médias par leur ampleur et leur durée (par exemple l’aéroport de ND des Landes, ligne TGV Lyon-Turin, ligne THT dans le Cotentin, Gaz de schiste…etc ), d’autres beaucoup plus nombreuses sont plus localisées et moins connues et touchent les projets les plus divers dans les transports, le traitement des déchets atomiques ou autres, les établissements sportifs ou commerciaux ou de loisirs grandioses aussi divers que destructeurs.. Les résistances à cette expansion démesurée d’un système se retrouvent pour sous-tendre la globalité des contestations qui surgissent parfois à propos d’un fait ponctuel dans la gestion ou la répression de la domination capitaliste.

TURQUIE – (vpb) Les causes réelles du soulèvement populaire de mai dernier présenté comme impulsé par la défense contre la destruction des arbres d’un parc ou l’islamisation forcée de la société civile, réside en fait dans les conséquences sociales de l’essor vertigineux d’un capitalisme sauvage dans un pays dénommé aujourd’hui « petite Amérique ». Ceci explique pourquoi l’initiative de quelques activistes du mouvement « à la ville » ait pu prendre une telle ampleur. Des manifestations nouvelles de résistance passive individuelles ou collectives surgissent un peu partout .Les « adam »( hommes immobiles) hommes qui se tiennent au garde à vous en lisant ou avec des panneaux de slogans ; des empilements de chaussures pour symboliser des manifestants tués , tout se déroule dans une sorte de relais d’une perpétuelle contestation pacifique. La violence de la répression de toute manifestation, la marchandisation de l’espace et de ressources publiques ne sont pas des pratiques nouvelles. Les manifestations de solidarité dans tout le pays sont l’expression d’une réaction latente contre les inégalités sociales . 11/9/2013,de nouveau des milliers de manifestants dans différents quartiers d’Istanbul pour la seconde fois et dans différentes autres villes dont Ankara, la capitale. C’est la réaction à l’assassinat par la police d’une jeune manifestant le lundi précédent et cette réaction montre bien que les mouvements des mois précédents couvent toujours.

MEXIQUE –Depuis la rentrée scolaire le 19/8/2013,un mouvement de grève et de manifestations quasi quotidiennes touche enseignants et étudiants contre la réforme du système éducatif qui vise à introduire un système d’évaluation périodique des enseignants déterminant leur progression salariale et leur avancement.. Le 1/9/2013- plusieurs milliers tentent de gagner le Parlement : 34policiers sont mobilisés. Bagarres, blessés et arrestations. Le 7 septembre plusieurs milliers bloquent pour la seconde fois en trois semaines les accès à l’aéroport de Mexico. Le 13 septembre des milliers de flics et de militaires appuyés par des héllicos et des voitures blindées, attaquent les occupants de la place Zocalo, place centrale de Mexico occupée depuis trois semaines et l’évacue manu militari : 40 blessés, 29 arrestations.. Le 2 octobre plusieurs milliers d’enseignants et des étudiants manifestent à Mexico pour commémorer le massacre des étudiants en mai 1968 sur une place centrale de la ville qui fit 300 morts Ils sont attaqués par les flics : 50 blessés.

BRESIL–11/7/2013 – Une tentative des syndicats de profiter de la montée de l’opposition de base en lançant une journée nationale de lutte se solde par un échec. 7/9/2013 (vpb) De nouveau, convoqués par le réseau sociaux, de milliers de manifestants dans la rue dans 135 villes du pays avec les mêmes revendications politiques pour profiter (et non célébrer) de la « journée de l’indépendance ». Ils sont partout dispersés par les flics : 14 blessés, 80 arrestations. A Rio des agences bancaires sont attaquées, des barricades enflammées barrent des rues et le manifestants envahissent et se mêlent au défilé militaire célébrant « l’Indépendance »
Le 1/10/2013, les enseignants des écoles publiques de l’état de Rio sont en grève depuis 48 jours,, ceux du secondaire depuis 55 jours. Ils exigent le retrait d’un projet instituant un plan de carrière et de salaires. Ils tentent d’envahir le Conseil municipal où ce projet est discuté ..Plus de 700 flics ont été mobilisés dans le centre de la ville pour les accueillir.

EGYPTE – août 2013 - Suite d’une soi-disant « révolution » qui n’a rien changé pour la prolétariat égyptien sauf engendré une solution « démocratique » sous la surveillance des USA tentant de préserver l’équilibre précaire de tout le Moyen Orient. Le « printemps arabe » ne fut finalement après l’élimination du trop gênant Mubarak qu’une tentative d’encadrer une révolte multiforme en laissant agir « démocratiquement » l’organisation des Frères Musulmans tout en préservant le pouvoir économique et répressif de l’armée. Ce pouvoir à deux têtes n’a engendré qu’une partie de bras de fer dans laquelle les Frères musulmans se sont montrés incapables de répondre aux revendications sociales et d’endiguer les excès de sa fraction radicale prônant un Etat islamiste. Le chaos grandissant a conduit au coup d’état sanglant de l’armée et à une répression constante à travers le maintien de l’état d’urgence. Il semble que la raison réelle du coup d’état réside précisément dans l’incapacité de résoudre la crise sociale. En 2012,on a dénombré 2 817grèves et rien que pendant le premier trimestre 2013 ,2 400 grèves, plus du quart avec occupation, 18% accompagnées de manifs et le reste avec blocage divers et séquestration de dirigeants. Toutes ces grèves avaient un commun dénominateur : les salaires ( le plus souvent impayés ou payés avec retard,), le remplacement des dirigeants restés en place et la dissolution du comité syndical officiel à la botte des patrons.. L’armée , qui contrôle près de la moitié de l’économie( 40% du PIB ) était particulièrement intéressée par la montée irrépressible des revendications sociales.. Le maintien de l’état d’urgence renouvelé tout récemment vise tout autant les frères musulmans que les résistances sociales.. Car les grèves ont continué malgré les affrontements politiques : L’occupation de l’aciérie Suez Steel pendant trois mois et l’éviction des travailleurs par l’armée le 12 août après trois semaines est bien symptomatique de la situation présente. Tout comme le 26 août la reprise de la grève à l’usine textile de Mahalla ( 24 000 travailleurs) pour le non-paiement d’une prime, en fait sur les revendications traditionnelles répétées depuis des années

BULGARIE – juin - juillet-août 2013 – Ave ses 7 millions d’habitants, le pays connaît les soubresauts du passage à l’économie de marché avec des prédateurs de tous ordres se vautrant dans une corruption sans précédent. D’après un sondage 86% des sondés pensent que le système judiciaire est totalement pourri.le système et ses méfaits les plus durs à supporter, depuis deux mois, des manifestations continuent à se dérouler bien que dans un premier temps, pour tenter de les stopper on ait sacrifié le gouvernement (vpb) Revendication : de nouvelles élections, une nouvelle loi électorale, la fin de la corruption, etc… Les manifestants bloquent le parlement y séquestrant plus de 100 députés et ministres qui doivent être « délivrés » par les flics. Depuis, chaque matin à 8 heures des rassemblements pour un « café de protestation » font une haie d’honneur, un accueil spécial, aux parlementaires. Chaque soir, à la sortie du boulot c’est par dizaines de milliers qu’ils viennent grimés en prisonniers ou en sorcières avec un balai. De telles manifestations se déroulent aussi dans différentes villes du pays sous le titre « Révolution dans la dignité ».La confédération syndicale a soutenu le mouvement du bout des lèvres : un jour de grève.

COLOMBIE –13/8/2013- troisième de grève dans une mine de charbon de la multinationale Drummond pour une augmentation de salaires, l’échelle mobile et l’amélioration des infrastructure de la mine pour en accroître la sécurité. 29/8/2013 – Depuis 55 ans, le pays est plongé dans une guerre civile qui a laissé 220 000 morts, 25 000 disparus et près de 6 millions de personnes déplacées ; sur 10 victimes 8 sont des civils non combattants. Avec des perspectives de « sociale » avec la guérilla des FARC, le problème est celui de la restitution des terres aux paysans qui ont dû fuir les combats et dépossédés de leurs terres accaparées par les paramilitaires ou les narco trafiquants.. Une loi a bien prévu cette restitution mais elle se heurte aux menaces de mort des présents possédants. Des milliers de manifestants dans les principales villes du pays en soutien aux paysans en lutte depuis onze jours pour la protection du secteur agricole et la récupération des propriétés perdues. Ils sont rejoints par 40 à 50 000 camionneurs qui luttent pour le prix des carburants et par les petits exploitants, notamment dans le secteur minier. Des bagarres avec les flics, de blessés, des arrestations.. La lutte continue. Le 11/9/ Ce sont des milliers d’enseignants en grève qui manifestent dans différentes villes du pays pour les salaires et les conditions de travail.

GRECE – 4/9/2013 – (vpb) plus d’un million de salariés travaillent sans être payés pour garder leur emploi ( le taux de chômage officiel est de 27,6 %) . Jusqu’à présent chaque plan d’austérité a déclenché grèves et manifestations, certaines accompagnées d’actions plus radicales. Mais rien n’a empêché la mise en œuvre des restrictions sur les salaires et l’emploi. Le dernier plan de réforme prévoit le licenciement de 4 000 fonctionnaires immédiatement, de 11 000 d’ici fin 2015 et la mise en disponibilité de 25 000 autres. Les enseignants se sont mis en grève illimitée le 11 septembre ;Les fonctionnaires ont fait grève deux jours le 16 septembre et de nouveau le 24 septembre. Le 8/10/2013, les enseignants des toutes les universités entament leur 5ème semaine de grève contre le licenciement de 1 350 administratifs ce qui cause un disfonctionnement total ; un bras de fer se poursuit avec le gouvernement.. Ces grèves et manifestations ne sont pas totales et on peut penser que , comme pour les précédents plans de réforme, celui-ci poursuivra son cour.

BANGLADESH – septembre 2013 – Grèves et catastrophes n’ont guère entravé l’activité dans la confection : en juillet 2013, les exportations dans ce secteur ont augmenté de 26%. L’attrait du Bangladesh reste les bas coûts de la main d’œuvre qui est encore la moitié de ceux pratiqués au Cambodge pour la même activité Alors que les grèves précédentes récurrentes dans l’industrie textile (confection principalement) (vpb) restaient localisées depuis le 21 septembre la grève s’est étendue depuis le secteur de Gazipur dans la banlieue de Dacca. Mais elle ne concerne encore que 200travailleurs sur les 4 millions de cette industrie concentrée dans cette région de Dacca ne touchant que 400 usines contraintes de stopper toute production sur les 5de la région. La revendication d’un salaire de base de 80 euros mensuels au lieu des 30 euros est rejetée par les patrons qui n’offrent que 20% d’augmentation, ce que rejettent les travailleurs (qui peuvent travailler jusqu’à 80 heures par semaine). De plus, les travailleurs qui requièrent l’application du minimum légal sont souvent victimes de harassement de patrons. La grève garde ses caractères habituels de violence (incendie d’usines, vandalisme, blocages routiers, etc…) et de répression ( plus de 70 blessés). Un camp de paramilitaires a été attaqué dont 4 furent blessés et des armes et leurs munitions volées.

AFRIQUE DU SUD – août septembre 2013 – (vpb ) C’est l’Etat le plus industrialisé d’Afrique avec le double volet des exploitation minières ( métaux précieux et charbon) et des industries de transformation dont l’automobile à côté d’une secteur dominant des services et d’une agriculture très concentrée mais grosse consommatrice de main d’œuvre. Mais c’est aussi l’Etat qui dans les mines et l’agriculture exploite une main d’œuvre noire dans les conditions d’un apartheid social qui n’a fait que prolonger l’apartheid racial. Comme partout, la crise a frappé durement l’économie du pays, d’autant plus que dans le secteur minier, l’ancienneté des mines place ce secteur en mauvaise posture dans la féroce compétition mondiale Le révolte des mineurs l’an passé a été matée dans le sang ( plus de 40 tués dans un seul massacre), mais cette répression n’a pas pour autant calmé le conflit social. ; 2012 avait connu près de 100 grèves sauvages. Celles-ci se sont poursuivies dans l’agriculture et dans les mines. Le renouvellement des contrats collectifs en 2013 laissait craindre une recrudescence des grèves sauvages, d’autant plus qu’une compétition syndicale fait rage entre la fédération syndicale, officielle et corrompue, COSATU ( notamment dans les mines avec le NUM) avec une confédération syndicale nouvelle AMCU.grèves ont éclaté dans les mines autour de problèmes liés à une mine spécifique (licenciements pour réduction d’activité), mais dans les mines et dans les autres secteurs, industriels, les grèves pour le renouvellement des contrats collectifs ont été essentiellement organisées et contrôlées par les syndicats liés au COSATU. Pour éviter une grève générale, les différents secteurs sont entrés en lutte les uns après les autres, parfois se chevauchant mais sans qu’elles prennent une ampleur paralysante pour le pays, ce qui resta effectivement sous contrôle syndical. Le 22 août, les 30 000 travailleurs de l’automobile en sont à leur 4ième jour de grève , une grève qui va durer trois semaines et se terminer le 20 septembre par un accord sur 11,50% d’augmentation sur deux ans. Le 26, ce sont le techniciens de SA Airways qui sont en grève, le 2 septembre, les 90 000 travailleurs du BTP et le 9 septembre, les 70 000 du secteur regroupant les pièces détachées automobile, les garages et la distribution des carburants ( alors que les usines d’automobile ont repris, certaines sont contraintes de fermer par manque de pièces détachées, ce secteur prolongeant la grève). De mai à juillet des grèves sauvages dans les mines et plus de 10 000 exploités sont en grève dans le textile. Parallèlement d’autres grèves isolées comme celle d’une université dans Eastern Cape en lutte depuis 5 semaines ou d’une autre mine d’or le 5 septembre. Parallèlement, la tension reste permanente dans les townships. Rien qu’en mai 2013 la région de Pretoria et Johannesburg a connu 650 affrontements. Le plus récent le 11 septembre se déroule à Soweto où , lors d’une manifestation contre la médiocrité des services publics, des bâtiments sont incendiés et les flics arrêtent plus de 200 « perturbateurs »

KENYA - 30/9/2013 – depuis plus d’une semaine des émeutes et manifestations touchent les principales villes du pays contre une augmentation du prix des carburants et en général contre une inflation galopante. De semblables émeutes s’étaient déjà déroulées en 1964,1985, janvier 2011 et juin 2012. La répression affiche déjà plus de 100 morts causés par des tirs à balles réelles.

POLOGNE – 13/9/2013 – des centaines de manifestants campent devant le Parlement demandant la démission du gouvernement et des réformes. Ils bloquent tout le centre de Varsovie. Le 14//9, plus de 150 000 manifestants défilent, à l’appel des syndicats , dans la capitale contre la réforme des retraites, les licenciements, la précarité. Le syndicats Solidarité déverse des slogans nationalistes et se dresse contre une masse de participants regroupant l’ultragauche et les anarchistes locaux

TOUTES (AU MOINS CE QU’ON PEUT EN CONNAÎTRE) LES AUTRES LUTTES DANS LE MONDE

La grève et rien d’autre

*Tahiti – 17/8/2013 – fin d’une grève de 17 jours des dockers du port de Papeete après un accord avec les autorités concernant la sécurité (quatre morts en cinq ans). La grève a bloqué près de 2 000 porte conteneurs.

*France – 11/9/2013 – Peugeot à Mulhouse. Des débrayages limités à l’appel de la CGT sur deux chaînes pour les salaires et contre le travail du samedi. D’autres débrayages aux usines de Vesoul et Valenciennes Lors de deux meetings organisés par la direction pour le lancement d’un nouveau modèle devant 7 000 ouvriers, le porte-parole de la direction se fait huer et ne peut terminer son spectacle.

*Indonésie – 3/9/2013- Pour la seconde fois 3travailleurs manifestent dans le centre de Jakarta pour les salaires à l’appel du Jakarta Labour Forum. Pour permettre de suivre l’inflation le salaire actuel devrait être porté à 250 euros mensuels, en augmentation de 60% .

*Corée du Sud – 31/8/2013 – La crise frappe l’industrie automobile locale qui connaît une chute de la demande en raison de la compétition notamment de firmes japonaises dopées par la politique monétaire du Japon. General Motors parle de fermer ses usines coréennes en raison des salaires trop élevés et de les transférer en Chine( les salaires horaires moyens dans ce secteur sont plus élevés que ceux des USA et trois fois plus que ceux de Chine). Depuis le 20/8, des grèves tournantes de 4 heures des équipes jour et nuit des usines d’automobile Hyundai (45 000 travailleurs) et Kia (35 000) à l’appel du syndicat Korean Metal Workers Union et à l’appui de pourparlers qui s’éternisent ( les revendications portent sur une augmentation de 80 euros mensuels, la retraite à 61 ans, une aide aux jeunes et une aide médicale. La situation est complexe en raison des pratiques où près de la moitié des travailleurs de ces usines sont des temporaires dont les salaires sont très inférieurs à celui des permanents. Toute une campagne médiatique cherche à discréditer les ouvriers de ce secteur en les présentant comme des « » privilégiés .Le 9 septembre, un accord met fin à la grève : 5,14% d’augmentation et une prime de 7 000 euros.

*Inde – 28/8/2013- 1300 ouvriers agricoles, paysans sans terre arrêtés alors qu’ils manifestent à l’appel du syndicat All India Agriculture Workers Union pour les salaires et lune augmentation du temps de travail . Celui-ci a été réduit de 120 jours de travail garantis à 70 jours. Ils revendiquant un minimum de 150 jours de travail par an.
*-2/9/2013 – Héro Moto Corp –Haridwar – 5travailleurs en grève contre une décision de mettre fin à tout contrat permanent. Tout le monde est licencié et 700 sont réembauchés avec un engagement de renoncer à toute grève. Les autres restent licenciés. La tentative de former un syndicat dans l’entreprise rendue impossible par la pression patronale.
*26/8/2013 Raffinerie de Visakhapatman , dans l’état d’Andhra Pradesh . 4 000 contractuels en grève bloquent l’entrée de l’usine et l’autoroute proche pour obtenir l’indemnisation de la famille de 9 ouvriers tués et de 40 brûlés à 70% lors d’une explosion de la raffinerie le 23/8
*Australie -20/8/2013 – 75 travailleurs d‘une centrale électrique , leur famille et des soutiens solidaires lockoutés depuis le 21 juin sur le renouvellement d’une nouveau contrat collectif, matchent 150km pour manifester à Melbourne.


*Grande Bretagne
– Septembre 2013 – 4 000 postiers de nouveau en grève dans un réseau de bureaux le plus important secteur du Royal Mail contre le licenciement et les baisses de salaires. D’autres conflits en perspective dans ce secteur combatif contre un projet de privatisation totale de Royal Mail, les Postes Britanniques.

*Bahreïn – 24/8/2013 –Suite au suicide d’un nouveau migrant qui, après 20 jours de travail s’est vu refuser un congé maladie malgré son état, 500 travailleurs migrants originaires du Népal, du Pakistan, de l’Inde et du Bangladesh se mettent en grève illimitée pour des congés, l’amélioration de la cantine, de meilleurs salaires. Leur « camp de repos » est un immeuble de 5 étages où ils se retrouvent à 9 dans une chambre étroite sans aucune facilité d’hygiène ou de cuisine.

*Zambie -10/8/2013 – Les travailleurs de Tanzania Zambia Railways ( ligne ferroviaire de 2km) en grève pour avoir le paiement de salaires impayés depuis mai dernier. La grève est déclarée illégale et 1 000 cheminots sont licenciés.

*Russie -23/8/2013 –les travailleurs de la sucrerie de Timashevsk en grève contre la fermeture du site qui entraîne le licenciement de 480 d’entre eux et l’éviction de 100 familles de logements de fonction. Les salaires sont impayés depuis mai.

*Chili -27/8/2013- Deux jours de grève dans 78 hôpitaux publics de 14 000 travailleurs de la santé pour les conditions de travail, les salaires et contre l’état déplorable de l’ensemble du secteur hospitalier public.

*Panama -23/8/2013 - sept syndicats qui avaient déclenché une grève ( sept autres syndicats n’y ont pas participé) contre la privatisation de l’enseignement public et une réduction des droits et des conditions de travail des enseignants signent un accord après deux jours de grève avec rien d’autre que le renvoi à une commission.

*Indonésie -12/8/2013 – Qui parle encore de centaines de milliers de morts assassinés lors des purges « communistes » de la fin des années 60 par le générale Suharto qui est resté au pouvoir de 1966 à 1998. Les inégalités sociales sont telles qu’on y compte plus de milliardaires qu’au Japon et la moitié de la population vit avec moins de 2 dollars par jour. Malgré cette situation, la pays a connu une sorte de « printemps arabe » aves une récurrence de grèves principalement pour les salaires.

AFFRONTEMENTS ET EMEUTES DE DIVERSION DES TENSIONS DE LA CRISE.

*Birmanie -28/7/2013 –En juin et novembre 2012 de violents affrontements, bouddhistes contre musulmans dans la province de Rakhine ont fait 168 morts et déplacé 120personnes. De nouvelles violences en mars 2013 ont laissé 40 morts.En mai dans la province de Sham des mosquées, des écoles et des dizaines d’habitations sont incendiées. Des gangs bouddhistes organisent des raids contre les musulmans, fomentant des révoltes locales. La plupart des victimes sont contraintes de vivre dans des camps ou parqués dans des ghettos. Les tensions entre communautés viennent en ligne droite de la politique coloniale des britanniques qui ont favorisé une émigration hindoue privilégiée dans un pays musulman. Le pays a même connu en 1930 et 1938, pogroms renouvelés après la décolonisation en 1991 et 2001 ( 200 morts). Cette rivalité plus religieuse et sociale qu’ethnique est utilisée par l’armée pour contrôler les 33 millions d’habitants et en fait une force de travail docile pour les délocalisations de Chine.

*Bahreïn -19/8/2013 – Manifestations quasi quotidiennes pour une réforme politique. Le 14/8 la répression de la police locale aidée par des mercenaires jordaniens et pakistanais amène 13 arrestations.

La tension sociale est perceptible dans tous les pays du Golfe. et la répression y est coordonnée par un Gulf Cooperation Council regroupant tous les pays de la péninsule arabique et dotée d’une force armée –Peninsula Shield Force-. Une mutinerie protestant contre les conditions d’emprisonnement dans la prison de Dry Docks est durement réprimée – 40 blessés. Une coalition d’opposants « Bahreïn Tamarod » (rébellion de Bahreïn) appelle à la résistance organise des manifestations pacifiques et la désobéissance civile.

Fin juillet un décret interdit « manifestation, marches ,assemblées et occupation » dans la capitale. Les quartiers où les manifestants sont supposés se rassembler sont ceints de barbelés. La répression va jusqu’à emprisonner les parents si les enfants participent à des actions illégales indépendamment de pénalités et de perte de la nationalité ( 31 personnes ont été ainsi perdu leur nationalité en 2012). Depuis la fin 2011, la répression a fait plus de 80 morts, 500 arrestations dont 13 leaders condamnés à la prison à vie.

*Guinée – 18/7/2013 – La tension sociale se traduit de nouveau par des affrontements entre deux ethnies du sud-est du pays, les Guerzé et les Komanké ( plus de 200 morts en 1981).Ceux de juillet ont fait en deux jours 16 morts et 80 blessés.

*Pérou -21/8/2013 – Le Pérou est le premier exportateur mondial d’argent, le 2ième pour le cuivre, le sixième pour l’or, autrement dit une proie, la poule aux œufs d’or, pour les multinationales minières Ceci explique pourquoi le gouvernement soutient une projet pharaonique de la multinationale Newmont , principal actionnaire de Conga , société qui propose d’exploiter à 4m d’altitude une mine d’or et d’argent qui impliquerait la destruction de cinq lacsde montagne et une pollution généralisée de tout le secteur. Une quarantaine de villageois montent une garde permanente 24h sur 24 en se relayant à proximité des lacs pour empêcher le début des travaux. Le projet, devant cette opposition aurait été suspendu en 2011 mais les locaux restent méfiants, d’autant que Conga a ressorti un autre projet ayant l’air de satisfaire les revendications paysannes en installant une réserve d’eau suffisante pour satisfaire leurs besoins. Le 17 juin, 4 000 habitants de sont rassemblés sur le site prévu pour cette réserve et ont repris leur surveillance permanente.

*Roumanie -8/9/2013 – 15 000 manifestants contre un projet de mine d’or par une société canadienne qui impliquerait la destruction du village Rosia Montena et une pollution des eaux ( déversement annuel de 15 000 tonnes de cyanure )

LES DERNIERS RECOURS

Etats-Unis - 5/9/2013 – Fin d’une grève de la faim de deux mois des 30 000 prisonniers de l’état de Californie contre l’usage abusif et prolongé du mitard ( ils sont 80 000 emprisonnés dans ces conditions aux USA) qui s’est amenuisée au fil des jours pour déboucher sur des « entretiens » sur le sujet avec les autorités.

GRANDE -BRETAGNE

Les médias ont évoqué le développement dans les Iles britanniques d’une nouvelle forme du contrat de travail, le contrat « zéro heure ». Vu que, contrairement à la France, le contrat de travail n’est pas sérieusement réglementé, ce type de contrat est parfaitement légal à partir du moment où il figure dans un document écrit et signé des deux parties. D’une certaine façon, il est une extension de l’intérim pour lequel la « mission » pouvait ne comporter qu’un temps très limité, fut-ce inférieur à une heure.
Le travailleur inscrit dans la boîte d’intérim n’avait aucune obligation, il pouvait prendre ou non la mission, et la boîte d’intérim n’avait pas non plus l’obligation de fournir du travail ; de plus, le travailleur en intérim était placé sous l’autorité totale de son patron temporaire, qui fixait l’ensemble des conditions de travail sauf les salaires payés par la boîte d’intérim.

Dans le contrat « zéro heure », le travailleur a l’obligation d’être « disponible » 24 sur 24, c’est-à-dire accroché à son portable tout ce temps car son « patron » peut l’appeler à n’importe quel moment pour l’exploiter strictement le temps qu’il juge nécessaire. Comme il est dit en anglais, il doit être toujours in call. Le salaire n’est évidemment versé que pour le temps travaillé. Cela explique que les travailleurs exploités sous ce système sont soumis à une discipline très stricte : ne pas parler à son collègue, ne pas s’absenter pour une cause quelconque si l’emploi dure plus longtemps que prévu, ne pas passer trop de temps aux toilettes. Un système de points de pénalisation a même été institué et, selon le principe « strikes and you are out » (« infractions et vous êtes saqués »), un certain niveau de points signifie la porte.
On comprend ici le souci patronal de faire qu’à l’instar d’une machine, l’être humain doit être totalement productif pour le temps qu’il fonctionne, et ne doit rien coûter s’il ne fonctionne pas. Bien sûr, d’après le contrat, soi-disant pour rétablir l’équilibre, le travailleur a en principe le droit de refuser l’offre du patron ; mais il est bien évident que ce travailleur n’aurait plus d’appel et serait en quelque sorte licencié sans l’être s’il refusait fur-ce qu’un appel.

Le système est en croissance rapide, plus d’un million en août 2013.( 5 fois plus qu’en 2012) Au départ, cela concernait essentiellement les activités saisonnières afin d’éliminer les temps morts de l’exploitation des salariés : hôtellerie, restauration, loisirs et éducation, santé, secteur public. Mais, peu à peu, ce type de contrat a gagné d’autres secteurs. Au début, il concernait essentiellement des emplois non qualifiés, mais il couvre maintenant l’éventail total des emplois. Actuellement, le temps de travail hebdomadaire sous ce régime serait en Grande-Bretagne de dix-neuf heures.
20 % des entreprises du Royaume Uni y ont recours. , touchant particulièrement les 18-25 ans et les plus de 55ans. Par exemple, la chaîne de magasins de sport « Direct » exploite 20 000 travailleurs sous contrat 0 heure
On peut mettre ce type de contrat en parallèle avec les contrats définitifs mais à temps partiel. Plus de 5,5 millions de travailleurs auraient signé des contrats ne leur garantissant que trois heures de travail par semaine. Les conséquences de tous ces contrats dans la vie quotidienne « moderne » sont impressionnantes. Les travailleurs concernés sont pratiquement éliminés de toute recherche de logement, de l’obtention de toute carte de crédit ou de l’accès à tout crédit. C’est la précarité totale.

Cette situation et la menace qui plane sur l’ensemble des travailleurs n’empêchent pas les luttes pour préserver ce qui n’a pas encore été atteint par cette vague de « course à la productivité du travail ».

C’est peut être un des premiers conflits concernant le contrat « zéro heure » : 200 travailleurs de la boulangerie industrielle Hovis se sont mis en grève en août dernier contre le licenciement d’une partie d’entre eux, les réductions d’horaires et l’embauche sous le contrat « zéro heure ». Depuis novembre 2012, cette firme a déjà fermé 4 usines en Grande-Bretagne et licencié 900 travailleurs dans une restructuration accompagnée de rationalisations, fusions et manipulations financières. La grève s’est terminée le 30 septembre par un accord signé par le syndicat Baker Food and Allied Workers Union, accord qui entérine pratiquement l’usage du « zéro heure contrat » en en réglementant seulement l’utilisation.

Parallèlement se poursuivent des conflits plus classiques : contre les licenciements et les baisses de salaires (4 000 en septembre dans le réseau des bureaux de poste), et il existe la perspective d’autres conflits contre un projet de privatisation de Royal Mail ; dans les compagnies régionales de bus (City Link, Warrington network) et même chez les livreurs de bière approvisionnant les pubs. Grèves surprises aussi comme celle des travailleurs sociaux de Glasgow le 13/09/2013 qui, au bout de trois jours, ont obtenu la réintégration d’un des leurs suspendu pour avoir refusé une charge supplémentaire de travail.

Un cas particulier a fait grand bruit quant à l’intensification de la pression des conditions de travail, un cas extrême et particulier mais qui n’en illustre pas moins la condition présente des salariés et qui peut se rattacher à ce qui est dit ci-dessus à propos du contrat « zéro heure » : le 21/08/2013 à Londres, un stagiaire allemand devait prouver l’excellence de sa candidature d’employé à la succursale de Bank of America. Pour ce faire, il a accepté de travailler jour et nuit jusqu’à 72 heures non-stop. Il en est mort d’épuisement.
À la suite de la médiatisation de ce qui n’était présenté que comme un « fait divers », les langues se sont plus ou moins déliées et il est apparu que dans certains secteurs, c’était une pratique courante (et que le contrat « zéro heure » autoriserait cette sorte d’abus). Selon un ancien stagiaire, le plus grand cauchemar des intéressés était ce qu’ils appelaient « le manège enchanté ». Après avoir travaillé toute la journée depuis 9 heures du matin jusqu’à une heure avancée le lendemain matin, on vous ramenait en taxi chez vous pour que vous puissiez prendre une douche, vous changer et reprendre le taxi qui vous attendait à la porte pour vous ramener pour une journée de turbin. Un autre stagiaire présentait comme « normal » le fait de travailler jusqu’à 22 heures(et parfois plus tard), après avoir embauché à 9 heures le matin.
Une autre menace concerne les chômeurs. A partir du printemps prochain, ceux-ci seront contraints à des travaux d’intérêt général ( nettoyer les rues, aider les vieux, etc..) de 30 h par semaine. Pour ce faire ils devront se pointer chaque jour à l’agence pour l’emploi. S’ils refusent ou ne se pointent pas , ils seront privés d’indemnités pendant 4 semaines la première fois ; pour la seconde fois, ce sera une suspension de trois mois.

ÉTATS-UNIS

Un article du Financial Times du 11/09/2013, intitulé « La croissance économique américaine est bâtie sur le sable » illustre bien la réalité économique des États-Unis vue avant tout par des financiers soucieux de préserver, voire d’accroître, les perspectives de profit.
Cet article considère que tout est resté en place comme avant la crise de 2009, avec la même structure basée sur l’accroissement de la consommation et les importations. Et que la présente situation contient les prémisses d’une nouvelle crise.
Il n’est pas possible de donner tous les détails d’une telle étude, bien documentée, qui conduit à de telles conclusions, mais il s’agit de considérer la situation réelle. D’un côté, le marasme quotidien dans lequel vivent les Américains, de l’autre les résistances qui peuvent apparaître sous des formes diverses.
Les médias parlent de la progression économique des États-Unis comparée à celle de l’Europe mais, outre que cette progression est modeste (2% au maximum) comparée à celle des pays en développement, elle n’a guère d’incidence sur l’emploi et les conditions de travail. L’État fédéral a renouvelé récemment le ballon d’oxygène que la planche à billet déverse chaque mois pour soutenir l’économie dans une politique keynésienne (85milliards de dollars, 68 milliards d’euros) qui, pour le moment, n’a pas déclenché une inflation supérieure à 1,5% ou 2%. Un article du Wall Street Journal souligne le dilemme actuel de l’économie :« sommes capables de produire plus de marchandises avec plus de capital et moins de travail. » Ce qui signifie que le capital est investi dans les machines (capital fixe), et pas dans le travail (capital variable).
Les chiffres traduisent bien cette tendance ; depuis 2008, 8millions d’emplois ont disparu et la « reprise » n’en a créé que 6 millions. Le détail de ces emplois apporte encore plus de limites. Les embauches concernent les ouvriers très qualifiés et les emplois sans qualification. Pour ces derniers, il s’agit de secteurs avec de faibles salaires et du temps partiel. En août dernier, sur 169 000 postes supplémentaires sus 18000 concernent le secteur productif et le reste se situe dans la santé, les services, le commerce, l’éducation et les loisirs. Le chiffre du chômage de 7,3% ne reflète pas la situation réelle, beaucoup de chômeurs ne sont pas recensés parce qu’ils ont abandonné la recherche d’emploi et/ou travaillent au noir.
De 1996 à 2012, le nombre de ceux qui doivent vivre avec moins de 2$ par jour (1,60) a augmenté de 160% et touche 636 000 familles, soit 1,65 million de personnes. Un peu partout, les refuges pour SDF sont submergés et refusent quotidiennement de nombreux demandeurs d’asile. Les « cités » illégales de tentes ont grandi partout, passant d’un lieu à un autre au fur et à mesure de leur démantèlement.
Des luttes traditionnelles concernant le renouvellement des contrats collectifs durent plus ou moins longtemps mais ne sont guère victorieuses : le 5/07/2013, 3 000 travailleurs des transports publics de la région de San Francisco (BART) doivent reprendre après trois jours de grève, simplement sur la promesse de reprise de pourparlers (leurs salaires sont bloqués depuis 2008) ; la période d’injonction du tribunal étant expirée fin septembre, 98% des travailleurs se prononcent pour la grève ; mais le syndicat refuse toujours de lancer l’ordre de grève. Le 10 septembre, les 400 enseignants de la région de Pittsburg en Pennsylvanie, dont le contrat est expiré depuis deux années, entament leur deuxième semaine de grève ; ils reprennent deux jours plus tard avec quelques concessions mais sur l’essentiel, il y a renvoi à un arbitrage. Le 8 octobre 2013, à Boston , prenant le contrôle du service des bus scolaires, Veolia prétend imposer des transformations drastiques des conditions de travail et réduire les conditions d’entretien de bus, menaçant la sécurité. D’où une grève sauvage qui ne dure qu’un jour, le syndicat USW ordonnant la reprise du travail ; différents incidents se produisent avec une minorité qui veut poursuivre la grève et installe des piquets devant certains dépôts de bus.
La tentative de lancer une action dans tous les restaurants fast-food avait connu un premier essai en novembre sous forme de grèves sauvages qui s’étaient quelque peu propagées de New York vers d’autres villes. Cet essai est repris par le syndicat des Services et par les associations communautaires, il s’étend plus largement mais ne connaît pas de grand développement auprès des 3 millions de travailleurs du secteur.
Une tentative du même genre touchant tous les magasins Walmart dans 15 villes(1,3 million de travailleurs) pour une amélioration des salaires (de 6$ à 12$) n’a guère plus de succès.

IMMIGRATION

*Mexique– 2013 – Dans le Chiapas, à la frontière entre le Mexique et le Guatemala, un flot régulier d’émigrés d’Amérique centrale abandonnent leur misère nationale pour une misère mexicaine dans les exploitations agricoles, pour les tâches les plus dures et souvent dangereuses (insécurité et exposition à tous les produits chimiques) délaissées par les Mexicains qui cherchent une vie meilleure aux États-Unis. Cela pour les hommes, les femmes sont domestiques, serveuses ou prostituées.

*MONDE – 21/08/2013 – Migrants de partout. Un quart des jeunes du monde (290 millions) ne sont ni étudiants, ni pourvus d’un emploi quelconque. Ils sont 26millions dans les pays développés classés dans la catégorie NEET (Not in Education Emploi or Training, soit Pas dans l’enseignement, l’emploi ou dans une formation), 16% de la force de travail, un sur six. Ils forment l’essentiel des « migrants » de l’intérieur et/ou de l’extérieur.

*France– 17/08/2013 – La tension sociale dans les grandes villes, où sont rejetées les populations les plus pauvres, souvent d’origine immigrée, victimes de discrimination, explose à la moindre exaction principalement policière au-delà du harassement quotidien dans ce que l’on identifie comme « urbaines » ; suite à une altercation entre les flics et des Maghrébins sur le port du voile, une cité de la ville de Trappes (banlieue sud-ouest de Paris) connaît un weekend classique de révolte avec affrontements, incendies, etc.

*EUROPE – 30/08/2013 – Un grand nombre de Roumains et de Bulgares sont contraints d’émigrer, principalement en Allemagne, en quête d’un job, étant dans l’impossibilité de gagner les pays où ils allaient de préférence jusqu’ici (Espagne, Italie) et où le marché aux esclaves s’est fermé.
Ils sont passés, en Allemagne, de quelques milliers à 70 000 en 2012 et atteindraient entre 100 000 et 180 000 en 2014. La plupart viennent leurrés par des promesses d’un emploi sûr et d’un logement et se retrouvent dans des conditions proches de l’esclavage : travail temporaire irrégulier, obligation de voler pour survivre, de vivre dans les locaux insalubres surpeuplés. Tout est fait pour tirer de ces migrants le maximum de profit.

LA BALADE DE LA CONFECTION ET DES LUTTES

C’est bien connu que quand on crée un lieu d’exploitation là où on pense trouver des conditions plus profitables, on crée en même temps la lutte de classe.

En* CHINE , c’est bien connu, mais on ne peut faire dans les chiffres la part de la confection. Dans les trois mois de juin à août 2013, le pays a connu 183 grèves, le double de la même période en 2012. Occupation de la rue devant les usines, blocage de routes et de ponts, manifestations sont également réprimés violemment. Il semblerait que récemment cette répression connaisse moins de rigueur comme si les autorités craignaient qu’une contestation sociale s’étende par les excès répressifs antérieurs.

*ILE MAURICE -3 septembre 2013 - 600 travailleurs bangladais « importés » de Real Garment occupent un parc attenant à l’usine contre une réduction des salaires et les conditions déplorables de leur hébergement et de la nourriture. Affrontements, incendie, saccage d’un dortoir. Ils sont menacés de déportation si la grève continue.

*VIETNAM – 19/8/2013- 2 000 travailleurs d’une usine textile sont en grève : ils ont trouvé des asticots dans la bouffe de la cantine ce qui a fait déborder le vase sur une nourriture déjà dégueulasse normalement. De tels conflits sur les conditions d’hébergement et la nourriture sont fréquents. (en 2011 ,370 hospitalisés pour empoisonnements dans des cantines)

*CAMBODGE –Le secteur textile exploite 660 000 travailleurs. Le 22/8/2013, 1000 travailleurs d’Apparel débraient par solidarité après le licenciement de deux d’entre eux. 5/9/2013 -4 000 travailleurs de la confection manifestent à Phnom Penh contre le licenciement de 720 d’entre eux et la suspension de 5 000 autres après une grève de deux semaines pour les salaires.

Ethiopie – septembre 2013 –Le second groupes mondial de l’habillement annonce que pour réduire encore plus ses coûts de main-d’œuvre il transfert ses fabrications en Ethiopie. Le pays est déjà investi par les Chinois qui profitent. d’une coût du travail deux fois moins élevé qu’en Chine. Mais ,comme partout dans les pays de délocalisation, ce coût augmente, annuellement en Ethiopie de 18% contre 7% en Chine.

LES AVATARS DE LA RÉPRESSION

*BANGLADESH – 3/09/2013 – À Dacca, un employé d’hôtel meurt après avoir été précipité dans le vide par son patron au cours d’une altercation ; tous les employés d’hôtels environnants manifestent. Ils sont attaqués par la police des émeutes qui tire dans le tas : 10 bléssés.

*DUBAI – 9/09/2013 – 500 expatriés sont en prison suite à l’instauration de la prison pour dette, notamment pour l’émission de chèques sans provision.

*AUSTRALIE – 7/09/2013 – La chute des commandes (et la chute conséquente des prix, 40% depuis début 2011) fait que les compagnies minières, partout dans le monde (voir l’Afrique du Sud), tentent d’adapter les conditions de travail à la crise. Glencore Xstrata, multinationale minière géante, ferme sa mine de charbon de Collinsville (Queensland), « lockoutant » les travailleurs pour rouvrir avec une embauche sélective imposant une baisse des salaires et de nouvelles conditions de travail.
Cette firme a déjà fermé une mine de charbon à Bowen Basin le 1/09, mettant fin au contrat d’un sous-traitant exploitant la mine depuis dix-sept années ; 400 mineurs sont licenciés. La production ne reprendrait qu’après un accord soit individuel, soit collectif sur la flexibilité, et sur des pratiques de travail très restrictives.

*FRANCE – Ikea – 28/07/2013 – L’enquête ouverte en 2012 sur l’espionnage des salariés (et des clients) par une cellule spéciale peuplée d’ex-policiers révèle un vaste système de contrôle illégal qui touchait en fait la vie privée des travailleurs de l’entreprise et même des clients.

*CANADA – 1/07/2013 – Le parlement du Québec a adopté une législation criminalisant la grève de deux semaines de 77 000 travailleurs du BTP. Le syndicat conseille aux dits travailleurs de se plier à cette législation, c’est-à-dire de reprendre le travail en acceptant les propositions patronales d’une augmentation de salaire de 2% cette année, et chaque année au cours des trois années suivantes, ce qui aboutirait, en raison de l’inflation, à une réduction programmée.

LES CRIMES DU CAPITAL

NICARAGUA – 25/09/2013 – Les milliers de jeunes hommes en bonne santé, qui sont attirés par le travail dans les champs de canne à sucre et autres, ou dans les mines d’or de la région, sont frappés au bout de quelques années d’une maladie rénale mortelle, vraisemblablement due à l’ingestion de résidus d’engrais chimiques contenant du cadmium. L’usage de cet engrais aurait fait plus de 20 000 dans le monde et un même nombre de malades incurables. La Banque mondiale vient d’investir plus de 10 millions d’euros dans les plantations d’une autre entreprise sucrière qui utilisera le même fertilisant. L’entreprise sucrière Ingenio San Antonio, qui conteste les causes de cette maladie, vient d’enregistrer un record de profit avec la vente de son rhum, Flor de Cana.

REPUBIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO – 2012 – Plus de 6 millions de morts depuis 1997, sans compter les viols, les blessés, et le cortège de maladies et séquelles d’une guerre permanente. Qui en parle ? Que pèsent les victimes de la guerre en Syrie dont pourtant les journaux sont remplis ?

BANGLADESH – 20/08/2013 – Le réchauffement climatique touche plus particulièrement certains pays dont la géographie en fait des privilégiés, mais accumulant les catastrophes naturelles : au Bangladesh, une personne sur trois est directement menacée. D’ici 2050, les effets du réchauffement y feront 21 millions de victimes et 10 millions de personnes seront contraintes de déménager vers des cieux plus cléments. Ces « environnementaux » iront s’entasser dans les bidonvilles où « vivent » déjà 35% de la population bangladaise.

IRAK – 2013 – Ce que l’armée américaine a laissé, un cortège quasi quotidien de dizaine de morts. Moisson du dernier ramadan : 1000 morts.

DES CHIFFRES COMMUNS AU MONDE ENTIER

FRANCE – 18/07/2013 – En 2011, 20% des foyers les plus modestes consomment 28% de moins que la moyenne nationale. Depuis 2008, le niveau de vie de la moitié de la population a reculé. Les 20% plus riches consomment 53% de plus que la moyenne nationale.

EUROPE – 18/06/2013 – Il y a 10 usines automobiles de trop en Europe ; 58% des sites européens sont sous-utilisés, contre 40% en 2001.

FRANCE– 13/08/2013 – L’austérité revue par le capital. Comme l’écrit un journaliste :« entreprises mondiales redressent la tête. » Les bénéfices des 5 entreprises qui ont connu la plus grosse progression dans leurs bénéfices en 2012 sont : Crédit Agricole + 217%, Safran (aéronautique, défense ) + 48%, Cap Gemini (informatique) + 31%, Publicis + 15%.

MONDE – « les riches font tout pour rester riches » est le titre d’un article du Financial Times du 16/08/2013 qui constate que « la société est inégalitaire, plus grande est pour les riches l’invitation à empêcher les autres de les rattraper ». Aux États-Unis, la part de la richesse nationale détenue par les 1% les plus riches a doublé depuis le début des années 1970 et atteint maintenant 20% de cette richesse. C’est la même tendance en Grande-Bretagne, en Australie et au Canada, mais pas en France ni en Allemagne.
Aux États-Unis, entre 1993 et 2011, le revenu moyen a augmenté de 13%. Mais celui de 99% de la population n’a augmenté que de 5,8%. C’est aux États-Unis et en Grande-Bretagne que l’on trouve les taux les plus élevés d’une inégalité qui se perpétue. Tout y est fait pour que la transmission de cette inégalité se fasse dans les meilleures conditions.
Un bon exemple de cette « protection » que les riches mettent en place pour garder et éventuellement accroître leur position financière : devant le projet européen de limiter les salaires de ceux qui gagnent plus de 500 000£ par an (600 000 euros), un mouvement général d’augmentation desdits « salaires » dans 65% des groupes financiers a été observé, ces derniers ont augmenté les « rémunérations » de 20% et ont concédé des avantages« » hors du champ des « salaires ».

L’ILLUSION DU RECOURS LÉGAL

CORÉE DU SUD – 26/08/2013 – Il a fallu six années de protestations et d’actions diverses pour qu’un tribunal statue que le licenciement de onze enseignants d’une boîte privée est illégal et pour que soit ordonnée leur réintégration.

FRANCE – 13/09/2013 – Et trois ans après la fermeture de l’usine de pneus Continental de Clairoix, près de Compiègne, pour qu’un tribunal de Prud’hommes annule le plan social impliquant le licenciement de 700 travailleurs. Ceux-ci devraient recevoir –appel éventuel– une indemnité comprise entre 30 000 et 90 000 euros. Mais pas question de réintégration. Sur les licenciés, 300 sont en CDI et les 400 restants sont toujours au chômage.

AUSTRALIE –27/9/2013 –La Cour fédérale a imposé une amende de 800 000 euros à 117 ouvriers du bâtiment pour avoir mené une grève sauvage « illégale » de huit jours en octobre 2008 sur un site de construction d’une usine de gaz liquéfié , pour le motif d’avoir « îné des délais dans la construction et causé des pertes économiques ». 24 d’entre eux devront payer 8 000 euros chacun, les autres entre 800 et 4 000 euros. 500 000 euros seront à payer dans les deux mois le reste est « en sursis »mais deviendra immédiatement exigible si ces travailleurs se remettent en grève. Le but de ce jugement est manifestement d’intimider tous les travailleurs du pays et de barrer toute tentative de se lancer dans la grève.

LE CAPITAL CHINOIS ENTRE EN GRECE

« bons amis sont là pour aider quand on a des problèmes » déclaration de Wen Jiabao premier ministre chinois à G. Papandreou à Athènes (été 2011)
Alors que le capital chinois coule vers les pays de la zone euro, centré sur la mainmise des entreprises à formation intensive de capital (expertise high tech et/ou produits à forte valeur ajoutée), alors que les investissements en Afrique concernent avant tout l’extraction des matières premières et leur transformation ainsi que les productions agricoles intensives, les investissements chinois en Grèce sont orientés principalement vers les infrastructures comme les ports, les terminaux de conteneurs et les aéroports.De sorte que cela constitue une porte d’entrée recherchée vers l’Europe pour l’exportation en plein développement des produits manufacturés chinois.
Le plus connu de ces investissements chinois en Grèce est la location par COSCO du terminal de conteneurs n° 2 du port du Pirée ( jusqu’à 2039 pouvant être prolongé de 5 années), un investissement qui a été retardé à cause des grèves des dockers, mais pas annulé (1). Depuis 2010 Cosco a également loué et exploite effectivement le terminal n° 3 du port marchand de Neo Ikonio (Perama). COSCO voudrait que ce port accroisse sa capacité en juillet 2013 ( par exemple par l’amélioration des engins de manutention comme le grues des docks, l’agrandissement des terminaux 2 et 3 pouvant alors simultanément manipuler jusqu’à 3,7 millions TEU) (2)
En liaison avec ces investissements on peut citer le récent accord entre COSCO, Hewlett-Packard et TRAINOSE (3) qui permettra à Cosco d’acheminer les produits HP depuis le Pirée vers l’Europe centrale et septentrionale ( par exemple République Tchèque, Macédoine –FYROM, Bulgarie Serbie, Roumanie, Croatie, Slovénie, Autriche, Slovaquie, Hongrie) avec l’utilisation du centre logistique ODE à Thriasio Field, un énorme terminal logistique qui a été construit récemment et qui inclut des terminaux de conteneurs, des aménagements pour les marchandises et la logistique, des bureaux douaniers, etc... D’après les médias, des accords similaires avec des compagnies géantes comme Lenovo, LG, ZTE ( équipement de télécommunication), Huawei (équipements de télécommunication) et Samsung sont en cours de discussion alors que d’autres firmes ( comme IKEA, Dell, Sony et Hyundai y trouve un intérêt). Les conteneurs seront transportés par rail utilisant une nouvelle ligne de 17km relaient Ikonia à Thriasio Field, qui vient d être inaugurée en février. Ces investissements de l’Etat marquent la focalisation sur le transbordement des marchandises faisant de la Grèce un hub majeur pour l’ensemble de la zone européenne (4)
Des articles récents ont révélé que COSCO envisage de s’approprier l’OLP (Autorité du Port du Pirée) et d’accroître la capacité du port à 4,7 million TEU ( en faisant ainsi le plus grand port de la Méditerranée). Si cet investissement se réalise alors COSCO n’aura pas seulement le contrôle de tout le port du Pirée mais échappera à la redevance pour la location du port qui sera alors contrôlé par OLP et pas par l’Etat grec. COSCO, en coopération avec la China Railway Coopération est aussi intéressé pour prendre le contrôle de TRAINOSE qui, comme cela est déjà discuté assurera l’essentiel du transport de marchandises entre les ports grecs et les pays d’Europe de l’Est et du centre européen. Thessalonique est aussi le point de mire ( voir Hutchison Port Holdings), un investissement qui a déjà généré de fortes protestations publiques. Un autre projet d’investissement inclut les morts de la Crète comme celui proche de Timbaki, où un autre terminal doit être construit.
Si on constate l’importance de ces investissements et leur interconnexion doit regarder aussi dans la part croissante au cours des 20 dernières années du trafic maritime ( particulièrement pour les ports méditerranéens) impliqués dans le transport de grandes quantités de marchandises de valeur faible ou moyenne. En ce qui concerne la Chine particulièrement, la majeure partie des importation/exportation ( environ 50%) se fait avec la flotte marchande grecque.(5) De plus , la standardisation des conteneurs a conduit à la construction de types particuliers de navires et au développement d’infrastructures appropriées, avec le résultat d’une efficacité croissante dans le transport des marchandises et la gestion de l’ensemble des transports. On doit noter que le trafic global par conteneurs est passé de 6% du trafic total de marchandises à 16,5 % en 2011 ( ou 160 millions TEU) alors que pendant la même période la dimension moyenne du conteneur a doublé. Ces chiffres pourtant ne révèlent pas la totalité de l’histoire. Le trafic actuel est même encore plus grand, su chargement, déchargement, transport par bateau et retour des conteneurs vides est pris en considération, il atteint 600 millions TEU (6)
Piraeus Container Terminal (PCT) sous-traitant de COSCO joue un rôle clé dans la manipulation des marchandises dans le canal de Suez via le Pirée et est sensiblement plus efficient que question coûts que l’utilisation de la ligne de conteneurs via Gibraltar vers les ports important comme Rotterdam, Hambourg ou Anvers (7). Ceci est bien illustré par une augmentation de 75% du trafic par conteneurs via le terminal n°2 géré par PCT par rapport à 2011 ( 2,1 million TEU comparé à 1,2 million TEU). Rien d’étonnant au fait que le port du Pirée a connu la plus forte croissance annuelle, procurant à CISCO un profit net de 15,5 millions d’euros comparé à 5 millions l’année précédente.(8)
Des tendances similaires ont été enregistrées au terminal n°1, un nouveau terminal construit par OLP après que COSCO eut loué les terminaux 2 et 3 ; Selon les chiffres d’OLP, le trafic a augmenté de 27,5 % en 2012 par rapport à 2011. N Ikonio a connu aussi une augmentation de 12%. Cet accroissement du trafic est pour une bonne part dû aux accords récents signés avec la compagnie de navigation géante suisse-italienne MSC (Mediterranean Shipping Company). Les trafic total de conteneurs du port du Pirée (plus de 90% du trafic portuaire grec) s’est accru de1,85 million TEU en 2010 à 2,7 millions deux ans plus tard ( plus 218%) alors que pendant la même période le trafic de marchandises dans les principaux ports de la Méditerranée n’enregistraient qu’une augmentation de 20 %. Ainsi en 2012, les ports grecs prenaient 5,5% de tout le trafic de fret méditerranéen ( contre 4% en 2011 et de1,5 à 2% dans la période 2008-2010)(9), lequel représente 9% du trafic mondial global. Pour faire une comparaison, les ports européens du nord ont vu leur part de ce trafic chuter de 20% en 1990 à 10% en 2011. Ainsi alors que la part du trafic total des ports européens décroissait de 10%, cela n’affectait pas les ports de l’est de la Méditerranée, ce qui était dû au développement rapide des exportations asiatiques qui avait leur part dans la trafic de conteneurs passer de 27% en 1990 à 48% en 2011 (10). Il est important de souligner que cette croissance impressionnante s’est accompli en dépit des restrictions importantes des importations grecques dues aux restrictions drastiques des importations en raison des politiques d’austérité imposées depuis trois années et des problèmes de profitabilité des transporteurs internationaux à l’échelle du monde ( par exemple la baisse des taux de fret dû à la rapide croissance du tonnage maritime offert pour une demande décroissante, l’augmentation du coût des carburants, etc..)
Mais les opportunités d’investissement ne semble pas limités seulement aux ports mais aussi concernent les autres infrastructures : deux autres compagnies chinoises (Shenzhen Airport et Griedmann Pacific Asset Management) sont parmi celles qui sont intéressées à acquérir le principal aéroport grec à Spata. Acqu2rir ou même construire (voir Kasteli en Crète) des aéroports périphériques est aussi dans les cartons avec pour but de développer le trafic de marchandises et les services logistiques. Relier des derniers projets à ceux élaborés par COSCO est dans l’intérêt de diverses compagnies chinoises comme AVIC qui envisage de transférer en Grèce une partie de ses chaînes de montage. Si ces plans se réalisent, les pièces détachées , les composants seront importés de Chine pour être entreposés et acheminées par les terminaux de conteneurs ( par exemple N Ikonio, Thriasio Pedio, etc..) avant de parvenir sur les chaîne d’assemblage là où le produit final sera terminé. Alors ces produits seront étiquetés « made in UE » et soumis à la législation européenne. Cela signifie qu’ils seront protégés contre toute mesure antidumping comme celles récemment appliquée par les gouvernement européens et américains, en même temps améliorant la qualité du produit.
Un autre secteur paraît attirer les capitaux chinois est celui des énergies renouvelables, plus spécialement celles basées sur le solaire ou l’éolien . D’après les médias des compagnies comme Winsun et Hangering Holding Group tenteraient d’installer des parcs photovoltaïque( 1,2 GW au total) dans diverses régions grecques comme Ileia, Attica, Viotia, Macedonia) , un investissement de près de 2 milliards d’euros. Dongfang Electric International Corporation, mis à part un projet photovoltaïque de 250 MW, est aussi intéressé dans l’installation d’éoliennes pour 750 MW, un accord qui aurait été annonce en juin 2011 mais dont on ne sait rien sur la suite. Une autre compagnie,, Sky Solar Group voudrait acquérir les licences et des permis de construire pour 194 projets solaires, chacun capable de produire de 350 à 500 KWd’électricité pour un investissement total de 250 millions d’euros. De plus , on doit mentionner la part importante tenue par les modules photovoltaïques chinois sur le marché grec de l’énergie solaire, un marché en croissance forte depuis les années 2000 en raison des subventions de l’Etat. Cette part sera encore plus grande si ces investissements sont réalisés car les équipements seront bien sûr importés de Chine.
Il semble que la stratégie de l’Etat chinois est de promouvoir l’essor de ses compagnies orientées vers l’exportation en développant à la fois des entrées vers l’Europe autres que Naples, Marseille ou Valence et encore plus que Hambourg, Rotterdam ou Anvers et de conclure des accords d’investissements selon lesquels les équipements et les technologies seront acquises auprès des compagnies chinoises. De ce point de vue, il est aussi important de noter que les banques d’Etat, telle que Chnia Development Bank déjà mentionnées assure le financement de ces projets

République tchèque-10/10/2013 - Pardubice (90000 habitants) Foxconn y a implanté une usine, à l’origine exploitant 8 000 travailleurs mais en a licencié 3 500 lors de la crise de 2008, sans pour autant diminuer la charge de travail mais en modifiant les conditions de travail pour accroître la productivité.. Actuellement 4 000 immigrés (Vietnamiens, Bulgares, Mongoliens) y sont exploités et seulement quelques centaines de tchèques .Le salaire mensuel est de 500 euros pour une équipe de 12 heures six jours sur sept. Mais la discipline est si stricte que les pénalités tombent, réduisant ce salaire : il est interdit de parler, de boire de l’eau pendant le travail. De même si l’objectif de production n’est pas atteint.. Si un des travailleurs sur la chaîne pour une raison quelconque fait stopper la chaîne, ce sont tous les exploités sur cette chaîne qui sont pénalisés. Des « leaders » assurent un strict contrôle. Lorsqu’un bulgare réclame pour son salaire la direction menace de virer tous les bulgares.