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Dans le monde, une classe en lutte juin 2013

vendredi 28 juin 2013, par françois

Comme des vagues ?

Comme des vagues qui reviennent incessamment battre le pied de la falaise, qui se retirent pour revenir peu après plus ou moins fortes, en attendant une grande marée ou un raz-de-marée ? Depuis déjà plusieurs années, des mouvements presque inconnus jusqu’ici mais qui se répètent sont venus s’échouer sur le pied de la falaise capitaliste. Nul ne peut dire ce qu’ils recèlent, pas plus que l’effet qu’ils peuvent avoir à court ou à long terme.? Mais le fait est que ces mouvements reviennent, avec des caractères identiques, même si l’événement qui les fait surgir est chaque fois différent.? On pourrait en citer la longue liste seulement dans les deux ou trois dernières années ; chacun peut puiser dans ses archives ou dans sa mémoire. Tout récemment, on retrouve la vague en Turquie, au Brésil, en Bosnie, au Chili, alors que des vagues anciennes en Tunisie, en Égypte, et ailleurs ne sont pas entièrement éteintes.?

Les plus importantes de ces vagues récentes présentent les mêmes traits que les diverses vagues antérieures. Elles surgissent brusquement, à propos d’une mesure ponctuelle, sur un fond de crise économique, d’impuissance politique à en résoudre les effets, lesquels mettent à jour corruption et complicité et font éclater les idéologies politiques dans la réalité du fossé croissant entre ceux qui s’enrichissent et ceux qui s’appauvrissent.
Elles réunissent dans un mouvement spontané des foules hétéroclites, essentiellement des jeunes, mais qui ne suivent pas le slogan d’une organisation politique ou syndicale. Elles sont convoquées par des inconnus à travers les moyens médiatiques modernes, relayées par une masse d’internautes tout aussi inconnus. Elles n’avancent pas de revendications globales au delà des faits ponctuels qui les ont déclenchées, sauf la vague formulation d’un "Que ça change !". Elles sont pacifiques dans l’occupation permanente d’un espace public même si elles peuvent connaître quelque agressivité marginale et/ou défensive mais sans même, en général, une attaque contre les bâtiments et/ou les symboles du pouvoir politique ou économique.

Ce flou, tant dans leur explosion, dans leur propagation que dans leurs revendications, déroute aussi bien les gérants politiques du système que les "avant-gardes" politiques ou syndicales, porteuses d’actions contre le système et de "solutions" pour le remplacer. Elles ne trouvent pas de soutien direct auprès des travailleurs, dans une grève générale illimitée qui pourrait leur donner une puissance redoutable. Elles sont l’objet d’une répression, même si elles connaissent à leur début quelque tolérance ; une répression directe, violente, alors qu’en fait elles ne sont une menace que par leur permanence et, lorsqu’elles sont éteintes, d’une répression indirecte contre ceux qui ont pu apparaître comme les acteurs ou par des mesures législatives ciblées contre certains des moyens techniques utilisés lors de leur expansion (depuis les différents médias jusqu’à des dissimulations vestimentaires). La répression violente directe ne les fait pas mourir en une seule fois : au contraire, elles peuvent se répéter jusqu’à épuisement, résultant de l’emploi de moyens de contrôle de plus en plus puissants, sans qu’aucune conciliation ne soit tentée dans des rencontres rendues difficiles en raison du caractère hétéroclite de la composition sociale et des revendications (quand il y en a) disparates.?Quel avenir pour ce mouvement ? Qui peut le dire ? Plusieurs faits peuvent permettre d’espérer qu’ils expriment quelque chose d’autre que ce que l’on a pu connaître jusqu’à présent, dans les résistances au système capitaliste, voire une avancée vers un monde communiste. Même s’ils restent contenus dans leurs limites nationales, leurs caractères communs servent de toute évidence de modèle international, d’autant plus que les médias peuvent en diffuser l’existence, le caractère et l’évolution en temps réel ; c’est une sorte d’internationalisation d’une lutte.

L’avenir dira si nous nous trouvons devant la gestation difficile d’une nouvelle société, mais on reste quelque peu impuissant à en mesurer la profondeur, à en prévoir l’évolution, à faire quoi que ce soit pour y contribuer, sauf à y participer là où nous sommes, et pour le moment à propager le plus largement possible ce qui se passe ailleurs.

BANGLADESH

Il faut sans cesse relater ce dernier crime du capital

Cela se passe à Savar, dans la banlieue de la capitale Dhaka
Un immeuble de 8 étages – Rana Plaza – abrite une banque au rez-de-chaussée et 5 usines textiles où travaillent 3 200 travailleurs (c’est une estimation car la corruption généralisée fait que tout est sous-évalué), des femmes pour la plupart. La construction de l’immeuble n’a été autorisé que pour 5 étages, mais de telles infractions couvertes par la corruption sont fréquentes, de même que les malfaçons.
Le mardi 23 avril, des fissures sont constatées dans les murs du bâtiment et les travailleurs en sont évacués : le propriétaire convoqué déclare que c’est sans danger. Le lendemain matin, mercredi 24, la banque reste fermée mais les patrons des ateliers de confection contraignent les travailleurs à regagner leur poste. Quelques heures après, l’immeuble s’écroule totalement : on retirera des décombres plus de 1 200 corps et plus de 1 000 blessés plus ou moins sérieusement. Le fait que l’immeuble se soit ainsi effondré comme un château de cartes et les photos du tas de gravats qui sont les seuls décombres confirment que l’immeuble de béton a été construit pratiquement sans armature métallique. L’effondrement a pu être dû aux trépidations des machines à coudre, et il a été si soudain qu’aucun des travailleurs n’a eu le temps de gagner une sortie.
La dimension meurtrière de la catastrophe entraîne une médiatisation mondiale, une stigmatisation des donneurs d’ordre (multinationales de la confection et de la distribution), et une réaction violente de tous les travailleurs du secteur textile du pays. Un coin du voile est levé sur les conditions d’exploitation de ces travailleurs, ce qui n’était guère connu auparavant. Mais plus que sur l’ensemble de ces conditions, l’accent est mis surtout sur l’insécurité, qui n’est pas due tant aux matériaux utilisés (teintures, solvants…) qu’aux locaux utilisés : sorties bloquées pendant le travail pour éviter les sorties et/ou les vols, pas d’automatismes anti-incendies, extincteurs en nombre réduit ou hors d’usage, aucun contrôle ou contrôles arrangés par la corruption.
Depuis 2005, plus de 700 travailleurs ont été brûlés vifs dans des incendies. Un des derniers en date, le 24 novembre 2011, a tué 112 travailleurs et en a blessé 150 autres, le patron ayant retardé l’évacuation malgré l’alerte incendie. Le 8 mai dernier, un autre incendie a fait 8 morts, la plupart ont été asphyxiés par les vapeurs toxiques des tissus enflammés.
Dans les heures qui ont suivi l’effondrement de l’immeuble, les travailleurs de toutes les usines (essentiellement textiles, de la zone industrielle concentrée autour de Dhaka) se sont mis en grève, grèves qui, comme cela s’est souvent produit dans le passé, se sont répandues, bloquant les axes routiers, provoquant des affrontements avec les flics de l’unité spéciale anti-émeutes le RAB, incendiant voitures, camions et usines. Cela dura près d’une semaine bien que le gouvernement, pour prévenir des troubles plus conséquents, ait ordonné la fermeture des entreprises de la zone.
Parallèlement, le gouvernement tente de calmer le jeu mais cela ne peut aller bien loin car plus du tiers des membres du Parlement et du gouvernement sont eux-mêmes patrons, ou liés de près à cette industrie textile. Pour satisfaire en apparence le mouvement de révolte, des poursuites sont engagées contre quelques têtes responsables directes de la catastrophe : le propriétaire de l’immeuble est arrêté alors qu’il tentait de gagner l’étranger, ainsi que 6 patrons ou responsables des entreprises textiles concernées ; gageons qu’ils retrouveront leur liberté lorsque cette tempête sera calmée.
Le syndicat patronal du textile, le Bgmea, décide que les salaires seront payés de toute façon et offre une indemnisation d’un mois de salaire – 30 euros – pour compenser le préjudice physique et/ou moral. Le gouvernement décide de fermer immédiatement pour des raisons de sécurité 16 usines… sur 5 400 du secteur, et poursuit des enquêtes de sécurité dans les autres (vu ce que donnaient ces enquêtes précédemment, on peut se douter de ce qu’elle seront). Les multinationales de la confection et/ou de la distribution déversent dans les médias leurs bonnes intentions et leurs protestations d’ignorance des conditions d’exploitation de la force de travail, produisant cette manne de produits au meilleur coût et leur permettant d’engranger la plus grande partie de la plus-value.
Les protestations, comme auparavant, resteront lettre morte, et il n’est pas inutile d’analyser comment, dans ce domaine du textile comme dans d’autres, sur un plan mondial, se déroule le processus de production au moindre coût en éludant l’ensemble des contraintes éventuelles étatiques dans le domaine social et/ou environnemental.
Les donneurs d’ordre – acheteurs initiaux – sont les multinationales (dans le textile, les "marques" comme Adidas, Benneton , H&M, Gap, etc.), ou les chaînes de distribution (Wal’mart, Carrefour, C&A, etc…). Ces firmes lancent un appel d’offre pour un produit défini à des conditions précises, et donnent le marché au mieux offrant, où qu’il soit, il s’agit souvent pour le textile de firmes taïwanaises, coréennes, japonaises, etc., rarement locales. Ces firmes ont des usines dans différents pays, le plus souvent dans tout le Sud-Est asiatique. Pour tenir les prix, elles peuvent, ou déplacer les usines là où la force de travail peut être exploitée dans les pires conditions (le Bangladesh est bien placé au bas de l’échelle des conditions d’exploitation), ou sous-traiter tout ou partie du travail concerné en ne conservant que la partie finale de la confection ; souvent, les contrôles ne s’appliquent que dans cette partie finale, alors que la masse des sous-traitants y échappe. Une pratique courante, pour faire face aux aléas de la production et aux réactions ouvrières, est de fermer l’usine et d’en rouvrir une autre ailleurs sous un autre nom, mais dans les mêmes conditions.
Pour garantir leur réputation, les multinationales diverses citées ont dû aller au delà des prétendus audits antérieurs. Le 12 mai, les principaux donneurs d’ordre européens signent avec des fédérations syndicales internationales, sous l’égide d’ONG, un accord qui ne change rien aux conditions de travail mais par lequel les firmes signataires s’engagent dans les quarante-cinq jours à venir à mettre en place un plan pour protéger les travailleurs du textile contre les incendies, l’effondrement des bâtiments, avec la mise en œuvre de moyens "garantissant un niveau raisonnable de santé et de sécurité". Cet accord ne couvre même pas toute l’industrie textile. Les mesures concernées seront plus sévèrement appliquées sur seulement un tiers des usines et le dernier tiers avec un minimum de contraintes. De plus, 14 des plus grandes firmes américaines du textile et de la distribution ont refusé de signer cet accord. On peut penser que, finalement, au delà de cet effet d’annonce, peu de choses changeront. Les salaires restent à environ 30 euros par mois (quand ils sont payés) pour dix à quinze heures quotidiennes (extensibles sans contrepartie), six jours sur sept.
Le Bangladesh a encore la réputation d’avoir les salaires les plus bas du monde : sur la base 100 en 1996, ces salaires de base ont été multipliés par 6 en Chine et seulement par 3 au Bangladesh, même après leur doublement en 2010 ; ces salaires bas expliquent que malgré les troubles politiques et sociaux qui interrompent souvent la production, les commandes continent d’affluer de la part des multinationales. Il y a bien eu ces salaires minimum bloqués depuis quatre mois, mais il faut souvent des grèves pour les faire appliquer. Sur le papier, les travailleurs peuvent former un syndicat (c’est encore affirmé dans l’accord que nous venons d’évoquer) mais dans la pratique, toute tentative est durement réprimée, tout activiste est immédiatement viré, souvent avec l’appui des autorités. En 2012, un militant syndical qui s’était plaint du harcèlement des forces de sécurité a été assassiné et son corps abandonné sur une autoroute.
Ces salaires et ces conditions de travail exceptionnellement bas expliquent que malgré une insécurité totale et la récurrence des grèves, les multinationales continuent à se fournir dans ce pays.
Les usines fermées à cause de grèves ou sur ordre gouvernemental rouvrent toutes après environ une semaine d’arrêt, et le travail reprend.
Une question que l’on peut se poser est précisément pourquoi les travailleurs du textile acceptent de continuer à travailler dans de telles conditions d’exploitation. L’explication doit être cherchée dans les conditions particulières du pays.
Géographiques d’abord : la surpopulation (1 066 habitants au km² contre 120 en France), un pays de tous les dangers avec des inondations et des cyclones qui font des milliers de victimes. Sociales : les 2/3 de la population sont d’origine paysanne et subissent le poids, notamment pour les femmes, de coutumes plus ou moins barbares. Politiques car les deux partis principaux, l’un musulman, l’autre hindouiste, épousant les séquelles de la décolonisation, se disputent le pouvoir avec violence : grèves et manifestations font des dizaines de morts (et ont des conséquences économiques, depuis janvier 2013, ces affrontements politiques ont entraîné trente-trois jours d’une quasi paralysie du pays).
Tout concourt à entretenir un climat global d’insécurité dans un pays miné par la violence légale et la corruption. Les conditions extrêmes de la vie dans les campagnes et la surpopulation entraînent un exode rural vers des conditions moins dures, qui peuvent paraître comme une libération du joug des coutumes, de la religion, de l’isolement, et d’une autre forme d’insécurité plus inévitable puisque liée aux catastrophes naturelles ; tout cela concerne plus particulièrement les femmes.
Depuis la mi-mai 2013, des milliers de travailleurs de douzaines d’usines de la banlieue de Dhaka continuent de manifester pour les salaires et la sécurité, suivant un schéma trop habituel : barrages routiers, violence policière. Le 27 mai, 20 000 travailleurs de la confection à Ashulia bloquent l’autoroute proche : 50 blessés.

Brésil

Depuis le 10 juin 2013, manifestations et émeutes se succèdent dans plus de 8 villes du pays, au départ, dans l’Etat de São Paulo, contre la hausse du prix des transports publics qui, pour être minime, n’en est pas moins insupportable pour la partie la plus pauvre de la population (le coût des transports peut atteindre près du quart d’un revenu moyen et beaucoup de voyageurs passent entre quatre et six heures quotidiennes dans les bus pour aller au boulot). Depuis plusieurs semaines, l’association MPL (contre les conditions observées dans les transports publics) regroupait essentiellement des étudiants. Peu nombreuses au début mais, comme ces manifestations surprises, pacifiques, étaient durement réprimées, la dimension de la protestation sociale est devenue plus politique, contre la corruption, contre les énormes dépenses engagées pour « tenir le rang du pays » lors du mondial de foot l’an prochain, dans un climat de frustration globale de toutes les couches de la population (ces dernières années ont vu un ralentissement de l’activité économique et une inflation record pour certains produits alimentaires).
Autour de tous ces thèmes, des débats se sont engagés tant dans les lieux publics que sur Facebook, ce qui a donné une autre dimension au mouvement, tant géographique que par les couches sociales participantes. Les manifestations se sont répétées, drainant des foules plus importantes et entraînant un enchaînement de violence, celle des flics et, en réplique, celle des manifestants. Chaque nuit, dans de nombreuses villes, manifestants et flics s’affrontent : centaines d’arrestations, douzaines de blessés.
Le 17 juin,100 000 manifestants à Rio attaquent et tentent d’incendier le bâtiment de l’assemblée législative et les flics tirent à balles réelles. Le même jour, 65 000 manifestants à São Paulo coupent les ponts de la ville, à Porto Alegre d’autres construisent des barricades, des centaines occupent le toit du Parlement à Brasilia, d’autres affrontement les flics à Beli Horizonte, etc. Le jeudi suivant, le 20 juin, ils sont près d’un million à se retrouver dans les rues et on assiste à des pillages de magasins et à des tentatives d’incendies de bâtiments publics.
L’annulation de l’augmentation du prix des transports et diférentes promesses de la présidente n’ont rien calmé de l’ampleur des manifestations, émeutes et pillages. A Rio, une manifestation dans une favella de 130 000 habitants a entrraîné une bataille rangée avec les flics et au moins 10 tués à balles réelles. « Des balles en caoutchouc pour les manifestants, de vraies balles contre les favellas »

GRECE

Est-ce notre futur ?
Tout ou presque de ce qui se passe aujourd’hui en Grèce
« On pouvait, dès le premier moment de la dérégulation financière, annoncer la perspective d’une immense catastrophe, et ce sans savoir ni où, ni quand, ni comment exactement elle allait se produire. Elle a mis vingt ans pour survenir et nous y sommes » (Frédéric Lordon, directeur au CNRS).
« Les entreprises grecques redressent la tête » (Le Monde, 13 mai 2013). Mais à quel prix pour les travailleurs et l’ensemble de la population, à l’exception d’une infime minorité de possédants et de leurs larbins politiques ?
Le corps de cet article contredit quelque peu cette assertion d’un redressement : « Les coûts salariaux ont baissé mais cela n’a pas eu d’incidence sur l’emploi… L’augmentation des impôts annule l’effet des réductions de salaires… 80 % du budget sert à payer les intérêts de la dette… »
Un commentateur, analysant les réponses à la crise, des réponses qui, on le voit, sont des mesures prises un peu à l’aveuglette, mais dont l’effet majeur est de restreindre les conditions de vie de l’immense majorité de la population, constatait que l’on se trouvait dans une situation de « guerre non déclarée ».
Ce qui se passe en Grèce, c’est ce qui s’amorce dans toute l’Europe, pour ne pas parler du monde.
Au cours des six dernières années de récession et de plans successifs d’austérité, le PIB a chuté de 20 %. D’innombrables journées de grèves, ponctuelles ou générales, limitées, de manifestations accompagnées de violences retenues, d’actions diverses d’occupations ou de désobéissance civile, n’ont nullement amené un ralentissement quelconque de ce cours inexorable, dicté par l’internationale du capital.
L’offensive – la guerre non déclarée – a d’abord touché l’ensemble des droits de tous les travailleurs ou ex-travailleurs (retraités, chômeurs, etc.). Les chiffres donnés concernent le côté « légal » des estimations d’une situation qui, en fait, est bien en deçà (le travail clandestin, important en Grèce, partie du système d’exploitation de la force de travail, est aussi touché par la crise du capital).
Le salaire mensuel moyen est présentement de 480 euros et a baissé de 50 % en six ans, de même pour les retraites.
Le chômage est estimé à 27 %, et à près de 60 % pour les jeunes.
Il n’y a plus aucune protection pour l’exploitation de la force de travail : pas de conventions collectives, pas de salaire minimum, et bien des droits sociaux sont supprimés. Avec les licenciements des fonctionnaires – sauf armée et flics – il y a de moins en moins d’effectifs pour appliquer les contrôles aux débordements du capital et/ou des individus.

Depuis longtemps, on a dépassé le stade de la vente de l’argenterie (en France, on en est seulement à ce stade en vendant les participations que l’Etat avait conservées lors des privatisations des entreprises publiques). En Grèce , on a dépassé les privatisations et l’élimination de tous droits sociaux : on vend tout ce qui peut être vendu, au capital étranger si possible. La liste est édifiante :
-  vente des monuments historiques dont des Acropoles pour en faire des hôtels de luxe
-  vente des îles à des émirs arabes
-  vente de tout ce qui concerne la gestion de l’eau et des déchets avec d’incalculables effets écologiques pour les populations, d’autant plus que du fait des licenciements massifs, les contrôles sont de plus en plus restreints
-  une spéculation internationale sur toutes les sources d’énergie, non seulement sur les rivières mais partout où l’on peut installer des centrales ou des panneaux solaires (ce qui stérilise les sols), ou des éoliennes (une forêt d’éoliennes financée par EDF garnit ainsi le sommet d’une montagne). Le soleil et le vent sont ainsi vendus aux pays industrialisés qui gagnent ainsi sur le marché du CO² le droit de continuer à polluer à domicile.
C’est ainsi qu’est lancé un « programme soleil », initié par l’Allemagne, pour exporter dans ce pays l’électricité produite par les énergies renouvelables, et couvert par un emprunt auprès de la BCE (les panneaux solaires sont fournis par Siemens).
Un autre aspect de la crise : le coût des carburants et du gaz est tel qu’une bonne partie des Grecs se reporte sur le bois pour tous les chauffages domestiques ; le pillage sauvage des forêts est d’autant plus important que tout contrôle forestier est pratiquement aboli du fait de l’élimination des fonctionnaires. Avec pour conséquence un taux de pollution inégalé des villes, et une augmentation des problèmes respiratoires au moment où les services de santé sont démantelés.
Face à cet approfondissement de la crise et des attaques tous azimuts du capital, la fiction d’un Etat « régulateur » s’efface pour montrer qu’il n’est plus qu’un simple agent des intérêts du capital national et international.

Assiste-t-on pour autant à un approfondissement des résistances à cette « guerre qui ne dit pas son nom » ?
Les repères traditionnels des luttes ouvrières ont pratiquement disparu :
-  comment lutter pour les salaires face à des attaques généralisées depuis des années, alors que toutes les actions classiques ont été impuissantes ?
-  que peut signifier la lutte pour l’emploi alors que les licenciements se sont généralisés, y compris dans des secteurs jusqu’alors protégés comme pour les fonctionnaires ?
-  y a-t-il une résignation générale résultant de cette impuissance d’influencer quoi que ce soit dans tous les domaines de l’exploitation de la force de travail, comme dans la dégradation ou la disparition des services publics, et de cette invasion du capital international ?

Il y a bien eu et il existe toujours des luttes, mais aucune permanence ou une coordination vers une grève générale ou toute autre action généralisée. Il ne suffit pas de dire que les organisations diverses – partis d’opposition, syndicats ou toute autre forme plus ou moins clandestine d’action – bloquent quelque peu toute poussée vers un mouvement sauvage qui échapperait à leur contrôle.
Toutes ces actions dispersées dans tous les domaines, si elles ne se coordonnent pas, s’enchaînent pourtant dans une continuité, certaines pouvant s’affaiblir dans un secteur pour renaître dans un autre.
Une bonne partie des actions de « survie », pour faire face à la pauvreté, forment une sorte de chaîne de solidarité. Elles sont dues aux circonstances et l’on peut espérer qu’elles subsisteront et se développeront avec une transformation des mentalités générées par le capitalisme. Ces actions s’expriment principalement dans deux secteurs de base : l’alimentaire et la santé :
-  tout un réseau coopératif s’est développé, « du champ à l’assiette » autour de cuisines collectives ou des centres de distribution directe, de la réappropriation des sols et de la remise en culture de terres abandonnées à cause de la PAC européenne, depuis la fourniture de semences à la distribution
-  tout un réseau de dispensaires propose les soins à ceux qui ne peuvent plus aborder la médecine payante et la fermeture tant des dispensaires que des hôpitaux ; animés par des bénévoles, ils dispensent soins et médicaments gratuitement.

Si ces actions permettent la survie et sont tolérées, car, finalement, malgré les traits positifs, elles permettent la continuité du système et atténuent les tensions sociales, d’autres actions restent dans le collimateur des dirigeants. La crainte de voir des luttes ouvrières dégénérer et être les initiatrices d’un mouvement plus vaste et non plus ponctuel est manifeste. La preuve en est dans l’utilisation, pour réprimer les grèves récentes, d’une loi ancienne instituant l’État d’urgence sous contrôle militaire contre les catastrophes naturelles : la grève « catastrophe naturelle ». Ceux qui ne se plieraient pas aux ordres du pouvoir pourraient être arrêtés et condamnés jusqu’à cinq ans de prison.À deux reprises, cette loi a été utilisée en janvier dernier pour briser une grève des conducteurs du métro d’Athènes, et en février contre une grève des marins. Ces derniers bloquaient les ports du Pirée, de Rufina . Lors de la grève du métro, en février,la police des émeutes envahit le dépôt de trams à Athènes occupé dpuis 9 jours contre une baisse de leurs salaires et en défiance de l’injonction judiciaire de reprendre le travail/ 90 blessés, 10 arrestationsavrio pour le paiement de salaires (jusqu’à sept mois de retard).Tout récemment, un pas a été franchi, cette loi a été utilisée pour prévenir une grève qui n’avait pas encore éclaté : une réforme de l’enseignement secondaire prévoyait le blocage des salaires, l’allongement du temps de travail de deux heures par semaine sans augmentation de salaire, le licenciement de 10 000 enseignants et la mutation forcée de 4 000 autres dans les zones reculées du pays. Devant la menace de grève des 88 000 enseignants du secondaire prévue pour le vendredi 17 mai, début des examens d’entrée aux universités, le gouvernement déclare l’Etat d’urgence. Le mardi 14 mai, les assemblées régionales de syndiqués décident à 95 % de passer outre et de faire la grève malgré la réquisition. Mais le syndicat et le gouvernement parviennent à stopper la grève avec des promesses et l’ouverture de négociations, les examens sont tenus comme prévu.

Suède

Une nouvelle révolte des banlieue
– 2/05/2013 – Stockholm, dans un faubourg de la ville, Husby (une des banlieues les plus ségréguées ethniquement et socialement), les flics assassinent un vieillard (un vieil émigré blanc) d’une balle dans la tête dans son appartement, et tentent de couvrir le meurtre ; ils avaient été appelés pour régler un simple incident de voisinage. Le 15 mai, une manifestation organisée par une organisation communautaire, Megafonen, pour protester contre ce meurtre et le harassement quotidien des flics, ne réunit que 80 participants qui marchent depuis un autre faubourg proche, Kista, jusqu’à Husby.
Le 19 mai et les nuits qui suivent, des émeutes éclatent dans différents faubourgs de Stockholm dans une sorte de guérilla urbaine, avec le cortège habituel d’incendies et de violence. Contrairement à ce que propagent les médias internationaux, cela fait près de vingt ans que de telles réactions existent, après l’introduction dans les années 1990 d’une politique d’austérité, presque aussi drastique que celle que subissent les travailleurs grecs actuellement.

Italie

Grève dans les entreprises de logistique : l’art et la manière d’exploiter des travailleurs a minima

22 mars 2013 – Une grève de vingt-quatre heures appelée par les syndicats Cobas bloque l’ensemble des entrepôts par lesquels transitent pièces détachées et produits manufacturés pour leur redistribution, élément essentiel dans une économie basée sur la production et la distribution à flux tendu. La revendication est simplement l’établissement d’un contrat collectif qui s’appliquerait à l’ensemble des travailleurs de ce secteur. En Italie, pratiquement, la règle dans les entreprises de logistique est un système coopératif détourné de ce que l’on pourrait concevoir dans une coopérative : changements continuels de contrats, pratiques illégales, exploitation de travailleurs migrants, les travailleurs contraints de devenir "coopérateurs" ce qui en fait des "patrons" privés de toute garantie salariale. Une convention collective instituerait un statut unique permanent, une garantie des salaires et une protection contre les mauvais traitements.
Au cours de l’été 2012, les travailleurs de TNT à Piacenza, la plupart immigrés, aussi liés par contrat à une coopérative, avaient obtenu par leur lutte un véritable contrat de travail, ce qui leur permettait d’avoir un permis de résidence. Jusqu’alors, leur situation était en totale illégalité, ce qui leur interdisait toute démarche en ce sens.
Courant 2012, une autre lutte a rompu avec le même système d’entrepôt coopératif à Anzola. Cette coopérative géante (Coop, liée au parti démocratique italien et au syndicat Cgil) exploitait les travailleurs dans une coopérative sous-traitante. Un changement de contrat fit que tous les travailleurs furent transférés dans une autre coopérative, Astercoop : temps de travail accru, salaires réduits, effacement de l’ancienneté.
La lutte qui s’ensuivit fut soutenue seulement par les Cobas, pas par les "grands syndicats" liés à la Coop, et obtint finalement de sérieuses garanties. En novembre 2012, une grève de cinq jours, avec blocage des entrepôts, réprimée par intervention policière, ne réussit pas à modifier les projets de la Coop mais en février 2013, lorsque ces projets devinrent une réalité, trois militants syndicaux furent licenciés et la grève reprit : la Coop dut céder, les licenciés furent réintégrés, et le nouveau contrat annulé.
Avant la grève de vingt-quatre heures, pressions, menaces diverses et sabotage des véhicules des militants tentèrent de réduire son impact. Malgré tout, des milliers de travailleurs dans les principales villes de l’Italie du Nord. Les flics attaquèrent le piquet devant l’entrepôt de la Coop à Anzola, faisant trois blessés. Ces jours et les jours suivants, l’activité économique fut sérieusement perturbée, notamment dans la distribution.
Discussions en cours en vue d’un contrat collectif.

Turquie
Une nouvelle occupation de l’espace public
– Juin 2013 – Les événements présents en Turquie ne tombent pas soudainement du ciel. Ils ne se réfèrent pas seulement à la crise mondiale mais aussi à des années d’affrontements avec le régime politique.
Le 1er mai 1977, à Istambul, 500 000 travailleurs se rassemblent place Taksin, six années après un coup d’Etat des militaires au cours duquel trois étudiants avaient été pendu ; le rassemblement est attaqué par la police et l’armée qui laissent 34 tués sur le terrain. La place Taksin devient un symbole et chaque premier mai voit un peu partout en Turquie des rassemblements illégaux importants, accompagnés de dures répressions. Le plus important se tint en 2007, commémoration de trente ans sur la place Gezi, voisine de la place Taksin. Il en fut ainsi jusqu’en 2011 lorsque le gouvernement autorisa finalement les manifestations du 1er mai.
La manifestation du 1er mai 2013 a pris une signification particulière en raison de l’intention proclamée par le gouvernement de détruire (non sans arrières pensées) les places Taksin et Gezi pour y implanter des ensembles immobiliers, dont des centres commerciaux « modernes ». 22 000 flics sont mobilisés pour empêcher la manifestation sur la place Taksin mais elle se déplace dans le district central de Sidi. Des barricades sont édifiées autour de la place Taksin et autour de la résidence du Premier ministre. De nombreux blessés et 72 arrestations.
Dans la dernière semaine de mai, quelques dizaines d’opposants pacifiques campent place Gezi pour s’opposer au projet urbain impliquant l’arrachage de centaines d’arbres. La police intervient brutalement pour les en expulser le 31 mai, ce qui déclenche une véritable révolte populaire. Le samedi matin 1er juin, des milliers de manifestants se rassemblent place Taskin toute proche pour un sit in pacifique ; de nombreuses autres villes de Turquie, dont Ankara la capitale, connaissent de semblables occupations (début juin, on compte 235 manifestations dans 67 villes). Comme ces rassemblements se font par le canal des réseaux sociaux et d’Internet, ceux-ci sont bloqués ou brouillés ; mais les manifestations continuent.
À l’obstination du Premier ministre, traitant manifestations et revendications par le mépris, répond la détermination des manifestants : « Taksin est partout, la résistance est partout. » Les manifestants sont d’une grande diversité : depuis des nationalistes turcs aux Kurdes, des gens totalement apolitiques, des fans de foot, etc. De nombreux témoignages de solidarité dans les transports, les soins aux blessés, etc., ont montré que le mouvement était d’une bien plus grande ampleur que l’action d’une minorité. Début juin, on comptait près de 1 000 arrestations et près de 2 000 blessés.
Une sorte de jeu de chat et de la souris s’est établi depuis, le Premier ministre proposant des discussions avec des « représentants » des manifestants et en même temps renforçant la répression, alors que les manifestations se répètent quotidiennement

Le capital et les autres luttes de par le monde

Les dirigeants séquestrés, lynchés, exécutés

Chine—21/6/2013 –A Qianzi petite ville au nord de Peking,, une usine américaine Speciality Medical Supplies fabriquant des produits pharmaceutiques est en passe d’être délocalisée en Inde. Craignant non seulement pour leur emploi mais aussi d’être mis sur le pavé sans indemnités et avec des arriérés de salaires comme cela se produit fréquemment, les travailleurs de l’usine ont fait prisonnier leur patron Chip Starnes et ont convoqué les médias pour le faire voir derrière les barreaux. Ils craignent qu’il disparaisse dans la nature d’autant qu’il dispose d’un passeport étranger.. Ils gardent aussi les machines déjà empaquetées pour le transfert ou leur vente

La grève et les blocages

*Hong-Kong – 25/04/2013 – 450 dockers bloquent le réseau routier pendant plusieurs heures. Ils sont en grève depuis fin mars pour une augmentation des salaires de 23 % alors qu’on ne leur offre que 5 à 7 %. La plupart ne travaillent pas directement pour le port mais à travers des sous-traitants pourvoyeurs d’esclaves, notamment à la firme HK International Terminal devant le siège de laquelle ils ont établi un campement. Le 11 mai, après quarante jours de grève, les grévistes rejettent à 98 % une offre patronale de 9,8 %. Mais le leader du syndicat Union of Hong Kong Docworkers accepte l’offre en arguant que cet accord a été accepté à 66 %, non-grévistes inclus. Tous reprennent le travail.

*Iran – 24/04/2013 – 300 travailleurs d’une mine de cuivre, en grève avec occupation pour salaires et conditions de travail, sont virés par l’intervention des gardiens de la révolution.

La grève et rien d’autre

*Ghana – 5/04/2013 – 3 000 mineurs d’or sont en grève illimitée dans les mines de Tarkuva et de Danang de la Goldfields Ghana pour de meilleures conditions de travail et la fin de discriminations raciales.

*Émirats arabes – Dubai
– 27/05/2013 – Quatre jours de grève illégale de milliers de travailleurs de l’Inde, du Pakistan et du Bangladesh, exploités par Arabtec, la plus grande entreprise du bâtiment des Émirats pour des augmentations de salaires. Ils ont refusé de quitter leurs « camps » où ils sont assignés. Leur salaire de 200 euros mensuels est absorbé à 60 % par les envois à l’étranger, et une partie du reste sert au remboursement des dettes contractées pour leur embauche auprès des agences de recrutement. 500 d’entre eux sont contraints de retourner dans leur pays d’origine. 25 autres esclaves menacés d’expulsion déclenchent avec leurs camarades de misère une protestation mais ils sont attaqués par les flics et doivent se replier dans les dortoirs. Au même moment, à Bahrein, 1 800 travailleurs exploités par le trust grec GP Zachariades, troisième employeur du Golfe, obtiennent après cinq jours de grève le paiement de deux mois de salaires en retard.
*Cambodge – Mai 2013 – Des milliers d’exploités des usines de confection et de godasses sont en grève pour les salaires et les conditions de travail : 4 000 à Sabrina dans la banlieue de Phom Penh, 200 dans une usine de confection dans la province de Takso, des milliers dans les usines de chaussures d’une usine taïwanaise.

*Chili – 6/04/2013 – Les dockers du port d’Angano en sont à leur troisième de grève, laquelle s’est étendue à 8 autres ports chiliens alors qu’ils reprennent le travail. Contre la suppression de la demi-heure de pause déjeuner, elle a pratiquement bloqué toutes les exportations de cuivre et de fruits. La pause est maintenue et quelques avantages sont gagnés.

*Brésil – 22/05/2013 – Les dockers des principaux ports déclenchent une grève surprise contre la privatisation des terminaux céréaliers alors que 200 navires sont en cours de chargement.

*France – 17/05/2013 – Usine de PSA d’Aulnay-sous-Bois, dans la banlieue de Paris, qui doit être fermée en 2014. Sur les 2 800 ouvriers travaillant sur le site, entre 5 et 600 terminent une grève largement minoritaire de quatre semaines, 130 d’entre eux ont occupé la fin de la chaîne de montage. La grève a été menée par la section CGT contrôlée par des militants de Lutte ouvrière, mais elle n’a jamais réussi à entraîner la totalité des travailleurs, pas plus qu’elle n’a obtenu le soutien réel des autres usines du groupe. L’accord de fin de grève ne revient pas sur l’essentiel mais les indemnités de départ sont un peu augmentées.Si ça peut concoler les travailleurs virés de PSA Aulnay et d’ailleurs. Sur les cinq premeiers mois de l’année, le groupe PSA a vendu 232 960 voitures en Chine. Un résultat en ligne avec sa capacité installée. Celle-ci est à ce jour de 450 000 unités par an sur deux usines et qui sera augmentée dès le mois de juillet avec l’inauguration d’une nouvelle usine d’une capacité annuelle de 150 000 unitéset en 2015 d’une autre usine d’uen capacité de 150 000 unités.

*États-Unis – 21/01/2013 – Les 8 800 chauffeurs de bus scolaires new-yorkais de 40 compagnies privées ont repris du service mercredi après plus d’un mois de grève, la première depuis trente-trois ans. A l’appel de la section locale du syndicat Amalgamated, en raison de l’ouverture de 1 100 itinéraires à la concurrence et portant atteinte, selon eux, à "leurs emplois et leurs anciennetés". Des tentatives de piquets de grève devant les dépôts ont été brisées par les flics.?Quelque 152 000 enfants ont été affectés par ces mouvements. La ville avait embauché des jaunes, annoncé que le métro serait gratuit pour les élèves, et qu’elle rembourserait également les frais de voiture ou de taxis. Au cœur du conflit, le maire de New York, Michael Bloomberg, entendait réduire les coûts de transport scolaire estimés à 1,1 milliard de dollars par an, soit 6 900 dollars par enfant, le plus élevé de tous les États-Unis. "Nous avons les mains liées par le maire, qui met nos contrats aux enchères sans aucune garantie pour la sécurité des enfants", avait rétorqué le syndicat. Ces mises aux enchères ne comportent aucune garantie de réembauche aux mêmes conditions. À l’issue de cette grève, les autorités affirment avoir économisé quelque 80 millions de dollars sur les journées chômées mais dépensé en contrepartie 20 millions en transports alternatifs, ajoute NY1 ; une centaine de travailleurs auraient perdu leur emploi, à l’issue de ce mouvement social.

*La Birmanie prend le relais des réactions ouvrières du Bangladesh. Dans la banlieue de Rangoon, où sont implantées la plupart de ces usines, 1 000 travailleurs d’une usine d’éthylène sont en grève et manifestent contre le licenciement de 49 d’entre eux, accusés d’avoir fomenté antérieurement une grève ; 40 d’une usine de chaussures, 800 d’une entreprise de confection en grève depuis le 6 avril, 700 d’une usine de confection où des actions se répètent depuis le 5 mai.

*Israël – 21/04/2013 – Suite à la ratification d’un accord de régulation du marché local avec l’Union européenne, les travailleurs des compagnies israéliennes (El Al, Askia et Isram), lésés par cet accord, se mettent en grève illimitée. 500 d’entre eux manifestent et se bagarrent avec la police : 8 arrestations.

*Égypte – 20/04/2013 – Des vœux pieux sans action. Les travailleurs licenciés des firmes Ideal Standard, Titan Cement, du textile de Mahalla tiennent une conférence de presse au cours de laquelle ils présentent leurs revendications : pas de licenciement pour fait de grève, des investissements ou des subventions pour relancer la production, la renationalisation des firmes bradées au privé et le paiement des salaires dus.
23/02/2013 – 25/04/2013 – On assiste à une dégradation accélérée des conditions de vie. Les ressources de l’État déclinent (recettes du canal, pétrole, envois d’expatriés), le tourisme est au point mort, les investissements étrangers ont disparu, les grèves se succèdent alors que les prix augmentent (carburants, électricité).
10/05/2013 – Les 350 ouvriers d’une cimenterie d’Assouan sont en grève pour le paiement des salaires dus et sont attaqués par les forces de sécurité. Les dirigeants menacés tirent à balles réelles sur les travailleurs. Quelques aperçus sur les conditions de travail : 27 jours d’affilée les ouvriers doivent travailler douze heures, parfois davantage, et ont ensuite une semaine de "vacances" pour reprendre le rythme.
8/05/2013 – Record mondial des luttes en avril : 1 462 conflits sociaux contre 1 354 en mars et 864 en février. Ces conflits se doublent en quelque sorte d’affrontements politiques récurrents avec leur cortège de violence, de morts et de blessés.
350 travailleurs de la firme Faragalla (un des plus grands groupes de conditionnement alimentaire) suspendent leur grève après une médiation qui ne fait que confier à une commission ad hoc le soin d’examiner leurs revendications. 27 travailleurs de l’usine sont poursuivis, accusés d’avoir organisé cette grève de trois jours : 16 sont arrêtés mais 11 ont réussi à se planquer.

*Corée du Sud – Mai 2013 – Hyundai – Depuis sept semaines, les travailleurs refusent de travailler le week-end pour appuyer une revendication de salaires, ce qui entraîne une réduction de la production de 45 000 voitures. Le 27 mai, un accord conclu par le syndicat est rejeté par les travailleurs qui continuent la lutte.

*Afrique du Sud – 5/04/2013 – 250 mineurs de la mine de charbon Shanduka Coal à Mpumalanga sont licenciés pour participation à une grève sauvage de deux jours pour une prime de rendement. Le piquet de grève est dispersé par les flics.
27/04/2013 – Grève des chauffeurs de bus de Johannesbourg pour les salaires.
10/05 – 3e semaine de grève des chauffeurs de bus de Golden Arow dans la province Western Cape pour les salaires.
10/5 – 200 mineurs de Glencore Xstrata (mine de Bushweld) se mettent en grève, grève qui s’étend aux 1 500 exploités d’autres mines : Glencore veut licencier 1 000 mineurs.
3 000 mineurs d’Impala Platinum Holding à Rustenburg en grève sauvage contre un licenciement. À Lonmin Marikana, le théâtre du massacre de l’an passé, où s’affrontent le syndicat officiel NUM (qui ne représente plus que 20 % des mineurs) et le syndicat dissident AMCH (qui en représenterait 70 %), un leader du NUM est assassiné et un autre blessé.
24/05/2013 – Les mineurs de la mine de chrome de Lanxess près de Rustenburg sont en grève pour le paiement d’une prime promise en 2011. La grève déclarée illégale est attaquée par les flics : 10 blessés.
1 500 ouvriers de Mercedes Benz sont en grève sauvage contre la mise en sous-traitance de certains départements ; une injonction du tribunal ordonne la reprise.

*Jordanie – les électriciens de Jordanian Electric Power Co suspendent leur grève après qu’on leur ait accordé des augmentations de salaries, de primes et garanti une assurance santé.

*Espagne – 17/4/2013 - La fusion d’Iberia et de British Airways dans IAG entraîne le licenciement de 4 500 travailleurs (22% de l’effectif), chiffre réduit suite à des grèves à 3141 en échanges d’une réduction de salaires de 18% pour les navigants et de 11% pour les rampants

*USA – 21/5/2013 –grève de 13 000 hospitaliers de Californie
Allemagne -10/5/2013 – La pénurie de maind’oeuvre ( due pour partie au vieillissement de la population) obère quelque peu l’activité économique et permet aux syndicats de lancer des grèves pour des augmentations de salaires. C’est ainsi que des mouvements de grève limités et contrôlés par ces syndicats ont touché Lufthansa, la métallurgie et autress ervices.

L’occupation et l’attaque d’usines et de lieux publics

*Égypte – 27/04 Tunisie – 19/04/2013 – À propos d’un conflit entre équipes de foot, des émeutes éclatent à Bizerte. Des banques et un centre de sécurité sont incendiés et les rues de la ville bloquées.
*Grèce – 12 jeunes des Black Blocs sont arrêtés après l’attaque le jour précédent du palais présidentiel à Héliopolis, qui a laissé 20 blessés.
*Chili – 8/05/2013 – Manifestations répétées des étudiants et des élèves du secondaire. Déjà, celles des 11 et 25 avril ont dégénéré dans des affrontements avec la police. 80 000 manifestants de nouveau à Santiago et dans d’autres villes autour du slogan "L’éducation chilienne n’est pas à vendre", revendiquant une éducation gratuite et publique. Le 7 mai, des encapuchados ont édifié des barricades. Le 8, la manifestation s’enflamme avec des pillages, des incendies. 7 arrestations. Une nouvelle manifestation le 13 juin, la 5e de l’année, regroupe 80 000 étudiants avec les mêmes affrontements avec les flics.

*Slovénie – 16/03/2013 – Des milliers de manifestants dans les rues de Ljubliana pour demander la démission des dirigeants corrompus et la tenue de nouvelles élections, bien que certains affirment "Nous ne voulons pas un changement de gouvernement mais plutôt un changement révolutionnaire".

*Bolivie – 16 /05/2013 – La centrale syndicale bolivienne COB lance une grève pour les retraites, déclarée illégale, qui touche les mines, l’enseignement, le secteur hospitalier et l’industrie. 35 barrages routiers sont le prétexte aux affrontements notamment avec 5 000 mineurs qui dynamitent un pont :10 blessés, 100 arrestations.

*Bosnie – 11/06/2013 – Des milliers de manifestants occupent la place centrale de Sarajevo face au siège du Parlement pour protester contre les mesures d’austérité.

*Chine – 23/05/2013 – Shenzhen. À coup de grenades lacrymogènes et de matraques, des centaines de flics contraignent les travailleurs de Ruide Electronics à rentrer dans l’usine alors qu’en grève, ils manifestaient dans les rues proches pour obtenir des compensations dans le transfert de l’usine à l’intérieur de la Chine.

*Nouvelle Calédonie – Le 15 mai, une grève générale est lancée par le syndicat Caledonian Union pour les salaires et contre le coût de la vie. 10 000 manifestants à Nouméa, la capitale de l’île. Un peu partout s’érigent des barrages routiers. La grève prend fin avec des concessions.

*Iran – 24/04/2013 – 300 travailleurs d’une mine de cuivre Khatoon Abad Copper (partie d’un complexe industriel exploitant 2 400 travailleurs) sont en grève et occupent l’usine. Ils sont attaqués par les gardiens de la révolution qui ne réussissent pas à les en déloger. En 2006, 4 travailleurs y avaient été assassinés par ces « gardiens » lors d’une grève.

Des émeutes de toutes sortes sur fond de misère

*Nigeria – 26/04/2013 – Dans l’État de Bomo, à l’extrême nord-est du pays, les habitants de la ville de Baga sont coincés entre les exactions du groupe armé dissident Boko Haram et la répression des militaires. Fin avril, une vague de violence des troupes gouvernementales a déferlé sur la région et sur la ville de Baga. D’après Human Rights Watch, cette répression déclenchée après le meurtre de 9 flics aurait fait plus de 4 000 victimes, détruit plus de 4 000 habitations, entraîné 1 000 arrestations et des milliers de déplacements.
*Irak – 23/04/2013 – Dans la province de Kirkouk, les troubles, générés par la crise politique attisée par les affrontements religieux, ont fait plus de 49 morts. Dans un assaut de l’armée contre une localité de la province où un soldat a été assassiné, 25 de confession sunnite sont tués et 70 sont blessés.

*Birmanie – Pendant trois jours, à partir du 20 mars, dans la ville de Meiktila dans le centre du pays, des émeutes anti-musulmanes qui se répandent autour de Rangoon entraînent l’intervention de l’armée. 20 000 personnes déplacées, 3 morts et des centaines de maisons incendiées.

*Koweit – 18/04/2013 – 10 000 manifestants à Koweit City, protestant contre l’arrestation d’un dirigeant de l’opposition condamné à cinq ans de prison pour "diffamation contre l’émir", sont attaqués par la police.
*Israël – 11/05/2013 – 15 000 manifestants contre le budget d’austérité.
*Algérie – 10/04/2013 – Ouargla, émeute lors de l’attribution privilégiée de logements sociaux. Les bagarres avec les flics se prolongent jusqu’au 12. L’agence locale des téléphones est incendiée de même que d’autres bâtiments publics, des flics sont tabassés. Le mouvement cesse avec le retrait de la liste contestée.

Les crimes du capital

*Monde – 25/04/2013 – Le plus grand tueur du monde capitaliste, qui ne s’en soucie guère : la malaria fait chaque année 660 000 victimes et en touche 219 millions, cela malgré moult déclarations et mises en place de programmes largement insuffisants. Il est vrai que l’essentiel des victimes est en Afrique et que pour les multinationales de la santé, ce n’est pas un secteur profitable.

Quelques chiffres et faits sur la démesure du capitalisme

*France – 25/04/2013 – En 2010, seuls les 5 % les plus riches ont échappé à la stagnation de leurs revenus. La moitié de la population, 30 millions, gagne moins de 1 600 euros par mois et 8,6 millions doivent vivre avec moins de 60 % du minimum évalué à 964 euros mensuels.
23/04/2013 – Ikea, la multinationale de l’équipement ménager, avait mis en place depuis une quinzaine d’années un système de vérification d’antécédents judiciaires concernant les salariés (au delà de l’extrait de casier judiciaire) avec la complicité de policiers. Des poursuites révèlent l’ampleur de ces investigations qui pouvaient même toucher les clients demandant un crédit.
*Italie 7/05/2013 – Dans la nuit du 7 mai, un porte-conteneurs heurte à l’entrée du port de Gènes la tour de contrôle qui s’écroule, faisant 10 morts et 4 blessés. Les autorités ordonnent un jour de deuil et les dockers du port se mettent en grève. Le navire Jolly Nero (240 m de long, 40 000 tonnes, 37 ans d’âge), initialement un des fleurons de la multinationale danoise Maerx, était passé entre les mains de différents armateurs pour finir dans celle d’une compagnie sulfureuse liée à la mafia – Ignazio Messina & Co – soupçonnée de naufrages suspects de ses navires chargés de déchets toxiques, qui détient un record d’accidents portuaires meurtriers et qui cherche par des chantages à obtenir des passe-droits pour réduire ses coûts d’exploitation.
Les autorités du port de Gênes ont déclaré que l’accident était "difficile à expliquer car le bateau n’aurait pas dû être là où il était", bien que tiré par 2 remorqueurs et ayant un pilote à bord. Défaut d’entretien ou/et comme souvent, marins inexpérimentés recrutés dans des pays émergents ? Qui peut avoir intérêt à chercher plus loin ?
*Grande-Bretagne – 11/06/ 2013 – La police encercle le bâtiment où se réunissent les militants du mouvement « Stop G8 » pour organiser le 18e carnaval contre le capitalisme et la réunion du G8, prévue pour la semaine. 100 cibles viseraient les sièges de banques, trusts, etc.

Espagne 2/04/2013 – 22 % des classes considérées comme pauvres vivent avec moins de 60 % du revenu moyen fixé à 600 euros. Parmi ceux-ci, 6,4 % vivent dans une pauvreté extrême. Depuis 2012, les salaires ont baissé de 8,5 %.
25/04/2013 – Entre 1 000 et 2 000 manifestants répondant au mot d’ordre "Assiège le Congrès" sont attaqués par la police anti-émeutes et se livrent ensuite à une guérilla de rues. 1 900 000 Espagnols ont émigré à l’étranger. Cette même année a vu 1 300 grèves, six fois plus qu’en 2011.

*Inde – 27/05/2013 – De larges parties du centre de l’Inde souffrent de violences liées à l’activité de groupes maoïstes (Naxalistes) dans une zone qui recouvre plusieurs États, appelée « corridor rouge ». Une région rurale pauvre, restée au stade tribal mais très riche en minéraux, qui subit la pression en vue de son exploitation, ce qui exacerbe la violence dont profitent les groupes de guérilla. Une récente attaque d’un convoi militaire laisse 28 morts.
31/5/2013 – En 2012, la richesse privée s’est accrue de 7 ,8% La nombred es familles millionnaires (( en dollars) atteint 13,8 Millions et parmi eux, les super riches possèdent chacun plus de 100 millions. La plupart de ces riches se trouvent en Asie. Il est estimé que leur nombre pourrait s’accroîttre encore

*Monde – 28/5/2013 – le revers de la médaille- L’organisation capitaliste est telle que, dans le monde, la malnutrition des enfants due à l’extrême pauvreté des parents a des conséquences globales mondiales insoupçonnées. Des recherches ont montrré que la malnutrition pendant les 1000 premiers jorus de la vie entraîne des déficiences mentales qui entrave leur développement quelleqs que soient les mesures prises ultérieurement dans le domaine de la santé et de l’éducation.

*Brésil -16/6/2013- Le problème des paysans sans terre, la plupart indiens dépossédés par les multinationales connaît toujours la même violence avec les occupations « illégales » de terres revendiquées ancestralemetn par les indiens et la répression meurtrière dede la police ou des hommes de mains des propriétaires. Les soi disant distributions de terres ne relèvent que des effets d’annonce. Dans l’Etat deMato Grosso do Sul, sur 8 millions d’hectares confisqués seuls 300 000ha ont été octroyés à ce titre. Depuis 2003 , plus de 500 « réupérateurs » indiens ont été assassinés et cela continue ? D’autres projets grandioses comme celui d’un barrage gigantesque à belo Monte entraîne aussi éviction de terres indiennes et résistances.

Illusions et réalités

6/6/2013 -Un peu partout traînent des déclarations sur le redressement économique des USA . La réalité est loin de cette fiction. En 2008 et 2009 près de 8 millions d’emplois ont été détruits mais de 2010 à 2013, il n’en a été créé que 5,6 millions alors qu’il subsiste 12 millions de chômeurs auxquels on doit ajouter 8 millions de travailleurs à mi temps, sans compternombre d’emplois nouveaux précaires, mal payés et sans protection sociale. Pour répondre à l’évolution démographique, il faudrait créer chaque année plus de 110 000 nouveaux emplois. Un article du journal financier , Financial Times, du 6 juin souligne que l’emploi dans les services masque la réalité du marché de l’amploi aux USA, que le ralentissement est évident dans toutes le secteur industriel et que les industriels . Par différents mécanismes financiers, c’est la vieille planche à billets qui maintient l’économie hors de l’eau : chaque année 64 milliards d’euros sont injectés pour soutenir la consommation.
*France – 7/6/2013Les travailleurs de Seafrance, la compangie de ferries transmanche avaient cru se sauver de la faillite dans une combinaison compartant l’achat des 3 navires de la firme par Eurotunnel et leur location pour exploitation à une coopérative « My ferry link » qui les regrouperait.Le pool ainsi formé sur le trafic transmanche entre Eurotunnel et Myferrylink détiendrait 48% du trafic marchandise et 50% du trafic voyageurs. La commission britannique de la concurrence à ordonné, à la requête des concurrents sur le trafictransmanche de vendre les navires en question et menace de leur interdire l’accès du port de Douvres.Attente d’un appel contre une décision qui serait l’arrêt de mort de la coopérative. Preuve qu’une coopérative qui pour certains est le modèle autogestionnaire ne peut s’affranchir de la loi de la jungle capitaliste

Les moyens de répression

Etats-Unis – Pour 300 $ on peut trouver sur le marché des drones civils miniatures qui ne sont pas seulement des gadgets mais peuvent servir à toutes formes d’espionnage et de nuisance dans le voisinage ; Un commentaire : « Avec un de mes plus petits appareils qui tiennent dans la paume de la main j’ai pu photographier une maison d’un village voisin » Il y a même des lunettes spéciales qui permettent de voir au sol ce que le drone voit en l’air

Immigration

France -22/5/2013 – double peine pour les sans papiers qui travaillent : ils sont exploités dans les « petits boulots » les plus dangereux et exposés aux risques professionnels sans aucune protection sociale. Pour ceux qui ont des accidents du travail ou sont victimes de pollutions chimiques, la maladie ou l’accident les met aux prises avec des difficultés accrues.
États-Unis -26/04/2013 – Les USA ont toujours été et sont encore un pays d’immigrants. Mais ceux d’aujourd’hui n’ont pas les mêmes chances que ceux d’autrefois. Une réforme récente envisage de donner un statut provisoire aux immigrants illégaux déjà sur le sol américain. Moyennant une contribution financière, ils seront inscrits comme "Registered Provisional Immigrants", ce qui leur garantit la présence légale et le droit au travail. Parallèlement, 5 milliards de dollars sont affectés au contrôle de la frontière mexicaine par des drones, au renforcement de la clôture au sol "high tech" et à des patrouilles militaires. En 2010, 13 % de la population totale était formée d’immigrés et 23 % des naissances l’étaient de mères "étrangères".

Égypte
Depuis dimanche 16 juin et la nomination par Morsi de 7 nouveaux gouverneurs des Frères Musulmans et un du groupe terroriste Jamma Al Islamiya (responsable de l’attentat terroriste qui avait tué 58 touristes en 1997 à Louxor) dans la région de Louxor, les affrontements ne cessent pas devant ou dans les sièges des gouvernorats de plusieurs villes.
Ainsi à Menoufya, les routes d’accès au gouvernorat sont coupées depuis trois jours par des manifestants tous comme les câbles téléphoniques du siège du gouvernorat. Le bâtiment du gouvernorat de Fayoum a été saccagé. À Gharbeya, des combats ont lieu pendant que le siège des Frères Musulmans a été incendié, tout comme le siège du FJP (parti des Frères Musulmans ) à Tanta et que le bâtiment du gouvernorat a été partiellement détruit et des armes de la police dérobées. À Damiette, le gouverneur n’a pas pu rentrer dans le siège du gouvernorat, bloqué par les manifestants. À Kafr el Sheikh le gouverneur a eu sa voiture brûlée pour la deuxième fois (déjà en février 2013) et sa maison attaquée au cocktail molotov. À Mahalla, les affrontements ont eu lieu dans les rues de la ville tandis que les sièges des gouvernorat d’Ismaïlia, Daqahliya et Beni Souef, étaient bloqués par des sit-in tout comme celui de Louxor où les salariés du tourisme portant des pancartes “Nous ne voulons pas des terroristes”, ont appelé à maintenir le sit-in jusqu’au départ du gouverneur. Enfin le bureau du député Sayed Askar, ancien responsable des affaires religieuses au Parlement, a été saccagé.
En même temps la tension sociale grandit avec une inflation annuelle officielle de 8,2% (en mai) c’est-à-dire une augmentation des prix courants de parfois 40%. Le bureau des statistiques constatait ainsi une baisse des achats de 70%, les gens n’achetant plus que les produits de première nécessité. Les coupures d’électricité et la pénurie de carburants ont provoqué ces derniers jours une recrudescence des tensions à proximité des stations service avec des bagarres voire des tirs d’armes à feu et de nombreux barrages routiers comme sur la route Le Caire-Alexandrie ou de voies de chemins de fer par une population exaspérée provoquant des blessés parmi les manifestants ou la police. Dans ce contexte de difficultés économiques grandissantes on voit de plus en plus de gens réduits à piller les sites archéologiques comme à Beni Souef pour vendre des objets aux touristes, beaucoup d’enfants qui travaillent dès l’âge de 5 ans (on estime 1,6 millions d’enfants de 5 à 17 ans travaillent surtout dans l’agriculture ou comme domestiques) et des grèves qui éclatent pour les salaires (record mondial de manifestations depuis le début de l’année 2013) comme dernièrement les employés de l’université d’Alexandrie qui ont occasionné sa fermeture.
La campagne de signatures dite “Rebelle” de l’ensemble de l’opposition vient d’annoncer qu’elle avait récolté plus de 15 millions de signatures déclarant l’illégitimité du président Morsi et appelle à une manifestation massive le 30 juin pour le départ immédiat du président par l’occupation illimitée de la rue et des places ou pour des élections présidentielles anticipées comme le réclament les libéraux, socialistes nassériens et démocrates. En attendant le pouvoir multiplie les arrestations et condamnations d’opposants pendant que des groupes salafistes appellent à manifester de manière permanente du 21 au 30 juin et à former des comités populaires pour protéger le palais présidentiel qui sera la cible de la manifestation au Caire.

Fin