Accueil > Ni patrie ni frontières > Billets d’humeur > A propos d’un ultragauche xénophobe, de ses écrits et de ses (...)

A propos d’un ultragauche xénophobe, de ses écrits et de ses charmants amis

vendredi 14 juin 2013, par Yves

Comme l’on sait, certains "ultragauches" (je mets des guillemets car la plupart de ces individus ont montré leur vrai visage fasciste ensuite) sont tombés à pieds joints dans le négationnisme et ont fini par dévoiler leur antisémitisme au début des années 80 puis par se rapprocher du Front national et/ou des milieux néonazis.

Il faut désormais signaler une autre contribution de certains ultragauches (ce coup-là sans guillemets, hélas) au racisme institutionnel diffusé par l’Etat français, les partis de gauche et syndicats, et au racisme militant de la droite et de l’extrême droite. Racisme dirigé celui-là contre les prolétaires immigrés. Des ultragauches toujours parfaitement acceptés dans le "milieu", comme l’auteur d’un livre récemment publié, présent à toutes sortes de réunions de "radicaux" (comme par exemple lors d’une conférence du marxiste américain Loren Goldner sur la crise le 6 novembre 2012, à la suite de laquelle cet ultragauche prit la parole et fut suffisamment malin pour ne pas tenir de propos racistes ou xénophobes), etc.

J’ignorais tout des idées de ce monsieur quand je l’avais rencontré en octobre 2002, il y a onze ans, après la parution du premier numéro de la revue Ni patrie ni frontières en septembre 2002. Et suite à cette rencontre j’avais écrit l’article suivant sans citer son nom, à la fois parce qu’il ne méritait pas la moindre publicité, mais aussi parce que ses propos étaient d’ordre privé et que généralement les racistes comme lui n’ont pas le courage d’écrire publiquement les saloperies qu’ils sont prêts à déverser dans des conversations en tête à tête. Mais je me trompais...

Voici d’abord mon article de novembre 2002 paru dans le N°2 de la revue.

LE SADIQUE SABOTA MON DESSERT…

La sortie d’une nouvelle publication, même minuscule comme Ni patrie ni frontières, donne lieu à des rencontres ou des retrouvailles très sympathiques et à d’autres… qui le sont beaucoup moins. Un ultragauche, rédacteur de brochures incendiaires contre le capitalisme, demande à me rencontrer pour discuter. Tout se passe à peu près bien (enfin, pas tout à fait, ce monsieur ne pouvait mentionner le nom d’Arlette Laguiller sans l’accompagner de qualificatifs grossiers, ce qui aurait dû me mettre la puce à l’oreille) jusqu’au dessert où tout à coup notre marxiste pur et dur s’emporte contre les « gauchistes qui veulent régulariser tous les étrangers » (« Qu’est-ce qu’on fera quand on aura 50, voire 100 millions d’immigrés » ? » éructe-t-il d’une voix indignée), les « Beurs qui brûlent les voitures et agressent les prolétaires des banlieues » et contre « les Arabes qui sont encore plus racistes que les Français ». Et notre redoutable ennemi du « politiquement correct » de s’indigner que l’on critique Chevènement qui aurait « légalisé 80% des immigrés clandestins » ( !!!). Pour conclure par : « Et d’ailleurs pourquoi diable le racisme est-il si important pour toi ? » J’ai payé mon écot et ai laissé ce fin psychologue, ce grand rrrrrévolutionnaire tout étonné que je n’aie pas envie de l’écouter une seconde de plus débiter ces sornettes.

Mais peut-être, comme me l’a fait remarquer une amie, ces sornettes sont-elles symptomatiques : certains gauchistes confondent en effet prendre le contrepied de n’importe quoi et aller à la racine des choses. Tout comme ceux qui se crurent « radicaux » en mettant en doute l’existence des chambres à gaz et l’importance de l’Holocauste dans l’histoire du XXe siècle, parce qu’il s’agissait de vérités admises et donc automatiquement suspectes à leurs yeux, certains pensent être aujourd’hui super-révolutionnaires en dénonçant la lutte contre le racisme ou le soutien aux luttes des sans-papier. Emportés dans leur élan comme mon interlocuteur, et sans doute aussi par des pulsions de haine soigneusement niées, une partie (minuscule heureusement) de ces zozos franchissent un pas supplémentaire dans leurs « raisonnements » et se mettent à vitupérer contre les immigrés. La haine indistincte de tous les aspects du « politiquement correct » (baudruche inventée par la droite américaine) serait-elle le ciment qui unit ces pseudo extrémistes de gauche aux vrais extrémistes de droite ?

Quoi qu’il en soit, pour m’éviter toute rencontre désagréable, AVIS AUX RACISTES ET ANTISÉMITES CONSCIENTS ET INCONSCIENTS, ALLEZ DÉVERSER VOTRE BILE AILLEURS. Ce ne sont pas les oreilles complaisantes qui manquent dans ce pays si accueillant à vos idées. Au fait, combien d’immigrés et d’enfants d’immigrés a-t-on descendus cette année en France, combien en a-t-on arrêtés, insultés ou tabassés au « pays des droits de l’homme », monsieur le Phraseur Radical ?

Hélas, ces propos à gerber n’étaient pas le produit d’un dérapage momentané puisque aujourd’hui le même individu crache sa bile xénophobe dans un livre publié dans une maison d’édition qui a la réputation de défendre un marxisme "anti-autoritaire", "libertaire", et qui publie de nombreux textes d’ultragauches respectables, eux. Mais cette maison n’est apparemment pas très vigilante sur la question de la xénophobie.

C’est ainsi que ce monsieur, dans son dernier opus, s’inquiète du "comportement des immigrés extra-européens", des "facteurs ethniques et religieux" qui peuvent contribuer à expliquer les émeutes de 2005, de la "politique immigrationniste (!?) du Capital", des "Arabes et des Noirs" qui se plaignent des "Blancs racistes", etc.

Nous ne ferons aucune publicité ni au nom de cet individu ni aux titres de ses ouvrages recensés dans de nombreuses publications dites "radicales", à commencer par nos camarades d’Echanges et mouvements qui partagent avec nous le site mondialisme.org.

Mais nous ne pouvons qu’inciter nos camarades, qu’ils soient libertaires, ultragauches, conseillistes, marxistes anti-autoritaires, etc., à être vigilants non seulement contre de tels individus douteux, mais surtout contre les idées qu’ils véhiculent. Il y a certes une différence très claire entre les propos ouvertement racistes tenus par ce monsieur en ma présence et rapportés ci-dessus et les formules ampoulées de son dernier livre, mais pour qui sait lire et penser, nul besoin de savoir qui en France dénonce l’"immigrationnisme du Capital" : la droite de l’UMP, le Front national, l’extrême droite, les fascistes et les racistes.

A mes camarades "radicaux" de choisir leur camp : s’ils publient ou invitent un tel individu à leurs réunions, s’ils recensent ses livres en passant sous silence son racisme et sa xénophobie, ils devront désormais être considérés comme complices de la xénophobie et du racisme dont nous voyons les effets délétères tous les jours.

Y.C.

14 juin 2013

*****

REPONSE DE L’ULTRAGAUCHE EN QUESTION

On remarquera qu’il ne dément pas ses propos racistes tenus en 2002, dénoncés par moi dans la revue "Ni patrie ni frontières" en 2002 puis reproduits sur le site mondialisme en 2004. Il lui aura fallu 11 ans pour réagir à des "calomnies".... Pour le reste, le lecteur jugera :

Pauvre gauchiste à la noix
Sur ton blog merdique tu cherches à me discréditer, sans citer mon nom.
en me faisant passer pour un "raciste" et un "xénophobe". Avec toi la
bêtise est hargneuse et méchante : comme tu es incapable de comprendre
les problèmes que posent désormais l’immigration, alors tu traites de
racistes quiconque n’est pas ébloui devant "la cause des sans-papiers",
se demande si l’immigration massive avec les problèmes religieux,
culturels qu’elle véhicule maintenant, ne va pas créer une diversion et
finalement aller à l’encontre de la révolution communiste, s’interroge
sur la nature des émeutes de banlieues. Pour toi, en petit inquisiteur
que tu es, cela est louche, cela ne peut que cacher un "racisme rampant"
comme tu m’en accuses à propos de mon dernier livre. En fait, tu fais
partie de cette gauche bobo néo-libertaire qui n’ayant aucune
perspective révolutionnaire, vivant grassement dans le capitalisme, a
fait de l’antiracisme sa cause bon teint, son oeuvre de charité,
soulageant ainsi a bon compte sa mauvaise conscience Ton terrorisme
idéologique ne m’impressionne pas. Tes calomnies contre moi ne
m’atteignent pas. Sur ce va te faire foutre et reste dans ta merde
.

*****

Deux de ses charmants amis ont aussi réagi :

Le premier en ces termes

" Goebbels et co(leman)

Monsieur Coleman,

Vous n’êtes qu’un vulgaire calomniateur, en essayant d’assimiler "ultragauche" à extrême droite.
Par vos propos vous montrez dans quel camp vous vous situez : celui de la contre-révolution stalinienne.
Votre comportement ne mérite que le mépris le plus total, et il n’est même pas besoin de vous cracher au visage : ce serait vous faire trop d’honneur.
Avec tout mon mépris

Philippe Bourrinet. "

Le second sur son site que je ne nommerais pas mais qu’un simple clic sur un moteur de recherche vous permettra de découvrir si cela vous tente. D’ailleurs, pour des raisons curieuses, son texte me fut envoyé sous le pseudonyme d’Elios Agathos. Je respecte sa volonté de rester.... discret.... :=)

Le commissaire politique Coleman, délateur en défense de la sainteté immigrée

Pendant la Seconde Guerre mondiale la plupart des délateurs auprès de l’Occupant ne donnaient jamais le nom de celui qu’ils voulaient voir raflé par la milice ou les boches. J’ai eu l’occasion de lire une telle missive au Mont Mouchet où mon père a combattu (dans l’ancien musée rasé par Giscard, parce que gênant) : « Herr Kommandant, j’ai l’honneur de vous faire savoir que M. R. réfugié espagnol, résistant notoire, vient voir sa femme et ses enfants chaque mercredi vers midi, je vous saurai gré de faire le nécessaire ».

Avec Coleman on est dans le même registre, quoique moins criminel – c’est la stratégie du soupçon antifa -, avec sa nouvelle dénonciation qui se veut « classe » et hautaine : "A propos d’un ultragauche xénophobe et de ses écrits". Qu’il ne soit pas dit qu’il aura cité l’auteur, mais seulement pointé du doigt ce vilain « xénophobe » face au milieu des intellectuels vagabonds du gauchisme aigri et des dits ultra-gauches vaccinés contre toute ambition militante « prolétarienne » ; ces derniers sont tous devenus fascistes aux dires de Coleman Vichinsky ! Coleman, comme tout délateur mal dans ses godasses, craint évidemment le procès pour diffamation qui lui pend au nez .

Chacun aura pourtant identifié Claude Bitot. Ce dernier, désigné à la vindicte publique (certes sans son adresse) ne serait qu’un nouveau contributeur au « racisme institutionnel de l’Etat français », notion de base fumeuse de tout gauchiste moyen pour mener la lutte contre le fascisme imaginaire des camarades Ayrault et Hollande. L’Etat français n’est raciste que pour les amis de Washington ce magnifique Etat antiraciste dominant et si humain avec « ses noirs ».

Et Coleman, en inspecteur zélé passé du gauchisme à l’anarcho-libéralisme, de nous ressortir des propos de comptoir lors de sa vieille rencontre avec Bitot, dont certains ne sont ni fascistes ni critiquables en soi. Coleman en privé est capable de sortir de plus grosses conneries et on s’en fiche. Mais là où le procédé est minable c’est en recourant à l’amalgame avec les négateurs des chambres à gaz. Pas de pot Coleman, les Finkielkraut et Bourseiller avaient fait un prospère fond de commerce de la dénonciation de 3 ou 4 négationnistes à la marge, mais il n’y a plus place pour que tu puisses y faire fructifier une nouvelle boutique d’hameçons à gogos ! Les immigrés en général ne sont pas des saints, pas plus que les « français en général ». Il n’y a pas de chasse au « nouveau maquisard » immigré comme le laisse accroire notre sentimental moralisateur ; sauf s’il est apprenti terroriste. Il est des constats comme dans son dernier livre chez Spartacus (ne pas cacher le nom svp) que la prude bigote libérale Coleman insupporte : « ce mon­sieur, dans son der­nier opus, s’inquiète du "com­por­te­ment des immi­grés extra-européens", des "fac­teurs eth­ni­ques et reli­gieux" qui peu­vent contri­buer à expli­quer les émeutes de 2005, de la "poli­ti­que immi­gra­tion­niste (! ?) du Capital", des "Arabes et des Noirs" qui se plai­gnent des "Blancs racis­tes", etc. » (constats que je fais moi-même par ailleurs et sans nulle honte).

E.Zemmour, qui passe tous les jours à la radio, dit bien pire, et ne se fait traiter de fasciste que par une poignée de gauchistes. Coleman le juge amateur décrète l’hallali à tutti quanti des milieux bobo gaucho et divers présumés confraternels : « nous (hi ?) ne pou­vons qu’inci­ter nos cama­ra­des, qu’ils soient liber­tai­res, ultra­gau­ches, conseillis­tes, marxis­tes anti-auto­ri­tai­res, etc., à être vigi­lants non seu­le­ment contre de tels indi­vi­dus dou­teux, mais sur­tout contre les idées qu’ils véhi­culent ». Feu sur le « raciste et xénophobe » Bitot ! Coleman, trônant avec son grand tablier de boutiquier de la foutaise antiraciste, est devenu la mère Thérésa de l’idéologie bcbg de ceux qui nous gouvernent. Il nous fait perdre notre temps. Bitot que je connais bien n’est ni raciste ni xénophobe. Il présente un autre intérêt – qui est étranger aux lubies fantasmatiques apolitiques de son contempteur anarchiste de droite moraliste (le mot est de son ex-compère G.Delteil) :

Bitot jette un pavé provocateur dans la mare des bien-pensant d’un marxisme bègue, en remettant en cause marxisme et classe ouvrière. C’est là-dessus qu’il faut mener la polémique avec lui, pas sur une présumée xénophobie extirpée de vagues propos lointains de bistrot. Je ne sais pas quelle sera l’évolution ou involution ultérieure de Bitot, rien n’est sûr pour la trajectoire d’un homme dans le champ politique. Je ne lui souhaite pas de devenir fasciste. Je dois jeter une autre pierre mais pas dans le terrain vague de Coleman, ni sur son baudet Bitot pour l’heure. J’ai rencontré par exemple Dieudonné il y a 7 ou 8 ans pour l’empêcher de glisser vers le FN, mais sans succès. J’ai souvent constaté que nombre de ceux qui ont délaissé tout espoir dans le prolétariat (et oublié la bourgeoisie) finissent comme par hasard dans l’idéologie fasciste (un extrémiste ne peut verser que dans un autre extrémisme…).

Mais je trouve intolérant (et parfaitement fasciste) de condamner ou appeler à condamner un individu sans confronter réellement ses idées – qu’elles me plaisent ou pas – et en décrétant qu’il faut l’empêcher de s’exprimer ou éviter de le lire. Coleman possède un lourd héritage génétique : il a été formé à l’école stalinienne de LO, qui dicte et contrôle les lectures des pauvres hères qui viennent s’y racheter de leur compromission baptismale avec l’enfer capitaliste.

Je déplore enfin une nouvelle fois qu’un ancien du courant maximaliste (Michel R.) se soit laissé phagocyter par Coleman, en publiant sa thèse sur la gauche communiste chez ce faussaire et confusionniste intéressé de « sans patrie… ni frontières de classe ».
PS : voir aussi les ennuis du commissaire Coleman avec Guy Fargette : Une polémique d’une autre époque (1/2) - Lieux Communs

Elios Agathos

******

P.S. du 1er juillet 2013

Sur son blog le même individu écrit : "L’antifa est totalement ouvert à l’arrivée massive d’immigrés de toutes sortes, même s’il les laisse se démerder dans la queue à la Préfecture, une fois le micro off. L’antifa ne supporte pas qu’on accuse de vol des Roms car ce n’est pas leur faute si on ne leur donne pas automatiquement du travail, une femme et un logement. "
Et il ajoute en note : « Le gouvernement n’a lui non plus aucune solution face à l’arrivée continuelle des immigrés, pas forcément croissante, mais qui devient ingérable avec la croissance du chômage autochtone. Celui qui constate un trop grand nombre d’immigrés sur le marché du travail est sûrement un raciste ou un fasciste qui s’ignore. Les diverses « luttes contre les expulsions » ne sont que quelques piochages ponctuels sous l’œil des cameramen officiels prévenus du jour de « l’action », mais en règle générale lors de la plupart des expulsions ou reconduites, nos braves « défenseurs des immigrés » ne sont pas ou plus là. »

Quand on vous disait que le FN n’a plus besoin d’inventer un argumentaire, il suffit désormais qu’il pioche chez les écrits de certains "ultragauches"....

Y.C., Ni patrie ni frontières

****

Pour aborder plus en profondeur les questions soulevées par cette polémique vous pourrez lire l’article suivant : « Les 10 commandements du petit xénophobe "radical" » http://www.mondialisme.org/spip.php?article1935
http://www.mondialisme.org/spip.php?article1935