Accueil > Echanges et mouvements > ***Dans le monde, une classe en lutte > Dans le monde, une classe en lutte Décembre 2012

Dans le monde, une classe en lutte Décembre 2012

mardi 18 décembre 2012

CONSIDERATIONS GENERALES SUR L’AUSTERITE

Les chiens prolétariens aboient et/ou se battent, la caravane capitaliste passe

D’après de récents commentaires économiques, de nouveaux signes montreraient qu’on est devant une nouvelle rupture économique mondiale, similaire à celle de 2009. Les firmes mondiales montreraient une chute dans les ventes et leurs profits, ce qui entraînerait une nouvelle vague de licenciements dans un avenir proche. La bataille des monnaies fait rage entre les entités économiques mondiales, et celles-ci déversent de nouveaux crédits et toujours plus de monnaie papier

Partout dans le monde – et plus particulièrement en Europe – ,l’austérité est reine, soi disant pour surmonter la crise, c’est-à-dire aider le capital à retrouver le moyen de faire des profits et de rémunérer toujours plus de capital. On nous abreuve de statistiques de toutes sortes, de chiffres, de prévisions, de pourcentages sur des valeurs que l’on ne connaît pas. Tout cela, même pour les initiés, contredit ce qui était affirmé comme une vérité la veille. A la vérité, financiers, dirigeants économiques de toutes sortes, politiques se noient dans leurs propres discours en essayant de nous faire croire que leur survie, et par suite la nôtre, dépend de ce qu’ils prétendent nous imposer.

Les choses sont pourtant simples, à condition de savoir comment fonctionne le système capitaliste. Tout simplement, sa force vient de sa possibilité de produire des marchandises, de se les approprier et de tirer de leurs ventes un profit. Essentiellement, cela repose sur le partage de la valeur que l’exploitation de la force de travail de milliards d’êtres humains secrète dans cette production de marchandises. Tant que le capitalisme existe, c’est la loi d’airain de ce système.

Selon cette loi, cette valeur est répartie entre le capital – l’ensemble des capitalistes gérant une masse énorme de capitaux – et l’ensemble des travailleurs. Ce fut de tout temps un partage inégal mais la part congrue revenant à la force de travail peut changer, avec le temps, selon les pays, en fonction du rapport de forces sur le lieu de l’exploitation de cette force de travail. Dans cette exploitation par le capital, il y a un paradoxe : plus le capital prend une part plus grande de cette valeur, plus il s’accroît, plus il a besoin de trouver des secteurs capables de lui apporter encore plus de valeur. La crise trouve son origine dans le fait que les travailleurs, avec leur portion congrue de valeur, ne peuvent consommer la totalité des marchandises mises sur le marché. D’un autre côté, les masses énormes de capital à la recherche de profitabilité se lancent dans des spéculations dont chacun peut connaître les effets nauséabonds.

Un des éléments essentiels de toute cette situation est la recherche effrénée partout dans le monde de moyens d’accroître la part de valeur revenant au capital. Les mesures d’austérité visent globalement à atteindre ce but. Les conditions d’exploitation du travail et la situation économique des Etats n’étant pas uniformes, ces mesures frappent différemment non seulement les travailleurs mais une bonne partie de la population. Les réactions sont différentes en fonction de l’impact relatif de ces mesures qui, sous différents vocables, ne revient finalement qu’à une ponction plus grande de valeur par le capital. Il suffit de comparer les ravages de l’austérité et les réactions dans des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Espagne ou l’Italie, et le peu de réactions en France et an Allemagne, pas exemple ;

On nous casse les oreilles avec des comparaisons entre le coût du travail, le temps de travail et les avantages sociaux dans les différents pays européens pour nous inciter à « faire mieux que les autres », ce qui serait une incitation à des batailles entre prolétaires drapés dans leur nationalisme. Mais la simple logique devrait permettre de comprendre que si chaque Etat réussit à faire baisser le coût du travail, tout revient dans ces rapports relatifs entre Etats à la case départ, juste un degré en dessous de ce qui existait auparavant.

Pourtant, plusieurs choses ont changé :
Globalement, pour l’ensemble des travailleurs, la part de la valeur qui lui était concédée diminue, ce qui augmente d’autant la part que s’octroie le capital. Peu importe que cela diminue d’autant pour les travailleurs la part dévolue à la consommation des marchandises produites, ce qui n’est pas pour résoudre la crise (ce dont certains cercles capitalistes sont conscients bien que ne sachant pas comment résoudre cette quadrature du cercle) ;
La crise s’exprime aussi dans une guerre des monnaies (principalement dollar contre euro) pour trouver des marchés dans la compétition internationale. Plus on abaisse les coûts de production – par une instrumentalisation de l’ampleur de la crise dans certains pays le plus souvent –, plus on modifie les taux relatifs des monnaies, plus on a de chance de conquérir des parts de marché aux dépens des autres. Mais là aussi, c’est la quadrature du cercle car tous les coups sont permis.

Ce qui reste, c’est la lutte de classe pour tenter d’endiguer cette offensive généralisée sur la part des travailleurs dans la valeur ; les réactions, si fortes et si constantes soient-elles, restent localisées. Elles n’ont guère gêné jusqu’à présent la mise en œuvre des politiques d’austérité. Une tentative comme celle de la Confédération européenne des syndicats d’élever (du bout des lèvres) cette lutte au niveau européen a échoué lamentablement, à la fois par la défiance généralisée sur le rôle des centrales syndicales nationales, et par les différences nationales que nous avons relevées. Tant que les choses resteront à ce niveau, il y a de beaux jours pour l’offensive capitaliste et la diminution du niveau de vie dans le monde entier.

AFRIQUE DU SUD

L’extension du mouvement de lutte dans les mines
(voir précédent numéro)

Alors que pour la période précédente, de nombreux conflits avaient secoué différents secteurs (dont la fonction publique, notamment hospitalière), les grèves dans les mines ne se sont pas étendues en dehors de ces conflits localisés habituels : une grève des routiers sera vite résolue.
C’est au moment où les grèves minières se terminent, autant par lassitude que par la misère engendrée, souvent avec des accords mine par mine a minima, qu’un mouvement bien distinct mais tout aussi radical et déterminé éclate chez les travailleurs agricoles. La production agricole est une des mamelles de l’économie sud-africaine, notamment pour l’exportation, et elle repose, tout comme pour les mines, sur la surexploitation de la main-d’oeuvre noire, dans les mêmes conditions de précarité et de vie que dans les townships. Ce n’est donc pas un hasard si les mouvements des plus exploités dans les mines, leur détermination et leur succès bien que tout relatif trouvent un écho et une révolte identiques, bien qu’il ne semble pas y avoir de liens directs entre les deux mouvements.
La partie de l’agriculture entre les mains des Blancs est extrêmement concentrée et orientée vers l’exportation dans une intense compétition internationale. La partie se joue pour une industrie entièrement pénétrée par le capital entre la surexploitation de la main-d’œuvre et une mécanisation poussée. Les troubles sociaux constants entraînent d’une part un exode des agriculteurs sud-africains vers des pays africains à main d’œuvre plus facilement exploitable, d’autre part à développer toujours plus la mécanisation, ce qui n’est pas toujours possible ; néanmoins, les effectifs des ouvriers agricoles sont en constante diminution, ils sont passés de 1,1 million en 2004 à 6 ou 700 000 en 2011. Il en résulte une double pression sur ces travailleurs, celle du chômage et celle des conditions d’exploitation.
Ces conditions d’exploitation des travailleurs agricoles sont les pires, si c’est possible, du pays. On compte 340 000 « permanents » pour 350 000 saisonniers. Les premiers sont de véritables esclaves, logés sur place avec leur famille dans d’effroyables conditions, et devant, avec un salaire dérisoire, payer pour chaque chose, y compris les fruits qu’ils produisent. Pour la moindre peccadille, ils sont virés et perdent tout.
Le sort des seconds est encore moins enviable : leur travail dépend de courtiers en main-d’œuvre, sortes de maîtres d’esclaves, un intérim bien spécifique qui fournit pour une somme globale toute la main-d’œuvre saisonnière d’une ferme en imposant à ceux qui restent ses salariés, l’ensemble des conditions de travail et des salaires. Ceux-ci n’ont aucune « avantage », aucune protection, ils sont véhiculés sur les lointains lieux de travail dans des camions à bestiaux, doivent travailler comme leurs « collègues permanents » jusqu’à seize heures par jour, sept jours sur sept, soumis sans protection à toutes les pollutions d’engrais et de pesticides, empêchés même de se rafraîchir sous la chaleur écrasante. Certains disent que c’est pire que sous l’apartheid.
Les salaires sont les plus bas de toute l’Afrique du Sud, de 4 à 7 euros par jour et, malgré l’interdiction légale récente, sont payés pour partie en alcool, suivant de qui était appelé le dop system. Déjà largement insuffisant pour simplement survivre, c’est devenu encore pire avec l’inflation de 10 % sur des produits de base comme l’huile, le sucre, la viande.
« Assez, c’est assez. C’est une grève pour les salaires, pour de meilleures conditions de vie, pour des garanties et par-dessus tout, pour la dignité. »
Même si l’on peut penser que l’écho des grèves dans les mines a pu jouer un rôle dans le déclenchement de l’action des ouvriers agricoles, on ne peut établir une connexion, pas syndicale bien sûr et pas par proximité : la région du Cap où va éclater la première grève est à près de 1 500 km des régions minières. « L’évidence suggère que les grèves dans trois fermes contiguës, qui ont mobilisé 900 ouvriers agricoles de la vallée de l’Hec, furent complètement spontanées », souligne un journaliste.
La grève débute le 27 août, le plus simplement du monde : les nouveaux patrons d’une des fermes de cette vallée veulent un nouveau contrat pour les 300 travailleurs, impliquant une réduction de salaire. Le refus de discuter fait éclater la grève qui s’étend presque immédiatement à deux fermes voisines : la grève touche alors 800 ouvriers agricoles. La revendication principale est un salaire de 15 euros par jour.
Devant les refus d’en discuter et certainement avec des menaces et des pressions diverses, la grève d’une part se durcit rapidement, et d’autre part s’étend à toute la région fruitière du Cap. La violence fait davantage penser aux jacqueries d’autrefois qu’aux grèves dans les mines, où elle est défensive lors de la répression violente de manifestations pacifiques. Les ouvriers agricoles en grève non seulement bloquent les routes pour empêcher l’évacuation des produits exportés, mais incendient vignobles, bâtiments, matériel, et se livrent au pillage des magasins alimentaires de proximité. Ils sont rapidement plus de 12 000 en grève dans 16 villes de la province du Cap. La répression est à la hauteur : dirigeants de fermes et police tirent à balles réelles : 2 morts, 42 arrestations et bien plus de blessés.
On ne parle guère d’une organisation de la grève mais il semble que des comités de grève aient été constitués. A peine 3 % des ouvriers agricoles sont syndiqués et les patrons ne trouvent guère d’interlocuteurs sur place.
Pour tenter d’endiguer la grève, un comité est constitué par en haut, associant les syndicats (Food and Allied Workers’Union lié au Cosatu), des ONG, des autorités religieuses et autres personnages locaux, mais aucun des ouvriers agricoles grévistes ou leurs représentants directs. Cette artificielle Coalition of farmworkers representatives demande aux grévistes de suspendre la grève jusqu ‘au 4 décembre, le temps de laisser au gouvernement le soin de fixer le salaire minimum à 15 euros par jour. Mais cet appel à la reprise reste sans effet et fin novembre, la situation reste confuse.
Le secrétaire du syndicat constate lui-même : « Il n’y a aucun espoir pour que la grève finisse bientôt. Notre crainte est que la grève illégale s’étende dans d’autres régions du pays si une solution n’est pas trouvée immédiatement. » Même un représentant des fermiers constate : « Les ouvriers agricoles ne sont pas prêts à se calmer et à accepter les mêmes conditions antérieures d’esclaves. Quelque chose doit changer. »
Le 4 décembre, la base du mouvement entend reprendre la grève car rien n’a été obtenu. Le même jour, pour court-circuiter ce mouvement, le Cosatu organise une journée de grève nationale dans l’agriculture. La situation reste très confuse.

MADE IN USA

Début novembre 2012, quelques chiffres pour alimenter la crise et les résistances :
- Depuis 1960, les salaires des travailleurs non qualifiés ont baissé de 25 %, dont 8 % sous Obama. Vu le niveau de vie, les « travailleurs pauvres » doivent se faire exploiter dans trois ou quatre boîtes différentes.
- Le chômage total ou partiel, qui s’est constamment accru depuis 2008, atteint 20 %, le double de ce que prétendent les statistiques officielles. Chez les « non Blancs », les Latinos et les Noirs, il est le double.
- Les bénéfices des sociétés ont atteint en 2012 le chiffre record de 2 000 milliards de dollars 
- En 1970, un P.DG gagnait 40 fois le salaire moyen ; en 2012, c’est plus de 1 000 fois ce salaire moyen. 1 % des super-riches encaissent 25 % de l’ensemble des revenus, et ils possèdent 35 % des richesses.
- Environ 1 Américain sur trois (97 millions) se situe dans la zone des « bas revenus », la moitié de ceux-ci (46 millions) dans la zone des « très pauvres », ce qui inclut 22 millions d’enfants.
- La dette atteint 350 % du PIB, bien loin des 3 % dont on parle en Europe.
- Depuis 2008, 4 millions d’Américains ont perdu leur logement suite aux expulsions dans la dérive des subprimes.
- La guerre en Irak a coûté jusqu’à aujourd’hui 2 500 milliards d’euros. Assurer le minimum de nourriture à l’ensemble des populations du monde coûterait annuellement environ 30 milliards.
- De nombreuses « personnalités » américaines, entre autres mondialités de la classe dominante, ont présenté leurs rejetons à la foire aux pouliches dorées du « bal des debs », à l’hôtel Crillon, place Vendôme à Paris.

LA LUTTE SUR TOUS LES FRONTS

Occupation d’espaces publics ou privés, blocages de bâtiments, de voies routières ou ferroviaires

Grèce – 4/10/2012 – En dehors des manifestations diverses et répétées contre les plans d’austérité qui se succèdent, ponctuées d’une marginalité plus radicale mais qui, pour l’instant, n’ont guère ralenti la mise en application de mesures drastiques globales réduisant sensiblement le niveau de vie essentiellement des prolétaires, les luttes de ceux qui doivent travailler sont souvent passées sous silence : nouvelle grève de 48 heures le 6/11, 40 000 manifestants devant le Parlement contre de nouvelles mesures touchant notamment les retraites et les allocations diverses… Ci-après quelques-unes de ces luttes isolées et ignorées :

- Crète – 4/10/2012 – Des centaines de paysans manifestent en Crète contre un projet d’extension d’un aéroport.
– 4/10//2012 – 4 300 ouvriers des chantiers navals manifestent devant le ministère de la Guerre à Athènes pour le paiement de salaires impayés depuis plusieurs mois. Ils bloquent l’entrée des bâtiments mais sont attaqués par la police : 106 arrestations. Pour délivrer les prisonniers, quelque temps après, des manifestants attaquent un poste de police.
- 7/10/2012 – Les employés d’un centre de la Compagnie d’électricité occupent ce centre pour protester contre ce qu’on leur impose : couper le courant aux abonnés défaillants. Ils sont évacués par la police : 18 arrestations.
- 20/11/2012 – La plupart des bâtiments municipaux des villes sont occupés par des employés municipaux.

Bangladesh – 5/11/2012 – Scénario habituel dans ce pays (voir précédents bulletins) : 200 travailleurs de Topaz Dresses dans la banlieue de Dhaka, la capitale, bloquent l’autoroute proche de l’usine pour avoir paiement des salaires impayés depuis début octobre. Heurts avec la police qui débloque le barrage routier.

Indonésie – 3/10/2012 – Un jour de grève et une série de débrayages de plus de 2 millions de travailleurs de l’industrie dans plus de 700 entreprises de 80 zones industrielles sises dans 24 villes. Autour de Jakarta, plus de 50 000 manifestants parcourent la zone et entrent dans les usines pour faire débrayer les travailleurs (dans ces îles, plus de 40 % des travailleurs – soit 16 millions – sont en contrats précaires).
18/10/2012 – En juillet dernier, l’usine de chaussures près de Jakarta est occupée par les travailleurs pour paiement de salaires arriérés ; la police fait évacuer l’usine et dans la foulée, seuls 1 300 sont réembauchés, les autres contraints de signer des lettres de démission ce qui libère la firme d’avoir à payer des indemnités de licenciement. En octobre, 1 800 travailleurs protestent pour avoir une augmentation de salaire et qu’une indemnisation soit accordée aux 900 licenciés de juillet. La police et la sécurité de l’usine attaquent les grévistes, 13 blessés.

Chine – 12/10/2012 – 700 travailleurs de l’usine Xinfei Electric à Xinxiang dans le Hunan bloquent les portes d’entrée de l’usine pour une question de salaire. La grève s’étend aux 15 000 travailleurs mais les revendications aussi ; la grève cesse au bout de quatre jours avec 8 des revendications satisfaites sur les salaires (portés à 200 euros mensuels), les heures sup payées, une partie des congés payés et la mutation de deux dirigeants.

Colombie – 3/10/2012 – Protestations et grèves dans plusieurs villes sur les conditions de travail, les impôts, le système d’éducation… Les étudiants se battent contre la privatisation des universités. Les affrontements avec la police lors de blocage de rues font des blessés ; 39 arrestations à Medellin.

Espagne – 19/11/2012 – Des dizaines de milliers de travailleurs de la santé protestent contre les mesures d’austérité. Ils manifestent à Madrid, où plus de 20 hôpitaux sont occupés.

La grève et rien d’autre

Iran – Octobre-Novembre 2012 – Série de grèves essentiellement pour le paiement des salaires impayés. Le retard dans le paiement des salaires ne concerne pas seulement ce pays mais est à l’origine de nombreuses luttes, surtout dans les pays en développement. Le 2/11, 60 travailleurs et leur famille de la firme Ahwez Sugar Factory se rassemblent devant le bureau du gouverneur local pour le paiement de leurs salaires impayés depuis dix-huit mois.Leur usine a été rachetée par une banque qui a cessé toute production et mis à pied les 500 travailleurs. Ceux d’une autre usine textile à Mazanadaran manifestent aussi pour leurs salaires impayés depuis vingt-six mois.

Angola – 2/11/2012 – 15 ouvriers d’une plate-forme pétrolière en grève pour leurs salaires depuis le début octobre sont arrêtés par les flics qui ont pris d’assaut le puits de pétrole offshore.

Géorgie – 11/12/2012 – Les 1 200 dockers du port important de transit pétrolier de Poti sur la mer Noire reprennent le travail après deux semaines de grèves sur les salaires et les conditions de travail, ayant obtenu près de 20 % d’augmentation.

Bahreïn – 8/11/2012 – Grève surprise de centaines de travailleurs du bâtiment, tous immigrés, suite à la mort suspecte de l’un d’entre eux. Cette grève vise les terribles conditions de vie dans les « camps de travail » où ils sont logés à 10 dans une pièce, 6 dans des lits, les autres sur le sol.

Chili – 5/10/2012 – Deux semaines de grève des dockers contre la privatisation des terminaux portuaires à San Antonio (premier port du Chili, principal exportateur de minerais) se sont étendues aux autres ports. Le conflit prend fin avec un accord portant sur l’âge de la retraite et son montant, et sur l’amélioration des conditions de travail.

Pérou – 29/10/2012 – Fin de trois semaines de grève des 1 200 travailleurs de la mine de fer de Marcona exploitée par la firme Shongang Hierro, filiale d’un trust chinois. Le salaire de 8 euros par jour pour les moins payés a été augmenté de 0,60 euro par jour.

Etats-Unis – 28/10/2012 – Depuis le 8 octobre, les 825 travailleurs de Bombardier Learjet à Wichita dans le Kansas sont en grève au sujet du renouvellement du contrat collectif. Les propositions patronales, qui augmentent les contributions du salarié à l’assurance maladie, le gel des salaires pendant un an et une augmentation de 1 % par an chacune des 4 années suivantes, ont été rejetées à 80 % d’où la grève.

Bangladesh – 12/11/2012 – Fin de trois jours de grève des dockers du port fluvial de Benalore, par où transitent 80 % des matériaux bruts de l’industrie textile, pour le retard dans le paiement des salaires (les salaires sont basés sur le tonnage débarqué, 0,12 euro la tonne de marchandise).

Vietnam – 7/11/2012 – Fin de quinze jours de grève des 1 400 travailleurs de Flexcom à Din Ke avec un accord sur une augmentation à partir de janvier 2013 du salaire mensuel de 40 euros.
Chine – 12/10/2012 – 15 000 travailleurs de l’usine de matériel électrique d’une firme de Singapour en grève depuis quatre jours et bloquant l’entrée de l’usine obtiennent une augmentation portant le salaire mensuel à 190 euros, le paiement d’une partie des heures supplémentaires et des congés.

Belgique – 13/11/2012 – 20 000 manifestants à Genk (Limbourg, est du pays) contre la fermeture de l’usine Ford (4 600 ouvriers et 5 000 autres emplois induits), avec la participation de travailleurs des autres usines automobiles belges et allemandes.

Etats-Unis – Les travailleurs d’une chaîne de boulangeries industrielles, de dépôts de pain et de boutiques fast food – Hostess – étant en grève, la solution patronale au conflit est de fermer toutes ses boutiques, usines et dépôts, mettant sur le sable 18 500 travailleurs. La grève avait commencé le 9 novembre appuyant le refus à 92 % d’un nouveau contrat imposant une réduction des salaires de 8 %, un changement défavorable dans les conditions de travail, le non-paiement des heures sup après huit heures quotidiennes. Un recours judiciaire ayant autorisé l’application unilatérale du nouveau contrat n’avait pourtant pas mis fin à la grève et la solution imaginée par le patron, après un ultimatum de reprendre le jeudi 15 novembre resté sans effet, a été de fermer boutique.
Les 29 et 30 novembre 2012, grève à New York de centaines de travailleurs de MacDo et Burger King pour les salaires et les conditions de travail à l’appel d’une coalition de syndicats, d’ONG et d’organisations caritatives.

Roumanie – 22/8/2012 – Le FMI avait imposé la privatisation d’une usine
chimique, Oltchim, vestige du capitalisme d’Etat. Les 3 500 travailleurs de l’usine s’opposent à ce qui signifierait pour eux la perte de divers avantages : actions diverses et manifestations ont abouti… à la fermeture totale de l’usine par décision gouvernementale.

Taiwan – 28/10/2012 – 3 000 ouvriers agricoles manifestent à Taipei pour les salaires et contre la hausse des prix alimentaires de base.

Singapour – 28/11/2012 – Peuplée de 5 300 000 habitants( dont la population indigène décline à cause d’un taux très bas de natalité), la ville ne fonctionne que grâce à près de 700 000 immigrés (d’Indonésie, du Bangladesh et de Chine) qui sont exploités comme domestiques, dans le BTP, et maints autres boulots méprisés par les Malais d’origine. Le lundi 26, les 259 chauffeurs immigrés des transports publics de la ville refusent de monter dans les bus qui viennent les cueillir dans les dortoirs (où ils sont parqués dans des conditions sordides infestées de parasites) pour les emmener dans les dépôts de bus. Ils revendiquent la parité de salaires avec leurs « collègues » malais qui gagnent 40 % de plus qu’eux (650 euros mensuels contre 900 euros). Réaction du gouvernement qui déclare la grève ilégale et envoie immédiatement la police des émeutes pour les contraindre à cesser leur grève et arrête 4 « meneurs » qui ont osé passer des messages sur Internet. Le pays n’a pas connu de grève depuis 1986 mais la grève avait plus qu’une valeur symbolique : céder risquait de provoquer une vague de revendications des centaines d’immigrés et la paralysie de la ville.

Australie – 8/10/2012 – 40 000 fonctionnaires de l’Etat de New South Wales (Etat de Sydney) en grève contre la suppression de 15 000 emplois, une restructuration et la suppression de programmes sociaux. Prévue pour durer seulement quatre heures par les organisations syndicales, elle déborde largement dans le temps.

Grande-Bretagne – Constantes séries de grèves localisées, tant selon l’activité que géographiquement. Quelques exemples :
15/11/2012 – Les 675 chauffeurs de la compagnie First Bus Group qui dessert le Devon et la Cornouaille sont en grève vingt-quatre heures pour les salaires.
22/11/2012 – Trois jours de grève de l’administration de trois hôpitaux du West Yorkshire contre des suppression de postes et la baisse des salaires.
Russie – 16/11/2012 – L’annonce d’un arrêt temporaire à la mi-décembre de l’usine Ford Sollers à Vsevolzhsk, près de St Petersbourg, déclenche une grève qui stoppe toute production.

Manifestations et rien d’autre

Portugal – 1/12/2012 – Des centaines de milliers de travailleurs manifestent dans tout le pays contre les mesures d’austérité. Ces manifestations répétées, plus ou mois « dans le calme » depuis le début de l’été, n’ont pour le moment pas empêché la poursuite de la mise en œuvre des mesures restrictives concernant les travailleurs actuels ou passés.

Espagne – 31/10/2012 – La récession va s’intensifier en 2013, le chômage sera de 26,9 % en 2013 et un peu inférieur à 2014, dépassant ainsi six millions de chômeurs de longue durée . Le pays devra également s’acquitter du « péage de l’ajustement budgétaire, baisse de la demande de ses partenaires et des conditions financières difficiles ». Le gouvernement ne peut pas atteindre ses objectifs de déficit, pa olus qu’endiguer le recul du PIB de 1,4% ( le gouvernement avoue moins O,3%) . En outre, la dette continuera d’augmenter pour atteindre 97,6 % du PIB en 2014. 350 000 évictions de logements (300 chaque jour) contre 3 millions de logements vides, 26 % comme taux de chômage officiel (52 % chez les 16-25 ans et 35 % chez les immigrés). Nouvelle baisse du salaire minimum après une baisse de 22 % au printemps 2011, etc. Une 4e journée de grève et de protestation en six semaines qui, malgré quelques « débordements », n’ont rien changé. Malgré « la chute » du mouvement des Indignés, des groupes de quartier continuent de tenir des assemblées de rue et d’engager des actions locales (contre les évictions, la gestion des centres de soins, etc.). D’autres Espagnols émigrent, près d’un million en 2011 ; en vingt et un mois, la population est passée de 47 millions à 46 aujourd’hui.

Slovénie – 17/11/2012 – 30 000 manifestants à Ljubljana contre les mesures d’austérité (âge de la retraite, réduction des allocations de chômage, diminution des salaires des fonctionnaires de 3 %).

Union européenne – 19/11/2012 – Une journée de manifestations et de grèves lancée par la CES (Confédération européenne des syndicats) contre les mesures d’austérité ne mobilise pas les foules, sauf dans les pays les plus touchés par ces mesures : Grèce, Espagne (82 arrestations, 34 blessés) et Portugal. En Italie, les syndicats n’organisent qu’une grève tournante de quatre heures mais plusieurs dizaines de milliers manifestent dans toutes les grandes villes. La veille, en Sardaigne, deux ministres venus haranguer leurs supporters sont bloqués par la foule et doivent être évacués en hélicoptère

Mexique – 1/12/2012 – Le jour de l’intronisation du nouveau président (retour au pouvoir du PRI après douze années d’opposition), avec son programme d’austérité, des manifestations parties de différents villes convergent sur Mexico regroupant enseignants, étudiants, et autres protestataires qui manifestent également dans différentes villes du pays.

Thaïlande – 25/11/2012 – 15 000 manifestants à Bangkok alors que le pouvoir a pris une série de mesures pour limiter le nombre des participants et déployé 17 000 flics pour les contrer. 138 arrestations et 82 blessés. Le tout dans une grande confusion politique.

Manifestations, émeutes

Nous laissons délibérément de côté ce que les médias diffusent plus ou moins des luttes, souvent accompagnées d’émeutes limitées, pour évoquer ces manifestations diverses dans d’autres parties du monde, souvent réprimées durement et qui dégénèrent alors en émeutes tout autant réprimées.
Jordanie – 16/11/2012 – Depuis deux jours, jusqu’à 2 000 manifestants se heurtent à la police alors qu’ils protestent contre la hausse des prix des carburants et du gaz : des bâtiments officiels sont incendiés, des magasins pillés, un poste de police attaqué, les routes bloquées. Un mort et de nombreux blessés. 130 arrestations. Le 4 décembre, les manifestations continuent malgré la « main de fer » de la répression promise par le gouvernement. En 2011, le pays a connu plus de 800 grèves des enseignants, des employés de banque, des ouvriers du phosphate et de la potasse, des infirmiers, des docteurs,des taxis… Jusqu’ici en 2012, près de 600 grèves.Les salaires s’élèvent en moyenne à 2 500 euros annuels alors que les coût des produits essentiels sont équivalents à ceux de l’Europe. Le pays est le 4e parmi les plus pauvres des pays arabes. La suppression des subventions aux carburants entraîne une augmentation de 54 % du fuel domestique, de 30 % du carburant auto et de 11 % du prix des transports.

Tunisie – 16/11/2012 – Dans la région de Gafsa, autour des mines et des usines de traitement de phosphate – contraintes de suspendre leurs activités depuis un mois –, les habitants, chômeurs en grande majorité, se mobilisent pour obtenir du travail et la fin de la sous-traitance, occupent des bâtiments, bloquent les routes, les voies ferrées et les voies d’accès aux mines ainsi que le départ des camions de livraison du phosphate vers les ports d’exportation. La police intervient pour mettre fin au blocage et fait évacuer les occupations
27/11/2012 – A 120 km de Tunis, dans la région de Siliana (25 000 habitants, région agricole), les promesses non tenues de répondre à la crise économique et à la misère de la population locale déclenchent des manifestations répétées, dirigées d’abord contre le gouverneur local. Une marche pacifique déclenche une violente répression qui fait plus de 300 blessés. Toute la région s’enflamme, manifestations et affrontements se succèdent les jours suivants et les revendications s’amplifient pour devenir plus politiques. L’armée remplace la police. Le président Marzouki déclare : « Je crains que cela s’étende à diverses régions et que cela menace notre révolution. » Dans la nuit du 1 ou du 2 décembre, « cela » s’étend effectivement à Kef et Sheïtla alors que des manifestations de soutien se déroulent à Tunis, Bizerte et Gabès. La centrale syndicale UGTT et les opposants de « gauche » au pouvoir islamiste s’allient avec ce pouvoir pour calmer le jeu, avec un appel à une suspension « provisoire » des manifestations ; ils sont tous favorables à l’envoi de l’armée. Celle-ci est subventionnée par les USA (30 millions d’euros, le double des années antérieures).

Birmanie – 26/10/2012 – Dans la région côtière du nord du pays, proche du Bangladesh, alors que les communautés bouddhistes et musulmanes avaient vécu en paix jusqu’à récemment, la situation de crise a créé des tensions : un soupçon de viol puis de d’assassinat d’une femme bouddhiste par de jeunes musulmans déclenche une série d’émeutes religieuses qui ont déjà fait 112 morts (déjà 80 tués en juin dernier), des centaines de blessés et la destruction de 32 000 habitations incendiées. Plus de 22 000 sans logis sur les 750 000 de cette minorité musulmane frontalière (Makhine), dont un certain nombre se sont noyés en essayant de fuir dans des embarcations de fortune.
- 3/12/2012 – Dans le Nord Ouest la Chine investit lourdement dans les infrastructures pour permettre l’exploitation d’une mine de cuivre. La société qui a obtenu cette concession est une joint venture entre la Chine et l’armée birmane. La population locale s’y oppose épaulée par des bouddhistes dont les édifices religieux doivent être détruits. Le 29 novembre , un raid de l’armée fait plus de 50 blessés une bonne partie brûlés par des engins incendiaires. L’an passé, la résistance des populations locales avait réussi à faire annuler un projet de barrage.

Chine – 30/10/2012 – Dans la ville de Ningbo (proche de Shanghai), le projet d’extension d’une usine pétrochimique, déjà abondamment polluante, déclenche une semaine de manifestations de la population locale, réprimées par les flics (plus de 100 arrestations), mais dont la persistance reporter le projet. De tels affrontements au sujet de projets industriels ou autres, privant les paysans de leur terre ou déversant des poisons divers, sont fréquents en Chine avec des fortunes diverses. Sur la côte est, dans un autre port, Xiamen, plus au sud, en 2007, de telles manifestations ont bloqué la construction d’une usine de PX (produit chimique). En 2011, 10 000 manifestants à Dalian (nord de la Chine) ont seulement fait reporter l’ouverture d’une usine du même produit.
De tels « incidents de masse » (suivant la dénomination chinoise), on en a décompté 90 000 en 2009. Le 18/10 à Lunzhou dans le Sichouan, lors d’un incident avec les flics, un chauffeur de camion est battu à mort : cette exaction provoque sur le champ une émeute de plusieurs centaines d’habitants qui attaquent la police et incendient des voitures ; 20 arrestations.

Pérou – 25/10/2012 – Pour des raisons diverses (mais on peut soupçonner la spéculation immobilière plus que les raisons de sécurité avancées), le marché central ancestral de Lima la capitale – La Parada dans le quartier central de La Victoria – est condamné à être transféré dans une zone périphérique loin du centre. L’opposition énergique des occupants actuels déclenche des affrontements violents, la police appuie une première tentative de déposer des blocs de ciment pour en barrer les accès. Comme cela ne suffit pas, le 27/10 plus de 5 000 flics tentent de le renforcer. Une véritable bataille s’engage : la police tire à balles réelles : 2 morts, 100 blessés et 102 arrestations.

Bangladesh – 30/10/2012 – A Savar (banlieue de Dhaka), le Hall Mark Group ferme sans préavis une dizaines d’usines textiles près de Dhaka sans aucun préavis, simplement par des notices apposées sur les grilles des usines. 15 000 travailleurs se retrouvent ainsi sur le pavé mais aussi avec les salaires et primes dues impayés. Déjà trois jours de fermeture des mêmes usines le 14 avaient provoqué, suivant le schéma traditionnel, barrage routier et affrontement avec les flics ; 50 blessés. Le 23 octobre, une autre manifestation pour les salaires non payés avait grossi ces affrontements : 200 blessés.

Egypte – 24/11/2012 – Le « nouveau pharaon » tente d’imposer un régime autoritaire avec une nouvelle constitution qui lui donnerait les pleins pouvoirs et permettrait d’appliquer la charia. De nouveau, des milliers de manifestants frustrés de leur « printemps arabe » occupent la place Tahrir mais ils sont attaqués à la fois par la police, l’armée, et les bandes musulmanes : plus de 500 blessés et des centaines d’arrestations. Le 27 novembre, le mouvement s’étend dans une centaine de villes. La presque totalité de l’appareil judiciaire est en grève. Parallèlement, le pays continue d’être secoué par de nombreuses grèves : plus de 1 000 dans les deux derniers mois, la plus grande vague depuis une année. Le 18 novembre, l’armée, après une bataille rangée de quatre heures, récupère des terres dans l’île de Qursayah ; les paysans avaient profité de la chute de Mubarak pour récupérer ces terres dont ils avaient été évincés antérieurement par les militaires. Le 1/12, 3 000 travailleurs occupent l’usine Bolvera (filature et tissage) à Alexandrie, bloquant aussi les routes alentours. certains sont en grève de la faim pour les salaires, les conditions de travail et la réintégration de licenciés en 2007.

Les autres formes de résistance

Algérie – 19/10/2012 – « Les deux bêtes noires de l’industriel algérien » (quotidien El Watan) ce sont l’absentéisme et l’indiscipline au travail. Pour l’absentéisme, les fêtes religieuses sont des occasions de prolonger les absences. Pour l’indiscipline, une des causes serait le fait que les travailleurs peuvent gagner sur le marché informel (dont la contrefaçon) en quelques jours ce qu’ils gagnent en un mois à l’usine.

Lettonie – 18/10/2012 – L’émigration. Depuis 2008, la population de 2 200 000 habitants a diminué de 200 000. Pour un coût de la vie proche de celui de l’Allemagne, le salaire moyen est de 600 euros et le salaire minimum de 280 euros. Le pays connaît le plus haut taux de suicide de l’Europe, le plus bas taux de natalité, de délits et d’alcoolisme.

LA REPRESSION

Inde – 12/11/2012 – Les infirmières de Mother Hospital dans l’Etat de Kerala, en grève depuis le 5 septembre, sont attaquées par la police alors qu’elles protestent devant l’hôpital : 35 arrestations, 2 blessés. Plus de 2 000 travailleurs manifestent contre ces arrestations.
9/11/2012 – Un jugement ordonnant la reprise du travail aux 1 000 travailleurs d’Apollo Tyre dans l’Etat de Gujarat, la grève « illégale » depuis dix-neuf jours sur des questions de salaire et de reconnaissance syndicale cesse.
22/10/2012 – D’après une liste fournie par les patrons, 150 ouvriers de l’usine de Maruti Suzuki (voir précédents bulletins) ont été arrêtés et torturés depuis la mi-juillet sous l’accusation de meurtre du DRH, retrouvé mort carbonisé dans l’incendie de l’usine au cours d’affrontements avec police et gardes, dans la phase terminale d’une sérié de grèves et d’affrontements. Les familles de ceux de ces accusés qui ont échappé au coup de filet en se planquant ou en retournant dans leur villages sont l’objet de pressions, voire d’arrestations. Le 8/11, plusieurs manifestent dans la zone industrielle de Gurgaon où se situe l’usine Suzuki. Le jour précédent, un campement de protestation devant le bureau du gouvernement du secteur est dispersé par plus de 1 000 flics. D’autres protestataires sont en grève de la faim depuis deux jours ce même 7/11.

Mexique – 24/10/2012 – 180 nervis expulsent travailleurs et paysans d’un campement de protestation pacifique à l’entrée de la mine de la société canadienne Excellon Resources, visant à obtenir la reconnaissance du syndicat.

LES CRIMES DU CAPITAL

Arabie Saoudite – 24/11/2012 – L’explosion d’un camion citerne transportant du carburant en pleine ville de Ryad fait 23 morts, 111 blessés, et ravage tout dans un rayon de 300 mètres.

Bangladesh – 24/11/2012 – 121 morts et 150 blessés dans l’incendie d’une usine textile Tazreen Fashion ( groupe Tuba qui approvisionne notamment Wal’mart, Carrefour ou C&A) à Ashula dans la banlieue de Dhaka, sur les 600 présents dans l’usine qui exploite 1 500 travailleurs, surtout des femmes ( payées de 40 à 80 euros par mois). Cause du sinistre : des installations électriques défectueuses et l’utilisation de solvants inflammables et toxiques. Cause du nombre élevé de victimes : toutes les sorties bloquées « normalement » pour empêcher les travailleurs de sortir ou de sortir du matériel. L’immeuble devait comporter trois étages, mais il en fut construit huit illégalement et les quatre escaliers aboutissaient tous au rez-de-chaussée, où le feu s’est déclaré. Le syndicat patronal du textile BGMEA prétend avoir fait pour l’usine un « audit régulier de sécurité ». Il n’y avait aucune sortie de secours. Les multinationales de la fripe et des hypermarchés se sont empressées de déclarer qu’elles ne commerçaient pas avec cette usine. Le gouvernement décrète une journée nationale de deuil, prétend qu’il y a eu sabotage, et arrête deux lampistes. Le 26/11, des milliers de travailleurs du textile de la zone d’Ashula manifestent, bloquent les routes et sont attaqués par les flics. Depuis 2006, de tels incendies d’ateliers ont fait plus de 500 victimes brûlées vives ou asphyxiées. Au même moment, un incendie dans un immeuble-usine de 12 étages n’a fait aucune victime à cause de la solidarité des ouvriers d’un bâtiment voisin en construction qui ont appliqué sur la façade leurs échelles de bambou. Le 28 novembre, le début d’un incendie dans une usine de la même firme déclenche une nouvelle manifestation qui rapidement regroupe 20 000 travailleurs : pendant six heures, ils bloquent l’autoroute et se battent avec les flics ; 50 blessés. Dès le début de l’émeute, les autorités font fermer plus de 300 usines du secteur. Les salaires sont les plus bas du monde dans ce secteur : 30 euros par mois.
Les soi-disant audits mandatés par les grandes marques pour se donner bonne conscience sont, à la connaissance de tous, totalement bidon ( ouvriers ayant des formations pour faire les bonnes réponses, registres bidons sur les heures et les salaires,etc..). Le gouvernement « couvre » et ne cherche nullement à imposer une réglementation la plus élémentaire sur la sécurité. Un député sur 10 au parlement possède , lui ou sa famille une usine textile. Les syndicats « indépendants » n’existent pas et les tentatives de créer sous le couvet d’ONG des comités de sécurité dont les conclusions seraient mises en pratique par les multinationales clientes ont pratiquement échouées ( seules deux d’entre elles ont répondu)

Monde – Novembre 2012 – Réchauffement climatique. Alors que le maintien des taux de polluants (principalement le CO2) entraînerait à court terme un réchauffement déjà catastrophique de 2°C, la concentration de ces polluants a atteint un pic en 2011 et les principaux pollueurs refusent absolument de diminuer leurs propres émissions.
2,5 milliards d’hommes n’ont aucun accès à un dispositif sanitaire même sommaire, d’où un vecteur important de contaminations diverses.

Afrique du Sud – 25/10/2012 – 1 600 000 Sud-Africains noirs vivent dans des bidonvilles édifiés sur des terrils de déchets miniers radioactifs et contenant aussi de l’aluminium, de l’arsenic, du mercure et du cuivre, provoquant au moins des problèmes respiratoires et bien sûr la contamination des eaux.

France – 14/11/2012 – Deux ouvriers asphyxiés, l’un d’eux en portant secours à un ouvrier d’une boîte de sous-traitance chargé de l’entretien d’une cuve nouvellement installée qui contenait un fort pourcentage d’argon.
25/11/2012 – Avis à tous les précaires : « Un moment attendu dans le monde entier » : le bal des debs à l’hôtel Crillon, place de la Concorde à Paris. Le marché aux pouliches de luxe, héritières diverses porteuses des milliards des dynasties économiques et financières.

Chine – 6/11/2012 – 5 enfants entre 9 et 13 ans trouvés morts asphyxiés dans une benne à ordure à Bijie (Guizhou) ; Leurs pères migrants, exploités à Shenzhen, à plus de 1 000 km de là, les avaient confiés à la famille. Abandonnés, ils avaient trouvé refuge dans cette benne et auraient allumé un feu pour se réchauffer. Plus d’un million et demi d’enfants de migrants échapperaient ainsi à la surveillance des vieux parents. Un journaliste local qui avait ébruité le scandale a été arrêté (ainsi que sa compagne) et envoyé en « vacances forcées » dans une prison secrète. En 2005, il avait été licencié et fait deux ans de prison pour avoir publié des « histoires négatives » sur la pauvreté dans les campagnes et inculpé de « subversion contre le pouvoir de l’Etat ». Au même moment, en novembre 2012, on apprend que le nouveau secrétaire général du Parti Xi Jinping et sa famille ont accumulé une fortune de 300 millions d’euros (notamment dans l’exploitation des terres rares), et que tous ses acolytes du bureau politique sont tout autant nantis et misérables.

Afrique du Sud – 12/11/2012 – Le gouvernement ne peut éviter une enquête sur le massacre de Marikana (voir précédent bulletin). La commission chargée de tenter une approche de l’assassinat de 34 mineurs révèle des manipulations (des armes blanches déposées après coup auprès des cadavres de mineurs), des exécutions de sang-froid de mineurs menottés, beaucoup tués dans le dos alors qu’ils s’enfuyaient. Les témoins devant la commission sont arrêtés, torturés, intimidés. Quatre mineurs sont arrêtés sous l’accusation de meurtre d’un leader syndical du NUM.

Monde - 12 des pays du monde les plus riches et minerais divers et 6 parmi les plus riches en pétrole figurent, selon la Banque Mondiale parmi ceux ayant la population la plus pauvre
de 1993 à 2006 , les conflits armés ont fait plus de 2 millions de morts (dont un fort pourcentage d’enfants) , 6 millions de mutilés et entraîné le déplacement de 20 millions de personnes.

Nigéria En août 2008 la rupture d’un pipeline a entraîné une marée noire dans le delta du Niger privant plus de 70 000 personnes des ressources de la pêche et de la culture et entraînant une pollution généralisée des eaux. Rien n’a été fait depuis et les victimes laissées à l’abandon.
Colombie -Descente aux enfers
Un documentaire intitulé « Les égouts de Bogota », réalisé par Vice Magazine, nous emmène au fond des égouts de la capitale colombienne et dévoile le sinistre quotidien de ces personnes condamnées à la déchéance. Transis de froid, crevant de faim, des hommes, des femmes et des enfants survivent dans l’obscurité, au milieu d’excréments humains, entourés de rats et de détritus, dans la misère la plus extrême et sous la menace permanente du « nettoyage social » dont ils savent qu’ils sont la cible.
Le Docteur Jaime Jaramillo est une des rares personnes en Colombie à venir en aide aux personnes vivant dans les égouts et a fait sortir des centaines d’enfants des canalisations de Bogota. C’est dans les années 70 que le Docteur Jaime Jaramillo, ou comme on le surnomme en Colombie « Papa Jaime », a commencé à descendre dans les égouts afin de sauver les enfants des rues des abus et de la mort.
« J’étais asthmatique et je n’arrivais pas croire que des êtres humains puissent vivre comme çà », raconte le Docteur qui a créé la Fondation Enfants des Andes, une organisation sanitaire et sociale qui recueille, soigne, éduque et socialise ces enfants qui ont vécu les pires souffrances. « Malheureusement, pour pouvoir manger ces enfants doivent voler, et pour voler ils doivent prendre de la drogue. C’est un cercle vicieux. » explique t-il.

« Quand c’est ton tour, c’est ton tour »
Contraints de se terrer dans les égouts où ils continuent d’être traqués par la police et les escadrons de la mort, des hommes, des femmes et des enfants sont les victimes d’agressions barbares. Pedro, qui a survécu à une agression au couteau, témoigne : « Il y a six mois les paramilitaires sont venus et ont mis le feu à une petite fille. Ils ont versé de l’essence sur elle et l’ont enflammée. C’est terrible. » Lorsque leurs agresseurs ne peuvent pas les atteindre par balles ou au couteau alors ils déversent de l’essence dans les bouches d’égouts et y mettent le feu. 22 enfants sont ainsi morts brûlés vifs. Le harcèlement par la police, qui agit généralement le dimanche, est permanent et les pousse à se réfugier au plus profond des canalisations de la ville.
« Ils viennent constamment ici, t’attrapent et t’emmènent au poste de police. Là ils te frappent dur et t’aspergent avec un puissant jet d’eau. Ils te disent que tu es bon pour le nettoyage social. Ils ne te disent pas quand mais quand c’est ton tour, c’est ton tour », raconte Roberto. Un autre homme, Pablo, raconte qu’il a perdu sa femme, emportée par une brusque montée des eaux dans les canalisations lors d’une forte pluie à Bogota.
L’année dernière, une pétition en ligne a été lancé sur internet par le site Care2 afin d’attirer l’attention de l’opinion internationale sur le cas du « nettoyage social » en Colombie et pour demander au Président Juan Manuel Santos, au Ministre de la Défense et au Directeur de la Police Nationale que cesse enfin le massacre des sans-abri par les forces de l’ordre et autres escadrons de la mort. La pétition a rassemblé près de 25.000 signatures des quatre coins du monde mais n’aura, semble-t-il, connu aucune suite
Alors que viennent tout juste de s’engager des pourparlers entre le gouvernement et la guérilla, la Colombie, troisième pays le plus inégalitaire au monde, figure toujours sur la liste noire des différents organismes des droits de l’Homme. Tout récemment, la Cour pénale Internationale vient d’émettre un rapport sur la situation de la Colombie et adresse clairement, à travers celui-ci, un dernier avertissement à l’Etat colombien afin que des changements importants soient mis en œuvre dans la politique pénale de ce pays.
Guatemala -
Le processus de récupération des terres
Pour les communautés indigènes et paysannes, la lutte pour la terre représente le fondement matériel et symbolique de leur existence. Cette lutte, qui dure depuis plus de 500 ans, se manifeste actuellement par une série d’actions dénommée « processus de récupération de terres », en contraste avec ce que l’oligarchie des propriétaires terriens, l’État et l’opinion publique appellent les « invasions de terres ». D’un côté, les occupations de fincas mettent en évidence leur revendication centrale : dénoncer la spoliation historique de terres communales, commencée avec le développement de la production de matières premières dans la division internationale du travail ; et d´un autre côté, se libérer des mécanismes autoritaires de contrôle social et des formes coercitives de travail auxquels ils ont été soumis dans les fincas d’agroexportation.
Les expulsions : la prérogative historique de la répression sur la négociation
Afin de respecter l’obligation de défendre la propriété privée, plus de 800 familles qui occupaient 12 fincas dans la vallée du Polochic (département d’Alta Verapaz) ont été expulsées de force en mars dernier (voir brève sur les expulsions violentes), en présence et avec la participation des propriétaires de l’entreprise Chabil Utzaj de production de canne à sucre, la famille Widmann, des forces de l’ordre, du Ministère Public, et des effectifs militaires et des paramilitaires embauchés par l’entreprise. Ces actions, exécutées en toute impunité en présence d’employés du Bureau du Procureur des Droits Humains et des avocats généraux du Ministère Public, ne sont pas considérées comme des violations de l’État de droit ni comme des actions de caractère terroriste, mais sont jugées nécessaires pour le respect de la loi. L’État, qui participe de cette structure de relations de domination, agit et laisse agir des propriétaires terriens et leurs forces de sécurité de manière arbitraire, privilégiant ainsi les actes répressifs plutôt que la négociation. En effet, la recherche du consensus impliquerait d’aborder de façon sérieuse la problématique qui émerge avec les occupations, celle de la concentration des terres. Toutefois, dans le cadre de la défense de la propriété privée, les forces de sécurité de l’État et les groupes paramilitaires des propriétaires s’acharnent contre les familles qui se trouvent dans les fincas occupées, en commettant de façon préméditée et en toute impunité, des exécutions extrajudiciaires. Ce qui s’est passé dans le cas de l’expulsion de la finca Nueva Linda en 2004 en est un exemple concret (voir brève sur les expulsions violentes). L’action des forces de sécurité publique et privée, dans le cas précité comme dans ceux de la vallée du Polochic et tant d’autres, est soutenue par l’État à tel point que, pour la justifier, il indique de façon récurrente qu’il agit dans le cadre de la loi et pour faire respecter la loi. Ainsi, il est important de réfléchir aux voies et aux mécanismes par lesquels pourrait se concrétiser le besoin urgent de réforme agraire et de la renaissance de la lutte pour les droits politiques et territoriaux des peuples autochtones, face à un État incapable de défendre la population paysanne qui souffre des effets du modèle d’accumulation capitaliste dans l’agriculture guatémaltèque. Ce qui pose le défi de trouver de nouvelles formes d’organisation et de mobilisation, qui permettraient de dépasser le piège démobilisateur des espaces de dialogue et de négociation qui ont été proposés par les gouvernements au pouvoir depuis des années, comme palliatifs à ce problème structurel.

ARGENTINE
Novembre 2011 – Malgré les prétentions à servir de modèle de « sortie de crise » après l’effondrement du début des années 2000, cette crise rebondit aujourd’hui alors que la finance internationale demande le remboursement des dettes dont les échéances avaient été reportées : 3 milliards d’euros doivent être sortis avant le 15 décembre. Ces exigences et l’impact de la crise (et aussi de mauvaises récoltes qui grèvent les essentielles exportations agricoles) conduisent les dirigeants politiques à une certaine autarcie (nationalisation de la principale compagnie pétrolière, contrôle des importations et des flux financiers). Cela s’accompagne sur le plan politique par une évolution vers une semi-dictature (contrôle des médias, projet de réforme de la constitution). Le pays sombre avec le chômage (8 %), une inflation de 30 % en un an, le travail au noir (30 %), la criminalité, la corruption et le délabrement de tout le secteur public.
D’où des manifestations organisées par les opposants politiques, sur un fond de crise sociale. Le 8 novembre, plusieurs milliers de personnes des quartiers huppés de Palermo et Recoleta se rassemblent Plaza de la Republica pour marcher jusqu’à la célèbre place de Mai, en tapant sur des casseroles pour protester pêle-même contre le contrôle des changes, l’inflation, la corruption, l’insécurité, et un projet de réforme de la Constitution qui permettrait à Cristina Kirchner de briguer un troisième mandat en 2015.
La bourgeoisie ne supporte pas de ne pas pouvoir jouir de son argent à sa guise. Elle en a assez des contrôles effectués sur les opérations de change, de la difficulté de se procurer des dollars et d’épargner quand la monnaie nationale, le peso, se dévalue au rythme de 25 % par an. La Banque centrale a besoin de dollars pour payer ses échéances. Et l’Etat argentin en a encore plus besoin aujourd’hui alors qu’il doit faire face à la rapacité des fonds spéculatifs « vautours » qui veulent être remboursés sans délai, et qui sont allés jusqu’à saisir un navire école de la marine argentine au Ghana.
Les cacerolazos sont présentés par la presse comme des manifestations spontanées de citoyens « indépendants ». En réalité, ils ne sont pas plus spontanés que les manifestants ne sont indépendants. Des forces politiques en assurent discrètement la logistique (par exemple, les pancartes que les manifestants brandissent ne sont pas artisanales). En premier lieu, la droite conservatrice, celle des macristes, du nom du maire de Buenos Aires, Mauricio Macri. Ils courent après leur revanche après neuf années d’insuccès électoraux et de domination péroniste. Macri est le leader d’une coalition de partis libéraux, Propuesta Republicana (PRO), favorable à une amnistie pour les militaires et les policiers accusés de crimes commis sous la dictature entre 1976 et 1983. Ils sont soutenus par tout ce que l’Argentine compte de réactionnaires et de nostalgiques de la dictature, notamment le Partido Popular de la Reconstrucción (PPR), proche des milieux militaires, et le parti d’extrême droite Nuevo Triunfo. Les piqueteros des Confederaciones Rurales Argentinas (CRA) sont aussi de la partie, surtout en province. Des paysans pauvres et des chômeurs qui coupaient les routes à la fin des années 90
représentent la gauche populiste nationaliste sous la férule de leur chef Raul Castells. L’addition de ces formations, avec à leur tête de fortes personnalités, constitue un ensemble hétérogène. La bourgeoisie est convaincue que le parti justicialiste au pouvoir est en train de la conduire à la ruine. Elle exprime sur ses pancartes l’étendue de son malaise : « Je ne veux pas vivre dans la peur », « Assez de corruption », « Sauvons la République », en agitant des drapeaux argentins et en chantant l’hymne national.
Les journées de grève générale se répètent ainsi à intervalles réguliers, la dernière en date, le 20 novembre, une grève générale décidée par deux des principales centrales syndicales du pays, la première depuis l’arrivée au pouvoir en 2007 de Cristina Kirschner . Lors de cette dernière grève, qui a totalement bloqué une vingtaine de villes du pays, des barricades ont barré les autoroutes, les ponts et les voies ferrées. Cette crise s’exprime d’une autre façon par une série de luttes dont nous ne pouvons donner que les plus récentes :
7/10 – Grève des dockers de Rosario pour les salaires et les conditions de travail
10/10 – A l’appel des syndicats, des milliers manifestent à Buenos-Aires sur la situation économique, le blocage des salaires et l’augmentation des impôts
10 et 11/10 – 6 000 enseignants de Buenos-Aires en grève
11/10 – Grève des chauffeurs de bus de Buenos-Aires contre le licenciement de 4 d’entre eux. 200 bloquent un carrefour routier dont ils sont délogés par la police
12/10 – Chemins de fer : grève pour la réintégration d’un cheminot accusé de « sabotage » lors d’un déraillement
8/11 – Les travailleurs de la ligne de chemin de fer Saramiento dans la banlieue de Buenos-Aires en grève pour le non-paiement des salaires d’octobre
20/11 – Les enseignants de nouveau en grève, la 4e de l’année, après un mois de grève en 2011
22/11 – 24 heures de grève des travailleurs du pétrole
22 et 23 /11 – Grève des enseignants de Buenos-Aires qui avaient déjà débrayé deux jours en octobre
29/11/2012 – Grèves tournantes de trois heures des travailleurs du métro de Buenos-Aires

ETATS-UNIS

L’éternel conflit des ports dans le monde entier : transformer le docker, employé sous statut de salarié des autorités du port, ce qui permet les luttes collectives en un employé de chacune des compagnies de transport maritime ou autre travaillant dans le port, ce qui émiette ces travailleurs sous des statuts distincts, réduisant les possibilités de lutte, c’est ce qui est au centre des luttes des dockers depuis des décennies. La défense du statut de docker passe aussi par la défense du syndicat dont l’existence même est liée au système antérieur de gestion de la main d’œuvre portuaire.
Depuis des décennies également les ports de la côte ouest des USA ont connu un énorme développement : de 1980 à 2007 le trafic de ports comme Los Angeles, Long Beach, Oakland ou Seattle a té multiplié par 12 ou 15 ; ces ports assurent actuellement 51 % du trafic total des conteneurs des USA ( ce développement a même provoqué des goulots d’étranglement dans la chaîne logistique ( camions et chemins de fer pour l’évacuation des conteneurs). Au cours de ces années de développement, la pression s’est accrue pour faire passer les dockers sous la coupe des sociétés maritimes ou des affréteurs. Dans un dernier bulletin nous avons évoqué une telle tentative à propos d’un port céréalier, Longview, lutte dans laquelle « Occupy Oakland » s’était impliqué et qui s’était conclue par une accord boiteux conclu par le syndicat ILWU (International Longshore and Warehouse Union) : certaines prérogatives du syndicat pour l’embauche des dockers avaient été abandonnées pour conserver le statut de docker.
On doit mentionner avant de parler de la lutte qui s’est déroulée dans les ports de la côte ouest en novembre et décembre qu’à maintes reprises dans le passé, ces dockers ont manifesté une solidarité exemplaire, en particulier ne traversant jamais les piquets de grève d’une autre catégorie de travailleurs des ports. Cela signifie qu’un conflit, même pour une catégorie restreinte de travailleurs portuaires, peut entraîner le blocage total d’un ou plusieurs des ports.
Un premier conflit de 28 agents de sécurité du port de Portland (Oregon) dont le contrat était expiré depuis plus d’un an et demi a pris fin le 24 novembre. Le port exigeait qu’ils acceptent leur remplacement par des employés de compagnies privées. Le syndicat a obtenu le maintien de leur situation antérieure moyennant des concessions dur les salaires et les avantages sociaux
Le second conflit débute le 27 novembre quand quelques employés d’un terminal du port de Los Angeles débraient lassés d’attendre depuis deux années le renouvellement de leur contrat. Rapidement, le grève s’étend aux quelque 800 employés des ports de Los Angeles et Long Beach tributaires du même contrat collectif non renouvelé. Il établissent des piquets devant l’entrée des ports de Los Angeles et de Long Beach , piquets que ne traversent pas les autres dockers.( les deux ports concentrent 40% du trafic de conteneurs des USA)Ce qui paralyse 10 sur 14 des terminaux de ces ports. Certaines compagnies de navigation tentent de dérouter leur navire vers des ports mexicains proches mais hésitent à le faire vers d’autres ports de la côte ouest plus au nord par crainte de l’extension du conflit. Le 4 décembre 20 porte conteneurs sont en attente au large dans l’attente que le conflit se résolve. La grève commençant à entraîner des rupture d’approvisionnement dans touts les secteurs de l’économie ( notamment ceux qui travaillent à flux tendu, il est question de faire appliquer par Obama (comme Busch l’avait fait en 2002) la loi Taft-Hartley qui permet d’ordonner la reprise du travail et un arbitrage obligatoire dont les conclusions s’imposeront ipso facto, toute poursuite de la grève devenue illégale entraînant de lourdes sanctions. Ce même 4 décembre, un accord est conclu pour un nouveau contrat dont on ne connaît pas la teneur sauf une promesse des l’Association des Employeurs des Ports, qu’il n’y aurait pas de sous-traitance vers les ports mexicains. Pour éviter un engorgement des ports de la côte ouest, ordre a été donné aux navires en route dans le Pacifique vers ces ports américains de ralentir leur vitesse. On calcule qu’il faudra un certain temps pour effacer les conséquences de cette grève d’une semaine ( en 2002, il avait fallu six mois pour que tout redevienne normal)