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Dans le monde, une classe en lutte septembre 2012

publié par françois, le lundi 24 septembre 2012

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LA FUITE EN AVANT DU CAPITAL IL MASSACRE, DETRUIT, SES CRIMES SONT INNOMBRABLES ET NE PEUVENT LE SAUVER DE SA DISPARITION

Il faut beaucoup de courage dans un immense désespoir pour renoncer à la vie et se suicider : mais de toute façon, quelles que soient les raisons que l’on se donne ou que d’autres donnent, c’est parce que le système vous y a acculé et qu’on ne trouve pas d’autre issue à la vie de merde qu’il vous a faite. Nombre de ceux qui arrivent à cette ultime solution parce qu’ils ne voient pas d’autre moyen de lutter le font en silence. Quelles que soient les apparences, cela reste un acte individuel. Mais dans une période récente, le suicide individuel (parfois spectaculaire, comme cette immolation par le feu d’un chômeur dans un bureau de la CAF) est accompli de telle façon qu’il est une forme de protestation contre le système. Cela va actuellement des suicides à France Telecom jusqu’à ceux des travailleurs de Foxcon en Chine, ou à celui de paysans indiens ruinés par la « révolution verte » et les usuriers. Cette forme de suicide est accomplie de telle façon qu’elle puisse provoquer une certaine médiatisation et, par suite, conduire les travailleurs placés dans les mêmes conditions, ou l’ensemble des travailleurs, à réagir. A réagir et à lutter, pas tant contre le cadre précis nanti d’une autorité destructrice, mais contre le système que celui-ci met en application. Les travailleurs de Foxcon à Shenzhen qui sautaient individuellement dans le vide pour se tuer devant la porte de l’usine au moment du changement d’équipe faisaient de leur mort individuelle un acte de lutte contre leur exploitation, en espérant créer un choc tant pour les nombreux témoins de leur geste que pour tous ceux qui en seraient inévitablement informés. Cela restait pourtant un geste individuel. Peut-on relier de tels actes individuels à d’autres de même nature – l’autodestruction d’un être humain – qui cessent d’être individuels pour devenir collectifs ? Les travailleurs de Foxcon, rassemblés sur le toit de l’usine, qui menacent de sauter tous ensemble dans le vide si l’on ne tient pas compte de leurs revendications, sont-ils proches de la menace des travailleurs de Cellatex, qui est de se faire sauter avec l’usine, ou de ces mineurs italiens enfermés dans la mine avec des tonnes d’explosifs, ou de bien d’autres exemples extrêmes similaires de décisions ultimes, après avoir épuisé toute possibilité de lutte et constaté leur isolement ? Peut-on relier ces actes ou ces menaces à ces mineurs d’Afrique du Sud qui trouvent assez de courage pour affronter avec des lances et des machettes des forces de la répression dotées d’armement sans comparaison avec les leurs ? Un de ces mineurs d’Afrique du Sud exprimait bien le sens de tels affrontements : « Préférer mourir que de travailler dans ces conditions. » Ce n’est pas nouveau car, dans le passé, des affrontements directs de classe se sont affirmés autour de ce simple slogan : « Du pain ou la mort », et ont mis des prolétaires sans espoir mains nues face aux forces de la répression dotées d’armes létales. Quant un tel dilemme se pose, cela fait apparaître que le capital n’exploite les êtres humains que pour en prendre ce qui peut lui procurer un profit, en utilisant leur force physique et/ou mentale – au besoin à l’extrême – et le plus souvent seulement une partie des dites capacités (ce qui pourrait poser d’autres questions quant à l’évolution même d’une espèce humaine ainsi conditionnée). Cette destruction des êtres humains (avec leurs conditions de travail et leurs réactions extrêmes éventuelles), autrement dit d’une partie de ce que la nature met à la disposition du capital, peut-elle être reliée à deux autres conséquences globales de l’activité capitaliste : d’un côté l’élimination et la marginalisation d’une masse de plus en plus importante d’êtres humains – placés dans une précarisation totale parce que rendus inutiles par l’évolution même du système –, d’un autre côté la destruction de tout ce que la nature procure au capital et que, dans son évolution, celui-ci détruit et reste dans l’incapacité totale de contrôler ? Parmi les crimes du capital, on ne met habituellement que les guerres ou les catastrophes qui auraient pu être évitées, mais pas cette constante destruction d’un appareil de production (êtres humains et matériel) rendu obsolète par la recherche compétitive du profit à travers l’innovation : aujourd’hui, le monde entier est jalonné de ces déchets de l’industrie d’hier qui ne peuvent plus être résorbés (depuis les divers déchets atomiques jusqu’aux amoncellements de plastiques dans une zone du Pacifique). La destruction d’une manière ou d’une autre des êtres humains en regard leur exploitation n’en fait pas partie. Seules, de-ci delà, des luttes qualifiées d’arrière -garde (à l’aune du « progrès » capitaliste) viennent souligner ces destructions en acceptant des miettes permettant la survie. C’est le même « progrès » qui entraîne des luttes, souvent perdues, de deux sortes : celles de paysans dépossédés de leurs terres, soit par l’expansion capitaliste dans la production agricole, soit par l’implantation de zones industrielles ou de barrages fluviaux. C’est aussi le même « progrès » qui déclenche des luttes contre les formes diverses de « pollution » : celles des populations environnantes empoisonnées par des émanations nocives, celles des paysans dont l’implantation d’exploitations minières pollue ou tarit l’eau nécessaire à leur production agricole et à leur vie quotidienne. Essentiellement dans les pays en développement parce que là, le capital a la « liberté » d’exploiter sans limites, tant la nature que les populations, ces luttes donnent des résultats mitigés. Mais il est une forme de pollution plus globale qui vient de l’exploitation mondiale sans limite par le capital de ce que la terre peut fournir en surface et en sous-sol. Peut-on relier la diffusion de cette pollution à tout ce que nous venons d’écrire sur les destructions plus ponctuelles, matérielles et humaines ? Cette pollution est générale et étroitement liée au développement du capital lui-même, à son existence même. Pour ces caractères, ce « crime » n’est combattu qu’idéologiquement ou très localement. Les conséquences dramatiques prévisibles et déjà visibles ne suffisent pas à persuader les intérêts capitalistes globaux de la nécessité vitale pour sa survie d’une régulation impossible, qui mettrait en cause les bases de son fonctionnement. L’expansion industrielle du capital – la seule source du profit capitaliste – reste la seule mesure des solutions préconisées pour sortir de la crise mondiale du capital. L’émission croissante et irrépressible de gaz divers résultant de cette expansion entraîne des effets tels sur le climat que ce « crime suprême » du capital commence à surpasser tous les autres « crimes ». Ses conséquences sont pourtant régulièrement désastreuses sur des secteurs productifs et pour l’ensemble des populations concernées (famines, inondations, affrontements ethniques ou religieux, migrations forcées, le tout accompagné de guerres localisées et d’émeutes). On ne sait trop ce qui (et quand), entre la crise systémique de fonctionnement du capital d’une part et cette conséquence dramatique de l’exploitation illimitée de tout ce qui vit sur la terre et de ce que recèle son sous-sol d’autre part (bien que ces deux volets soient intrinsèquement liés), pourrait conduire à un chaos tel qu’il provoquerait des réactions de l’ensemble des « dominés » (exploités, précaires, assistés, déplacés, etc.). Ces réactions pourraient ouvrir une porte vers un monde communiste. Espérons seulement que cela ne viendra pas trop tard et sans trop de souffrances causées par les répressions des profiteurs d’un système qui, pour le moment, dispose d’un énorme potentiel de défense contre toute velléité de révolte globale.

LES DIFFERENTES FORMES DE LA LUTTE DE CLASSE DANS LE MONDE

La grève et rien d’autre

Corée du Sud – 24/08/2012 – Hyundai (44 000 tra­vailleurs). Après quatre années de calme rela­tif, des grèves tour­nan­tes limitées de dix journées en juillet ont éclaté, notam­ment à Ulsan, pour une aug­men­ta­tion des salai­res de 4 % et une prime liée aux béné­fices, ainsi que pour la régu­la­ri­sation des tem­po­rai­res et la fin des équipes de nuit. Le ralen­tis­se­ment de la pro­duc­tion a touché les expor­ta­tions, la direc­tion menace de réd­uire la pro­duc­tion en Corée et de la transférer dans d’autres pays asia­ti­ques dont la Chine. Devant la menace de repren­dre ces grèves, un accord est conclu pour une aug­men­ta­tion des salai­res (5,4%,prime de 5 mois de salaire)et la fin du tra­vail de nuit en mars 2013), mais il doit être accepté par l’ensem­ble des tra­vailleurs. Le même mou­ve­ment de lutte s’était étendu à Kia et General Motors qui signent un accord après des grèves par­tiel­les, accord qui prévoit 5,3 % d’aug­men­ta­tion, une prime équi­valant à 5 mois de salaire, et la fin proche du tra­vail de nuit. Brésil – 29/08/2012 – Le gou­ver­ne­ment pro­pose une aug­men­ta­tion de salaire de 15,8 % sur trois ans aux 350 000 fonc­tion­nai­res, aug­men­ta­tion acceptée par cer­tains syn­di­cats et refusée par d’autres (notam­ment ceux de la police et des impôts) avec les­quels des pour­par­lers vont conti­nuer. Le mou­ve­ment de grève a débuté de manière plus ou moins sau­vage chez les ensei­gnants en juillet et s’est étendue à l’ensem­ble des ser­vi­ces de l’Etat. Elle a été com­bat­tue par le prin­ci­pal syn­di­cat (CUT, Central Unica des Trabalhadores) , opposé à une grève géné­rale qui « radi­ca­li­se­rait la situa­tion ».

Etats-Unis – 21/06/2012 – Joliet, Illinois, 8e semaine de grève à l’usine Caterpillar après le rejet d’un nou­veau contrat com­por­tant une réd­uction des salai­res (avec intro­duc­tion de tari­fi­ca­tion de pro­duc­ti­vité indi­vi­duelle), et menant à une aggra­va­tion des condi­tions de tra­vail .

Espagne – 22/06/2012 – Suite à des mou­ve­ments de grève des 1 400 pilo­tes de la com­pa­gnie Iberia (filiale du groupe International Airlines Group dominé par British Airways), un juge­ment déc­lare qu’Iberia peut lancer une com­pa­gnie low cost – Iberia Express – mais doit payer le même salaire à tous ses pilo­tes, quel­les que soient leurs condi­tions de tra­vail. Cambodge – 16/07/2012 – Depuis novem­bre 2011, 300 000 tra­vailleurs du tex­tile se sont engagés dans des grèves sau­va­ges. Ils ont obtenu une aug­men­ta­tion de 0,80 euro, ce qui porte le plus bas salaire à 60 euros men­suels à partir du 1er sep­tem­bre. 25/08/2012 – 2 500 tra­vailleurs de l’usine Ocean Garment à Phnom Penh (prin­ci­pal four­nis­seur de Gap) sont en grève depuis le 11/08 pour deman­der le départ d’un direc­teur accusé de harcè­lement sexuel (pas d’heures sup­plém­ent­aires pour les réc­al­citr­antes). Une mani­fes­ta­tion devant le ministère du Travail est dis­persée par plus de 100 flics.

Vietnam – 25/08/2012 – L’impact de la crise mon­diale entraîne un ralen­tis­se­ment de la crois­sance avec comme par­tout une pres­sion sur les por­teurs de la force de tra­vail. Le « dés­ordre social » s’aggrave, avec des vio­len­ces autour de l’exploi­ta­tion du sol et les grèves sau­va­ges. En 2011 se sont déroulées plus de 1 000 grèves sau­va­ges, deux fois plus qu’en 2010, quatre fois plus que la moyenne des seize années écoulées. Minés par la cor­rup­tion, les diri­geants s’affron­tent au sein du Parti dans des luttes d’influence. 19/08/2012 – Dans le dis­trict de Van Giang, près d’Hanoi, les pay­sans se bat­tent plu­sieurs heures avec les flics venus rép­rimer leur pro­tes­ta­tion (convo­quée via Internet) contre leur éviction de la terre pour la cons­truc­tion d’appar­te­ments de luxe. Et ce n’est qu’un exem­ple de luttes simi­lai­res dans tout le pays.

Norvège – 21/07/2012 – Le gou­ver­ne­ment met un terme à une vague de grèves des fonc­tion­nai­res et des pét­roliers d’Etat en impo­sant un arbi­trage obli­ga­toire. La grève lancée par le syn­di­cat LO ne concer­nait pour­tant pas les 600 000 fonc­tion­nai­res, mais seu­le­ment 20 000 d’entre eux, et devait monter pro­gres­si­ve­ment – sous contrôle – à 50 000. Elle était très popu­laire et menaçait de s’étendre. Après dix jours de ce mou­ve­ment contre les res­tric­tions sur les salai­res et la réf­orme des retrai­tes, le gou­ver­ne­ment a accordé 4 % d’aug­men­ta­tion. Mais res­taient dans la grève les 700 pét­roliers de la com­pa­gnie d’Etat Statoil (6 500 tra­vailleurs), grève que le syn­di­cat n’avait nul­le­ment l’inten­tion d’étendre aux sociétés pét­rolières privées : seules 8 plates-formes étaient concernées, ne représ­entant que 13 % de la pro­duc­tion de pét­role et 4 % de celle du gaz. Devant la menace d’exten­sion sau­vage, les pét­roliers bran­dis­saient la menace d’un lockout total si aucun accord n’inter­ve­nait avant le 9 juillet avec Statoil. Le gou­ver­ne­ment a pris les devants en décidant d’impo­ser un arbi­trage obli­ga­toire qui entraînait une inter­dic­tion de grève pen­dant deux années, et dont les décisions s’impo­saient sans recours à toutes les par­ties. Déjà, en juin, un tel arbi­trage avait été imposé aux 3 000 agents des ser­vi­ces de sécurité d’Etat alors en grève.

Allemagne – 4/09/2012 – Seconde grève du per­son­nel navi­guant de la Lufthansa pour les salai­res et l’inter­dic­tion de l’emploi d’inté­rim­aires, grève qui ne sera annoncée qu’au der­nier moment et qui devrait être plus étendue. La pre­mière, limitée à huit heures et à l’aéroport de Frankfort, avait causé l’annu­la­tion de cen­tai­nes de vols.

Inde – 23/08/2012 – Tous les syn­di­cats du sec­teur ban­caire lan­cent une grève natio­nale de deux jours contre une libé­ra­li­sation de ce sec­teur encore dominé par le sec­teur public.

Chine—24/8/2012 6– Wuhan (Hubei) usine de com­po­sants élect­ro­niques, après 3 jours de grève, les salai­res men­suels sont portés à 206 euros Indonésie—29/8/2012—Batan câblage 700 tem­po­rai­res sur 1200 tra­vailleurs obtien­nent après deux semai­nes de grève des garan­ties d’emploi et des contrats de tra­vail Occupation d’usine, de lieux publics et autres

Angola – 27/08/2012 – Une nou­velle puis­sance pét­rolière, avec son cortège habi­tuel de cor­rup­tion et de tota­li­ta­risme à la botte des mul­ti­na­tio­na­les, la prés­ente semi dic­ta­ture y est tolérée jusqu’ici à cause de la han­tise des trou­bles qui ont marqué les quatre déc­ennies de vio­lence dans la guerre anti­co­lo­niale, suivie d’une longue guerre civile (un mil­lion de morts sur 19 mil­lions d’habi­tants). Le « prin­temps arabe » a décl­enché des mani­fes­ta­tions contre le pou­voir poli­ti­que ; comme ailleurs, elles ont été le fait de jeunes uti­li­sant les tech­ni­ques moder­nes de com­mu­ni­ca­tion (les 2/3 de la popu­la­tion ont moins de 20 ans) qui n’ont pas connu les guer­res mais qui sont tou­chés par l’urba­ni­sa­tion accélérée et l’infla­tion. Ce mou­ve­ment n’a pas mobi­lisé les foules mais a eu un impact tel dans la popu­la­tion que le pou­voir a décl­enché une répr­ession poli­cière sans rap­port avec cette fai­blesse. Tunisie – 9/08/2012 – La police dis­perse à coup de gre­na­des et de balles en caou­tchouc plu­sieurs cen­tai­nes de jeunes qui ten­tent, à Sidi Bouzid (50 000 habi­tants, d’où est parti le « prin­temps arabe »), d’enva­hir la préf­ec­ture pour pro­tes­ter contre l’orien­ta­tion poli­ti­que du pays.

Israël – 24/06/2012 – De nou­veau, mani­fes­ta­tion de pro­tes­ta­tion à Tel Aviv pour deman­der plus de jus­tice sociale. Attaque poli­cière mus­clée : 85 arres­ta­tions. Grèce – 18/08/2012 – Le marché muni­ci­pal Kypseli à Athènes, bâtiment classé mais aban­donné depuis des années, était occupé comme espace autogéré dis­pen­sant des cours aux immi­grés, ayant des acti­vités cultu­rel­les, et tenant un marché bio alter­na­tif ali­menté direc­te­ment par les pro­duc­teurs. Après une ten­ta­tive avortée de main­mise par le parti social-démoc­rate de gauche sur cet ensem­ble, la police fait évacuer le bâtiment qui est depuis tota­le­ment fermé. 20/07/2012 – L’aciérie Ellinili Halivourgia dans la ban­lieue d’Athènes était occupée depuis novem­bre 2011 pour s’oppo­ser à sa fer­me­ture. Un raid de la police des émeutes expulse : 6 arres­ta­tions. Italie – 3/09/2012 – Les nom­breu­ses mines de Sardaigne (char­bon et métaux divers) ne sup­por­tent plus le poids de la concur­rence mon­diale et de la crise : la fon­de­rie d’alu­mi­nium de Portovesme est fermée, la der­nière mine de char­bon Carbulescis près de Carbonalusa (2 000 tra­vailleurs) doit aussi cesser toute acti­vité. Après une semaine d’occu­pa­tion de 373 mineurs qui se relaient, au fond de la mine (avec assez d’explo­sifs pour la faire sauter), le tra­vail a repris avec la pro­messe de conti­nua­tion d’acti­vité pen­dant plus d’un an.

Les dirigeants séquestrés, injuriés, malmenés et supprimés

Inde – 18/07/2012 – Maruti Suzuki près de New Delhi (voir pré­cédents bul­le­tins). Depuis des mois, la ten­sion est cons­tante dans l’usine, où la journée de tra­vail va de 8 à 12 heures, six jours sur sept, avec 1/2 heure de cou­pure pour le repas, exploi­tant moitié de « per­ma­nents » (payés 150 euros men­suels et jusqu’à 120 euros de prime) et moitié d’inté­rim­aires pou­vant œuvrer depuis des années (payés seu­le­ment la moitié des salai­res et primes des « per­ma­nents »). Les reven­di­ca­tions tou­chent les salai­res, les condi­tions de tra­vail, la titu­la­ri­sa­tion des inté­rim­aires et la représ­en­tation syn­di­cale ; mais malgré la réc­urr­ence des grèves, rien n’est vrai­ment réglé. Ce 18/07, un contre­maître inju­rie et frappe un ouvrier, un « intou­cha­ble » ; un autre ouvrier frappe le contre­maître et est aus­sitôt mis à pied. C’est la rév­olte : les ouvriers s’enfer­ment dans l’usine, sac­ca­gent et atta­quent tous les cadres à coups de barres de fer, une cen­taine seront blessés ; dans la foulée, les ate­liers sont pillés, sac­cagés, incen­diés, le DRH est tué dans l’incen­die d’une partie de l’usine. La police inter­vient : 91 arres­ta­tions. L’usine est fermée. Des cen­tai­nes de tra­vailleurs sont licen­ciés et l’usine ultra sécurisée. Elle ne rou­vrira que le 21/08 mais avec une acti­vité res­treinte : 300 ouvriers et 1/3 de la pro­duc­tion Suzuki en Inde. Reprise sél­ec­tive de 1900 tem­po­rai­res dont beau­coup sont retournés dans leurs vil­lage pour éch­apper à la répr­ession et sur­vi­vre. Le 27/8, plu­sieurs cen­tai­nes d’étudiants mani­fes­tent à Delhi devant le siège de Maruti Suziki en sou­tien à ces luttes.

Egypte – 25/08/2012 – Un tra­vailleur a été tué et 7 autres blessés lors d’affron­te­ments entre la police et les tra­vailleurs en lutte de la cen­trale élect­rique d’Aboukir, près d’Alexandrie. Les mani­fes­tants s’étaient réunis pour pro­tes­ter et avaient séqu­estré les direc­teurs de la société.

Blocages d’usine, routiers et autres

Bangladesh – Juin 2012 – Autour de Dhaka, les ouvriers en grève blo­quent régul­ièrement les axes rou­tiers pro­ches de l’usine. D’où des affron­te­ments entre la police et les grév­istes. 300 usines du sec­teur ont été fermées pen­dant quatre jours par crainte de conta­gion.

La récu­pération

Espagne – Août 2012 – Avec des mesu­res dras­ti­ques d’austérité, des ini­tia­ti­ves diver­ses ten­tent de régler les pro­blèmes de loge­ment et de survie dans la foulée du mou­ve­ment des Indignés. Cela auto­rise des ini­tia­ti­ves comme celle de Juan Manuel Sanchez Gordillo, maire de Marinelada (bourg de 2 000 habi­tants) en Andalousie (taux de chômage de 30 %), déjà cham­pion de la récu­pération des terres agri­co­les, d’orga­ni­ser une marche contre l’austérité dans cette pro­vince, occu­pant au pas­sage les ban­ques, et sor­tant des mar­chan­di­ses des super­mar­chés pour les dis­tri­buer aux ban­ques ali­men­tai­res des pau­vres. Lui est protégé par son immu­nité mais pas ses com­pa­gnons tra­duits devant les tri­bu­naux. Cela masque aussi d’autres ini­tia­ti­ves moins méd­iatisées, indi­vi­duel­les ou col­lec­ti­ves, de récu­pération dans les cen­tres com­mer­ciaux. En Andalousie, le chômage oscille entre 35 et 40 %. En Catalogne, à Gérone, la muni­ci­pa­lité a cade­nassé les pou­bel­les des super­mar­chés pour pré­venir les émeutes de ceux – trop nom­breux lut­tant pour leur survie – qui y cher­chent leur sub­sis­tance. Dans plu­sieurs régions, les enfants doi­vent appor­ter leur repas de midi à l’école mais doi­vent payer 3 euros pour la simple uti­li­sa­tion des locaux de la can­tine. Séville – 11/08/12 – 20 jeunes entrent par effrac­tion à 6 heures du matin dans un super­mar­ché et récupèrent pour 400 000 euros de mar­chan­di­ses. Mais la police inter­vient… Le 24/08 à Merida (Estrémadure), 70 chômeurs qui ten­tent une récu­pération simi­laire se heur­tent au même pro­blème. Monde – Une étude de 2011 révèle que sur 10 000 ados de tous milieux sociaux, 10 % considère comme « normal » de voler dans les maga­sins. Les taux de « récu­pération » les plus élevés ne sont pas dans les pays les plus pau­vres, mais les pays « riches » comme la Suisse ou le Japon figu­rent en bonne place dans le pal­marès. Pour la France, cela coûterait aux rapa­ces du com­merce de détail 5 mil­liards par an (1,45 % des ventes).

L’émeute Inde – 2/08/2012 – 60% de la popu­la­tion vit de l’agri­culture et 65% d’entre eux dép­endent de l’irri­ga­tion. Le déficit en eau en 2012 atteint entre 20 et 80% des sols. Les conséqu­ences humai­nes ( misère, poids des usu­riers, sui­ci­des, etc..) n’a d’égale que les cou­pu­res natio­na­les d’élect­ricité dues à l’uti­li­sa­tion inten­sive des pom­pa­ges/ L’Assam, pro­vince reculée au nord-est, coincée entre le Bangladesh, la Birmanie et le Bhutan, avec des popu­la­tions musul­ma­nes, boud­dhis­tes, et diver­ses eth­nies, est le théâtre d’affron­te­ments et d’émeutes réc­urrent es pour les­quels il est dif­fi­cile de démêler les arrière-plans natio­naux et inter­na­tio­naux (dont une prés­ence gran­dis­sante de la Chine), ainsi que l’impact de la crise mon­diale sur des popu­la­tions très pau­vres. En 2008, de telles émeutes ont fait 70 morts. Des trou­bles éclatent fin mai autour d’une mos­quée, se pro­lon­gent jusqu’en juillet entre une ethnie locale, les Bodos, et des musul­mans : des deux côtés les vil­la­ges sont atta­qués et incen­diés : 86 morts et plus de 400 000 réfugiés. Pour pré­venir la pro­pa­ga­tion de ces trou­bles, le gou­ver­ne­ment impose aux firmes œuvrant sur Internet une cen­sure sur toute infor­ma­tion venant de ces régions. Ce qui n’empêche pas que le 11 août, une mani­fes­ta­tion de musul­mans à Bombay tourne à l’émeute : 2 tués, 52 blessés dont 40 flics, 43 arres­ta­tions.

Bangladesh – 30/07/2012 – (160 mil­lions d’habi­tants) Paradis des délo­ca­li­sations du monde entier essen­tiel­le­ment dans le tex­tile mais aussi main­te­nant dans la phar­ma­cie, la cons­truc­tion navale, la mét­all­urgie, qui en feraient l’une des 30 pre­mières puis­san­ces indus­triel­les mon­dia­les. Le salaire mini­mum est le plus bas du monde. Une petite bour­geoi­sie spé­culant sur ce dével­op­pement. Les aléas de la crise entraînent en 2011 un plon­geon bour­sier local d’une telle dimen­sion qu’une mani­fes­ta­tion devant la bourse locale dégénère en émeute.

Pérou – 2/06/2012 – Cajamara dans le nord, plu­sieurs mil­liers de mani­fes­tants contre un projet de mine d’or et de cuivre qui prévoit l’assèc­hement d’une lagune qui tari­rait l’appro­vi­sion­ne­ment en eau ; mani­fes­ta­tion à l’appel d’un comité de lutte pour une grève illi­mitée depuis novem­bre 2011 ; la mani­fes­ta­tion réprimée tourne à l’émeute alors que des affron­te­ments simi­lai­res dans la région de Cuzco contre une pol­lu­tion minière font 2 morts. Les reven­di­ca­tions ne concer­nent pas seu­le­ment des pro­blèmes éco­lo­giques mais aussi le rôle de l’Etat dans le sou­tien aux mul­ti­na­tio­na­les minières, et le par­tage des riches­ses minières. Soudan – Fin août 2012 – Depuis mars 2011, les pro­tes­ta­tions d’étudiants avec grèves, occu­pa­tions et mani­fes­ta­tions, d’abord dans quel­ques villes (Kartoum, Kassala et Port Soudan), se sont étendues à l’ensem­ble de la popu­la­tion dans tout le pays, pour des reven­di­ca­tions concer­nant essen­tiel­le­ment les haus­ses des prix ali­men­tai­res. La répr­ession des forces poli­cières fait que les mani­fes­ta­tions paci­fi­ques répétées tour­nent à l’émeute, mais il est inter­dit aux médias d’évoquer les « trou­bles » (arres­ta­tion de jour­na­lis­tes). Début août, une mani­fes­ta­tion a fait 12 tués dans le Darfour. Plus de 2 000 pri­son­niers sont détenus dans des cen­tres pénit­enti­aires secrets.

Malaisie – 26/08/2012 – 15 000 mani­fes­tants pour l’abo­li­tion d’une loi sur la sécurité intéri­eure auto­ri­sant la police à tirer, et à détenir sans juge­ment toute per­sonne soupçonnée d’être une menace pour la sécurité. Partie des ban­lieues spon­tanément, la mani­fes­ta­tion converge vers le centre pour attein­dre le Palais royal, de plus en plus impo­sante. Les atta­ques de la police entraînent une guér­illa urbaine qui atta­que, bus, trams, bou­ti­ques : 175 arres­ta­tions.

Chili – 23/08/2012 – Une nou­velle mani­fes­ta­tion de mil­liers d’étudiants soulève des émeutes dont on peut penser qu’y par­ti­cipe éga­lement le climat social. Grève à Santiago contre le système édu­catif, gra­tuité et qua­lité réclamées. Attaquée par la police, c’est l’émeute. Cela se répète le 28/08 lors­que 100 000 mani­fes­tants se retrou­vent à Santiago.

France – 12/08/2012 – Amiens Nord (Somme). Une mani­fes­ta­tion à la mém­oire d’un jeune de 20 ans tué dans un acci­dent de moto est per­turbée par une inter­ven­tion intem­pes­tive mus­clée de la police locale. Cela décl­enche une émeute pen­dant tout le week-end au cours de laquelle les flics se font tirer dessus (16 blessés). Une mater­nelle et une salle de gym incen­diées. Dans cette zone, le chômage atteint 40 % et 57 % chez les jeunes. Pakistan – 31/07/2012 – L’élect­ricité est coupée 20 heures sur 24 alors que la tempé­ra­ture dép­asse 40°C. Toute la popu­la­tion mani­feste dans différ­entes villes, blo­quant les routes pen­dant des heures. « Nous vivons à l’Âge de pierre et nous uti­li­se­rons les pier­res contre le gou­ver­ne­ment s’il ne nous donne pas l’élect­ricité. » La dis­tri­bu­tion de l’élect­ricité est aux mains de l’Etat alors que les cen­tra­les, la plu­part ali­mentées au fioul, sont privées, mais le cou­rant est acheté à bas prix de sorte que les cen­tra­les tour­nent à perte à seu­le­ment 50 % de leur capa­cité.

Thaïlande – 4/08/2012 – Les pro­vin­ces du Sud sont en insur­rec­tion sépa­rat­iste per­ma­nente (80 % de Malais) com­bat­tue sévè­rement par le gou­ver­ne­ment. Depuis 2004, plus de 5 000 morts.

Chine – 4/07/2012 – Shifen dans le Sichuan. Une mani­fes­ta­tion de mil­liers d’habi­tants contre l’implan­ta­tion d’une usine de cuivre et de molybdène, par­ti­cu­liè­rement pol­luante, tourne à l’émeute ; il y aurait eu des morts dans les affron­te­ments avec les flics. Manifestation simi­laire à Daan dan le Guangdong, contre la pol­lu­tion de l’eau par une usine chi­mi­que.

Tunisie – 14/06/2012 – Prétextant le refus d’extra­di­tion de l’ex-Ben Ali et le défaut de cen­sure contre des mani­fes­ta­tions artis­ti­ques jugées offen­san­tes pour l’islam, les isla­mis­tes radi­caux orga­ni­sent plu­sieurs journées d’émeutes. On peut penser que la situa­tion sociale n’est pas étrangère à ces trou­bles. Le gou­ver­ne­ment jus­ti­fie en effet sa déc­la­ration d’état d’urgence et de couvre-feu à Tunis, de même que l’auto­ri­sa­tion donnée à la police de tirer à balles réelles, du fait que ces émeutes cor­res­pon­dent à une vague de vio­lence et d’atta­ques contre des bâtiments offi­ciels et condui­sent au pillage.

Argentine – 23/08/2012 – Cordoba : Une mani­fes­ta­tion de fonc­tion­nai­res contre la réf­orme des retrai­tes tourne à l’émeute : 22 blessés dont 10 flics.

Algérie – 28/08/2012 – Mini émeute dans la cité Diar el Baraka à Buriki, au sud d’Alger, pour le loge­ment : blo­cage rou­tier, inter­ven­tion poli­cière. Bagarres.

La piraterie (sous toutes ses formes)

Monde – 19/07/2012 – L’action mili­taire contre la pira­te­rie mari­time a échoué. Pour protéger les équi­pages, les puis­san­ces ayant regroupé leurs arma­das mili­tai­res ont dû débo­urser plus d’un mil­liard d’euros, sans comp­ter les 600 mil­lions de primes d’assu­rance contre ce risque de trans­port. Les pira­tes s’adap­tent à la répr­ession en déplaçant leurs atta­ques dans des zones plus vastes, moins sur­veillées, hors de la zone de la mer d’Oman au large de la Somalie, base arrière des pira­tes. En 2011, la chaîne logis­ti­que a dû débo­urser en rançons près de 150 mil­lions d’euros contre 80 mil­lions en 2010 ; les pira­tes déti­ennent, en attente de rançon, plu­sieurs navi­res et 211 otages.

La muti­ne­rie

Venezuela – 21/08/2012 – Émeute dans une des plus gran­des pri­sons du pays, due à la sur­po­pu­la­tion carcé­rale et à l’affron­te­ment de gangs armés : 25 tués, 40 blessés.

Les solu­tions de dés­espoir Les moyens inha­bi­tuels

Nouvelle Guinée – 29/08/2012 – En conflit avec les pay­sans, la société aus­tra­lienne Newcrest Mining a dû stop­per toute acti­vité de la mine d’or Lhir : ceux-ci ont encer­clé la mine de tabous, des plants de gin­gem­bre, une sorte de piquet de grève qu’aucun des tra­vailleurs locaux ne fran­chit, ce qui équivaut à une grève totale. Chine – 27/04/2012 – Wuhan. 200 tra­vailleurs de Foxcon (40 % de la pro­duc­tion mon­diale d’élect­ro­nique, 1,2 mil­lion de tra­vailleurs), mena­cent pour la seconde fois d’un sui­cide col­lec­tif pour les salai­res et les condi­tions de tra­vail. Le 11 avril pré­cédent, une dou­zaine de tra­vailleurs de l’usine de Shenzhen avaient tenté le même chan­tage. Le salaire moyen men­suel s’élève à 250 euros pour 60 heures de tra­vail heb­do­ma­dai­res. Le mon­tage de l’Iphone 4S d’Apple revient à 7 euros, et est ven­du500 euros.

France – 23/08/2012 – Chômeur de 51 ans devant vivre avec 474 euros men­suels, impayés pour le cause d’un quel­conque papier man­quant : il s’immole par le feu dans le centre de la Caisse d’allo­ca­tion fami­lia­les où on vient de lui refu­ser son maigre paie­ment et en meurt. 5/09/2012 – Un éboueur de Lyon tente de s’immo­ler par le feu suite à un conflit avec un cadre et une menace de mise à pied.

LA REPRESSION SOUS TOUTES SES FORMES L’OFFENSIVE DU CAPITAL

Nulle part, on ne peut parler de « contre-révo­lution » car nulle part il y eut de « révo­lution. Il y eut bien sûr des luttes avec des formes tra­di­tion­nel­les et d’autres avec des formes nou­vel­les qui ont quand même secoué les régimes en place et les ont contraints de quel­que peu chan­ger les équipes poli­ti­ques et les modes de domi­na­tion. Il a suffi de ces mena­ces poten­tiel­les pour que se met­tent en place un peu par­tout des mesu­res répr­es­sives qui pren­nent différ­entes formes mais qui visent toutes à faire ren­trer dans le rang ceux qui ont eu l’audace de sortir du rang que le capi­tal leur assi­gne. On n’épi­log­uera pas sur le destin des « prin­temps arabes » d’Egypte ou de Tunisie, celui des « Indignés » d’un peu par­tout. Disons seu­le­ment que la lutte de classe conti­nue de toute façon et que ce qui s’est déroulé depuis main­te­nant pres­que deux années lais­sera des traces pour les luttes futu­res. Ce qui suit ne concerne que partie de la répr­ession du mou­ve­ment Occupy aux USA ; USA – 3/12/2011 – Los Angeles – La police dis­perse le camp regrou­pant 800 par­ti­ci­pants (dont un tiers de SDF). Des cen­tai­nes d’arres­ta­tions. Au même moment, atta­que simi­laire sur le camp Occupy à Philadelphie. 14/12/2011 – Baltimore – La police vire sans ména­gement les occu­pants de Inner Harbour occupé depuis dix semai­nes tant par des acti­vis­tes que par des SDF. 21/05/2012 – Il est impos­si­ble de citer toutes les liqui­da­tions des camps de tentes du mou­ve­ment Occupy au cours du pre­miers semes­tre 2012. A Chicago, trois arres­ta­tions prév­en­tives de mili­tants du mou­ve­ment ont lieu sous l’accu­sa­tion de ter­ro­risme pro­je­tant de par­ti­ci­per à une mani­fes­ta­tion contre la confér­ence de l’OTAN : le seul motif, la pos­ses­sion d’une liste des ingrédients per­met­tant de fabri­quer des cock­tails Molotov. 17/9/2012—une ten­ta­tive de relance du mou­ve­ment pour son anni­ver­saire annuel ne ren­contre que peu d’écho mais entraîne une mobi­li­sa­tion poli­cière sans pré­cédent. 200 arres­ta­tions rien qu’à New York. Parallèlement, on assiste à une mul­ti­pli­ca­tion de mou­ve­ment basi­ques de rés­ist­ance ( contre les expul­sion, com­mu­nes de survie, etc..)

Canada – 21/05/2012 – Cette 21e mani­fes­ta­tion élargie depuis le début du mou­ve­ment étudiant, plus vio­lente et plus poli­ti­que, déclarée illé­gale au der­nier moment, est vio­lem­ment réprimée et se trans­forme en guér­illa urbaine noc­turne : 10 blessés, 110 arres­ta­tions. France – 8/09/2012 – Entre 2009 et 2010, le nombre de ceux qui doi­vent vivre avec moins de 964 euros par mois (soi-disant le seuil de pau­vreté) s’est accru de 444 000, pas­sant à 8 6000 000 per­son­nes (14 % de la popu­la­tion).

LA BAISSE DU COÛT DU TRAVAIL

Ce qu’une coa­li­tion entre le Parti socia­liste et les Verts actuel­le­ment au pou­voir en France peut nous valoir peut être ana­lysé à la lumière de ce qu’une même coa­li­tion, socia­lis­tes du SPD et Verts alle­mands (les Green), a fait en Allemagne il y a dix années, et qu’aucun gou­ver­ne­ment de droite n’avait jamais osé. La com­mis­sion qui s’est tenue entre tous les pro­ta­go­nis­tes sociaux, patrons, syn­di­cats et experts, et qui doit de nou­veau se réunir peut abou­tir au même consen­sus qui a présidé à ce qui, en Allemagne, fut appelé le comité Hartz, lequel s’était vu confier par le gou­ver­ne­ment Schröder la tâche de « réf­ormer le marché du tra­vail ». Celui qui pré­sidait ce comité d’experts, Peter Hartz, était le DRH de Volkswagen, un homme d’expéri­ence dans les mét­hodes d’exploi­ta­tion du tra­vail, éga­lement membre du puis­sant syn­di­cat de la mét­all­urgie alle­mande, IG Metall. Après ces dix années, les rela­tions de tra­vail ont été pro­fondément modi­fiées en Allemagne, pra­ti­que­ment sans oppo­si­tions nota­bles ce qui vaut que mét­hode, dis­po­si­tions et rés­ultats pour le capi­tal soient éga­lement loués, notam­ment en France. Sans doute conce­vrait-on mal que le comité éventuel d’experts chargés de la réf­orme des rela­tions de tra­vail en France soit le DRH de PSA ou de Renault, mais on trou­vera tou­jours un expert « neutre » pour pré­sider un tel comité, un expert ayant la confiance à la fois des patrons et des syn­di­cats « res­pon­sa­bles ». D’après une étude de l’OCDE publiée en 2011, les iné­galités de revenu se sont aggravées beau­coup plus rapi­de­ment en Allemagne que dans n’importe quel autre pays d’Europe ; c’est là l’exem­ple de la prét­endue prospérité de l’Allemagne. Il y a dix ans, l’éco­nomie alle­mande était for­te­ment cri­ti­quée pour payer des salai­res exces­sifs, pour avoir un marché du tra­vail trop rigide et un système social beau­coup trop généreux. Un refrain qui sonne étr­an­gement aujourd’hui à l’oreille des tra­vailleurs français. Le pro­blème, pour le gou­ver­ne­ment alle­mand d’alors, tout comme il l’est aujourd’hui pour le gou­ver­ne­ment socia­lio-vert en France, est de savoir com­ment modi­fier le contrat de tra­vail et les accords sociaux, les acquis sociaux, sans pro­vo­quer de rés­ist­ances. Le gou­ver­ne­ment alle­mand choi­sit alors une manière différ­ente de ce qui se pra­ti­quait habi­tuel­le­ment. Au lieu de cher­cher une confron­ta­tion fron­tale avec les sec­teurs les plus com­ba­tifs de la classe ouvrière, il créa un marché du tra­vail auxi­liaire dominé par de bas salai­res et par la réd­uction dras­ti­que des avan­ta­ges sociaux. Ce fut le but de la com­mis­sion Hartz, comme c’est ce qui s’amorce actuel­le­ment en France. En tant que membre du SPD et du plus grand syn­di­cat alle­mand IG Metall, Hartz avait toutes les rela­tions sou­hai­ta­bles pour mener à bien sa réf­orme. Il ne fait aucun doute que l’on peut trou­ver un per­son­nage sem­bla­ble en France. Dans le comité Hartz se trou­vaient des experts en rela­tions socia­les, des consul­tants, des mana­gers et des uni­ver­si­tai­res, des représ­entants syn­di­caux comme ceux du syn­di­cat des ser­vi­ces publics Verdi ou celui de la mét­all­urgie IG Metall, et le minis­tre du Travail et des affai­res socia­les de Rhénanie-Westphalie du Nord, qui était aussi un bureau­crate syn­di­cal. On n’était pas loin de ce comité convo­qué par le Premier minis­tre en France au len­de­main de la vic­toire élec­to­rale du PS. En Allemagne, les diri­geants syn­di­caux n’avaient aucune objec­tion quant à la création d’un sec­teur de bas salai­res, pour autant que leurs posi­tions et leurs pri­vilèges dans les usines n’étaient pas remis en cause. En fait, ils rép­on­dirent avec enthou­siasme aux pro­po­si­tions de réd­uire le coût du tra­vail dans le but de ren­for­cer la compé­ti­tivité de l’éco­nomie alle­mande sur le marché mon­dial. Bien que la situa­tion syn­di­cale en France soit différ­ente de celle de l’Allemagne, il n’est pas inter­dit de penser que les syn­di­cats français, soit direc­te­ment comme pour la CFDT, soit indi­rec­te­ment, au-delà de déc­la­rations de prin­cipe pour FO ou la CGT ne s’ali­gnent déjà sur une telle posi­tion. La com­mis­sion Hartz prés­enta un tas de pro­po­si­tions pour contrain­dre les tra­vailleurs à accep­ter différ­entes formes de tra­vaux à bas salai­res. La plu­part ont été oubliées aujourd’hui. Parmi les pro­po­si­tions, celle de la création d’une Agence du per­son­nel de ser­vi­ces (Hartz I), qui don­nait à l’Etat la fonc­tion d’une agence de l’emploi. Les chômeurs se voyaient sup­pri­mer les avan­ta­ges sociaux avec la création de dénommés « mini jobs », « midi-jobs » (Hartz II). La réor­ga­ni­sation de l’Office fédéral du tra­vail en fonc­tion du prin­cipe du « sou­tien mais obli­ga­tion » (Hartz III) visait à accé­lérer le pla­ce­ment des emplois et orga­ni­sait une pres­sion sur les chômeurs pour les contrain­dre à accep­ter n’importe quoi. Tous les par­ti­ci­pants offi­ciels sont d’accord avec l’idée que Hartz IV a été un succès, bien que les chômeurs aient perdu dans cette réf­orme tous droits à indem­ni­sa­tion au bout d’un an et se trou­vent ensuite réduits à des miet­tes socia­les. En effet, après une année de chômage, les tra­vailleurs pou­vaient seu­le­ment prét­endre à une allo­ca­tion de 347 euros men­suels et cela seu­le­ment après avoir épuisé leurs éco­nomies et si leur conjoint n’était pas capa­ble de les nour­rir. Ils devaient aussi pren­dre n’importe quel emploi, quels que soient leur qua­li­fi­ca­tion et leur salaire pré­cédents. Quiconque tom­bait dans la trappe de Hartz IV n’avait plus guère de chan­ces d’éch­apper à la pau­vreté. Selon une étude du Joint Welfare Association, les ¾ de ceux qui sont tombés dans la trappe sont restés en per­ma­nence dép­endants de Hartz IV. La simple menace de tomber dans la trappe de Hartz IV a contraint bien des chômeurs à pren­dre des emplois sous-payés, avec des réd­uctions d’horai­res et sans aucune sécurité d’emploi, de droits à la retraite et autres avan­ta­ges. Dans un com­men­taire lors de l’anni­ver­saire de Hartz, le Suddeutscher Zeitung concluait : « Hartz IV a établi le prin­cipe qu’il est tou­jours pré­fé­rable de tra­vailler pour moins d’argent qu’une vie dans une dép­end­ance per­ma­nente de l’Etat. » Les rés­ultats des 4 lois Hartz peu­vent être cons­tatés dans les sta­tis­ti­ques : sur les 42 mil­lions de tra­vailleurs, 29 mil­lions ont encore un emploi avec la tota­lité des avan­ta­ges sociaux, quel­que 5,5 mil­lions tra­vaillent à temps par­tiel et 4,1 mil­lions gagnent moins de 7 euros de l’heure, 4,5 mil­lions dép­endent de Hartz IV, y com­pris 1,4 mil­lion qui ont un tra­vail mais ne peu­vent gagner assez pour cou­vrir le néc­ess­aire. Le sec­teur bas salai­res a servi de levier dans toute l’éco­nomie. Au cours de la der­nière déc­ennie, l’aug­men­ta­tion du coût de l’unité de tra­vail a été réd­uite au mini­mum ; le pays, sur ce point, est au plus bas de l’éch­elle europé­enne. Les asso­cia­tions patro­na­les, les médias et les res­pon­sa­bles des prin­ci­paux partis ont célébré à l’envi la réf­orme Hartz comme un grand succès. Dans le Bild, Schröder loue les mesu­res prises comme un « béné­fice net pour la société », « payan­tes pour notre pays ». Si par « notre pays », Schröder com­prend les 10 % plus riches de la société alle­mande, il a raison ; ceux-ci en ont énormément pro­fité. Ici aussi les sta­tis­ti­ques par­lent d’elles-mêmes. En 2001, le revenu des 10 % plus riches était 8 fois plus élevé que celui des 10 % plus pau­vres. Cet écart s’est accru dans les quatre années écoulées depuis le décl­enc­hement de la crise éco­no­mique. Dans les années 1990, il n’était que de 6 contre un. En 2011, 924 000 mil­lion­nai­res vivent en Allemagne, face à 4,5 mil­lions soumis à Hartz IV. Aujourd’hui, ils seraient plus d’un mil­lion. La mis­sion de Hartz et l’agenda prévu par le SPD et les Verts représ­entent la réf­orme du système wel­fare qu’aucun gou­ver­ne­ment conser­va­teur n’avait jamais osé ache­ver. Ces réf­ormes furent seu­le­ment pos­si­bles avec l’actif sou­tien des syn­di­cats. Peter Hartz lui-même ne put jamais jouir de son « succès ». En 2007, il est condamné à deux ans d’empri­son­ne­ment et à une séri­euse amende et il vit main­te­nant en marge de la société. Hartz était impli­qué dans un scan­dale com­pre­nant éga­lement les représ­entants syn­di­caux de Volkswagen, scan­dale si mani­feste que l’appa­reil judi­ciaire s’est trouvé contraint d’agir.

LES LAISSES POUR COMPTE DES RESTRUCTURATIONS ET DE LA CRISE

France – Printemps 2012 – La liste est longue des vic­ti­mes de la crise : des délo­ca­li­sations qui furent lar­ge­ment méd­iatisées durant les cam­pa­gnes élec­to­rales, avec un flot de pro­mes­ses qui n’ont d’autres rés­ultats que de mon­trer l’impuis­sance des poli­ti­ques à endi­guer les mou­ve­ments du capi­tal à la recher­che de pro­fits. Les 1 030 tra­vailleurs de GM de Strasbourg sont au chômage par­tiel alors que la mul­ti­na­tio­nale cher­che un repre­neur. Ceux de Fralib à Gemenos près de Marseille occu­pent, après deux années de lutte, le site depuis le 11 mai et se bat­tent avec la mul­ti­na­tio­nale de la chimie Unilever qui refuse une reprise d’une marque de thé. Ceux de Florange se bat­tent contre la mul­ti­na­tio­nale Arcelor depuis des mois contre le projet de fer­me­ture de l’usine sidér­ur­gique, tou­jours dans l’incer­ti­tude malgré les pro­mes­ses élec­to­rales des uns et des autres. Ceux de Seafrance, après des mois d’ater­moie­ments, repren­nent la mer avec acti­vité réd­uite sous une forme bâtarde qui ne garan­tit rien pour l’avenir, dans un sec­teur hau­te­ment concur­ren­tiel. La raf­fi­ne­rie Petroplus à Petite-Couronne près de Rouen est lar­guée par Shell dans le cadre d’une restruc­tu­ra­tion mon­diale du raf­fi­nage mais, et pour cause, ne trouve que des repre­neurs dou­teux. Un grand bien français de l’agroa­li­men­taire , le volailler Doux, boit le bouillon après des spé­cu­lations hasar­deu­ses au Brésil, et doit être dém­antelé avec plus de 1 000 licen­cie­ments à la clé. Les tra­vailleurs de l’usine PSA d’Aulnay, dans la ban­lieue nord de Paris, ne savent pas pour le moment ce que va signi­fier la fer­me­ture pro­grammée du site, et sur­tout la dimen­sion des licen­cie­ments envi­sagés pour différents sites du trust en France. De plus petits pois­sons : Lohr, Sodimétal, Technicolor, Neo Sécurité met­tent la clé sous la porte, les exploités de ces boîtes rejoi­gnant le flot qui enfle des can­di­dats au chômage. Etats-Unis – 20/12/2011 – Baltimore, Aciérie Sparrow Pont : 2 000 tra­vailleurs sont aver­tis lors de l’embau­che de la « mise au repos » de l’usine et de leur mise à pied pour une durée illi­mitée. Le pré­sident du syn­di­cat USW (United Steel Workers) n’a aucun com­men­taire à faire et envoie un mail à chacun des tra­vailleurs leur deman­dant de « ne parler à qui­conque de ce qui se passe ». La fer­me­ture est la conséqu­ence de la crise mais aussi de diver­ses trac­ta­tions sou­ter­rai­nes. Un com­men­ta­teur patro­nal déc­lare que dans un marché de l’acier saturé, la fer­me­ture est quel­que chose de « bon pour le marché de l’acier ». Chine – 6/09/2012 – Samsung Electronics exploite direc­te­ment 6 usines sur 8 dans le pays, sans comp­ter la sous-trai­tance. Une de ces usines emploie uni­que­ment de jeunes étudiants de 16 à 20 ans qui doi­vent payer plus de 100 euros pour être embau­chés. Dans les 8 usines concernées, les heures sup­plém­ent­aires peu­vent attein­dre jusqu’à 180 heures par mois ; chez un sous-trai­tant, il est cou­rant de trou­ver des tra­vailleurs de moins de 16 ans. Le taux de can­cers est élevé car on ne trouve aucune pro­tec­tion contre les sub­stan­ces cancérigènes dans la fabri­ca­tion des semi-conduc­teurs. Espagne – 31/08/2012 – A partir du 1er sep­tem­bre, les sans papiers seront exclus du système de santé public auquel ils avaient accès gra­tui­te­ment jusqu’alors, sauf les femmes encein­tes et les mineurs. Répondant à l’appel « Droit à guérir », près de 1 300 médecins et infir­miers « objec­teurs de cons­cience » se sont engagés à passer outre

IMMIGRATION

Monde – Août 2012 – Des cen­tai­nes de mil­liers de per­son­nes contrain­tes de fuir en aban­don­nant tout pour sur­vi­vre à la famine, à la guerre, aux mas­sa­cres… Depuis cinq ans, elles sont ainsi 7 200 000 dont 800 000 rien qu’en 2011. 30 % d’entre elles vivent dans des camps de l’assis­tance mon­diale par­ci­mo­nieuse. Depuis 1998, 18 000 migrants se sont noyés rien que pour tra­ver­ser la Méditerranée, fuyant leur misère vers ce qu’ils croyaient être une vie meilleure. Etats-Unis – 19/04/2012 – Il y a davan­tage d’Afro -Américains en prison aujourd’hui qu’il n’y avait d’escla­ves dans le pays en 1850. En trente ans, la popu­la­tion carcé­rale est passée de 300 000 à 2,2 mil­lions, soit sept fois plus ; 60 % sont des Noirs ou des Latinos et les 4/5 des entôlés le sont pour des his­toi­res de drogue. Les USA, qui représ­entent 5 % de la popu­la­tion mon­diale, regrou­pent 25 % des empri­sonnés du monde entier.

France – 4/05/2012 – 744 che­mi­nots maro­cains embau­chés par la SNCF se sont vu refu­ser le statut d’agent de la SNCF comme tous ceux – français – qui ont eu la même fonc­tion et la même longue car­rière. Ce qui leur est dû s’élè­verait à plus de 300 mil­lions d’euros mais procès sur procès n’ont encore rien résolu.

Colombie – 26/04/2012 – Des pay­sans réc­lament la res­ti­tu­tion de leurs terres volées par les mili­tai­res dans les années 1990 : 70 de ceux qui s’avan­cent trop dans cette voie ont été assas­sinés depuis 2006.

Grèce – 24/08/2012 – Plus de 3 000 mani­fes­tants dont beau­coup d’immi­grés dans le centre d’Athènes contre la poli­ti­que anti-immi­gra­tion (depuis le 2/08, 12 455 inter­pel­la­tions, 200 arres­ta­tions et 250 expul­sions ont eu lieu) et contre la mul­ti­pli­ca­tion des agres­sions contre des immi­grés par des com­man­dos fas­cis­tes, avec la com­pli­cité du pou­voir et de la police. Monde – Août 2012 – 7,2 mil­lions de réfugiés depuis plus de cinq ans et 30 % d’entre eux vivent dans des camps ; en 2011, leur nombre s’est accru de 800 000. Depuis 1998, 18 000 auraient dis­paru en mer.

Afrique du Sud : le visage réel du capital.

Derrière la réalité du mas­sa­cre d’une cin­quan­taine de mineurs sud-afri­cains en août der­nier, tout un réseau com­plexe d’expli­ca­tions peut se résumer par la crise mon­diale prés­ente du capi­tal, où l’on retrouve les impé­rat­ifs finan­ciers, la compé­tition inter­na­tio­nale autour des matières pre­mières et l’exa­cer­ba­tion d’une situa­tion sociale propre à l’Afrique du Sud. Le sec­teur des mines est au cœur même du dével­op­pement capi­ta­liste, requérant des capi­taux énormes pour des extrac­tions, dans des condi­tions extrêmes, tant dans les condi­tions natu­rel­les (des mines d’or jusqu’à 5 000 mètres de pro­fon­deur) que dans la surex­ploi­ta­tion de la main-d’œuvre (0,55 euro par jour pour les mineurs de dia­mants de Sierra Leone). Ces condi­tions reflètent la compé­tition féroce entre grou­pes capi­ta­lis­tes et Etats, où la cor­rup­tion règne en maître et où les capi­taux engagés requièrent une ren­ta­bi­lité supéri­eure à 15 %. Face aux mul­ti­na­tio­na­les minières, dont les pro­fits d’une seule sont 20 fois supérieurs au budget d’un de ces Etats miniers, que pèsent les pou­voirs poli­ti­ques locaux, sinon d’être les lar­bins de ces grou­pes miniers et de leur garan­tir leur profit par le main­tien de condi­tions ter­ri­bles d’exploi­ta­tion des tra­vailleurs, au besoin par la vio­lence ? Les 15 % de profit des énormes capi­taux néc­ess­aires aux infra­struc­tu­res et autres engins d’exploi­ta­tion sur­di­men­sionnés dép­endent essen­tiel­le­ment de la surex­ploi­ta­tion de la main d’œuvre locale. L’Afrique du Sud n’éch­appe pas à une telle situa­tion, malgré la richesse de son sous-sol en minéraux de toutes sortes (depuis le char­bon jusqu’aux mines de dia­mants, en pas­sant par l’or et le pla­tine), ou plutôt à cause de cette richesse. Mais le fait d’avoir été parmi les pre­miers pays à exploi­ter en grand ces riches­ses – depuis 1866 pour la pre­mière mine de dia­mants – la place dans une posi­tion d’infér­iorité, eu égard à ses concur­rents mon­diaux exploi­tant des mines plus réc­entes, plus moder­nes, et plus faci­le­ment exploi­ta­bles. Comme il faut tou­jours aller au plus pro­fond (jusqu’à 5 000 mètres), la ren­ta­bi­lité dimi­nue si les autres condi­tions d’exploi­ta­tion – celle de la main-d’œuvre notam­ment – res­tent cons­tan­tes. Les capi­taux à la recher­che d’inves­tis­se­ments plus ren­ta­bles vont ailleurs ou, s’ils s’inves­tis­sent, vont exiger de cette main d’œuvre des ren­de­ments crois­sants donc des condi­tions de tra­vail plus exi­gean­tes. Par exem­ple, la pro­duc­tion des mines d’or a dimi­nué de moitié en dix ans et si les mines d’or pro­dui­saient annuel­le­ment 200 tonnes d’or en 1970, elles n’en pro­dui­sent plus en 2011 que 100 tonnes. Même si la pro­duc­tion minière représ­ente encore 20 % du PIB et 50 % de la balance du com­merce extérieur, l’Afrique du Sud n’occupe plus que la 5e place mon­diale dans la pro­duc­tion des métaux précieux, après la Chine, l’Australie, les USA et la Russie. Nous ver­rons que cette situa­tion devient un pro­blème poli­ti­que qui divise les différents partis, orien­tant cer­tains vers une radi­ca­li­sa­tion. Mais les condi­tions par­ti­cu­lières de l’Afrique du Sud sont un obs­ta­cle sup­plém­ent­aire à cette recher­che de ren­ta­bi­lité. Si l’apar­theid et le main­tien de la popu­la­tion noire dans une situa­tion de semi escla­vage garan­tis­saient l’accep­ta­tion de condi­tions d’exploi­ta­tion par­ti­cu­liè­rement misé­rables, la fin de l’apar­theid il y a vingt ans a seu­le­ment trans­formé un apar­theid racial en un apar­theid social. De plus, la lutte anti-apar­theid mas­quait et déviait en quel­que sorte le conflit social ; la fin de l’apar­theid a mis sur le devant de la scène ce conflit social mais tou­jours dans des condi­tions spé­ci­fiques. Le sec­teur minier emploie encore 1 mil­lion de tra­vailleurs, la moitié d’entre eux direc­te­ment exploitée dans les mines, l’autre moitié dans le trai­te­ment des mine­rais. Le pro­blème majeur quant à cette exploi­ta­tion – et cela est aussi un frein aux inves­tis­se­ments – est que la situa­tion de l’ensem­ble des tra­vailleurs, notam­ment ceux de ce sec­teur, n’a guère changé depuis vingt ans et que les trou­bles sociaux réc­urrents ne tou­chent pas seu­le­ment les rela­tions de tra­vail mais l’ensem­ble des condi­tions de vie. La fin de l’apar­theid a signi­fié l’ascen­sion, avec l’acces­sion au pou­voir d’une coa­li­tion ANC – Parti com­mu­niste d’Afrique du Sud sou­tenu par le syn­di­cat unique COSATU –, d’une petite mino­rité noire qui s’est par­fai­te­ment intégrée dans l’appa­reil poli­tico-finan­cier, simi­laire en cela à ce que l’on peut voir dans cer­tains pays d’Afrique ayant des riches­ses exploitées par les mul­ti­na­tio­na­les. En août 2011, cette mino­rité de pri­vilégiés a paru être pour un bref temps la garan­tie de la paix sociale mais aujourd’hui, le fossé est tel entre cette bour­geoi­sie noire et la masse des Noirs vic­ti­mes de cet apar­theid social que cela ne se mani­feste pas seu­le­ment par des cli­va­ges poli­ti­ques et par la for­ma­tion de grou­pes plus radi­caux, ten­tant de s’appuyer sur tout un ensem­ble de rés­ist­ances, tant dans l’ensem­ble de la popu­la­tion dans les faits de la vie quo­ti­dienne que dans les rela­tions de tra­vail. En août 2011, les ¾ des mem­bres du gou­ver­ne­ment ANP-SACP ont des intérêts finan­ciers dans les affai­res, de même que 50 % des par­le­men­tai­res. Ramaphosa, un des fon­da­teurs du syn­di­cat des mineurs NUM affi­lié au COSATU est membre du conseil de direc­tion de Lonmin, la société possédant la mine de Marikana, là où ont eu lieu les tue­ries de prolét­aires mineurs. Shandaka, un des hommes les plus riches d’Afrique du Sud, a été, comme d’autres, un des diri­geants de l’ANC ou du COSATU qui aujourd’hui font partie de l’élite mul­ti­mil­lion­naire du pays, et qui ont des liens étroits avec le monde des affai­res. En regard de cette poi­gnée de pro­fi­teurs, la grande masse de la popu­la­tion vit dans une misère faite de pri­va­tions quo­ti­dien­nes autour des four­ni­tu­res d’élect­ricité et/ou d’eau pota­ble, des écoles, des trans­ports : rien qu’en 2012, on a dén­ombré près de 113 émeutes impli­quant près de 3 mil­lions de par­ti­ci­pants. A la vio­lence de la répr­ession poli­cière répond la vio­lence des popu­la­tions loca­les : chaque année, près de 100 flics trou­vent la mort dans ces trou­bles. Si le pla­tine est un des métaux les plus recher­chés (plus cher que l’or), c’est pour une bonne part à cause de son uti­li­sa­tion indus­trielle (piles à com­bus­ti­ble, verre… 20 % des pro­duits indus­triels en contien­nent), notam­ment comme cata­ly­seur dans les pots d’éch­ap­pement des moteurs Diesel : la crise de l’auto­mo­bile ayant réduit cet emploi, l’effet redes­cend au niveau de l’exploi­ta­tion du tra­vail, notam­ment, pour les cas de l’Afrique du Sud, dans les « vieilles » mines où déjà les coûts sont supérieurs à ceux des mines plus réc­entes. Le pays détient quand même en 4 mines 80 % des res­sour­ces mon­dia­les de ce métal. L’ensem­ble – réd­uction d’acti­vité, pres­sion sur la pro­duc­ti­vité et sur l’ensem­ble des salai­res et acces­soi­res – fait que des rés­ist­ances ouvrières sur­gis­sent, mais qu’en face de reven­di­ca­tions conséqu­entes, les rés­ist­ances patro­na­les sont tout aussi fortes et que l’emploi de la manière forte devient de plus en plus iné­vi­table. D’autant plus qu’en 2011, le prix du pla­tine a baissé de 17 %. Arriver au « métal pla­tine » est un pro­ces­sus com­plexe : il faut extraire une tonne de mine­rai pour en tirer entre 4 et 7 gram­mes de métal avec un pro­ces­sus com­plexe. Le fait qu’il faille ainsi extraire une quan­tité énorme de roche pour une faible quan­tité de métal donne une impor­tance déci­sive dans le pro­ces­sus d’extrac­tion aux drill ope­ra­tors, ceux qui, au fond, per­cent la roche avec des mar­teaux-piqueurs pour y ins­tal­ler des explo­sifs qui feront tomber inlas­sa­ble­ment des masses de pier­res qui doi­vent être ensuite évacuées vers des trai­te­ments de sur­face. Sans leur tra­vail, toute l’acti­vité de la mine est stoppée. Le tra­vail de ces mineurs est par­ti­cu­liè­rement dur et dan­ge­reux, entre huit et neuf heures passées sous terre six jours sur sept par une tempé­ra­ture de plus 40°C, pour un salaire men­suel d’à peine 600 euros et dans des condi­tions de sécurité mini­ma­les (notam­ment quant à l’inha­la­tion de pous­sière, en 2009, on dén­omb­rera 288 000 ex-mineurs atteints séri­eu­sement de sili­cose). Propos d’un de ces drill ope­ra­tors : « Quand on est au fond on est en face de la mort, de la bles­sure ou de toute autre chose. » La mine offre par­fois le choix entre le loge­ment dans les dor­toirs (sept dans une seule pièce) de la com­pa­gnie, mais beau­coup pré­fèrent tou­cher l’allo­ca­tion de loge­ment pour com­pen­ser le faible salaire et vivre dans les condi­tions exces­si­ve­ment préc­aires des bidon­vil­les pro­ches. On doit ajou­ter qu’une bonne partie des mineurs sont des émigrés des Etats voi­sins dont le salaire sert à faire vivre les famil­les restées au pays. On doit dire ici quel­ques mots de plus sur ces conflits : les riva­lités syn­di­ca­les. Depuis la fin de l’apar­theid, les liens se sont ren­forcés entre la coa­li­tion au pou­voir – ANC-SACP – et la fédé­ration syn­di­cale COSATU dont le syn­di­cat des mineurs NUM (300 000 mem­bres) est une des pièces essen­tiel­les. Son secrét­aire général Boleni empo­che, rien que pour cette fonc­tion, 140 000 euros par an, ce qu’un drill ope­ra­tor mettra vingt-neuf ans à gagner ; mais il est aussi rémunéré comme membre des conseils de la Banque de dével­op­pement de l’Afrique du Sud, de la Rand Mutual Assurance et membre de la Fédération inter­na­tio­nale des syn­di­cats de la chimie, de l’énergie et des mines. En 1998, des cri­ti­ques sont nées dans ces orga­ni­sa­tions noires, reflétant la montée des cri­ti­ques contre l’intég­ration poussée de ces « élites » dans le système d’exploi­ta­tion. Mathenjwa a été expulsé du NUM pour « indis­ci­pline » et a fondé un syn­di­cat « indép­endant » : l’Association des tra­vailleurs de la mine et de la cons­truc­tion, AMCU, qui se trouve nor­ma­le­ment conduit à sou­te­nir, à exploi­ter dans son intérêt les grèves sau­va­ges. De son côté, l’ANC a expulsé un oppo­sant interne, Malena, qui se trouve contraint d’adop­ter une même atti­tude. Les affron­te­ments entre les mili­tants de ces orga­ni­sa­tions dis­si­den­tes tour­nent sou­vent à une guerre des gangs dont le seul rés­ultat est d’engen­drer une méfi­ance géné­rale à l’égard des syn­di­cats quels qu’ils soient. Lors de la grève sau­vage de la mine de pla­tine de Marikana, Bodlani, un des cinq représ­entants man­datés par les mineurs pour les représ­enter dans les pour­par­lers, a déclaré : « Ce ne sont ni l’AMCU, ni le NUM qui nous ont dit de faire grève, c’est nous les tra­vailleurs, pas les syn­di­cats, et ce ne sont pas eux qui nous diront ce que nous devons faire. » Quelques mots main­te­nant de la mul­ti­na­tio­nale Lonmin qui contrôle la mine de Marikana, à quel­que 150 kilomètres de Johannesbourg. Elle est l’héritière du déman­tèlement d’un conglomérat d’un mil­lier de sociétés très diver­ses assem­blées dans les années 60 par un de ces for­bans capi­ta­lis­tes, Tiny Rowland, aujourd’hui décédé. Il affir­mait : « Je n’ai pas besoin de res­pec­ta­bi­lité mais de béné­fices et d’affai­res qui tour­nent », mais avec des mét­hodes de ges­tion « mus­clées ». Méthodes de ges­tion ren­forcées par les dif­fi­cultés finan­cières de Lonmin, cri­blée de dettes, notam­ment avec la crise et la chute du prix du pla­tine, bien qu’on ne sache pas trop qui, entre les fonds de pen­sion ou les hedge funds possède réel­lement la mine parmi des grou­pes capi­ta­lis­tes divers pour qui seule compte cette ren­ta­bi­lité de 15 % et l’aban­don de tout inves­tis­se­ment, voire de la mine, si cette ren­ta­bi­lité n’est pas atteinte. La grève sau­vage des 3 000 drill ope­ra­tors de Marikana ne tombe pas du ciel mais d’une situa­tion glo­bale du prolé­tariat sud-afri­cain aggravée par la crise mon­diale. Début 2012, une grève de six semai­nes dans la plus grande mine du monde, à Rustenburg (du trust Impala Platinum), a fait 4 morts mais s’est ter­minée par une aug­men­ta­tion de salai­res. Une des spé­ci­ficités des mines de pla­tine d’Afrique du Sud est que, contrai­re­ment aux mines d’or, elles ne sont pas cou­ver­tes par des contrats col­lec­tifs mais par des négoc­iations mine par mine ; ce qui fait que toute conces­sion dans une mine à la suite de luttes peut faire école dans une autre mine, mais tou­jours loca­lisée. Ultérieurement, dans une autre grève, dans une autre mine de Lonmin, il y eut 10 morts dont 2 flics, et devant la ten­sion plus de 3 000 flics ont été déployés dans la région, sans doute avec une cer­taine volonté d’en déc­oudre. C’est dans ces condi­tions que les 3 000 drill ope­ra­tors de Marikana (28 000 tra­vailleurs au total) décident de se mettre en grève le 10 août 2012 avec une reven­di­ca­tion cen­trale d’un salaire men­suel de 1 200 euros, pres­que trois fois leur salaire actuel : bien sûr ils se heur­tent à un refus caté­go­rique de leur employeur. Il est dif­fi­cile de démêler ce qui va se dér­ouler la semaine sui­vante : les grév­istes, assem­blés sur une col­line (qui devien­dra la « col­line de l’hor­reur ») près de la mine, armés de lances, de machet­tes et – peut-être – de quel­ques armes à feu, haran­gués depuis une voi­ture de police par le pré­sident du NUM, fina­le­ment expulsé du site, mais pour être eux-mêmes expulsés sans ména­gement, une partie d’entre eux est fina­le­ment poussée dans une sorte de nasse dans les bras de tueurs qui tire­ront dans le tas sans aucun préavis. D’un côté les mineurs, dont cer­tains diront qu’ils « pré­fèrent mourir que de conti­nuer à tra­vailler dans de telles condi­tions », de l’autre des flics vou­lant une revan­che et tirant dans le dos des grév­istes en fuite ou les abat­tant au sol d’un tir à bout por­tant. Epilogue sur le nombre de morts (plus de 50), de blessés (plus de 80), d’arres­ta­tions (259 dont cer­tains blessés à leur sortie de l’hôpital). Les oppo­sants syn­di­caux et/ou poli­ti­ques ten­tent d’exploi­ter le mas­sa­cre : 3 000 se retrou­vent le 18 août pour être haran­gués par Malena, l’exclu de l’ANC. Ce qui permet au secrét­aire général de l’ANC de déc­larer : « Marikana a été confis­quée et des contre-révo­luti­onn­aires vin­rent pour miner notre mou­ve­ment. » Le 30 août, l’annonce que les 270 mineurs arrêtés vont être inculpés de « meur­tre » en vertu d’une loi datant de l’apar­theid pro­vo­que une tel tollé qu’elle doit être annulée, le plu­part des mineurs arrêtés sont libérés tout en res­tant inculpés de trou­bles à l’ordre public. La grève de Marikana touche d’autres mines dans les jours qui sui­vent et c’est la han­tise des auto­rités qu’une explo­sion sociale ne s’étende aux autres mines et à l’ensem­ble du pays. Pour Marikana, malgré les com­mu­ni­qués don­nant des chif­fres de reprise déris­oires, il semble qu’une orga­ni­sa­tion de la grève se soit mise en place avec des contrôles, dans les bidon­vil­les mêmes ou dans les trans­ports, pour empêcher les jaunes de gagner la mine, contrôles dénoncés par les auto­rités comme des mena­ces et des pres­sions. Au moment où nous écrivons, la situa­tion reste confuse, et si les grèves dans le sec­teur minier per­sis­tent, elles ne se sont pas étendues aux ser­vi­ces publics ou au sec­teur indus­triel, pas plus qu’à la popu­la­tion noire engagée sou­vent des actions de pro­tes­ta­tions loca­les.

On ne peut que retra­cer les der­niers épi­sodes de cette lutte dans le sec­teur minier, qui lui-même n’est pas tota­le­ment touché par une grève géné­rale. 23 août : les drill ope­ra­tors de Royal Bakofong (7 000 tra­vailleurs) blo­quent la mine avec les mêmes reven­di­ca­tions que ceux de Marikana. 26/8 : les 12 000 mineurs de Gold Fields sont en grève et repren­dront le tra­vail le 19/9 avec des conces­sions sur des ques­tions d’assu­rance. 3/9 : mine de Modder East près de Johannesbourg, suite à une grève sau­vage en juin der­nier, 1 044 mineurs ont été licen­ciés. 500 d’entre eux ont été réemb­auchés depuis, quel­ques cen­tai­nes des laissés pour compte se ras­sem­blent à l’entrée de la mine ten­tant d’en inter­dire l’entrée : 4 blessés. 11/9 : seconde grève de 15 000 mineurs à la Gold Fields. 13/9 : lockout : Anglo American Platinum décide de sus­pen­dre toute acti­vité dans les 5 mines de Rustenburg exploi­tant 26 000 tra­vailleurs. 14/9 : refus des mineurs de Marikana d’une aug­men­ta­tion de 80 euros. 14/9 : ras­sem­ble­ment de mil­liers de mineurs aux­quels il est pro­posé par différents grou­pes de décl­encher une grève géné­rale des mineurs. 15/9 : Marikana : la police dis­perse sans ména­gement un ras­sem­ble­ment de plu­sieurs cen­tai­nes de mineurs en grève près du site minier. Ceux-ci se replient dans le bidon­ville voisin où ils sont pour­chassés. Dans la nuit qui suit, des­cente de 500 flics dans les foyers d’héb­er­gement de la mine pour saisir des « armes » (bâtons et machet­tes). 12 arres­ta­tions. ; Le 20/9 un accord pour une aug­men­ta­tion des salai­res entre 11 et 22% et une prime de 200 euros semble amor­cer la reprise du tra­vail mais , dans les mines, la situa­tion reste préc­aire en raison de l’impact de cet accord sur les reven­di­ca­tions des autres mineurs et de la situa­tion éco­no­mique mon­diale qui met les mines sud afri­cai­nes notam­ment du pla­tine en dif­fi­cultés finan­cières ?

LES CRIMES DU CAPITAL EN DETAIL

Conséquences – Le taux de CO2, considéré comme un des prin­ci­paux agents du chan­ge­ment cli­ma­ti­que, ne cesse de s’accroître, avec l’impos­si­bi­lité du capi­ta­lisme de modi­fier quoi que ce soit dans cette marche au dés­astre qui s’exprime prés­en­tement par des séc­her­esses étendues ou des inon­da­tions catas­tro­phi­ques, sans parler des oura­gans. D’ores et déjà, les conséqu­ences socia­les de ces phénomènes réc­urrents sont meur­trières :
- la séc­her­esse et la dés­er­ti­fi­cation (USA, Inde,Cambodge, Afrique cen­trale… ) entraînent une hausse géné­rale des prix des pro­duits ali­men­tai­res de base ce qui, dans les pays les plus pau­vres, décl­enche des « émeutes de la faim ». Parallèlement, on assiste, pour garan­tir l’appro­vi­sion­ne­ment des pays riches et/ou celui des mul­ti­na­tio­na­les du com­merce ali­men­taire, à un acca­pa­re­ment des terres les plus fer­ti­les (avec mono­po­li­sa­tion des res­sour­ces en eau) dans les pays pau­vres avec l’éli­mi­nation des pay­sans par éviction ou taris­se­ment des res­sour­ces en eau ;
- La pénurie d’eau et la séc­her­esse entraînent un défaut d’appro­vi­sion­ne­ment en élect­ricité, ce qui décl­enche des cou­pu­res de ration­ne­ment et des pannes géantes d’où, pour la pre­mière fois, des émeutes contre le manque de cou­rant. Venezuela – 28/08/2012 – L’explo­sion de la raf­fi­ne­rie d’Amuay, la plus grande du pays, fait 41 morts, 80 blessés et détruit 200 mai­sons envi­ron­nan­tes. Des bruits de sabo­tage mais plus vrai­sem­bla­ble­ment des défauts d’entre­tien et le manque d’inves­tis­se­ment pour rem­pla­cer du matériel obsolète en sont la cause.

Inde – 28/05/2012 – Jharia (Dhanbad), Jharkland au nord-est, de nom­breu­ses mines de char­bon à ciel ouvert sont exploitées par la popu­la­tion locale, y com­pris des enfants de 5 ans qui, pieds nus, char­rient de lourd paniers de houille.

Etats-Unis – Ce que le capi­tal fait des hommes. 75 % des jeunes de 17 à 24 ans sont inap­tes au ser­vice mili­taire pour cause d’obésité, d’usage de drogue, d’abus d’alcool, de caren­ces phy­si­ques ou men­ta­les, ou d’un très bas niveau de connais­san­ces.

Mexique – 4/03/2012 – L’éco­nomie sou­ter­raine où tous les coups sont permis ne concerne pas seu­le­ment celle de la drogue et son cortège d’assas­si­nats. Elle exploi­te­rait 16 mil­lions d’escla­ves, un tiers des « légaux », et assu­me­rait une pro­duc­tion évaluée à 35 % du PIB (chif­fre pas très éloigné de l’Espagne, de la Pologne ou de l’Italie : 25 %). Elle n’éch­appe pas à une orga­ni­sa­tion maf­fieuse comme, par exem­ple, celle d’un com­merçant ambu­lant qui ne se fait qu’à peine 20 euros par jour et qui doit payer 10 euros par semaine à un « leader de rue ». Monde-24/08/2012 – Les nano­matériaux sont par­tout et s’accu­mu­lent, en par­ti­cu­lier dans les sols. Une étude offi­cielle amé­ric­aine a montré que cette accu­mu­la­tion (qui vient de l’épan­dage des boues autant que du Diesel des engins agri­co­les) est par­ti­cu­liè­rement nui­si­ble aux cultu­res, entraînant des bais­ses de ren­de­ment notam­ment pour le soja. Mais l’étude ne dit rien des effets sur la vie des humains, seule la pro­duc­ti­vité des semen­ces intér­esse le capi­tal. Monde – 15/06/2012 – Il y a de moins en moins de différ­ence entre les engins mili­tai­res et ceux exploités par l’Etat pour la sécurité civile. La liste est longue de ces nou­veaux gad­gets qui sont en fait des auxi­liai­res précieux comme ins­tru­ments de domi­na­tion : depuis des robots « exos­que­let­tes » qui por­tent des char­ges, des caméras qui voient à tra­vers les murs, des gants dét­ecteurs de métaux donc d’armes, etc. 15/06/2012 – Concernant l’acca­pa­re­ment des terres fer­ti­les et bien appro­vi­sionnées en eau qui sont la proie d’Etats riches ou de mul­ti­na­tio­na­les, l’exem­ple du Nil est par­ti­cu­liè­rement édifiant : 10 pays dép­endent d’un poten­tiel hydrau­li­que régulé qui couvre 8 mil­lions d’hec­ta­res. 4 pays, Egypte, Soudan, Sud-Soudan et Ethiopie en cou­vrent 5,4 mil­lions. Les réc­entes ces­sions de ter­rains en Ethiopie acca­pa­rent 8,6 mil­lions d’hec­ta­res et sont concen­trées sur les zones bien appro­vi­sionnées en eau, dont la consom­ma­tion pour le type de culture (riz, canne à sucre) sera mul­ti­pliée par 9, taris­sant du coup l’appro­vi­sion­ne­ment en eau des régions avoi­si­nan­tes.

Italie – 15/08/2012 – Ilva –Tanburi – Tarente (Pouilles, sud de l’Italie) : la plus grande aciérie d’Europe (12 000 tra­vailleurs), mais aussi la plus pol­luante (inter­dic­tion dans cer­tains quar­tiers de la ville de tou­cher au sol, pâtura­ges inter­dits dans un rayon de 20 kilomètres, etc.) ; le taux de can­cers est supérieur de 30 % à la moyenne natio­nale et les trou­bles res­pi­ra­toi­res innom­bra­bles. Le scan­dale est si grand qu’un juge­ment du tri­bu­nal local ordonne la fer­me­ture de cer­tains hauts-four­neaux parmi les plus pol­luants, et l’arres­ta­tion de mem­bres de la famille Riva, pro­priét­aire du site. Le gou­ver­ne­ment fait appel. Le 2 août, les syn­di­cats orga­ni­sent une mani­fes­ta­tion des ouvriers de l’usine autour du slogan « Plutôt mourir d’un cancer que de faim », sou­te­nue par un minis­tre qui suren­chérit : « Perdre son tra­vail est mau­vais pour la santé ». Quelques jours plus tard, à l’appel d’un comité local dont nombre d’ouvriers, plus de 2 000 mani­fes­tent à Tarente malgré l’inter­dic­tion autour d’un autre slogan : « Nous vou­lons vivre.  » Suisse – 17/05/2012 – « A côté des impé­rat­ifs du busi­ness, le fac­teur sécurité ali­men­taire a peu de poids. » C’est la conclu­sion d’une ancienne employée de Nestlé, licen­ciée pour avoir trop parlé quant à la manière dont la boîte trai­tait la sécurité ali­men­taire de ses pro­duits. Pakistan— 13/9/2012 -310 morts d’ouvriers car­bo­nisés dans deux incen­dies d’usines de chaus­su­res ( 21 morts) et tex­ti­les (290 morts) - 65 blessés de ceux qui ont sauté dans le vide. Toutes les portes étaient condamnées pour pré­venir les vols ou les évasions. Des émeutes de pro­ches et parents aux alen­tours des usines.

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