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A propos des racines et des excroissances du négationnisme

publié par Yves, le mercredi 28 mars 2012

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Extrait du site luftmenschen.over-blog.com/article-negationnisme-noyau-dur-et-satellites-101552144.html

Mercredi 14 mars 2012

Dans la deuxième partie des années 2000, en France et ailleurs, les mili­tants négati­onn­istes sont deve­nus non seu­le­ment fréqu­en­tables, mais très fréquentés et cour­tisés : au fur et à mesure de l’expan­sion de l’extrême-droite-orga­nisée, leur public s’est élargi. Des dic­ta­tu­res, au pre­mier rang des­quel­les l’Iran les ont sou­te­nus et leur ont offert des moyens de pro­pa­gande inédits. Dans le même temps, à gauche, les négati­onn­istes béné­ficient du sou­tien de plus en plus rép­andu de figu­res intel­lec­tuel­les et d’une base assez vaste sous cou­vert de déf­ense de la liberté d’expres­sion ou d’ « anti­sio­nisme ». Le négati­onn­isme est devenu un des pivots, une des cen­tra­lités autour des­quel­les s’arti­cule la syn­thèse néo-fas­ciste entre des éléments venus de tout le spec­tre poli­ti­que.

Décrypter les lignes de force au moyen des­quel­les le négati­onn­isme se dif­fuse, des­si­ner les contours d’une mou­vance qui va bien au delà des négateurs assumés, est donc néc­ess­aire ; nous essaie­rons ici de com­men­cer ce tra­vail en nous intér­essant à deux schémas de pensée intrinsèques à la sphère négati­onn­iste et à ses sou­tiens, la soi-disant déf­ense de la liberté d’expres­sion et le rela­ti­visme.

« Je ne prends pas la déf­ense de l’Allemagne. Je prends la déf­ense de la vérité (…) »

C’est par ces mots que s’ouvre le pre­mier pam­phlet de litté­ra­ture négati­onn­iste publié en France, Nuremberg ou la Terre Promise, en 1947.

A l’époque, peu de lec­teurs pren­dront la phrase au sérieux, son auteur Maurice Bardèche, beau-frère de Brasillach ayant entamé depuis l’exé­cution de celui-ci une entre­prise de réha­bi­li­tation du nazisme et de la col­la­bo­ra­tion franç­aise sans équi­voque, qui l’amène imméd­ia­tement à se lier avec l’ensem­ble des nazis encore actifs dans l’Europe de l’imméd­iate après-guerre.

Soixante-dix ans après, cepen­dant, la pos­ture d’objec­ti­vité de Bardèche, aussi gro­tes­que soit-elle, est adoptée par ses héritiers avec un immense succès.

Hormis Vincent Reynouard, qui se dit ouver­te­ment néo-nazi, la plu­part des négati­onn­istes et tous leurs sou­tiens se prét­endent tota­le­ment neu­tres vis à vis du nazisme, et même pour beau­coup ses oppo­sants. Dans le débat public, le négati­onn­isme ne s’impose pas par une déf­ense ouverte de ses thèses ( de fait, très peu de gens parmi ceux qui déf­endent Faurisson connais­sent les « argu­ments » qu’il invo­que pour nier les cham­bres à gaz ), mais tou­jours par le biais de débats sur la liberté d’expres­sion ou la liberté de recher­che his­to­ri­que soi-disant opposée à la main mise de l’Etat sur l’Histoire qu’incar­ne­raient les lois qui péna­lisent l’expres­sion des thèses négati­onn­istes. Les négati­onn­istes seraient des cher­cheurs de vérité.

C’est le long abou­tis­se­ment d’un combat fas­ciste pour dépo­li­tiser l’image du négati­onn­isme. La dépo­li­ti­sation est ce pro­ces­sus par lequel le négati­onn­isme par­vient à appa­raître dans le débat public comme une idéo­logie ou une dém­arche his­to­ri­que ou mili­tante pas forcément liée à l’extrême-droite.

Ce combat a com­mencé par la mise en avant de cer­tains par­cours plutôt que d’autres : ainsi Bardèche , pre­mier négati­onn­iste publié avec un tirage d’impor­tance est géné­ra­lement mis au second plan des récits négati­onn­istes sur l’his­toire de leur cou­rant.

Le père fon­da­teur offi­ciel, c’est Rassinier. Un Dieudonné avant l’heure, dans la cons­truc­tion du per­son­nage, au moins. Rassinier est en effet systé­ma­tiq­uement présenté comme l’anti­thèse du mili­tant fas­ciste à la base : rés­istant , déporté, homme de gauche. Insoupçonnable, donc comme sera censé l’être Dieudonné, soixante-dix ans plus tard, parce qu’artiste, vic­time du racisme en tant que Noir et homme de gauche, lui aussi.

Si eux dou­tent, alors qu’objec­ti­ve­ment ils n’ont aucune raison poli­ti­que de le faire, bien au contraire, alors le doute serait permis...

De fait, l’his­toire n’est pas celle-là, ni pour Rassinier, ni pour Dieudonné. Le Mensonge d’Ulysse, et les textes qui l’ont précédé révèlent bien d’autres pré­oc­cu­pations que celles de la vérité his­to­ri­que . Rassinier s’y atta­che au départ, non pas spéc­ia­lement à nier la vérité de l’exter­mi­na­tion des Juifs, mais à dén­oncer ce qu’il estime être le com­por­te­ment abject de ses com­pa­gnons de dép­or­tation, en pre­mier lieu les com­mu­nis­tes, qu’il dét­este. Déjà Rassinier ment, notam­ment sur une anec­dote, où il décrit le com­mu­niste alle­mand Ernst Thaelmann, plus tard assas­siné par les nazis se com­por­tant de manière odieuse et bru­tale. Il sera avéré par la suite que Thaelmann n’a pas pu croi­ser Rassinier au camp , où il n’était pas à la pér­iode ou Rassinier s’y trou­vait.(1)

De même , à l’époque de la publi­ca­tion du Mensonge d’Ulysse, Rassinier a déjà un cer­tain passif qui n’est pas exac­te­ment celui d’un mili­tant de gauche : il a par exem­ple, avant sa par­ti­ci­pa­tion à la Résistance, fait partie d’une revue col­la­bo­ra­tion­niste. Après guerre , sur­tout, il vit extrê­mement mal son éviction à la dépu­tation par un radi­cal . A partir de là, il com­mence à pro­duire des écrits à la rhé­to­rique antisé­mite clas­si­que, sous cou­vert de dén­onc­iation des « ban­quiers » et des « réseaux ».

Le père fon­da­teur est donc bien moins insoupç­on­nable qu’on ne le dit. Comme Dieudonné, il glis­sait vers la rhé­to­rique fas­ciste et antisé­mite, bien avant de rejoin­dre offi­ciel­le­ment l’extrême-droite. Son négati­onn­isme est un abou­tis­se­ment poli­ti­que , pas une quête de la vérité.

Il en va de même pour les sui­vants, dont Faurisson qui se fait arrêter, jeune homme, pour avoir apposé une plaque à la gloire du Maréchal Pétain.

D’ailleurs au départ per­sonne ne doute que le négati­onn­isme ne soit que l’une des stratégies fas­cis­tes de réha­bi­li­tation du passé nazi.

C’est de la gauche que vien­dra un apport inespéré, avec notam­ment l’affaire autour de la Vieille Taupe. C’est cet apport qui va per­met­tre de faus­ser le débat.

Voilà tout un tas de mili­tants qui vont tolérer pen­dant des années à leurs côtés des gens qui nient le géno­cide. Hormis quel­ques-uns , dont Pierre Guillaume, la plu­part ne le nient pas ouver­te­ment eux-mêmes, une bonne partie déc­lare même qu’il a bien existé. Mais que là n’est pas le débat ouvert par la pro­pa­gande négati­onn­iste.

Le débat serait « la liberté d’expres­sion » d’une part, le sens de l’Histoire d’autre part.

Pour une partie de l’ultra-gauche, la « répr­ession » contre les négati­onn­istes , la réaction de la « bour­geoi­sie » , de l’ « uni­ver­sité bour­geoise »et des « médias domi­nants » à leur égard serait le symptôme d’un mal bien plus pro­fond que le négati­onn­isme : celui du capi­ta­lisme qui a cher­ché à ériger le géno­cide des Juifs en hor­reur abso­lue, le fas­cisme et le nazisme en repous­soir intégral pour faire passer à côté le capi­ta­lisme comme le meilleur des mondes pos­si­bles.

Par conséquent, il fau­drait à tout prix déf­endre la liberté d’expres­sion des négati­onn­istes, même s’ils ont peut-être tort, car ce que le « système » atta­que à tra­vers eux, c’est la pos­si­bi­lité de remet­tre en cause l’hor­reur du capi­ta­lisme....dont le nazisme ne serait qu’un avatar sans réelle ori­gi­na­lité.

C’est ainsi que le négati­onn­isme gagne la bataille de la dépo­li­ti­sation : même si à l’époque, la frac­tion venue de la gauche qui va sou­te­nir les Faurisson et consorts est numé­riq­uement ultra-mino­ri­taire, issue de cou­rants extrê­mement mar­gi­na­lisés à l’extrême-gauche, ce qui pou­vait sem­bler anec­do­ti­que à la fin des années 70, est en réalité une graine empoi­sonnée dont la réc­olte inter­vien­dra bien plus tard, le temps que ses raci­nes aient pris.

Ce qui a été semé à gauche, c’est l’idée que « le négati­onn­isme posait de bonnes ques­tions même s’il appor­tait de mau­vai­ses rép­onses », et qu’il n’était donc pas seu­le­ment une stratégie néo-nazie.

Au début des années 80, Noam Chomsky, par exem­ple, écrit ceci

« Les tri­bu­naux français ont main­te­nant condamné Faurisson pour avoir, entre autres vile­nies, manqué à la « res­pon­sa­bi­lité » et à la « pru­dence » de l’his­to­rien, pour avoir négligé d’uti­li­ser des docu­ments pro­bants, et avoir « laissé pren­dre en charge par autrui (!) son dis­cours dans une inten­tion d’apo­lo­gie des crimes de guerre ou d’inci­ta­tion à la « haine raciale ». Dans un déplo­iement de lâcheté morale, la cour prétend ensuite qu’elle ne res­treint pas le droit pour l’his­to­rien de s’expri­mer libre­ment mais qu’elle punit seu­le­ment Faurisson pour en avoir usé. Par ce juge­ment hon­teux, on donne à l’État le droit de dét­er­miner une vérité offi­cielle (en dépit des pro­tes­ta­tions des juges) et de punir ceux qui sont cou­pa­bles d’« irres­pon­sa­bi­lité ». Si cela ne décl­enche pas de pro­tes­ta­tions mas­si­ves, ce sera un jour noir pour la France. »

Noam Chomsky, « Réponses iné­dites à mes détr­acteurs pari­siens »,

Spartacus » n°128 (1984).

Contrairement à ce que tous ses déf­enseurs ont dit depuis, ce n’est pas la simple liberté d’expres­sion pour tous, y com­pris les mili­tants fas­cis­tes qui est déf­endue par Chomsky, le posi­tion­ne­ment par rap­port aux négati­onn­istes va bien plus loin que cela.

Faurisson y est bien intro­nisé "his­to­rien", et c’est bien le fait que ne lui soit pas reconnu ce statut, qu’il soit considéré comme un pro­pa­gan­diste du nazisme punis­sa­ble par la loi qui cons­ti­tue pour Chomsky un « jour noir pour la France ».

Chomsky emploie éga­lement une autre expres­sion « vérité offi­cielle », une des expres­sions préférées des négati­onn­istes pour qua­li­fier la réalité du géno­cide des Juifs.

Or, le géno­cide des Juifs et plus glo­ba­le­ment les crimes nazis ne sont pas « une vérité offi­cielle », ils sont la réalité. Que l’État reconnaisse le réel ne trans­forme pas celui-ci en « vérité offi­cielle ». Il y a des men­son­ges d’État, il n’y pas de « vérité d’État ». Un État peut nier l’escla­vage, et à ce moment, il devra être com­battu par les his­to­riens, mais le fait qu’un Etat inter­dise la négation de la réalité de l’escla­vage, ne fait pas de celui-ci « une vérité offi­cielle ».

Dès les années 80, donc, des mili­tants de gauche et d’extrême-gauche tien­nent un dis­cours sur le négati­onn­isme et les négati­onn­istes qui va émin­emment plus loin qu’une simple déf­ense de la liberté d’expres­sion pour tous.

Pouvait-il en être autre­ment ? Etait-il pos­si­ble de pren­dre parti contre le prin­cipe même de la répr­ession du négati­onn­isme sans glis­ser d’une manière ou d’une autre ?

Il ne s’agit pas ici de salir ceux qui ont pris parti contre la loi Gayssot en jugeant qu’elle ne serait pas effi­cace, car c’est là un débat d’autant plus légi­time que la pro­lifé­ration des dis­cours négati­onn­istes n’a pas cessé depuis. Mais il importe de rap­pe­ler à ceux qui bran­dis­sent avec le plus grand culot un Vidal Naquet qui a tou­jours com­battu fer­me­ment l’expres­sion des dis­cours négati­onn­istes et a été une de leurs cibles , que celui-ci n’était évid­emment pas forcément opposé à la pour­suite des négati­onn­istes au titre des lois anti­ra­cis­tes clas­si­ques préex­ist­antes à la loi Gayssot.

Comme d’autres, il n’ a jamais exigé l’impu­nité totale pour les néo-nazis qui se prét­endent his­to­riens.

Il importe aussi de rap­pe­ler qu’il y avait bien d’autres choix pos­si­bles que ceux consis­tant, soit, à sou­te­nir la répr­ession éta­tique soit à déf­endre la « liberté » des nazis à rép­andre le nazisme. A com­men­cer par celui de ne pas se pré­oc­cuper du sujet du tout, ce qui a été le cas de la plu­part des mili­tants au départ. Ou si l’on vou­lait à tout prix mon­trer que le négati­onn­isme se combat par la véri­table dém­arche his­to­ri­que et poli­ti­que, s’en pré­oc­cuper , jus­te­ment, et écrire sur le sujet. Or l’on cher­chera en vain, dans la prose des déf­enseurs de la liberté d’expres­sion d’un Faurisson ou d’un Reynouard, de Quadrupani à Bricmont , des textes sur le sujet , alors même que ces mes­sieurs exi­geaient ou exi­gent des autres un « contre-argu­men­taire » aux élu­cub­rations sinis­tres des néo-nazis.

De fait, le dis­cours déf­endant la liberté d’expres­sion des négati­onn­istes consiste donc à impo­ser non seu­le­ment de sup­por­ter le cra­chat per­ma­nent que cons­ti­tue l’expres­sion de ces thèses, mais éga­lement très sou­vent de leur appor­ter la contra­dic­tion .

Il aurait fallu, donc, que l’agenda des his­to­riens et des mili­tants se règle sur celui des faus­sai­res et des nazis : c’est ce que dit expli­ci­te­ment Bricmont, une des référ­ences anti­sio­nis­tes contem­po­rai­nes, dans un texte récent titré « Suggestion aux profs d’his­toire ».

Selon lui, la seule dém­arche honnête de leur part, consis­te­rait actuel­le­ment à « dém­onter une à une les asser­tions de Faurisson pour les réfuter : mon­trer que les docu­ments dont il affirme qu’ils n’exis­tent pas, en réalité exis­tent, ou expli­quer ration­nel­le­ment pour­quoi ils n’exis­tent pas, ana­ly­ser autre­ment que lui les docu­ments qu’il exhibe, ou res­ti­tuer dans leur contexte les phra­ses un peu étonn­antes d’his­to­riens anti-révisi­onn­istes citées par Faurisson. »

Voila le visage du « débat libre et non faussé », qui serait soit-disant la seule reven­di­ca­tion de tous ces per­son­na­ges issus de la gauche, qui se prét­endent tota­le­ment neu­tres dans leur rap­port au négati­onn­isme : celui d’une totale sou­mis­sion des non-fas­cis­tes aux exi­gen­ces des fas­cis­tes concer­nant la manière de faire l’Histoire. A chaque nou­velle pro­vo­ca­tion déguisée sous la « dém­arche his­to­ri­que », his­to­riens, pro­fes­seurs et anti­fas­cis­tes auraient à rép­ondre séri­eu­sement.

Voila à quoi abou­tit le soi-disant combat pour la liberté d’expres­sion : pas étonnant dans ces condi­tions que les plus straté­giques des négati­onn­istes considèrent que leur vic­toire ne passe pas for­ce­ment par la prise de parti ouverte a l’égard de leurs thèses, mais par la simple reconnais­sance du droit à les expri­mer .

Pierre Guillaume écrivait ceci, dans cette lettre ouverte a une chro­ni­queuse de Rivarol, jour­nal de l’extrême-droite antisé­mite, à propos d’un arti­cle où celle-ci cri­ti­que Chomsky, qui , selon elle, ne serait pas allé bien loin dans son sou­tien à Faurisson ou à Reynouard .

« En sou­le­vant le pro­blème de cette manière, qui pre­nait les belles âmes a contre-pied, et en rap­pe­lant les prin­ci­pes élém­ent­aires de la liberté d’expres­sion, Chomsky four­nis­sait, clef en main, à Faurisson et aux révisi­onn­istes, un bas­tion d’autant plus inex­pug­na­ble que les prin­ci­pes qu’il rap­pe­lait étaient élém­ent­aires. Ce rappel fai­sait éclater d’un seul coup l’évid­ence. Si des prin­ci­pes aussi élém­ent­aires avaient besoin d’être rap­pelés, c’était bien la preuve que l’on avait quitté, en cette affaire, le domaine de la connais­sance ration­nelle et scien­ti­fi­que, où l’on confronte des argu­ments et où tout est dis­cu­ta­ble. On était entre subrep­ti­ce­ment dans le domaine du dogme, de la reli­gion, de la connais­sance métap­hy­sique de vérités indis­cu­ta­bles… alliées a la cen­sure et a la répr­ession. »

Un peu plus loin dans cette déf­ense de Chomsky accusé par l’extrême-droite tra­di­tion­nelle de Rivarol de ne pas aller assez loin, Guillaume ajoute :

"Il rés­ulte de cette situa­tion qu’un affron­te­ment por­tant sur la liberté d’expres­sion pour­rait abou­tir, à la condi­tion expresse que ce rétabl­is­sement n’appa­raisse pas trop évid­emment comme une étape vers le triom­phe des thèses révisi­onn­istes. Par contre un affron­te­ment por­tant sur l’exis­tence de dieu, dans le rap­port des forces actuel, ne peut abou­tir qu’a la déf­aite des révisi­onn­istes et a l’aggra­va­tion de la répr­ession qu’ils subis­sent.

C’est ainsi. Les choses étant ce qu’elles sont et le monde ce que nous savons, il faut qu’une partie des forces qui sont mûres pour enga­ger un combat contre la cen­sure puis­sent penser, ou affec­ter de penser, qu’elles contri­buent ainsi à reti­rer leur meilleur argu­ment rhé­to­rique aux révisi­onn­istes !"

Aux Bricmont et aux Chomsky qui se croient auto­risés a faire injonc­tion aux his­to­riens de dém­onter les argu­men­ta­tions délir­antes de fas­cis­tes qui n’ont jamais été his­to­riens à propos du géno­cide commis par les nazis, on ne peut que conseiller de com­men­cer par rép­ondre plutôt à ce petit précis de stratégie poli­ti­que , qui les décrit pour ce qu’ils sont objec­ti­ve­ment : au mieux de pau­vres abru­tis , idiots au ser­vice du négati­onn­isme, au pire des antisé­mites qui ne l’assu­ment pas publi­que­ment, mais n’en pro­pa­gent pas moins le mal. Et ce d’autant plus que Pierre Guillaume est bien, pour le coup et excep­tion­nel­le­ment, un expert du sujet qu’il aborde dans ces lignes : lui, n’est pas issu des sphères de l’extrême-droite, mais de celles de la partie de l’ultra-gauche où prit nais­sance ce qui est une des formes per­ni­cieu­ses du négati­onn­isme, ce qui est devenu en France, son expres­sion la plus rép­andue : le rela­ti­visme rela­tif au géno­cide et au nazisme.

En défi­ni­tive, la répr­ession contre le négati­onn­isme devient déjà dans le dis­cours des déf­enseurs de la liberté à l’expri­mer , le symptôme visi­ble d’une atta­que de l’appa­reil d’État contre « les vérités non-offi­ciel­les ».

Déja le négati­onn­isme en soi est donc présenté au pire comme un moin­dre mal face au « mal réel », dont les contours sont définis assez vague­ment par cer­tains, plus précisément par d’autres : en effet, pour une partie de l’ultra-gauche, une des gran­des catas­tro­phes théo­riques et pra­ti­ques pour le mou­ve­ment révo­luti­onn­aire, c’est l’anti­fas­cisme.

Nombre de cou­rants anti-sta­li­niens dével­oppent une cri­ti­que de la Résistance, du Front Populaire avant , et de l’union entre le PC et la bour­geoi­sie franç­aise au sortir de la seconde guerre mon­diale. La plu­part des cou­rants révo­luti­onn­aires, éga­lement, ne se pri­vent pas de dén­oncer les col­lu­sions et le lais­ser-faire des démoc­raties d’avant guerre face au nazisme, comme ils conti­nuent bien évid­emment à dén­oncer et à cri­ti­quer le capi­ta­lisme et ses hor­reurs après-guerre, et à poin­ter les insuf­fi­san­ces, et les com­plai­san­ces de cer­tai­nes formes d’anti­fas­cisme vis à vis de la social démoc­ratie. Pour autant, pour l’immense majo­rité des mili­tants, ceci ne remet abso­lu­ment pas en cause, ni la spé­ci­ficité du nazisme, et à l’intérieur même de son his­toire la spé­ci­ficité du géno­cide des juifs, dans l’inten­tion comme dans sa réa­li­sation effec­tive.

Mais la petite cohorte des déf­enseurs de la liberté de Faurisson et des autres aura cepen­dant une postérité inespérée : à l’aube des années 80, elle a intro­duit le négati­onn­isme dans l’extrême-gauche, et initié un dis­cours culpa­bi­li­sa­teur vis à vis des mili­tants qui le com­bat­tent.

Trente ans plus tard, en effet, desi­gner les anti­fas­cis­tes comme des col­la­bo­ra­teurs cons­cients ou incons­cients de l’État et des capi­ta­lis­tes est pres­que devenu une bana­lité à l’extrême-gauche.

Ironie ou leçon de l’his­toire, pour les liber­tai­res et les ultra-gau­chis­tes des années 80 qui pen­saient dém­asquer notam­ment l’alliance entre les capi­ta­lis­tes du bloc de l’ouest et les pays du bloc de l’est faite autour de l’ « idéo­logie de la rés­ist­ance », leurs argu­ments visant à rela­ti­vi­ser la spé­ci­ficité du nazisme sont aujourd’hui repris par des cou­rants qui, à nou­veau, sou­tien­nent que la révo­lution mon­diale passe par le sou­tien à des dic­ta­tu­res san­glan­tes comme l’Iran ou à de tris­tes paro­dies de régimes « socia­lis­tes » comme le Venezuela de Chavez.

Comment en est-on arrive là ? Sans doute en partie à cause d’une obses­sion par­tagée par de nom­breux cou­rants du mou­ve­ment révo­luti­onn­aire, liée au sen­ti­ment de déf­aite face à la social-démoc­ratie et à la gauche de gou­ver­ne­ment. Dans une cer­taine pensée d’extrême-gauche, l’échec de la révo­lution sociale tient avant tout au fait que les prolét­aires auraient été trompés par les cou­rants réf­orm­istes et se seraient fait une illu­sion mor­telle sur les régimes démoc­ra­tiques.

Dans cette pensée-la, dém­asquer la démoc­ratie, mon­trer « son vrai visage » devient le remède magi­que, le décl­encheur de la révo­lution : si les prolét­aires voient que la démoc­ratie est hor­ri­ble, alors ils iront vers la solu­tion révo­luti­onn­aire.

Ces cou­rants ont des 1945 la même ana­lyse, le même espoir en ce qui concerne le sta­li­nisme et les pays dit « com­mu­nis­tes ».

Le pro­blème de la frac­tion qui va bas­cu­ler dans le sou­tien par­tiel ou total au négati­onn­isme, et plus glo­ba­le­ment chez tous ceux qui vont desi­gner l’anti­fas­cisme comme un ennemi de la révo­lution, est que la cri­ti­que de la démoc­ratie va vite passer par la dia­bo­li­sa­tion irra­tion­nelle de la démoc­ratie. Puisque l’on doit mon­trer au prolé­tariat que le com­mu­nisme d’État et la démoc­ratie occi­den­tale sont les enne­mis à abat­tre, et puis­que ce sont ces deux types de régimes qui ont de fait mis le nazisme et le fas­cisme à terre, alors prés­enter comme une vic­toire la déf­aite du nazisme et du fas­cisme est for­ce­ment contre-révo­luti­onn­aire.

Dans ces condi­tions, il faut alors dém­ontrer que nazisme et fas­cisme n’étaient fina­le­ment pas pires que com­mu­nisme et démoc­ratie.

Ceci était déjà le sens du « tém­oig­nage » de Rassinier sur les camps, qui vise à dém­ontrer que les détenus com­mu­nis­tes ne vau­draient fina­le­ment pas mieux que leur bour­reau SS.

Comment ce « tém­oig­nage » classé à gauche n’aurait-il pas retenu l’atten­tion de Bardèche le néo-nazi qui des la fin de la guerre entame la réha­bi­li­tation du régime nazi, non pas en niant tota­le­ment ses crimes, mais en prét­endant qu’aucun d’entre eux n’est différent de ceux commis par les armées alliées ?

Et de ce temps-là jusqu’à aujourd’hui, la dif­fu­sion du négati­onn­isme pas­sera d’abord par la rela­ti­vi­sa­tion non seu­le­ment des crimes nazis, mais aussi par celle du régime nazi.

Le procédé uti­lisé jusqu’à la nausée est simple : détacher le crime du mobile et des condi­tions de sa réa­li­sation. Aligner les mas­sa­cres, les actes de tor­tu­res, d’empri­son­ne­ment , de tra­vail forcé, commis effec­ti­ve­ment par tous les régimes capi­ta­lis­tes ou liés à l’URSS. Égr­ener le déco­mpte des morts, par mil­lions, de famine et d’épidémies qui auraient pu être évitées avec la simple réd­uction des iné­galités socia­les. Et puis affir­mer que l’his­toire n’est qu’une longue lita­nie de sang et de morts et de misère, et que pour la vic­time, de toute façon condamnée, peu importe le motif de la condam­na­tion.

Sur les réseaux sociaux, cela donne ces rac­cour­cis censés être exem­plai­res et faire taire imméd­ia­tement le contra­dic­teurs : « la vie d’un juif mort à Auschwitz vaut-elle plus que celle d’un afri­cain mort du palu­disme ? ( ou d’un pales­ti­nien bom­bardé a Gaza, ou d’un pri­son­nier mort de faim au goulag, ou d’un viet­na­mien brûlé au napalm...).

Mais si tout se vaut, alors rien ne vaut...

Le nazisme, la pla­ni­fi­ca­tion inten­tion­nelle de l’exter­mi­na­tion d’une partie des habi­tants d’un conti­nent en fonc­tion de leur appar­te­nance sup­posée à une caté­gorie eth­ni­que et/ou cultu­relle et la mise en œuvre indus­tria­lisée de cette exter­mi­na­tion est pour­tant bien quel­que chose de spé­ci­fique his­to­ri­que­ment.

Ce « quel­que chose » n’a pas fini d’être ana­lysé soixante-dix ans après. Les contro­ver­ses his­to­ri­ques et poli­ti­ques sur ses causes, sur l’ori­gine des régimes fas­cis­tes, comme sur leur nature et leur évo­lution ne sont pas tran­chées.

La ques­tion des réactions ou des non-réactions des démoc­raties occi­den­ta­les de l’époque comme du régime sovié­tique est éga­lement un enjeu de débats.

Et ces débats bien évid­emment concer­nent aussi le mou­ve­ment ouvrier et ses ten­dan­ces révo­luti­onn­aires : penser que l’exter­mi­na­tion pla­ni­fiée d’une partie de l’huma­nité ne cons­ti­tue pas un évè­nement par­ti­cu­lier et essen­tiel dans l’his­toire du capi­ta­lisme et de la lutte des clas­ses, qu’il s’agit là au fond d’un évè­nement comme un autre, relève au mieux de la dém­ence.

Serge Quadrupani dit tran­quille­ment des années après , à propos de l’état d’esprit qui était celui de ses cama­ra­des au milieu des années 70

« A la Vieille Taupe n°1, le nazisme et le géno­cide étaient très loin d’être au centre de nos pré­oc­cu­pations. Nous étions prin­ci­pa­le­ment occupés à déch­iffrer les signes d’une révo­lution qui tar­dait à venir, et à dén­oncer les forces contre-révo­luti­onn­aires du passé et du présent, au pre­mier rang des­quels les sta­li­niens et la social-demo­cra­tie. »

La phrase est claire : le nazisme et l’idéo­logie qu’il por­tait ne fai­saient pas partie des forces contre révo­luti­onn­aires du passé et du présent à dén­oncer, ou du moins étaient anec­do­ti­ques com­parées à d’autres. Dans ce contexte, expli­que Quadrupani , certes Faurisson est un peu dér­angeant : « Ses manières de comp­ta­ble des cada­vres et ses rica­ne­ments sur les récits des res­capés nous avaient fait sentir, en dehors même de tout le reste, que cet indi­vidu n’avait pas la même atti­tude que nous devant la salo­pe­rie du monde. » .mais « Néanmoins, nous avons, un moment, conti­nué à le trai­ter comme un hur­lu­berlu qui, malgré tout, avait peut-être mis le doigt sur des failles de l’his­toire offi­cielle. ».

Le « tout » du ter­ri­ble « malgré tout » de Quadrunani et de ses amis , c’est « juste » la négation du géno­cide, et le « rica­ne­ment » antisé­mite devant le récit des sur­vi­vants....

Il est vrai que Faurisson n’a pas la même atti­tude que Quadrupani devant la salo­pe­rie du « monde ». Négationniste assumé, il prétend lui que l’exter­mi­na­tion pla­ni­fiée n’a pas existé, et à tra­vers ce men­songe, au moins, le vieux néo-nazi dit-il quel­que chose en fili­grane, accorde-t-il une cer­taine spé­ci­ficité au géno­cide, une cer­taine impor­tance en vou­lant en exonérer les nazis.

Le rela­ti­visme d’une ultra gauche qui finit tar­di­ve­ment par condam­ner la négation avérée du géno­cide va fina­le­ment encore plus loin, en ce début des années 80, dans « La ban­quise », au tra­vers de la com­pa­rai­son restée célèbre entre le numéro de sécurité sociale et celui ins­crit sur la peau des déportés, le second étant d’une cer­taine manière moins grave que le pre­mier.

<< Mis en fiches et cartes par la sécurité sociale et tous les organismes étatiques et para-étatiques, l’homme moderne juge particulièrement barbare le numéro tatoue sur le bras des déportés. Il est pourtant plus facile de s’arracher un lambeau de peau que de détruire un ordinateur >

Délire absolu, pos­ture littér­aire pro­vo­ca­trice et non-réfléchie ou convic­tion pro­fonde, peu importe. La ques­tion de ce qui pou­vait bien animer quel­ques mili­tants pour qu’ils en arri­vent à se prét­endre com­mu­nis­tes en trou­vant une conquête ouvrière comme l’accès aux soins , avec ses lacu­nes et ses défauts, plus grave qu’un géno­cide n’aurait abso­lu­ment aucun intérêt s’ils n’avaient eu aucune postérité .

Malheureusement, ce rela­ti­visme obscène est aujourd’hui pres­que la norme dans des cer­cles bien plus vastes : non seu­le­ment la com­pa­rai­son de tout et n’importe quoi avec le géno­cide des juifs est deve­nue chose cou­rante à gauche, ou il faut, abso­lu­ment, par exem­ple que chaque mesure prise contre les étr­angers soit com­parée avec Vichy et le nazisme, comme si elle ne pou­vait être hor­ri­ble et cri­ti­qua­ble en soi.

Mais aussi et sur­tout, le rela­ti­visme rela­tif aux crimes du passé n’a pas abouti à une prise de cons­cience plus grande de ceux du présent : il n’a pas amené les masses à « dém­asquer » la démoc­ratie par­le­men­taire et bour­geoise, mais il permet chaque jour par contre de légi­timer les crimes de san­gui­nai­res dic­ta­tu­res.

Ces der­nières années, une bonne partie des mili­tants d’extrême-gauche, rouges, noirs , verts et même roses ont trouvé peu dér­angeant voire utile de mani­fes­ter pour la Palestine, ou contre les guer­res impér­ial­istes aux côtes de reli­gieux intégr­istes, de fas­cis­tes à peine mas­qués, de par­ti­sans du gou­ver­ne­ment syrien ou ira­nien.

A l’inverse, et pour le mal­heur des prolét­aires syriens, lybiens ou ira­niens, par exem­ple, le « sou­tien » le plus timoré, le plus dénué d’actes, de quel­que démoc­ratie occi­den­tale, que ce soit à une rév­olte ou à une révo­lution visant à ren­ver­ser un dic­ta­teur suffit à beau­coup pour imméd­ia­tement considérer que la cause est « bien louche » et qu’elle ne peut que "faire-le-jeu-du-capi­ta­lisme-en-mas­quant-les-vrais-pro­blèmes."

Mais contrai­re­ment à ce que pen­sent les tenants sincère du rela­ti­visme, dire que tous les crimes se valent , ce n’est pas valo­ri­ser les vic­ti­mes du capi­ta­lisme, c’est au contraire éga­lement les bana­li­ser. Si tout se vaut, alors rien ne vaut, et aucun combat n’a plus de sens.

Ne reste que l’abso­lue sou­mis­sion devant la force bru­tale et domi­na­trice comme moteur de l’his­toire, abso­lue sou­mis­sion qui est bien celle des héritiers gau­chis­tes du rela­ti­visme , fas­cinés par ces dic­ta­tu­res san­glan­tes qui ont à leurs yeux le « mérite » de mena­cer ces démoc­raties où leur révo­lution fan­tasmée n’a pas eu lieu.

Dans les années 90, lorsqu’enfin, fut posé publi­que­ment le pro­blème de la col­lu­sion entre des mili­tants révo­luti­onn­aires de gauche et les milieux négati­onn­istes , deux fac­teurs empêchèrent de fait de crever l’abcès qui a macéré depuis , abou­tis­sant aujourd’hui à l’exis­tence de nou­vel­les col­lu­sions, à la for­ma­tion d’un vaste cou­rant animé par de nom­breux mili­tants venus de la gauche dans le sillage de Dieudonne , par des néo-nazis reven­di­qués et par des sou­tiens des dic­ta­tu­res ira­nien­nes, russes ou vénézué­liennes.

Le pre­mier est fac­tuel : dans le sauve qui peut général, chacun , dans les milieux concernés, s’empressa de mini­mi­ser ses pro­pres res­pon­sa­bi­lités en poin­tant celles du voisin. Certes on avait tenu des propos igno­bles, mais on n’avait pas ren­contré phy­si­que­ment Faurisson, bien sûr, on avait dit dans La Banquise des igno­mi­nies tout a fait com­pa­ra­bles à celles qui se disaient dans La Guerre sociale, mais il n’était pas avéré qu’on eut par­ti­cipé au jour­nal La Guerre Sociale avec les négati­onn­istes assumés...Des dizai­nes d’années plus tard, le même type d’argu­ties aura lieu à propos du copi­nage avec Dieudonné, la plu­part des concernés post­da­tant de plu­sieurs années le début de la dérive antisé­mite de l’humo­riste.

En tout état de cause, le débat sur le négati­onn­isme dans les années 80 et 90 tourna sur­tout autour de la négation ouverte des cham­bres à gaz : fina­le­ment tant qu’on n’avait pas fran­chi ce cap là, devant plu­sieurs témoins et de manière répétée, l’hon­neur s’avérait à peu près sauf, des lors qu’on consen­tait à s’excu­ser de quel­ques excès , qu’on avait après tout commis « pour la bonne cause ».

Que cette orien­ta­tion du débat ait permis à quel­ques raclu­res de pour­sui­vre leur petite car­rière littér­aire ou mili­tante n’est pas le plus grave, dans un monde où Faurisson monte sur la scène du Zenith de Paris, devant des mil­liers de per­son­nes.

Le prin­ci­pal pro­blème réside dans le fait que la réd­uction ab fau­ris­so­nem du négati­onn­isme permet encore aujourd’hui à ses thu­rifér­aires et sou­tiens de voir leur dis­cours mini­misé : pour beau­coup de gens, le négati­onn­isme se réduit à l’acte réitéré de nier ouver­te­ment la réalité même du géno­cide, et la sphère négati­onn­iste est cir­cons­crite alors aux quel­ques-uns qui se livrent à ces actes.

C’est pour­tant essen­tiel­le­ment au tra­vers de la stratégie de prés­en­tation du négati­onn­isme comme une thèse his­to­ri­que qui devrait non seu­le­ment pou­voir être exprimée mais aussi considérée comme digne d’être prise en compte dans le débat, et au tra­vers des dis­cours rela­ti­vis­tes sur ce qu’est un géno­cide, sur ce qu’est l’idéo­logie nazie que le négati­onn­isme se répand .

Et sa dif­fu­sion n’est pas seu­le­ment un cra­chat contre les vic­ti­mes passées, une oppres­sion antisé­mite intolé­rable, mais aussi une arme de pro­pa­gande mas­sive au ser­vice des nou­veaux fas­cis­tes et des dic­ta­tu­res les plus san­glan­tes.

(1) http://www.phdn.org/nega­tion/rassin...

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