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Le « Crépuscule de l’Affabulation », ou Quand Guy Fargette étale son ressentiment

mercredi 21 mars 2012, par Yves

(Cette réponse avait été écrite en décembre 2011, mais je ne voyais pas l’intérêt d’alimenter encore la polémique tant que ce texte digne de la presse de caniveau ne circulait pas sur Internet. Le collectif Lieux communs ayant décidé de diffuser les affabulations, les calomnies et les attaques personnelles de Guy Fargette à mon égard ( http://www.magmaweb.fr/spip/spip.php?article561 et http://www.magmaweb.fr/spip/spip.php?article562) je publie donc ces quelques précisions élémentaires. Yves Coleman.)

« Ladran, Sancho, señal que cabalgamos. »

(« Laisse-les aboyer, Sancho, cela veut dire que nous progressons. »)

Ressentiment : Souvenir d’une injure. Syn. Souvenir, mémoire, ressouvenir. Dépit, colère, douleur, désir de vengeance.

Guy Fargette, dont la revue « Ni patrie ni frontières » a, à ses débuts, publié plusieurs textes (reproduits dans notre compilation n° 6 en 2010 tout en indiquant nos désaccords), a consacré presque la totalité de son dernier « Crépuscule du XXe siècle » à de basses attaques personnelles et des accusations absurdes contre des positions (totalement imaginaires) que je défendrais.

Officiellement, sa grosse colère aurait été déclenchée par mes critiques adressées au Collectif Lieux communs et à Castoriadis sur la question de l’islam (cf. « Bye bye Castoriadis » notamment 1640 et 1641) en mars 2010.

En fait, à cette occasion, il semble plutôt agir en mercenaire fielleux du Collectif précité qui a mis un an à écrire sa propre réponse, et encore en répondant à côté et de façon ultra partielle. En effet, ce groupuscule tient sous le boisseau, depuis désormais un an, une interview de plusieurs heures que j’ai réalisée, entretien que ces distingués « castoriadiens » n’osent pas publier, pas plus que leurs réponses aux questions (un peu) agressives que je leur adressai, tant j’étais choqué par leurs propos racialisants ou racialistes, comme on voudra. Ces propos convergeaient, et ce n’est pas un hasard, avec certaines positions prises par Guy Fargette à propos du prétendu « racisme anti-Blancs » (invention commune à l’extrême droite et à une partie de l’intelligentsia de gauche), de l’islam politique, de l’islam et des émeutes de 2005. Autre obscure dimension de cette polémique : des griefs personnels et un ressentiment dissimulés qui ont mariné en secret pendant 9 ans, et que Guy exprime tout à coup en 2011, dans une série d’articles de son Crépuscule du Ressentiment.

Sur le fonds politique de cette « discussion » (si on élimine la boue de toutes les attaques personnelles, on peut dénicher non pas quelques perles mais certaines ébauches de raisonnements – contestables, certes, mais qui pourraient avoir un intérêt s’ils avaient été exposés avec le sérieux et la méthode que prône l’auteur), j’incite vivement les lectrices et lecteurs à vérifier l’exactitude des affirmations fantaisistes du Crépuscule de la Désinformation.

L’étendue des sujets fauchés par la Grosse Bertha fargettienne est considérable. Sur la plupart des points, les articles publiés par la revue « Ni patrie ni frontières » suffisent à démolir ces constructions fantasmatiques, comme l’indiquent les dizaines d’articles écrits par mes soins, traduits de l’anglais ou republiés d’autres médias sur l’islam, l’islamisme, l’islamogauchisme, la xénophobie de gauche, l’évolution de l’extrême droite, la définition du (post)stalinisme aujourd’hui, le multiculturalisme, les Indigènes de la République, Tariq Ramadan, etc. Pas UN SEUL de ces textes n’est cité par dans le réquisitoire de Guy Fargette.

C’est son droit le plus strict de ne pas lire une ligne de la revue « Ni patrie ni frontières », mais il n’est donc pas étonnant qu’aucune de ces accusations ne soit fondée… Son texte n’est qu’une longue incantation monotone et répétitive, durant laquelle l’auteur psalmodie des termes comme « stalinogauchiste » ou « bolchevik ». Cela rappelle le mantra « Aum » dont se servent les pratiquants du yoga afin que leur pensée traverse « les ténèbres de l’ignorance pour atteindre la lumière ». Sauf que, malheureusement, le lecteur de son Crépuscule du Mensonge reste dans l’obscurité la plus totale !

En ce qui concerne les attaques personnelles qui émaillent ces articles, je ne répondrai pas sur le même plan que Guy Fargette. Je ferai cependant remarquer que lorsque l’un de mes « amis » se permet de diffuser (tout en les déformant) des confidences et des détails relatifs à ma vie privée (estimation de mes revenus, analyse psychologique, position sociale et situation matrimoniale de mes parents, appartenance « ethnique » de ma famille, etc.), il serait normal, en toute équité, qu’il fournisse des informations équivalentes sur sa propre situation et celle de ses amis politiques de Lieux communs, puisqu’il considère ces données aussi importantes dans une discussion « théorique ». Néanmoins, je suis prêt à parier qu’il n’aura jamais le courage d’exposer les mêmes éléments concernant sa vie privée et celle de ses comparses, tant chacun sait qu’un délateur doit se montrer prudent, pour éviter les retours de bâton.

Le terrain des grossières attaques personnelles est celui-là même que prétend dénoncer Guy Fargette mais qu’il laboure frénétiquement dans ce texte, allant jusqu’à se livrer à de la « psychanalyse sauvage » matinée de propos douteux sur mes origines « ethniques ». C’est ainsi que Guy Fargette nous promet de retentissantes révélations sur mon insignifiante personne : "Le Crépuscule, tout en se trouvant extérieur à cette polémique trouble, est en mesure d’apporter un éclairage sur ses tenants et ses aboutissants." ; " Schématiquement, et sans prétendre à l’exhaustivité de son parcours qui peut paraître aujourd’hui curieux, mais qui ne l’était pas dans les années 1960, Y. C. fut d’abord fut membre...", "Y. Coleman, né d’un homme afro-américain qui ne l’a pas élevé et d’une femme européenne (qui a fait sa vie en France, avec un statut social qui n’avait rien de “déshérité”), se trouve visiblement dans une espèce de vide identitaire ", etc.

.Ce genre de prose aurait plutôt sa place dans les sites-poubelles d’Internet que dans un bulletin de « critique radicale » comme prétend l’être le Crépuscule de la Calomnie. Et c’est le même auteur qui dénonce, sans complexes ni scrupules, le « sectarisme », les méthodes de discussion malhonnêtes, les falsifications, les amalgames des « stalinogauchistes ».

C’est sans doute son passage chez les situationnistes et ses longues années de polémiques stériles contre eux qui lui ont inculqué ces très édifiantes méthodes de « discussion » fraternelle…

Je tiens néanmoins à conseiller gentiment aux Renseignements généraux (ou plus exactement à leurs successeurs de la DCRI) de ne pas se fier aux informations biographiques diffusées par Guy Fargette à mon sujet :

– je n’ai jamais été membre de l’Hashomer Hatzair (groupe sioniste de gauche qui a aujourd’hui pratiquement disparu, du moins en France), pour la bonne raison que, pour en être membre, il faut être juif – ce que je ne suis pas. J’en profite pour préciser aussi (on ne sait jamais…) que je n’ai jamais non plus été membre des Scouts israélites de France ni de l’Union des étudiants juifs de France, même si on a pu m’apercevoir en leur compagnie dans les années 60 à quelques projections de documentaires ou conférences sur le judéocide. Pas plus que je n’ai été membre du PSU, de l’UJCml, du Parti communiste international, de l’Organisation communiste internationale, de la Ligue communiste, de Socialisme international, même si des indicateurs ont pu signaler ma présence à des réunions de ces groupes (et j’en oublie sans doute, mais autant éclaircir les choses pour les dossiers du sieur Guy Fargette, cela lui évitera d’écrire sans le vouloir des contre-vérités ou de les fabriquer sciemment) ;

–par contre, j’ai été membre du MRAP et des comités Vietnam de base, dans les années 1965-1968 ; et bien sûr de Voix ouvrière (1967-1974) et de Combat communiste (1975-1981) ;

– je n’ai jamais été un « établi » pour la bonne raison que j’ai commencé à travailler dès l’âge de 19 ans tout en faisant mes études. Mon choix d’entrer à Air France (à mi-temps au départ) fut motivé par des considérations purement alimentaires et non de stratégie au service d’une organisation quelconque, comme le prétend Guy Fargette. Ce choix n’a jamais été non plus celui des groupes auxquels j’ai appartenu. L’« établissement » (prôné surtout par les maoïstes, mais aussi par les trotskystes de la Ligue, très peu à Lutte ouvrière) se pratiquait, pour l’essentiel, dans les usines et non dans les petites concentrations d’employés (200 à l’aéroport d’Orly, pour Air France, selon mes souvenirs), ou alors dans de grosses entreprises du tertiaire, comme les sièges des banques ou des assurances ;

– je n’ai jamais été ni membre de la CFDT ni « proche de la CFDT ». J’ai été membre du syndicat CGT des correcteurs pendant quelques années (environ 1969/1972), puis membre de la CGT et délégué du personnel CGT Air France pendant 2 ans à l’aéroport d’Orly (1979/1981) ;

- je suis prêt à mettre à la disposition de Guy Fargette mes déclarations de revenus, mes bulletins de salaire et le montant de mon patrimoine immobilier (que les lecteurs se rassurent, je ne suis pas le petit-fils caché de Liliane Bettencourt !) ; et même, pourquoi pas, selon la logique de ce grand universaliste castoriadien, un test pour mesurer ma proportion de gènes « afro-américains » (puisque apparemment cela entre dans ses critères d’appréciation politique et ceux de ses amis) ; ou un test de QI en matière de « culture gréco-occidentale » pour savoir si je suis « assimilable » dans la société française (1).

- je ne suis ni « marxiste », ni « postmarxiste », ni « post-colonial », ni « productiviste », ni « partisan du nucléaire », ni « bien pensant » (un vocable que chérissent les Identitaires et Radio Courtoisie), ni « stalinogauchiste ». Ou alors il faudrait le prouver avec de solides citations, ce dont Guy Fargette est incapable (s’il avait mieux exploité ses « dossiers » et fouillé son ordinateur, il aurait retrouvé une « lettre à un ex de LO », écrite il y a 20 ans où j’expliquais mes doutes concernant le caractère scientifique du marxisme, mais il n’est pas assez honnête pour la citer). En introduisant ces nouveaux qualificatifs, notre pamphlétaire brouillon rejoint le cortège des détracteurs-faussaires sur Internet, qui me caractérisent alternativement de « boutiquier, petit bourgeois, juif, sioniste, antisémite, néoconservateur, islamophobe, islamophile, raciste anti-Arabes, Philippe Val de l’ultragauche, trotskiste infiltré chez les anars, anar infiltré chez les trotskistes, démolisseur du Front de gauche, agent du MEDEF, du Mossad, d’Israël, individu qui pense comme les flics, anarchosioniste, etc ». Les accusations de Guy Fargette sont aussi incohérentes et infondées que celle de ces plumitifs haineux.

- Enfin, ultime et importante précision biographique, loin de me cantonner à des discussions stériles (auxquelles je m’adonne parfois, comme dans le pensum que vous me faites la charité de lire, amis et amies lecteurs) je milite pour les droits des « sans papiers » depuis 2008, ce qui constitue l’essentiel de mon activité « politique ».

Dans ce combat salutaire, je rencontre beaucoup d’hommes et de femmes sympathiques et solidaires, à mille lieues des mesquineries, des bassesses et des calomnies du milieu politique pseudo radical ou gauchiste que prétend critiquer Guy Fargette tout en l’alimentant en bobards et en affabulations multiples dans son Crépuscule du Ressentiment !

J’invite donc Guy Fargette, qui se réclame, en toute modestie, de l’exemple des « dissidents soviétiques », à retrousser ses manches. Puisqu’il est tellement sensible à la question de la démocratie dans l’Antiquité grecque et qu’elle l’inspire tant pour comprendre la réalité actuelle, il est le bienvenu dans le combat pour la justice, la liberté et l’égalité au XXIe siècle ! Nous avons vraiment besoin d’un coup de main et de personnes aussi intelligentes et cultivées que lui ! Mais peut-être préfère-t-il attendre encore un petit siècle, le temps que ses réflexions théoriques post-castoriadiennes mûrissent pour nous faire profiter de ses découvertes ?

Hélas, nous ne serons plus que poussière quand la Lumière Fargettienne éclairera l’Univers.

Yves Coleman,

8/12/2011

1. Samuel Huntington (dont Guy Fargette fait grand cas pour son livre sur le « Conflit des civilisations ») considère dans « Qui sommes nous ? Les défis à l’identité nationale américaine » (livre sur lequel Guy Fargette n’a curieusement rien à dire, bien qu’il ait été traduit en français chez Odile Jacob en 2004), que les Latino-Américains, mais aussi les Asiatiques et les Afro-Américains sapent les fondements de la nation américaine dont les valeurs devraient être celles des Blancs anglo-saxons protestants si les Etatsuniens de souche ne veulent pas que leur civilisation disparaisse trop vite…

Toute ressemblance avec les propos de Guy Fargette sur l’inassimilabilité des « musulmans » en Occident est, bien sûr, purement fortuite et le fruit de ma malveillance à l’égard des néo-castoriadiens… 

TEXTE de 2008 QUI ECLAIRE L’ANCIENNETE DE NOS DESACCORDS SUR L’ISLAM, LE PRETENDU RACISME ANTIBLANCS, ETC.

Cette lettre à Guy Fargette écrite en juillet 2008 (du moins si j’en crois mon ordinateur) retrace bien les origines anciennes de nos désaccords qui n’ont fait que s’accroître depuis les prises de positions de Fargette depuis 2005. Elle doit correspondre à notre dernière rencontre face à face, même si j’avoue ne pas tenir de fiches sur mes "amis" comme Guy.. (Y.C.)

Cher Guy,

J’ai lu avec plaisir tes différents textes. Voici quelques réflexions en vrac. Je vais les relire ce matin avant que l’on se rencontre. Amitiés Yves

Novembre 2005
Autant je suis d’accord sur ta critique des gauchistes, autant je trouve ta critique des islamistes et du lumpen (concept fort vague, je ne sais pas vraiment ce qu’il recouvre) peu étayée.
Idem pour les morts en question : cela demanderait une enquête plus fouillée. Par exemple je ne vois absolument pas le lien entre le « photographe » amateur qui est descendu de sa voiture et a interrompu sans le vouloir un trafic et les « émeutes »
Tu dis qu’il est possible qu’il y ait plus de morts. Dans ce domaine, sauf à tomber dans les théories du complot gauchistes, il faut s’en tenir à ce que l’on sait. Et on ne sait pas grand-chose. Cela dit si tu as des données plus précises cela m’intéresse.

Les discriminations
Tu tords le bâton dans l’autre sens. Les discriminations existent, je dirais même plus qu’il y a sans doute un racisme institutionnel en France, ce qui est bien plus difficile à combattre que des discriminations conscientes et gravées dans des textes.
Je ne crois pas que les gauchistes ignorent que les SDF, les travailleurs pauvres, etc. franco-français existent. Il suffit de regarder autour de soi (surtout quand on est jeune) pour en voir et en connaître dans son entourage. Idem pour les plus âgés (à partir de 50 ans). La question est toujours la même pour une organisation : quelle est la catégorie sociale qui est le plus à même de se mobiliser et de lui faire engranger des adhésions ou des soutiens. Ce n’est pas seulement ou principalement un retour du tiersmondisme mao ou d’une thématique chrétienne (l’altermondialisme a des sources beaucoup plus chrétiennes que staliniennes contrairement à ce que tu dis d’ailleurs).
De plus les seuls à agir véritablement dans l’immigration ne sont pas les gauchistes : ce sont d’un côté les immigrés eux-mêmes et de l’autre des gens apolitiques, peu politisés ou plutôt modérés

Anthropologie
Ton explication me semble un peu trop figée. Plus exactement qui détermine les grandes catégories anthropologiques au niveau de sociétés ou d’aires géographiques ? Dans quel but ? Vulgarisée cela peut revenir au solide bon sens (raciste ou plus prosaïquement superficiel) : les Asiatiques sont industrieux, les Africains fainéants, les Européens attachés à leur petit confort, etc.
De l’anthropologie (et laquelle ? car je suppose qu’il y a plusieurs écoles et beaucoup d’hypothèses) à la lutte politique (à la condition qu’on y croie encore) il y a sans doute des passerelles. Il me semble que tu les empruntes à toute allure sans vraiment indiquer tes sources, la pluralité d’hypothèses possibles, etc., pour mieux arriver à ton résultat.
Cela ne veut pas dire que ta conclusion soit « fausse ». Cela signifie simplement pour moi qu’elle est bien peu étayée.
Cette vision anthropologique qui te semble expliquer beaucoup de choses semble avoir pris chez toi la place du marxisme. Une clé qui ouvre toutes les portes
Et le style même de ton écriture est un style non seulement polémique mais très militant, dans le cadre de ta grille de lecture.

Les classes sociales
Les arguments que tu emploies contre l’existence de classes sociales aujourd’hui étaient déjà employés au XIX e siècle. Les analyses socio-politiques sont des simplifications de la réalité. Il me semble que ta démarche consiste à simplifier beaucoup le passé (par exemple ta référence à la Commune pourrait être aussi bien remise en cause au nom de la complexité que tu invoques pour les 50 dernières années) pour mieux présenter le présent comme complexe. Or, il n’y a pas de raison pour que ta démarche ne s’applique pas aussi au passé, au mouvement ouvrier, etc. Après tout, il suffit de lire n’importe quel manuel d’histoire pour voir que l’on apprend aux ados une histoire complexe du passé, tout aussi peu réductible à une analyse en termes de luttes de classe que la période actuelle.
Il me semble que tout comme ce que tu reproches à Badiou tu préserves une partie de tes croyances passées. C’est un mécanisme que l’on retrouve aussi chez Temps critiques, Théorie communiste et bien d’autres. Ils font une remise en cause radicale, mais cette remise en cause s’arrête à un moment X pour préserver une zone intouchable.

Sarkozy
Ses origines étrangères : il me semble que tu tombes dans le même piège, sur ce point, que les sarkophobes que tu dénonces. J’ai lu pas mal de livres sur Sarkozy et il n’a pas été éduqué par son père mais par sa mère, la famille de sa mère et des institutions privées de la bourgeoisie franco-française. Cet argument me semble très douteux pour ne pas dire plus.

Son programme : je ne suis pas du tout d’accord. Il a un programme détaillé qui a été préparé dans le cadre de l’UMP. Tu confonds ses accès d’humeur, ses péripéties médiatiques, avec son projet qui n’a rien d’original d’ailleurs. Mettre la France au niveau de l’Europe.

Taguieff
Tu oublies quand même de mentionner que Taguieff pense que les nations sont un cadre indépassable, indispensable pour l’unité des sociétés, pour les civilisations, etc. D’où ses positions politiques que tu n’abordes pas, comme si elles n’étaient pas liées à ses derniers livres.

L’utopie révolutionnaire part d’un postulat inverse (non démontré bien sûr, et surtout fortement mis à l’épreuve par l’histoire).

Islamistes, djihadistes et Frères musulmans

Tu es particulièrement imprécis sur ce sujet : djihadistes, islamistes, Frères musulmans, islam politique, tout cela se mélange dans ton analyse. En fait on a l’impression que ces minorités agissantes seraient non seulement toutes-puissantes dans leur aire de naissance, mais en plus qu’elles vont le devenir en Europe. Les faits divers que tu énonces (Riposte laïque en tient une comptabilité très précise en France) sont inquiétants mais ne permettent pas de prouver ton point de vue. C’est d’ailleurs le problème avec Sifaoui que tu sembles apprécier et qui me semble un journaliste assez brouillon (je me souviens d’un film sur Ramadan, etc qui manquait particulièrement de rigueur dans l’établissement des faits). Même problème d’ailleurs avec tous les livres écrits sur Ramadan qui mélangent ragots de flics, rapports de la CIA, citations invérifiables, témoignages d’anonymes et hypothèses abracadrantesques au lieu de s’en tenir au contenu des textes, qui est largement suffisant pour montrer qu’il est réac

Oligarchie et lumpen

On ne comprend pas bien si ce sont des classes éternelles depuis l’Antiquité grecque, si elles ont connu des mutations et lesquelles..

Démocraties tendancielles

Pourquoi étaient-elles plus tendancielles il y a 50 ans qu’aujourd’hui ?

Classe dirigeante
« Les élites post modernes s’avèrent incapables de constituer une classe dirigeante ». Les livres récents que j’ai lus sur la bourgeoisie montrent exactement le contraire en France.

Le racisme antiBlancs

Si tu parles de sentiments négatifs, de préjugés, c’est une chose. On peut polémiquer à perte de vue sur tel ou tel fait divers et son interprétation Mais le racisme a besoin d’un Etat, d’une administration, d’une police, de médias pour s’imposer dans la tête et dans les actes des gens. Le rapport de force numérique entre « Blancs » et « non-Blancs », de même qu’entre « non musulmans » et « musulmans » est tel en France et même en Europe que parler de racisme anti-Blancs c’est brouiller les cartes et dire que tout est pareil : ceux qui exercent la domination, ont le pouvoir politique et économique, et ceux qui subissent la domination. C’est un choix politique, militant, pas du tout innocent dans le monde concret où nous vivons.

Y.C., 12 juillet 2008