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Sur « L’antisémitisme partout » d’Eric Hazan et Alain Badiou ou comment dissimuler les acquis d’un siècle de débats sur le sionisme

mercredi 14 mars 2012, par Yves

L’antisionisme est une idéologie parfois respectable, lorsqu’elle repose sur des arguments historiques solidement fondés (1) défendus par des militants ou des intellectuels qui ne s’attaquent pas à d’insignifiants épouvantails réactionnaires ou à des moulins à vent.

Dans sa préface à un recueil de contributions sur l’antisionisme de gauche, August Grabski (http://bataillesocialiste.wordpress.com/2012/03/02/rebels-against-zion/) reprend à son compte une définition de Todd Endelman. Pour cet historien britannique, la critique antisioniste légitime d’Israël devient antisémite et donc illégitime dans les circonstances suivantes :

« 1. Quand elle remet en question la légitimité de l’Etat juif, mais jamais celle d’un autre État ; quand elle conteste la légitimité du nationalisme juif, mais jamais celle d’autres nationalismes, au Moyen-Orient ou ailleurs.

2. Quand elle refuse à l’Etat juif, mais jamais à un autre État, le droit d’exprimer le caractère de la majorité de ses citoyens (c’est-à-dire le caractère juif d’Israël, ou le caractère français de la France).

3. Quand elle diabolise l’Etat juif, en transformant le conflit israélo-arabe en une question morale, un problème que les Juifs, et seulement les Juifs, auraient créé et dont les Juifs, et seulement les Juifs, seraient responsables.

4. Quand elle exprime une préoccupation obsessionnelle, exclusive et disproportionnée pour les fautes (2) des Israéliens et les souffrances des Palestiniens – au point que ce conflit entre deux petits peuples se transforme en un combat cosmique, manichéen, entre les forces du Bien et du Mal. »

Et August Grabski d’ajouter : « Quand la critique d’Israël traverse l’une de ces lignes jaunes et se transforme en un récit obsessionnel nourri de fantasmes et de peurs, alors on peut dire qu’on a affaire à un discours exclusivement antisémite. »

Hazan et Badiou auraient pu, par exemple, partir d’une telle définition pour la décortiquer, la contester, en proposer une nouvelle, etc., bref élever le débat. Pour notre part, le point 2 relève d’un raisonnement nationaliste, réactionnaire sur toute la ligne, mais les trois autres points pourraient servir à commencer à esquisser une définition de l’antisémitisme de gauche.

Malheureusement, on ne trouvera aucun argument ou raisonnement nouveau dans l’article de 60 pages de Hazan et Badiou, abusivement présenté comme un livre. Ce texte ignore sciemment les acquis de près d’un siècle de discussions au sein des partis socialistes, communistes et d’extrême gauche, mais aussi au sein du mouvement anarchiste, à propos du sionisme et de l’antisémitisme, contribuant ainsi à renforcer l’ignorance des nouvelles générations. Celles-ci, faute de temps et de références politiques aisément disponibles, risquent de faire spontanément confiance à ces aînés censés être des puits de science, des « penseurs marxistes incontournables au XXIe siècle » et des militants « anti-impérialistes » exemplaires.

Un pamphlet qui nous offre une énième version des théories du complot

Un exemple : si, après la création de l’Etat d’Israël, 900 000 Juifs ont quitté les pays dits « arabo-musulmans » où ils vivaient depuis des siècles c’est bien sûr uniquement à cause des attentats du Mossad contre « des synagogues » (combien ? à quelles dates ? les auteurs ne le précisent pas et n’indiquent pas leurs sources) dans les pays arabes. Le statut discriminatoire de « dhimmis » (3) que les Juifs subissaient depuis des siècles, ; le recyclage de nombreux anciens nazis dans les appareils policiers en Egypte et en Syrie ; les manifestations antijuives organisées dans les années 1940 et 1950 et les lois antijuives prises par les régimes « arabes » après l’indépendance ; la création d’un Etat censé offrir un havre de paix aux Juifs du monde entier (on sait aujourd’hui que c’est faux, mais on peut comprendre les espoirs soulevés par la naissance d’Israël, d’autant plus qu’elle fut accompagnée par des récits mythologiques sur les kibboutz et la prospérité économique) ; tous ces phénomènes n’auraient eu aucune influence sur leur départ… L’exode massif des Juifs du Moyen-Orient, du Proche-Orient et d’Afrique du Nord serait uniquement dû aux manœuvres conjointes du Mossad et de la CIA…

La ficelle est énorme mais apparemment les auteurs jugent que l’antisioniste moyen n’est pas très difficile sur le niveau des arguments qu’on lui présente…

Soyons clairs : des lobbies comme l’AIPAC américain ou des réseaux comme le CRIF français, des services secrets comme le Mossad israélien, des associations internationales comme le Bnai Brith (organisé en loges, à l’exemple de la franc-maçonnerie), existent bel et bien. On pourrait aussi ajouter les radios communautaires juives qui, en France, donnent la parole aux « membres de la communauté » les plus obtus, obscurantistes et réactionnaires. Il est étonnant (mais quelque part plutôt salutaire) que leurs propos aberrants ou scandaleux passent inaperçus des antisémites et qu’ils ne les exploitent pas davantage. Tous ces médias, lobbies, services ou groupes ont été et sont encore des outils de propagande pour le « sionisme », en clair pour l’Etat israélien aujourd’hui.

C’est d’ailleurs exactement ce que défend l’antisémite Alain Soral dans son torchon Comprendre l’Empire, en évitant d’écrire « les Juifs » à chaque page, mais en se débrouillant pour faire comprendre à ses lecteurs qui sont véritablement, selon son esprit raciste, antisémite et paranoïaque, les véritables « Maîtres du Monde ».

Contrairement à Soral, nos deux héraults de l’antisionisme « blanc » (4), eux, ne sont pas antisémites. En même temps, ils empruntent à l’antisémitisme l’un de ses thèmes favoris, celui du complot juif international (le mot juif étant ici remplacé par « sioniste » auquel, pour faire bonne mesure, on adjoint celui d’ « américain »). Ils ne peuvent s’empêcher de vouloir à tout prix accréditer l’idée d’un complot israélo-américano-sioniste qui remonterait à l’après 11-septembre 2001 et aurait de solides relais dans les médias. Médias qui les condamneraient ou tenteraient de les réduire au silence, quand ils ne sont pas traînés devant les tribunaux pour payer de lourdes amendes. Ils savent pourtant très bien que, derrière les partisans des théories du complot (capitaliste, bolchevik, sioniste, etc.), on risque toujours de trouver des antisémites mal déguisés.

Cependant, nos deux intellectuels n’en ont cure.

Drapés l’un dans sa toge de « philosophe » mao-stalinien, coqueluche des intellectuels « marxistes » orphelins du « socialisme réel » (traduire : nostalgiques du capitalisme d’Etat totalitaire), l’autre dans sa bure d’éditeur « blanc » gallo-chic, nos deux polémistes n’ont aucun complexe à puiser dans l’argumentaire du complot.

Dans une certaine mesure, ce n’est pas étonnant ; on sait que les régimes russe et chinois, qu’ils ont adoré dans leur jeunesse, ont toujours traité leurs opposants internes de traîtres, d’espions, d’individus vendus à l’Amérique, au révisionnisme, au sionisme, quand ce n’était pas à Hitler et au Mikado !

Les théories du complot et l’habitude de traiter leurs adversaires politiques à gauche comme des traîtres, des flics, des indics ou des espions font partie de leur éducation politique stalinienne : ces méthodes de « discussion » ont prospéré dès que le parti bolchevik a pris le pouvoir et s’est trouvé en charge de l’Etat, de la police et de l’armée « soviétiques ». La situation n’a fait qu’empirer, une fois que Staline, en tant que secrétaire général du Parti, a réussi à éliminer toutes les oppositions au sein du Parti communiste russe entre 1924 et 1928, et s’est lui-même servi de l’Internationale communiste pour instaurer un réseau d’espionnage international au service de la puissance russe. Le processus ne s’est pas arrêté aux frontières de l’URSS et aux manœuvres clandestines des services secrets russses : les bureaucrates staliniens ont appris à tous les partis de l’Internationale communiste à diffamer (puis à liquider physiquement) leurs opposants, en puisant notamment dans les théories du complot.

Et même leurs opposants (les trotskystes) ont été parfois contaminés. L’exemple relativement récente de l’affaire Varga, montée au sein de l’OCI, le parti où se sont « formés » Mélenchon, Cambadélis, Jospin et quelques autres sociaux-patriotes actuels, l’illustre bien. Mais combien de mini procès sur le modèle stalinien ont-ils été montés de toutes pièces contre des individus ou de petites tendances au sein des groupuscules d’extrême et d’ultragauches ? Le stalinisme a répandu son poison pendant des générations, y compris chez les soixante-huitards, post-soixante-huitards, autonomes, etc.

Combats contre des moulins à vent et des nains de jardin germanopratins

Le pamphlet de Hazan et Badiou se résume à un plat règlement de comptes avec quelques individus sans intérêt, et qui, de surcroît, n’occupent aucune place significative dans les discussions des militants de gauche et d’extrême gauche : Alain Finkielkraut, Bernard Henri-Lévy, Claude Lanzmann, Eric Marty, Jean Birnbaum, Robert Redeker, André Glucskman, Pierre André-Taguieff et Jacques-Alain Millner.

Il est peu probable que plus de 1 % des militants de gauche ou d’extrême gauche aient lu les ouvrages des individus précités. À la rigueur, ils ont pu parcourir d’un œil distrait quelques-unes de leurs tribunes libres dans Le Monde ou Libération, ou les entendre quelques minutes à la radio ou à la télévision, mais il est évident qu’ils n’ont jamais accordé d’importance à leurs vociférations médiatiques, tant elles coïncident le plus souvent avec les diatribes de la droite réactionnaire.

Un sujet comme l’antisémitisme « à gauche » (pour reprendre l’expression superficielle de Michel Dreyfus) ou plutôt, comme l’antisémitisme DE gauche mériterait un livre sérieux qui prenne autre chose pour cibles que quelques épouvantails conservateurs méprisés par les militants de gauche et d’extrême gauche. Et il mériterait surtout une vision qui dépasse le cadre franco-français dans lequel restent enfermés les intellectuels « radicaux » hexagonaux.

L’antisémitisme de gauche

On attend toujours l’historien qui mettra en perspective (et en tenant compte du contexte, des débats distincts à chaque époque) les positions des anarchistes, de la gauche et de l’extrême gauche, des syndicats, du mouvement ouvrier, sur la « question juive », le « sionisme », l’antisionisme, etc., depuis un siècle.

Nous n’avons pas besoin d’un polémiste intelligent et cultivé mais désespérément brouillon comme P.A. Taguieff qui compile et découpe malhonnêtement des centaines de citations, procède à des amalgames inadmissibles, et lance des accusations insensées.

Pas plus que d’un historien (trop) pressé comme Michel Dreyfus qui bâcle ce qui ressemble furieusement à un ouvrage de commande (L’Antisémitisme à gauche) pour rassurer la gauche et l’extrême gauche, et que celles-ci puissent continuer à dormir tranquilles, et à rester confites dans leur bonne conscience.

Nous avons besoin d’un chercheur, ou mieux d’une équipe de chercheurs patients et méthodiques qui sachent nous restituer la profondeur des débats, et l’importance des problèmes spécifiques et des difficultés nombreuses que soulèvent « la question juive », le sionisme et l’existence l’Etat d’Israël, en France, et dans le monde.

Le travail a été un peu défriché dans deux recueils d’articles récents, publiés en anglais : le premier rassemble des contributions rédigées par des universitaires modérés ou carrément réactionnaires, et porte sur de nombreux aspects de l’histoire de l’antisionisme antisémite, de gauche et de droite, y compris au sommet de l’armée américaine (eh oui, les « antisionistes » gallo-chics auront sans doute un infarctus en lisant ce livre…) : « Anti-Semitism and Anti-Zionism in Historical Perspective : Convergence and Divergence » (2006), chez Routledge (5).

Le second « Rebels against Zion. Studies on the Jewish Left Antizionism » (2011), publié sous la direction d’August Grabski, réunit des contributions de plusieurs universitaires, mais aussi de militants de gauche, proches du PC israélien, du Fatah et des trotskystes.

Lénine, Staline et l’antisionisme de gauche

À ce sujet, si l’on est un peu plus rigoureux et sérieux que le duo Hazan/Badiou, on pourra aussi télécharger et lire la thèse d’Asmund Borgen Gjerde « Reinterpreting Soviet “Antizionism”. An analysis of “antizionist” texts published in the Soviet Union, 1967-1972 », dont les premiers chapitres retracent les ambiguïtés des bolcheviks face à la question juive et au sionisme, afin d’expliquer comment l’antisémitisme en URSS n’a pas surgi sur un terrain idéologiquement vierge, et n’est pas soudain apparu au moment de la guerre des Six Jours (même si 1967 marque une rupture liée notamment à des changements importants chez les Juifs russes), n’en déplaise aux (néo)staliniens, (post)trotskystes, léninistes et (post)maoïstes de tous bords. L’intérêt de ce travail est aussi qu’il repose sur une série d’archives inédites, du moins pour les années soixante.

A. Borgen Gjerde explique bien comment, dans sa lutte acharnée contre le Bund avant 1917, Lénine, tout en dénonçant les pogromes, l’antisémitisme, les crimes des Cent-Noirs, les discriminations antijuives, etc., a toujours défendu l’idée que l’antisémitisme était un vestige du féodalisme, qui ne pouvait mobiliser que des paysans arriérés. Il refusait d’admettre que l’antisémitisme sévissait aussi dans les rangs de la classe ouvrière russe – ce que lui reprochait le Bund.

Comme chacun le sait, ou plutôt devrait le savoir, cette négation de l’antisémitisme ouvrier a été une constante chez ses successeurs, ou disciples, trotskystes, staliniens, maoïstes et ultragauches. Pour eux l’antisémitisme (et d’ailleurs aussi souvent le racisme, mais ce serait une autre discussion) est une idéologie qui ne sévit pratiquement que dans les rangs de la petite bourgeoisie (paysans, petits commerçants, artisans etc., toutes couches sociales censées être condamnées à disparaître par l’histoire et par l’évolution inéluctable du capitalisme).

Cela permet sans doute d’expliquer pourquoi la gauche, l’extrême gauche, et l’ultragauche occidentales se sont toujours montrées si lentes à réagir face à l’antisémitisme, de l’Affaire Dreyfus à l’assassinat d’Ivan Halimi, en passant par les déportations et le judéocide durant la Seconde Guerre mondiale. L’antisémitisme n’était (et n’est) souvent pour ces militants qu’un phénomène marginal, concernant seulement les petits bourgeois et les bourgeois : ceux qui le propagent (les médias capitalistes et les classes dominantes), ceux qui en sont infectés (les « classes moyennes ») et ceux qui en sont victimes (les usuriers du Moyen Age, l’officier Dreyfus au XIXe siècle, les commerçants, artisans, banquiers et capitalistes juifs au XXe ou au XXIe siècles). Et ces marxistes ont tranquillement ignoré les réalités sociales, les contradictions de classe au sein des communautés juives, notamment l’existence d’un prolétariat juif…

Borgen Gjerde souligne également que Lénine oscille entre deux images du Juif :

- le mauvais juif (bourgeois, réactionnaire, nationaliste, « cléricaliste », manipulé par les rabbins et les bourgeois juifs, attaché à ses traditions religieuses, culturelles, ethniques, qui veut perpétuer « l’esprit du ghetto » et considère l’antisémitisme comme éternel – et qui est donc sioniste)

- et le bon juif (prolétaire, internationaliste, universaliste, acculturé voire assimilé et soucieux de prendre ses distances avec ses « racines » juives qu’il considère comme une limitation, voire comme une prison identitaire insupportable – et donc antisioniste).

Il détecte également une contradiction chez Lénine, contradiction qui explique, à notre avis, en partie la confusion théorique qui règne chez les antisionistes de gauche actuels : tantôt Vladimir Illitch considère les Juifs comme une nation (mais seulement ceux qui parlent le yiddish, l’hébreu étant pour lui la langue de l’obscurantisme religieux et du nationalisme bourgeois), tantôt il leur dénie ce statut de nation. Cette position est liée à sa conception particulièrement mécanique concernant une prétendue « double nature » des cultures nationales : celles-ci, selon Lénine, auraient une dimension réactionnaire ( la culture bourgeoise, ici le sionisme et le judaïsme) et une dimension révolutionnaire (la culture du prolétariat, ici, celle des prolétaires et des intellectuels juifs socialistes internationalistes).

C’est sous Staline, selon Borgen Gjerde, et dès les années 1930, que la propagande soviétique a commencé à assimiler le sionisme non seulement à un agent de l’impérialisme en Palestine (cf. les déclarations de l’Internationale communiste lors des pogromes de 1929 en Palestine qui en soulignèrent seulement l’aspect « positif », la rébellion des masses arabes contre l’impérialisme britannique !), mais aussi au fascisme et au nazisme. Bien avant la Seconde Guerre mondiale (et bien avant le 11 septembre 2001 !!) les journaux soviétiques publiaient des caricatures montrant des rabbins qui brandissaient des armes et portaient des châles de prières ornés de svastikas. Un livre publié en URSS en 1946 défendait déjà la thèse (si répandue aujourd’hui dans les milieux antisionistes qu’elle est devenue une sinistre banalité) que les « sionistes » auraient emprunté le concept de la « race supérieure » au fascisme. Cela fait écho à un autre thème devenu courant dans la propagande antisioniste de gauche actuelle, et qui repose sur un contresens complet : l’assimilation entre la notion religieuse de « peuple élu » et celle fasciste de race supérieure, qui permet de comparer judaïsme et nazisme, ou sionisme et fascisme.

Mais le ver (ou en tout cas l’ambiguïté mortelle de l’antisionisme de gauche) était dans le fruit bien avant, puisque, du vivant donc de Saint Lénine et de Saint Trotsky, en 1921, furent montés des spectacles de rue à visée « pédagogique », sous forme de procès qui se terminaient par la condamnation à mort symbolique de la religion juive. C’est d’ailleurs de cette époque-là (les antisionistes juifs de gauche n’ont rien inventé !) que date tout un arsenal de propagande créé par les bolcheviks juifs (les Yevsekstii, sections juives du Parti communiste-bolchevik russe, créées en 1918 et chargées de diffuser le message révolutionnaire dans les masses juives en yiddish) qui reprenaient les stéréotypes antisémites : les publications de ces juifs communistes athées publiaient des caricatures de Juifs avec un long nez, des lèvres épaisses, de grandes oreilles, une barbe et des cheveux en bataille. Etant juifs, ces communistes pensaient pouvoir lutter contre le nationalisme juif, le sionisme et la religion juive avec ce type d’armes, sans que cela porte à conséquence. Pour eux, la fin justifiait les moyens. Une tradition « religieusement » conservée jusqu’à nos jours chez les antisionistes de gauche.

Cet article n’est pas le lieu adéquat pour développer en détail une telle hypothèse, mais on peut au moins avancer ici que cette vision léniniste binaire des Juifs, cette indécision sur l’existence d’une question nationale juive, et cette sous-estimation de l’antisémitisme chez les communistes, puis les staliniens, juifs a marqué, avec des nuances et des transformations, toute l’histoire de l’antisionisme de gauche, de Lénine jusqu’à des groupes comme l’UJFP ou Warshawski, par exemple aujourd’hui, en passant par l’UJRE, l’Union des juifs pour la résistance et l’entraide (si l’on consulte les archives de son organe La Presse nouvelle à la bibliothèque du MEDEM, on se rend compte qu’il a fallu des années aux staliniens juifs français pour admettre l’existence de l’antisémitisme en URSS et dans les démocraties populaires, et ce avec bien des contorsions).

En tout cas, si un jour un historien des idées et des pratiques politiques s’adonne à cette tâche complexe, espérons qu’il saura que les débats sur l’antisémitisme DE gauche n’ont pas commencé après l’attentat du 11 septembre 2001, comme le prétend notre duo antisioniste gallo-chic….

Un débat qui n’a rien à voir avec le 11 septembre !

Même s’il ne daigne pas remonter pas jusqu’à la brochure des Etudiants socialistes révolutionnaires internationalistes de Paris (anarchistes), intitulée « Antisémitisme et sionisme » (1900), ou s’il ignore l’échange de lettres entre Reginald Reynolds et Emma Goldman en 1937, et se contente d’étudier les débats des trente dernières années, cet historien s’intéressera par exemple

- aux Anti-Deutsch (littéralement Anti-Allemands) qui depuis 1989 ont lancé ce débat en Allemagne et en Autriche, DOUZE ans avant le 11 septembre. Leur involution réactionnaire ne doit pas faire oublier qu’ils venaient au départ de l’extrême gauche allemande et se réclamaient du marxisme de l’Ecole de Francfort ;

- aux trotskystes de l’Alliance for Workers Liberty qui ont pris position en Grande-Bretagne dès 1985 ;

- aux antisionistes britanniques de gauche comme Steve Cohen qui a abordé le sujet dans un livre dès 1984 ;

- aux communistes libertaires du groupe De Fabel van de illegaal (aujourd’hui Doorbrak) qui menèrent ce débat dans le mouvement altermondialiste dès 1998 et tentèrent (en vain) de l’élargir à d’autres pays, raison pour laquelle ils quittèrent ce mouvement.

Et cette liste n’est certainement pas exhaustive.

Le jour où la gauche et l’extrême gauche hexagonales tiendront compte de la dimension internationale des questions politiques qu’elles abordent, elles cesseront peut-être leurs diatribes inutiles contre des pantins médiatiques. Soyons justes : elles tentent parfois de s’élever au niveau « global », mais c’est pour reprendre les idées les plus éculées de la géopolitique stalinienne sur les Etats « progressistes » et l’Axe du Mal américano-sioniste !

Et ce afin de renforcer le camp « alterimpérialiste », constitué, entre autres, par la Russie, la Chine, l’Iran et le Venezuela. Comme l’écrit le GARAP dans son article sur le sous-fascisme (NPNF n° 36-37), « l’alterimpérialisme relaie, au sein des pays avancés, à la fois les velléités expansionnistes (économiques, commerciales, diplomatiques, territoriales et militaires) d’Etats-nations récemment hissés au rang de puissances régionales, et les discours d’acier de leurs garnisons politico-militaires implantées dans leurs sphères d’influence ».

Le pamphlet que Hazan et Badiou ont commis est d’autant plus indécent que ces deux intellectuels dénués de toute mémoire historique, mais non dépourvus de culot et de cynisme, accusent ceux qui ne pensent pas comme eux d’être des « staliniens » et des « partisans de l’Etat ».

Arroseurs arrosés

Pourtant, le premier (Alain Badiou) ne craint pas de défendre encore Mao-tsé-toung, cet homme d’Etat sanguinaire et mégalomaniaque qui dirigea d’une main de fer son pays pendant presque trente ans, fut le grand organisateur des camps de travail, des fusillades et des famines planifiées, ainsi que le concepteur d’une des plus grosses mobilisations anti-prolétariennes de l’Histoire (la très mal nommée « Grande Révolution Culturelle Prolétarienne »).

Quant au second, (Eric Hazan) on attend toujours le bilan de son soutien au Parti stalinien français jusqu’en 1956, les raisons de ses illusions sur le stalinisme russe ou sur le FLN algérien, qui lui aussi construisit un Etat tout ce qu’il y a de plus classique, malgré sa rhétorique autogestionnaire initiale. Notons que Hazan a encore la nostalgie du Parti communiste d’avant 1956. Ce même Parti qui, successivement, négocia la reparution de l’Humanité en juin 1940 avec Otto Abetz ; proposa à Pétain (par l’intermédiaire du député « communiste » François Billoux, emprisonné !) de témoigner contre Blum au procès de Riom ; dénonça de Gaulle comme un agent de l’impérialisme britannique avant l’attaque allemande contre l’URSS ; puis mit le Général sur un piédestal ; prôna l’Union nationale et la politique du « À chacun son Boche » ; réhabilita Jeanne d’Arc, cette icône de l’extrême droite catholique ; refusa toute propagande révolutionnaire pour inciter les soldats allemands à se retourner contre leurs officiers (ce que firent, au péril de leur vie, quelques militants trotskystes qui finirent fusillés ou déportés par les nazis, ou liquidés par les staliniens) ; obligea les maquisards FTP pleins d’illusions sur leur Parti à rendre leurs armes après la Libération ou à s’engager dans l’armée, quitte à se retrouver ensuite en Indochine ; fit retrousser leurs manches aux ouvriers français (« La grève est l’arme des trusts ») dès la Libération pour le plus grand profit des patrons français ; et soutint la mise en place du programme du Conseil national de la Résistance (programme d’un Etat qui réprimait férocement les grèves)….

Il est dérisoire de voir nos deux compères s’indigner de l’expression « hitléro-trotskyste », alors qu’ils en ont été partisans pendant une partie de leur existence politique, sans qu’ils se livrent à la moindre réflexion autocritique – du moins à notre connaissance. Car, que je sache, cette expression se trouve bien dans les écrits de Mao que révère Alain Badiou et dans ceux du PCF dont Eric Hazan fut membre en pleine période stalinienne.

« Arabo-musulmans », une expression inventée par les flics ??!!

Il est par ailleurs incongru de les voir affirmer doctement que l’expression « arabo-musulmans » (que l’on peut d’ailleurs contester, mais pour des raisons plus subtiles que celles avancées par les auteurs) serait d’origine policière, alors qu’au cours des trente dernières années (pour ne prendre que celles-là) des dizaines d’ouvrages ou d’articles universitaires sont parus sur « Le fait colonial, l’histoire de France et le monde arabo-musulman », « Le don et l’anti-économique dans la société arabo-musulmane », « L’Encyclopédisme arabo-musulman », « La philosophie et la sagesse dans la pensée arabo-musulmane », « Le défi de la philosophie en terre arabo-musulmane » », « L’influence des études urbaines dans le champ de la recherche doctorale française sur l’aire arabo-musulmane », « L’initiation à la musique arabo-musulmane », « L’imaginaire arabo-musulman », etc.

Malek Chebel, Benjamin Stora, Gilles Keppel, l’Association des travailleurs marocains de France, l’Institut de recherche sur le monde arabe et musulman, etc., tous influencés par la pensée policière gauloise post-2001 ? Un peu de sérieux, messieurs les radicaux-chics !

« Noirs de France » et Palestine

Quant à leur assertion selon laquelle les « Noirs de France » s’identifieraient à la Palestine, affirmation reprise du discours racialiste du Parti des Indigènes de la République, s’il reflète leur souhait d’une union entre « Noirs » ( ?), « Arabes » ( ?), « Musulmans » ( ?) et « Blancs » Franco-Gaulois toutes classes sociales confondues pour célébrer une nouvelle union nationale, on en attend toujours la démonstration.

La majorité des « Noirs de France » ne sont pas (contrairement à ce qu’écrivent Hazan et Badiou) des fils de travailleurs maliens ou sénégalais récemment arrivés sur le territoire « français » mais des Antillais, et je doute que l’antisionisme à la sauce gallo-chic soit leur principale préoccupation ! Et si, par malheur, cette idéologie néfaste devenait dominante grâce à l’influence délétère d’individus comme Dieudonné, la Tribu Ka, le Mouvement des damnés de l’impérialisme et autres canailles d’extrême droite, il n’y aurait pas lieu de s’en réjouir, fut-on partisan de la politique du… P.I.R comme Eric Hazan.

Y.C., Ni patrie ni frontières

5/3/2012

P.S. Merci à Charles, Jean-Pierre et Thomas pour leurs critiques et remarques fort utiles !

Notes

1. On lira par exemple avec profit « Etre arabe » d’Elias Sanbar et Farouk Mardam-Bey aux Editions Sindbad, ouvrage qui démonte les mensonges de la propagande sioniste (ici sans guillemets, car les auteurs savent de quoi ils parlent) depuis le début du XXe siècle, puis israélienne depuis 1948, même si l’on peut ne pas partager du tout leur admiration pour Nasser ou leurs illusions délétères sur les vertus du nationalisme arabe. Et le lecteur fera même son miel de certains bons livres édités par La Fabrique…

2. L’auteur utilise le terme consensuel et neutre de « shortcomings », que j’aurais préféré traduire par « actes criminels »… mais ce n’est pas l’expression employée ici par ce spécialiste de l’histoire des Juifs en Grande-Bretagne. Ce mot anglais signifie aussi « lacunes, manquements, erreurs » et est donc particulièrement faible pour décrire les pratiques coloniales israéliennes et la violation constante des droits les plus élémentaires des Palestiniens.

3. Cf. « Géopolitique de l’islam et dhimmis juifs » http://www.mondialisme.org/spip.php?article907

Ce statut était fondé sur les critiques très violentes exprimées contre les Juifs dans le Coran, ceux-ci étant considérés comme des traîtres au message divin et comme responsables du meurtre d’un des Prophètes reconnus par l’Islam (Jésus-Christ) ; de plus, les tribus juives n’acceptèrent pas toutes la domination militaire de Mahomet, ce qui donna naissance à des versets antijudaïques régulièrement utilisés par les musulmans les plus antisémites.

Sur le site Islamophile (http://www.islamophile.org/spip/Le-Coran-est-il-antisemite.html), un certain « docteur Muzammil Siddîqî » répond benoîtement à ce type de critiques en ces termes : « Le Coran critique plutôt les Juifs qui se sont détournés de l’authentique message divin [lesquels, il ne nous le précise pas, ce qui permet toutes les interprétations, Y.C.] et il réprimande ceux qui méprisaient et ridiculisaient le Prophète Muhammad (…) [en fait, il s’agit des tribus juives qui refusèrent les diktats du chef militaro-religieux qu’était Mahomet, Y.C.]. Ces critiques contre les Juifs sont similaires à celles qu’on peut trouver dans d’autres écritures dont la Bible [critiques qui sont justement à la base de l’antisémitisme occidentalo-chrétien, ce qu’ignore sans doute notre bon « docteur » !!! Y.C.]. (…) De telles critiques spécifiques n’ont jamais été interprétées par les grands savants du Coran comme une incitation à la haine du peuple juif. Elles ne doivent donc pas être confondues avec de l’antisémitisme. »

Quand on connaît la diffusion du Protocole des sages de Sion dans les pays dits « arabo-musulmans », l’alliance étroite entre l’Allemagne nazie et le Grand Mufti de Jérusalem, les propos d’Ahmadinejad et l’organisation d’un congrès négationniste en Iran, etc., on se dit que les « grands savants du Coran » n’ont guère été « compris » des musulmans à travers les siècles, pas plus que les papes n’ont été « compris » des catholiques, ou Luther des protestants, ou Bouddha des hindouistes…

Si le « message d’amour » des religions se transforme régulièrement en paroles et en actes de haine commis par leurs fidèles, il faudrait peut-être se demander pourquoi…

D’ailleurs, le « docteur Muzammil Siddîqî » nous fournit un élément de réponse puisqu’il écrit, en toute innocence : « le Coran ne condamne pas la race sémite », puis s’élève contre l’idée que le Coran contiendrait la moindre « malédiction jetée contre un peuple, simplement à cause de sa race ». Visiblement ce monsieur croit encore à la théorie des races, base idéologique de l’antisémitisme et du racisme.

Comme son article se termine par « Et Dieu est Le plus Savant », nous ne pouvons que recommander à ce « docteur » d’envoyer un email à Allah pour savoir ce qu’il en pense… Nous publierons Sa réponse, car elle nous intéresse vivement.

4. Il est profondément néfaste de classer les individus en fonction de leur appartenance à des « races » (fussent-elles « subjectives », comme le prétendent les idéologues post-modernes actuels ou leurs copains du P.I.R.). Il est plus pertinent de s’intéresser à leur fonction sociale dans les rapports de production et à leurs positions politiques de classe. Mais puisque ce sont les pseudo-concepts utilisés par Hazan et Badiou, il faut quand même leur rappeler cette « blanchitude » incontestable qu’ils partagent avec la petite-bourgeoisie et la bourgeoisie « blanches » à laquelle ils feignent de ne pas appartenir et qu’ils dénoncent en brassant beaucoup de vent.

De plus, les positions réactionnaires ou « progressistes » des individus ne dépendent absolument pas de leur couleur de peau, comme en témoignent Barack Obama, Condoleeza Rice et Colin Powell.

Enfin, quand on sait que Richard Nixon et le grand patronat « blanc » américain furent les premiers à récupérer le slogan du Black Power (cf. « Race, reform and rebellion. The Second Reconstruction in Black America, 1945-1990 », ouvrage de Marning Marable) et qu’une partie des dirigeants nationalistes noirs radicaux des années 60 et 70 sont devenus de fervents défenseurs de la libre entreprise (idem), on peut avoir quelques doutes sur les effets positifs, pour la lutte de classe, de l’importation de ces concepts dans le champ politique et intellectuel européen par des militants certainement révoltés et sincères mais fort mal informés, des universitaires ambitieux en quête de nouvelles chaires, ou des politiciens en quête de voix et de places.

5. Au sommaire : « Les antisémites et le sionisme, de l’indifférence à l’obsession », « L’antisionisme peut-il avoir des principes ? Antihistoricisme et antisionisme dans la pensée juive moderne », « L’Allemagne nazie, l’antisionisme et l’antisémitisme pendant la Seconde Guerre mondiale », « Anti-américanisme et antisémitisme », « Comment l’armée américaine perçoit le sionisme depuis la Première Guerre mondiale », « La campagne antisioniste de 1967-1968 en Pologne », « L’attitude de l’Allemagne de l’Est face au sionisme et à Israël », etc.

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Petite bibliographie sur les différents courants de l’antisionisme

A) Le texte des ESRI « Antisémitisme et sionisme » (1900) se trouve dans la compil’ 1 de NPNF (« Question juive et antisémitisme. Sionisme et antisionisme ») ainsi que les textes de Reginald Reynolds : « Les révolutionnaires et la Palestine », « Réponse à l’éditeur de Spain and the World » et Emma Goldman : « Lettre à l’éditeur de Spain and the World » (1937).

http://www.mondialisme.org/spip.php?article1801

http://www.mondialisme.org/spip.php?article1147

B) Sur la position de certains Antideutsch, on lira notamment :

– en français l’article de Stephan Grigat : « L’antisémitisme, l’antisionisme et la gauche » notamment sur notre site http://www.mondialisme.org/spip.php?article47

– et en anglais l’article « Toward a critique of anti-German communism » de Raphael Schlembach disponible sur Internet, qui retrace l’historique de ce courant,

– ainsi que l’article « The Anti-Germans - The Pro-Israel German Left » de Simon Erlanger http://www.jcpa.org/JCPA/Templates/ShowPage.asp?DRIT=3&DBID=1&LNGID=1&TMID=111&FID=625&PID=0&IID=3022&TTL, plus centré sur les positions des Anti-Deutsch à propos d’Israël et qui contient des infos fort utiles, y compris pour ceux qui défendent un point de vue « antisioniste ».

C) Parmi les textes que l’on peut trouver sur le site de l’AWL, petit groupe trotskyste anglais qui, sur la question de l’antisémitisme de gauche, tire la sonnette d’alarme depuis presque trente ans, citons

– Un article de Socialist Organiser du 28 mars 1985,

http://www.workersliberty.org/story/2012/02/15/we-were-saying-%E2%80%9Canti-zionism%E2%80%9D

– une polémique d’octobre 1987 avec Tony Greenstein : John Mahony, Workers Liberty n° 8, « A Reply to A Perdition debate »

http://www.workersliberty.org/story/2010/12/28/articles-concerning-national-question-scotland-ireland-and-israel-workers-liberty-8

– un texte de 1988 : « Anti-Semitism and the Left : an Open Letter to Tony Cliff » (« L’antisémitisme et la gauche : lettre ouverte à Tony Cliff » – Cliff était le dirigeant historique du SWP, principale organisation trotskyste britannique), par Sean Matgamma

http://www.workersliberty.org/story/2010/06/22/anti-semitism-and-left-open-letter-tony-cliff

On pourra lire aussi après la (pseudo) date fatidique du 11 septembre 2001 la série d’articles de Stan Crooke sur le procès Slansky, le stalinisme et les théories du complot, procès qui, rappelons-le aux antisionistes philostaliniens, eut lieu en 1952 : http://www.workersliberty.org/workers-liberty-336-slansky-trial-stalinism-anti-semitism-and-conspiracy-theories ; ainsi que, du même auteur, « Les racines staliniennes de l’antisémitisme de gauche » (2011) http://www.workersliberty.org/story/2011/04/28/stalinist-roots-left-anti-semitism ;

– Une interview de Moishe Postone « Zionism, anti-semitism and the left » (Le sionisme, l’antisémitisme et la gauche), réalisée en février 2010, http://www.workersliberty.org/story/2010/02/05/zionism-anti-semitism-and-left

– « What is left anti-semitism ? » (Qu’est-ce que l’antisémitisme de gauche ?) (2007) http://www.workersliberty.org/node/5041

– « Anti-semitism on the left » (L’antisémitisme à gauche) (2006) http://www.workersliberty.org/node/6705

– « Zionism, antisemitism and the left » (Le sionisme, l’antisémitisme et la gauche) http://www.workersliberty.org/story/2010/02/05/zionism-anti-semitism-and-left

– Sean Matgamma, « Anti-racism is indivisible » (L’antiracisme est indivisible), juillet 2005 http://www.workersliberty.org/node/4391

etc.

D) Le livre de Steve Cohen, avocat infatigable de la défense des « sans-papiers » en Grande-Bretagne That’s Funny, You Don’t Look Anti-Semitic (C’est curieux, t’as pas une tête d’antisémite), écrit en 1984 a été suivi par de nombreux articles du même auteur que l’on peut trouver sur ce blog rassemblant ses écrits http://you-dont-look-anti-semitic.blogspot.com/

E) On trouvera les textes de De Fabel van de illegaal (qui a fusionné désormais avec deux autres groupes pour former l’organisation Doorbraak) traduits en français sur Internet et dans le livre publié par nos soins

– « La campagne contre l’AMI est ambiguë et potentiellement antisémite » (1999) http://mondialisme.org/spip.php?article95

– « Entre antisionisme et antisémitisme » (2000) http://mondialisme.org/spip.php?article96

– « Comment éviter quelques pièges antisémites et isoler les racistes » (2002) http://mondialisme.org/spip.php?article98

– « L’antisémitisme sur le site d’Indymedia aux Pays-Bas » (2002)

http://mondialisme.org/spip.php?article1710

F) Et pour finir cette bibliographie, le livre « Rebels against Zion. Studies on the Jewish Left Antizionism » (2011), publié sous la direction d’August Grabski. Au sommaire (certains textes se trouvent sur Internet en anglais) :

- Roni Gechtman, « Les débats sur les questions nationale et juive dans la Deuxième Internationale et le Bund », 1889-1914 ;

- Rick Kuhn, « L’antisionisme juif dans le mouvement socialiste de Galicie » (lituano-polonaise)

https://digitalcollections.anu.edu.au/handle/1885/8702 ;

- Jack Jacobs : « L’antisionisme du Bund dans la Pologne de l’entre-deux-guerres » ;

Henry Srebrnik : « L’ICOR, Association pour la colonisation juive en Union soviétique, et la campagne contre le sionisme, “ennemi des masses juives” 1924-1935 » ;

- Bat-Ami Zucker : « Les communistes juifs américains et la Palestine durant les années 1930 » ;

- Silvia Schenkolewki Kroll, « Idéologie et propagande dans la construction de la mémoire collective : sionisme et communisme en Argentine » ;

- August Grabski, « Matzpen et l’Etat d’Israël (1962-1973) ;

- Gennady Estraikh, « Un antisionisme opportuniste, Sovetish Heymland, 1961-1991 » ;

- Philip Mendes « La négation de l’expérience juive de l’oppression : les Juifs australiens contre le sionisme et l’antisémitisme (JAZA) et le débat sur la radio 3CR » (http://www.paulbogdanor.com/antisemitism/docker.html) ;

- Bashir Abu-Manneh, « Israël dans l’Empire américain, réflexions sur le post sionisme »

http://monthlyreview.org/2007/03/01/israel-in-the-u-s-empire ;

- Polly Pallister Wilkings : « Les anarchistes contre le mur : un défi post-structuraliste contre le sionisme » ;

- Uri Davis, « Pour la solution hybride d’un seul Etat »

http://www.odsg.org/co/index.php?option=com_content&view=article&id=202:uri-davis-the-argument-in-favour-of-a-hybrid-one-state-solution&catid=27:one-state&Itemid=41 ;

- Ilan Pappe, « La construction et la destruction de Hadash » ;

- Stan Crooke, « Faut-il boycotter Israël ? »

http://www.workersliberty.org/story/2007/10/27/boycott-apartheid-israel