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Sur Paul-Eric Blanrue (extrait de l’ « Inventaire de la confusion »)

publié par Yves, le mercredi 30 novembre 2011

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Blanrue, Paul-Éric, auteur du livre Sarkozy, Israël et les juifs. Au nom d’une prét­endue « déf­ense de la liberté d’expres­sion », il a monté un comité de sou­tien au négati­onn­iste français Vincent Reynouard, via une pétition signée par toutes sortes de fas­cis­tes et de négati­onn­istes – et par Jean Bricmont, lui aussi habi­tué du site Le Grand Soir, ainsi que les « liber­tai­res » Norman Baillargeon et Noam Chomsky. Blanrue n’aime pas appe­ler les choses par leur nom : pour lui, les idées de Raynouard ne sont pas fas­cis­tes et antisé­mites mais « inso­li­tes, stupéfi­antes et contro­versées » !

On com­prend que son der­nier livre ait été sou­tenu par Radio Courtoisie (radio porte-parole des intégr­istes catho­li­ques, des nos­tal­gi­ques des guer­res colo­nia­les et de l’Empire français, et du FN), Le Gallou, Lesquen et toute la racaille d’extrême droite, comme P.-E. Blanrue lui-même s’en vante sur son site.

Il a réalisé un docu­men­taire de 90 minu­tes sur Faurisson (dont la sortie est prévue en sep­tem­bre sur Internet), docu­men­taire qui, si l’on en croit la bande-annonce, sert la soupe à cet antisé­mite patenté.

Il n’est donc pas étonnant que le site des « amis de Blanrue », Le Clan des Vénitiens, se prés­ente comme un club de « dém­ys­ti­fi­cateurs » (Blanrue et Faurisson font cer­tai­ne­ment la paire sur ce marché-là). Ce site abonde en anec­do­tes fort appréciées des antisé­mites : l’ex-pré­sident israélien Moshé Katsav a été condamné pour viol ; BHL sort avec la petite-fille d’Oswald Mosley (diri­geant fas­ciste anglais des années 30) ; Nicolas Bedos a déclaré que l’on ne pou­vait pas faire de bla­gues sur les Juifs dans les médias, etc. Prises séparément, ces infor­ma­tions n’ont aucune signi­fi­ca­tion antisé­mite, mais leur col­lecte et leur assem­blage systé­ma­tiques sur un même site ser­vent évid­emment la pro­pa­gande antisé­mite en faci­li­tant des asso­cia­tions d’idées, un mes­sage subli­mi­nal, du type Israéliens/sio­nis­tes/viol ; pro­na­zis/sio­nis­tes ; ou Juifs/médias. L’« habi­leté » des antisé­mites dis­si­mulés comme P.-E. Blanrue et ses amis est de faire cette sale beso­gne au nom de « l’infor­ma­tion » ou de la lutte contre le « poli­ti­que­ment cor­rect ».

P.-E. Blanrue a révélé en mars 2011 s’être converti à l’islam depuis 2009 et être devenu soufi, la ten­dance chic en Occident. À cette conver­sion il donne avant tout des rai­sons poli­ti­ques dans son inter­view sur alge­rie­net­work : « Devenir musul­man a d’abord été pour moi une prise de cons­cience, qui s’est muée en une prise de parti pour les exclus : j’avais une volonté très nette d’appar­te­nir concrè­tement au camp des Spartacus d’aujourd’hui, ceux qui sont entrés en réb­ellion contre un système aliénant. » Des « Spartacus » et des « exclus » comme les émirs du pét­role, le roi du Maroc des­cen­dant du Prophète, Ben Ali, Moubarak, Kadhafi et Assad ?

Dès le début de son arti­cle inti­tulé « De la contes­ta­tion mon­diale bobo-docile et du sou­ve­rai­nisme de libé­ration », il n’hésite pas à citer Che Guevara, Noam Chomsky et James Connolly, icônes de la gauche, dans une charge contre le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste publiée, bien sûr, sur le site du fas­ciste Alain Soral, en 2008, donc un an avant son livre sur Sarkozy….

Dans une pre­mière partie de cet arti­cle, il se prés­ente même comme plus radi­cal que les alter­mon­dia­lis­tes puisqu’il écrit : « Les alter­mon­dia­lis­tes vitupèrent en effet le capi­ta­lisme, mais n’ont en fait nulle inten­tion de le ren­ver­ser. (…) La cam­pa­gne pour la sup­pres­sion des para­dis fis­caux (…) vise quant à elle à mora­li­ser le capi­ta­lisme (….) les alter­mon­dia­lis­tes mili­tent pour un système de redis­tri­bu­tion à l’intérieur du capi­ta­lisme : les pays riches doi­vent par­ta­ger leur richesse avec les pays pau­vres, les patrons avec ceux qu’ils exploi­tent, etc. Ils espèrent ainsi qu’un capi­ta­lisme revu et cor­rigé sera por­teur de jus­tice, perpétuant l’utopie d’un capi­ta­lisme viable, à orien­ter dans un sens favo­ra­ble. Pourtant, il n’y a pas de société "juste" dans le cadre du capi­ta­lisme dont l’essence conflic­tuelle nour­rit des anta­go­nis­mes en cas­cade. La seule rép­onse his­to­ri­que vala­ble est de le dép­asser, d’abolir le sala­riat en dével­oppant les luttes contre l’exploi­ta­tion de la force de tra­vail et les rap­ports capi­ta­lis­tes de pro­duc­tion. »

L’« abo­li­tion du sala­riat » : voilà qui ravi­rait même des ultra­gau­ches… inat­ten­tifs !

Et Blanrue ne pointe son gros nez réacti­onn­aire qu’à la fin de cette grande tirade « radi­cale » quand, après avoir déf­endu le régime poli­cier cas­triste, « vic­time de l’embargo amé­ricain », il s’exclame : « Le mépris qu’ils [les alter­mon­dia­lis­tes) affi­chent pour le fait natio­nal, auquel ils sub­sti­tuent un anti­ra­cisme formel, sen­ti­men­tal et ter­ro­riste, est à ce titre révé­lateur. » Le « ter­ro­risme anti­ra­ciste », cela ne vous rap­pelle rien ? Mais, pru­dent, notre « his­to­rien spéc­ialisé dans la dém­ys­ti­fi­cation, citoyen de la République uni­ver­selle de Venise » n’insiste pas, ses lec­teurs d’extrême droite n’ont pas besoin de sous-titres.

Pour déf­endre la nation, Blanrue cite bien sûr Carl Schmitt, Heidegger et Céline, mais aussi Lénine, Gramsci, Henri Lefebvre et Fidel Castro… Et il conclut en se livrant à l’apo­lo­gie d’un « nou­veau différ­enc­ial­isme », concept qui ne peut que ravir les oreilles des ethno-différ­enc­ial­istes fas­cis­tes. Bref on a affaire à un pro de la confu­sion, qui n’a « trompé » que les gau-gau-chis­tes de la librai­rie Résistances…

Qui est vrai­ment Paul-Emile Blanrue ?

(Nous repro­dui­sons ci-des­sous quel­ques extraits d’un arti­cle paru sur le site Reflexes « Procès Dieudonné - Faurisson : la Cour des Miracles négati­onn­istes !! » le 30 sep­tem­bre 2009, site par­ti­cu­liè­rement indul­gent avec la librai­rie Résistances, mais dont les réd­acteurs furent quand même obligés de se poser quel­ques ques­tions tant les conver­gen­ces entre anti­sio­nis­tes d’extrême droite et d’extrême gauche appa­ru­rent au grand jour à l’occa­sion de la réunion de pro­tes­ta­tion orga­nisée devant la librai­rie…. NPNF)

« (…) P.-E. Blanrue va pren­dre toutes les préc­autions afin que son livre ne soit pas taxé d’écrit antisé­mite. Consacrant tout un cha­pi­tre au terme de “lobby juif” qu’il réfute et au sujet duquel il déc­lare pré­férer celui de “réseaux pro-israéliens”. Fort bien ! Tout comme il n’hési­tera pas à citer nombre d’intel­lec­tuels juifs (Esther Benbassa, Elisabeth Schemla, Théo Klein…) quand ceux-ci émettent des rés­erves ou cri­ti­ques à l’égard d’Israël ou d’un diri­geant com­mu­nau­taire trop exces­sif dans ses déc­la­rations. Allant même jusqu’à dén­oncer ce “faux archi connu” qu’est le Protocole des Sages de Sion, ou déc­larer stu­pide “car inexacte” l’idée que tous les juifs de France auraient un point de vue iden­ti­que.

Mais alors, nous direz-vous, qu’est-ce qui nous gêne dans ce livre ?? (…). Par exem­ple lorsqu’il parle de la faillite de la “banque juive Lehman Brothers”, repre­nant un arti­cle du site d’infor­ma­tion Rue89. En réalité dans la note de bas de page citant la source, il appa­raît clai­re­ment que Rue89 n’accole pas du tout le terme de « juive » à la banque en ques­tion. Or, depuis bien long­temps, on sait qui accole systé­ma­tiq­uement cette pré­cision, sur­tout asso­ciée à la banque ou aux métiers de la finance. (…) Ou lorsqu’il tente de nous dém­ontrer qu’il existe bien un “vote juif”, pre­nant pour exem­ple la consi­gne de vote sanc­tion contre Valéry Giscard d’Estaing en 1981 émanant du Renouveau Juif. Sa conclu­sion est alors effa­rante : “rés­ultat : François Mitterrand élu … Voila bien une rés­ult­ante nota­ble de l’influence juive en France, avouée, tam­ponnée et signée”. Que voilà des déd­uctions bien mal orientées quand on sait que Jacques Chirac a du faire bien plus de mal à VGE que “les juifs” ou “le vote juif”.

Les sour­ces sont tout autant sujet­tes à cau­tion, puisqu’au milieu de notes pro­ve­nant de la presse géné­ral­iste, on trouve les sites des pseudo “agen­ces de pres­ses alter­na­ti­ves” que sont Novopress des Identitaires ou Altermédia qui, en France, fut animé par Unité radi­cale, puis Christian Bouchet et des pro­ches, avant de finir entre les mains d’une petite équipe membre ou proche de l’ex-RED.(…)

S’il fait sou­vent référ­ence à ses raci­nes chréti­ennes (…) ce n’est pas anodin. Cela motiva en effet ses pre­miers enga­ge­ments à la fin des années 1980 et il fut ainsi le direc­teur de publi­ca­tion du Bulletin Légitimiste, feuille d’infor­ma­tion roya­liste de la région Lorraine dont le réd­acteur en chef adjoint était Thierry Gourlot (cadre du Front National, aujourd’hui res­pon­sa­ble du Groupe FN au Conseil rég­ional de Lorraine, et acces­soi­re­ment membre de la police fer­ro­viaire de la SNCF, la SUGE). (…).

On sait aussi que P.-E. Blanrue fit un pas­sage au FN en Moselle durant ces mêmes années (col­la­bo­rant même à la feuille locale du FN inti­tulée La Flamme). Disparaissant durant quel­ques années des milieux acti­vis­tes, il fonde dans les années 1990 le Cercle Zététique qu’il dirige jusqu’en 2004, un an avant sa dis­pa­ri­tion. Son suc­ces­seur à la pré­sid­ence du cercle, Patrick Berger, créera dans la foulée la Radio Vraiment Libre (RVL), radio qui, dès le début, ouvrira son antenne à des gens comme Alain Soral ou Alain de Benoist.

Enfin, plus réc­emment on le retrouve donc aux côtés de Robert Faurisson lors­que celui-ci fête ses 80 ans chez Dieudonné (…).

Peu étonnant non plus, avec un peu de recul et au vu de ces quel­ques éléments, de cons­ta­ter que les chro­ni­ques de ses livres dans Rivarol (et même une inter­view) ont été systé­ma­tiq­uement écrites par Yvonne Schleiter, sœur du pro­fes­seur Faurisson et figure active de la dif­fu­sion des idées négati­onn­istes en France. (…)

Le 3 juillet [2009] (…), 5 jeunes nervis de la Ligue de Défense Juive font irrup­tion dans la librai­rie [Résistances], ren­ver­sant les rayons, dév­ersant de l’huile sur les livres et détr­uisant les ordi­na­teurs. Quelques jours plus tard, un ras­sem­ble­ment de soli­da­rité a lieu devant la librai­rie (…). Apparaît alors un jeune homme à qui Olivia Zemor tend le micro en le prés­entant comme un avocat venant de Nice. Celui-ci (…) se lance dans une inter­ven­tion dans laquelle il évoque la France, la nation, sa tra­di­tion de la liberté d’expres­sion, et se fait applau­dir en annonçant son projet de pétition deman­dant la dis­so­lu­tion de la LDJ. Or, il ne fallut pas long­temps pour qu’une rumeur enfle sur Internet, asso­ciant John Bastardi Daumont, le jeune avocat en ques­tion, au nom de Robert Faurisson (…).

Malheureusement, le jour du procès, la rumeur se trans­for­mera en réalité, et c’est bel et bien notre jeune avocat qui vien­dra à la barre déf­endre son client Robert Faurisson (…).

http://reflexes.samiz­dat.net/spip.p...

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