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Deux textes sur le prétendu "racisme anti-Blancs"

samedi 26 mars 2011, par Yves

Commencée à gauche suite aux manifestations de mars 2005 qui virent des jeunes Franco-Africains s’attaquer à une manifestation de lycéens (cf. notre texte "Suceurs de lepénistes, chauvins antiracistes et gauchistes confus : un débat sans intérêt" « Suceurs (1) » de lepénistes, chauvins antiracistes et gauchistes confus : un débat sans intérêtdans le numéro 15 de la revue en décembre 2005) , la discussion sur le prétendu "racisme anti-Blancs" a pris de l’ampleur d’autant plus que cette dénonciation venue de gauche a fait écho (involontairement sans doute mais le fait est là) à la dénonciation du prétendu "racisme anti-Français" par le Front national, les groupuscules fascisants et la gauche xénophobe du type Riposte laïque. Nous sommes d’accord pour l’essentiel avec ce que disent les Luftmenschen mais nous y apporterons quelques nuances dans un prochain texte.

Ni patrie ni frontières

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Racisme anti-blanc ?

L’histoire édifiante

des martyrs de Perpignan.

24 janvier 2011

Au mois d’avril 2010, l’affaire de Perpignan relatée d’abord dans les médias main stream a fait ensuite la une de tous les grands médias d’extrême droite.

Elle y complète avantageusement le cas Marie Neige Sardin, égérie de ces mêmes médias, libraire au Bourget qui affirme être la cible de multiples agressions « racistes « de la part des « musulmans » selon elle tout puissants en Seine Saint Denis.

Cette affaire de Perpignan a largement dépassé le cercle de la "fachosphère".

Ce qui nous importe ici, c’est de nous interroger sur la méthode justement, qui consiste à partir de ces faits divers , de ces histoires individuelles pour lancer le débat . Nous nous sommes donc intéressés aux protagonistes de cette affaire, les « victimes » qui ont eu droit à la reprise de leurs propos dans les médias capitalistes et dans les médias d’extrême droite, alors que les accusés, eux n’ont jamais été interrogés sur leur version des faits.

Nous avons choisi l’affaire de Perpignan parce qu’elle a suscité une unanimité d’interprétation sans précédent : ce ne sont pas seulement l’AGRIF, l’association qui a inventé le terme de "racisme anti- blanc" et pas seulement les médias d’extrême droite, mais aussi le MRAP qui a choisi de soutenir les « victimes » et de valider le concept de « racisme anti-blanc » pour la première fois de son histoire.

Il s’agit donc de l’affaire la plus « insoupçonnable » et la plus « insoupçonnée » de toutes celles qui ont été prises par l’extrême droite pour appuyer leurs thèses.

De celles dont on nous répétera sans fin qu’elles obligent les naifs antiracistes à ne « plus nier l’évidence ».

Au premier abord, c’est effectivement une affaire terrible et extrêmement simple : les « victimes » sont un jeune couple avec un bébé de huit mois, et les faits indéniables dans leur violence.

Des jeunes se sont introduits en défonçant la porte au domicile du couple Marc Henri et Myriam Picard, et ont fait usage de violence.

Un mineur de quinze arrêté après les faits a été reconnu formellement reconnu par l’épouse, mais nie en bloc.

La version de la famille Picard est la suivante :

Les jeunes auraient fait trop de bruit avec leurs scooters. Le père aurait "poliment" selon ses dires intimé aux jeunes d’en faire moins. Les jeunes l’auraient insulté. Il aurait alors versé "un peu d’eau d’une cruche", sur ces jeunes et c’est ce qui aurait déclenché leur intrusion, et l’agression.

Concernant les injures à caractère raciste

Dans les premières dépêches relatant l’affaire, ce qui est mentionné dans la presse, ce sont des insultes à caractère sexiste (on te baise, on va violer ta femme....)

http://www.lepost.fr/article/2010/04/20/2040826_agression-gratuite-a-perpignan.html

Marc Henri Picard décide alors de raconter son histoire au site Fdesouche dans un commentaire, puis très vite choisit l’AGRIF comme défenseur, donne un entretien à Novopress cependant que son épouse, elle, parle à Riposte Laïque quinze jours après les faits.

http://anonymouse.org/cgi-bin/anon-www.cgi/http://fr.novopress.info/56505/exclusif-%E2%80%93-ils-echappent-de-peu-a-un-lynchage-anti-francais-ils-temoignent/

http://anonymouse.org/cgi-bin/anon-www.cgi/http://www.ripostelaïque.com/Interview-de-Myriam-Picard.html

C’est là qu’apparaît un exposé plus détaillé des injures à caractère raciste, et vraiment ces jeunes gens ont fait la totale pour ressembler à l’image que l’on donne d’eux... « On va baiser ta Blanche, on te nique ta race sale Cefran, etc, etc »

C’est là aussi que l’épouse ajoute un élément à son témoignage :au cours de sa grossesse , elle aurait été bousculée par un jeune, et ce jeune aurait également proféré ce jour- là des insultes à caractère raciste.

Dans les entretiens des deux époux avec Novopress et Riposte Laïque, chacun pourra voir que les deux membres du couple ont un discours assez structuré sur l’invasion du centre ville par les "jeunes qui n’habitent pas là", "l’omerta et la peur qui fait que les gens n’osent pas dénoncer", "l’impunité judiciaire pour les mineurs", mais aussi la description des jeunes qui "hurlent comme des animaux".

Face à la proposition du MRAP de les défendre , ils se montrent pour le moins critiques, l’association étant selon eux "soupçonneuse" , parce que l’avocat leur a posé des questions sur la manière exacte dont se sont déroulés les évènements, ce que ferait tout avocat. Ils ne donnent donc pas suite à la proposition du MRAP , mais par contre parleront à tous les médias identitaires qui le souhaitent .

Pour le MRAP , mais aussi pour d’autres commentateurs, la stratégie de cette famille est insoupçonnable et le fait qu’elle se tourne vers l’extrême droite analysé comme une « réaction » au fameux racisme antiblancs.

Explication banale de la lepénisation des esprits : le racisme c’est la faute des victimes du racisme, qui n’en sont en fait pas vraiment, mais plutôt les vrais bourreaux dont on tait les méfaits par « bonne conscience », ce qui explique que les « vraies » victimes finissent par se réfugier à l’extrême droite.

L’AGRIF n’est pas allée chercher le témoignage et la version des jeunes, bien entendu. Mais le MRAP ne l’a pas fait non plus, et décidé d’entrée qu’il y avait dans cette histoire des coupables certains et des victimes hors de tout soupçon

Pourtant ce n’est pas la première fois que Marc Henri Picard est mentionné sur Novopress. En effet, le jeune père de famille ex pompier de Paris est aussi l’auteur d’un bouquin qui raconte sa quête initiatique de jeune catholique lors de son voyage à pied en Sibérie.

- Le livre a été publié aux Editions de L’Oeuvre, tenue par un ancien des Presses de la Renaissance , maison qui publie également du Benoît 16, mais aussi des bouquins sur l’horreur du communisme.

- Victor Loupan, responsable de cette maison d’éditions est également chroniqueur au Figaro, membre d’associations proches de l’Eglise orthodoxe russe, et surtout invité assez fréquemment à Radio Courtoisie au titre de directeur du journal La pensée Russe, qui se présente comme LE journal de l’émigration russe depuis 1947.

http://anonymouse.org/cgi-bin/anon-www.cgi/http://tradinews.blogspot.com/2009/11/christophe-saint-placide-summorum.html

- Récemment, les Editions de l’Oeuvre ont accueilli en leur sein, les éditions Ad solem, dont le responsable est très proche des milieux catholiques traditionnalistes intégristes , ou évolue aussi l’AGRIF

http://anonymouse.org/cgi-bin/anon-www.cgi/http://radio-courtoisie.over-blog.com/article-11485242.html

Novopress Bretagne avait parlé du bouquin en ces termes

« En digne héritier de Nicolas Bouvier, Marc-Henri Picard, dont c’est le premier ouvrage, nous entraîne dans sa folle équipée, avec grâce et humilité. [...] Cet aventurier hors normes livre le récit de cette quête, dont il fait une sublime poésie. D’un voyage initiatique, ce jeune Européen a su tirer un récit magnifique, d’une authenticité rare. Une rencontre improbable entre un caractère et un style. Avec Où traîne encore le cri des loups, un écrivain est né. » NovoPress / Breizh

Sur le Salon Beige, de la même mouvance que l’AGRIF, figure également une élogieuse critique de ce bouquin. Le Salon beige relaiera avec fierté le choix de l’AGRIF par la famille Picard, évidemment

http://anonymouse.org/cgi-bin/anon-www.cgi/http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2009/05/index.html

La victime de racisme « anti-Blancs » dans cette affaire est donc un jeune écrivain catholique édité dans une maison qui a des liens indéniables avec la branche catholique de l’extrême droite.

Qu’aucun journaliste n’ait même mentionné cette information aisément accessible et publique n’a rien de vraiment étonnant.

Par contre comment le MRAP a-t-il pu se solidariser aussi facilement et considérer comme vérité inquestionnable la version de la famille Picard ?

Ce qui frappe dans le communiqué du MRAP 66 en effet, c’est l’absence totale de tout emploi du conditionnel : les jeunes mis en cause n’auront même pas le bénéfice du doute quant aux « injures raciales », pas de présomption d’innocence dans leur cas.

En fait, en ce début 2010, la pression a grandi contre les associations antiracistes concernant la reconnaissance de l’existence du fameux racisme anti-blanc : même la LICRA , pourtant la plus modérée de ces associations officielles, qui a déjà approuvé la notion de racisme anti blanc par le passé a été violemment mise en cause dans les colonnes du Figaro, pour ne pas s’être alignée sur ceux qui voient dans chaque agression, dans chaque fait divers une manifestation de la prétendue oppression de la majorité par les minorités : le journaliste en question s’appelle Ivan Rioufol, et c’est lui qui fait notamment la promotion de la prétendue affaire Marie Neige Sardin, citée plus haut dans notre article.

L’histoire des martyrs de Perpignan est effectivement édifiante : elle marque le moment où toute une partie de la gauche et de l’extrême gauche a conclu d’office à la validité d’un concept clef de la stratégie fasciste.

Luftmenschen

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Lundi 24 janvier 2011

« Racisme anti-blanc » :

qui sont les vraies victimes ?

Pour les fascistes, une manière de neutraliser la lutte antiraciste, est de se la réapproprier en confondant les genres et les rôles. Un confusionnisme bien usé par certains antisémites, comme Alain Soral ou Dieudonné qui prétendent ainsi au titre d’anti-nazi. Usé aussi par l’extrême droite « identitaire » dont une des motivations serait de lutter contre « le racisme anti-blanc. »

A l’horizon de cette année 2011, concrétisation de l’offensive culturelle fasciste oblige, le procédé n’est plus l’apanage des groupuscules. Un avocat a ainsi été mis en examen sous le chef d’incitation à la haine raciale pour avoir déclaré que son client, d’origine immigrée était condamné d’avance dans la mesure ou le jury d’Assises ne comportait aucune personne issue de l’immigration.

En juin de l’année dernière, le MRAP 66, antenne locale d’une organisation reconnue d’utilité publique a pour la première fois proposé à des personnes victimes d’une agression de les défendre au nom de la lutte contre le racisme « anti-blanc ».

Une syndicaliste martiniquaise fait actuellement l’objet de poursuites pour « incitation à la haine raciale » pour la reprise d’un slogan partagé par les acteurs du mouvement de classe, survenu aux Antilles en 2009, et visant les beke, non pas pour leur « race », mais pour leur position sociale

Il y a encore quelques années, pas mal de politiques étaient déjà d’accord pour lier « délinquance » et « étrangers », mais rechignaient à le faire sans périphrases. Puis, la droite réactionnaire a renchéri sur l’extrême droite, avant d’être suivie par une bonne partie de la gauche social-démocrate.

Mais depuis quelques temps, si ce sont toujours les mêmes faits divers qui sont mis en exergue pour ne pas parler de l’insécurité sociale, les immigrés et leurs descendants ne sont plus accusés seulement d’être des barbares sans humanité, ni capacité de réflexion. De plus en plus souvent, l’accusation de « racisme anti Blancs » revient comme motivation principale de ceux qui seraient les « voleurs de I Phone », les « violeurs », les « agresseurs sans cause », etc, etc…

De quels « blancs » parle-t-on se demandera toute personne qui ne voit pas le monde et le marché de son quartier avec les yeux de Manuel Valls, pour qui un arabe à la peau plus claire que la sienne n’est pas de ces « Blancs » qui, parait-il, font cruellement défaut à la jolie bourgade d’Evry ?

La réponse est bien sûr évidente pour qui se rappelle l’origine de la notion de « racisme anti-blanc », inventée par l’extrême droite dans les années 90. Les « Blancs » ce sont les franco-français avec une carte d’électeur, que le Front National espère bien conquérir en leur faisant peur avec le "péril immigré".

Ce qui est présumé et dénoncé, c’est bien cela, un racisme « anti Français ». Mais l’extrême droite a très bien vu depuis le début le problème de cette dénomination, à la fois trop vague et trop précise.

Trop vague, parce que parmi les accusés de ce prétendu « racisme », il y a une majorité de Français au sens strict et matériel du terme, des gens avec la nationalité tout simplement. Accuser une partie de ces « Français » de « racisme anti-Français » fait immédiatement ressortir la réalité : c’est celui qui accuse l’autre de racisme qui l’est, puisqu’il rejette sur des critères ethniques ou culturels une partie de la population.

Trop précis, aussi, parce que le sentiment « anti Français » est quelque chose d’assez communément partagé en France, pour diverses raisons.

Le 6 mai 2007, par exemple, il s’est trouvé un paquet de gens devant leur télé, pour haïr férocement et provisoirement ce « peuple français » qui avait voté pour un candidat ouvertement xénophobe et anti-pauvres.

Inversement, par exemple sur le site « fdesouche », dans les cibles principales des commentateurs enfiévrés de haine et de ressentiment, on trouve juste derrière les Algériens, les Français, ces « veaux », ces « dhimmis », ces « naïfs « , ces « masochistes », opposés aux membres d’autres peuplades plus nobles et plus farouches, plus conscientes d’être « Blanches » justement : les Serbes ou les Allemands à une certaine époque malheureusement révolue. Des « français » parfois même considérés sur le premier site d’extrême droite comme inférieurs à l’ennemi juré, le « Youpin » et le « Bougnoule », soudé aux siens et prêt à la guerre de civilisation.

Et puis « Blanc », c’est abstrait, c’est a-historique, c’est pratique.

Même si désormais il est de bon ton de reprocher à quiconque évoque le passé colonial de la France ou sa responsabilité dans la destruction des Juifs d’Europe d’avoir la mémoire trop longue, si l’on exige des minorités opprimées de faire du passé table rase sans garantie aucune sur l’avenir, il n’est pas difficile de comprendre en quoi le sentiment anti-français, même mal dirigé, n’est pas du tout un racisme, mais au pire une réaction inappropriée au racisme et à l’antisémitisme.

C’est en ce sens qu’il ne peut y avoir aucun signe d’égalité tracé entre les communautarismes minoritaires, même lorsqu’ils évoluent vers le fascisme, et l’oppression majoritaire fondée sur des critères racialistes.

La notion piège de « racisme anti-Blanc » est une notion qui abolit l’Histoire tout autant que les mensonges négationnistes : elle entend inverser le cours du temps et le déroulement des évènements.

Dans la logique démente des négationnistes, l’extermination des Juifs d’Europe est un mensonge inventé par le nationalisme juif, lequel aurait existé indépendamment de l’oppression millénaire d’une minorité culturelle et religieuse.

De la même manière, imposer le concept de « racisme anti-blanc » évacue immédiatement ce qu’est le racisme concrètement : ses victimes désarmées devant un Etat, ses lois discriminatoires, sa police, sa justice et son potentiel de domination culturelle.

Il évacue pour le présent le fait que celui qui, éventuellement, se ferait traiter de « sale blanc », à l’occasion, ne peut pour autant se comparer à celui qui est un sale Noir de sa naissance à sa mort, de l’école au commissariat en passant par le boulot.

Il évacue pour le passé la cause des guerres d’indépendance nationale menées par les minorités opprimées, qui, effectivement ne furent pas toujours parfaites, et toujours sanglantes. Les colons deviennent des victimes d’une haine sans cause objective, motivée uniquement par la volonté de domination, comme le projet sioniste dans toutes ses composantes, même socialistes et progressistes, est qualifié de « raciste » par les antisémites.

Mais le concept de « racisme anti-blanc » neutralise aussi et surtout la réflexion.Très vite, sous ce vocable, l’imaginaire collectif qui va se créer va englober des phénomènes qui n’ont pas grand-chose à voir.

D’un côté les conséquences de la guerre entre les pauvres entretenue par le système capitaliste, qui ne tient pas seulement par le pouvoir de la bourgeoisie sur le prolétariat, mais aussi sur la délégation de l’oppression : le pouvoir laissé à une partie des prolétaires d’opprimer d’autres prolétaires.

La vie des petits « franco-français » pauvres est effectivement parfois un retournement temporaire des rapports de pouvoir principaux : l’existence du patriarcat ne se réduit pas à la soumission des femmes, elle est également matérialisée par le phénomène viriliste, et l’oppression des hommes qui ne peuvent, temporairement, être les plus forts. Dans ce contexte, là ou plusieurs hommes s’identifient comme des semblables, la chasse à « l’autre » est une activité quasi constituante. Et l’espace d’une soirée, d’un échange de regards dans les transports en commun, « l’autre » peut effectivement être le « franco-français », exactement comme il peut-être celui d’un autre quartier.

Mais ces phénomènes restent une oppression temporaire, pour le franco-français pauvre : son principal souci au quotidien reste bien l’oppression de classe, et le principal obstacle à sa prise de conscience, justement le préjugé raciste, ou plutôt, une tolérance relative dictée par le racisme.

Les sales regards, la moquerie et les coups sont le lot quotidien de tous les jeunes hommes qui ne correspondent pas au modèle viriliste. Mais si le bizutage est le plus souvent accepté comme un rite de passage, que le petit garçon qui se plaint d’être la tête de turc de ses camarades déclenchera le plus souvent l’inquiétude de ses parents « s’il ne réagit pas », les mêmes comportements émanant d’hommes ou de garçons des minorités sera perçu comme inacceptable envers le petit « franco français. »

Les phénomènes englobés sous le terme « racisme anti-Blanc » n’ont donc absolument rien de nouveau.

Ce qui ressort, c’est le jeu pervers instauré entre la bourgeoisie culturellement dominante, sa composante fasciste et la bourgeoisie en devenir issue des minorités : la tentative croisée de créer un sujet « Blanc ».

De l’autre côté, les bourgeoisies « indigènes » puisqu’elles se dénomment elle-même ainsi ont tout intérêt à valider elle aussi cette essentialisation : le concept de « Blanc » ou de « souchien » leur va fort bien : elles n’ont naturellement pas l’intention de se lancer dans le « racisme à l’envers », mais par contre, figer l’identité de leur public issu des minorités pour le canaliser fait partie de leurs objectifs.

Le « Blanc » du discours indigène en effet est « le raciste », mais pas seulement : dans la majeure partie des cas, sa caractéristique majeure est l’universalisme progressiste, ou révolutionnaire. Le « Blanc » qui est visé, ce n’est pas l’identitaire de gauche qui essentialise ses « concitoyens », mais souvent toute personne qui critique le sexisme, ou le communautarisme ou la religion en elle-même, au nom de valeurs non identitaires.

Ceci permet en premier lieu de neutraliser les discours minoritaires de classe : ceux qui n’épargnent pas la bourgeoisie réactionnaire issue des minorités, et refusent de se ranger derrière sa bannière, sous prétexte de lutte contre l’oppression raciste. Ceux là sont les traîtres contaminés par la pensée « blanche ». La droite du FLN les appelait « les buveurs d’anisette », leurs héritiers directs Indigènes de la République leur reprochent de « s’intégrer par le jambon ».

Racistes et bourgeoisie minoritaire ont donc un intérêt mutuel à ce qu’émerge une identité « blanche », comme refuge pour les uns, comme fantasme pour les autres.

Seulement, les faits sont tenaces : en France aujourd’hui, il n’est pas de faits qui soient explicables correctement avec la thèse du racisme « anti Blancs ». Et le salmigondis de faits divers le plus souvent relatés par la presse dominante, et de questions abstraites formulées en guise de démonstration par ceux qui prétendent qu’il existe n’a rien de convaincant.

Le plus souvent, une fois les faits disséqués, l’interlocuteur, d’extrême droite ou pas, en reviendra toujours à la bonne vieille question : et pourquoi ça ne pourrait pas exister, dans l’absolu ?

Dans l’absolu, oui : l’esclavage aurait pu être le fait d’hommes Noirs sur des hommes Blancs.

Mais dans le réel, les notions qui pourraient être vraies dans l’absolu sont des créations fascistes irrationnelles propres à empoisonner les débats et à remplir un seul objectif, celui de leurs créateurs : renforcer l’oppression sur les minorités réellement opprimées et entraver l’unification des prolétaires dans leur combat contre la bourgeoisie.

Luftmenschen

« Suceurs (1) » de lepénistes, chauvins antiracistes et gauchistes confus : un débat sans intérêt