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LO, la LCR et les élections : la Longue Marche de l’opportunisme (1976-1988) (2)

lundi 9 février 2004, par Yves

Cette deuxième partie de notre « feuilleton » présente un article sur une brochure de Lutte ouvrière parue en 1977 intitulée « Changer la vie - Oui, c’est possible » ainsi qu’une Lettre ouverte à un(e) camarade de la LCR.

Lutte ouvrière :
« Changer la vie… » ou faire la révolution ?

(Extrait de Combat communiste n° 30, 15 octobre 1977)

Sous le titre « Changer la vie - Oui, c’est possible », Lutte ouvrière vient de publier une petite brochure d’une trentaine de pages pour expliquer de façon simple « ce que les travailleurs peuvent attendre de la gauche au pouvoir » et « le programme des révolutionnaires ».
La critique de cette brochure nous donne l’occasion de préciser certaines de nos divergences fondamentales avec Lutte ouvrière sur le langage à tenir aux travailleurs face à un gouvernement de gauche.
Précisons d’abord en quoi nous sommes d’accord avec LO : le programme commun est un programme bourgeois, un gouvernement de gauche sera un gouvernement bourgeois et les travailleurs doivent s’organiser face à un tel gouvernement pour défendre leurs intérêts.
Une fois que l’on dépasse ces quelques généralités commencent bien vite les désaccords.

Les révolutionnaires ne peuvent faire pression sur la gauche au pouvoir et changer la nature de la politique suivie par le PCF et le PS

Toute la première partie de cette brochure est centrée sur « ce que les travailleurs peuvent attendre de la gauche au pouvoir » - comme si la gauche pouvait donc ne pas mener une politique bourgeoise.
C’est ainsi que LO, dans un premier temps, présente la politique du PCF et du PS comme dépendant de la « pression » que pourraient exercer les travailleurs sur ces partis. Il faut contrôler et surveiller la gauche au pouvoir, nous dit LO, pour qu’elle applique en gros le programme commun : augmentation des salaires et du SMIC, échelle mobile, retour aux 40 heures, retraite à 60 et 55 ans, abrogation des ordonnances de 1967 sur la Sécurité sociale, etc.
Dans cette première partie, le programme commun n’est soumis à aucune critique radicale à part la question de l’emploi où LO préconise « les 35 heures tout de suite, avec partage du travail entre tous et maintien intégral du salaires ». Pourtant plutôt que d’expliquer que chacune de ces mesures constituerait « un progrès » LO aurait mieux fait d’expliquer que la gauche n’appliquera sans doute même pas toutes ces mesures, sauf si la lutte de classe l’y contraint.

Elles sont en effet évoquées en termes suffisamment vagues dans le programme commun pour que la gauche revienne demain sur ses promesses. La récente polémique PC-PS a d’ailleurs bien montré qu’au moins les Radicaux de gauche et le PS ne veulent prendre aucun engagement ferme et que le PCF cédera facilement à leurs exigences au nom de l’unité, même s’il continue à faire une certaine démagogie. De plus, à notre avis dans le cadre même de la discussion des revendications immédiates du programme commun il aurait fallu expliquer :

- que la gauche respectera la hiérarchie et que donc les augmentations de salaires qui pourraient intervenir ne mèneront même pas à un tassement des privilèges des hauts salariés ;
- - que les travailleurs n’ont vraiment rien à attendre d’un accord d’échelle mobile qui n’aboutirait qu’à des bagarres d’indices entre bureaucrates et statisticiens bourgeois (et que cela constitue donc une illusion et non « un progrès »).
Certes LO termine la première partie de sa brochure en expliquant que le programme commun rendra plus douce l’exploitation des travailleurs, mais ne la supprimera pas et que les quelques « avantages acquis » seront repris à cause de la crise. Mais le travailleur réformiste à qui l’on a expliqué pendant six pages que le programme commun constitue malgré tout « un progrès » ne peut guère être convaincu par une conclusion où tout à coup on lui explique, sans prononcer d’ailleurs une seule fois le mot de socialisme et de révolution, qu’on ne pourra « changer la vie » qu’en expropriant « les plus grandes entreprises du pays ».

La planification n’a aucun intérêt pour les travailleurs dans le cadre de l’État bourgeois

Dans la deuxième partie de la brochure, LO essaie de prendre le problème de plus haut : les nationalisations, la planification et le protectionnisme permettront-ils à la gauche de « dominer les mécanismes économiques » ? LO répond que non, bien sûr, et prédit un virage à droite des classes moyennes un temps attirées par la gauche et un retour au pouvoir d’une droite plus musclée.
Dans cette partie, LO essaie de démontrer aux réformistes qu’ils n’auront pas une politique économique efficace, mais elle le fait bien maladroitement et en semant bien des illusions.
En ce qui concerne les nationalisations, par exemple comment LO peut-elle expliquer qu’elles ne changeraient rien au fonctionnement du capitalisme français actuel ? LO commet une énorme bourde en écrivant que 15 % de la production seulement seraient nationalisés après l’application du Programme commun. De plus, LO explique que le secteur privé resterait encore régi par les lois du profit capitaliste » « et de la concurrence capitaliste sauvage » (trusts, monopoles où êtes-vous ?) comme si le secteur d’État nationalisé ne fonctionnait pas suivant « les lois du profit » !!!

De même pour le plan : LO critique le programme commun comme si la France se trouvait encore au stade du capitalisme de libre concurrence du XIXe siècle ; dire que le plan, sous la gauche, jouera un rôle purement indicatif, c’est faire croire qu’un « plan obligatoire » pour les capitalistes serait par nature plus favorable aux travailleurs. D’une part, les plans dans tous les pays capitalistes d’Europe de l’Ouest sont beaucoup plus qu’« indicatifs ». D’autre part, dans les pays d’Europe de l’Est où la planification règne en maître, le chômage, l’inflation et la surproduction existent non à cause de l’absence de « plan obligatoire » mais… tout simplement parce que les travailleurs n’ont pas le pouvoir. On peut noter que le régime hitlérien fut également un des plus autoritaires sur le plan économique. La planification par l’État bourgeois n’est que la planification de l’exploitation !
Bien que LO termine cette deuxième partie en écrivant qu’ « il n’y a pas de solution réformiste valable », en fait sa critique de la politique économique de la gauche est si faible que l’on peut se demander ce que LO ferait demain si la gauche nationalisait un peu plus et mettait en application un plan plus « obligatoire »…
Et nos craintes sont d’autant plus justifiées que le « clou » de la brochure, la troisième partie consacrée « au programme des révolutionnaires » contient en fait l’exposé d’un programme… de réformes du capitalisme, ni plus ni moins.

Un « État bon marché », ni bourgeois ni ouvrier

Reprenant des propositions qu’elle avait déjà évoquées tout au long de la brochure et lors de ses campagnes électorales précédentes, LO propose en fait un programme de gouvernement réformiste alternatif à celui de l’Union de la gauche.
Si LO ne propose pas un gouvernement PC-PS comme l’OCI et parfois la LCR, elle parle d’un « État à bon marché » (dans le cadre du capitalisme !), d’un « gouvernement qui voudrait vraiment réduire la charge fiscale qui pèse sur toutes les couches de la population laborieuse », etc. Cet État à bon marché, ce gouvernement seraient-ils formés par les travailleurs organisés en conseils ouvriers ?

Non. LO précise que les travailleurs devraient contrôler l’armée, la police bourgeoises, exiger leur désarmement, « savoir ce qui se passe dans les municipalités, les quartiers, les écoles, les commissariats ». Il s’agit donc bien de l’État bourgeois démocratisé et de rien de plus.
Nous supposons que les camarades de LO savent comme nous qu’il n’est pas possible de désarmer l’armée et la police en France sans former des milices ouvrières armées qui détruiront - et par la violence - les corps de répression de l’État.

Alors pourquoi essaient-ils de jouer les naïfs et de faire croire aux travailleurs qu’il serait possible de contrôler les commissariats ? Pourquoi font-ils semblant de croire qu’il serait possible de réduire de façon radicale « les charges de l’État » bourgeois, de « s’attaquer aux dépenses de l’armée, de la police » sans que la bourgeoisie réagisse violemment ?

Pourquoi font-ils semblant de croire qu’en période de crise le capital pourrait être « mis à la disposition de tous » ( ?!!!), le chômage supprimé, le secret commercial et bancaire levé, les mouvements de capitaux contrôlés par les travailleurs TOUT CELA DANS UN RÉGIME QUI RESTERAIT CAPITALISTE ?

L’impasse du trotskysme

En cherchant à se mettre à la portée des travailleurs réformistes, LO reste dans la tradition du mouvement trotskyste qui, depuis des dizaines d’années, se livre sans succès à de véritables acrobaties pour proposer des formules de gouvernements bourgeois intermédiaires susceptibles de mobiliser les travailleurs et d’accélérer le cours de l’histoire. La politique de LO n’est ainsi pas fondamentalement différente de celle de la LCR et de l’OCI qui réclament à cor et à cri un gouvernement PC-PS. Ne lisons-nous pas d’ailleurs dans la brochure de LO :

« Nous militons pour que la victoire électorale de la gauche se fasse sans illusions sur la base d’une méfiance légitime et argumentée. Nous militons pour que la classe ouvrière envoie ses représentants au gouvernement sans leur donner un chèque en blanc et pour qu’elle se mobilise afin d’exercer un contrôle et une surveillance indispensable. »
Il ne s’agit pas là d’un seul écart de langage ou d’une maladresse de rédaction. Par souci pédagogique, LO tient véritablement un double langage. Côté cour, LO affirme « les travailleurs n’obtiendront que ce qu’ils imposeront ». Côté jardin, LO affirme lutter pour un gouvernement de gauche.

C’est en fait une façon honteuse de défendre le même programme que la LCR. Celle-ci lui reproche d’ailleurs à bon droit ce double langage (la LCR n’en tient pour sa part qu’un seul : celui du partisan le plus conséquent de la venue du la gauche au gouvernement…). À la fin de la brochure de LO, on a la surprise d’entendre LO parler de la « fonction utile de la police (protection des biens, des libertés publiques et des personnes) ». Si… vous avez bien lu : « protection des libertés publiques ».

LO s’aligne ainsi sur les illusions des travailleurs qui considèrent que « la police est indispensable et qu’il y aura toujours une police ». Par souci pédagogique, LO ne fait que noyer le programme révolutionnaire dans un fatras confus qui ne peut qu’embrouiller les idées du lecteur et renforcer ses illusions. LO veut s’adresser au travailleur réformiste qui veut obtenir plus que le Programme commun, mais ne veut pas la révolution. C’est ce qui explique sans doute l’édition d’un brochure au ton aussi modéré et ambigu.
Les travailleurs qui peuvent être sensibles à ce langage ne seront pas pour autant en contradiction avec les dirigeants réformistes, ceux-ci seront toujours prêts à adopter leur langage. C’est pourquoi cette tactique est tout à fait inefficace.
L’idée qu’une portion des travailleurs - même si elle n’est pas prête à s’engager sur la voie révolutionnaire aujourd’hui - puisse se poser les problèmes à un autre niveau ne semble pas effleurer LO.

Parler un langage clair

Le rôle des révolutionnaires est avant tout de parler un langage clair aux travailleurs. À chaque étape des luttes ouvrières, les révolutionnaires doivent proposer des objectifs permettant à l’organisation et aux positions des travailleurs de se renforcer face à la bourgeoisie. Mais ces objectifs et leurs limites doivent toujours être exposés sans équivoque et non être camouflés et vidés de leur contenu par souci de réalisme politique pour gagner la sympathie des travailleurs réformistes. Sinon ces objectifs dénaturés et vidés de tout contenu de classe peuvent aisément être repris par les partis comme le PCF qui ne sont pas avares de démagogie. Il suffit de voir le PCF reprendre le gadget de la CFDT sur les « conseils d’atelier » pour comprendre l’extrême souplesse tactique des bureaucraties syndicales et des partis de gauche, leurs capacités de récupération. En avançant des formules floues de gouvernement intermédiaire, ni bourgeois ni ouvrier, en préconisant plus ou moins sans l’avouer un programme pour un tel gouvernement, en réclamant l’expropriation des capitalistes qui procèdent à des licenciements, sans dire clairement quel pouvoir pourrait accomplir de telles expropriations, ou en préconisant le contrôle de la police (on n’est pas si loin que ça de la démocratisation de la police), LO engendre les pires confusions sur le rôle de l’État bourgeois : cette brochure ne parle pas une seule fois de la nécessité de le détruire !

La préparation de la révolution socialiste, même dans une période de relative paix sociale comme celle que nous vivons aujourd’hui, nécessite une inlassable et intransigeante propagande communiste qui ne mette pas entre parenthèses, comme le fait LO, les tâches majeures auxquelles le prolétariat devra faire face : la formation de conseils ouvriers, l’insurrection armée, la destruction de l’État bourgeois et l’instauration de la dictature du prolétariat. Car, contrairement à ce que prêche souvent LO - toujours par souci pédagogique - le socialisme n’a rigoureusement rien à voir avec l’administration d’une petite commune !

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Lettre ouverte
à un(e) camarade de la LCR

(Extrait de Combat communiste n° 30, 15 octobre 1977)

Camarade,
La rupture survenue au sein de l’Union de la gauche - qu’elle soit momentanée ou définitive - conduit sans aucun doute de nombreux militants et travailleurs qui avaient placé leurs espérances dans cette alliance à s’interroger. Cette rupture représente donc une situation relativement favorable aux révolutionnaires pour avancer leurs explications et aider ces camarades à comprendre la nature véritable des partis de gauche qui prétendent défendre leurs intérêts.

Quelle est la politique de la LCR ?

Depuis la « victoire » de la gauche aux élections cantonales et surtout depuis les élections municipales de mars 1977, la LCR s’est engagée dans une campagne en direction du PCF et du PS. L’axe essentiel de cette campagne est d’exercer une pression sur ces partis pour qu’ils « prennent leurs responsabilités », c’est-à-dire provoquent des élections anticipées, remettent en cause la Constitution de 1958, forment un gouvernement sans les Radicaux de gauche et renvoient Giscard.
Cette politique conduit en premier lieu à tromper les travailleurs sur la nature du PCF et du PS. En mettant l’accent sur la présence des Radicaux de gauche dans l’Union de la gauche, cette politique laisse entendre que seuls les Radicaux seraient des bourgeois, alors que le PC et le PCF seraient des « partis ouvriers » susceptibles de mener une politique conforme aux intérêts des travailleurs.

En réalité, l’influence de la bourgeoisie passe aussi bien par l’intermédiaire de ces deux partis que par Fabre et ses acolytes. Le PS, qui ne compte dans ses rangs que 3% d’ouvriers, ne peut être considéré comme un « parti ouvrier ». Quant au PCF, s’il possède une base ouvrière, son programme n’en est pas moins un programme tout aussi bourgeois que ceux du PS et des Radicaux. Cela, il n’y a aucune raison de le cacher aux travailleurs.

Certes, les projets politiques du PS et du PCF sont différents, contrairement à ce qu’expliquent la LCR et Lutte ouvrière. Le premier envisage une gestion social-démocrate traditionnelle respectant la propriété individuelle du Capital.
Le second cherche à faire passer le maximum de capital sous le contrôle de l’État bourgeois et à obtenir des postes de gestionnaires dans l’appareil d’État, dans les entreprises nationalisées. Ces deux projets sont antagoniques et la majorité de la bourgeoisie française n’est sans doute pas prête à accepter aujourd’hui le projet du PCF.

Mais, s’il est important de comprendre ces contradictions, il ne faut pas oublier que les travailleurs n’ont rigoureusement rien à attendre de l’étatisation du Capital par l’État bourgeois que cet État soit géré par un personnel politique de droite ou de gauche. Le capitalisme d’État dont rêve le PCF n’est pas plus proche du véritable socialisme que la cogestion à la Helmut Schmidt ou le socialisme « scandinave ».

La LCR, champion de l’unité PCF-PS

La désunion de la gauche semble chagriner la LCR. Ainsi Rouge titrait le samedi 23 septembre : « Il faut l’unité. »
Mais quelle « unité », camarades, et sur quel programme ? Celle des travailleurs ou celle des bureaucrates et des politiciens bourgeois de gauche ?
C’est sans doute un des aspects les plus négatifs et les plus néfastes de la politique de la LCR : la LCR laisse entendre qu’un gouvernement PCF-PS pourrait être autre chose qu’un gouvernement bourgeois - fidèle en cela à une vieille illusion trotskyste.

Elle propose tout un programme de revendications que devrait satisfaire un tel gouvernement et de mesures qu’il devrait prendre, qui feraient d’un tel gouvernement un gouvernement « en rupture avec le capitalisme ».
Le but de la LCR est sans doute « pédagogique ». La LCR vise à exprimer les sentiments des sympathisants du PCF et du PS qui sont unitaires et sont déçus par la rupture entre les partis de gauche. Cette politique rejoint celle de l’OCI qui faisait signer des pétitions pour que les « partis ouvriers se mettent d’accord ».
Cette politique permet sans doute de recueillir une certaine sympathie. Mais en quoi le fait de répéter ce que pense une bonne partie des travailleurs (« Ils feraient mieux de s’unir ») contribue-t-il à élever le niveau de conscience de la classe ouvrière ?

En fait, l’unité du PCF et du PS et leur accession au gouvernement ne peuvent se faire que contre les intérêts des travailleurs (ce que reconnaît parfois dans certains textes la LCR). Alors dans ces conditions pourquoi apparaître comme les partisans les plus actifs de cette formule de gouvernement bourgeois ?
Pourquoi réclamer que sociaux-démocrates et staliniens organisent des assemblées dans les entreprises pour faire arbitrer leurs divergences par les travailleurs ? Si une majorité de travailleurs approuvaient leur programme bourgeois, la force de frappe, la planification de l’immigration en fonction des besoins de l’économie capitaliste, les révolutionnaires devraient-ils se plier à l’avis de la majorité ?

Il y a une autre politique à mener

En fait, plus l’échéance de 1978 se rapproche, plus la LCR adopte un langage opportuniste et équivoque pour ne pas heurter les illusions et les aspirations des travailleurs (ou celles qu’elle leur prête…). Le bilan de cette campagne est clair : elle n’a eu rigoureusement aucun impact sur la situation politique. Elle n’a pas amené les militants du PCF à demander des comptes à leurs dirigeants. Elle n’a pu au contraire que renforcer leurs illusions (et celles des sympathisants de la LCR !) sur l’Union de la gauche.

Les révolutionnaires doivent lutter :

- pour l’unité de la classe ouvrière, pas celle des appareils bureaucratiques,
- pour refuser l’austérité, quel que soit le gouvernement.

Pour cela, la première condition est de donner un point de vue clair sur la nature de l’Union de la gauche, du Programme commun et des partis de gauche, de les dénoncer pour ce qu’ils sont sans ambiguïté, de répéter inlassablement que les travailleurs devront imposer leurs revendications par la lutte et non en attendre la satisfaction d’un changement de personnel gouvernemental.
Les révolutionnaires doivent sans cesser mener une propagande communiste pour expliquer la nécessité absolue pour la classe ouvrière de détruire l’État bourgeois (et non mettre entre parenthèses sa nature, comme le font si souvent LO, la LCR et l’OCI par « pédagogie ») et d’assurer sa dictature à travers une organisation autonome.

Ce langage est sans doute plus difficile à tenir, mais c’est le seul qui puisse aider à la constitution d’une avant-garde de travailleurs dégagés de toute illusion sur les agents de la bourgeoisie dans le mouvement ouvrier.

(Tract distribué au meeting de la LCR du jeudi 29 septembre 1977)