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Crise financière octobre 2008

mercredi 25 août 2010

Les états interviennent, pour socialiser les pertes des banquiers

"La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’état qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste. La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique." (K. Marx T. 1 p. 721 du Capital éd. Moscou)

Tant qu’il s’ agissait de l’ intervention des banques centrales, la crise financière apparaissait comme une affaire de famille du système financier international. En effet il ne faut pas confondre l’ intervention de l’ état et celle des banques centrales, La première se fait effectivement avec l’ argent public, mais la seconde n’ est pas un subvention au frais du contribuable. Les injections de liquidités des banques centrales doivent être remboursées à l’ échéance de 1 à 38 jours pour les opérations de la Banque Centrale Européenne. Ses liquidités portent un taux d’ intérêt, il était de 3% en moyenne mais il a atteint 11%.

Des lors que l’ état intervient ce n’ est déjà plus une affaire de famille, pour la bonne et simple raison que c’ est le peuple contribuable qui va devoir en payer l’ addition par le truchement de la dette publique. Pour les américains les 700 milliards de dollars, du plan Paulson devant servir à « nettoyer » les bilans des banques ; va plutôt siphonner l’ épargne du peuple américain. Selon la presse les 700 Mds de dollars représentent la somme de 2300 dollars,pour chaque citoyen américain.

La nationalisation des pertes est maintenant à l’ ordre du jour des grands argentiers de la planète. Nous les voyons tous s’ agiter dans leurs contradictions tant idéologiques qu’ économiques.

Les chantres du libéralisme, et les partisans de « l’ école de la régulation » dont les représentants principaux sont Michel Aglietta et Robert Boyer. se retrouvent enfin sur le même terrain ( le sauvetage du capital).Les uns devant recourir à l’ état pour sauver la représentation de l’ argent. D’ autres1 en appellent à l’ état pour mater les dérives de la « financiarisation ». Et ne cessent de nous répéter que le pouvoir politique ne contrôle plus le pouvoir économique. L’ état selon eux ne remplirait plus son rôle de défenseur de l’ intérêt général en face des intérêts particuliers.

Tous veulent que l’ état sorte son artillerie lourde contre les spéculateurs, pour, comme le disait Keynes « euthanasier le rentier »...Le discours à été entendu par Sarkozy , toujours prêt à enfourcher n’importe quel bourrin pour se tirer d’ affaire. Hier il était à fond pour le « laisser faire » aujourd’ hui il se déclare punir et encore punir les méchants spéculateurs, et prêt à défendre, avec ses compagnons de routes l’ idée d’un nouveau Bretton woods...A chaque coup de torchon les gouvernants s’élèvent indignés et réclament toujours plus de « transparence » tant ils se trouvent dans le brouillard et marchent à vue.

Mais la réalité est toute autre, et la recomposition du paysage bancaire mondial, passe déjà par l’ explosion des dettes publiques , que l’on avait jurer de combattre la veille. Pour la France la dette publique, celle que l’ état fait pour « notre bien à tous », s’élève actuellement à 63,7% du PiB soit la somme de 19 000 euros par français.

Au moment ou je termine ces lignes, L’Union européenne vient de donner son feu vert pour la nationalisation partielle de Fortis . Après Northern Rock, la banque britannique Bradford and Bingley va être nationalisée2, et il est question ce mercredi 8 octobre 2008 que le système bancaire britannique soit partiellement nationalisé. Aux USA l’ état est intervenu pour Bear Stearns (30 Mds de $), pour AIG (80Mds de $) pour Freddie mac et Fannie Mae (200 Mds $) et pour les banques régionales. En Allemagne l’ état se veut garant à la hauteur de 600 millions d’ euros pour IKB, et pour 24 Mds d’ euros pour HRE. Le Benelux nationalise Dexia et Fortix, quant à l’ Islande3 elle nationalise Landsbanki, Glitnir, comme elle se trouve dans une situation proche de celle de l’ Argentine en 2002, elle vient de demander un prêt d’ urgence à la Russie, elle même en difficulté. C ’est finalement la banque centrale suédoise qui interviendra avec un prêt d’ urgence de (513 millions d’ euros). ( sources agefi)

Quand elles ne sont pas secourues par l’ état, les banques qui montrent des signes de faiblesse, sont achetées par d’ autres, exemple:Au Danemark, la banque Roskilde Bank est rachetée par trois instituts financiers et Bonus Bank par Vestjysk Bank qui fusionne avec un autre institut régional. En Grande Bretagne HBOS, qui va être achetée par sa rivale Lloyds TSB.. La banque allemande Hypo Real Estate (HRE) a décroché in extremis une ligne de crédit de « plusieurs milliards d’euros » auprès d’un consortium de banques allemandes qui lui permet d’éviter la faillite.

Hier mercredi 8 octobre, les banques centrales ont annoncé, qu’ elles allaient, en coeur, baisser leur taux d’ intérêt. Le principal taux d’intérêt américain est ainsi ramené à 1,5%, celui de la BCE à 3,75%. En Grande-Bretagne il ressort à 4,5% et en Suède à 4,25%. Tous pensent que cette annonce devrait permettre de stabiliser la situation, mais la petite éclaircie ne parviendra pas à cacher les sombres nuages qui viennent d’ Asie. La Bourse de Tokyo vient de chuter de 9% ( sa plus importante chute depuis octobre 1987), quant aux bourse asiatiques elles dégringoles de jour en jour et l’ Indonésie a suspendue ses transactions.

Gérard Bad- le 9 octobre 2008

NOTES

1-Comme l’ association Attac

2 -c’est la quatrième institution qui se retrouve a quémander l’ aide de l’ état

3-Son système financier représente 8 à 9 fois le PIB du pays.